Auteur/autrice : Jean-Claude

  • SOUVENIRS, SOUVENIRS, DÉBUT ANNÉES 1970 EN VRAC

    SOUVENIRS, SOUVENIRS,DÉBUT ANNÉES 1970 EN VRAC

    CHÉMIAKINE ET VALENTINE MARCADÉ
    ZÉNON KOMISSARENKO
    VALENTINE MARCADÉ ET RAPHAËL KHÉRUMIAN
    VALENTINE MARCADÉ ET ANDREENKO
    RAPHAËL KHÉRUMIAN ET JEAN-CLAUDE MARCADÉ
    JEAN-CLAUDE MARCADÉ ET IOURI ANNENKOV
    JEAN CHAUVELIN, BERNARD ET MARINA (NELLY) MARCADÉ, JEAN-CLAUDE MARCADÉ, CHARLES, SECRÉTAIRE DE LA GALERIE CHAUVELIN, PORTANT DES « CRAVATES-MALÉVITCH »,BRODÉES AU POINT DE KIEV PAR VALENTINE MARCADÉ
  • Sultra&Barthélémy ou la photographie comme lieu multiforme et multi-technologique

    RENÉ SULTRA ET MARIA BARTHÉLÉMY

     

    Sultra&Barthélémy travaillent ensemble depuis 1990. 
Leur chantier est un univers multiformes et multi-technologies : Les artistes croisent et partagent des champs de pensée très différents qui témoignent par là des noeuds dynamiques du présent. Leur travail dès l’origine interroge la photographie. Dans le champ ouvert et dialectique de l’art contemporain, ils prolongent une réflexion mais aussi des gestes sur l’image.
Ils constituent à partir de 2002, une boîte à outils faite de petits programmes et de micro-mécaniques travaillant sur le temps de l’image fixe. Fascinés par le mouvement qui favorise les multiples états probables plutôt qu’une capture de l’instant décisif, leurs images s’animent.
Utilisant de la même façon les technologies 3D comme opérateur spatial sur les images, ils frôlent les questions propres à l’architecture et au design.
Depuis quelques années, ils construisent leurs propositions autour des questions de codes et toutes les perspectives récentes qui s’y rattachent. Ils explorent les passages rendus possibles par le soubassement numérique commun aujourd’hui aux médias techniques. Ce potentiel de «l’objet numérique» et cette fluidité gagnée leur ouvrent des territoires nouveaux :
Leur projet d’édition PIPELINE (2009-2015) – (44 ouvrages publiés et consultables sur internet) est une manière régulière, une avancée pas à pas pour reconstruire l’unité autour de ces fictions en images toujours en mouvement.
Aujourd’hui les deux artistes ouvrent avec RétinA un chantier nouveau à la confluence de toutes ces questions : Il s’agit pour eux d’incorporer des flux d’informations dans un textile, inventer en d’autres termes la possibilité d’un textile-écran ou écran tissé. 
Le projet RétinA, jette un pont entre vieille et nouvelle technologie en explorant le potentiel imageant d’un textile «augmenté», surface souple, organique et communicante. nouvellement une histoire du voir au commencement
Cette nouvelle matrice textile connectée contrainte aux très basses définitions impose aux artistes de repenser les images, d’en comprendre le champ, de saisir les seuils et les codes de visibilité, de penser la «furtivité stealth» comme vecteur d’apparition de formes, le mouvement comme forme possible, de visiter nouvellement les compressions natives, les vitesses de la photographie et du cinéma. Il s’agit bien là pour l’essentiel de leur projet artistique : 
Un chantier du voir au commencement ou commencement du voir conforté par leur partage d’expériences avec l’Institut de la Vision et le CHNO des 15/20 (Paris) qui donnera vie et matière au PICTON. Il est dit que ce matériau théorique, tel une particule prédite mais non encore détectée, permet aux artistes d’identifier leur proposition artistique à venir.

