Auteur/autrice : Jean-Claude

  • Navalny et Poutine

    Pour « Le Monde », Navalny, c’est du pain béni – passés à la trappe tous ces Snowden, Manning, Asssange, ces grévistes de la faim de Guantanamo nourris de force et autres Trayvon Martin…Donc, une nouvelle épithète homérique glanée par Toinette Smolar  : « le maffieux Poutine ». Mais il aurait dû aussi mentionner « le crapaud assis sur son pipeline qui va sentir que c’est brûlant pour ses papattes et va réfléchir à l’éventuelle nécessité pour lui, le crapaud, de faire un bond du côté de la Suiss, au plus près de ses comptes bancaires. » Le crapaud en russe est une « crapaude », ce qui est encore plus insultant.

    [Zахотим и начнём действовать – жаба, сидящая на нефтяной трубе, почувствует, что лапкам становится горячо и подумает о том, не нужно ли ей отпрыгнуть в сторону Швейцарии, поближе к своим банковским счетам]

    Voilà le niveau politique d’une certaine opposition!

    Poutine-crapaude fait partie de puis longtemps du vocabulaire de Navalny, il vient de le  répéter après sa libération sous surveillance.

    On le voit, il faudra que l »Occident se rende compte que la culture politique russe a ses propres règles – il faudra s’y faire et ne pas penser lui imposer les nôtres. Comme ne pas les imposer aux pays musulmans.

    S’il n’a pas de programme politique (arrivera-t-il à assimiler celui que Gouriev lui a préparé, j’en doute), Navalny s’y entend en éructations lancées à la cantonade sur la corruption, ce qui est en soi noble, mais cela est fait de façon hystérique, sans tri, sans véritable investigation. Il est loin d’avoir la force intellectuelle de, par exemple, les journalistes de « Mediapart ». Je ne pense pas que Navalny soit d’une grande intelligence. Mais comme il a un look avantageux, alors ….

  • Sur les rumeurs infondées de « tortures », de tabassement sur les opposants russes emprisonnés

     

    Nous avions appris dans plusieurs media que la police pénitentiaire avait tabassé une des Chattes en chaleur, Maria Aliokhina, se référant même au récit de l’avocate qui l’avait déclaré. Aujourd’hui, nous apprenons par cette même avocate qu’elle n’a jamais parlé de cela. C’est un cas criant de la façon dont l’opposition non parlementaire, dans de trop nombreux cas, fait de rumeurs, lancées sans preuves,  des réalités répandues par les media du monde entier. La plus horrible rumeur est celle sur le malheureux Maghnitski dont son patron, l’escroc en fuite William Browder, avait affirmé qu’il avait été « battu à mort » en prison. Comment pouvoir distinguer le vrai  du faux ou même du vraisemblable dans cette profusion d’intoxications médiatiques?

    НОВОСТИ

    Адвокат Оксана Дарова опровергла факт избиения Марии Алехиной сотрудниками спецназа в СИЗО Соликамска.

    19.07.2013
  • Sur les revenus de Navalny en avril et en juillet 2013 (selon « Kommersant »

     

    Согласно данным Мосгоризбиркома, Алексей Навальный, его жена и дочь имеют по одной трети общей долевой собственности в московской квартире площадью 78,5 кв. м. Также господин Навальный является владельцем автомобилей Hyundai (2004 год выпуска) и ВАЗ-21083 (1997 г. в.), а его жене принадлежит автомобиль Ford (2012 г. в.). В отчете кандидата указано, что на счетах у него находится более 2,7 млн руб., а у его супруги — почти 2,5 млн руб.

    Эти официальные данные не совпадают с теми цифрами, которые опубликовал в своем блоге ЖЖ Алексей Навальный в апреле этого года. Тогда добровольное обнародование своих доходов он связал с деятельностью в Координационном совете оппозиции, пояснив, что хочет, чтобы его деятельность была прозрачной.
    Тогда он указал, что за 2012 год заработал 16,75 млн руб., объяснив источники своих доходов: значительную часть средств он получил от «физических лиц в порядке дарения» по проекту «Роспил», остальное заработал адвокатской деятельностью. Также в апрельской «декларации» числится 1,1 млн руб. дохода от ценных бумаг и 705 тыс. руб. от продажи транспортного средства. Комментарий по поводу несоответствия двух деклараций у представителей господина Навального получить не удалось.

