Catégorie : De la Russie

  • Aux sources de la Volga – le Valdaï

    La Volga entre bulbes et bouleaux

    EN IMAGES – Cet été, notre série évasion vous emmène à la découverte des sources des grands fleuves. Après le Gange, voici la Volga qui, avant un périple de 3 700 kilomètres s’achevant dans la mer Caspienne, s’élance modestement d’une colline boisée du Valdaï, entre Saint-Pétersbourg et Moscou.
    Il s’est furtivement raclé la gorge. A cherché du regard l’assentiment de l’higoumène lui faisant face dans le réfectoire du monastère. Esquissé un sourire gêné. Enfin, il s’est lancé. Sous l’icône d’une Vierge éclairée par un rayon de soleil vespéral, le jeune moine a entonné d’une voix caverneuse et limpide ce chant que fredonnaient jadis tous les petits Russes:
    «De loin longuement coule la Volga, coule la Volga, sans fin ni bord. Parmi les blés mûrs, parmi les neiges blanches coule ma Volga et j’ai 17 ans. Ma mère m’a dit: “ Tout peut arriver, mon fils, peut-être te fatigueras-tu des routes, Lorsque tu rentreras à la maison, au bout du chemin, plonge tes mains dans la Volga”»…
    Nous saluons la performance en levant bien haut nos verres de kvas et de vodka au blé maison, puis reprenons, entrecoupée de toasts toujours plus enthousiastes, notre conversation avec l’archimandrite du monastère Nil Stolbenski (du nom de son fondateur), deuxième monastère orthodoxe le plus fréquenté au monde à la fin du XIXe siècle. Posés sur une petite presqu’île du lac Seliger, ses bâtiments, érigés dans la plus pure tradition pétersbourgeoise, sont un havre de paix fréquenté chaque année par des centaines de pèlerins. Plus de soixante moines y vivent et y travaillent sous l’autorité du père Arkadi. L’œil bleu pétillant derrière ses petites lunettes rondes, massif, l’homme est un cousin orthodoxe du rabelaisien frère Jean des Entommeures («Seigneur Dieu, donne-moi à boire!»). Ses propos n’en demeurent pas moins d’une grande clarté lorsqu’on lui demande de nous parler des sources de la Volga: «Vous les trouverez à quelques dizaines de kilomètres à l’ouest d’ici, de l’autre côté des 300 lacs qui arrosent la région du Valdaï. C’est un homme de Dieu, Nektari, qui les a découvertes et bénites au XVIIe siècle. Deux siècles avant que les scientifiques n’achèvent leurs calculs savants (en l’espèce: le Pr P.E. Beliavski) et ne confirment ce que le Seigneur lui avait révélé.» A peine sa phrase achevée, le père Arkadi se dresse soudain, nous attrape fermement par le bras et nous conduit, en cette heure de moins en moins chrétienne, à l’intérieur de la cathédrale du monastère, bâtie sur le modèle de celle de Saint-Isaac, à Saint­Pétersbourg. D’un geste autoritaire, il fait ôter la vitre et les tissus recouvrant la châsse de bois doré trônant devant l’iconostase et nous invite à baiser la relique exceptionnellement découverte: le crâne de Nektari en personne! L’homme qui mit à jour les sources de la Volga…
    Avant de rejoindre les lacs de Valdaï, la Volga n'est qu'un ruisseau au milieu d'une forêt sombre et impénétrable.
     

    Une heure plus tard, sous un ciel blanchi par l’aube naissante, nous quittons Arkadi avec sa bénédiction, ses indications topographiques et la promesse de saluer les moniales qui gardent le lieu sacré.
    La route conduisant jusqu’à l’endroit où naît le plus grand fleuve d’Europe n’en est pas vraiment une: une piste de terre et de graviers défoncée, déformée, parfois effondrée. Et déserte, à l’exception de quelques jeunes à vélo portant des tee-shirts patriotiques «drink vodka, not soda»() et de babouchkas sorties d’une nouvelle de Tchekhov ou d’un roman de Bounine – cheveux rassemblés sous un fichu coloré, robe sombre recouverte d’un tablier blanc, chaussons de teille, fagot sur l’épaule. Ici, la vieille Russie n’est pas un vain mot ni une vue de l’esprit. Ni les Suédois, ni les chevaliers Teutoniques, ni la Horde d’Or, ni la Wehrmacht, ni les Rouges, ni les prédateurs capitalistes n’auront réussi à changer en profondeur ce peuple des champs, des rivières et des forêts, éternellement insensible aux soubresauts du monde terrestre.
    Règne en ces lieux peu fréquentés le plus doux des vacarmes: des pommes de pin tombant des arbres, des mésanges sifflotant leur bonheur, des becs-croisés gringottant tout leur soûl. Serpentant au milieu de marécages et d’une forêt de conifères qui tutoient les nuages, le chemin cahoteux bute brusquement sur une clairière au sommet d’un monticule, à la sortie du village de Voronovo (une dizaine d’isbas traditionnelles plus ou moins habitées). Sur une pierre a été gravée cette adresse: «Pèlerin russe, prête ton attention à la source de la Volga. C’est ici que naissent la pureté et la grandeur de la terre russe. C’est ici que se trouvent les sources de l’âme populaire russe. Garde-les en toi.» Nous nous approchons silencieusement de la plate-forme de bois de quelques mètres carrés surplombant un marais aux eaux jaunâtres. Celui-ci (qui le croirait?) donne naissance au ru ridicule qui, bientôt, arrosera un tiers de la Russie d’Europe, ­léchera les murs de Tver, Iaroslav, Nijni Novgorod, Kazan, Volgograd (ex-Tsarytsine, ex-Stalingrad) et Astrakhan, prendra ses aises sur une largeur de près de un kilomètre, accueillera sur son cours inférieur des milliers de bateaux de croisière, excavera des sables désertiques brûlants et se jettera, à l’aide de ses vastes bras, dans le plus grand lac du monde, la mer Caspienne, après une course de 3 700 kilomètres (Madrid-Moscou!). Toute la force du seigneur des fleuves européens est ici, dans sa faiblesse, sa petitesse, sa modestie originelles.
    Dans le monastère d'Iversky, la présence de ces fervents fidèles témoigne d'une force vivifiante de l'orthodoxie dans la région.
    Une minuscule chapelle a été érigée: à l’intérieur, un trou symbolisant la source et une icône de saint Nicolas-le-Miraculeux. Un homme est assis là. Il prie les pieds dans l’eau, insensible aux dizaines de moustiques recouvrant son crâne et sa barbe blanche, qui le font ressembler à un starets de l’ère tsariste. Monarchiste, alcoolique repenti, Vladimir Federov a un peu plus de 60 ans et considère la Volga comme un fleuve aussi sacré que le Jourdain. Il n’est pas le seul. Des enfants sont régulièrement baptisés dans ce cloaque gonflé de petites bulles inquiétantes. Des femmes s’y lavent le visage et y trempent leurs lèvres. Des paysans y jettent des petits papiers pliés sur lesquels sont inscrits leurs vœux les plus chers. Tous les 6 janvier, au moment de la Théophanie (l’équivalent orthodoxe de notre catholique Epiphanie), une ­immense croix est creusée dans la glace formée par le général Hiver. Et en juin, une procession religieuse s’élance de la source de «matouchka Volga» («petite mère Volga») pour suivre, à pied puis en bateau, le cours du fleuve jusqu’à son delta.
    A quelques dizaines de mètres de ce sanctuaire dont les piliers sont recouverts de grappes d’œufs de grenouille verdâtres, la cathédrale de la Transfiguration-du-Sauveur domine la colline arborée où nous nous trouvons. Elle est placée, comme la petite église en bois Saint-Nicolas toute proche, sous l’autorité de l’higoumena Sofia. «Au monastère bâti ici en 1649 sur oukase d’Alexis (le second tsar ­Romanov), raconte-t-elle, a succédé un couvent qui porte le nom d’Olga, première sainte russe orthodoxe. A l’époque communiste, les bâtiments ont été transformés en étables ou en entrepôts de bois et de légumes, les croix et les icônes abattues et brûlées, les moniales enlevées et pour certaines emmurées.» Réhabilité, le couvent abrite toute l’année une poignée de moniales et quelques novices. L’hiver, personne ne s’aventure dans les parages, recouverts de plusieurs mètres de neige. Les femmes de Dieu demeurent seules. Enfin presque. «Un ours vit à un kilomètre d’ici. On l’aperçoit parfois quand nous partons cueillir des champignons au printemps», précise l’higoumena, que la perspective d’une attaque du plantigrade semble moins effrayer que celle de manquer les vêpres. Gambadent aussi alentour des loups et des élans. «Tâchez de ne pas en croiser un avec votre voiture: vous finiriez ratatinés», nous glisse­-t-elle avec un petit sourire, avant de regagner son austère isba – là où il y a de la simplicité, il y a une centaine d’anges, ­disent les orthodoxes.
    Au moment de l'été, le soleil ne se couche que quelques heures... Minuit l'heure du bain au coeur national du parc du Valdaï.
    Après le zoo, retour aux eaux. A peine s’est-elle affranchie des arbres et des herbages protecteurs l’entourant pour ses premiers mètres de liberté que la Volga perd pied et se noie dans un lac, puis deux, puis cinq, puis dix. Quarante kilomètres plein sud, quarante kilomètres plein est: elle n’en poursuit pas moins vaillamment son petit bonhomme de chemin sous­marin. A la surface, des îles, des monastères en bois ou en pierre et en brique rouge (faut-il le rappeler: krasnoié , en russe,­­ ­signifie à la fois rouge et beau…), des villages de pêcheurs (Zabelino, Selichtche), des plages, des datchas de notables ­moscovites, des saules venant pleurer dans ses ondes invisibles. A Peno, la voilà qui se glisse sous un pont et passe à proximité de la maison de Zinaïda Grigorievna Samoilova qui, chaque matin que Dieu fait, sort la saluer dignement: jamais, nous assure-t-elle, il ne lui serait venu à l’esprit l’idée de vivre loin du fleuve-mère. Enfin la Volga parvient à s’échapper de ses prisons lacustres et à gagner son autonomie. Dans la bourgade de Selijarovo, une ­rivière gonflée des eaux pures du lac Seliger, paradis des pêcheurs et des ­chasseurs, se joint à elle au pied d’une ­petite église que nargue une fière statue de ­Lénine érigée tout près, devant la mairie dont on s’attend à voir à tout instant sortir un Peppone local.
    Bientôt, la Volga régnera enfin. Mais ce sera une autre géographie. Et une autre histoire.

