Catégorie : Personnel
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BONNE.FÊTE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE ET VIVIFIANTE CROIX DU SEIGNEUR!
С ПРАЗДНИКОМ ВОЗДВИЖЕНИЯ ЧЕСТНОГО И ЖИВОТВОРЯЩЕГО КРЕСТА ГОСПОДНЯ!
L’ELEVATION UNIVERSELLE DE LA CROIX
«Semblablement à la façon dont les quatre bras de la croix se tiennent fermement et se lient solidement l’un à l’autre par le milieu- centre, de même c’est par le truchement de la Force Divine que se tiennent la hauteur, la profondeur, la longueur et la largeur, c’est-à- dire, en quelque sorte, toute créature visible et invisible.» Saint Jean Damascène.
«L’Arbre de Vie, planté par Dieu dans le Paradis, préfigurait la vénérable croix. Car, puisque la mort était entrée au moyen de l’arbre, il convenait que ce soit au moyen de cet arbre que la vie et la résurrection soient gratifiées. C’est la mort du Christ ou la Croix qui nous a revêtus de la Sagesse et de la force hypostatiques de Dieu. Nous aussi nous adorons l’image de la Croix vénérable et vivifiante, nous l’adorons en vénérant non pas sa matière (Dieu nous en préserve), mais l’image comme symbole du Christ.» Saint Jean Damascène.Les douze fêtes canoniques marquent des événements qui ne sortent pas des limites du cercle évangélique, alors que dans l’Elévation de la Croix on rappelle ce qui s’est passé bien plus tard, bien que, dans son essence, cette fête soit emplie de la même lumière inextinguible commune aux Douze Fêtes Canoniques et qu’elle élève la conscience à la gloire de la prouesse rédemptrice du Christ. On la fête le jour de l’invention de la Croix du Seigneur et, en un sens plus général et plus large, c’est la croix elle-même qui est glorifiée lors de cette fête, en tant qu’instrument de la victoire du Christ sur le péché et la mort. On fête la Croix dressée au-dessus de l’Univers et sanctifiant le monde.Historiquement, cette fête commémore l’invention de la Croix sur laquelle fut crucifié le Seigneur, qui longtemps resta sous terreet semblait perdue pour les hommes. Au IVe siècle, l’impératrice Hélène, mère de Constantin le Grand, désira se rendre à Jérusalem pour se prosterner devant les saintes reliques qui y étaient conservées et étaient liées aux souvenirs des événements de la vie terrestre du Sauveur. Selon les sources qui se sont conservées, la cause principale du pèlerinage de l’impératrice Hélène fut le désir de trouver à Jérusalem la Croix sur laquelle le Sauveur avait subi la Passion. Après son arrivée à Jérusalem, selon les indications de l’impératrice Hélène, on commença les fouilles sur le Golgotha, à l’endroit même où le Christ avait subi la Passion. Plusieurs croix furent extraites de la terre et, selon la tradition, il ne fut pas possible de déterminer avec certitude laquelle de ces croix était véritablement celle sur laquelle le Seigneur Lui-Même avait subi la Passion. La Croix fut reconnue et déterminée grâce au miracle qui se produisit. Selon la tradition, près des croix déterrées, une procession funèbre se déroulait et pour mettre à l’épreuve la croix, pour reconnaître laquelle de ces croix déterrées était la croix véritable du Christ, celles-ci furent posées sur le défunt et lorsque celui-ci fut touché par l’une d’elles, se produisit le miracle de la résurrection. C’est ainsi, selon la tradition de l’Eglise, que fut attestée de manière indubitable l’authenticité de l’invention de la Croix.
Sur l’icône de l’Elévation de la Croix, ce miracle est représenté de façons diverses. Parfois, on ne représente pas le défunt ressuscité, mais un vieillard guéri d’une grave maladie au contact de la Croix; d’une manière ou d’une autre, dans tous les cas, en souvenir de l’événement est conservé le témoignage que la Croix fut identifiée par le miracle qui eut lieu. Dans certaines représentations de ce miracle en Occident, on représente une jeune adolescente ressuscitant au contact du bois de la croix. La croix identifiée et attestée par ce miracle fut élevée et dressée au-dessus du peuple avec une cérémonie particulièrement solennelle. Le patriarche dressa par trois fois sur la place la croix trouvée devant la grande multitude du peuple. Cette cérémonie accomplie par le patriarche, l’élévation de la croix forme
la base des icônes de la fête et est gravée pour l’éternité dans l’action liturgique, dans le rite de la fête célébrée par l’Eglise.
L’évêque ou le prêtre le plus ancien, dans un monastère habituellement, l’hégoumène, accompagné des prêtres concélébrants, sort de l’autel en élevant la croix, se place au centre de l’église, et pendant que l’on chante «Seigneur, aie pitié» répété 400 fois, il accomplit lentement la bénédiction de l’église par la croix en s’inclinant comme s’il s’abîmait dans la mort sur la croix du Christ, puis en se redressant à l’image de la Résurrection.