  • Les méfaits à répétition de la femen qui incarne la jeunesse française (Hollande)…

    Bravo à la gauche  de Valls et  de Hollande,

    Bravo à l’asile politique donné à une activiste étrangère qui ne parle pas le français, mais vient attiser les haines racistes sous prétexte d’athéisme – M. Valls, bravo pour votre défense de la tolérance et votre curieuse conception de la laïcité dont vous vous gargarisez avec arrogance…

    Chiche que l’Ukrainienne, soutenue par Me Klugman (ancien président des Etudiants Juifs de France),  aille en Israël ou dans les milieux ultraorthodoxes français pour protester contre la situation des femmes qui, entre autres, doivent se raser la tête et porter perruque – Bien entendu, je plaisante,  cette scène n’aura pas lieu…

    Inna Shevchenko : «Je ne suis pas islamophobe mais religiophobe»

     (Mis à jour: )
    Inna Shevchenko (au centre), lors d'une manifestation devant l'ambassade tunisienne à Paris, en avril.

    Inna Shevchenko (au centre), lors d’une manifestation devant l’ambassade tunisienne à Paris, en avril. (Photo Miguel Medina. AFP)

    RETOUR SUR Dans un tweet qui fait polémique, la chef de file des Femen qualifiait le ramadan de «stupide» et la religion musulmane de «moche».

    François Hollande a dévoilé dimanche le nouveau timbre «Marianne de la jeunesse», inspiré du visage de la militante féministe Inna Shevchenko. Parmi les réactions qui se multipliaient pour saluer ou critiquer ce choix, lundi, un tweet de la leader des Femen est remonté à la surface. «Qu’est-ce qui peut être plus stupide que le ramadan ? Qu’est-ce qui peut être plus moche que cette religion ?», se demande Inna Shevchenko en anglais, le 9 juillet.

    Si ces deux phrases étaient à ce moment-là passées inaperçues, elles sont ressorties avec le débat sur le timbre. Aussitôt, Inna Shevchenko est accusée d’islamophobie et de racisme. Sur Twitter, les internautes remarquent notamment qu’après quelques critiques et captures d’écran, le bref message a disparu. Rokhaya Diallo, fondatrice de l’association antiraciste Les Indivisibles, se demande pourquoi il y a si peu de réactions officielles face à cette déclaration et regrette la hiérarchisation des religions qu’Inna Shevchenko effectue.

    «Il a été commenté lundi, mais ce tweet date de la semaine dernière», explique l’activiste ukrainienne, jointe par Libération. «J’ai posté ça quand j’ai appris qu’Amina était obligée de faire le ramadan, en prison, comme les autres détenues, alors qu’elle est athée. C’était sous le coup de l’énervement.» Elle dément avoir effacé ce tweet. «Je ne sais pas pourquoi il a disparu, mais je l’assume, raconte-t-elle. Je suis même étonnée que les gens soient surpris. La position des Femen a toujours été la même. Nous sommes un mouvement athée, contre toutes les religions, contre tous leurs principes qui mettent en cause les droits et les libertés des femmes.»

    Athées

    «Les gens qui me disent que je suis islamophobe, je leur dis non : je ne suis pas islamophobe mais « religiophobe »», argue-t-elle. Lorsqu’on lui demande en quoi le ramadan est contre le droit des femmes, elle explique que c’était en «réaction à ce que subissait Amina».

    Les Femen sont souvent accusées, notamment par d’autres féministes, d’être ethnocentristes et racistes. Dans une tribune publiée dans Le Monde le 11 juin, Sara Salem, doctorante à l’Institut des sciences sociales des Pays-Bas, juge ainsi qu’elles incarnent «un féminisme de type néocolonial»«Au lieu de favoriser la prise de conscience des problèmes de genre, elles suscitent l’hostilité d’une société qui ne les voit que comme des étrangères cherchant à imposer leur conception des femmes», écrit-elle.

    A ces critiques, les Femen répondent que ce ne sont pas elles qui sont allées en Tunisie, mais Amina qui a voulu rejoindre le mouvement d’elle-même. Si leur actualité est concentrée, depuis trois mois, autour d’un affrontement avec l’islam, ce n’est pas la première religion avec laquelle les militantes entrent en opposition frontale. En août 2012,Inna Shevchenko a dû fuir l’Ukraine après avoir découpé une croix orthodoxe en soutien aux Pussy Riot. En février de cette année, les activistes ont aussi déboulé dans la cathédrale de Notre-Dame pour célébrer la démission du pape et critiquer la position de l’église catholique contre le mariage gay.