    L'écolo Eco Club Valdaï, idéal pour les familles.
     

  • Russie-Occident: la sexualité, nouveau rideau de fer

     

    Russie-Occident: la sexualité, nouveau rideau de fer

    Russie-Occident: la sexualité, nouveau rideau de fer

    Russie-Occident: la sexualité, nouveau rideau de fer

    © Photo Alisa Volgina

    18:02 14/08/2013
    Par Mikhaïl Rostovski, RIA Novosti

    Le grand comédien Stephen Fry n’a finalement pas réussi à devenir l’initiateur d’une tragédie olympique. L’appel du célèbre défenseur des droits des homosexuels au boycott des Jeux olympiques de Sotchi n’a pas été soutenu par les dirigeants des pays occidentaux. Mais il est trop tôt pour mettre un point final à cette histoire.

    Les appels à boycotter l’Olympiade ne sont que le sommet de l’iceberg. Une nouvelle rupture de valeurs se forme sous nos yeux entre l’Occident et la Russie. Une rupture qui persistera dans les prochaines années, voire décennies.

    Début septembre 1999, j’étais très excité. Mon rêve de visiter la Nouvelle-Zélande était sur le point de se réaliser. Le nouveau premier ministre Vladimir Poutine partait dans ce pays pour assister au sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC). Et je faisais partie du groupe gouvernemental des journalistes.

    Au final, on nous a laissés entrer en Nouvelle-Zélande sans visas dans les passeports. Le consulat néozélandais à Moscou, qui n’était pas habitué à un afflux de demandes, n’avait pas réussi à traiter les documents à temps.

    A l’étape initiale de la préparation de la visite, nul ne pouvait deviner que cela arriverait. Et j’ai dû remplir un formulaire de visa. En général, j’ai horreur de la paperasse bureaucratique. Mais pendant des mois je racontais en riant à mes amis l’histoire du formulaire pour obtenir un visa néozélandais. Pourquoi? Dans les cases « situation familiale », il y avait les choix habituels « marié », « célibataire », « divorcé », « veuf », mais aussi pour les couples homosexuels.

    A l’époque, j’avais trouvé ça curieux. Je n’aurais jamais imaginé que quatorze ans plus tard, le thème de l’égalité des homosexuels serait la cause d’un nouveau rideau de fer entre l’Occident et la Russie. Oui, un rideau de fer, j’insiste sur ce terme-là.

    Evidemment, le rideau de fer d’aujourd’hui n’a rien à voir avec celui annoncé par Winston Churchill à Fulton en 1946. Il y a plus de six décennies, les gens pouvaient seulement essayer de deviner ce qui se passait réellement de l’autre côté du rideau. Aujourd’hui, il n’existe pratiquement aucun obstacle pour communiquer et satisfaire sa curiosité.

    Cependant, l’absence de possibilités d’avoir des contacts normaux n’est que l’une des nombreuses facettes du rideau de fer. Un autre élément important à mes yeux, c’est la rupture en termes de valeurs. Et dans ce sens, l’année 1946 est tout à fait comparable à 2013. Seule la nature du conflit de valeurs a changé, mais pas son fond.

    Le président américain et le premier ministre britannique croient que le mariage homosexuel est une chose bonne, logique et correcte. Le président russe et la majeure partie de la société russes croient tout aussi fermement que le mariage homosexuel est une chose mauvaise, illogique et incorrecte.

    Chaque « camp » est convaincu d’avoir raison. Il n’y a pratiquement pas de place pour le compromis. La décennie à venir sera une époque de guerres culturelles féroces. D’ailleurs, les premiers « coups de canon » de ces « guerres » ont déjà retenti.

    Moscou a essuyé une cuisante défaire dans le conflit idéologique précédent avec l’Occident. Aujourd’hui, l’élite russe est persuadée que le « capitalisme, c’est bien », tout autant que les dirigeants de Londres ou de Washington. Est-ce que la nouvelle guerre idéologique s’achèvera de la même manière? Je ne veux faire absolument aucun pronostic à ce sujet. L’avenir est imprévisible et plein de surprises.

    Je voudrais parler d’autre chose. De la nécessité de garder son bon sens et une attitude respectueuse et correcte envers ceux qui sont « de l’autre côté des barricades ».

    Le grand orateur Cicéron avait dit un jour: « En temps de guerre, les lois se taisent ». Les guerres culturelles ne font pas exception. Les guerres culturelles à cause du sexe, non plus. Cela concerne aussi bien l’Occident que la Russie. Par le passé, le thème des relations homosexuelles pouvait facilement briser la vie d’un homme en Occident. Voici un épisode de l’histoire politique britannique des années 1930 qui est devenu connu assez récemment.

    Le duc de Westminster, l’un des hommes les plus riches du monde, haïssait son proche, le comte de Beauchamp, ancien ministre. En se fixant pour objectif de détruire sa vie, le duc avait réussi à obtenir des preuves de la bisexualité du comte et à les présenter au roi. Le monarque George V était horrifié et aurait déclaré: « Je pensais que ces gens là finissaient leur vie en se tiraient une balle dans la tête! ».

    Sous la menace d’être arrêté, le comte de Beauchamp a renoncé à ses nombreux postes a quitté le pays pour toujours. En profonde dépression, le comte songeait au suicide, mais il est décédé plus tard d’une mort naturelle. La femme de Beauchamp qui avait passé trente ans avec lui, Laetitia, ne voulait pas entendre parler du divorce. Mais on l’a forcée à le faire.

    Deux autres personnes en ont également souffert. Le fils du roi George, le duc de Kent avait une relation avec la fille du comte de Beauchamp, Mary. Après le scandale, il a été ordonné aux jeunes gens d’oublier leur existence mutuelle.

    Une tragédie, voire une cascade de tragédies? Certainement. Heureusement, en Occident moderne, ce genre de chose est aujourd’hui impossible. Mais que faire avec d’autres situations qui sont devenues possibles?