L’Elévation de la Croix, ce n’est pas uniquement la fête de l’invention de la Croix, mais essentiellement la glorification de la croix comme apparition salvatrice de l’Eglise, et non seulement de la croix visible, mais de la croix comme force de Dieu contenant le monde. On peut dire que la croix proclame la base même du monde créé. Dans la création même du monde fut mise la pluralité réduite à l’unité : le sceau béni de la croix détermine l’existence à partir de la fondation même. « Au commencement Dieu a créé le ciel et la terre, le monde visible et invisible.» Le monde des ordres angéliques, le monde tangible, corporel, et le monde animal qui ne possède pas la nature spirituelle propre aux anges; et comme dernière création de Dieu, création en quelque sorte culminant en l’homme, se combinent une nature spirituelle propre au monde angélique et une nature affective animale convenant à toute créature animale; ici aussi on peut apercevoir ce même sceau plein de grâce de la croix.
Le monde angélique, qui a reçu dans la création une structure hiérarchique co-subordonnée, porte également, pour ainsi dire dans sa propre organisation, la gloire de la croix. Et tout l’Univers, dès son commencement, est empli de cette gloire, et la croix, bénédiction et base de l’édifice du monde, a été en quelque sorte diffamée et déshonorée par l’apparition du péché, par la chute originelle, qui a engendré la désagrégation de cette sublime unité dans la croix de l’Univers. La chute de l’homme est devenue la source de l’inimitié de la mort, de la désagrégation, et la croix diffamée, dévastée par le péché, est devenue,plus exactement a été choisie par le Sauveur, comme instrument du rachat du monde désagrégé par le péché, comme étendard de la victoire sur la mort, comme rassemblement dans l’unité du monde endommagé par le péché. Le Sauveur a déployé ses bras sur la croix pour sauver ce qui avait péri, rassembler ce qui avait été dissipé. La croix, source de joie et d’unité bénie du monde, est devenue source de souffrance et de mort, et, choisie à nouveau par le Christ pour le salut du monde, elle redevient le Signe de la victoire sur la mort et elle couronne l’Eglise de sa gloire au ciel et sur la terre.
Moine Grégoire (Krug), CARNETS D’UN PEINTRE D’ICôNES, Lausanne, l’Âge d’homme
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De la chair et de l’esprit
« Es ist aber zu beachten, dass der Apostel die Deutung ablehnt, wonach Geist und Fleisch gewissermassen wie zwei getrennte Grössen nebeneinander stünden. Sie bilden vielmehr eine vollständige Einheit, so wie die Wunde und das Fleisch eine Einheit sind. Gewiss ist das Besondere der Wunde und das Besondere des Fleisches voneinander verschieden. Aber dennoch : weil Wunde und Fleisch eine Einheit bilden und die Wunde eigentlich nichts anderes ist als das verwundete oder schwache Fleisch selbst, darum wird dem Fleisch beigelegt, was der Wunde zugehört. So ist ein und derselbe Mensch zugleich Geist und Fleisch. Aber das Fleisch ist seine Schwacheit oder Wunde, und insofern er das Gesetz Gottes liebt, ist er Geist; insofern er aber sündhaft begehrt, macht sich de Schwachheit des Geistes und die Sündenwunde geltend, die erst heil zu werden beginnt. So sagt Christus : « Der Geist ist willig, aber das Fleisch ist schwach », Matth. 26, 41″
Martin Luther, Römerbriefvorlesung, 1515-1516
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« Die Hoffnung, die aus der Sehnsucht nach dem geliebten Gegenstande erwächst, macht die Liebe immer grösser durch den Abstand vom Erhofften. So kommt’s, dass aus dem Gegenstand, der erhofft ist, und dem Hoffenden durch die hochgespannte Hoffnung gevissermassen eine Einheit etntsteht, nach jenem Worte des seligen Augustin : « Die Seele ist viel mehr da zu Haus, wo sie liebt, als wo sie bloss den Leib beseelt. So sagt man auch im Volksmund : ‘ O meine Liebesglut. » Und der Dichter : ‘Mein Feuer, Amyntas. » [Virgil] Und Aritoteles sagt im 3.Buch von der Seele, dass aus der Vernunft und dem, was durch die Vernunft erkennbar ist, und aus der sinnlichen Natur und dem, was sinnlich wahrnehmbar ist, eine Einheit wird und überhaupt ganz allgemein aus einem Vermögen und seinem Gegenstand. So verwandelt die Liebe den Liebenden in den geliebten Gegenstand. Die Hoffnung also versetzt den Hoffenden in das Erhoffte, aber das Erhoffte tritt nicht in Erscheinung. Und so versetzt es ihn in das Unbekannte und Verborgene, in inwendige Finsternisse, dass es nicht weiss, was er hofft, und doch weiss, was er nicht hofft. So ist also die Seele Hoffnung und Erhofftes zugleich geworden, weil sie in dem verweilt, das man nicht sieht, d.i. in der Hoffnung. Könnte die Hoffnung gesehen werden, d.h. erkennten der Hoffende und das Erhoffte sich gegenseitig, dann würde er nicht in der Weise in das Erhoffte versetzt werden, d. h. in die Hoffnung und das Unerkannte, sondern, er würde übermächtig hingerissen werden zu dem, was sichtbar geworden ist, und würde das Erkannte geniessen. »
Martin Luther, Römerbriefvorlesung, zum achten Kapitel
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AUX SOURCES DE LA VOLGA en 2013
EN IMAGES – Cet été, notre série évasion vous emmène à la découverte des sources des grands fleuves. Après le Gange, voici la Volga qui, avant un périple de 3 700 kilomètres s’achevant dans la mer Caspienne, s’élance modestement d’une colline boisée du Valdaï, entre Saint-Pétersbourg et Moscou.