     

  • Discours d’Ed Snowden devant les défenseurs des droits de l’homme à Moscou

    Речь Эдварда Сноудена на встрече с правозащитниками в Шереметьево

     

    Здравствуйте. Меня зовут Эд Сноуден. Еще немногим более месяца назад у меня была семья, дом в райском местечке, я жил с большим комфортом. Также у меня была возможность без соответствующего ордера перехватывать и читать ваши сообщения, отправленные любым способом и в любое

    время. У меня была возможность менять судьбы людей. Но это является серьезным нарушением закона, в частности, четвертой и пятой поправок к конституции моей страны, статьи 12 Всеобщей декларации прав человека, а также многочисленных уставов и договоров. И хотя конституция США характеризует эти программы как незаконные, мое правительство утверждает, что существует некое тайное решение суда. Но я верю в принцип, провозглашенный в Нюрнберге в 1945 году: «Физические лица имеют международные обязательства, которые важнее их обязанности повиноваться властям». Поэтому отдельные граждане обязаны нарушать внутренние законы, чтобы предотвратить преступления против мира и человечества. Соответственно, я сделал то, что считал нужным, и начал исправлять эту несправедливость.

    Я не стремился к обогащению. Я не стремился продать секреты США. Я не сотрудничаю ни с одним иностранным правительством, чтобы обеспечить свою безопасность. Вместо этого я рассказал то, что знал, и попросил мир о справедливости. С этого времени правительство и спецслужбы Соединенных Штатов пытались сделать мой случай примером для всех, кто знает столько же, сколько я. Меня лишили гражданства. Правительство внесло меня в список лиц, которым запрещены перелеты. Оно требовало от Гонконга выдать меня в обход закона. Оно пригрозило санкциями странам, которые могли бы предоставить мне убежище. Оно пошло даже на беспрецедентный шаг с остановкой самолета президента Боливии в поисках политического беженца. Эти опасные эскалации представляют угрозу не только достоинству Латинской Америки, но и правам человека.

    Тем не менее, даже в условиях этой исторически непропорциональной агрессии, некоторые страны мира предложили мне поддержку и убежище. Этим странам, в том числе России, Венесуэле, Боливии, Никарагуа и Эквадору, я выражаю свою благодарность и уважение. Отказываясь идти на компромисс со своими принципами перед лицом запугивания, они заслужили уважение всего мира. Я намерен поехать в каждую из этих стран, чтобы выразить мою личную благодарность. Сегодня я объявляю о своем принятии всех предложений по поддержке или убежищу, которые я получил. Сейчас ни одно государство не имеет оснований ограничивать или вмешиваться в мое право пользоваться убежищем. Как мы уже видели, однако, некоторые правительства в странах Западной Европы и Северной Америки продемонстрировали готовность действовать вне закона. Из-за их угроз я не могу направиться в Латинскую Америку. Соответственно, я прошу вашей помощи в требовании гарантий безопасности со стороны некоторых стран во время моей поездки в Латинскую Америку, а также прошу об убежище в России. Я надеюсь, моя просьба будет принята благосклонно.

    Спасибо

    Подробнее:http://www.kommersant.ru/doc/2233714 

  • La philosophie du boudoir au « Monde »

    L’avez-vous bien foutue, Monseigneur?

    Quelle délicieuse façon a Piotr Smolnar  pour traduire  les insultes des Femen à Poutine, qui n’en a eu cure : » va te faire foutre! », c’est délicieusement sadien, voire flaubertien – mais aujourd’hui on traduirait : « va te faire enculer », ce  qui est d’un vulgaire, d’un vulgaire… un vulgaire qui n’est pas dans le style comme il faut du « Monde »…Au « Monde » on n’encule pas, on fout!

    « Le Monde » ne sait pas si Snowden est un traître ou un courageux dénonciateur de l’hypocrisie des pouvoirs qui font la morale aux autres. Le papier  omet de dire que Valls avait, de toutes façons, déclaré qu’il était contre  l’attribution de l’asile politique à Snowden. Ce n’est pas cela qui est scandaleux, ce qui est scandaleux, une honte, c’est le fait d’avoir interdit le survol de la France à l’avion du Bolivien Evo Morales au prétexte qu’il aurait contenu comme passager Snowden. Cela n’indigne pas du tout « Le Monde », alors que c’est une honte pour la France, surtout pour un gouvernement de gauche qui a fait montre là de lâcheté. La gauche sous Hollande est forte avec les faibles : la Bolivie – qu’est-ce que cela représente, à côté de l’Amérique ; même lâcheté de Valls qui, à l’avance, refuse tout asile à Snowden, mais l’accorde à la créatrice des Femen qui a dans son pays, l’Ukraine, scié une croix orthodoxe à Kiev, ce qui est, visiblement, pour la France, et pour « Le Monde » un acte de courage politique qui doit servir à tous de modèle à l’avenir… Valls est fort avec l’Ukraine et lâche  devant l’Amérique.

