Catégorie : Des arts en général

  • ХРИСТОС ВОСКРЕСЕ! Très joyeuses et bonnes Pâques!

    ХРИСТОС ВОСКРЕСЕ!

    Христос воскрес!

    Χριστός Ανέστη!

    Je souhaite une bonne et joyeuse fête de Pâques à tous mes amis lointains-proches

    Поздравляю всех далeких-близких друзей с величайшим праздником Пасхи, праздником Воскресения Иисуса Христа

    Ich wünsche allen meinen fernen-nächsten Freunden frohe Ostern

    Très joyeuses et bonnes Pâques dans l’espérance de la miséricorde
    Ich wünsche Euch eine sonnige und friedliche Osterzeit!

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  • SAMEDI SAINT /

    SAMEDI SAINT

    Μεγάλο Σάββατο

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Μεγάλο Σάββατο

    SAMEDI SAINT 

     Première épître du saint apôtre Paul aux Corinthiens (5, 6-8 ; Gal 3, 13-14)

    Frères, un peu de levain fait lever toute la pâte. Purifiez- vous donc du vieux levain pour être une pâte nouvelle, puisque vous êtes des azymes. Car le Christ, notre Pâque, a été immolé. Célébrons donc cette fête non avec du vieux levain ni avec un levain de malice et de perversité ; mais avec les azymes de la pureté et de la vérité. Car le Christ nous a rachetés de la malédiction de la Loi, en devenant lui-même malédiction pour nous (il est écrit en effet : Maudit soit quiconque pend au gibet), afin que dans le Christ Jésus la bénédiction d’Abraham s’étende aux nations païennes et que nous recevions par la foi l’Esprit de la promesse.

  • VENDREDI SAINT ORTHODOXE

    VENDREDI SAINT ORTHODOXE

    Μεγάλη Παρασκευή 

    Malévitch « Epitaphios », 1908

    Lecture de la première épître du saint apôtre Paul aux Corinthiens (1, 18 – 2, 2)

    Frères, le langage de la Croix est folie pour ceux qui se perdent, mais pour nous qui sommes sauvés, il est puissance de Dieu. Car il est écrit : « Je détruirai la sagesse des sages, j’anéantirai l’intelligence des intelligents. » Où est-il, le sage, où est-il, l’homme cultivé, où est-il, le raisonneur d’ici-bas ? Dieu n’a-t-il pas frappé de folie la sagesse de ce monde ? Car le monde, avec sa sagesse, n’ayant pas reconnu Dieu dans la sagesse de Dieu, c’est par la folie de son message qu’il a plu à Dieu de sauver les croyants. Oui, tandis que les Juifs demandent des signes et que les Grecs sont en quête de sagesse, nous prêchons, nous, un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les Grecs, mais pour les élus, qu’ils soient Juifs ou Grecs, c’est le Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu. Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que la sagesse des hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que la force des hommes. Aussi bien, frères, considérez votre vocation. Il n’y a pas beaucoup de sages selon la chair, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de gens bien nés. Mais ce que le monde tient pour insensé, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre les sages. Ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre la force. Ce qui, dans le monde, est sans naissance et sans importance, voilà ce que Dieu a choisi : ce qui n’est pas, pour réduire à rien ce qui est, afin que nulle chair ne se glorifie devant Dieu. Car c’est grâce à lui que vous êtes dans le Christ Jésus, qui de par Dieu est devenu pour nous sagesse, justice, sanctification et rédemption, afin que, selon le mot de l’Écriture, celui qui se glorifie se glorifie dans le Seigneur.