    Par exemple: le maire d’une ville française refuse d’appliquer la nouvelle loi et d’enregistrer les mariages gays. Ce maire (ou plutôt les maires, ils sont plusieurs dans ce cas en France) risque une forte amende ou une peine de prison. De mon point de vue, c’est absolument abject.

    Mais laissons un peu de côté l’Occident. Il y a aussi des choses à dire à ce sujet en Russie. Est-ce normal de démasquer par la ruse des homosexuels mineurs sur internet pour les déshonorer ensuite devant tout le monde entier? Cela n’a rien de normal, de mon point de vue. Et dommage que les forces de l’ordre russes n’aient pas encore évalué une telle pratique à sa juste valeur.

    On dit qu’on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs. Appeler à ne pas faire d’omelette est un acte inutile par défaut. Les guerres culturelles ne peuvent être stoppées, aussi bienveillants que soient les appels. Mais les zélateurs de la morale en Russie et en Occident devraient se rappeler d’une chose: dans le cas présent les « œufs », ce sont les destins d’êtres humains.

  • Toujours à propos de la loi russe contre la propagande de l’homosexualité chez les mineurs

    Sine ullo commentario

    C’est avec une relative indifférence que la communauté LGBT britannique a accueilli la nouvelle de la mort de Margaret Thatcher. Elle a toutefois replongé les Britanniques dans leurs années 1980, une époque de révolution libérale qui n’a guère profité aux homos. De fait, l’explosion de la culture gay dans le Royaume-Uni de l’époque s’est faite malgré la Dame de fer, rappelle PinkNews.

    CONTRE LA «PROMOTION DE L’HOMOSEXUALITÉ»
    En particulier, personne ne semble lui pardonner son soutien à la populiste Section 28, une loi qui (bien avant les dispositions russes qui s’en inspirent aujourd’hui) interdisait la «promotion de l’homosexualité», notamment dans l’éducation. En 1987, la Dame de fer avait jugé intolérable qu’une image positive de l’homosexualité soit diffusée auprès des jeunes. «On apprend aux enfants qu’ils ont un droit inaliénable à être gay», avait-elle dénoncé devant un congrès du Parti conservateur. Même s’il semble n’avoir jamais été appliqué devant les tribunaux, ce texte de loi avait eu une influence dévastatrice, entravant le travail des associations LGBT en pleine épidémie de sida. En 2009, six ans après son abrogation, le conservateur David Cameron l’a qualifié d’«erreur».

    FLICAGE
    Les années Thatcher restent, par ailleurs, celles d’un flicage renforcé de la scène gay – à contre-courant de la situation dans une large part de l’Europe – et de rapports homosexuels interdits avant l’âge de 21 ans. «Pendant son gouvernement, les arrestations et les condamnations pour rapports homosexuels consentis sont montés en flèche, tout comme les passages à tabac, la violence et les meurtres, rappelle le militant gay Peter Tatchell. Les hommes gay étaient diabolisés et servaient de boucs-émissaires. Et Thatcher n’a rien fait pour combattre ces calomnies.»

    Et pourtant, les sujets homos de Sa Majesté auraient pu nourrir des espoirs avec la venue au pouvoir de Margaret Thatcher, en 1979. Douze ans plus tôt, alors jeune députée conservatrice, elle s’était exprimée avec courage en faveur de la décriminalisation de l’homosexualité – et ce contre son propre parti. Celui-là même qui, aujourd’hui, défend le mariage pour tous.

    Issinbayéva taxée d’homophobie: « des paroles mal interprétées »

    Yelena Isinbayeva

    Yéléna Issinbayéva

    La perchiste russe Yéléna Issinbayéva, taxée d’homophobie après avoir soutenu jeudi en anglais la loi russe sanctionnant la propagande de l’homosexualité auprès des enfants mineurs, affirme que ses paroles ont été mal interprétées.

    « L’anglais n’est pas ma langue maternelle, on a mal interprété mes paroles de jeudi. Je voulais dire que les gens doivent respecter les lois du pays où ils se trouvent en visite. Je respecte les autres athlètes et je suis contre toute discrimination homophobe qui est contraire à la Charte olympique », a indiqué vendredi Yéléna Issinbayéva, ambassadrice du Comité international olympique (CIO).

    Yéléna Issinbayéva, qui a décroché jeudi à Moscou son troisième titre mondial au saut à la perche, a exprimé son soutien à la loi russe interdisant la propagande des relations homosexuelles auprès des mineurs lors d’une conférence de presse. Elle a notamment déclaré que les athlètes qui participeront aux Jeux olympiques d’hiver 2014 à Sotchi (Russie) devraient respecter cette loi. Elle a en outre condamné les participants aux Championnats du monde d’athlétisme de Moscou qui avaient peint leurs ongles aux couleurs de l’arc-en-ciel en signe de soutien aux homosexuels.

    La championne d’heptathlon des Jeux du Commonwealth de New Delhi Louise Hazel a appelé vendredi le CIO à priver Isinbayeva de son statut d’ambassadrice des Jeux olympiques de la Jeunesse.

    Ces derniers jours, plusieurs personnalités politiques et culturelles occidentales ont évoqué la possibilité de boycotter les JO 2014 de Sotchi en raison des lois russes interdisant la « propagande de l’homosexualité » auprès des mineurs ainsi que l’adoption d’enfants russes par des couples homosexuels étrangers.

     

  • L’évangile selon « Le Monde »

    « Le Monde » a annoncé son évangile : la Bonne Nouvelle du « Monde », c’est « le camouflet de l’Amérique à Poutine »  : soyez dans la joie, citoyens! Après le knockout de l’intrépide Snowden et de Poutine à l’Amérique de McCain et du « Monde », voilà la tapette donnée par Obama à Poutine : Obama ne s’en remet pas de l’ audace d’un pays qui n’a pas cédé au chantage. « Le Monde », lui, à la différence, par exemple, du « Spiegel » fait tout pour noyer le poisson, « Le Monde » ne sait pas si Manning et Snowden, ces jeunes gens dans la fleur de l’âge qui ont fait des actions  au péril de leur vie, actions qui ont mis la planète en émoi, sont finalement des gens qu’il faut soutenir ou non  :  le grand frère américain veille et risque de couper les vivres. Sur le douteux Navalny, des pages entières pour dénoncer la répression politique dont il serait victime – ce qui ne semble pas être l’avis des gens de Limonov qui se font tabasser par les sbires du « grand blond aux yeux bleus ». « Le Monde » s’est montré lâche,  veule et cul serré dans l’affaire Snowden. Il a évité de mentionner que plus de 150 ONG ont demandé à Obama de ne pas poursuivre Snowden. Dans le chantage éhonté de l’Amérique dans l’affaire Snowden, personne ne s’est indigné d’avoir lu que « Snowden ne serait ni torturé ni condamné à mort », s’il était traduit en justice dans son pays… C’est donc qu’on peut torturer et condamner à mort dans la plus grande démocratie du monde? Le père de Snowden, qui n’est pas cité par  M. Cypel, l’édulcorateur N° 1 de la vie politique américaine (voir sa « couverture » des manifestations d’Occupy Wall Street), ne semble pas penser qu’un jugement équitable attendrait son fils dans son propre pays.

    Evidemment, « Le Monde » reprend son dada sur la Syrie, selon lequel Poutine serait principalement responsable de l’horrible situation actuelle  parce qu’il continue à livrer des armes au gouvernement en place,en respect des contrats passés.Il semble que les grands démocrates amis de l’Amérique, le Qatar et l’Arabie Saoudite ont armé dès le début les rebelles syriens… Il semble que l’Amérique continue à livrer des armes à l’armée égyptienne qui a renversé Mursi et essaie de mater une grande partie de sa population…

    Après l’évangile de la tapette donnée par l’Amérique à Poutine, nous allons avoir l’évangile de « Poutine homophobe » – déjà se dessine une campagne hystérique sur la prétendue répression des homosexuels en Russie. Que la loi votée par la Douma (à la quasi unanimité) et signée par Poutine soit imbécile dans sa formulation ambiguë, cela est évident, mais de là à parler de répression de l’homosexualité dans la Russie d’aujourd’hui, c’est encore une rhétorique inflationniste  dont se gargarisent les spécialistes du « Poutine Bashing », en fait du « Russie Bashing », en première ligne « Le Monde » maccainien!

