Catégorie : Personnel

  • Mamoudou Gassama

    Malian migrant Mamoudou Gassama (C) flanked by his older brother (R) holds his temporary residence permit after received it at the Prefecture of Bobigny, northeast of Paris on May 29, 2018, one day after he was honored by the French President for scaling an apartment building to save a 4-year-old child dangling from a fourth-floor balcony.  Two days after his daring rescue -- viewed millions of times online -- Mamoudou Gassama, 22-year old,  nicknamed "Spiderman" by French media for his astonishing climbing ability and feted as a hero, was offered by French President citizenship, and a job with the fire service.  / AFP PHOTO / GERARD JULIEN

    Mamoudou Gassama

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    A 22-year old Mamoudou Gassama from Mali leaves the presidential Elysee Palace after his meeting with French President in Paris, on May, 28, 2018. Mamoudou Gassama living illegally in France is being honored by French President for scaling an apartment building on May 26 to save a 4-year-old child dangling from a fifth-floor balcony. / AFP PHOTO / POOL / Thibault Camus
    A 22-year old Mamoudou Gassama from Mali leaves the presidential Elysee Palace after his meeting with French President in Paris, on May, 28, 2018.
    Mamoudou Gassama living illegally in France is being honored by French President for scaling an apartment building on May 26 to save a 4-year-old child dangling from a fifth-floor balcony. / AFP PHOTO / POOL / Thibault Camus
  • С ДНЁМ СВЯТОГО ДУХА!

    Поздравляю всех далёких-близких людей с ДНЁМ СВЯТОГО ДУХА!

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    VROUBEL, ÉGLIE SAINT-CYRILLE À KIEV
    I
    MOINE GRÉGOIRE KRUG, SKIT DU SAINT-ESPRIT AU MESNIL-SAINT- DENIS, PEINTURE MURALE

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  • Blaise Pascal sur l’infini et Dieu

    Nous connaissons qu’il y a un infini, et ignorons sa nature, comme nous savons qu’il est faux que les nombres soient finis, donc il est vrai qu’il y a un infini en nombre, mais nous ne savons ce qu’il est. Il est faux qu’il soit pair, il est faux qu’il soit impair, car en ajoutant l’unité il ne change point de nature. Cependant c’est un nombre, et tout nombre est pair ou impair. Il est vrai que cela s’entend de tout nombre fini.

    Ainsi on peut bien connaître qu’il y a un Dieu sans savoir ce qu’il est.

    ——-

    Nous connaissons donc l’existence et la nature du fini parce que nous sommes finis et étendus comme lui.

    Nous connaissons l’existence de l’infini, et ignorons sa nature, parce qu’il a étendue comme nous, mais non pas des bornes comme nous.

    Mais nous ne connaissons ni l’existence ni la nature de Dieu, parce qu’il n’a ni étendue, ni bornes.

    ——-

    Mais par la foi nous connaissons son existence, par la gloire nous connaîtrons sa nature.

    Or j’ai déjà montré qu’on peut bien connaître l’existence d’une chose sans connaître sa nature.

    Parlons maintenant selon les lumières naturelles.

    S’il y a un Dieu, il est infiniment incompréhensible, puisque n’ayant ni parties ni bornes il n’a nul rapport à nous. Nous sommes donc incapables de connaître ni ce qu’il est, ni s’il est. Cela étant, qui osera entreprendre de résoudre cette question ? Ce n’est pas nous qui n’avons aucun rapport à lui.

    Qui blâmera donc les chrétiens de ne pouvoir rendre raison de leur créance, eux qui professent une religion dont ils ne peuvent rendre raison ? Ils déclarent en l’exposant au monde que c’est une sottise, stultitiam : et puis vous vous plaignez de ce qu’ils ne la prouvent pas. S’ils la prouvaient, ils ne tiendraient pas parole. C’est en manquant de preuve qu’ils ne manquent pas de sens. – Oui, mais encore que cela excuse ceux qui l’offrent telle, et que cela les ôte du blâme de la produire sans raison, cela n’excuse pas ceux qui la reçoivent. Examinons donc ce point et disons : Dieu est ou il n’est pas. Mais de quel côté pencherons‑nous ? La raison n’y peut rien déterminer. Il y a un chaos infini qui nous sépare. Il se joue un jeu à l’extrémité de cette distance infinie, où il arrivera croix ou pile. Que gagerez‑vous ? Par raison vous ne pouvez faire ni l’un ni l’autre. Par raison vous ne pouvez défendre nul des deux.