  • JEUDI SAINT ORTHODOXE

    JEUDI SAINT ORTHODOXE

    EXTRAIT DU LIVRE DE JOB  (38 ; 42)

    Le Seigneur dit à Job, du sein de la tempête et de la nuée : Quel est celui qui obscurcit mes conseils par des propos dénués de sens ? Mets ta ceinture, comme un homme : je vais t’interroger, tu me répondras. Où étais-tu quand j’ai fondé la terre. Parle, si tu es informé. Qui en a pris les mesures : le saurais-tu ? Qui a tendu sur elle le cordeau ? Sur quoi reposent ses bases ? Qui en a posé la pierre d’angle, parmi le concert joyeux des astres du matin, aux acclamations de tous les Anges de Dieu ? Qui a fermé la mer avec des portes, quand elle jaillit du sein maternel, quand je lui donnai les nuées pour habit et, pour langes, des brouillards ténébreux, quand je lui traçai des limites et lui mis portes et verrous en disant : « Tu n’iras pas plus loin, ici se brisera l’orgueil de tes flots » ? As-tu, une fois dans ta vie, commandé au matin, assigné l’aurore à son poste, pour qu’elle saisisse les ailes de la terre et en secoue les méchants ? Ou bien est-ce toi qui, prenant du limon de la terre, façonnas un vivant et le mis sur terre avec la parole ? Arraches-tu aux impies la lumière ? As-tu brisé le bras de l’orgueilleux ? As-tu pénétré jusqu’aux sources de la mer, t’es-tu promené au fond de l’océan ? Les portes de la mort se sont-elles ouvertes devant toi ? Les gardiens de l’Enfer, en te voyant, ont-ils été dans l’épouvante ? As-tu quelque idée des étendues terrestres ? Parle, si tu sais tout cela ! De quel côté habite la lumière ; et les ténèbres, où résident- elles ? Pourrais-tu me conduire à leurs frontières et reconnaître les sentiers de leur demeure ? Tu dois le savoir, puisque tu étais déjà né : le nombre de tes jours est si grand ! Job répondit au Seigneur en ces termes : Je sais que tu peux tout, que rien n’est impossible à Dieu. J’étais « celui qui obscurcit tes conseils par des propos dénués de sens ». Aussi ai-je parlé, sans les comprendre, de merveilles qui me dépassent et que j’ignore. Je ne te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant mes yeux t’ont vu !

    EXTRAIT DE L’ÉVANGILE SELON SAINT LUC  (22)

    En ce temps-là, la fête des Azymes, appelée la Pâque, approchait. Les grands prêtres et les scribes cherchaient le moyen de faire disparaître Jésus ; car ils craignaient le peuple. Or Satan entra dans Judas, surnommé Iscariote, qui était du nombre des Douze. Il s’en alla conférer avec les grands prêtres et les chefs des gardes sur la manière de le leur livrer. Ceux-ci s’en réjouirent et lui promirent de l’argent. Il donna son accord et se mit à chercher une occasion favorable pour le leur livrer à l’écart de la foule. Vint le jour des Azymes, où l’on devait immoler la Pâque. Jésus envoya Pierre et Jean et leur dit : Allez nous préparer de quoi manger la Pâque. Ils lui demandèrent : Où veux-tu que nous la préparions ? Il répondit : Quand vous entrerez dans la ville, vous trouverez un homme portant une cruche d’eau ; suivez-le dans la maison où il entrera, et vous direz au propriétaire de la maison : Le Maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ? Et il vous montrera, à l’étage, une grande pièce garnie de coussins ; faites-y les préparatifs.

    Ils s’en allèrent donc, trouvèrent tout comme Jésus le leur avait indiqué, et ils préparèrent la Pâque. L’heure venue, Jésus se mit à table avec les douze apôtres et leur dit : J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous avant de souffrir ; car, je vous le dis, désormais je ne la mangerai plus qu’elle soit accomplie dans le royaume de Dieu. Prenant alors une coupe, il rendit grâces et dit : Prenez cette coupe et partagez entre vous ; car, je vous le dis, désormais je ne boirai plus de ce fruit de la vigne jusqu’à ce que le royaume de Dieu soit venu. Puis il prit du pain et rendit grâces, il le rompit et le leur donna en disant : Ceci est mon corps qui est donné pour vous ; faites ceci en mémoire de moi. De même, après le repas, il prit la coupe en disant : Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang qui est versé pour vous. Cependant, voici que la main du traître est à cette table avec moi. Le Fils de l’homme va à son sort selon ce qui a été décrété ; mais malheur à l’homme par qui il est trahi !