    La Bonne Nouvelle du « Monde » ce serait le boycott des Jeux olympiques de Sotchi – alors là les Toinettes journalistes du « Monde » seraient non plus dans la joie mais dans la jubilation (on aura noté que le journal, si je ne m’abuse, n’a pas rendu compte des Universiades de Kazan)

    Attendons donc la prochaine campagne hystérique anti-poutine/anti-russe…

     

  • Selon la CEDH, le procès Khodorkovski/Platon Lébédev a connu des dysfonctionnements, mais n’est pas politique

    L’affaire Ioukos n’est pas politique, selon la CEDH

    13:03 25/07/2013
    MOSCOU, 25 juillet – RIA Novosti

    La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a refusé de voir un motif politique dans les condamnations portées contre l’ex-PDG du groupe pétrolier russe Ioukos Mikhaïl Khodorkovsk et son associé Platon Lebedev, qui purgent leur peine en Sibérie.

    Dans son jugement rendu public jeudi, la justice de Strasbourg a qualifié de « fondées » les poursuites engagées à l’encontre des deux entrepreneurs, tout en jugeant « inéquitable » le procès lui-même.

    La décision de transférer les détenus dans des colonies pénitentiaires éloignées, a, quant à elle, été reconnue par la CEDH comme une violation des droits des deux hommes d’affaires.

    Mikhaïl Khodorkovski et son associé Platon Lebedev ont été arrêtés en 2003 et condamnés en 2005 à huit ans de prison ferme pour évasion fiscale. En décembre 2010, à l’issue d’un second procès intenté pour détournement de pétrole et blanchiment d’argent, cette peine a été portée à 14 ans. Le 24 mai 2011, après avoir examiné l’appel interjeté par les avocats des intéressés, la Cour municipale de Moscou l’a réduite à 13 ans.

    M.Khodorkovski a saisi la CEDH en 2006, un an après M.Lebedev.

    De nombreux responsables politiques et analystes occidentaux considèrent que les procès contre MM Khodorkovski et Lebedev sont politiquement motivés, mais les autorités russes rejettent ces affirmations.

    Amnesty International a reconnu en 2011 MM.Khodorkovski et Lebedev prisonniers de conscience après leur condamnation pour de nouveaux chefs d’accusation

    НОВОСТЬ ЧАСА

    ЕСПЧ обязал выплатить Ходорковскому €10 тысяч

    Европейский суд по правам человека обязал Россию выплатить бывшему гендиректору ЮКОСа Михаилу Ходорковскому €10 тыс. Об этом говорится в решении суда, опубликованномна его сайте.

    Ранее ЕСПЧ признал нарушением прав Ходорковского то, что с него взыскали крупную компенсацию по первому из его дел.

    Кроме того, суд решил, что на адвокатов Ходорковского оказывали давление, чтобы помешать им подать жалобу в ЕСПЧ. Суд также счел, что права другого фигуранта «дела ЮКОСа», экс-главы МФО «Менатеп» Платона Лебедева, были нарушены во время пребывания в СИЗО. ЕСПЧ увидел нарушение прав человека и в этапировании осужденных в отдаленные колонии, что затруднило им общение с родственниками.

    ЕСПЧ, однако, не согласился с осужденными в том, что их уголовное преследование имеет политический мотив.

    Помимо этого Ходорковский и Лебедев жаловались на нарушение их прав по ряду статей Европейской конвенции о правах человека. В частности, они заявляли о нарушении статьи 6 «Право на справедливое судебное разбирательство» и статьи 8 «Право на уважение частной и семейной жизни».

    «Газета.Ru»

     

     

    Алексеева назвала трусливым решение ЕСПЧ по Ходорковскому

    Глава Московской Хельсинкской группы Людмила Алексеева недовольна решением Европейского суда по правам человека в Страсбурге по жалобе экс-главы ЮКОСа Михаила Ходорковского.

    «Решение не только мягкое, но и трусливое. Если они не усмотрели политической составляющей в этом процессе, то у них что-то со зрением», — приводит слова Алексеевой«Интерфакс».

    ЕСПЧ в среду опубликовал решение по жалобе фигурантов дела ЮКОСа. Суд не нашел политической мотивации в уголовном преследовании Михаила Ходорковского и Платона Лебедева, но обязал Россию выплатить Ходорковскому €10 тыс., признав нарушением прав взыскание крупной компенсацию по первому из его дел.

    «Газета.Ru»

     

  • Après l’infâme éditorial appelant à boycotter la Russie – mes précédentes philippiques sur la désinformation du « Monde » sur la Russie

    7 janvier 2011

    Voici que maintenant M. Alain Frachon se met dans le ton des Toinettes du Monde qui n’ont cessé toute l’année passée de dénigrer la Russie, sous le couvert de la dénonciation du malfaisant Poutine : Toinette I Jégo – spécialiste des faits-divers; Toinette II Nougayrède, grande admiratrice du bouillant Saakachvili, qui ne cesse de vouloir nous démontrer que la Russie n’est pas une grande puissance; Toinette III Kaufmann qui fait une fixation sur Poutine – auteur des attentats terroristes de Moscou, des incendies de la forêt russe et de la condamnation de Khodorkovski (ce ne sont que quelques perles ici nommées, mais on pourrait multiplier les imputations de malfaisance du premier-ministre qui prétendument est le vrai omnipotent et maléfique dirigeant du continent russe alors que le président Medvédev n’est qu’un pâle fantoche…). Voici qu’Alain Frachon, que l’on connaissait pour plus d’intelligence de la politique internationale, répète les mêmes arguments en défense de Khodorkovski et de Platon Lébédev (il nomme au moins ce dernier, alors que Toinette III Kaufmann, à la traîne d’une certaine mobilisation internationale, n’a d’yeux que pour Khodorkovski et ignore superbement son compagnon de misère) . Alain Frachon a trouvé une formule géniale, celle d’ « escroquerie légale »!!! J’ai personnellement plutôt de la sympathie pour Khodorkovski, mais sa stratégie de défense et celle de ses avocats qui consiste à en faire un opposant politique à Poutine et, par là-même, à ameuter l’opinion publique internationale, est une stratégie typiquement soviétique, mais qui se justifiait alors, car l’Union Soviétique était totalement verrouillée, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui de la « Russie de Poutine »,  quoiqu’en aient les Toinettes du « Monde »: Khodorkovski multiplie les interviews, donne  sa philosophie socio-politique, publie des articles incendiaires contre Poutine dans la presse de son pays- c’est le vice qui se pare du masque de la vertu. En faire un danger politique pour Poutine est particulièrement risible, étant donné la popularité constante de Poutine  dans le pays  (entre 60 et  70%); le financement de partis politiques, de toutes sortes d’établissements culturels etc. est une façon pour les oligarques de faire oublier leur argent mal acquis. Faire de Khodorkovski une victime politique et en appeler au monde entier, le fait prisonnier du personnage ainsi créé, l’enfonce dans son entêtement et ne peut pas être payante, car aucune justice d’aucun pays ne saurait  se plier à des exigences extérieures sans se désavouer. « Le Monde » aime les délinquants de marque quand ils sont dans « la  Russie de Poutine », mais que n’a-t-on lu chez nous, par exemple,sur Tapie dans ce journal – là les arguments des avocats étaient superbement ignorés. Alain Frachon parle de la nostalgie soviétique de Poutine, s’appuyant sur quelques faits ou dits, omettant, évidemment, tous les actes qui contredisent cela, par exemple, la rencontre récente de Poutine et de Mme Soljénitsyne, à la suite de laquelle Poutine a fait mettre  au programme de toutes les écoles russes une version raccourcie de « L’Archipel Goulag » , réalisée par Natalia Dmitrievna (à ces choses-là Toinette  I Jégo ne s’intéresse pas). En revanche, plus inquiétante est l’idéologie des national-bolchéviques de l’écrivain Limonov, membre éminent de L’ opposition : le brassard des national-bolchéviques blanc-noir-rouge est la faucille et le marteau entrelacés en forme de swastika…Bien entendu, Alain Frachon répète, hors contexte, une seule formule de la réponse de Poutine à une question sur Khodorkovski, formule qui s’appliquait à la première condamnation de l’oligarque, mais M. Frachon se garde bien de communiquer une autre information  donnée par Poutine dans cette interview, à savoir que le chef du service de sécurité de « Ioukos » était en prison pour trois crimes odieux, perpétrés à l’égard de personnes qui gênaient l’activité du groupe de Khodorkovski et de Platon Lébédev…
    Si Alain Frachon s’appuie sur les analyses hystérisantes de Marie Mandras (l’émule de cette dernière était jadis au « Figaro » Laure Mandeville qui suintait également la haine de la Russie), on comprend qu’il y ait un déséquilibre dans le regard sur la Russie qui est univoquement à charge, avec la répétition ad nauseam des mêmes arguments d’article en article.
    La prochaine charge anti-russe, via Poutine, sans doute Glucksmann qui a osé dans les colonnes du « journal de référence » comparer Khodorkovski au martyr de la liberté Sakharov!!!