    Ne blâmez donc pas de fausseté ceux qui ont pris un choix, car vous n’en savez rien. – Non, mais je les blâmerai d’avoir fait, non ce choix, mais un choix, car encore que celui qui prend croix et l’autre soient en pareille faute, ils sont tous deux en faute. Le juste est de ne point parier.

    Oui, mais il faut parier. Cela n’est pas volontaire, vous êtes embarqué. Lequel prendrez‑vous donc ? Voyons. Puisqu’il faut choisir, voyons ce qui vous intéresse le moins. Vous avez deux choses à perdre : le vrai et le bien, et deux choses à engager, votre raison et votre volonté, votre connaissance et votre béatitude ; et votre nature a deux choses à fuir, l’erreur et la misère. Votre raison n’est pas plus blessée, puisqu’il faut nécessairement choisir, en choisissant l’un que l’autre. Voilà un point vidé. Mais votre béatitude ? Pesons le gain et la perte en prenant croix que Dieu est. Estimons ces deux cas : si vous gagnez, vous gagnez tout, si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu’il est sans hésiter. – Cela est admirable. Oui, il faut gager. Mais je gage peut‑être trop. Voyons. Puisqu’il y a pareil hasard de gain et de perte, si vous n’aviez qu’à gagner deux vies pour une, vous pourriez encore gager. Mais s’il y en avait trois à gagner, il faudrait jouer (puisque vous êtes dans la nécessité de jouer), et vous seriez imprudent, lorsque vous êtes forcé à jouer, de ne pas hasarder votre vie pour en gagner trois à un jeu où il y a pareil hasard de perte et de gain. Mais il y a une éternité de vie et de bonheur. Et cela étant, quand il y aurait une infinité de hasards dont un seul serait pour vous, vous auriez encore raison de gager un pour avoir deux, et vous agiriez de mauvais sens, étant obligé à jouer, de refuser de jouer une vie contre trois à un jeu où d’une infinité de hasards il y en a un pour vous, s’il y avait une infinité de vie infiniment heureuse à gagner : mais il y a ici une infinité de vie infiniment heureuse à gagner, un hasard de gain contre un nombre fini de hasards de perte, et ce que vous jouez est fini. Cela ôte tout parti. Partout où est l’infini et où il n’y a pas infinité de hasards de perte contre celui de gain, il n’y a point à balancer, il faut tout donner. Et ainsi, quand on est forcé à jouer, il faut renoncer à la raison pour garder la vie plutôt que de la hasarder pour le gain infini aussi prêt à arriver que la perte du néant.

    Car il ne sert de rien de dire qu’il est incertain si on gagnera, et qu’il est certain qu’on hasarde, et que l’infinie distance qui est entre la certitude de ce qu’on s’expose et l’incertitude de ce qu’on gagnera égale le bien fini qu’on expose certainement à l’infini qui est incertain. Cela n’est pas ainsi. Tout joueur hasarde avec certitude, pour gagner avec incertitude, et néanmoins il hasarde certainement le fini pour gagner incertainement le fini, sans pécher contre la raison. Il n’y a pas infinité de distance entre cette certitude de ce qu’on s’expose et l’incertitude du gain. Cela est faux. Il y a à la vérité infinité entre la certitude de gagner et la certitude de perdre, mais l’incertitude de gagner est proportionnée à la certitude de ce qu’on hasarde selon la proportion des hasards de gain et de perte. Et de là vient que, s’il y a autant de hasards d’un côté que de l’autre, le parti est à jouer égal contre égal. Et alors la certitude de ce qu’on s’expose est égale à l’incertitude du gain, tant s’en faut qu’elle en soit infiniment distante. Et ainsi notre proposition est dans une force infinie, quand il y a le fini à hasarder, à un jeu où il y a pareils hasards de gain que de perte, et l’infini à gagner.

    Cela est démonstratif, et si les hommes sont capables de quelque vérité celle‑là l’est.

