Sultra&Barthélémy travaillent ensemble depuis 1990. Leur chantier est un univers multiformes et multi-technologies : Les artistes croisent et partagent des champs de pensée très différents qui témoignent par là des noeuds dynamiques du présent. Leur travail dès l’origine interroge la photographie. Dans le champ ouvert et dialectique de l’art contemporain, ils prolongent une réflexion mais aussi des gestes sur l’image. Ils constituent à partir de 2002, une boîte à outils faite de petits programmes et de micro-mécaniques travaillant sur le temps de l’image fixe. Fascinés par le mouvement qui favorise les multiples états probables plutôt qu’une capture de l’instant décisif, leurs images s’animent. Utilisant de la même façon les technologies 3D comme opérateur spatial sur les images, ils frôlent les questions propres à l’architecture et au design. Depuis quelques années, ils construisent leurs propositions autour des questions de codes et toutes les perspectives récentes qui s’y rattachent. Ils explorent les passages rendus possibles par le soubassement numérique commun aujourd’hui aux médias techniques. Ce potentiel de «l’objet numérique» et cette fluidité gagnée leur ouvrent des territoires nouveaux : Leur projet d’édition PIPELINE (2009-2015) – (44 ouvrages publiés et consultables sur internet) est une manière régulière, une avancée pas à pas pour reconstruire l’unité autour de ces fictions en images toujours en mouvement. Aujourd’hui les deux artistes ouvrent avec RétinA un chantier nouveau à la confluence de toutes ces questions : Il s’agit pour eux d’incorporer des flux d’informations dans un textile, inventer en d’autres termes la possibilité d’un textile-écran ou écran tissé. Le projet RétinA, jette un pont entre vieille et nouvelle technologie en explorant le potentiel imageant d’un textile «augmenté», surface souple, organique et communicante. nouvellement une histoire du voir au commencement Cette nouvelle matrice textile connectée contrainte aux très basses définitions impose aux artistes de repenser les images, d’en comprendre le champ, de saisir les seuils et les codes de visibilité, de penser la «furtivité stealth» comme vecteur d’apparition de formes, le mouvement comme forme possible, de visiter nouvellement les compressions natives, les vitesses de la photographie et du cinéma. Il s’agit bien là pour l’essentiel de leur projet artistique : Un chantier du voir au commencement ou commencement du voir conforté par leur partage d’expériences avec l’Institut de la Vision et le CHNO des 15/20 (Paris) qui donnera vie et matière au PICTON. Il est dit que ce matériau théorique, tel une particule prédite mais non encore détectée, permet aux artistes d’identifier leur proposition artistique à venir.