Il s’est furtivement raclé la gorge. A cherché du regard l’assentiment de l’higoumène lui faisant face dans le réfectoire du monastère. Esquissé un sourire gêné. Enfin, il s’est lancé. Sous l’icône d’une Vierge éclairée par un rayon de soleil vespéral, le jeune moine a entonné d’une voix caverneuse et limpide ce chant que fredonnaient jadis tous les petits Russes:«De loin longuement coule la Volga, coule la Volga, sans fin ni bord. Parmi les blés mûrs, parmi les neiges blanches coule ma Volga et j’ai 17 ans. Ma mère m’a dit: “ Tout peut arriver, mon fils, peut-être te fatigueras-tu des routes, Lorsque tu rentreras à la maison, au bout du chemin, plonge tes mains dans la Volga”»…
Nous saluons la performance en levant bien haut nos verres de kvas et de vodka au blé maison, puis reprenons, entrecoupée de toasts toujours plus enthousiastes, notre conversation avec l’archimandrite du monastère Nil Stolbenski (du nom de son fondateur), deuxième monastère orthodoxe le plus fréquenté au monde à la fin du XIXe siècle. Posés sur une petite presqu’île du lac Seliger, ses bâtiments, érigés dans la plus pure tradition pétersbourgeoise, sont un havre de paix fréquenté chaque année par des centaines de pèlerins. Plus de soixante moines y vivent et y travaillent sous l’autorité du père Arkadi. L’œil bleu pétillant derrière ses petites lunettes rondes, massif, l’homme est un cousin orthodoxe du rabelaisien frère Jean des Entommeures («Seigneur Dieu, donne-moi à boire!»). Ses propos n’en demeurent pas moins d’une grande clarté lorsqu’on lui demande de nous parler des sources de la Volga: «Vous les trouverez à quelques dizaines de kilomètres à l’ouest d’ici, de l’autre côté des 300 lacs qui arrosent la région du Valdaï. C’est un homme de Dieu, Nektari, qui les a découvertes et bénites au XVIIe siècle. Deux siècles avant que les scientifiques n’achèvent leurs calculs savants (en l’espèce: le Pr P.E. Beliavski) et ne confirment ce que le Seigneur lui avait révélé.» A peine sa phrase achevée, le père Arkadi se dresse soudain, nous attrape fermement par le bras et nous conduit, en cette heure de moins en moins chrétienne, à l’intérieur de la cathédrale du monastère, bâtie sur le modèle de celle de Saint-Isaac, à SaintPétersbourg. D’un geste autoritaire, il fait ôter la vitre et les tissus recouvrant la châsse de bois doré trônant devant l’iconostase et nous invite à baiser la relique exceptionnellement découverte: le crâne de Nektari en personne! L’homme qui mit à jour les sources de la Volga…

Une heure plus tard, sous un ciel blanchi par l’aube naissante, nous quittons Arkadi avec sa bénédiction, ses indications topographiques et la promesse de saluer les moniales qui gardent le lieu sacré.La route conduisant jusqu’à l’endroit où naît le plus grand fleuve d’Europe n’en est pas vraiment une: une piste de terre et de graviers défoncée, déformée, parfois effondrée. Et déserte, à l’exception de quelques jeunes à vélo portant des tee-shirts patriotiques «drink vodka, not soda»() et de babouchkas sorties d’une nouvelle de Tchekhov ou d’un roman de Bounine – cheveux rassemblés sous un fichu coloré, robe sombre recouverte d’un tablier blanc, chaussons de teille, fagot sur l’épaule. Ici, la vieille Russie n’est pas un vain mot ni une vue de l’esprit. Ni les Suédois, ni les chevaliers Teutoniques, ni la Horde d’Or, ni la Wehrmacht, ni les Rouges, ni les prédateurs capitalistes n’auront réussi à changer en profondeur ce peuple des champs, des rivières et des forêts, éternellement insensible aux soubresauts du monde terrestre.Règne en ces lieux peu fréquentés le plus doux des vacarmes: des pommes de pin tombant des arbres, des mésanges sifflotant leur bonheur, des becs-croisés gringottant tout leur soûl. Serpentant au milieu de marécages et d’une forêt de conifères qui