    – Je le confesse, je l’avoue, mais encore… N’y a‑t‑il point moyen de voir le dessous du jeu ? Oui, l’Écriture et le reste, etc. – Oui, mais j’ai les mains liées et la bouche muette. On me force à parier, et je ne suis pas en liberté, on ne me relâche pas. Et je suis fait d’une telle sorte que je ne puis croire. Que voulez-vous donc que je fasse ? Il est vrai. Mais apprenez au moins que votre impuissance à croire, puisque la raison vous y porte et que néanmoins vous ne le pouvez, vient de vos passions. Travaillez donc, non pas à vous convaincre par l’augmentation des preuves de Dieu, mais par la diminution de vos passions. Vous voulez aller à la foi et vous n’en savez pas le chemin. Vous voulez vous guérir de l’infidélité et vous en demandez les remèdes. Apprenez de ceux qui ont été liés comme vous et qui parient maintenant tout leur bien, ce sont gens qui savent ce chemin que vous voudriez suivre et guéris d’un mal dont vous voulez guérir. Suivez la manière par où ils ont commencé. C’est en faisant tout comme s’ils croyaient, en prenant de l’eau bénite, en faisant dire des messes, etc. Naturellement même cela vous fera croire et vous abêtira. – Mais c’est ce que je crains. Et pourquoi ? Qu’avez‑vous à perdre ? Mais pour vous montrer que cela y mène, c’est que cela diminue les passions qui sont vos grands obstacles, etc.

    – Ô ce discours me transporte, me ravit, etc. Si ce discours vous plaît et vous semble fort, sachez qu’il est fait par un homme qui s’est mis à genoux auparavant et après, pour prier cet Être infini et sans parties, auquel il soumet tout le sien, de se soumettre aussi le vôtre, pour votre propre bien et pour sa gloire, et qu’ainsi la force s’accorde avec cette bassesse.

  • Mahmoud Zibawi sur l’icône et la musique

    Par hasard (?), j’ai trouvé cette interview de l’ami Mahmoud qui nous manque à Paris et en France

    Mahmoud Zibawi, amoureux d’icônes et des vinyles Le 03/10/14

    L’autre dimanche chez un amoureux de timbres, et historien de la poste, mais néanmoins banquier, nous bavardions de nos amours respectifs, affalés sur des chaises confortables sur la belle pelouse manucurée dudit banquier. Nous savions tous Mahmoud professeur de l’art liturgique, spécialement le byzantin.

    Aucun de nous n’imaginait que ce professeur, au nom et de confession mahométane, n’aurait autre amour que les icônes. Le conférencier des séminaires, dont les étudiants sont tous de noirs vêtus, nous a parlé avec des trémolos dans la voix, de ses vinyles qu’il adore.

    Il ne s’agit pas d’une technique de peinture byzantine, mais les vinyles dont nous parlons sont simplement ces 33 tours que nos jeunes d’aujourd’hui ne rencontrent que chez leur DJ favori. Rendez-vous fut pris avec le philatéliste-banquier, qui avec l’Agenda Culturel ont été découvrir chez le professeur de l’Université pour tous, et ses icônes et surtout ses vinyles.

    Mahmoud est moins collectionneur d’icônes que de vinyles, ces derniers occupent des rayons entiers dans sa maison située à Hamra. Mahmoud l’auteur de plusieurs ouvrages sur la peinture n’a jamais écrit sur la musique qui pourtant joue un rôle prépondérant dans sa vie. Il n’écoute la musique que quand il n’est pas en train de donner un cours à l’Université libanaise. Sa collection de vinyles compte des milliers de chansons et morceaux de musique classique, il avoue avoir des chansons byzantines trouvées sur les marchés d’Istanbul ou à Paris quand il préparait son doctorat sur l’art liturgique.

    Les collectionneurs de vinyles sont plus nombreux au Liban, que ce que l’on imagine, nous confie Mahmoud en nous montrant la dernière œuvre qu’il a conçue et peint et qu’il compte présenter à sa prochaine exposition, qui se tiendra il ne sait pas quand.

    Si un léger défaut apparait sur une des œuvres peintes de Mahmoud, il se fâche. Il n’en est pas de même avec les grésillements de ses disques : il trouve à ces parasites ce quelque chose de nostalgique qu’il rencontre souvent dans les icônes. Il est autant difficile à Mahmoud de rencontrer des amoureux d’icônes ou de peinture que ceux de ses 33 tours, mais il avoue qu’il reste attentif à toute offre d’achat de vinyles.