    « Le Monde » justifie l’attribution de l’asile politique à l’inspiratrice ukrainienne des Femen. On est tout de même étonné. Avoir fait la « performance » du sciage d’une croix en bois, à grand renfort de caméras,  est considéré non comme un acte de vandalisme et d’insulte aux croyants, mais comme un acte valeureux qui mérite d’échapper à la justice de son pays. Toinette Smolar ne retient d’ailleurs comme hauts faits de la Femen en question que cette agression et, bien entendu, l’action, d’ailleurs ratée, contre Poutine à Hanovre. Il omet de mentionner la bacchanale ridicule des adeptes Femen autour des nouvelles cloches  dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, mais une croix orthodoxe sciée et Poutine envoyé chez les Grecs, ça lui suffit, et cela suffit au « Monde » pour montrer le bien-fondé de l’asile politique accordé à la chef des Femen. Les Femen visiblement plaisent beaucoup aux dames du »Monde », plus qu’Ingrid Bettencourt, « dévote » et « détestée » qui est ridiculisée de façon indigne dans un autre article du journal. La tolérance, la tolérance…

     

  • Encore « le Monde » et la Russie (Piotr Smolar sur le procès Navalny)

    « Le Monde » continue sa description quasi  journalière de la  barbare Russie, aujourd’hui avec le « compte-rendu » du procès Navalny par le journaliste Piotr Smolar, d’après son nom – un Polonais, donc pas congénitalement ami des Russes, ces sauvages pas très civilisés…Je plaisante… On ne sait toujours pas quels sont les arguments de l’accusation, on sait seulement que l’accusé prétend qu’il s’agit d’un procès politique et donc qu’il ne s’est pas défendu sur le fond de son affaire, mais  a tenu un discours sur la situation féodale de la Russie d’aujourd’hui. S’il est coupable, c’est une technique comme une autre assez largement utilisée dans le monde dans les meilleures démocraties…Mais on  ne le saura pas et d’ailleurs ce la n’intéresse pas Smolar. Il y a tout de même une contradiction, puisqu’il y a un doute sur le verdict, le seul argument pour une condamnation prévisible, c’est , non pas que le juge acquitte ou trouve des circonstances atténuantes au présumé délit, mais c’est le fait que, jusqu’ici, le juge en question n’a jamais acquitté personne…Si la justice russe  a besoin de se réformer, le journalisme du ‘Monde », lui, est indécrottable.

    Smolar nous ressort l’argument de Mandras sur l’apathie des Russes.

    Il parle du grand blogueur que serait Navalny. C’est plutôt un blagueur et surtout un imprécateur à la limite de la décence. Evidemment, depuis qu’il est en procès, il prend le style noble du justicier – cela n’a pas été le cas auparavant où, entre mille exemples, il traitait Poutine de « Misérable voleur pédé » (Golouboï Vorichka) – tout cela est aujourd’hui effacé et, malheureusement, je ne l’ai pas en son temps copié.

    Je  me rappelle avoir signalé cela dans  mes courriels anciens, en particulier dans un courriel à « Philosophie Magazine » et à son rédacteur-adjoint Michel Eltchaninoff, où je mentionnais les expressions ordurières de certains opposants à Poutine, expressions qui n’apparaissent jamais dans les articles à leur sujets…

     