     

     

     

     

     

     

     

     

  • С Вербным воскресеньем! BELLE FÊTE DES RAMEAUX!

    BELLE FÊTE DES RAMEAUX!

    Η θριαμβευτική είσοδος του Χριστού στα Ιεροσόλυμα!

    С Вербным воскресеньем!

     Outre le magnifique texte de Saint Jean  sur la visite de Jésus chez Lazare ressuscité, Marthe et Marie, la lecture, en ce jour de fête  des Rameaux, d’un extrait de l’Épître aux Philippiens est aussi un passage des plus inspirés de l’Apôtre :

    Réjouissez-vous sans cesse dans le Seigneur, je le dis encore, réjouissez-vous.

    Радуйтесь всегда в Господе; и еще говорю: радуйтесь.

    5.

    Que votre modération soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche.

    Кротость ваша да будет известна всем человекам. Господь близко.

    6.

    N’entretenez aucun souci ; mais en tout besoin recourez à l’oraison et à la prière, pénétrées d’action de grâces, pour présenter vos requêtes à Dieu.

    Не заботьтесь ни о чем, но всегда в молитве и прошении с благодарением открывайте свои желания пред Богом,

    7.

    Alors la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, prendra sous sa garde vos cœurs et vos pensées, dans le Christ Jésus.

    и мир Божий, который превыше всякого ума, соблюдет сердца ваши и помышления ваши во Христе Иисусе.

    8.ux

    Enfin, frères, tout ce qu’il y a de vrai, de noble, de juste, de pur, d’aimable, d’honorable, tout ce qu’il peut y avoir de bon dans la vertu et la louange humaines, voilà ce qui doit vous préoccuper.

    Наконец, братия мои, что только истинно, что честно, что справедливо, что чисто, что любезно, что достославно, что только добродетель и похвала, о том помышляйте.

    9.

    Ce que vous avez appris, reçu, entendu de moi et constaté en moi, voilà ce que vous devez pratiquer. Alors le Dieu de la paix sera avec vous.

    Чему вы научились, что приняли и слышали и видели во мне, то исполняйте, – и Бог мира будет с вами.

    
    

     

  • Belle fête de l’Annonciation!

    BELLE FÊTE DE L’ANNONCIATION!

    Ο Ευαγγελισμός της Θεοτόκου!

    С БЛАГОВЕЩЕНИЕМ!

    SAINTE-SOPHIE DE KIEV

     

     

     

     

    FRA ANGELICO

    ALEXANDRE IVANOV

    MIKHAÏL NESTÉROV

    « Parallèlement au Seigneur, on trouve aussi la Vierge Marie obéissante, lorsqu’elle dit : Voici ta servante, Seigneur ; qu’il me soit fait selon ta parole (Lc 1,38). Ève, au contraire, avait été désobéissante : elle avait désobéi, alors qu’elle était encore vierge. Car, de même qu’Ève, ayant pour époux Adam, et cependant encore vierge – car ils étaient nus tous les deux dans le paradis et n’en avaient point honte (Gn 2,25), parce que, créés peu auparavant, ils n’avaient pas de notion de la procréation : il leur fallait d’abord grandir , et seulement ensuite se multiplier (Gn 1,28) – de même donc qu’Ève, en désobéissant, devint cause de mort pour elle-même et pour tout le genre humain, de même Marie, ayant pour époux celui qui lui avait été destiné par avance, et cependant Vierge, devint, en obéissant, cause de salut (cf. He 5,9) pour elle-même et pour tout le genre humain. C’est pour cette raison que la Loi donne à celle qui est fiancée à un homme, bien qu’elle soit encore vierge, le nom d’épouse de celui qui l’a prise pour fiancée (Dt 22,23-24), signifiant de la sorte le retournement qui s’opère de Marie à Ève. Car ce qui a été lié ne peut être délié que si l’on refait en sens inverse les boucles du nœud. »

