Catégorie : De la Russie

  • de la malhonnêteté intellectuelle des moutons de Panurge du journalisme

    Toinette Jégo poursuit son travail de journaliste activiste anti-poutine. Dans sa « Lettre » du 15 mars, elle fait apparaître de façon éclatante sa méthode d’investigation qui consiste à choisir et à accumuler des « faits » (souvent divers) qui montrent une image uniment négative du président russe. Tout d’abord, elle a recours aux blogueurs dont l’identité est totalement problématique, en l’occurrence pour donner une nouvelle définition de Poutine, qui est maintenant désigné comme « le président des riches », par opposition à Chavez, devenu tout soudain pour « Le Monde », via un blogueur inconnu russe, un parangon de vertus démocratiques. La « rumeur » continue à être présentée comme une vérité par le journalisme à la Jégo. Comparant, à la suite du blogueur/blagueur russe, le Vénézuela et le continent russe, Toinette s’empresse de prévoir que la prochaine élection vénézuélienne, qui « est une véritable tuile » pour « l’élite politico-militaire du Kremlin », « les hommes en épaulettes »,  « sera moins truquée » « qu’en Russie » [Toinette se fait Madame Soleil…]. Sur ce « truquage » des élections présidentielles russes, nous n’avons jamais eu dans « Le Monde » (et pour cause) d’article sérieux, seulement le martèlement de « faits » disparates, non analysés, venant des oppositions, mettant dans le même sac les fraudes avérées et les multiples dysfonctionnements, lesquels viennent de ce que la Russie, après des décennies d’élections sans transparence, a de la peine à assurer avec compétence le déroulement des scrutins. La démocratie ne se construit pas d’un seul coup et l’on peut regretter que son processus n’aille pas assez vite en Russie, mais dire que rien n’est fait pour améliorer le fonctionnement du monstre étatique russe, dire que la lutte contre la corruption ne touche que des secondes mains, comme l’affirme Toinette Jégo, c’est tout simplement  volontairement malveillant. La corruption est, tout particulièrement en Russie, depuis toujours un himalaya et l’on n’en vient pas à bout en une ou deux générations, car il s’agit d’un changement radical de mentalité civique et politique – La pierre que Medvédev et Poutine ont posée dans la lutte contre la corruption est loin d’être négligeable – mais c’est la société tout entière qui doit la pratiquer – et c’est loin d’être le cas.

    Je viens de parler de « malveillance », c’est un des traits distinctifs des papiers politiques de Toinette Jégo, Ainsi de cette imputation d’appât au gain de Moscou qui aurait visé l’embaumement de Chavez comme un marché juteux, Toinette citant un « spécialiste » russe (toujours, pour donner plus de poids aux affirmations, cet appel à des « experts », des « spécialistes », qui représenteraient une pensée générale…)

    Un autre trait distinctif de Toinette, c’est d’être mouton de Panurge. Je pense qu’il y a un lobby activiste anti-poutine dans le journalisme traitant de la Russie, lobby qui est nourri principalement par l’activisme russe « hors système », c’est-à-dire n’arrivant pas à se faire entendre dans la légalité et donc se tournant vers l’action de rue et le recours à l’étranger. C’est, hélas, un héritage soviétique, qui, aujourd’hui, selon moi est injustifié et injustifiable (je parle ici de l’appel à l’étranger), c’est en Russie et par les Russes que doivent se conquérir leurs droits légitimes.Donc, pourquoi vois-je un « lobby » journalistique nourri également par des forces bien plus occultes que celles des « hommes en épaulettes » : il y a eu un article de Toinette Jégo sur le triste fait-divers dont a été victime au Bolchoï le chef du ballet  Filine – La chroniqueuse a bien joué son rôle, en généralisant ce fait-divers à la situation de la Russie dans son ensemble. J’ai pensé qu’il s’agissait d’une des approches habituelles de Toinette. Or, un peu plus tard, j’ai eu la surprise sur Canal + en clair, chaîne ne présentant systématiquement que ce qui va mal en Russie, d’entendre une certaine Eléna Volochina, tenir exactement le même discours, à propos de l’agression contre Filine, qui serait le reflet de ce qui se passe tous les jours en Russie…Qui s’est donné le mot?….

  • vive les Toinettes du journalisme au « Monde »!

    C’est le 8 mars demain et « le Monde » fait, avec son éditorial pour l’anniversaire de Staline, un don de joyeux avènement à la nouvelle directrice, auteure de monologues et de pamphlets anti-poutine, groupie, entre autres, des Glücksman et de Saakachvili, vilipendant tout ce qui est pro-russe et soutenant n’importe qui  pourvu qu’il soit anti-poutine et pro-américain. Ainsi, Vladimir Poutine serait un crypto-stalinien, le pouvoir poutinien « politico-militaire » serait nostalgique du régime soviétique. Comme d’habitude, les faits à charge sont accumulés, sans distinction, avec des trous de mémoire calculés (par exemple, omission des dénonciations régulières de Medvédev des crimes staliniens…). Il y a tout de même quelques millions de Russes (hélas!) qui votent communiste contre Poutine et c’est Ziouganov qui n’a pas eu honte d’aller déposer des fleurs sur la tombe de Staline derrière le Mausolée. Aucun dirigeant ne peut, cependant, ignorer l’héroïsme des Soviétiques pour combattre le nazisme et nous libérer, nous Européens, de la peste brune, alors qu’ils n’ont pas bénéficié dans leur patrie de cette liberté. La victoire sur le nazisme s’est faite sous un tyran sanguinaire, peut-on faire affront aux soldats encore survivants en condamnant globalement cette époque sinistre. Il faut du temps pour qu’un peuple consente à regarder son passé avec lucidité et sang-froid. Les donneurs-donneuses de leçon du « Monde » sont obnubilés de façon monomaniaque par Poutine qui serait le génie du mal de la Russie. Mais qui voient-il, aujourd’hui, à la place de Poutine à la tête de la Russie? Ceux que « Le Monde » encense régulièrement ont derrière eux quelques milliers de personnes. Il est très savoureux de voir le journal de référence de la gauche rose soutenir des ultra-libéraux à la Madelin, comme Kasparov et Nemtsov qui n’ont aucune vergogne à aller se plaindre du régime russe sur le sein des réactionnaires McCain et Romney.

    Le jésuitisme du « Monde », qui vient sans doute de ses origines catholiques, va connaître, je le sens,  de beaux jours. Les prémices sont de bon augure. Les articles sur Depardieu et sur les Femen sont des chefs-d’oeuvre de jésuitisme (ce n’est pas bien, mais ils sont quand même pas mal)- le traitement des Pussy Riot a été plus expéditif, on s’est bien gardé de relater les exploits antérieurs de ces gentilles mères de famille – la seule chose qui comptait, c’était qu’il s’agissait d’une « prière contre Poutine », voire contre la collusion de l’Eglise orthodoxe et du pouvoir. Elles étaient baptisées de « punkettes » – si on pense aux Sex Pistols ou à Nina Hagen, ce terme de « punkettes » montre leur total ridicule…

    Vive le 8 mars! Vive les Toinettes du journalisme! Ô mânes de Deleuze…