tutoient les nuages, le chemin cahoteux bute brusquement sur une clairière au sommet d’un monticule, à la sortie du village de Voronovo (une dizaine d’isbas traditionnelles plus ou moins habitées). Sur une pierre a été gravée cette adresse: «Pèlerin russe, prête ton attention à la source de la Volga. C’est ici que naissent la pureté et la grandeur de la terre russe. C’est ici que se trouvent les sources de l’âme populaire russe. Garde-les en toi.» Nous nous approchons silencieusement de la plate-forme de bois de quelques mètres carrés surplombant un marais aux eaux jaunâtres. Celui-ci (qui le croirait?) donne naissance au ru ridicule qui, bientôt, arrosera un tiers de la Russie d’Europe, léchera les murs de Tver, Iaroslav, Nijni Novgorod, Kazan, Volgograd (ex-Tsarytsine, ex-Stalingrad) et Astrakhan, prendra ses aises sur une largeur de près de un kilomètre, accueillera sur son cours inférieur des milliers de bateaux de croisière, excavera des sables désertiques brûlants et se jettera, à l’aide de ses vastes bras, dans le plus grand lac du monde, la mer Caspienne, après une course de 3 700 kilomètres (Madrid-Moscou!). Toute la force du seigneur des fleuves européens est ici, dans sa faiblesse, sa petitesse, sa modestie originelles.

Une minuscule chapelle a été érigée: à l’intérieur, un trou symbolisant la source et une icône de saint Nicolas-le-Miraculeux. Un homme est assis là. Il prie les pieds dans l’eau, insensible aux dizaines de moustiques recouvrant son crâne et sa barbe blanche, qui le font ressembler à un starets de l’ère tsariste. Monarchiste, alcoolique repenti, Vladimir Federov a un peu plus de 60 ans et considère la Volga comme un fleuve aussi sacré que le Jourdain. Il n’est pas le seul. Des enfants sont régulièrement baptisés dans ce cloaque gonflé de petites bulles inquiétantes. Des femmes s’y lavent le visage et y trempent leurs lèvres. Des paysans y jettent des petits papiers pliés sur lesquels sont inscrits leurs vœux les plus chers. Tous les 6 janvier, au moment de la Théophanie (l’équivalent orthodoxe de notre catholique Epiphanie), une immense croix est creusée dans la glace formée par le général Hiver. Et en juin, une procession religieuse s’élance de la source de «matouchka Volga» («petite mère Volga») pour suivre, à pied puis en bateau, le cours du fleuve jusqu’à son delta.
A quelques dizaines de mètres de ce sanctuaire dont les piliers sont recouverts de grappes d’œufs de grenouille verdâtres, la cathédrale de la Transfiguration-du-Sauveur domine la colline arborée où nous nous trouvons. Elle est placée, comme la petite église en bois Saint-Nicolas toute proche, sous l’autorité de l’higoumena Sofia. «Au monastère bâti ici en 1649 sur oukase d’Alexis (le second tsar Romanov), raconte-t-elle, a succédé un couvent qui porte le nom d’Olga, première sainte russe orthodoxe. A l’époque communiste, les bâtiments ont été transformés en étables ou en entrepôts de bois et de légumes, les croix et les icônes abattues et brûlées, les moniales enlevées et pour certaines emmurées.» Réhabilité, le couvent abrite toute l’année une poignée de moniales et quelques novices. L’hiver, personne ne s’aventure dans les parages, recouverts de plusieurs mètres de neige. Les femmes de Dieu demeurent seules. Enfin presque. «Un ours vit à un kilomètre d’ici. On l’aperçoit parfois quand nous partons cueillir des champignons au printemps», précise l’higoumena, que la perspective d’une attaque du plantigrade semble moins effrayer que celle de manquer les vêpres. Gambadent aussi alentour des loups et des élans. «Tâchez de ne pas en croiser un avec votre voiture: vous finiriez ratatinés», nous glisse-t-elle avec un petit sourire, avant de regagner son austère isba – là où il y a de la simplicité, il y a une centaine d’anges, disent les orthodoxes.

