Auteur/autrice : Jean-Claude

  • Sur la mort de l’orientaliste Henry Corbin, 7 octobre 1978

    Encore, trouvé dans mes archives la traduction de mon article nécrologique sur Henry Corbin paru en russe dans l’hebdomadaire parisien Rousskaya mysl’

  • С ДНЁМ РОЖДЕСТВА ИОАННА ПРЕДТЕЧИ!

    С ДНЁМ РОЖДЕСТВА ИОАННА ПРЕДТЕЧИ!

  • La Rétrospective Malévitch à Düsseldorf en 1980

    J’ai retrouvé dans mes papiers cette note que j’avais écrite après avoir visité avec Valentine et mon père la première grande exposition soviétique de Malévitch après la Seconde guerre mondiale en 1980 à la Kunsthalle deDüsseldorf

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Antoine PEVSNER,Projection dans l’espace- Circa 1935-1936 (Haut-relief en cuivre et bronze oxydés, matière plastique noire)

     

    Antoine PEVSNER

    1886- 1962

    Projection dans l’espace– Circa 1935-1936

    Haut-relief en cuivre et bronze oxydés, matière plastique noire

    71 x 81 cm

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Provenance :

    Collection Pierre Peissi, Paris

    Collection Michel Perinet, Paris

    Acquis auprès de celui-ci par l’actuel propriétaire

    Expositions :

    Paris, Galerie René Drouin, Art concret, juin-juillet 1945

    Paris, Galerie René Drouin, Antoine Pevsner, juin-juillet 1947, reproduit

    New York, Museum of Modern Art, Gabo-Pevsner, février-avril 1948

    Zurich, Kunsthaus, Antoine Pevsner, Georges Vantongerloo, Max Bill, octobre-novembre 1949

    Paris, Musée National d’Art Moderne, Antoine Pevsner, décembre 1956 – mars 1957, n°34

    Paris, Galerie du XXe siècle, Le relief – 2e exposition, juin-juillet 1962

    Saint-Paul-de-Vence, Fondation Maeght, Sculpture du XXe siècle 1900-1945 – Tradition et ruptures, juillet-octobre 1981, n°151

    Bibliographie :

    R. Massat, Antoine Pevsner et le constructivisme, Caractères, Paris, 1956, reproduit p.15

    P. Peissi, Antoine Pevsner – Hommage d’un ami, Editions du Griffon, Neuchâtel, 1961, n°82, reproduit

    B. Dorival, Le dessin dans l’oeuvre d’Antoine Pevsner, Paris, 1965, p.63

    A. Lardera, Antoine Pevsner, sa vie, son oeuvre, thèse de doctorat sous la direction de Bruno Foucart et Serge Lemoine, Universite Paris IV, 1992, fig.52

    E. Lebon, P. Brullé, J.-C. Marcadé, Antoine Pevsner, catalogue raisonné de l’oeuvre sculpté, Association « Les Amis d’Antoine Pevsner », Galerie-éditions Pierre Brullé, Paris, 2002, n° 40, reproduit en noir et blanc p. 110 et 111,

    Relief in oxidized copper and bronze and black plastic

    Signature et date masquées en bas à droite et en bas à gauche sur la plaque de fond / Signature and date covered lower right and lower left on the background plate.

  • Michel Feltin-Palas sur « les valeurs véhiculées par les langues? »

    Le français est-il « la langue de la liberté » ?

    Contrairement à une idée répandue, aucune langue n’est porteuse de valeurs particulières. Le français a été la langue des Lumières ? Oui, mais il a été aussi celui de la monarchie absolue.

    C’est une formule que l’on entend souvent : le français serait « la langue de la liberté » ou celle « des droits de l’Homme », ce qui sous-entend que les langues porteraient des « valeurs ». Or – j’en suis d’autant plus désolé que le français est ma langue maternelle – mais il s’agit d’une erreur.

    Ce discours est né en grande partie pendant la période révolutionnaire. Pour les jacobins, en effet, le français n’était pas une langue parmi d’autres, mais la langue du progrès et des Lumières. « Je viens appeler aujourd’hui votre attention sur la plus belle langue de l’Europe, celle qui, la première, a consacré franchement les droits de l’homme et du citoyen, celle qui est chargée de transmettre au monde les plus sublimes pensées de la liberté », lance ainsi en 1794 Bertrand Barère, l’un des hommes les plus influents du moment, dans un rapport sur le sujet.

