De la foi selon Kierkegaard et le hassidisme

« Ai-je la foi? De cela je ne peux avoir aucune certitude immédiate, car la foi est précisément cette oscillation dialectique qui, dans le tremblement et la crainte, ne désespère pourtant jamais. Elle est le souci infini au sujet de soi-même, ce souci de savoir si on a la foi, et c’est ce souci qui est la foi » (Kierkegaard, Buch des Richters, cité par Jean Wahl, Études kierkegaardiennes, Paris, Vrin, 1977, p. 301)

Pour le « chercheur », pour l’homme hassidique, il n’est qu’une certitude, celle du risque de l’absolu. […]

C’est lorsque l’individu n’est pas assuré de sa relation avec l’Autre qu’il y a relation avec l’Autre. Dans le domaine de la foi, « c’est lorsque l’homme n’est pas assuré de sa relation avec Dieu qu’il y a relation avec Dieu. Malheureux ceux qui croient être en relation avec lui car ils ne le sont certainement pas. » (Kierkegaard)

[Extrait du livre de Marc-Alain Ouaknin, Tsimtsoum. Introduction à la méditation hébraïque, Paris, Albin Michel, 1992, p. 89]