Après le zoo, retour aux eaux. A peine s’est-elle affranchie des arbres et des herbages protecteurs l’entourant pour ses premiers mètres de liberté que la Volga perd pied et se noie dans un lac, puis deux, puis cinq, puis dix. Quarante kilomètres plein sud, quarante kilomètres plein est: elle n’en poursuit pas moins vaillamment son petit bonhomme de chemin sousmarin. A la surface, des îles, des monastères en bois ou en pierre et en brique rouge (faut-il le rappeler: krasnoié , en russe, signifie à la fois rouge et beau…), des villages de pêcheurs (Zabelino, Selichtche), des plages, des datchas de notables moscovites, des saules venant pleurer dans ses ondes invisibles. A Peno, la voilà qui se glisse sous un pont et passe à proximité de la maison de Zinaïda Grigorievna Samoilova qui, chaque matin que Dieu fait, sort la saluer dignement: jamais, nous assure-t-elle, il ne lui serait venu à l’esprit l’idée de vivre loin du fleuve-mère. Enfin la Volga parvient à s’échapper de ses prisons lacustres et à gagner son autonomie. Dans la bourgade de Selijarovo, une rivière gonflée des eaux pures du lac Seliger, paradis des pêcheurs et des chasseurs, se joint à elle au pied d’une petite église que nargue une fière statue de Lénine érigée tout près, devant la mairie dont on s’attend à voir à tout instant sortir un Peppone local.
Bientôt, la Volga régnera enfin. Mais ce sera une autre géographie. Et une autre histoire.

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ARCHIVES – AMIS ÈS ART
ARCHIVES – AMIS ÈS ART

VLADIMIR GOUSSIEV, IOSSIF KIBLITZKY, IEVGUÉNIYA PÉTROVA,1999 IEVGUÉNIYA PÉTROVA , BRUGES, 1999 (photo Jean-Claude Marcadé)

IEVGUÉNIYA PÉTROVA, 1999 (photo Jean-Claude Marcadé) 
DMYTRO HORBATCHOV AU JAPON, 1998 

JEAN-CLAUDE MARCADÉ, SUZANNE PAGÉ, Salle de La Danse de Matisse ao MAMVP, 1996 

RENÉ MASSAT ET JEAN-CLAUDE MARCADÉ, MNAM, 1999 (photos de Garry FAïf) 
JEAN-CLAUDE MARCADÉ ET SIMONE FAÏF, 1999(photo Garry Faïf) 
JEAN-CLAUDE MARCADÉ ET SIMONE FAÏF, 1999(photo Garry Faïf)

BOULAT GALÉÏEV ET JEAN-CLAUDE MARCADÉ, 1988 
KATIA ZOUBTCHENKO, MADAME BRANTÔME, JEAN-CLAUDE MARCADÉ À L’EXPOSITION DU PEINTRE UKRAINIEN PIERRE NILOUS, 1986 (photo Dominique Fontanarosa) 

MIKHAÏL FIODOROVITCH ASTROV, NEVEU D’IVAN POUGNI, À SAINTE GENEVIÈVE DES BOIS, 1989 JEAN-CLAUDE MARCADÉ DEVANT LA SCULPTURE DE PEVSNER « ÉLAN » SUR SA TOMBE AU CIMETIÈRE RUSSE DE SAINTE GENEVIÈVE DES BOIS, 1989

RAÏSSA CHARMOIS, JEAN-CLAUDE MARCADÉ, OLGA CHARMOIS AU PAM LE 29 AOÛT 2O26 
JEAN-CLAUDE MARCADÉ ET GRÉGOIRE CHARMOIS AU PAM LE 29 AOÛT 2026
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Bonne Fête de la Dormition de la Mère de Dieu! С ПРАЗДНИКО
Bonne Fête de la Dormition de la Mère de Dieu!
С ПРАЗДНИКОМ УСПЕНИЯ ПРЕЧИСТОЙ БОГОРОДИЦЫ!
La Mère de Dieu est placée, par la volonté divine, plus haut que toutes les créations, elle est la reine de tout ce qui est créé, elle qui a reçu dans sa Dormition, l’adoration des forces célestes, terrestres et infernales ; dans sa dignité de Reine des Cieux elle embrasse et relie le monde des ordres angéliques et le genre humain.