    Nous avons passé deux heures, le banquier-philatéliste, Mahmoud et l’Agenda Culturel à jongler avec nos amours, passant de l’histoire du timbre, à celle des icônes, tout en écoutant une musique qui par moment grésillait beaucoup comme pour attirer notre attention.

    Si vous avez dans vos greniers, et vous devez en avoir, ces fameux 33 tours, Mahmoud Zibawi est immédiatement preneur. Mais ne rêvez pas. Il n’échangera pas facilement 10, 20 de ces 33 tours mêmes avec une petite icône.

    Le problème a surgi quand il a fallu quitter ce peintre chiite qui enseigne son art liturgique aux séminaristes et religieuses maronites, aucune note n’ayant été prise, il fut convenu que Mahmoud accepterait de répondre aux questions que l’Agenda lui enverrait.

    Vous lirez avec gourmandise les réponses de Mahmoud Zibawi ci-dessous, que nous avons jugé bon de reproduire ici en un seul et même article ; en espérant que nos lecteurs se passionneront assez pour le lire dans son intégralité.

    Questions à Mahmoud Zibawi

    S’il écoutait du Bach, quel type de peinture il créerait, et si c’était du jazz, ou Fayrouz ?
    La question de s’est jamais posée pour moi. Je laisse l’envie me guider. Je sais seulement qu’il m’arrive rarement de travailler “dans le silence″. Je sens le besoin d’être accompagné par une voix qui chante. J’aime la grande chanson, arabe, française, italienne, ou encore grecque. J’aime le grand art sacré, et j’aime la chanson. Je pense à Henri-Irénée Marrou, cet illustre spécialiste du christianisme primitif, fondateur des Études augustiniennes, qui fut aussi un musicologue et un grand amoureux de la chanson, et cela sous le pseudonyme de Henri Davenson. J’aime la poésie. J’aime écouter les poèmes lus ou interprétés. Depuis toujours, j’aime les grands textes mis en musique. Comme le dit Léo Ferré : “Toute poésie destinée à n´être que lue et enfermée dans sa typographie n’est pas finie. Elle ne prend son sexe qu´avec la corde vocale tout comme le violon prend le sien avec l´archet qui le touche″.

    Un vinyle qui grésille quand il crée une icône, perturbe-t-elle le visage parfait d’un visage qu’il dessine ?
    Un vinyle qui grésille porte une histoire. Ce grésillement est un doux bruissement qui ne me perturbe guère .Tout vinyle est un objet qui se distingue par sa pochette, sa forme, ses images et ses couleurs. C’est presque un fétiche. Chaque vinyle me renvoie à un passé vécu. C’est une madeleine de Proust. J’aime écouter les disques que j’ai acquis dans ma tendre jeunesse. Ces disques font ressurgir des souvenirs lointains. En ce sens seulement, le digital ne peut pas remplacer le vinyle. Le digital est neutre. Ce n’est pas un objet. Dans le monde du digital, une chanson se noie dans une mer de chansons. Dans le monde du vinyle, chaque chanson est presque une “personne″, avec son identité et ses pulsions qui n’appartiennent qu’à elle.

    Une belle pochette comme celle qu’il a, l’a-t-elle inspiré parfois
    Dans ma tendre jeunesse, certainement. Je pense précisément à quelques pochettes qui ont marqué mon imaginaire quand j’avais quinze ou seize ans. Depuis, les choses ont changé. Aujourd’hui, une simple image publicitaire peut m’inspirer.

    Un peinte a-t-il intérêt à aimer la musique, ou le whisky peut remplacer la musique ?
    Je bois tous les jours, modérément. J’aime l’arak, la vodka, et “le vin qui réjouit le cœur de l’homme, pour que l’huile fasse luire les visages et que le pain fortifie le cœur de l’homme″, comme le dit le célèbre psaume. Cependant, il ne m’est jamais arrivé de boire en peignant. Curieusement, je n’y ai jamais pensé avant cette question. Je peins lucidement et sobrement. La peinture, pour moi, c’est la ‘sobre ivresse’ dont parle Grégoire de Nysse.