    De : JeanClaude <jc.marcade@wanadoo.fr>
    Date : 31 juillet 2012 16:16:14 HAEC
    Objet : Le Prix McCain et Mitt Romney pour philosophie magazine!
    J’ai été stupéfait de voir la place donnée dans un magazine de très bonne vulgarisation philosophique et, de façon générale, de très haute tenue, à un escroc avéré, Khodorkovski,  sympathique certes et dont nous souhaiterions qu’il sorte de prison plus rapidement, mais  ayant commis des délits économiques gravissimes (l’argument comme quoi « il n’était pas le seul » n’est guère éthique), une sorte de mélange de Tapie-LeFloch-Prigent-Roland Dumas, mais aux dimensions de l’immense Russie. J’avais hurlé, il y a peu, devant le feuilleton de M. Glücksman dans « Le Monde » , qui osait comparer Khodorkovski au saint laïque, le savant Sakharov. Mais le rédacteur en chef de « philosophie magazine », M. Elchaninoff, a une indécence supplémentaire, c’est celle de faire d’un businessman,ayant fait fortune de façon douteuse (c’est un euphémisme!),  le possible héritier de… Dostoïevski et de Soljénitsyne!!! On croit rêver.
    Où est la philosophie là-dedans? Il s’agit tout bonnement d’une nouvelle manifestation du lobby activiste antipoutine (sous ce prétexte, en fait, antirusse)  qui s’est répandu comme un cancer à travers le monde sous la houlette de la CIA et des services secrets anglo-saxons, qui craignent l’affaiblissement de  l’unipolarité actuelle; or  il est plus facile de décrédibiliser aux yeux du monde la démocratie russe en formation qui, parce qu’elle est justement devenue une démocratie, ne cache pas ses plaies, ses erreurs, ses bavures et ses manquements. En revanche,devant la puissante Chine, tout le monde fait des courbettes à 180 degrés (comme autrefois devant l’URSS qui faisait peur) – faisant passer par pertes et profits l’occupation du Tibet, le sort des Ouïgours (les yogourts de Kouchner), celui de la paysannerie et autres bagatelles…
    Ce n’est pas tant l’opinion de Khodorkovski qui est choquante, somme toute fort banale, plutôt de l’ordre du sentiment que de la véritable réflexion philosophique; ce sont les questions de M. Eltchaninoff qui essaie d’ entraîner son interlocuteur (et surtout le lecteur) sur sa vision à lui, activiste européen antipoutine. Et les notes élucidant certains passages du texte de l’ex-milliardaire, comme par exemple, à la phrase, pleinement acceptable de ce dernier : »Je reconnais que j’espérais un véritable renouveau  de la spiritualité religieuse, mais, hélas!, les confessions les plus importantes ont pour le moment préféré une place ‘à la cour du roi’ » –  on trouve la note orientée suivante: « Les dirigeants de l’Eglise orthodoxe russe au sein du patriarcat de Moscou collaborent étroitement avec le pouvoir en place » : il me semble que l’ex-milliardaire ne visait pas uniquement cette Eglise, dont il n’est pas, à ma connaissance , membre, et dont il ne pouvait espérer qu’elle opère à elle seule le renouveau religieux en Russie, mais aussi bien l’Islam, très fort également dans la Fédération, et les deux juridictions juives, voire le bouddhisme, dont aucun des chefs ne sont  dans « l’opposition à Poutine ». En ce qui concerne l’alliance, réelle et traditionnelle, de l’Eglise orthodoxe russe avec le pouvoir, elle ne s’est pas manifestée lors de la sécession de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhasie du pouvoir géorgien, puisqu’elle a refusé de faire entrer dans son obédience l’Orthodoxie ossète et abkhase qui reste géorgienne.
    Peut-être, serait-il philosophiquement valide de poser la question : de qui Khodorkovski est-il prisonnier? Selon moi, il est prisonnier de lui-même, du rôle et de l’image qu’il s’est vu imposer par ses avocats et le lobby international qui vit sur son infortune; c’est aujourd’hui un truc d’avocat de faire de tout condamné pour délit économique un « prisonnier politique » et d’ameuter le monde entier; or on n’est plus en URSS où la solidarité internationale en faveur des victimes du régime communiste se justifiait et finissait par être payante; il y a un système juridique qui a ses règles, mais comme il s’agit d’un système nouveau par rapport au passé soviétique, il comporte des dysfonctionnements procéduraux, ce qui ne veut pas dire que la justice ne passe pas de façon juste sur des faits avérés.
    La création du phénomène mondial autour de Khodorkovski serait aussi intéressante à analyser sociologiquement. Elle fait penser à un phénomène identique, mais non semblable, des époux Ethel et Julius Rosenberg sous le maccarthysme, exécutés, pour espionnage en faveur de l’URSS, sur la chaise électrique, malgré la campagne planétaire en leur faveur, qui ont clamé jusqu’au bout leur innocence et dont l’espionnage s’est avéré réel, lors de l’accès aux archives devint possible dans la Russie nouvelle.
    Comment se fait-il que ce soit uniquement Khodorkovski qui mette en émoi toute une partie de l’opinion publique occidentale? Qu’a-t-il fait de si grandiose dans sa vie précédente – est-ce un grand artiste, un grand écrivain, un grand philosophe politique, un grand philanthrope, un entrepreneur qui a travaillé pour le bien commun? Et pourquoi son compagnon d’infortune, Platon Lébédev, ne fait qu’accessoirement partie de  cette indignation montée de toutes pièces? Est-ce un débile intellectuel, n’a-t-il pas des pensées politiques à nous dire, lui aussi – peut-être qu’elles seront aussi intéressantes que celles de Khodorkovski?….