  • Alexej Jawlensky « Le Sauveur »

    Alexej Jawlensky « Le Sauveur »  (Vendu aux enchères de la Maison Grisebach à Berlin en mai)

  • Au secours ! Retour du maccarthysme…

    AU SECOURS ! RETOUR DU MACCARTHYSME!

    L’ histoire se répète, nous dit Marx, comme une farce. Nous en faisons l’expérience, depuis au moins deux ans de façon paroxystique, avec les méthodes des enquêtes qui   interprètent les faits de façon hystérique et paranoïaque, mais une hystérie et une paranoïa bien calculées et visant un seul objectif, Untel ou Untel, créés de toute pièce comme ennemis, érigés en boucs émissaires, boucs émissaires dont le grand anthropologue chrétien René Girard a démonté les mécanismes. Une grille de lecture est créée à laquelle on se réfère avec un automatisme réflectif pavlovien : les faits avérés ne suffisent pas, il faut du probable et de l’improbable, du highly likely, une hyper-interprétation des relations humaines, des coïncidences (« Si ce n’est toi, c’est donc ton frère!), rappelant, mutis mutandis, l’hyper-criticisme faurissonnien. À cela s’ajoute une sélection éhontée des informations : Qui veut tuer son chien l’accuse de la rage…

    Ce néo-maccarthysme inauguré par les États-Unis se répand dans toute l’Europe et touche non seulement la géo-politique, les politiques nationales, les faits-divers gonflés en événements quasi planétaires, mais pratiquement tous les media qui font une course commerciale à l’information-buzz pour attirer le chaland. Le journal de référence Le Monde se veut un premier de cordée dans la pipolisation de ce  « journalisme d’investigation » maccarthyste.

  • Interview par Jean-Louis Pradel en 1995

    Historien de l’art, directeur de recherche au CNRS, russologue et traducteur de Kazimir Malévitch auquel il a consacré une importante monographie en 1990, Jean-Claude Marcadé est spécialiste de l’avant-garde russe. Commissaire et conseiller scientifique pour de nombreuses expositions,

    il est également l’auteur de textes et d’ouvrages liés à l’art russe au xxe siècle.

    Jean-Claude Marcadé est invité à l’occasion de la sortie de son ouvrage : L’Avant-garde russe, 1907–1927
(Paris, Flammarion, 1995)

     

    Jean-Louis Pradel : Pourquoi, plus de quatre-vingt ans après son avènement, l’avant- garde russe ne cesse t-elle d’exercer son influence et d’être le foyer où se forgent les formes à venir ?

    Jean-Claude Marcadé : Les années 1910-1920 représentent un moment à la fois capital et particulier de l’histoire de la modernité au xxe siècle. Ces artistes russes qui sou- haitaient rompre avec des siècles de codes académiques ne s’autoproclamaient pas avant-gardistes, mais « artistes de gauche ». Le terme « avant-garde » est apparu sous l’influence de la pensée marxiste. Il avait perdu son sens militaire du xixe siècle, que par ailleurs les futuristes italiens revendi- quaient haut et fort. Enfin, vous savez que depuis l’impressionnisme, tous les termes qualifiant des courants artistiques viennent des adversaires de la modernité. Ce fut le cas pour les fauves, pour le cubisme, ou pour le futurisme russe. Plus tard, les artistes russes ont repris à leur compte le qualificatif « avant-gardiste » qui était employé par leurs opposants.

    J.-L. P. : Comment est née votre passion pour l’art russe, dont vous êtes aujourd’hui l’un des meilleurs spécialistes ?