     

    11 janvier 2011

    Début du message réexpédié :

     

    De : « COURRIER-DES-LECTEURS » <courrier-des-lecteurs@lemonde.fr>
    Date : 14 janvier 2011 16:54:51 HNEC
    À : « JeanClaude » <jc.marcade@wanadoo.fr>
    Objet : RE: Pauvre CNRS! Pauvre « Monde »!
    Cher lecteur,
    Votre courrier m’est bien parvenu. J’ai pris bonne note de vos réflexions.
    En vous remerciant, je vous prie de croire en l’expression de mes sincères salutations.
    Véronique Maurus
    Médiatrice
    —–Message d’origine—–
    Envoyé : mardi 11 janvier 2011 18:45
    À : COURRIER-DES-LECTEURS
    Objet : Pauvre CNRS! Pauvre « Monde »!
    Mme Mandras est chercheuse au CNRS, nous dit-elle comme premier titre. Il semblerait que l’appartenance au CNRS devrait montrer des qualités de rigueur et d’honnêteté intellectuelle qui ne sont pas obligatoirement celles des journalistes ou des politiques, qui aiment les demi-vérités, les citations hors contexte, les raccourcis accrocheurs etc. pour mieux accabler leur adversaire et faire du papier intéressant. L’adversaire de Mandras, c’est, bien entendu, « la Russie de Poutine », mais, un pas de plus dans le dénigrement systématique de la situation socio-politique dans la Fédération de Russie,  c’est aussi « la Russie de  Medvédev » , leque ne se révèle pas à la hauteur des espérances des politologues genre Mandras et consort.
    La chercheuse au CNRS, au mépris de toute éthique scientifique, prétend que Poutine « a laissé entendre que Mikhaïl Khodorkovski était impliqué dans des meurtres », oubliant de dire que le chef de la sécurité de Khodorkovski pour « Ioukos » a été condamné pour trois meurtres de personnalités qui gênaient l’entreprise – évidemment, les maîtres de « Ioukos » n’en savaient rien…Les « quelques médias encore critiques » ne se résument pas à ceux que nomment Mandras, mais l’article de Khodorkovski contre Poutine a été publié par « Niézavissimaya gaziéta », les articles de Kostikov dans « Argoumenty i fakty », hebdomadaire mi-sérieux-mi-people, dénoncent constamment les plaies de la Russie et la carence du pouvoir, même le « Moskovski komsomolets » a publié des voeux du Nouvel An avec un article incendiaire contre le verdict du procès Khodorkovski- Lébédev en accusant directement Poutine. Il est faux d’affirmer que la chose écrite est censurée en Russie, on publie tout et, hélas, n’importe quoi, sans le moindre souci déontologique. Quant à la télévision, il y a des embryons de débats contradictoires (par exemple avec Vladimir Pozner), mais évidemment rien de semblable à ce que nous connaissons en Occident, à cause, selon moi,  de l »autocensure, plus que d’une véritable censure d’en-haut; rappelons- nous seulement d’où vient la Russie libérée du joug communiste…  
    Les contorsions filandreuses, sans le moindre fait vérifié ou précis, avec la mise en avant de rumeurs, l’interprétation fémino- psychologiste des raisons qui n’apparaissent pas, mais que l’on devine, doivent montrer « l’absence de légimité démocratique » de Medevédev. La grande politologue oublie que le politologues de son espèce avaient prédit que Poutine changerait la Constitution en sa faveur, ils nous avaient dit que Loujkov était un ami de Poutine, il semble maintenant que c’est Sobianine…
    Faut-il être au CNRS pour être trafiquer les faits, pour rester dans  
    le flou   dans les accusations concernant l’appropriation par Poutine  
    de tous les pouvoirs, en se contentant d’asséner des condamnations sans donner des faits précis, alors que cet article mal construit et chaotique avait largement l’espace pour informer le lecteur de l’affaiblissement des institutions publiques.
    Pauvre CNRS qui donne un label à la politologue tendancieuse Mandras.  
    La collègue de vrais scientifiques du CNRS comme Marie-Hélène Mandrillon ou Nicolas Werth!
    jean-claude marcadé
    directeur de recherche émérite au CNRS

    16 septembre 2011

    J’avais noté avec satisfaction que, pour la première fois dans « Le Monde », au mois d’août, il y avait eu des reportages bienveillants sur la Russie au-delà des capitales – il s’agissait d’un journaliste suisse qui ne tombait pas dans l’hagiographie mais jetait un regard sympathique sur la vie russe. je me suis dit : avec la nouvelle direction, il y aura peut-être une information sur la Russie qui ne soit pas unilatéralement négative! Las! Les vieux démons antirusses sont bien toujours là. Le papier de Mme Kaufmann montre de façon flagrante la façon dont « Le Monde » présente à satiété la situation de ce grand et vieux pays qui a donné et donne au monde des exemples de haute spiritualité, de sublimes incarnations de la condition humaine sous toutes ses formes, de nouvelles formes artistiques qui imprégnent encore les arts du monde. Et voilà que, tels le roquet de la fable de Krylov, « Le Monde » continue à regarder de haut, avec la condescendance des bonnes consciences européennes et anglo-saxonnes, cet immense territoire eurasien,  multiethnique comme aucun, multinational comme aucun, multiculturel comme aucun, résumant sa vision au « cynique » (?) Poutine et à sa prétendue « marionnette » Medvédev (dont on aurait  fêté l’anniversaire comme en Corée du Nord (sic!!!),  à des anecdotes sur les pattes d’oie de Medvédev ou au possible lifting de Poutine (sic!!!), à des faits-divers ou à des affaires criminelles montées en épingle, comme si la Russie avait le monopole des faits-divers, des affaires criminelles et de la corruption.
    Mais ce qui est choquant dans le « décryptage » de Mme Kaufmann, c’est qu’il révèle la méthode journalistique du « Monde » :
    1)on ne donne pas d’abord une information vérifiée aux lecteurs, on lui assène un commentaire, évidemment à  charge, de faits qui n’ont jamais été présentés auparavant, prenant le lecteur pour un demeuré, incapable de se faire une opinion à partir d’informations factuelles objectives. Ainsi, la tragédie de la mort dans un accident d’avion de toute l’équipe de hockey sur glace de Yaroslavl « Locomotive » (plus de quarante personnes!) n’a jamais fait l’objet auparavant de la moindre mention, comme ne l’ont pas mentionnée les télévisions publiques (il fallait aller sur Euronews ou Russia Today pour être au courant et voir que Medvédev, comme Poutine, ont manifesté leur compassion active auprès des familles des victimes, contrairement à ce qu’affirme Mme Kaufmann, qui ne répugne pas à mettre en face de la prétendue réaction froide de Medvédev, l’attitude qu’aurait eu  notre Bonimenteur national à la compassion hautement médiatisée!);
    2) heureusement que la Russie n’a plus un visage monolithique et prévisible (on sent dans « Le Monde » un non-dit récurrent, ah! au moins avec l’URSS on savait à quoi s’en tenir!); elle est une démocratie qui se construit avec ses valeurs séculaires et la prise en compte des changements dans le monde, qui est en marche, avec des problèmes de taille, dans tous les domaines, légués par l’URSS, et elle ne s’en sort pas si mal – si l’on en juge par son redressement après la faillite financière de 1998 – le lecteur du « Monde » sait-il à combien monte la dette de la Russie, quel est son chômage, quelles sont ses performances dans le domaine industriel? Non, mais il sait que Medvédev a vieilli physiquement…Le journal de référence aime se pipoliser…
    3) pour donner plus de poids à leur vision négative de la Russie, les journalistes du monde trouvent toujours un « spécialiste », baptisé d’ « autorité fine et subtile » qui confirme la grille de lecture, mais, évidemment, on trouverait un autre « spécialiste » aussi fin et subtil qui prônerait une analyse différente – le pro et le contra est inconnu au « Monde »;
    4) Dans le domaine culturel, on note la même consigne concernant la Russie – service minimum-minimum. La palme doit être donnée à M. Mandelbaum et à son compte-rendu de la Biennale de Venise – un morceau d’anthologie – où celui qui, naguère, traitait Sokourov de « russophile », s’est ingénié de ne faire que la mention minimale de la palme d’or attribuée au « Faust » de ce même Sokourov, sans dire un mot de l’oeuvre, mais en s’étendant sur d’autres films – un monument de casuistique jésuite. Sokourov est un des plus grands cinéastes du monde, qu’il soir Russe, qu’il aime la Russie – tant mieux, mais son oeuvre considérable montre qu’il est un génie universel.
    jean-claude marcadé