    Peut-être, M. Eltchaninoff va-t-il nous gratifier d’une prochaine interview des jeunes filles imbéciles qui ont perturbé la vie religieuse du Christ-Sauveur avec des cabrioles ridicules et des borborygmes éructés (on ne cite toujours de ces gentilles demoiselles que la « prière » anti-Poutine, mais elles ont agressé de façon injurieuse  le patriarche,  et de Poutine elles ont pu brandir par ailleurs ce slogan  d’une délicatesse exquise que l’on n’ose même pas maintenir sur internet: « Tu ne nous enculeras pas, comme tu encules Kabaïéva » [une gymnaste prétendue maîtresse du chef d’Etat et dont il aurait un enfant]…Ces pauvres prisonnières  de l’obscurantisme orthodoxe russe officiel et de la vindicte permanente poutinienne, vont bientôt nous être présentées par « philosophie magazine » comme des penseuses émérites, victimes de l’Ange du Mal, Poutine? Cela fera encore plus djeune!

    Ou encore le « grand beau blond aux yeux bleus »,Naval’ny, qui dans son blog , au temps de sa gloire internationale, a eu des paroles aussi délicates sur Poutine, que « Voleur pédé aux petits pieds » (Golouboï Vorichka) (maintenant qu’il est aux prises avec la justice, il a fait disparaître toutes ces gentillesses dignes de Litvinenko, qui avait traité Poutine de pédophile)

    Est-ce le rôle d’une revue à visée philosophique de se faire le transmetteur des idées américaines les plus réactionnaires sur la Russie, celle des McCain et des Romney? Or M. Eltchaninoff joue ce rôle depuis le début de ses présentations de la Russie qui, pour lui, est uniquement celle de Poutine, et non de Sokourov, de Guerguiev, de Spivakov, de Francisco Infante et autres nombreux créateurs qui façonnent le visage de la Russie. Son interview de Boukovski, avant Khodorkovski, était un nouvel éclairage activiste unilatéral sur « la Russie de Poutine ». Boukovski mérite le respect car il a été un vrai lutteur pour la libération de l’Union Soviétique du joug du Parti communiste. J’ai moi-même, à ma place, aidé tous ces dissidents depuis la fin des années 1960 et ai bien connu le groupe autour de Boukovski. Grâce à un collègue et ami des Langues’O, Kirill Eltchaninoff, président de l’Action chrétienne des étudiants russes (ACER) (fils du grand spirituel que fut Alexandre Eltchaninoff et d’une flamboyante iconographeTamara Eltchaninoff , que j’ai eu l’honneur de rencontrer chez des amis communs caucasiens),  nous avons pu faire parvenir à tous ceux qui se battaient pour la liberté de conscience et de parole en Russie, des bibles, des livres de  philosophie non-marxiste (Berdiaev, Chestov, Frank…), de la littérature défendue (Mandelstam, Goumiliov, Soljénitsyne…). Cela a eu comme conséquence, pour moi,  que j’ai été déclaré persona non grata en URSS pendant toutes les années 1980.  Boukovski fut donc, à cette époque, une voie, une conscience, comme le furent Soljénitsyne et quelques autres, mais, aujourd’hui, il est depuis des décennies coupé de la Russie, il est informé visiblement par des activistes russes qui n’ont pas trouvé leur place en Russie et font profession de dénigrement systématique et par ceux qui,en Grande-Bretagne, le soutiennent matériellement et ont intérêt à montrer un visage uniquement négatif de la vie russe; malgré l’aura méritée qui entoure Boukovski, son interview n’a rien apporté d’autre que ce qui est déversé à longueur de media occidentaux sur « la Russie de Poutine ». C’était, visiblement le but, de l’activiste antipoutine du « magazine philosophique ».
    Un des grands philosophes français encore vivants, Alain Badiou, dont on n’est pas censé de partager toutes les idées mais dont les idées sont au-dessus de l’  « Afterphilosophie » dont parlait Nietzsche dans « Schopenhauer als Erzieher » pour son époque et que l’on peut sans peine appliquer à la situation actuelle, Alain Badiou vient d’écrire une brève analyse sur la philosophie de nos jours qui éclaire un phénomène semblable à celui que je dénonce chez le rédacteur en chef de « philosophie magazine » : ”[La philosophie de nos jours a perdu son aura], du point de vue de l’opinion, parce qu’on en est venu à appeler ‘philosophe’ tout chroniqueur, tout journaliste, dès lors qu’il s’avère apte à causer en public de n’importe qu’elle question à la mode. C’est la déchéance par inflation. »
    jean-claude marcadé

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  • Interview dans le quotidien kiévien « Den’ » (fin mai 2013)