    J.-C. M. : C’est ma femme, Valentine Marcadé, qui en est à l’origine. Elle a d’ailleurs écrit un livre [ Marcadé (Valentine), Le renouveau de l’art pictural russe – 1863-1914, Paris, L’Âge d’Homme, 1971] sur l’art russe qui, bien que s’arrêtant en 1914, était le premier à traiter de l’avant-garde russe en langue française. Elle a également publié un ouvrage sur l’art ukrainien [Marcadé (Valentine), Art d’Ukraine, Paris, L’Âge d’Homme, 1990]. Dans l’Empire russe, les distinctions géographiques sont essentielles. Un artiste porte en lui toute sa vie la lumière et les couleurs qu’il a vues dans son enfance, et l’art populaire de sa région d’origine, cela malgré son apprentissage dans les ateliers et son engagement dans les mouvements qui vont le transformer par la suite.

    J.-L. P. : Votre objet d’étude demeure relativement méconnu. Il est sous-représenté dans les collections françaises et assez peu présent dans les expositions temporaires.

    J.-C. M. : Cette situation est propre à la France. En Allemagne, à New York, à Amsterdam, il y a de très belles collections d’art russe. C’est d’autant plus étonnant que la France a été la terre d’accueil privilégiée des artistes russes lorsque la révolution a éclaté. En France, il y a une réticence à intégrer l’art étranger en général. Rappelons qu’il a fallu attendre soixante-dix ans pour avoir une grande exposition sur l’expressionnisme allemand.

    J.-L. P. : Comment expliquez-vous l’apparition d’une telle effervescence dans un pays qui semblait artistiquement somnolent en matière d’arts plastiques ?

    J.-C. M. : Tout d’abord la Révolution de 1905 a créé un climat de liberté très nouveau, qui a ouvert la voie au parlementarisme, à la création des partis marxistes, à la publication du quotidien La Pravda et à la chute du tsarisme. Parallèlement, la montée fulgurante du capitalisme qui a marqué la fin du xixe siècle et le développement des collections privées essentiellement constituées de peintures françaises, où se concentraient tous les mouvements novateurs, ont favorisé un véritable bouillonnement artistique. Chaque dimanche, les grands collectionneurs de l’avant-garde française ouvraient leurs portes aux artistes. C’est ainsi que la révolution artistique engagée avec l’impressionnisme en France a pu se poursuivre en Russie.

    J.-L. P. : La critique et les collectionneurs russes étaient-ils favorables à ces nouvelles formes d’art ?

    J.-C. M : Toutes les manifestations artistiques étaient des provocations qui secouaient la routine et mettaient à mal la culture académique. Chacune d’entre elles était consignée dans la presse. Le critique et peintre passéiste Alexandre Benois a fait une propagande violente contre ces mouvements. Le premier d’entre eux était « Le Valet de carreau », mouvement pictural moscovite des années 1910- 1913.
 Constitué de cézannistes et de primitivistes russes, il a créé une véritable révolution dans le paysage pictural russe, utilisant des sujets triviaux, des bagarres et des thèmes provinciaux. Lorsqu’en 1912, Michel Larionov organise l’exposition La Queue d’âne, il déclare volontiers que c’est bien la queue d’un âne qui a peint les toiles présentées. Tous les titres des expositions de l’époque affichent la même ambition satirique. Peu de collectionneurs se sont alors manifestés.

    J.-L. P. : L’art russe a très vite trouvé sa propre voie, hors des influences françaises.

    J.-C. M : La structure mentale des tableaux dans l’art russe est semblable à celle de l’art populaire, notamment des enseignes de boutiques, alors que dans le cubisme français, on retrouve la tradition du tableau cézannien, sur laquelle viennent se greffer des éléments issus des civilisations archaïques, de l’Afrique ou du monde ibérique. Chez les artistes russes, c’est le contraire. Tout part du lexique de l’art populaire et du néo-primitivisme russe pour s’enrichir des raffinements de la peinture occidentale.

    J.-L. P. : C’est aussi une période très fertile de recherches et de théories.

    J.-C. M : Il y a la technique analytique de Pavel Filonov qui va faire école dans les années 1920. Il voulait que tout soit posé sur la toile : ce qui était avant, ce qui sera après, le paysage, le social, le monde animal.

