Catégorie : Billets d’humeur

  • Encore « le Monde » et la Russie (Piotr Smolar sur le procès Navalny)

    « Le Monde » continue sa description quasi  journalière de la  barbare Russie, aujourd’hui avec le « compte-rendu » du procès Navalny par le journaliste Piotr Smolar, d’après son nom – un Polonais, donc pas congénitalement ami des Russes, ces sauvages pas très civilisés…Je plaisante… On ne sait toujours pas quels sont les arguments de l’accusation, on sait seulement que l’accusé prétend qu’il s’agit d’un procès politique et donc qu’il ne s’est pas défendu sur le fond de son affaire, mais  a tenu un discours sur la situation féodale de la Russie d’aujourd’hui. S’il est coupable, c’est une technique comme une autre assez largement utilisée dans le monde dans les meilleures démocraties…Mais on  ne le saura pas et d’ailleurs ce la n’intéresse pas Smolar. Il y a tout de même une contradiction, puisqu’il y a un doute sur le verdict, le seul argument pour une condamnation prévisible, c’est , non pas que le juge acquitte ou trouve des circonstances atténuantes au présumé délit, mais c’est le fait que, jusqu’ici, le juge en question n’a jamais acquitté personne…Si la justice russe  a besoin de se réformer, le journalisme du ‘Monde », lui, est indécrottable.

    Smolar nous ressort l’argument de Mandras sur l’apathie des Russes.

    Il parle du grand blogueur que serait Navalny. C’est plutôt un blagueur et surtout un imprécateur à la limite de la décence. Evidemment, depuis qu’il est en procès, il prend le style noble du justicier – cela n’a pas été le cas auparavant où, entre mille exemples, il traitait Poutine de « Misérable voleur pédé » (Golouboï Vorichka) – tout cela est aujourd’hui effacé et, malheureusement, je ne l’ai pas en son temps copié.

    Je  me rappelle avoir signalé cela dans  mes courriels anciens, en particulier dans un courriel à « Philosophie Magazine » et à son rédacteur-adjoint Michel Eltchaninoff, où je mentionnais les expressions ordurières de certains opposants à Poutine, expressions qui n’apparaissent jamais dans les articles à leur sujets…

     

    De : JeanClaude <jc.marcade@wanadoo.fr>
    Date : 31 juillet 2012 16:16:14 HAEC
    Objet : Le Prix McCain et Mitt Romney pour philosophie magazine!
    J’ai été stupéfait de voir la place donnée dans un magazine de très bonne vulgarisation philosophique et, de façon générale, de très haute tenue, à un escroc avéré, Khodorkovski,  sympathique certes et dont nous souhaiterions qu’il sorte de prison plus rapidement, mais  ayant commis des délits économiques gravissimes (l’argument comme quoi « il n’était pas le seul » n’est guère éthique), une sorte de mélange de Tapie-LeFloch-Prigent-Roland Dumas, mais aux dimensions de l’immense Russie. J’avais hurlé, il y a peu, devant le feuilleton de M. Glücksman dans « Le Monde » , qui osait comparer Khodorkovski au saint laïque, le savant Sakharov. Mais le rédacteur en chef de « philosophie magazine », M. Elchaninoff, a une indécence supplémentaire, c’est celle de faire d’un businessman,ayant fait fortune de façon douteuse (c’est un euphémisme!),  le possible héritier de… Dostoïevski et de Soljénitsyne!!! On croit rêver.
    Où est la philosophie là-dedans? Il s’agit tout bonnement d’une nouvelle manifestation du lobby activiste antipoutine (sous ce prétexte, en fait, antirusse)  qui s’est répandu comme un cancer à travers le monde sous la houlette de la CIA et des services secrets anglo-saxons, qui craignent l’affaiblissement de  l’unipolarité actuelle; or  il est plus facile de décrédibiliser aux yeux du monde la démocratie russe en formation qui, parce qu’elle est justement devenue une démocratie, ne cache pas ses plaies, ses erreurs, ses bavures et ses manquements. En revanche,devant la puissante Chine, tout le monde fait des courbettes à 180 degrés (comme autrefois devant l’URSS qui faisait peur) – faisant passer par pertes et profits l’occupation du Tibet, le sort des Ouïgours (les yogourts de Kouchner), celui de la paysannerie et autres bagatelles…
    Ce n’est pas tant l’opinion de Khodorkovski qui est choquante, somme toute fort banale, plutôt de l’ordre du sentiment que de la véritable réflexion philosophique; ce sont les questions de M. Eltchaninoff qui essaie d’ entraîner son interlocuteur (et surtout le lecteur) sur sa vision à lui, activiste européen antipoutine. Et les notes élucidant certains passages du texte de l’ex-milliardaire, comme par exemple, à la phrase, pleinement acceptable de ce dernier : »Je reconnais que j’espérais un véritable renouveau  de la spiritualité religieuse, mais, hélas!, les confessions les plus importantes ont pour le moment préféré une place ‘à la cour du roi’ » –  on trouve la note orientée suivante: « Les dirigeants de l’Eglise orthodoxe russe au sein du patriarcat de Moscou collaborent étroitement avec le pouvoir en place » : il me semble que l’ex-milliardaire ne visait pas uniquement cette Eglise, dont il n’est pas, à ma connaissance , membre, et dont il ne pouvait espérer qu’elle opère à elle seule le renouveau religieux en Russie, mais aussi bien l’Islam, très fort également dans la Fédération, et les deux juridictions juives, voire le bouddhisme, dont aucun des chefs ne sont  dans « l’opposition à Poutine ». En ce qui concerne l’alliance, réelle et traditionnelle, de l’Eglise orthodoxe russe avec le pouvoir, elle ne s’est pas manifestée lors de la sécession de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhasie du pouvoir géorgien, puisqu’elle a refusé de faire entrer dans son obédience l’Orthodoxie ossète et abkhase qui reste géorgienne.
    Peut-être, serait-il philosophiquement valide de poser la question : de qui Khodorkovski est-il prisonnier? Selon moi, il est prisonnier de lui-même, du rôle et de l’image qu’il s’est vu imposer par ses avocats et le lobby international qui vit sur son infortune; c’est aujourd’hui un truc d’avocat de faire de tout condamné pour délit économique un « prisonnier politique » et d’ameuter le monde entier; or on n’est plus en URSS où la solidarité internationale en faveur des victimes du régime communiste se justifiait et finissait par être payante; il y a un système juridique qui a ses règles, mais comme il s’agit d’un système nouveau par rapport au passé soviétique, il comporte des dysfonctionnements procéduraux, ce qui ne veut pas dire que la justice ne passe pas de façon juste sur des faits avérés.
    La création du phénomène mondial autour de Khodorkovski serait aussi intéressante à analyser sociologiquement. Elle fait penser à un phénomène identique, mais non semblable, des époux Ethel et Julius Rosenberg sous le maccarthysme, exécutés, pour espionnage en faveur de l’URSS, sur la chaise électrique, malgré la campagne planétaire en leur faveur, qui ont clamé jusqu’au bout leur innocence et dont l’espionnage s’est avéré réel, lors de l’accès aux archives devint possible dans la Russie nouvelle.
    Comment se fait-il que ce soit uniquement Khodorkovski qui mette en émoi toute une partie de l’opinion publique occidentale? Qu’a-t-il fait de si grandiose dans sa vie précédente – est-ce un grand artiste, un grand écrivain, un grand philosophe politique, un grand philanthrope, un entrepreneur qui a travaillé pour le bien commun? Et pourquoi son compagnon d’infortune, Platon Lébédev, ne fait qu’accessoirement partie de  cette indignation montée de toutes pièces? Est-ce un débile intellectuel, n’a-t-il pas des pensées politiques à nous dire, lui aussi – peut-être qu’elles seront aussi intéressantes que celles de Khodorkovski?….