    Жан-Клод Маркаде — про культурно-історичну анексію України

    Відомий мистецтвознавець, директор Національного центру наукових відкриттів Франції, представив у Києві авторський альбом «Малевич»
    6 червня, 2013 – 15:09
    К. МАЛЕВИЧ «ЗБИРАННЯ ЖИТА» / ФОТО З САЙТА20CENTURY-ART.RU

    Месьє Маркаде має досить щільний графік — його запрошують курувати виставки авангарду по всій Європі, крім того, викладає російську філософію, літературу та мистецтво, працює над створенням альбомів та читає лекції про український авангард. Те, що про митців першої половини ХХ століття, зокрема Малевича та Філонова, заговорили у сучасних європейських мистецьких колах — заслуга Жана-Клода Маркаде. Про митців-авангардистів може натхненно говорити годинами. Він відвідує українські музеї — у пошуках нових шедеврів, добре розмовляє російською та часто приїжджає до України. Нещодавно, під час «Французької весни», Маркаде у Національному художньому музеї прочитав лекцію про українських авангардистів — від Бойчука до Таталіна, на «Книжковому Арсеналі» презентував книжку «Малевич», а в останній день весни — виступав у Донецьку.

    ***

    — Ви відкрили світові явище українського авангардизму, зокрема Малевича, і багато років методично досліджували творчу спадщину митця. Скажіть, чим він вас зацікавив?

    — Мені стало очевидно, що Малевич — один із найважливіших митців усіх часів не лише України та Росії, а й усього світу. Це унікальне явище, коли після віків академізму постала міфологічна форма «Чорного квадрата» (така назва була на виставці «Нуль-десять» у Петрограді). Не стільки картина, а радше форма. А от уже концептуальна енергія, яка виникла з цієї форми, звела мистецтво до нуля. Все почалося знову. Мистецтво стало швидким і, за висловом Чернишевського, підручником життя.

    Досі побутує переконання серед обивателів, що у Малевича обмаль живопису — мовляв, мій син теж може таке намалювати. Це вже питання виховання. Сьогодні мистецтво повернулося до того, проти чого Малевич і все ліве мистецтво повстали свого часу. Авангард — пізніша назва. Опісля революції «ліві» та «праві» стали політичними дефініціями, а до того вони означали новаторів та ар’єгардів.

    Якось на міжнародному з’їзді один із мистецтвознавців сказав, що у Моне, приміром, більше матеріалу, аніж у Малевича. Я йому тоді заперечив: у китайців штрих на білому папері — це цілий світ. Малевич не просто робив такі речі в час кубофутуризму та примітивізму — він показав, що є майстром складних рішень із простором. А під час реукраїнізації Малевича, як казав Дмитро Горбачов, він знову довів свою силу художника.

    — З огляду на це, не можна не помітити, що українське мистецтво часто зараховують до «великоруського». Чому, на вашу думку, так відбувається?

    — Це вже питання до росіян. Так склалось історично, що імперія до Радянського Союзу була царською. І тоді в історії мистецтва були розділи про українське бароко та його вплив на московське. Про це ще писали за радянських часів. А тепер це вже зникло — відбувся регрес. Це політична проблема, звісно, і в імперії не було української держави ніколи, тобто були зародки, наприклад Галичина в середні віки…

    — Ні, я готова з вами посперечатися…

    — Розумієте, Україна для західних людей постає в якомусь ніби великоруському мареві. Траплялися поодинокі феномени, але не було насправді того, що є зараз, слава Богу. Січ — це предтеча держави. Звісно, не такої, як за часів Данила чи Ярослава. Але держава зі своїми внутрішніми проблемами, котра відігравала би суттєву роль на міжнародній арені, для України це нове. Для Росії — ні. Ще з часів Петра I, а згодом німкені Катерини Україна була «на окраине». Незважаючи на визнання країни, скажімо, після опису Гійомом Левассером де Бопланом своєї подорожі. Або ж, наприклад, Богдан Хмельницький думав, що його обманули московіти, він вважав можливим союз проти Польщі та проти мусульман, але насправді московіти не ставилися з повагою до його вчинків, і тому сталася катастрофа…

    Досі складно. Треба боротися. Звісно, росіяни досі не здають позицій. Для них все — російське. Я бачив скандальну, як для мене, виставку в Луврі — «Святая Русь». Хоч тема — саме Русь, але французи з огляду на переклад сприймають її як «Святая Россия». Виставка була чудова і мала великий успіх — тим гірше, бо там були хороші канали та речі, котрі рідко експонують. Але це був Рік Росії у Франції. І хоч вживали слово «Русь», а не «Россия», означення — «русский».