    Dans son Nu de 1913 qui se trouve à la Galerie Tétriakov de Moscou, Vladimir Tatline – après Cézanne – a géométrisé les formes de la nature. Le système de construction de cette toile monumentale préfigure déjà le modèle de La Tour à la Troisième Internationale. Dans le même ordre d’idée, Paul Valéry disait : « Quand un architecte pense à une belle femme, il fait un temple. ».

    Il y a aussi l’étape cubofuturiste, avec la volonté de combiner les formes statiques du cubisme et le dynamisme du futurisme italien. Autour de 1913, Malévitch souhaitait remettre en cause l’organisation rationnelle du monde selon la géométrie et la logique euclidiennes. C’est un mouvement général qui a touché la poésie, la littérature, la musique et la peinture.

    À partir de 1915, et jusqu’en 1920, apparaît une abstraction concrète sous l’influence des reliefs de Tatline, qui emploie des matériaux très divers et se détourne de toute référence à la figure. Tatline créé une synthèse entre l’architecture, la peinture et le dessin. Les premières œuvres constructivistes vont être placées sous le signe de cette association. Parallèlement à Tatline, mais dans un esprit plus proche du ready-made, Pougny pose le problème de l’objet utilitaire placé dans l’espace pictural.

    Avec le constructivisme en 1921, le photomontage devient une pratique courante. Il s’agit de lutter contre l’art de chevalet. Au nom d’un art actif, on cesse de faire de la peinture contemplative.

    Mikhaïl Matiouchine, qui était peintre et musicien, fonde dans les années 1920 l’école organiciste qui procède à un développement cellulaire de la peinture. Présenté en 1934 à la Biennale de Venise, il nourrira plus tard l’univers poétique du peintre Serge Poliakoff.

    Ce résumé très succinct évoque l’effervescence de l’art russe de cette époque.

    J.-L. P. : Les femmes russes participent-elles à ce bouillonnement artistique ?

    J.-C. M : Il y avait une pléiade de femmes artistes ! En 1983, avec Valentine, nous avons organisé une exposition sur l’art des femmes en Russie. Les féministes vont peut-être m’en vouloir, mais je pense qu’il existait un matriarcat archaïque très fort qui permettait à la femme russe d’avoir beaucoup plus d’autonomie qu’en Occident. C’est vrai qu’il y avait aussi des restrictions. Par exemple elles ne pouvaient pas être médecins, ou bien l’accès aux académies de peinture leur était fermé parce qu’il y avait des nus. Mais, juridiquement, la femme russe avait une certaine indépendance et possédait ses propres biens. Il n’existait pas d’antagonisme entre les femmes et les hommes. En revanche, il est vrai qu’aucune des grandes artistes russes n’a dirigé de mouvement.

    J.-L. P. : Comment s’effectue le passage à l’abstraction ?

    J.-C. M : La première aquarelle considérée comme abstraite aurait été réalisée par Kandinsky. C’est une esquisse pour la Composition 7 de 1913. Mais dans le dynamisme de la recherche du nouveau qui caractérise l’avant-garde russe, il est difficile d’être sûr que cette aquarelle soit effectivement la toute première œuvre abstraite. À partir de 1910-1912, sur le modèle de la musique, l’abstraction inaugure une nouvelle ère artistique. L’une des étapes capitales est marquée par le peintre néoprimitiviste Michel Larionov qui en 1912 crée le principe du rayonnisme réaliste, un système