    Doit-on être croyant, pour aimer les icônes, ou la musique est-elle suffisante ?
    J’ai aimé les icônes, follement, avant de découvrir le message qu’elles portent. Et je ne suis pas le seul. Doit-on être croyant pour aimer cet art ? Je n’en sais rien. Il faudrait simplement avoir un certain sens mystique de la vie. Un sens du mystère. J’ai été “croyant″ dans le sens traditionnel du terme entre 1987 et 1993, mais je n’ai jamais été un dévot. Depuis les choses ont changé. Je pense à Verlaine catholique dans sa période ‘Sagesse, Amour, Bonheur’. Ce fut une expérience de courte durée, comme il l’a magnifiquement avoué : “Cela dura six ans, puis l’ange s’envola, Dès lors je vais hagard et comme ivre. Voilà″. Ma passion pour les Pères et les grands poètes religieux reste intacte. De même, je peux dire que seule la peinture religieuse me touche profondément. Je suis toujours attaché à ce ‘Consolateur, l’Esprit Saint’. La prière qui reste ancrée en moi c’est la prière à l’Esprit Saint la plus répandue dans l’Église orthodoxe : “Roi céleste et Consolateur, Esprit de Vérité, présent en tout lieu et remplissant tout, Trésor des dons excellents et Donateur de la Vie, viens et daigne demeurer en nous, purifie-nous de toute souillure, ô Très Bon, et sauve nos âmes″.

    Que faire de Daech qui n’aime ni les icônes qu’il détruit ni la musique qu’il interdit ?
    Les musulmans ont depuis toujours aimé la musique et le chant. Le Daech est un mouvement isolé. Oublions-le, de grâce.

    Les autres religions que la chrétienté ont-elles des icônes différentes ou seulement leur musique l’est-elle ?
    Dans l’Église orthodoxe, l’icône a une fonction liturgique précise. C’est un art fonctionnel qui dépasse largement cette fonction, si j’ose dire. Le judaïsme et l’islam ont leurs images. La fonction de ses images diverge fondamentalement. Laissons de côté les définitions dogmatiques. L’Islam a produit incontestablement de sublimes images, avec des styles qui lui sont propres. Le judaïsme a lui aussi ses belles images, mais il a toujours emprunté le style des autres. Pour expliquer cela, il faudrait tout un cours d’histoire de l’art.

    Dernière question : quand aurons-nous la chance de voir une rétrospective des travaux de Zibawi, et est-ce qu’il mettrait la musique pour accompagner la rétrospective, et laquelle ?
    C’est encore tôt, très tôt. Je suis né en 1962, et je ne me suis jamais pris au sérieux. Je n’ai jamais aimé l’auto-idolâtrie des artistes. Je me permets d’emprunter l’expression de Saint Paul, “moi qui ne suis qu’un avorton″. La musique qui pourrait accompagner cette rétrospective ? Je pense à la musique byzantine dite profane. Une musique très proche de la musique ottomane.

    Mahmoud Zibawi et Emile Nasr

  • Pascal et l’esprit de géométrie

     

    « Je vous dirai donc, monsieur, que, si j’étais en santé, je serais volé à Toulouse, et que je n’aurais pas souffert qu’un homme comme vous eût fait un pas pour un homme comme moi. Je vous dirai aussi que, quoique vous soyez celui de toute l’Europe que je tiens pour le plus grand géomètre, ce ne serait pas cette qualité-là qui m’aurait attiré ; mais que je me figure tant d’esprit et d’honnêteté en votre conversation, que c’est pour cela que je vous rechercherais. Car pour vous parler franchement de la géométrie, je la trouve le plus haut exercice de l’esprit ; mais en même temps je la connais pour si futile, que je fais peu de différence entre un homme qui n’est que géomètre et un habile artisan. » Pascal, Lettre à Fermat du 10 août 1660

  • ΠΡΟΣ ΚΟΡΙΝΘΙΟΥΣ Α΄ΕΠΙΣΤΟΛΗ ΠΑΥΛΟΥ.

    Α Κορ. 15,41      ἄλλη δόξα ἡλίου, καὶ ἄλλη δόξα σελήνης, καὶ ἄλλη δόξα ἀστέρων· ἀστὴρ γὰρ ἀστέρος διαφέρει ἐν δόξῃ.

    Α Κορ. 15,41             Αλλη είναι η λάμψις και το μεγαλείον του ηλίου και άλλη είναι η λάμψις της σελήνης και άλλη η λαμπρότης των αστέρων· διότι αστέρι από αστέρι διαφέρει ως προς την λάμψιν.