    Peut-être, M. Eltchaninoff va-t-il nous gratifier d’une prochaine interview des jeunes filles imbéciles qui ont perturbé la vie religieuse du Christ-Sauveur avec des cabrioles ridicules et des borborygmes éructés (on ne cite toujours de ces gentilles demoiselles que la « prière » anti-Poutine, mais elles ont agressé de façon injurieuse  le patriarche,  et de Poutine elles ont pu brandir par ailleurs ce slogan  d’une délicatesse exquise que l’on n’ose même pas maintenir sur internet: « Tu ne nous enculeras pas, comme tu encules Kabaïéva » [une gymnaste prétendue maîtresse du chef d’Etat et dont il aurait un enfant]…Ces pauvres prisonnières  de l’obscurantisme orthodoxe russe officiel et de la vindicte permanente poutinienne, vont bientôt nous être présentées par « philosophie magazine » comme des penseuses émérites, victimes de l’Ange du Mal, Poutine? Cela fera encore plus djeune!

    Ou encore le « grand beau blond aux yeux bleus »,Naval’ny, qui dans son blog , au temps de sa gloire internationale, a eu des paroles aussi délicates sur Poutine, que « Voleur pédé aux petits pieds » (Golouboï Vorichka) (maintenant qu’il est aux prises avec la justice, il a fait disparaître toutes ces gentillesses dignes de Litvinenko, qui avait traité Poutine de pédophile)

    Est-ce le rôle d’une revue à visée philosophique de se faire le transmetteur des idées américaines les plus réactionnaires sur la Russie, celle des McCain et des Romney? Or M. Eltchaninoff joue ce rôle depuis le début de ses présentations de la Russie qui, pour lui, est uniquement celle de Poutine, et non de Sokourov, de Guerguiev, de Spivakov, de Francisco Infante et autres nombreux créateurs qui façonnent le visage de la Russie. Son interview de Boukovski, avant Khodorkovski, était un nouvel éclairage activiste unilatéral sur « la Russie de Poutine ». Boukovski mérite le respect car il a été un vrai lutteur pour la libération de l’Union Soviétique du joug du Parti communiste. J’ai moi-même, à ma place, aidé tous ces dissidents depuis la fin des années 1960 et ai bien connu le groupe autour de Boukovski. Grâce à un collègue et ami des Langues’O, Kirill Eltchaninoff, président de l’Action chrétienne des étudiants russes (ACER) (fils du grand spirituel que fut Alexandre Eltchaninoff et d’une flamboyante iconographeTamara Eltchaninoff , que j’ai eu l’honneur de rencontrer chez des amis communs caucasiens),  nous avons pu faire parvenir à tous ceux qui se battaient pour la liberté de conscience et de parole en Russie, des bibles, des livres de  philosophie non-marxiste (Berdiaev, Chestov, Frank…), de la littérature défendue (Mandelstam, Goumiliov, Soljénitsyne…). Cela a eu comme conséquence, pour moi,  que j’ai été déclaré persona non grata en URSS pendant toutes les années 1980.  Boukovski fut donc, à cette époque, une voie, une conscience, comme le furent Soljénitsyne et quelques autres, mais, aujourd’hui, il est depuis des décennies coupé de la Russie, il est informé visiblement par des activistes russes qui n’ont pas trouvé leur place en Russie et font profession de dénigrement systématique et par ceux qui,en Grande-Bretagne, le soutiennent matériellement et ont intérêt à montrer un visage uniquement négatif de la vie russe; malgré l’aura méritée qui entoure Boukovski, son interview n’a rien apporté d’autre que ce qui est déversé à longueur de media occidentaux sur « la Russie de Poutine ». C’était, visiblement le but, de l’activiste antipoutine du « magazine philosophique ».
    Un des grands philosophes français encore vivants, Alain Badiou, dont on n’est pas censé de partager toutes les idées mais dont les idées sont au-dessus de l’  « Afterphilosophie » dont parlait Nietzsche dans « Schopenhauer als Erzieher » pour son époque et que l’on peut sans peine appliquer à la situation actuelle, Alain Badiou vient d’écrire une brève analyse sur la philosophie de nos jours qui éclaire un phénomène semblable à celui que je dénonce chez le rédacteur en chef de « philosophie magazine » : ”[La philosophie de nos jours a perdu son aura], du point de vue de l’opinion, parce qu’on en est venu à appeler ‘philosophe’ tout chroniqueur, tout journaliste, dès lors qu’il s’avère apte à causer en public de n’importe qu’elle question à la mode. C’est la déchéance par inflation. »
    jean-claude marcadé

    .

  • L’air de la calomnie (encore) et la diversion « Glücksmann »

    A la suite du papier confus et invertébré de l’ Afterphilosoph

    Glücksman sur l’affaire d’espionnage dévoilée par Edward

    Snowden, dans « Le Monde », papier qui tend, en fait, à montrer que

    tout çà c’est la faute à l’ignoble Poutine, je me suis souvenu avoir

    déjà écrit au sujet du pseudo-philosophe l’an passé et avoir déjà

    analysé ses interventions comme des moyens de diversion…

    18 mars 2012

        9) L’air de la calomnie

    • Voilà que c’est reparti : après le bref intermezzo de Mme Kaufmann, le naturel du « Monde », activiste antipoutine-antirusse par excellence, est revenu au galop et l’on a droit presque chaque jour à des comptes-rendus cinglants sur la « Russie de Poutine », Poutine n’étant véritablement qu’un prétexte, alors qu’il s’agit de la Russie tout court. La nouvelle méthode est à présent d’accumuler pêle-mêle des faits dans tous les domaines : des bureaux pour les élections à la littérature, une foule  de noms, de titres, de références  sont lancés, sans le moindre souci de cohérence, à la figure du lecteur qui, même s’il a quelque compétence dans le domaine russe (c’est mon cas), ne peut trouver dans cet embrouillamini que ce qui est le but de ce nouveau procédé de journalisme hyperinformé, à savoir que tout va de travers en Russie. Au fond peu importe l’information donnée, peut importe si elle a été vérifiée, peu importe qu’elle amalgame des faits contradictoires, ce qui compte, c’est l’impression générale que la Russie est un pays où règnent l’arbitraire et l’absence de liberté. Le nouveau type de journaliste activiste prend en cela le masque de Don Basilio, la rumeur, propagée par l’opposition disparate hors-système, devient vérité et continue à s’insinuer dans l’opinion. Le site de caractère nettement oppositionnel « gazeta.ru », au moins dans sa version russe, fait une recension systématique de tous les faits négatifs de la vie socio-politique russe, mais elle le fait, à la différence de Jégo, de façon honnête, c’est-à-dire qu’elle donne toujours les faits dans leur contexte, ce qui permet de mettre en perspective ces faits. Jégo, elle, empile les informations négatives