    de rayons dans lequel apparaissent des formes. Larionov souhaite révéler les rayonnements invisibles à l’œil nu. À cette époque, certaines de ses toiles ne font plus aucune référence à la réalité. Il a réalisé peu d’œuvres rayonnistes, mais suffisamment pour le placer parmi les inventeurs de l’abstraction. Bien qu’il reste la référence en matière d’art abstrait, le livre de Dora Vallier [ Vallier (Dora) L’art abstrait, Paris, Le Livre de poche, 1967] ne mentionne pas Larionov. Il me semble que c’est une injustice, même s’il faut bien reconnaître que c’est Du spirituel dans l’art [ Kandinsky (Vassili) Du spirituel dans l’art et dans la peinture en particulier, 1912] qui fut le socle théorique de l’abstraction. Concernant la pratique, le Quadrangle noir, plus souvent appeléCarré noir sur fond blanc, de Malévitch marque l’instauration de l’abstraction la plus radicale. Cette toile est apparue à la fin 1915, dans l’exposition 0-10 qui regroupait dix peintres – puis 14 par la suite – désireux de remettre la peinture à zéro. Le Quadrangle provoque l’effroi du critique Alexandre Benois qui l’identifie au désert. Reprenant une citation de saint Matthieu dans Les Démons de Dostoïevski, il compare les artistes de l’exposition à des démons qui se transforment en porcs, pour se jeter dans les abîmes marins. Les réactions contre ces artistes révolutionnaires étaient souvent très violentes.

    J.-L. P. : « Mettre la peinture à zéro ». Expliquez-nous ce mot d’ordre radical.

    J.-C. M : Je considère le Quadrangle de Malévitch comme un monochrome, malgré le blanc qui l’entoure. Dans ce blanc, je vois un cadre qui, à l’instar de l’icône, se trouve à l’intérieur du tableau. Les carrés de Malévitch ne sont pas géométriques, à la différence du constructivisme plus tardif où l’on emploiera l’équerre. Jusqu’en 1989, cet objet mytho- logique du xxe siècle n’était visible qu’à la Galerie Trétiakov. Il n’a été connu hors de la Russie qu’à partir de la Perestroïka, à l’occasion des expositions de Malévitch présentées à travers le monde. Sa force est plus conceptuelle qu’esthétique. Rien n’annonçait cette forme nue, cette illumination traduite par un geste radical. Une révélation s’impose à lui. Le Quadrangle remplace le triangle, la forme pythagoricienne qui figurait le divin. Malévitch déclare que la contemporanéité est quadrangulaire. La Modernité, c’est la revendication de la planéité la plus absolue. L’art figuratif qui reviendra par la suite ne sera plus le même. Malévitch a fait le saut dans l’inconnu, dans le rien. Il n’aurait ni mangé ni bu pendant une semaine après avoir fait son Quadrangle. Il voyait une possibilité de repartir après cette mise à zéro. Il cherchait à atteindre les unités minimales, les rythmes les plus essentiels. C’est un art qui veut saisir la nudité même des choses, c’est la quête d’un universel, d’un langage sans classe qui veut agir dans la réalité, dans le livre, dans l’affiche et dans l’architecture. À partir de là, entre la naissance du suprématisme en 1915 et la naissance du constructivisme en 1921, il y a eu une floraison d’œuvres dites « sans objet » – pour désigner l’abstraction – qui n’a pas d’équivalent ailleurs. Malevitch a été le premier à employer des métaphores architecturales dans ses peintures. Bien qu’il fut l’ennemi juré du constructivisme pour des raisons idéologiques, il a été, avec Tatline, l’un des pionniers de ce mouvement auquel ont emprunté la plupart des œuvres du xxe siècle.

    Jean-Claude Marcadé

     

  • INTERVIEW SUR L’ART UKRAINIEN À KIEV EN 2013

    Nelia VAVERCHAK
    11 June, 2013 – 10:28

     

    Jean Claude Marcadé
    You opened the phenomenon of Ukrainian avant-garde, particularly Malevich, for the world and for many years methodically explored the artistic legacy of the artist. Could you please tell why you got so interested in him?