Le Dieu de Gloire s’est fait homme; il a pris sur lui de la Vierge Éternelle tout ce qui est humain, afin de sauver et de rétablir l’image de Dieu, mise dans l’homme depuis sa création et sans cesse obscurcie par le caractère corrompu de la nature humaine déchue, vaincue par le péché.[•••]
L’unité de la Mère de Dieu et des Apôtres, aussi bien dans l’Ascension que dans la Pentecôte, est immuable et l’événement définitif final dans la vie de la Mère de Dieu et des apôtres a été la Dormition de la Vierge. Ici, l’unité de l’assemblée des apôtres et de la Mère de Dieu s’est exprimée définitivement et de manière irréfutable. La Mère de Dieu a rassemblé par sa Dormition les apôtres de tous les coins de l’Univers. Chacun des apôtres a été transporté par l’Esprit Saint de l’endroit de son ministère à Jérusalem et tous ont constitué une assemblée autour de la Mère de Dieu. Avec les Puissances Incorporelles et les femmes qui assumaient le ministère apostolique ils ont accompli le rite des funérailles et ont porté la couche où reposait le corps de la Mère de Dieu à l’endroit où elle a été ensevelie. C’est ici précisément que s’est manifestée la même étroite parenté qui a déterminé la présence de la Mère de Dieu parmi les apôtres, aussi bien sur le mont des Oliviers que sur la montagne de Sion, dans le Cénacle, qui s’est empli le jour de la Pentecôte du feu et du souffle du Saint Esprit. Et dans toute la vie ultérieure de l’Église il est difficile de se représenter la moindre action apostolique sans la présence et la participation de la Mère de Dieu. Il est impossible de se représenter aussi la catholicité (la communion universelle) de l’Église sans la participation de la Mère de Dieu ou d’ignorer d’une certaine façon la présence de la Mère de Dieu partout où la nature catholique (de communion universelle) de l’Église trouve son expression, parce que le ministère de la Mère de Dieu dans l’Église embrasse tout. La Mère de Dieu, comme Reine des cieux et de la terre, ne peut être en dehors de la moindre action de l’Église, angélique ou humaine, et aucune manifestation catholique (de communion universelle) de l’Église ne pourrait être emplie de la plénitude de la bénédiction sans la Mère de Dieu. C’est pour cette raison aussi que la plénitude de l’assemblée apostolique rassemblée dans le Cénacle le jour de la Pentecôte, plénitude qui a déterminé la nature apostolique de l’Église, ne s’est pas réalisée sans la participation de la Mère de Dieu. Mais c’est par la volonté du Saint Esprit qu’elle a été présente et a participé à la fête et a été sanctifiée par la réception de l’Esprit Saint lors de la descente des langues de feu et elle a sanctifié la fête par Sa participation. [•••]
MOINE GRÉGOIRE (G. I. Krug)
CARNETS D’UN PEINTRE D’ICÔNES
TRADUIT DU RUSSE
PAR JEAN-CLAUDE ET VALENTINE MARCADÉ -

BONNE FÊTE DE LA TRANSFIGURATION!
BONNE FÊTE DE LA TRANSFIGURATION!

LA TRANSFIGURATION DU SEIGNEUR
Dans le cycle des fêtes de l’Église trois d’entre elles sont conjointes par des traits de ressemblance, sont rapprochées l’une de l’autre par une parenté étroite et particulière. Ce sont la Pentecôte, l’Épiphanie et la fête de la Transfiguration du Seigneur. Les fêtes sont unies l’une à l’autre par leur nature trinitaire.Dans la Pentecôte, l’Esprit Saint, par Sa descente sous l’aspect de langues de feu, nous introduit dans l’intimité de la connaissance de Dieu, en nous révélant, aussi pleinement que cela nous est accessible, la vie de la Très Sainte Trinité.Dans la fête de l’Épiphanie, les Trois Personnes de la Très Sainte Trinité se sont manifestées dans une action sanctifiante, en préparant notre salut, par une action salvatrice, concordante qui sanctifie le monde. Dans la Transfiguration, la Très Sainte Trinité s’est manifestée principalement dans la gloire de la lumière Divine incréée. En elle tout est lumière, tout est empli de lumière et tout change d’aspect mystérieusement.Le sommet du Mont Thabor sur lequel le Sauveur fit monter les disciples élus, s’emplit de l’effusion de la lumière Divine, de la gloire ineffable de la Divinité. Et l’icône de la fête est tout entière emplie de cette effusion de la lumière Divine. Toute la surface de l’icône devient, pour ainsi dire, réceptrice de lumière. La répartition des représentations sur l’icône (la nuée qui couvre de son ombre le Sauveur, le mouvement des rayons qui indiquent les forces-énergies divines, le mouvement du Mont Thabor et la chute précipitée des apôtres, tout ce qui constitue la base de l’icône parle de la lumière et est déterminé par la lumière. De lumière est emplie la nuée – gloire de l’Esprit Saint qui a couvert de son ombre le Seigneur et l’habit du Seigneur dont la blancheur est emplie d’un fin réseau de rayons d’or qui indiquent également l’irradiation des forces Divines.