     

    • 10) De la diversion

    •  

    • Glücksmann est à nouveau appelé à la rescousse pour attiser, cette fois

    • auprès des dirigeants français, la haine, sinon l’hostilité antipoutine-

    • antirusse. La Chine est associée par tactique, mollement : l’occupation

    • dictatoriale et la sinisation du Tibet, le sort des ouïgours – les

    • yogourths de l’autre sarkozyste Kouchner…, celui des paysans etc.,

    • sont passés à la trappe, car ce qui compte pour cet « Afterphilosoph »,

    • comme disait Nietzsche à son époque, «Afterphilosoph », si on le

    • compare avec des Lévinas, des Deleuze ou des Derrida, ce qui compte

    • c’est sa fixation pathologique sur Poutine. Il faudrait corriger presque

    • chaque phrase de l’Afterphilosoph dans un discours accumulateur 

    • délirant, qui est typique de la perte de toute réflexion sensée. Je me

    • suis demandé pourquoi cette persistance dans la haine, et un détail de

    • son dernier papier dans « Le  Monde » m’a fait sursauter et

    • comprendre une des motivations inavouées de cet idéefixisme

    • paranoïaque : c’est le mot de colonisation, imputée à la « Russie de

    • Poutine », et j’ai compris que l’Afterphilosoph faisait diversion. Il

    • préférait tourner tous les regards vers l’infâme poutinisme, pour ne pas

    • s’indigner de son modèle américain  et de la politique meurtrière de

    • l’ère Bush dont l’admirable Obama n’arrive pas à sortir, pour ne pas

    • s’indigner non plus de la colonisation intolérable, celle-là réelle, de 

    • l’Israël de Netianahu et de Lieberman, au vu et au su de tout le monde,

    • au mépris des lois internationales. L’indignation de Glücksmann est

    • sélective !

    • (à suivre…)

    • jean-claude marcadé

    •  

    17 octobre 2011

    • Il est parfaitement légitime, selon moi également, de venir au secours de l’ancienne première ministre ukrainienne, Mme Tymochenko. Faut-il pour autant dévoiler à cette occasion les orientations antirusses du « Monde »? L’Ukraine, comme la Géorgie, n’intéressent les Européens et les Américains que lorsqu’ils sont antirusses. Le papier de M. Smolar,  consacré au fils Glücksmann, dont les seuls titres sont d’être fils de, époux de, conseiller de et d’avoir une belle gueule (décidément « Le Monde » est sensible au physique des personnes – c’est « Gala »…!). Evidemment, toujours rien sur l’opposition à l’actuel cyclothymique chef d’Etat. Pour en revenir à l’Ukraine, le peu de cas que vous faites de ce grand pays qui n’a jamais connu jusqu’ici que des embryons d’Etat, est manifeste. Je ne citerai que deux faits : la translittération des noms ukrainiens est russe; il serait bon, pour soutenir l’Ukraine contre les prétentions de la Russie, de manifester son identité précisément au niveau de sa langue, souvent méprisée par l’élite grand-russe. « Le Monde » a fait l’éloge de l’exposition « Sainte Russie » au Louvre qui était l’histoire non de la Russie, mais de la Rouss depuis ses origines à Kiev juqu’à Pierre Ier, à partir duquel apparaît le nom actuel de Russie; cette histoire était illustrée par de magnifiques documents et icônes. L’Ukraine n’existait pas (comme non plus la Biélorussie), ni dans l’exposition, ni dans le catalogue où même le mot « ukrainien » était banni…Il y a du travail à faire dans l’équipe du « Monde » pour approfondir l’histoire multiséculaire de l’Ukraine et de son statut particulier par rapport à la Russie.

    • jean-claude marcadé

     

     

    14 avril 2012

    Après la prosopopée du Monologue…de Vladimir, voici une nouvelle facette de Nougayrède journaliste-écrivaine, mais n’est pas Agrippa d’Aubigné qui veut…Je ne parlerai pas ici du sinistre Bachar El-Assad que l’on a mis du temps à comprendre, alors qu’il était bien le successeur de son déjà sinistre père. Mais pour Nougayrède écrivaine, ce n’est pas El Assad qui l’intéresse, c’est Poutine sur lequel, ainsi que son confident Glücksmann, elle fait une fixation maniaque, au point de compulsivement accumuler  et répéter ad nauseam toutes les horreurs commises par ce nouveau fléau de Dieu qui ne se contente pas de semer le malheur dans son pays, mais l’exporte. Après le « Prix McCain » pour son Monologue, Nougayrède se voit attribuer le « Prix Mitt Romney » pour son exercice littéraire « Vladimir et Bachar ».  Elle pénètre dans l’âme de Poutine, elle sait, par exemple, qu’il n’en revenait pas d’avoir été appelé par Eltsine pour le remplacer (sic!). Quelle intuition! Quelle plongée dans le tréfonds des êtres! Ainsi, Poutine a fait naître un nouveau type de journaliste, le journaliste-activiste qui ne vérifie pas les sources, mais répète les rumeurs répandues soit par les services secrets anglo-saxons, soit par les activistes russes, soit par les blogs d’internet (Jégo est également championne en ce domaine – voir son information sur la contestation autour de la mairie d’Astrakhan, ou bien son intérêt soudain pour le parti « Juste Russie »  dont elle n’a jamais parlé, car il  n’était compté pour rien, comme les autres partis enregistrés de l’opposition, prétendument  alliés objectifs de Poutine…). Nougayrède n’a que faire de la vérité des choses, elle ne s’intéresse qu’à ce qui peut noircir l’image de Poutine et, partant, de la Russie. Car, la nouvelle production de Nougayrède le montre, Poutine n’est qu’un prétexte pour, en fait, montrer une Russie sans foi ni loi, à qui on ne peut pas faire confiance et, surtout, qui ne peut prétendre à être une grande puissance. Bien entendu, pour Nougayrède il n’y a pas de terrorisme en Russie, il n’y a de terrorisme que celui dirigé contre les bons Européens et alliés. Bien entendu, le terrorisme contre la Russie est provoqué par Poutine et sa politique. C’est ainsi que l’horrible tragédie de Beslan avec la mort de centaines d’enfants a aussitôt été désamorcée en disant que c’était la faute de la politique de Poutine et de la façon dont avait été réglée la prise d’otage.
    Que la Russie ait des intérêts au Moyen-Orient, en Syrie, en quoi cela est-il mal en soi? Les Etats-Unis qui ont causé le désastre de l’Irak et de l’Afghanistan, la France et la Grande-Bretagne, celui de la Libye, sont des philanthropes qui ne pensent pas à leurs intérêts? En tout cas, la Russie et la Chine ont eu raison dans le cas de la Syrie de ne pas choisir de camp dans la guerre civile, mais de demander, dès le début, une médiation diplomatique entre les parties. La France de Sarkozy-Juppé, elle, s’est empressée de façon irresponsable de soutenir, pas seulement moralement, des insurgés disparates, de susciter un Conseil anti-ElAssad qui ne représente pas du tout l’ensemble des opposants,  leur a fait miroiter le départ d’El Assad comme solution,  a favorisé leur armement, et par là-même n’a fait qu’accentuer la terrible répression. Et pour justifier notre politique irresponsable, on a diffusé à profusion des images d’horreurs commises par l’armée de Bachar El-Assad, sans qu’on puisse vérifier l’authenticité de ces images. Après Timisaora (c’est loin- c’est vrai!), les media devraient  ne pas se faire les transmetteurs de montages éventuels.
    jean-claude marcadé