    “I saw that Malevich is one of the most important artists of all times not only in Ukraine and Russia, but also of the entire world. This is a unique phenomenon when, after centuries of academism there appeared a mythological form of the Black Quadrilateral (this was the name used at the exhibition ‘Zero-Ten’ in Petrograd). Not so much the painting itself, but the form. The conceptual energy that emerged from this form, raised the art to zero. It all started again. Art became more rapid and, according to Chernyshevsky, it became a textbook of life.

    “Still, there is a very popular belief among common people that Malevich had very little paintings, they often say that their kids can draw just as well. This is rather the issue of bringing up. Today, the art returned to things against which Malevich and all the left art revolted. Avant-garde is the name the movement received later on. After the revolution, ‘the left’ and ‘the right’ became political notions, but before they meant innovators and those in rear guard.

    “Once, at some international congress one of the art critics said that Claude Monet, for example, has more artistic material than Kazimir Malevich. I then said to that man: ‘In Chinese art a stroke on white paper can mean a whole world.’ Malevich did not just do such things when he worked on cubo-futurism and primitivism – he showed that he was a master of complex spatial solutions. And during re-Ukrainization of Malevich, as Dmytro Gorbachev used to say, he again proved his artistic strength.”

    Given these facts, you can’t but notice that Ukrainian art is often defined as a part of “Great Russian” art. In your opinion, why does it happen?

    “This question should be addressed to the supporters of the Great Russia. Historically the empire before the Soviet Union was ruled by tsar. Then in the history of art there were chapters on Ukrainian Baroque and its impact on Moscow art. Art historians still wrote about it at the time of the early Soviet Union. But by now it all disappeared – there was a regress to certain extent. This is a political problem, of course, and there was no Ukrainian state in the empire, even though there were the beginnings of some, such as Galicia in the Middle Ages.”

    In fact, I would argue with that.

    “Well, you know, Ukraine to the Western people is as if in some Great Russian mirage. There were phenomena, but in reality there was nothing like we have right now, thank God. Sich was a rudiment of a state. Of course, not of a scale as it was in the days of Danylo or Yaroslav. But a state with its own internal problems, which would play its role in the international arena – this notion is still new for Ukraine, while for Russia it’s not. Ever since the days of Peter I, and later German Ekaterina, Ukraine was on the outskirts. Despite the recognition of the country, for example, after its description was published as a part of Guillaume Le Vasseur de Beauplan recount of his travels. Or, for example, Bohdan Khmelnytsky thought that he had been deceived by Muscovites and thought that an alliance with Poland against Muslims was possible, but in reality, the Muscovites did not treat his actions with respect and, therefore, the disaster struck.

    “Things are still not easy. You have to fight. Of course, the supporters of the Great Russia still don’t give in their ground. They consider everything to be Russian. I saw the scandalous, as to my mind, exhibition at the Louvre – ‘Holy Rus’.’ Even though the topic was Rus’, French people, given the translation, viewed it as ‘Holy Russia.’ The exhibition was wonderful and was a great success and that’s why it was even worse, because there were very nice exhibits, which are rarely put on display. It was a Year of Russia in France. And even though everyone used the word ‘Rus’’ rather than ‘Russia’ but the adjective was still ‘Russian.’”

    Our newspaper published books every year. We already presented an entire series The Day’s Library. One of these books is called The Power of the Soft Sign. The authors of this book, professional historians, explain the appropriation of the Ukrainian past, which is taking place even now… Please, tell us whether there are “white spots” in Malevich’s legacy in perception of mass consciousness? For example, Ivonna Malevich, great-niece of the artist, in 2010 at the ceremony of awarding Malevich Prize in Kyiv said that Kazimir Malevich responded to the Holodomor not only with a series of paintings, but he also wrote civil lyrics. Do you know anything about these facts?

    “I must admit I knew nothing about this award and the lyrics too. The archives have many unpublished materials. But, of course, in his works he conveyed his attitude to the Ukrainian tragedy. He saw it. The black face of a peasant woman in his painting is a coffin. He embodied the Ukrainian tragedy in such image of the tragedy of the entire mankind. That’s what makes Malevich so different from others – he cried through his silent art.”