    Seul problème : à cette époque, 80 % des Français… ne parlent pas français, mais corse, breton, normand, limousin, catalan. Or, très vite, sous l’influence notamment des guerres de Vendée, les langues régionales vont être vues comme les adversaires du nouveau régime. Barère, encore : « Le fédéralisme et la superstition parlent bas-breton ; l’émigration et la haine de la République parlent allemand ; la contre-révolution parle l’italien et le fanatisme parle le basque. Cassons ces instruments de dommage et d’erreur ! » Une « analyse » partagée par son collègue, l’abbé Grégoire, qui explique le 30 juillet 1793 : « Il est plus important qu’on ne pense en politique d’extirper cette diversité d’idiomes grossiers, qui prolongent l’enfance de la raison et la vieillesse des préjugés. »

    Les révolutionnaires prêtent donc une valeur aux langues, et cette idée subsiste encore en partie aujourd’hui. Or, aucune langue n’est porteuse de valeurs particulières. Le français a été la langue des Lumières ? Oui, mais il était aussi celui de la monarchie absolue. Il a été la langue de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ? Oui, mais aussi celle du colonialisme et de l’esclavagisme. Et l’on pourrait continuer ainsi. Il a été la langue de Napoléon III et celle de Victor Hugo ; celle des dreyfusards et des anti-dreyfusards ; celle de Pétain et celle de De Gaulle…

    LIRE AUSSI >> Quand le français était minoritaire en France

    Naturellement, ce qui est vrai du français est vrai de tous les idiomes de la planète. En russe, on peut lire les harangues de Staline et les livres de Soljenitsyne ; en castillan, les poèmes de Garcia Lorca et les discours de Franco ; en allemand Les souffrances du jeune Werther, de Goethe et Mein Kampf, de Hitler.

    A propos de la Seconde Guerre mondiale, justement, les adversaires des langues minoritaires soulignent que certains militants bretons ont pactisé avec les nazis pendant l’Occupation, ce qui est tout à fait exact. Ils en profitent pour disqualifier les militants de cette langue celtique, ce qui est tout à fait spécieux car ils oublient de dire qu’il y eut aussi des régionalistes bretons engagés dans la Résistance, tout comme il y eut d’ailleurs des Français francophones pétainistes et des Français francophones résistants. Difficile, à partir de là, de condamner ou d’encenser la langue bretonne ou la langue française.

    Si la France assumait enfin son caractère plurilingue, elle se rappellerait peut-être que bien des poilus sont morts pour la nation en ne parlant pas français, mais une de ces langues minoritaires qu’elle s’emploie à détruire. Elle comprendrait qu’il est possible de parler catalan ou alsacien ou franco-provençal et de se sentir français, tout comme il est possible d’être proeuropéen sans avoir à renoncer à être français !

    Je le dis d’ailleurs en passant à ceux de mes amis occitanistes qui présentent l’occitan comme « la langue de la tolérance » : ils commettent la même erreur de raisonnement que leurs adversaires. L’occitan n’a pas plus le monopole de la tolérance que le français n’a celui de la liberté. Toutes les langues peuvent servir toutes les idées, les meilleures comme les plus nauséabondes. C’est même pour cela qu’elles sont égales.

     

  • « Si Libération, Le Monde, Charlie Hebdo, France inter, France culture… Si tous ces gens disent la même chose, d’ailleurs ils disent toujours la même chose, le premier qui a menti donne le ton pour tous les autres, qui vont ensuite mentir. »

    Michel Onfray

  • Michel Feltin-Palas sur le « patois »

    Gilbert Narioo est notamment le coauteur d’un dictionnaire français-occitan (gascon) comprenant 1000 pages et 50 000 entrées. Il a également écrit des pièces de théâtre, de nombreux articles et poèmes ainsi qu’une méthode d’apprentissage de référence, « le » Parlar plân. Il raconte ici de manière sensible les moyens qu’utilisaient les instituteurs de son village béarnais pour obliger les enfants de sa génération à changer de langue. Des moyens qui rappellent évidemment ceux appliqués en Alsace, et ailleurs.
    Ci-dessous le texte de son intervention en occitan-gascon (en graphie classique, selon sa préférence), suivi de sa traduction en français :
    « En mila nau cents trenta quate, qu’aví sheis ans. Qu’anèi tà l’escòla deu vilatge de Valensun. Tot lo monde que parlavan gascon, tots, e los mainatges tanben, qu’èra la nosta lenga. Lo francés que s’entenèva a l’escòla e a la glèisa. E la regenta, qui èra malena, lo mendre mot qui disèvam en gascon en classa, que ns’atrapava la man com açò, que sarrava, e dab ua règla espessa, que’ns trucava suus dits. Las unclas que sagnavan ! Donc, que soi estat torturat a l’escòla e en mei d’aquò que’ns disèva la regenta — com los bascos, tanben, qu’an subit la medisha tortura — que’ns disèva en mei d’aquò : « Si vos parents vous parlent patois, c’est parce qu’ils ne vous aiment pas. S’ils vous aimaient, ils vous parleraient français. » Ua tortura ! »
    « En 1934, j’avais 6 ans, j’allais à l’école du village de Balensun. Tout le monde parlait gascon, les enfants aussi, c’était notre langue. Le français s’entendait à l’école et à l’église. Et l’institutrice, qui était mauvaise, au moindre mot que nous disions en gascon, nous attrapait la main comme cela, la serrait et, avec une règle épaisse, nous frappait sur les doigts. Les ongles saignaient. Donc, j’ai été torturé à l’école et pire que cela : l’institutrice disait – comme aux Basques, qui ont subi la même torture – elle disait, pire encore : « Si vos parents vous parlent patois, c’est parce qu’ils ne vous aiment pas. S’ils vous aimaient, ils vous parleraient français. » Une torture ! »