  • с больной головы на здоровую= lay one’s own fault at somebody else= andere etw. für sich ausbaden lassen

    Impayable « Le Monde » et infatigable dans la répétition ad nauseam des mêmes « analyses » sur la Russie, qui, pour le quotidien, se résument à l’action de Poutine, cent pour cent  nuisible pour son pays et pour le monde entier. « Le Monde » est une bonne  roue de transmission des politiciens les plus réactionnaires américains, avec à leur tête le sinistre McCain. Qui croira, malgré la massive information négative sur Poutine et la Russie, que la Russie est l’ennemi N° 1, comme le croient et le clament les McCain et consorts. Après Brillancon, voici maintenant M. Frachon qui est appelé à la rescousse pour accuser Poutine d’être la cause du désastre horrible de la Syrie d’aujourd’hui. Evidemment, il faut au « Monde » ne pas déplaire à leur surveillant, l’Afterphilosoph sur-médiatisé et trublionnesque, M. B.H. Lévy, qui, après le succès que l’on sait en Lybie,  avait ameuté à cor et à cris les autorités françaises et internationales pour intervenir militairement en Syrie, afin d’éliminer le président élu du pays, comme le demandait une opposition syrienne des plus disparates. Pour ne pas déplaire non plus à M. Lévy, Sarkozy-Juppé, suivis à la lettre par Hollande-Fabius, ont joués les tartarins en brandissant des menaces purement verbales contre le régime en place, en reconnaissant un « gouvernement » de l’opposition, dont on voit aujourd’hui la totale non-représentavité avec ses luttes internes sauvages , et surtout en exigeant dès le début l’élimination de Bachar El Assad – ce qui est une aberration et est la cause de la situation épouvantable d’aujourd’hui, car, nos politiques tartarins, n’ont pas su apprécier le caractère de guerre civile religieuse qu’est devenu le conflit. Ce n’est pas dédouaner les exactions de l’armée loyaliste que de constater que les rebelles ont fait des mises en scène de tortures et d’exécutions, et s’il y a bien eu usage du gaz sarin, on est loin de savoir par qui il a été employé (le fait qu’ il y ait eu des rebelles parmi les victimes, n’est pas une preuve suffisante). J’ai toujours en tête Timișoara qui m’avait traumatisé et qui m’a rendu méfiant à jamais à l’égard des images et des mises en scène en tant de guerre. Fabius n’est pas aussi sûr qu’il le dit coram populo, puisqu’il avait fanfaronné que si « la ligne rouge était franchi », la réponse était prête et serait « effroyable »…

    Pour les armes : la Russie a des rapports d’Etat à Etat avec la Syrie, elle a des intérêts dans le pays; elle a passé des contrats, en particulier de livraison d’armes. De quel droit devrait-elle s’immiscer dans la guerre civile syrienne et se faire le soutien d’une opposition dont on voit chaque jour qu’elle  a des visées totalement opposées quant à l’avenir politique de la Syrie? Heureusement que Medvédev et Poutine n’ ont a pas eu l’irresponsabilité autosuffisante de MM. Lévy, Fabius et consorts pour exiger que le président élu soit  éliminé par la rue, comme Kadhafi.

    En revanche, dès le début, les démocraties exemplaires que sont le Qatar et l’Arabie Saoudite, pays sunnites, ont fourni des armes aux rebelles pour une lutte sainte contre les chiites. « Le Monde »  a les yeux de Chimène pour le Qatar – son fric en impose! « Le Monde » préfère le Qatar à la Russie, pourquoi pas?  De même que les pays occidentaux ont une démocratie à la carte, « Le Monde » a des indignations et des dénonciations à la carte. Le cas Snowden est exemplaire. Le journal s’est contenté d’un article d’un inconnu pour dire qu’au fond, ce que Snowden a dévoilé était un secret de Polichinelle : on ne comprend pas alors la fureur des Américains et le trouble de beaucoup d’alliés des Etats-Unis, en particulier en Allemagne…Mais « Le Monde », lui, n’est pas troublé. Ce qui le trouble, c’est Poutine. A la suite des dames du « Monde », M. Frachon s’est lancé dans la psychologie, voire la psychanalyse, et s’est permis même de s’en prendre au physique du président russe : « un cou de taureau » dit notre La Bruyère aux petits pieds- moi, j’aurais plutôt parlé de rongeur ou de fouine, plus que de bovidé, mais on voit la hauteur des réflexions du « Monde » sur la Russie; j’ai parlé des « dames du « Monde », parce que celles-ci se sont signalées et se signalent encore par de telles descriptions physiques des personnalités : le bouillant Saakachvili; le grand blond aux yeux bleus -Navalny; la Chatte déchaînée aux lèvres pulpeuses etc.etc.

    Et puis, M. Frachon remplace ses propres analyses par le commentaire des commentaires de l’activiste Mandras qui a une grille de lecture de la réalité russe totalement fantasmatique, puisqu’elle pense que même s’il y a des choses positives en Russie, c’est avec la bénédiction du FSB. Mandras  ne cache pas également sa russophobie, en prenant à son compte l’idée que le peuple russe était apathique : ah! comme cela serait magnifique de voir en Russie une révolution et des désordres à la tunisienne, par exemple. Là , la chercheuse activiste du CNRS  boirait du petit lait! ( heureusement le CNRS a des chercheurs vraiment scientifiques, comme, par exemple, Nicolas Werth ou Marie-Hélène Mandrillon)