Le reflet de la lumière qui se répand du Seigneur illumine les tuniques de Moïse et d’Élie, celles des apôtres qui sont jetés par terre et les saillies en degrés du Mont Thabor. Le mont lui-même semble être empli de la volonté inspirée de préparer la place du Seigneur, ses contours, en s’élevant, se rétrécissent vers le sommet et tout en haut se divisent en trois petits ressauts formant la place du Seigneur et de ses deux interlocuteurs : Élie, intercesseur des vivants et Moïse, intercesseur des morts. Les plis de leur vêtement ainsi que le vêtement des apôtres sont soulevés par un tourbillon et emplis d’une lumière mystérieuse issue du Sauveur. Parfois les apôtres sont représentés tombant la tête la première, parfois seulement précipités à terre et cachant leur visage de leur vêtement. La Divinité, selon la définition de l’archevêque Innocent de Kherson, dissimulée sous le rideau de la chair, a mis en évidence sa présence et a resplendi comme l’éclair. La prière a éveillé et stimulé la plénitude de la Divinité dissimulée dans l’humanité de Jésus au point que, ayant imprégné l’âme du Dieu-Homme, elle a transpercé de sa lumière le corps et a resplendi sur le visage ; sans pouvoir être contenue ici, elle a auréolé et transfiguré les vêtements eux-mêmes.Ce n’est pas devant tout le peuple ni même devant tous les disciples que s’est accompli le miracle de la Transfiguration, mais seulement devant trois apôtres élus par le Christ, capables de supporter la vision de cette gloire intolérable: et ce n’est pas d’emblée que le Seigneur les a faits témoins de Sa Transfiguration, mais après avoir accompli la montée au sommet du Mont Thabor, montrant ainsi que ce n’est pas partout ni dans n’importe quel état que l’on peut devenir les témoins et les participants de la Transfiguration du Seigneur, mais uniquement par l’effort de la montée. Dans la vie de l’Église ce sont les ascètes (podvijniki) tendus vers la contemplation qui suivent cette voie des sommets. La Montée au sommet du silence les conduit à l’apparition de la lumière Divine et l’Église conserve une multitude de témoignages sur cette lumière qui est atteinte par l’expérience de la plongée dans la prière et la contemplation. Sur la nature de cette lumière mystérieuse qui s’est répandue dans la Transfiguration du Seigneur des discordances naquirent et des discussions âpres eurent lieu, surtout dans les monastères du Mont Athos dont le sommet est couronné par l’église de la Transfiguration. Au Mont Athos, où l’expérience intérieure des podvijniki en quête du silence (les hésychastes) se conjuguait avec une force et une constance particulière à l’apparition de la lumière du Thabor, naquirent des discussions sur la nature de cette lumière. Certains adversaires ayant à leur tête Varlaam, sous l’influence des notions scolastiques occidentales, affirmaient que la lumière vue par les apôtres au Thabor n’était pas la lumière incréée, la lumière Divine, mais était une manifestation créée par Dieu et qu’elle ne pouvait être visible qu’en vertu de ce caractère créé.
Varlaam considérait comme également créées toute action de la Grâce Divine et toute manifestation des forces-énergies Divines.
«Mais cet enseignement est nuisible à l’intelligence, qui dit que la grâce commune au Père, au Fils et au Saint Esprit, que la lumière du Siècle à venir par laquelle les justes resplendiront comme le Soleil, lumière dont le Christ a montré la préfiguration en resplendissant sur le Mont Thabor, que simplement toute force et que toute action de la Divinité trihypostatique… que tout cela est créé.» (Synaxaire de la deuxième semaine du Grand Carême).
Cette querelle s’acheva au Concile de Constantinople par la profession de foi de saint Grégoire Palamas qui démasqua Varlaam et son partisan Akindinos et établit pour toujours la doctrine orthodoxe de la nature de la Grâce, des forces Divines et de la lumière du Thabor. La lumière, selon le témoignage de saint Grégoire Palamas, apparue aux apôtres sur le Mont Thabor, n’est pas une lumière formée, créée, mais est une irradiation de la Divinité elle-même, une effusion rayonnante de lumière de la grâce de la Très Sainte Trinité qui sanctifie et illumine le monde.
« La lumière de la Transfiguration du Christ emplit mystérieusement l’Église, rendant porteurs de lumière les hiérarchies angéliques et se manifestant chez les saints, et cette lumière est déjà la gloire du Siècle à venir et les Saints qui témoignent de la lumière du Thabor sont non seulement ses témoins, mais eux-mêmes en sont emplis, car en regardant à visage découvert la gloire de notre Seigneur on doit se transfigurer par l’Esprit de Dieu de gloire en gloire. La Transfiguration donne exactement l’image de notre transfiguration.» (Saint Innocent de Kherson).
