Es ist vollbracht!
CHRISTUS RESURREXIT!
BONNE ET JOYEUSE FÊTE DE PÂQUES!
« Es ist vollbracht »
« […] Es ist vollbracht! Vergiss ja nicht
Dies Wort, mein Herz, das Jesus spricht,
und lass es dir auch darzu dienen,
dass du vollbringst, was dir will ziemen.
So lang du lebst, lass dies nicht aus der Acht,
dass Jesus spricht: Es ist vollbracht! »
Johannes-Passion
« […] Et moi-même le sang que j’ai versé pour eux,
C’était leur propre sang et du sang de la terre.
Du sang du même coeur et de la même artère.
Du sang du même peuple et du même Hébreux.
Les pleurs que j’ai versés sur un mont solitaire,
Les pleurs que j’ai pleurés quand j’ai pleuré sur eux,
C’étaient les mêmes pleurs et de la même terre,
Et de la même race et des mêmes Hébreux.
Le sang que j’ai versé sous la lance romaine,
Le sang que j’ai versé sous la ronce et le clou ;
Et quand je suis tombé sur ma faiblesse humaine
Sur les paumes des deux mains et sur les deux genoux ;
Le sang que j’ai versé sous la lance de Rome,
Le sang que j’ai versé sous l’ortie et la houe ;
Et quand je suis tombé par ma faiblesse d’homme
Sur mes mains, sur ma face et sur mes deux genoux ;
Le sang que j’ai versé sous la lance de Rome,
Le sang artériel que j’ai versé pour vous
Le jour que je tombais sur mes maigres genoux,
C’était le sang du juste et c’était du sang d’homme.
Le sang que j’ai versé sous la feinte couronne,
Les pleurs que j’ai versés sous cette multitude;
Les mots que j’ai versés dans ma similitude,
Les coups que j’ai reçus sous la double colonne;
Les verbes que j’ai mis en forme de parole
Et l’amour que j’ai mis en forme de bonté,
La gerbe que j’ai mise en forme d’unité,
Le grain que j’ai semé dans toute parabole;
Le sang que j’ai versé sous la blanche aubépine,
Le sang que j’ai perdu dans mon humanité ;
Les pleurs que j’ai versés dans la creuse ravine,
Le sang que j’ai perdu dans mon éternité;
Les pleurs que j’ai perdus dans ma miséricorde,
Les coups que j’ai reçus dans mon humanité;
L’avanie et l’outrage aux mains de cette horde,
Les coups que j’ai reçus dans mon éternité […] »
CHARLES PÉGUY, Ève, 1913