    Saint Irénée de Lyon,  Contre les hérésies

    «Quelle louange divine de Toi t’apporterai-je, comment T’appellerai-je ? Je suis embarrassé et terrifié. »

    Dans l’Annonciation s’est accompli le mystère qui surpasse toutes les limites de la raison humaine – l’incarnation de Dieu. Deuxième Personne de la Sainte Trinité, Dieu S’est incarné dans son essence indescriptible par la Vierge, S’est tissé un sceau avec la pourpre du sang de la Très Pure et S’est fait homme ; Il a emprunté non seulement le corps de la Très Pure Vierge Marie, mais également son âme et tout ce qui est humain. Dans l’Annonciation commence à se tisser la pourpre de la chair du Christ. Dans l’Annonciation l’humanité prend son origine : le Verbe Se fait homme par l’infusion de l’Esprit Saint envoyé par le Père […]

    L’Esprit Saint qui a déterminé par son infusion l’incarnation de Dieu le Verbe a rempli tout l’Ancien Testament, toute la vie de l’Israël vétéro-testamentaire, de la plénitude des prédictions prophétiques sur l’incarnation du Fils de Dieu par la Vierge. Une des plus magnifiques prophéties est peut-être ces paroles du prophète Isaïe: «Voici la Vierge qui recevra dans ses entrailles et enfantera un Fils et on lui donnera le nom d’Emmanuel, ce qui veut dire « Dieu avec nous » (Isaïe 7, v. 14).Selon la tradition de l’Eglise, la Mère de Dieu a lu le livre de la prophétie d’Isaïe et arrêta sa pensée précisément sur cette prophétie et y réfléchissait lorsque la visita l’archange Gabriel, qui lui annonçait la Bonne Nouvelle. Et sur les icônes de l’Annonciation, pas sur toutes il est vrai, le livre de l’Ancien Testament est représenté ouvert à l’endroit de cette prophétie.[…]

    Moine Grégoire (Kroug), Carnets d’un peintre d’icônes, Lausanne,  L’Âge d’Homme,  2019

     

     

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    Птичка

    В чужбине свято наблюдаю

    Родной обычай старины:
    На волю птичку выпускаю
    При светлом празднике весны.

    Я стал доступен утешенью;
    За что на Бога мне роптать,
    Когда хоть одному творенью
    Я мог свободу даровать!

    А. С. Пушкин

    [In a foreign land

    I faithfully observe

    A native rite of olden times:

    I liberate a little bird

    During the shining fete of spring.

    My heart is filled with consolation,

    How can I grumble at God’s will

    If to but one of his creations

    I can bestow sweet liberty!]

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  • EXPOSITION « BULLDOZER » À MOSCOU LE 15 SEPTEMBRE 1974 (PHOTOGRAPHIES PEUT-ÊTRE DE GUÉORGUI STARITSKY?)

    EXPOSITION « BULLDOZER » À MOSCOU LE 15 SEPTEMBRE 1974

    (PHOTOGRAPHIES PEUT-ÊTRE DE GUÉORGUI STARITSKY?)

     

     

     

     

     

    ДИМА ГОРДЕЕВ

    ДИМА ГОРДЕЕВ -ЛЮБОВЬ ИЛИ ЗАВИСТЬ

     

     

    ЖДАН(ОВ)

    ДИМА ГОРДЕЕВ

    ЖДАН

     

    ДИМА ГОРДЕЕВ

    ЛЁША ПАУСТОВСКИЙ

     

    МИША АРАЛОВ

    ВАЛЯ КРАПИВНИЦКАЯЯ – -ЖЕНА РАБИНА

    ИОСИФ КИБЛИЦКИЙ

     

     

    ДИМА ГОРДЕЕВ

     

    ТЯНУШВАН

  • Histoire des différentes formes de collages et de reliefs au XXe siècle

    Histoire des différentes formes de collages et de reliefs au XXe siècle

     