     

    26 novembre 2011

    Après la prosopopée du Monologue…de Vladimir, voici une nouvelle facette de Nougayrède journaliste-écrivaine, mais n’est pas Agrippa d’Aubigné qui veut…Je ne parlerai pas ici du sinistre Bachar El-Assad que l’on a mis du temps à comprendre, alors qu’il était bien le successeur de son déjà sinistre père. Mais pour Nougayrède écrivaine, ce n’est pas El Assad qui l’intéresse, c’est Poutine sur lequel, ainsi que son confident Glücksmann, elle fait une fixation maniaque, au point de compulsivement accumuler  et répéter ad nauseam toutes les horreurs commises par ce nouveau fléau de Dieu qui ne se contente pas de semer le malheur dans son pays, mais l’exporte. Après le « Prix McCain » pour son Monologue, Nougayrède se voit attribuer le « Prix Mitt Romney » pour son exercice littéraire « Vladimir et Bachar ».  Elle pénètre dans l’âme de Poutine, elle sait, par exemple, qu’il n’en revenait pas d’avoir été appelé par Eltsine pour le remplacer (sic!). Quelle intuition! Quelle plongée dans le tréfonds des êtres! Ainsi, Poutine a fait naître un nouveau type de journaliste, le journaliste-activiste qui ne vérifie pas les sources, mais répète les rumeurs répandues soit par les services secrets anglo-saxons, soit par les activistes russes, soit par les blogs d’internet (Jégo est également championne en ce domaine – voir son information sur la contestation autour de la mairie d’Astrakhan, ou bien son intérêt soudain pour le parti « Juste Russie »  dont elle n’a jamais parlé, car il  n’était compté pour rien, comme les autres partis enregistrés de l’opposition, prétendument  alliés objectifs de Poutine…). Nougayrède n’a que faire de la vérité des choses, elle ne s’intéresse qu’à ce qui peut noircir l’image de Poutine et, partant, de la Russie. Car, la nouvelle production de Nougayrède le montre, Poutine n’est qu’un prétexte pour, en fait, montrer une Russie sans foi ni loi, à qui on ne peut pas faire confiance et, surtout, qui ne peut prétendre à être une grande puissance. Bien entendu, pour Nougayrède il n’y a pas de terrorisme en Russie, il n’y a de terrorisme que celui dirigé contre les bons Européens et alliés. Bien entendu, le terrorisme contre la Russie est provoqué par Poutine et sa politique. C’est ainsi que l’horrible tragédie de Beslan avec la mort de centaines d’enfants a aussitôt été désamorcée en disant que c’était la faute de la politique de Poutine et de la façon dont avait été réglée la prise d’otage.
    Que la Russie ait des intérêts au Moyen-Orient, en Syrie, en quoi cela est-il mal en soi? Les Etats-Unis qui ont causé le désastre de l’Irak et de l’Afghanistan, la France et la Grande-Bretagne, celui de la Libye, sont des philanthropes qui ne pensent pas à leurs intérêts? En tout cas, la Russie et la Chine ont eu raison dans le cas de la Syrie de ne pas choisir de camp dans la guerre civile, mais de demander, dès le début, une médiation diplomatique entre les parties. La France de Sarkozy-Juppé, elle, s’est empressée de façon irresponsable de soutenir, pas seulement moralement, des insurgés disparates, de susciter un Conseil anti-ElAssad qui ne représente pas du tout l’ensemble des opposants,  leur a fait miroiter le départ d’El Assad comme solution,  a favorisé leur armement, et par là-même n’a fait qu’accentuer la terrible répression. Et pour justifier notre politique irresponsable, on a diffusé à profusion des images d’horreurs commises par l’armée de Bachar El-Assad, sans qu’on puisse vérifier l’authenticité de ces images. Après Timisaora (c’est loin- c’est vrai!), les media devraient  ne pas se faire les transmetteurs de montages éventuels.
    jean-claude marcadé

     

     

     

     

    30 mai 2011

    —-Message d’origine—–
    Envoyé : lundi 30 mai 2011 00:07
    À : COURRIER-DES-LECTEURS
    Objet : la désinformation du Monde sur la Russie
    Le Monde continue à présenter la Russie uniquement sous ses aspects négatifs, parlant de ce grand pays avec désinvolture et constamment à charge. Mme Jégo, la spécialiste des faits-divers, s’intéresse aux blogs d’internet, c’est là sans doute qu’elle puise la majorité de l’information qu’elle nous livre. Il se trouve que j’étais en Russie lorsque Medvédev a tenu sa conférence de presse de plus de deux heures à Skolkovo (est-ce que le lecteur du Monde sait ce que cela veut dire de parler à partir de Skolkovo?); Mme Jégo affirme que le discours de Medvédev était ennuyeux et qu’il n’aurait rien dit!!! Mme jégo n’a sans doute pas écouté ce dialogue de Medvédev avec les jouranlistes et elle ne fait qu’amplifier de façon subjective ce qui a été écrit par la presse russe critique à l’égard du pouvoir (mai oui, cela existe, malgré ce qui se répète ad nauseam sur le prétendu verrouillage des media…), à savoir qu’elle a été déçue par le fait que Medvédev n’a pas « révélé »
    s’il se présentait à l’élection présidentielle ou n’a pas marqué une différence sensible avec Poutine. Donc pas d’ « intriga » , selon l’expression russe, ou, pour le journalisme à la Jégo, rien de croustillant à se mettre sous la dent, pas de vannes à la Poutine ou à la Sarkozy-Hortefeux-Guéant. Donc la conférence de Medevédev était barbante – voilà qui est dit, et sur le contenu des propos de Medvédev – niente. Or ces propos, concernant plusieurs problèmes importants de l’actualité, étaient des propos d’un homme d’Etat qui est aussi  un honnête homme, au sens français de ce terme.
    Apparemment, cela n’intéresse pas le journalisme à la Jégo. Et voilà que Jégo fait un duo avec Nougayrède, la fervente admiratrice du bouillant Achille géorgien, laquelle, bien entendu, n’a jamais entretenu les lecteurs du Monde  de la forte opposition qui se fait régulièrement tabasser depuis des mois,  jusqu’à ce qu’il y ait mort d’hommes ces derniers jours; sans doute va-t-on nous servir la fable que c’est Poutine qui attise l’opposition géorgienne, comme l’affirme le psychologiquement peu équilibré bouillant Achille. Le tandem Jégo-Nougayrède présente un tableau apocalyptique de la situation dans le Caucase russe, gonflant les chiffres, enflant le vocabulaire (la « terreur » en Tchetchénie), oubliant tout simplement que le terrorisme est à l’oeuvre dans ces régions et que la lutte contre le terrorisme ne se résout pas avec des palabres journalistiques. Il est vrai que le journalisme à la Jégo- Nougayrède aime les terroristes anti-russes (ou, ailleurs, anti- slaves). En tout cas, le numéro de duettistes Jégo-Nougayrède est navrant et, pire, une mauvaise action.
    jean-claude marcadé