    — Наша газета щороку видає книжку. Вони вже виокремилися в цілу «Бібліотеку «Дня». І от одна з них називається «Сила м’якого знака». Автори-історики обґрунтовано пояснюють привласнення українського минулого, яке, між іншим, триває і зараз… Скажіть, чи є «білі плями» у спадщині Малевича у сприйнятті масової свідомості? Наприклад, Івонна Малевич, внучата племінниця художника, 2010 року на врученні премії його імені в Києві сказала, що Казимир Малевич на Голодомор відреагував не лише серією картин, а ще й писав громадянську лірику. Відомо щось про це?

    — Зізнаюсь, не знав про цю премію та про лірику теж. В архівах є багато чого не опублікованого. Але, безумовно, в його роботах була реакція на українську трагедію. Він її бачив. От чорне обличчя селянки на картині — це труна. Українська трагедія втілилася в такий образ — трагедію людства. От у чому й відмінність Малевича від усіх — він кричить через своє безмовне мистецтво.

    — Скажіть, а як сьогодні у Франції відчувають українське мистецтво?

    — Я вас розчарую: ніяк, на жаль… Є звичайно, невеликий гурт людей, котрі цікавляться. Але загалом ту ж виставку в Луврі журналісти висвітлили як «Святую Россию». Хоч виставка була історична, а не художня — там представлені всі етапи Київської Русі аж до часів Петра I. Тобто йшлося до того, аби представити становлення Росії. І було так подано, що все, що було найкращого на цій виставці — усе російське. Я тоді ж написав конкретну статтю з цього приводу. Але взяти, до прикладу, реакцію на виставку Пінзеля в Парижі — був незначний резонанс. Експозиція була зроблена не з розмахом, а ніби після «Святой России». Українці були в захваті, зокрема міністр культури. Я дуже люблю українське мистецтво, а тому вважаю, що виставка була не на рівні: експонати були в просторі, в якому вони не «дихали». Було б ліпше в Луврі, але в капелі і з доступом через лабіринт чи через сходи. Виставки — це важливі події, але вони минають. І добре, що після цієї залишився каталог. Поки що, на жаль, українське мистецтво не визнано окремо. І хоч я написав окремий том про російський авангард, я виокремлюю в ньому окрему українську школу.

    — Які вона має визначальні риси?

    — Це цілісний комплекс. Якщо коротко, то, по-перше, колір. Сонячне освітлення. І це — разюча відмінність тих, хто жив в Україні. Вона проявляється в гамі кольорів у природі, в одязі людей. Наприклад, Соня Делоне, котра виїхала з України, коли їй було сім років, дуже тепло згадує свою Батьківщину, зважаючи на те, що в ті часи вигідніше було називатись росіянкою. Ті барви пшениці, соняшників, кавунів, помідорів, котрі вона запам’ятала в дитинстві, втілились в її творчості, і так вона вплинула на свого чоловіка. Або ж Ларіонов, котрий жив у Бессарабії, його мама — українка. І його жовтий колір — сонячний, веселий. А в його подруги життя (вони одружились наприкінці життя, хоч усі їх і так вважали чоловіком та дружиною), Наталії Гончарової, зовсім інший колір — червонувато-жовтий, радше іконописний, але не від природи — вона росіянка. І ще дивовижний колір в Архипенка.

    А по-друге — простір. Цей елемент образотворчого мистецтва має особливу вагу. Відчуття простору — відчуття свободи. Те, що історичними пращурами українців були козаки, «вільні люди», котрі не знали татарського ярма, як північні люди. У росіян простір лісний. А коли порівняти супрематизм Казимира Малевича та Любові Попової, то його форми ширяють у безмежному просторі, а її — прикріплені.

    А ще особливість української школи — бароко. Цей елемент відіграв свою роль і в авангарді. Наприклад, барокові тенденції помітні в Олександри Екстер, Баранова — Россіне, навіть у Богомазова це добре видно.

    І насамкінець — гумор. Ларіонов написав «Кацапську Венеру». У нього є серія таких Венер, приміром, легкої поведінки. Уже сама назва містить заряд гумору, хоч він і не етнічний українець, але українська частина в його творчості, як і в Татліна, надзвичайно важлива. Та й потім навіть у Малевича є гумор: експоноване в Нью-Йорку геніальне біле тло та червоний і чорний квадрати — це має назву «Живописний реалізм хлопчика із ранцем». Чудова річ, квінтесенція іконописної гами! Але він дав таку назву. А я бачу в цьому серйозний український гумор. «Живописний реалізм селянки в двох вимірах» і «Живописний реалізм хлопчика з ранцем» — це енергія барв і взагалі цілий слов’янський материк.

    Неля ВАВЕРЧАК, «День»