    Disciple de Mandras,  M. Frachon pense que son feuilleton est dangereux  et qu’en Russie il risquerait le goulag…Je croyais M. Frachon plus subtil…Il ne lit visiblement pas tout ce qui s’écrit en Russie, dans les journaux et sur internet. Cela ferait du monde au prétendu goulag! La prétendue nostalgie de Poutine à l’égard du passé soviétique est là encore un procès d’intention. D’ailleurs « Le Monde » en son temps n’était pas, loin de là, un contempteur de tout ce qui se faisait en URSS et avait même de la sympathie pour elle, et ce n’est pas grâce à lui que le régime soviétique est tombé. De là peut-être une déception amoureuse à l’égard de ce pays aujourd’hui, Poutine n’étant qu’un prétexte commode. « Le Monde » était de ceux qui, à la chute de l’URSS,  pensaient : « Staline – oui, c’était un monstre », mais Lénine, tout de même… »Le Monde » est le dernier à pouvoir reprocher à Poutine de se référer à certains moments positifs de l’Union Soviétique. Mais M. Frachon omet de dire que c’est Poutine qui a mis dans les programmes scolaires L’Archipel du Goulag de Soljénitsyne…

    Poutine et Natalia Soljénitsyna

    puto250

  • Un témoignage non politiquement correct sur la slavophobie

    Merci, cher Jean-Claude, pour ces exemples de la partialité du Monde….à propos de slavophobie,  le livre de Pierre Péan sur le Kossovo qui vient de paraître chez Fayard et qui met en cause  » la communauté internationale » a été accueilli par un silence assourdissant, ce qui montre bien la tendance de nos media.. les ignominies qu’il dévoile chez les Kossovars, le trafic d’organes, les assassinats, etc. ont été systématiquement protégées par les dirigeants occidentaux et ont eu lieu avec la complicité de […] Kouchner….Si la plus infime partie de ces crimes avait été imputée aux Russes ou aux Serbes, les media feraient chorus…mais ce livre qui dit la vérité sur le conflit yougoslave avec preuves et témoignages à l’appui, est boycotté par les media, y compris le Canard enchaîné, le Monde diplomatique, etc. parce qu’il s’inscrit courageusement à contre-courant du  » politiquement correct »…
    PS Je vais essayer de retrouver le portrait de Hacim Traci publié dans le Monde où on présente ce gangster comme le héros de la résistance anti-serbe…qui a organisé en 1999 un tradic d’organes sur des prisonniers serbes mais aussi des jeunes filles albanaises, les témoignages des médecins contraints de faire ces opérations ( c’est- dire de dépecer ces malheureux et malheureuses) font froid dans le dos…Certains médecins ont accepté en pensant que ces organes étaient destinés à des généraux albanais..donc pour le bien de la cause.Mais ont été dégoûtés quand ils ont découvert que c’était tout simplement du  » bizness »…

     

    Ce message d’un grand spécialiste du monde slave, vivant à Moscou une grande partie de l’année, donne un autre son de cloche que celui qui nous est infligé journalièrement par la presse qui voit la paille chez ses adversaires favoris et ne voit pas la poutre  dans son oeil.

    A propos de Hacim Traci, déjà Albright était tombée dans les bras du terroriste Traci.
    La scène d’embrassade s’est renouvelée avec la peu efficace Catherine Ashton… Comme quoi…

  • Les airs de la calomnie des journalistes activistes anti-poutine/anti-russes

     

     

     

    • 11/6/2013 3:15

    Qui a des oreilles entende, à bon entendeur salut!