    Α Κορ. 15,42      οὕτω καὶ ἡ ἀνάστασις τῶν νεκρῶν. σπείρεται ἐν φθορᾷ, ἐγείρεται ἐν ἀφθαρσίᾳ·

    Α Κορ. 15,42            Ετσι είναι και η ανάστασις των νεκρών σωμάτων. Ριπτεται στον τάφον το νεκρόν σώμα εις κατάστασιν φθοράς και αποσυνθέσεως και ανασταίνεται άφθαρτον.

    Α Κορ. 15,43      σπείρεται ἐν ἀτιμίᾳ, ἐγείρεται ἐν δόξῃ· σπείρεται ἐν ἀσθενείᾳ, ἐγείρεται ἐν δυνάμει·

    Α Κορ. 15,43            Ριπτεται στον τάφον δυσειδές και δυσώδες και ανασταίνεται ωραίον και ένδοξον. Σπέρνεται εις κατάστασιν ασθενείας και ανασταίνεται γεμάτο δύναμιν.

    Α Κορ. 15,44      σπείρεται σῶμα ψυχικόν, ἐγείρεται σῶμα πνευματικόν. ἔστι σῶμα ψυχικόν, καὶ ἔστι σῶμα πνευματικόν.

    Α Κορ. 15,44            Σπέρνεται σώμα που εζούσε χάρις εις τας κατωτέρας ζωϊκάς του λειτουργίας και ανασταίνεται σώμα πνευματικόν. Υπάρχει σώμα ψυχικόν, ζωϊκόν, και υπάρχει σώμα πνευματικόν.

    Α Κορ. 15,45      οὕτω καὶ γέγραπται· ἐγένετο ὁ πρῶτος ἄνθρωπος Ἀδὰμ εἰς ψυχὴν ζῶσαν· ὁ ἔσχατος Ἀδὰμ εἰς πνεῦμα ζωοποιοῦν·

    Α Κορ. 15,45            Ετσι είναι γραμμένο εις την Π.Διαθήκην· “έγινε ο πρώτος άνθρωπος, ο Αδάμ, με ψυχήν ζωντανήν, που ζωογονεί και το σώμα”. Ο νέος Αδάμ, ο Κυριος, είναι πλήρης από το Πνεύμα του Θεού που μεταδίδει πνευματικήν ζωήν.

    Α Κορ. 15,46      ἀλλ᾿ οὐ πρῶτον τὸ πνευματικόν, ἀλλὰ τὸ ψυχικόν, ἔπειτα τὸ πνευματικόν.

    Α Κορ. 15,46            Ομως δεν έγινε πρώτον το πνευματικόν σώμα, αλλά το ψυχικόν, το ζωϊκόν και έπειτα το πνευματικόν.

    Α Κορ. 15,47      ὁ πρῶτος ἄνθρωπος ἐκ γῆς χοϊκός, ὁ δεύτερος ἄνθρωπος ὁ Κύριος ἐξ οὐρανοῦ.

    Α Κορ. 15,47            Ο πρώτος άνθρωπος επλάσθη και προήρχετο από την γην, χωματένιος, ο δεύτερος άνθρωπος είναι ο Κυριος, ο οποίος ως Θεός κατέβηκε από τον ουρανόν και προσέλαβε την ανθρωπίνην φύσιν.

    Α Κορ. 15,48      οἷος ὁ χοϊκός, τοιοῦτοι καὶ οἱ χοϊκοί, καὶ οἷος ὁ ἐπουράνιος, τοιοῦτοι καὶ οἱ ἐπουράνιοι.

    Α Κορ. 15,48            Οποιος ήτο ο χωματένιος, θνητός δηλαδή και φθαρτός, τέτοιοι χωματένιοι είναι και οι απόγονοί του. Και οποιος είναι ο επουράνιος, πνευματικός και άφθαρτος, τέτοιοι θα είναι και οι επουράνιοι, οι πιστοί δηλαδή που αναγεννώνται δι’ αυτού εις την νέαν ζωήν.

    Α Κορ. 15,49      καὶ καθὼς ἐφορέσαμεν τὴν εἰκόνα τοῦ χοϊκοῦ, φορέσομεν καὶ τὴν εἰκόνα τοῦ ἐπουρανίου.