     

    L’École russe du XXe siècle a créé, plus que nulle part ailleurs, un ensemble impressionnant d’art polygraphique. Seule l’Allemagne peut se comparer à cette utilisation massive du collage, dont Kurt Schwitters reste le maître incontesté. Cela se traduit chez les Russes par une profusion de qualité d’affiches et de couvertures de livres. Nulle part ailleurs un tel soin n’a été apporté à la création polygraphique. Pour faire ces affiches, ces couvertures de livres, les artistes font des maquettes , lesquelles sont dans la majorité des cas des montages de lettres, de papiers ou de photographies collés. Le collage a été et est une variante du tableau, au même titre que le dessin ou l’aquarelle.[1]

     

    Collages et reliefs

     

    Le collage russe avait débuté en Russie en 1913-1914 avec Malévitch (Réserviste de 1ère catégorie (MoMA), Composition avec Mona Lisa (Musée national russe)) et qui connut des achèvements magnifiques avec Olga Rozanova et le poète Kroutchonykh  (par exemple, La guerre universelle, 1916).

    Le collage est, avant tout, un moyen de contraste dans la trame picturale qui ne détruit pas le caractère plan de la surface, mais lui donne seulement une «sonorité» nouvelle, selon l’expression du peintre et théoricien russo-letton Vladimir Markov (Voldemārs Matvejs) dans son ouvrage pionnier de 1914 intitulé Principes de la création dans les arts plastiques. La facture.

    Le relief, qui est une forme de collage, est, lui, une extension dans l’espace, une saillie, une excroissance, qui crée un autre genre plastique, comme c’est le cas dans les «reliefs picturaux», les «contre-reliefs», les «reliefs angulaires» de Tatline en 1914-1916. En fait, ce que Tatline appelle «relief» ou «contre-relief» est quelque chose de tout à fait différent du collage. Certes, le collage a joué un rôle d’impulsion évident, mais si, dans les reliefs et les contre-reliefs, le «tableau» (planche ou mur) reste un support (comme le socle dans la sculpture traditionnelle), le rapport entre le «tableau» et le «relief» réside, avant tout, dans «l’accrochage». Le grand spécialiste de Tatline, Anatoli Strigaliov, a fait remarquer que les

    «assemblages de matériaux» tatliniens constituaient une «hypertrophie du procédé du collage, tel qu’il avait été introduit par les cubistes».

    Cela est particulièrement évident dans le relief de 1914, communément appelé Contre-relief bleu (Coll. Pinault). L’historien de l’art ukrainien Dmytro Horbatchov voit dans ce relief un équivalent abstrait d’un instrument ukrainien , la kobza et son descendant , la bandoura, sujet d’oeuvres mentionné dans les catalogues de l’époque. On peut y voir aussi un équivalent abstrait d’un bateau-voilier.

     

     

    Reliefs

     

    Les premiers reliefs véritables sont sans doute les sculpto-peintures que l’Ukrainien Archipenko a réalisé à Paris en 1912. De façon concomitante, Braque et Picasso, après leur été passé ensemble à Sorgues en 1912, ont créé des assemblages de matériaux pauvres sur une surface plane en manière de bas-relief. Braque introduit du sable, de la sciure de bois ou de la limaille de fer, utilise les papiers collés; Picasso se sert de divers papiers, de tôle, de papiers collés, de sable. L’ensemble de ces techniques mixtes de Braque et de Picasso en 1912-1913 montre que les arts novateurs se sont désormais approprié tous les matériaux possibles pour créer une «peinture».