Voici en quels termes saint Siméon le Nouveau Théologien parle de cela :
« La Grâce de l’Esprit Saint, qui vient comme une lumière intelligente, vient avec douceur, apportant l’allégresse, c’est-à-dire le reflet de la lumière éternelle et l’éclat rejaillissant de la béatitude qui n’a pas de fin; elle fait de lui – de l’homme – l’ami et le fils de Dieu, et Dieu dans la mesure où l’homme peut Le contenir » ; et plus loin :
« L’intelligence qui s’est unie à Dieu devient comme la lumière. L’intelligence est alors lumière et voit la lumière, c’est-à-dire Dieu. L’intelligence se voit totalement unie à cette lumière et veille avec vigilance. »
Dans la série innombrable des témoignages sur la lumière du Thabor il en est un qui nous est particulièrement proche dans le temps et à cause des conditions dans lesquelles s’est produit le miracle. C’est l’apparition de la lumière pleine de grâce par laquelle s’est achevé l’entretien de saint Séraphin de Sarov avec son ami Motovilov sur le sens et la destination de la vie chrétienne. Dans cet entretien, saint Séraphin explique à Motovilov que ni la pureté de vie, ni la qualité, ni l’abondance des vertus ne sont le sens final de la vie chrétienne, mais seulement les conditions indispensables pour atteindre ce sens. Le trésor qui seul est digne d’être le couronnement de la vie, c’est la plénitude de l’acquisition de l’Esprit Saint lorsque l’âme humaine recevant la plénitude de la grâce «resplendit de l’unité Trinitaire». Motovilov n’arrivait pas à comprendre ce qu’était l’acquisition du Saint Esprit et alors soudain saint Séraphin, afin que Motovilov saisisse jusqu’au bout ce qui a été dit clairement, fit de lui le participant et le témoin oculaire du miracle. Le visage du saint commença à s’illuminer mystérieusement. À la question de saint Séraphin qui demandait pourquoi Motovilov ne le regardait pas, celui-ci répondit :
« Je ne peux pas, mon père, regarder; de vos yeux tombent des éclairs, votre visage est devenu plus lumineux que le soleil et j’ai dans mes yeux des douleurs lancinantes.»
Puis Motovilov rapporte ce qu’il a vu en ces termes :
« Imaginez au milieu du soleil, dans l’intensité la plus étincelante de ses rayons de midi, le visage de l’homme qui converse avec vous. Vous voyez les mouvements des lèvres, l’expression de ses yeux qui change, vous entendez sa voix, vous sentez que quelqu’un vous tient de ses mains par les épaules, mais non seulement vous ne voyez pas ses mains, ni vous-même, ni son corps, mais seulement une lumière aveuglante s’étendant au loin, à plusieurs sagènes alentour et qui illumine de son vif éclat le voile neigeux qui couvre la clairière et les flocons neigeux qui se déversent sur moi et sur le starets très vénéré.»
C’est en ces termes que Motovilov décrit l’apparition de la lumière incréée qui a illuminé saint Séraphin et cette lumière est toujours la même lumière de la Transfiguration du Seigneur qui illumine les Saints, revêt de gloire la Sainte Église et qui, selon la définition du Concile confirmant la profession de foi de saint Grégoire Palamas, est
«la gloire indicible et la gloire très parfaite et pré-éternelle de la Divinité, la gloire sans commencement ni fin et le royaume de Dieu, la vérité et la beauté ardemment désirée, la Divinité du Père et de l’Esprit qui siège dans le Fils unique.»
Si l’on met côte à côte les paroles de saint Siméon et celles de saint Séraphin, dans l’entretien avec Motovilov, on est frappé par leur extraordinaire similitude non seulement dans la connaissance de la lumière, mais aussi dans les expressions de la langue à laquelle ont eu recours les saints dans leur témoignage sur la lumière et dans leur définition de sa signification finale. Nous voyons cela également chez d’autres témoins et spectateurs de la lumière Divine, incréée ; la parenté, l’expérience intérieure de saints aussi éloignés l’un de l’autre dans le temps et par les conditions dans lesquelles leur vie s’est écoulée, sont comme un flot porteur de lumière qui nous entraîne vers la lumière sans crépuscule du Jour à venir. Et le triomphe de la pureté du combat pour défendre la doctrine orthodoxe sur la lumière Divine de la Transfiguration est conjointe ecclésialement à la célébration du Triomphe de l’Orthodoxie.
La Transfiguration du Seigneur sur le Mont Thabor ne saurait être comprise par nous comme un miracle isolé dans la série des événements évangéliques, mais elle est la voie, l’image et le sommet de la Transfiguration universelle.
Moine Grégoire (Kroug), Carnets d’un peintre d’icônes, Lausanne, L’Âge d’Homme, 2019 (traduction de Jean-Claude et Valentine Marcadé)





















