    jean-claude marcadé

    Basile est bien vivant, et il vit en France

    Jacques Sapir

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    17:27 10/06/2013

    « Promenades d’un économiste solitaire » par Jacques Sapir*

    Je ne sais si vous vous souvenez de ce personnage dans la pièce de Beaumarchais, le Barbier de Séville, don Basile. Il est devenu célèbre car il incarne la Rumeur et la Calomnie. Il est l’incarnation de la bassesse. Dans l’opéra tiré de cette pièce qu’écrivit Rossini (1) l’air de la calomnie, chanté par Basile (2) , est l’un des morceaux de bravoure.
    Pourquoi cette tribune commence-t-elle par une référence à l’art lyrique ? Parce que Basile est aussi devenu un symbole, un nom commun, pour désigner, en France et ailleurs, ceux qui propagent les rumeurs et les calomnies. On se croit à l’abri mais, en réalité, nul ne l’est. Et c’est bien là tout le problème de la rumeur et de la calomnie :
    « La calunnia è un venticello
    Un’auretta assai gentile
    Che insensibile, sottile,
    Leggermente, dolcemente,
    Incomincia, incomincia a sussurrar.
    Piano, piano, terra terra,
    Sottovoce, sibilando,
    Va scorrendo, va scorrendo
    Va ronzando, va ronzando
    Nell’orecchie della gente » (3).
    Sur le site de Radio-France Internationale (RFI) a été installé vendredi 7 juin un papier sur le divorce du couple Poutine (4), co-signé par Anya Stroganova et Thomas Bourdeau. Ce papier contient ce qu’il faut bien appeler des allégations mensongères me concernant : « …des rumeurs courent concernant cette même fille, qui écrirait sa thèse à l’EHESS sous la direction bienveillante de Jacques Sapir, l’expert en économie russe et un proche de papa. »
    On est frappé de ce que des journalistes (mais méritent-ils encore ce nom) fassent référence à une « rumeur » et utilisent le conditionnel.
    D’autant plus qu’il était des plus facile de vérifier, soit en m’appelant par courriel ou par téléphone, soit en appelant le secrétariat de l’EHESS, soitenfin en vérifiant (par internet) au fichier central des thèses. Il faut croire que l’on est bien fatigué quand on travaille à RFI, car rien de tout cela ne fut fait… Le duo de bras cassés décide de laisser courir la rumeur.
    Et c’est là où il y a calomnie. De plus, elle prouve que ces deux « journalistes » n’ont aucune idée (et n’ont pas cherché à en avoir…) sur comment on s’inscrit en thèse. Une inscription signifie un dossier qui est expertisé par le conseil scientifique de l’EHESS. Et donc, si l’une des filles du Président Poutine avait décidé de s’inscrire en thèse, que ce soit sous ma direction ou sous celle de n’importe quel autre collègue, elle aurait dû en passer par là et tout le monde serait au courant.
    Deuxième calomnie, plus subtile mais en réalité plus grave car elle porte atteinte à ma réputation d’enseignant chercheur, c’est l’utilisation du mot « bienveillant ». Que signifie-t-il si ce n’est que, par « amitié » pour son papa (le Président de la Russie) ou peut-être pour obtenir on ne sait quel avantage, je favoriserai un étudiant ? C’est une accusation grave de favoritisme, mais qui est portée sur ce ton mielleux et doucereux de la rumeur. Cette demoiselle « écrirait » donc une thèse et je la dirigerais de façon « bienveillante ». Allons, Madame et Monsieur, ayez le courage de vos opinions ! Dites que j’ai touché de l’argent, que j’ai demandé une position, que j’accepte sciemment de fausser ce qui est un diplôme d’État en l’échange d’un quelconque avantage. Ah, l’on se dit grand et pur quand on est journaliste, mais tout ceci est petit et méprisable !
    Troisième allégation, je serai donc « un proche de papa », comprendre Vladimir Poutine. Et bien, au risque de décevoir bien des gens, il n’en est rien. Je ne suis pas non plus de ceux qui accablent Poutine. Je cherche avec honnêteté à établir ce qu’il a fait pour l’économie de la Russie. J’ai écrit, et je le maintiens, que son action a été plutôt positive (5). C’est aussi l’avis des collègues russes avec lesquels nous avons rédigé La Transition Russe, Vingt Ans Après (6). Cela ne fait pas de moi un « proche », je ne dîne pas à chacun de mes séjours à Moscou au Kremlin.
    De cela, je tire deux leçons. La première, c’est que RFI est tombée bien bas. Colporter de telles âneries est le signe d’un média devenu officine de propagande. On me dit qu’il reste de bons journalistes dans ce qui fut autrefois une maison respectable. Je veux bien le croire, mais ils ne sont sûrement pas à Moscou.
    La seconde c’est que, quand on dit des vérités qui dérangent, que ce soit sur la Russie ou sur la France, il faut s’attendre à de telles attaques. Elles en disent long sur la pente que nous avons prise et qui nous conduit tout droit à la Tyrannie.
    Les Basiles sont bien vivant et le personnage de Basile est éternel. Il continue à répandre cette calomnie comme « un petit vent » et elle peut gonfler, gonfler, colportée par milles bouches jusqu’à ce qu’elle devienne :
    « Un tumulto generale
    Che fa l’aria rimbombar.
    E il meschino calunniato,
    Avvilito, calpestato,
    Sotto il pubblico flagello,
    Per gran sorte va a crepar » 
    (7).
    Anya Stroganova et Thomas Bourdeau n’ont certes pas la voix pour se produire dans « Il Barbiere di Siviglia », mais leur intention de nuire est avérée.
    ***
    1. « Il Barbiere di Siviglia », plus connu qu’un premier opéra tiré de la pièce et écrit par Giovanni Paisiello
    2. « La calunnia è un venticello » , Acte I, tableau 2. Basile est traditionnellement une voix de basse.
    3. La calomnie est un petit vent / Une petite brise très gentille / Qui, imperceptible, subtile, / Légèrement, doucement, / Commence, commence à murmurer / Piano ,piano , terre à terre, / À voix basse, en sifflant, / Elle glisse, elle glisse / Elle rôde, elle rôde / Dans l’oreille des gens`
    4. http://www.rfi.fr/europe/20130607-russie-divorce-poutine-lioudmila-poutina 
    5. Par exemple dans Sapir, J., « Rossija posle Putina :Ekonomitcheskie i Social’nye Osnovy Polititchekoj Stabil’nosti » [La Russie après Poutine. Fondements économiques et sociaux de la stabilité politique] in N. Lapina (ed). Dva Prezidentskih Sproka V.V. Putina. Dinamika Peremen, Éditions de l’Académie des Sciences de Russie, Moscou 2008, pp. 112-142
    6. Sapir J., (sous la direction de), La Transition Russe, Vingt Ans Après, (avec V. Ivanter, D. Kuvalin et A. Nekipelov), Éditions des Syrtes, Paris-Genève, 2012.
    7. Un tumulte général / Qui fait retentir l’air. / Et le pauvre calomnié, / Avili, piétiné / Sous le fléau public, / Par grand malheur s’en va crever.
    L’opinion exprimee dans cet article ne coïncide pas forcement avec la position de la redaction, l’auteur étant extérieur à RIA Novosti.
    *Jacques Sapir est un économiste français, il enseigne à l’EHESS-Paris et au Collège d’économie de Moscou (MSE-MGU). Spécialiste des problèmes de la transition en Russie, il est aussi un expert reconnu des problèmes financiers et commerciaux internationaux.Il est l’auteur de nombreux livres dont le plus récent est La Démondialisation (Paris, Le Seuil, 2011).
    © 2013 RIA Novosti

     

    Voici ce que moi-même  j’écrivais en mars et en mai 2012   sur la « calomnie » :

    12 mars 2012

    Piotr Smolar (ou, du moins le titre de la Rédaction du « Monde ») a trouvé le moyen, à propos du trafic d’organes des Kosovars (tellement unilatéralement et partialement soutenus en son temps), d’incriminer principalement la Russie pour ne pas transmettre les informations médicales qu’elle aurait à ce propos. Donc, ce ne sont pas les trafiquants d’organes kosovars les criminels, mais la Russie…

    Mais pourquoi s’étonner, quand le même Smolar et sa collègue inénarrable Marie Jégo, s’empressent de faire des rumeurs non avérées des vérités, pour peu qu’elles soient à charge contre la Russie – ainsi de  « Maghnitski battu à mort (sic!)» dans la prison où il était enfermé. Cela ne suffit pas que la mort de Maghnitski soit une bavure de la justice russe, il faut y ajouter la touche people  de « battu à mort », sans que cela soit mentionné, ni repris, par la grande majorité des sites d’opposition.

    16 mars

    J’ajoute que, depuis ce « Maghnitski battu à mort en prison », Smolar et Jégo ont retiré cette « épithète homérique », par « maltraité » : y a-t-il eu quelque protestation de gens informés plus rigoureusement? En tout cas, la calomnie a joué son rôle : puisqu’il n’y a eu aucune rectification des propos de Smolar et Jégo sur « Maghnitski battu à mort », l’imputation reste en l’air. Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose. C’est malheureusement la doctrine du journalisme du « Monde » concernant la Russie.

    Toinette Jégo continue à sévir : elle s’est emparée de deux « épithètes homériques » qu’elle va nous ressortir désormais à chaque papier : il y a une « classe créative » en Russie, avide de justice et de liberté » et, en face, « l’élite politico-militaire au pouvoir qui mise sur la bigoterie, le repli sur soi, la haine de l’étranger », évidemment promue, soutenue, encourager par Poutine, baptisé par Toinette Jégo de « leader national ».

    Font partie de la « classe créative », sans doute selon Jégo, tous ceux qui sont contre Poutine – les Navalny, les Oudaltsov, les Kasparov, les Nemtsov qui, jusqu’ici, ont comme seul programme politique « la Russie sans Poutine », mais aucun  programme socio-économique qui pourrait remplacer le système actuel (le seul qui en est un de cohérent, en dehors des communistes, c’est Prokhorov, dont Jégo ne parle guère, qui n’est pas propoutinien, sans faire une opposition démagogique systématique). Sans doute aussi appartiennent à la »classe créative »  les tristement célèbres Poussy Riot, dont le niveau littéraire et musical reste pitoyable, mais dont l’inénarrable critique d’art Jégo a fait des descendants de Malévitch (mais oui!)…

    jean-claude marcadé

    PS Au G20, un hommage a été rendu à Poutine, pas seulement par politesse, en particulier par Christine Lagarde

     

     