    C’est sans doute sous l’influence d’Archipenko que son compatriote Baranoff-Rossiné a fait, lui aussi, des reliefs selon un principe identique : la figure se tient à l’intérieur du cadre (Toréador (coll. part.) ou Artiste invalide (Lehmbruck Museum, Duisburg), vers 1915)

    Nous avons mentionné plus haut le livre de Vladimir Markov sur La facture. Pour le théoricien russo-letton, la facture, id est la texture, est une loi de la nature, nature  «qui élabore tous les matériaux, créant des factures». On trouve partout, dans les cultures achaïques, la propension au traitement des surfaces, que ce soit des objets ou du corps.  Dans son autre livre, L’Art nègre, écrit  avant sa mort en mai 1914, Vladimir Markov décrit l’utilisation par les créateurs primitifs de plusieurs matériaux à la fois (bois, paille, coquillages, ambre, verre, mica, anneaux, boîtes à conserve, ficelles, etc.) : tout matériau est bon pour créer un objet d’art, il n’y a pas de matériaux nobres et de matériaux vils. La différence avec les préciosités baroques européennes, où existent aussi des assemblages de matériaux disparates, réside dans le fait que «chez les primitifs, nous voyons des combinaisons plus pures, éloignées des associations de la vie de tous les jours, plus créatrices, fondées sur la joie innocente, immédiate, donnée par les matériaux».

    Ces reliefs sur des surfaces, on les trouve chez tous les peuples, aussi bien dans l’art des icônes (incrustations en or ou en argent, revêtements de métal…) que dans les sculptures primitives, en Egypte, chez les Hittites, les Phéniciens, en Assyrie, en Chine, en Grèce, chez les peuples sauvages…

    Le relief sur la peinture existe aussi, épisodiquement, en Occident (parmi beaucoup d’exemples, dans la Crucifixion du Wallraf-Richartz Museum à Cologne (vers 1430) où les têtes du Christ, de la Vierge et de saint Jean sont des sculptures appliquées sur la planche de chêne. On pourrait citer d’autres exemples de reliefs sur une surface plane tout au long de l’histoire de la peinture européenne. Dans l’art russien ancien, la sculpture en ronde-bosse était rejetée parce que considérée comme trop proche du fétichisme des idoles païennes. Ainsi trouve-t-on des reliefs méplats ornementaux dans les églises orthodoxes, comme aussi dans les édifices religieux byzantins  de l’Italie, par exemple à Venise ou à Spolète, et également dans l’art roman où domine le bas-relief. Ces méplats s’intégrent dans le tissu de la pierre comme de la dentelle.

     

    Montage d’objets

     

     

    Pougny fit un pas totalement nouveau lorsqu’en 1915 à la «Première exposition futuriste de tableaux Tramway V» à Pétrograd, il réalisa ce qui est sans doute le premier montage mural au monde : un marteau suspendu à un clou sur une feuille de papier, qu’il baptisa «nature morte». En 1921, pour son exposition du Sturm à Berlin, il fixera ce montage dans son célèbre tableau Relief au marteau (coll. Berninger). Pougny se démarquait ainsi de l’«abstraction concrète»  des «reliefs picturaux» de Tatline,  en préservant la sensibilité de l’objet : le naturalisme de l’objet sert en même temps à manifester son inutilité d’objet et son utilité plastique. Le Relief à la pince à tendre (1915, coll. Berninger) est constitué de quatre objets tout prêts : une planche ondulée, sans doute un battoir, une pince à tendre les toiles et les châssis, une petit boule entre les «lèvres» de la pince et deux grosses vis qui accrochent vigoureusement les bras de la tenaille à la planche. Pougny crée avec ces instruments tout un univers, il fait entrer ses ready mades dans une zone mythologique, totalement inventée. La pince «tombe» en se maintenant en équilibre, tel un acrobate de cirque.

     

    Photocollages et photomontages

     

    Il y a une variété de collage qui a été très utilisée par les artistes novateurs du XXe siècle, c’est le photocollage, issu du photomontage.

    Le mot «photomontage» a été inventé dans le milieu des dadaïstes allemands autour de 1917 (Raoul Hausmann et Hannah Höch, George Grosz et John Heartfield).[2] Chez les dadaïstes allemands, il s’agit avec le photomontage d’être ancré à la réalité sociale, d’être engagé dans la lutte contre la bourgeoisie. John Heartfield écrit :

    « Die Kunst ist eine Waffe »,

    ce qu’il incarnera dans de célèbres photomontages traitant de l’actualité politique et des luttes contre les fascismes.