    Could you tell us what is the attitude of French people to Ukrainian art these days?

    “I’d have to disappoint you, they have no distinct attitude, unfortunately. There is, of course, a small group of people who are interested in it. But in general, even the same exhibition at the Louvre was covered by journalists as the ‘Holy Russia.’ Even though it was rather a historical exhibition than artistic – it featured all the stages of the Kyivan Rus’ development until the time of Peter I. It’s goal was to show the formation of Russia. And it all was presented in such a way that all the nice and interesting exhibits were viewed as Russian. I, of course, wrote a big article regarding this. But if we would take, for example, the reaction to the exhibition of Pinzel’s art in Paris – it didn’t cause much interest among the audience. The exposition was done not on a large scale, but as if imitating the scale of the Holy Rus’ exhibition. Ukrainians were delighted, in particular the Minister of Culture. I love Ukrainian art a lot and that’s why I think that the exhibition was held not on an adequate level – the exhibits were displayed in the space where they did not ‘breathe.’ It would be better if it had been presented in the Louvre, in the chapel with access through the maze and the stairs. Exhibitions are important events, but they end at some point. It’s good that a catalogue was published after this one. So far, unfortunately, the Ukrainian art has not been recognized separately. Even though I wrote a large book about the Russian avant-garde, I singled out the Ukrainian school there as a separate formation.”

    What distinguishing features does it have?

    “It’s an entire complex. In short, first, it’s the color. Solar illumination. And this is a striking feature of those who lived in Ukraine. It manifests itself in a range of colors in nature, in people’s clothing. For example, Sonia Delaunay, who left Ukraine at the age of seven, had very warm memories of her homeland due to the fact that at that time it was more beneficial to be called Russian. The color of wheat, sunflowers, watermelons, tomatoes, which she remembered as a child, embodied in her work and in this way she affected her husband. Another example is Mykhailo Larionov, who lived in Bessarabia and his mother was Ukrainian. His yellow is sunny and cheerful. And his life-long friend (they got married in their latter days, but everyone considered them to be a husband and wife anyway) Natalia Goncharova used a somewhat different color – reddish yellow, rather iconic, but not natural – she is Russian by origin. Another artist who used amazing colors was Oleksandr Archipenko.

    “Second, it’s the space. This element of art is especially important. The feeling of space gives the feeling of freedom. The fact that in the consciousness of the Ukrainian people there were Cossacks, free people, who never knew the Tatar yoke, like the Northern people. The Great Russians lived in forest areas. If we would compare the Suprematism of Kazimir Malevich and Liubov Popova, his forms are floating in infinite space, while hers are attached to other objects.

    “Another distinguishing feature of the Ukrainian school of art is the Baroque. This element played its role also in avant-garde. For example, baroque trend is noticeable in art work of Oleksandra Ekster, Volodymyr Baranov-Rossine, and even Oleksandr Bohomazov.

    “And, finally, it’s humor. Larionov painted Katsapska Venera (Russian Venus). He had a series of such Venuses with, let’s say, easy morals. The name itself suggests humorous attitude, even though he was not an ethnic Ukrainian, but the Ukrainian part in his work, just like in Vladimir Tatlin’s work, was extremely important. That’s why even Malevich has some humor in his brilliant white background with red and black squares, called Pictoral Realism. A Boy with His Schoolbag, exhibited in New York. It’s a great sample of art, it is the quintessence of the iconographic range! But he gave it such name. And in this I see the serious Ukrainian humor. Pictorial Realism of a Peasant Woman in Two Dimensions and Pictoral Realism. A Boy with His Schoolbag contain the energy of colors and in general the whole Slavic mainland.”

    By Nelia VAVERCHAK, The Day
    Rubric: Day After Day
    Issue: №37, (2013)