    La fixation monomaniaque sur Poutine, responsable de toutes les violences et de  tous les faits divers en Russie, continue dans « Le Monde ». Les Toinettes du journalisme s’en donnent, après une petite accalmie, à coeur joie. Le relai a été passé à Piotr Smolar qui, visiblement, s’informe plus par internet , où il fait un tri très édifiant, et par téléphone que sur place. Ainsi on apprend que Poutine est responsable des incidents violents qui ont eu lieu le 6 mai à Moscou contre des manifestants qui avaient cessé d’être dans la légalité pour provoquer les réactions policières. Smolar n’a peut-être jamais participé à des manifestations en France, moi si, et je sais très bien que si l’on n’ obtempère pas à des policiers quand on a enfreint « l’ordre public », on est menotté et mené au poste. Cela m’est arrivé. Le plus scandaleux dans le dernier papier de Smolar, c’est la mise en avant de faits qui ne sont pas vérifiés, sont répandus par les activistes et gonflés. Ainsi,  la « femme enceinte » battue à terre par « les policiers de Poutine » s’est révélée être l’étudiant Nikolaï qui a raconté son histoire, sans en faire par ailleurs une histoire à la Jégo-Smolar!!!  Est-ce que Smolar apportera une rectification à sa fausse information? Les Toinettes se font ainsi régulièrement des Don Basilio. C’est triste que « Le Monde » se livre à cette course aux informations systématiquement négatives, alors que le lecteur ne sait rien sur la vie politique courante du pays, comme il ne sait rien d’ailleurs de l’opposition hors système – on attend toujours  un article de fond sur la composition de cette opposition… Mais, comme cela corrigerait l’image que le journal veut donner de « la Russie de Poutine », on préfère entretenir le grand flou. Et je ne parle pas du flou qui enveloppe « les prisonniers politiques » : aujourd’hui, en Russie, une personne qui a commis un délit économique a intérêt à dire qu’elle est condamnée pour raison politique, surtout qu’ elle aura aussitôt le soutien des McCain et des Romney… Et les écrivains qui viennent soutenir les manifestations et que l’on compte d’ailleurs sur les doigts, , fort bien! Mais les personnalités du monde des arts et des lettres qui ont soutenu Poutine, où sont-ils? Ils sont voués aux gémonies, comme Assange,  devenu tout soudain « un idiot utile », travaillant pour la « télé de Poutine », laquelle télé est la bête noire des Etats-Unis, donc les moutons de Panurge européens, français en particulier, s’en vont répétant qu’il s’agit d’un medium qui nous fait revenir à la guerre froide. Comme la créatrice du Monologue, Nougayrède, a parlé avec dédain des experts qui sont chaque jour interrogés par les journalistes de la « télé de Poutine », j’ai pris la peine de relever, dans la semaine du 21 au 26 avril, aux informations de 14h,  le nom de ces experts :21/04-22/04 :  Nicolas Baverez sur la France; Ali Salman sur le Bakhrein; Glyn Ford sur Breivik et le racisme en Europe; Joseph Lieberman et Daniel Wagner sur Assange; Mike Raddie (Londres) sur les photos scandaleuses des soldats américains en Afganistan; David Martin sur les protestations contre ACTA.23/04- : John Laughland et Benoit Hamon sur les élections française; Amotz-Asa-El sur le Caire; Leah Bolger sur les médicaments pris par les soldats américains.24/04 Phil Rees, Glenn Greenwald sur Assange; Afshin Rattansi, John Laughland sur la Libye et le Syrie; Dr. Sreeram-Chaulia sur le Soudan; Francis Lun sur la Chine et l’Arctique; Dr Uri Avnery, Zeev Bielski, Yifta Shapir sur Israël-Iran.25/04 Afshin Rattansi, Omar Nashabe sur Bakhrein; Prof. Ismael Hossein-Zadeh, Mateusz Piskorski sur la Syrie; Pepe Escobar sur la provocation chinoise; Senapathy, Sandip Sen sur l’Inde.
    26/04 Bruce Burgess, Alexandre Korobko, David Miliband  sur Litvinenko-LougovoÏ; Ali Rizk sur Israël-Iran, Christoph R. Horstel, Fares Al-Shehabi sur la Syrie.
    Je n’ai pas pu noter tous les noms, mais la liste est déjà assez impressionnante, montrant que l’information sur l’international n’est pas unilatéralement otano-américaine  comme dans nos télévisions.
    jean-claude marcad

  • Sur la présentation scandaleuse de la Russie dans « Le Monde » – une infamie de plus

    Une nouvelle Toinette du journalisme activiste vient de sévir dans « Le Monde » – Toinette Briancon : il y avait longtemps que le quotidien ne s’était pas livré à un panorama aussi unilatéralement anti-poutine/anti-russe, avec une focalisation monomaniaque sur le génie du mal du continent russe – Poutine, cause de tous les maux « de la répression à la récession ». Le grand pays qu’est la Russie mérite une meilleure information sur elle que cette litanie accumulative répétitive de ce qui ne va pas. Comme si la Russie était une exception dans ce qui ne va pas : je prétends, à l’encontre de la présentation scandaleuse de Toinette Briancon, qu’il n’y a pas dans ce pays plus d’exactions, de faits négatifs, de bavures que dans des pays démocratiques de même importance géo-politique. Mais, sous l’influence des forces les plus réactionnaires occidentales (surtout américaines) , qui n’ont pas intérêt à ce que la Russie retrouve une puissance qui contrebalancerait l’unipolarité actuelle, financé  par elles, un activisme s’est installé dont les métastases ne cessent de ronger toute vue un peu rationnelle et constructive de la situation russe. Toinette Briancon, à ce qui apparaît dans sa chronique du week-end, est un de ces activistes qui pratiquent l’amalgame, les faits vérifiés et les suppositions, mais ont surtout d’une malhonnêteté intellectuelle effrayante. Voici chez Toinette Briancon les affirmations malhonnêtes, en suivant l’ordre de son papier :

    1) la mise en doute de la légitimité de Poutine (une autre passionaria toinette, Mandras, avait déjà mis en doute dans « Le Monde » la légitimité de Medvédev… et les journalistes activistes n’ont cessé de mépriser Medvédev et d’en faire la marionnette de Poutine et ils ont bonne mine aujourd’hui de le présenter comme un homme d’Etat plus fréquentable que son aîné);

    2) non-légitimité de Poutine, parce que « fraudes électorales » : Briançon, pas plus que les autres journalistes du « Monde », ne nous disent de quel type et à quel niveau sont les dites « fraudes », sauf qu’au cours  de sa chronique il parle de « bourrage des urnes ». Pour le lecteur, les choses sont claires, lors des élections russes, le bourrage des urnes est la règle, sans qu’on ne nous ait jamais dit quel est le pourcentage de ces fraudes réelles caractérisées. D’autre part, je ne cesse de dénoncer la confusion qui est faite à travers ce mot « fraude », entre les fraudes réelles voulues et les dysfonctionnements qui me paraissent la majorité des cas, dysfonctionnements qui proviennent  de ce que la Russie, vu son histoire récente et vu l’immensité de son territoire,  a de la peine à acquérir les mécanismes   d’un déroulement démocratique des élections (cela est valable aussi pour l’opposition qui croit qu’en démocratie tout est permis)