    20 février 2012

    Je commence ce memento  sur toutes les contre-vérités déversées à longueur de mois sur la Russie dans « Le Monde »

     

    1)De façon générale, l’information sur la Russie dans « Le Monde », est faussée à la base puisque le commentaire précède l’information, ou bien l’information donnée n’est sélectionnée que pour s’accompagner d’une exégèse négative,  ce qui est une façon vicieuse de faire du journalisme ; on ne sait rien de précis sur l’ opposition , sur « les partis du système » (par exemple, sur Mironov qui est d’une virulence sans précédent à l’égard du tandem Medvédev-Poutine), sur les programmes, sur les orientations de droite, de gauche, du centre, même sur les candidats à la présidentielle (Prokhorov a été éléminé du débat de Jégo en étant désigné comme une créature du Kremlin…)-  tout cela est noyé dans une information chaotique, verbeuse et creuse,  qui ne se manifeste que pour ne relever que les moments négatifs de la vie politique, intellectuelle, sociale de la Russie.

     

    2)Medvédev est, prétendument,  absent de la vie politique pendant les premiers mois de 2012 : Medvédev n’a cessé jusqu’à la veille de la fin de son mandat de prendre des décisions importantes pour l’Etat, de participer à de nombreux congrès, de recevoir les opposants – son Twitter à la mi-février comporte plus d’un million de correspondants… Certes, il est absent de la visée de Jégo, mais pas de celle des Russes.

     

    3) Russia Today serait une télévision de la guerre froide : c’est vraiment s bol’noy golovy na zdorovuyu [lancé d’une tête malade sur une tête saine] – « Le Monde », et tout particuliérement Jégo, ne cesse à longueur de mois de ne présenter qu’une image totalement négative de la Russie – je ne me souviens plus d’un article du « Monde » où la Russie soit présentée de façon  favorable – s’il y a bien des media, dignes de la guerre froide, ce sont les media occidentaux et, bien entendu, « Le Monde », à la traîne des argumentations américaines, quelquefois les plus réactionnaires ; je regarde Russia Today tous les jours et je suis frappé par le grand professionnalisme des journalistes et des experts qu’ils interviewent, visiblement pas les mêmes, dans beaucoup de cas, que ceux que sélectionne et cite Jégo ; cette chaîne est plus proche du sérieux de la BBC ou d’Euronews que des télés françaises qui, sur la politique étrangère reflètent passivement les positions officielles franco-américano–otanesques ; évidemment, Russia Today est une télé officielle russe et il faut faire la part de ses éclairages et de sa tendance à focaliser l’information sur les faits négatifs aux Etats-Unis, qui sont cependant documentés, alors que dans la presse européenne, qui joue les perroquets de l’Amérique, ces faits sont sciemment occultés ; cela dit, on ne voit presque jamais Medvédev et Poutine sur Russia Today, alors que chez nous, c’est un festival de Sarkozy (et aujourd’hui de Hollande) ; en outre, je ne vois aucun des media français qui ne reflète pas massivement, sans la moindre critique ou mise en doute, la position officielle de la France dans sa politique étrangère et ses guerres… Vraiment, s bol’noy golovy na zdorovuyu…

    4) Mme Jégo, la spécialiste des faits divers, occulte sciemment certains d’entre eux qui ne correspondent pas à sa grille de lecture aprioriste ; ainsi, alors qu’elle a fait une publicité disproportionnée (presque toute une page !) à un photomontage (spécialité russe !), qui  montre le chéri de ces dames, Navalny (le « grand blond aux yeux bleus » de Mme Kaufmann !!!), en compagnie de Poutine et autres, afin de le compromettre, elle se garde bien de faire un sort au montage d’une lettre apocryphe qu’aurait écrite ce même Navalny, présentée comme authentique par « Radio Liberté », le medium contrôlé depuis toujours par la CIA (il a fallu la protestation du « patriote russe » pour dénoncer cette manipulation). Mme Jégo ne signale non plus jamais les diffusions de fausses images de violences en Russie par les télés américaines…

    5) Il faudra faire un jour une analyse du lexique utilisé par « Le Monde » pour tout ce qui concerne la Russie d’aujourd’hui – selon moi, on ne trouve que des dépréciatifs…

    (À suivre…)

    jean-claude marcadé

     

    11 mars 2012

    Le compte-rendu par Mme Kaufmann de la rencontre de Poutine avec un choix de journalistes internationaux est le premier article du « Monde », depuis au moins quatre ans, qui ne caricature pas les propos d’un officiel russe et donne une information avant le commentaire – à chacun de se faire une idée, selon ses convictions et l’on peut lire entre les lignes de Mme Kaufmann une subtile ironie et scepticisme (c’est son droit). Mme Kaufmann a « récidivé » (je me mets à parler comme Jégo) en faisant une première analyse de la réélection mouvementée de Poutine. Là aussi, selon moi, le propos prend de la hauteur et est équilibré, même si je ne suis pas d’accord avec certains présupposés. Le plus important désaccord, c’est de ne pas voir que Poutine et Medvédev sont des alliés et des amis ; il est évident qu’ils ont chacun un style différent vu leurs origines intellectuelles et la différence d’âge, mais malgré les efforts des journalistes pour essayer de trouver une faille dans leur accord sur l’essentiel, il est clair que les deux marchent à l’unisson dans la même direction. Sans chercher à faire de la psychologie psychanalytique à bon marché, selon moi, il s’agit d’une amitié virile, chose qui, évidemment, est rare en politique et provoque le scepticisme des Occidentaux qui ne sont pas habitués à une telle constellation et, dans leur judéo-christianisme augustinien traditionnel, ne voient dans toutes les actions politiques que motivations impures et louches ( il y a évidemment trop de faits avérés au cours de l’histoire pour ne pas être entraînés à une telle méfiance). Cependant, encore une fois, la Russie, ce n’est pas l’URSS, et ce n’est pas non plus l’Occident, elle n’a pas connu la Renaissance et son hybridité christo-païenne (Berdiaev). L’élimination par les journalistes de Medvédev du processus  de modernisation de la Russie dans tous les domaines, en en faisant une marionnette de Poutine (style purement soviétique), ce que Jégo ose traduire par poupée de chiffons (qu’est-ce que ce journalisme de caniveau ?) fausse toute analyse et cède à la facilité du « bouc émissaire » (voir René Girard). Une seconde chose qui m’inquiète dans le bilan postélection de Mme Kaufmann, c’est la référence, comme à une autorité experte, à Mme Mendras. J’ai écouté toute la matinée consacrée par France-Inter à l’élection présidentielle russe qui  balancé le pour et le contre; las! tout cela s’est terminé par l’intervention depuis la Russie de  l’experte du CNRS (pauvre CNRS !), Mendras, qui a donné un tableau apocalyptique de l’avenir de la Russie sous Poutine, car c’est le FSB qui commande tout en Russie, que Poutine n’en est que la créature, que rien ne se fera en Russie  sans la bénédiction de l’ex-KGB et que même s’il y a de bonnes réformes, c’est qu’elle auront été autorisées par ce dernier et que donc elles ne seront pas à mettre au crédit du tandem Poutine-Medvédev… Propagande évidente des services secrets anglo-saxons… Et l’on dit que c’est Poutine qui est pour la théorie du complot !