    On voit, dès les débuts, l’art du photomontage osciller entre une fonction purement artistique et une fonction idéologique. Les photocollages de Piotr Galadjev n’ont pratiquement aucune intention d’agitation politique. Il est un produit typique de la NEP, cette nouvelle politique économique introduite par Lénine qui vit revenir en Russie soviétique la culture petite-bourgeoise (c’est le sujet, en particulier, de la pièce de Maïakovski La punaise de 1930 qui est d’ailleurs construite à l’aide de séquences-montages). Alexandre Borovski résume bien l’art de Galadjev :

    « Les photocollages de Galadjev ne sont ni engagés, ni fonctionnels. Il est clair que leur genèse est dans les collages et les reliefs abstraits de l’artiste : c’est de là que proviennnet les constructions dynamiques, les contrepoids, les applications à partir de surfaces colorées de diverses directions […] Galadjev allait de l’excentrisme des constructivistes au théâtre vers le dadaïsme (la production imprimée de Dada était dans la Russie soviétique d’alors assez connue et accessible. »[3]

    Solomon Telingater, l’ami des Rodtchenko, à qui Varvara Stépanova à dédié plusieurs très beaux photocollages, est un des plus brillants représentants de l’art du photomontage. Il travaille essentiellement dans l’édition comme graphiste et maquettiste. Entre autres, il est aux côtés de Lissitzky pour l’organisation de l’ « Exposition de la polygraphie de toute l’Union Soviétique » à Moscou en 1927. Dans beaucoup de photocollages de Solomon Telingater, on trouve des traces de peinture de tonalité noire et grise, parfois blanches, parfois encore rouge. Ces traces colorées sont comme les rehauts dans la peinture. Leur intrusion permet au collage de conserver entiérement son statut pictural.

    Dans les maquettes-collages de Victor Koretski nous trouvons également des touches légères de couleurs. Victor Koretski, qui fit son apprentissage à la fin des années 1920 et au début des années 1930,  s’enthousiasma comme les jeunes de sa génération pour le cinéma d’Eisenstein, de Poudovkine, de Dovjenko, de Kozintsev, de Trauberg. Les affiches pour les films de ces cinéastes étaient le plus souvent faites par des artistes constructivistes, comme les frères Guéorgui et Vladimir Stenberg, ou Rodtchenko. C’ est sans doute les photomontages de Heartfield et de Klucis qui ont le plus marqué Victor Koretski, autant par leurs qualités artistiques que par leur politisation à outrance.

    L’originalité de l’art polygraphique de Victor Koretski vient du fait qu’il utilise pour ses montages des photographies qu’il a faites lui-même. Il s’agit pour lui, dans ses photocollages, d’une mise-en-scène d’acteurs et de décors, comme au théâtre.

    Dans la jeune génération des artistes russes postsoviétiques, le travail de photomontage est particulièrement intéressant dans l’œuvre d’Anatoli Broussilovski. Tout est bon pour ce manipulateur, émule par bien des côtés de Salvador Dali. Dans un esprit véritablement dadaïste et surréaliste, il fait des compositions à partir de découpages de morceaux de tableaux classiques, d’icônes, de photographies, de manuscrits etc., utilisant parfois des originaux. Cela donne un monde bizarre, un mélange de cultures picturales, et surtout une très grande force ironique à l’égard du passé, du présent et de l’avenir de la Russie. 

     

    [1] Voir l’ouvrage classique de Herta Wescher, Die Collage. Geschichte eines künstlerischen Ausdrucksmittel, Köln, DuMont Schauberg, 1968

    [2] Voir H. Richter, Dada, art et anti-art, Bruxelles, Connaissance, 1965

    [3]  A. Borovski, Piotr Stépanovitch Galadjev. Kollaji / Grafika/ kontrrel’efy, Moscou, Nacka Gallery, ss d.