    3) Dmitri Medvédev est dit par Briancon « le souffre-douleur » de Poutine. Mme Jégo, elle, disait, avant, qu’il en était la « poupée de chiffons » ; elle disait aussi que Poutine était « moribond »… Eh bien, le moribond a l’air de bien se porter et il a fait même du ski à Sotchi avec son souffre-douleur Medvédev, au lieu de fêter, dernièrement, le 55ème anniversaire de son épouse, dont on vient d’apprendre qu’ il divorce (dixit Jégo);

    4) La « corruption généralisée », certes, c’est une plaie qui ronge la Russie, mais il est malhonnête de ne pas dire qu’il y a une lutte de tous les jours du pouvoir contre cette corruption et le nombre de personnages souvent aux plus hautes fonctions qui sont mis en examen augmente de jour en jour; cela n’empêche que la corruption ne soit endémique à tous les niveaux, qu’il est un « mal russe »,  qu’il ne disparaîtra pas d’un coup de baguette magique et qu’il faudra du temps avant que la Russie ne réduise ce fléau à la plus simple expression;

    5) Qui voit Toinette Briancon et consorts en journalisme activiste à la place de Poutine? Qui se détache?  L’opposition non parlementaire n’a pas de programme : elle procède par éructations, par slogans, genre « la Russie sans Poutine » ou la parti de Medvédev-Poutine est traité de « parti des voleurs et des escrocs », sans qu’il y ait une proposition alternative sérieuse. Il suffit de lire le bloc de Navalny : ce ne sont qu’insultes, mots d’oiseau, vocabulaire incendiaire, souvent infantile. Kasparov opère de la même façon, par des aboiements, des invectives, des insultes (on peut être un génie des échecs et un piètre politique – cf., pour le génie littéraire et le fourvoiement idéologique, Céline);

    6) Sur la situation économique de la Russie, le tableau de Toinette Briancon est noirci de façon outrancière. Même si la crise mondiale a des effets négatifs sur l’économie russe, celle-ci reste confortable, malgré l’inflation; et, bien entendu, l’activiste Biancon ne parle pas du niveau du chômage en Russie qui est très bas. Mais ce qui serait positif, n’intéresse pas l’activiste.

    7) Qui êtes-vous les Toinettes du journalisme pour employer, quand vous parlez de la Russie, ce lexique dénigrant insupportable : la « vindicte présidentielle »; « répression » (lorsqu’il y a intervention de la police pour des manifestations non autorisées, la police ne gaze pas les opposants comme cela se pratique aux Etats-Unis, en France et, aujourd’hui en Turquie; les manifestants présentés à la justice sont ceux qui ont frappé des policiers lors de la manifestation du 6 mai 2012); « récession » (Briancon fait une phrase volontairement contournée obscure, pour ne pas dire nettement que l’on prévoit pour la Russie une croissance de plus de 2%, ce qui ne semble pas être encore  de la récession, mais Briancon est une pythie qui voit loin…); « Parlement docile » (il suffit d’entendre les communistes ou le parti « Juste Russie » pour voir qu’ils ne sont pas dociles, mais, n’ayant pas la majorité, comme dans toute démocratie, ils en sont réduit (comme l’UMP aujourd’hui chez nous) à être une opposition verbale, mais non sans effet); « durcissement » de la répression; « corruption généralisée »; « justice aux ordres »; « forces de police à la disposition du plus offrant »; les satrapes locaux qui « exécutent ce que leur demande le pouvoir », « Etat jungle »; « droits de propriété les plus élémentaires bafoués tous les jours »; « tout est confiscable par l’arbitraire autocrate et kleptocrate »; « autoritarisme aggravé du régime »; « le risque russe » pour les investisseurs; Poutine met en oeuvre ses promesses « pour s’assurer une confortable majorité électorale » (mais qu’a-t-il besoin d’essayer d’améliorer le niveau de vie de ses compatriotes pour être élu, puisque le bourrage d’urnes lui permettra d’être élu à l’occasion? Toinette Briancon n’en est pas à une malhonnêteté près); « les pensions et les canons », voilà selon la Toinette d’aujourd’hui l’unique visée poutinienne…; « les coups de menton périodiques du maître du Kremlin »; « ruée de ses amis et affidés sur les ressources publiques »; « l’obéissance contre la croissance », autre visée de Poutine; « régression démocratique »; « Poutine se rétracte et réprime »; « la rapine des amis du régime »; « zèle policier paranoïaque »; « l’arbitraire du prince »; « la bande au pouvoir »…

    Quelle vision apocalyptique! Que reste-t-il de la Russie après cet « éclairage » qui nous est proposé, non innocemment, bien entendu, par « Le Monde »?

    Je trouve de tels papiers infamants et ai honte.

     

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  • Suite de l’information du « Monde » sur la Russie

    Tiens-tiens! Eléna Volochina, que j’ai traitée précédemment de poupée barbie post-soviétique, est apparue sur Canal+ avec un reportage sur Depardieu en Tchetchénie, totalement transformée – plus de barbie, plus de décoloration et de maquillage outranciers – Que faut-il en conclure sur le personnage de Mme Volochina? Yo no sé!

    Les deux derniers éditoriaux du « Monde » sur la Syrie sont une déploration sur le fait que la Russie n’a pas compris les attentes du « Monde », de Sarkozy-Juppé-Fabius-Hollande, à savoir l’expulsion d’Assad du pouvoir,  et continue à avoir une politique « incorrecte » – La situation syrienne est épouvantable – mais qui en est responsable? Il me semble que la Russie, dès le départ, avait une vue juste – forcer Assad et l’opposition, déjà disparate, mais encore cohérente, à négocier. Or on s’est ingénié chez les Sarkozy-Juppé-Fabius-Hollande à « exiger »  comme condition sine qua non le départ d’Assad qui a été élu par  une part importante des Syriens, puis à aider à l’armement des rebelles, avec l’aide des deux grandes démocraties amies le Qatar et l’Arabie Saoudite.

    C’est un fait remarquable que la gauche française, qui se veut un parangon des vertus républicaines, s’est retrouvé dans les dernières décennies parmi les va-t’en guerre – c’est sous Jospin que la France s’est engagée au Kossovo, et Mélanchon ou Noël Mamère, qui voulait faire envoyer des soldats à pied pour se battre contre les Serbes, ont bonne mine aujourd’hui de dire que Hollande est intervenu au Mali sans le feu vert de l’ONU – ah! les faux-culs. De même  la France de gauche s’est empressée de faire annuler les élections, démocratiquement organisées en Algérie, parce que c’était le parti islamiste qui les avait gagnées. C’est la démocratie à la carte! On a vu les résultats de toutes ses interventions guerrières, au nom de la démocratie, en Afghanistan, en Irak, en Syrie – on a l’impression que le nombre de morts violentes dépasse largement celui occasionné par les régimes combattus…

  • Voltaire disait….

    Cliquez sur l’image!Voltaire disait..085