    Α Κορ. 15,49            Και όπως επήραμεν επάνω μας και εφορέσαμεν τα ιδιώματα του χωματένιου, έτσι θα φορέσωμε τα ιδιώματα του επουρανίου και θα γίνωμεν εικών αυτού.

    Α Κορ. 15,50      Τοῦτο δέ φημι, ἀδελφοί, ὅτι σάρξ καὶ αἷμα βασιλείαν Θεοῦ κληρονομῆσαι οὐ δύνανται, οὐδὲ ἡ φθορὰ τὴν ἀφθαρσίαν κληρονομεῖ.

    Α Κορ. 15,50            Με αυτό δε που σας λέγω, αδελφοί, εννοώ ότι η σάρκα και το αίμα, το σαρκικόν δηλαδή και φθαρτόν σώμα μας δεν ημπορεί, όπως είναι σήμερα, να κληρονομήση την βασιλείαν του Θεού, ούτε και η φθορά κληρονομεί ποτέ την αφθαρσίαν.

    Α Κορ. 15,51      ἰδοὺ μυστήριον ὑμῖν λέγω· πάντες μὲν οὐ κοιμηθησόμεθα, πάντες δὲ ἀλλαγησόμεθα,

    Α Κορ. 15,51             Ιδού σας φανερώνω μίαν μυστηριώδη και άγνωστον αλήθειαν· όλοι μεν δεν θα αποθάνωμεν, όλοι όμως, νεκροί και ζώντες, όταν έλθη ο Χριστός, θα αλλάξωμεν σώμα και κατάστασιν.

    Α Κορ. 15,52      ἐν ἀτόμῳ, ἐν ῥιπῇ ὀφθαλμοῦ, ἐν τῇ ἐσχάτῃ σάλπιγγι· σαλπίσει γάρ, καὶ οἱ νεκροὶ ἐγερθήσονται ἄφθαρτοι, καὶ ἡμεῖς ἀλλαγησόμεθα.

    Α Κορ. 15,52            Και θα γίνη αυτό ακαριαίως, ώσπου να ανοιγοκλείση το βλέφαρον, όταν θα ηχήση η τελευταία σάλπιξ του ουρανού· διότι τότε θα σαλπίση ο άγγελος και οι νεκροί θα αναστηθούν άφθαρτοι. Οσοι δε τότε ζώμεν θα υποστώμεν αμέσως ριζικήν αλλαγήν.

    Α Κορ. 15,53      δεῖ γὰρ τὸ φθαρτὸν τοῦτο ἐνδύσασθαι ἀφθαρσίαν καὶ τὸ θνητὸν τοῦτο ἐνδύσασθαι ἀθανασίαν.

    Α Κορ. 15,53             Διότι πρέπει αυτό το φθαρτόν σώμα να ενδυθή αφθαρσίαν και το θνητόν τούτο σώμα να ενδυθή αθανασίαν.

    Α Κορ. 15,54      ὅταν δὲ τὸ φθαρτὸν τοῦτο ἐνδύσηται ἀφθαρσίαν καὶ τὸ θνητὸν τοῦτο ἐνδύσηται ἀθανασίαν, τότε γενήσεται ὁ λόγος ὁ γεγραμμένος· κατεπόθη ὁ θάνατος εἰς νῖκος·

    Α Κορ. 15,54            Οταν δε το φθαρτόν τούτο πάρη την αφθαρσίαν, και το θνητόν τούτο πάρη την αθανασίαν, τότε θα γίνη πραγματικότης ο λόγος που είναι γραμμένος εις την Π. Διαθήκην· “κατεποντίσθη, κατενικήθη και εξηφανίσθη εντελώς ο θάνατος”. Δεν υπάρχει πλέον.

    Α Κορ. 15,55      ποῦ σου, θάνατε, τὸ κέντρον; ποῦ σου, ᾅδη, τὸ νῖκος;

    Α Κορ. 15,55             “Που είναι, θάνατε, το φαρμακερό κεντρί σου; Αδη, που είναι η νίκη σου;”

    Α Κορ. 15,56      τὸ δὲ κέντρον τοῦ θανάτου ἡ ἁμαρτία, ἡ δὲ δύναμις τῆς ἁμαρτίας ὁ νόμος.

    Α Κορ. 15,56            Το δε φαρμακερό κεντρί του θανάτου είναι η αμαρτία, την οποίαν όμως έχει εξουδετερώσει και εξαφανίσει ο Χριστός. Η δε δύναμις της αμαρτίας είναι ο νόμος, διότι χωρίς νόμον δεν νοείται αμαρτία.

    Α Κορ. 15,57      τῷ δὲ Θεῷ χάρις τῷ διδόντι ἡμῖν τὸ νῖκος διὰ τοῦ Κυρίου ἡμῶν Ἰησοῦ Χριστοῦ.

    Α Κορ. 15,57             Ας είναι ευλογημένος και δοξασμένος ο Θεός, ο οποίος δια του Κυρίου ημών Ιησού Χριστού μας δίδει την νίκην.

    Α Κορ. 15,58      Ὥστε, ἀδελφοί μου ἀγαπητοί, ἑδραῖοι γίνεσθε, ἀμετακίνητοι, περισσεύοντες ἐν τῷ ἔργῳ τοῦ Κυρίου πάντοτε, εἰδότες ὅτι ὁ κόπος ὑμῶν οὐκ ἔστι κενὸς ἐν Κυρίῳ.

    Α Κορ. 15,58            Ωστε, αδελφοί μου αγαπητοί, στηριχθήτε γέρα εις την μεγάλην αυτήν αλήθειαν περί της βεβαίας αναστάσεώς μας, μένετε ακλόνητοι, πάντοτε πλούσιοι στο έργον του Κυρίου, γνωρίζοντες καλά ότι ο κόπος σας δεν είναι χαμένος ενώπιον του Κυρίου.

     

  • Macron le toutou de Troump…

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    Aussi répugnant que le baiser de Honecker et de Brejnev

    Quelle honte que le spectacle donné par le freluquet français qui se laisse traîner comme s’il était en laisse et qui se fait  donner une leçon de civilité hygiénique en trouvant très drôle que le Beauf américain essuie les pellicules de son veston…

    Trump jokingly brushes ‘dandruff’ off Macron

    Washington (CNN)Brushing dirt off one’s shoulders is very much a thing of the aughts. Brushing dandruff off someone else’s shoulders, however, is so very 2018.

    This is a fact we learned on Tuesday, during a meeting between President Donald Trump and French President Emmanuel Macron.

    « They’re all saying what a great relationship we have, and they’re actually correct, » Trump said to Macron and gathered press in the Oval Office. « We do have a very special relationship. In fact, I’ll get that little piece of dandruff off — we have to make him perfect. He is perfect. »

    Trump then turned to Macron and brushed his shoulder. Now, we don’t know that Macron suffers from a dry scalp, but it doesn’t matter.

    A short list of things you typically do for people with whom you have a very « special relationship »:

    1. Feed their pet
    2. Get them coffee
    3. Bring them medicine
    A shorter list of things you typically don’t do:
    1. Publicly announce that you are going to brush dandruff off their shoulder, and then proceed to do so on camera
    This has been your daily reminder on how diplomacy can be awkward.

  • Makron en grenouille qui veut se faire plus grosse que le Boeuf

    La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

    Après l’interview ébouriffante de Makron, qui a déversé des déferlantes d’arguments, de chiffres, de contre-attaques, permettant de noyer la poisson et de donner le change. C’est du Sarkozy au cube, mais en style étudiant brillantissime, compétent, mais avec une grande  dose de bonne mauvaise foi. Se disant content de lui, de sa performance, il a assuré être le leader du monde qui sait agir sur le Boeuf Trump (prononcer « Troumpe ») et sur la Loutre Poutine…

    Une Grenouille vit un Boeuf
    Qui lui sembla de belle taille.
    Elle, qui n’était pas grosse en tout comme un oeuf,
    Envieuse, s’étend, et s’enfle, et se travaille,
    Pour égaler l’animal en grosseur,
    Disant : « Regardez bien, ma soeur ;
    Est-ce assez ? dites-moi ; n’y suis-je point encore ?
    – Nenni. – M’y voici donc ? – Point du tout. – M’y voilà ?
    – Vous n’en approchez point. « La chétive pécore
    S’enfla si bien qu’elle creva.
    Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages :
    Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs,
    Tout petit prince a des ambassadeurs,
    Tout marquis veut avoir des pages.