    Comme, en face de ces articles qui se retiennent de toute malveillance trop évidente à l’égard de « la Russie de Poutine », sont publiés des avalanches d’articles  qui accumulent les faits négatifs, font des amalgames, enflent les chiffres, occultent les faits qui ne correspondent pas à une lecture a priori de la situation russe actuelle et ne représentent que les arguments des oppositions les plus disparates, je dois continuer mon memento sur les contre-vérités déversées presque chaque jour par Mme Jégo et maintenant par M. Smolar qui nous a livré un article verbeux, sans hiérarchie, inintelligible sur « l’autre journalisme », lançant à la figure des lecteurs des noms de journaux ou de media  où même le diable, qui est, comme on dit, dans les détails, ne s’y reconnaîtrait pas. M. Smolar s’est rallié au type de journalistes, suscité par « la Russie de Poutine », le journaliste activiste. M. Smolar continue, par ailleurs,  à transcrire les toponymes et les noms ukrainiens à la russe, comme si l’Ukraine était encore une province de la Russie…Il ne faut pas s’en étonner, puisqu’un écrivain russe expatrié à Berlin (j’ai oublié son nom, car je n’ai lu aucune œuvre de lui) commence un article très subjectif (c’est le droit d’un artiste) par une citation des « Ames mortes » de l’Ukrainien russophone Gogol, considéré comme russe par excellence !!! Mais au XIXe siècle, certains critiques ont pu trouver que Gogol n’était pas russe et qu’il avait dans les « Ames mortes » calomnié la Russie…

     

    6)     Du lexique totalement déviant : – « un pays gangrené par l’autocratie » (Poutine en Pierre Ier, Nicolas Ier, ou Alexandre III – quelle justesse d’analyse !) ; – les mercenaires des manifestations propoutines ( au moins 100.000  Suisses russes – quelle infrastructure !), opposés aux braves manifestants volontaires antipoutines (quand certains sont soutenus de toutes les façons possibles par la CIA et consorts !) – la jeunesse et la créativité seraient du côté des antipoutines (voir, entre autres, la sociologie des manifestants communistes !) et les beaufs, les croulants et les vénaux seraient les partisans de Poutine (Pourquoi Jégo ne nous a pas donné la liste des intellectuels et des acteurs de la vie artistique russe  qui soutiennent Poutine – entre 150 et 200 signatures officielles ?); « la corruption véritable pilier du système » ; « les ‘hommes en épaulette’ tirent les ficelles de l ‘économie » (quelle finesse de l’analyse du développement économique de la Russie qui se prépare à supplanter la France dans sa place internationale); Poutine fait peur au peuple en disant que la Russie est assiégée et victime d’un complot international (c’est le modèle du commentaire interprétatif malveillant qui remplace l’information : Poutine a dit que la Russie ne tolérerait pas les ingérences étrangères dans la politique du pays et il avait quelques raisons de parler d’une ingérence existante : les missiles prétendument dirigés contre l’Iran aux portes de la Russie, le financement avéré d’organisations non gouvernementales et de certains membres de l’opposition, les déclarations intempestives de Mme Clinton (qui depuis s’est rattrapée en déclarant que les élections présidentielles avaient eu un vainqueur net, ce qui a provoqué l’ire de l’opposition professionnelle ex-soviétique traditionnelle); le fait que les anciens pays satellites de l’URSS, aux frontières de la Russie, ne la portent pas dans leur cœur (et ils ont des raisons !), restaurent leur passé nazi (ce qui est une honte), multiplient les signes inamicaux et favorisent les ingérences étrangères, hostiles à leur grand voisin, etc.etc. – Le Mexique a annulé l’année mexicaine à cause de l’ingérence de Sarkozy dans l’affaire de notre compatriote condamnée dans ce pays – je trouve que la Russie est bien bonne d’accepter les ingérences perpétuelles dans ses décisions de justice ou autre : la Russie d’aujourd’hui n’est pas l’URSS – c’est là que gît le principal défaut de la majorité des analyses. Et s’il y a des fautes, des erreurs et des défauts dans le système judiciaire qu’il est urgent de corriger, cela ne permet pas de jeter le doute, pour des raisons politiques et idéologiques, sur toutes les décisions prises par la justice russe et, partant, sur la réalité des crimes (l’affaire Khodorkovski est un cas d’école).

    7)     Répétitions de perroquet : Khodorkovski faisait ou menaçait de faire de l’ombre à Poutine (quand on sait que ce type de candidature ne fait pas dans la population plus de 3-4 %); Gorbatchov, cité comme autorité politique (en France, en Occident de façon générale, mais pas en Russie où il n’a jamais représenté tout au plus qu’ 1% de partisans); Poutine ex tantôt sous-officier (sic !), tantôt colonel,  tantôt lieutenant-colonel, tantôt agent du KGB dans presque chaque article de Jégo, mais jamais le fils-Bush, qui a causé plus de dégâts monstrueux et  irréparables dans le monde que Poutine en tant que président et premier ministre, n’a jamais été appelé « fils d’un chef de la CIA » et l’on sait que la CIA continue à jouer un rôle néfaste (c’est un euphémisme) dans le monde entier (pour une petit aperçu de ce rôle dans la guerre contre l’Irak, voir le magnifique film de Roman Polanski « The Ghost Writer »).

    La comparaison de Poutine avec Brejnev, au seul vu de la longévité de leur présence au pouvoir, est grotesque. Que l’on se souvienne du cadavre vivant qu’était devenu le cacochyme Brejvnev, ce Brejnev que Giscard avait reçu en grande pompe au début de son mandat.  Mais pour Mme Jégo, Poutine ou son système sont moribonds… Non seulement Mme Jégo est une activiste antipoutine, mais encore une visionnaire de la géopolitique russe à venir !

    (À suivre)

    jean-claude marcadé

     

    14 avril 2012

    Après la prosopopée du Monologue…de Vladimir, voici une nouvelle facette de Nougayrède journaliste-écrivaine, mais n’est pas Agrippa d’Aubigné qui veut…Je ne parlerai pas ici du sinistre Bachar El-Assad que l’on a mis du temps à comprendre, alors qu’il était bien le successeur de son déjà sinistre père. Mais pour Nougayrède écrivaine, ce n’est pas El Assad qui l’intéresse, c’est Poutine sur lequel, ainsi que son confident Glücksmann, elle fait une fixation maniaque, au point de compulsivement accumuler  et répéter ad nauseam toutes les horreurs commises par ce nouveau fléau de Dieu qui ne se contente pas de semer le malheur dans son pays, mais l’exporte. Après le « Prix McCain » pour son Monologue, Nougayrède se voit attribuer le « Prix Mitt Romney » pour son exercice littéraire « Vladimir et Bachar ».  Elle pénètre dans l’âme de Poutine, elle sait, par exemple, qu’il n’en revenait pas d’avoir été appelé par Eltsine pour le remplacer (sic!). Quelle intuition! Quelle plongée dans le tréfonds des êtres! Ainsi, Poutine a fait naître un nouveau type de journaliste, le journaliste-activiste qui ne vérifie pas les sources, mais répète les rumeurs répandues soit par les services secrets anglo-saxons, soit par les activistes russes, soit par les blogs d’internet (Jégo est également championne en ce domaine – voir son information sur la contestation autour de la mairie d’Astrakhan, ou bien son intérêt soudain pour le parti « Juste Russie »  dont elle n’a jamais parlé, car il  n’était compté pour rien, comme les autres partis enregistrés de l’opposition, prétendument  alliés objectifs de Poutine…). Nougayrède n’a que faire de la vérité des choses, elle ne s’intéresse qu’à ce qui peut noircir l’image de Poutine et, partant, de la Russie. Car, la nouvelle production de Nougayrède le montre, Poutine n’est qu’un prétexte pour, en fait, montrer une Russie sans foi ni loi, à qui on ne peut pas faire confiance et, surtout, qui ne peut prétendre à être une grande puissance. Bien entendu, pour Nougayrède il n’y a pas de terrorisme en Russie, il n’y a de terrorisme que celui dirigé contre les bons Européens et alliés. Bien entendu, le terrorisme contre la Russie est provoqué par Poutine et sa politique. C’est ainsi que l’horrible tragédie de Beslan avec la mort de centaines d’enfants a aussitôt été désamorcée en disant que c’était la faute de la politique de Poutine et de la façon dont avait été réglée la prise d’otage.
    Que la Russie ait des intérêts au Moyen-Orient, en Syrie, en quoi cela est-il mal en soi? Les Etats-Unis qui ont causé le désastre de l’Irak et de l’Afghanistan, la France et la Grande-Bretagne, celui de la Libye, sont des philanthropes qui ne pensent pas à leurs intérêts? En tout cas, la Russie et la Chine ont eu raison dans le cas de la Syrie de ne pas choisir de camp dans la guerre civile, mais de demander, dès le début, une médiation diplomatique entre les parties. La France de Sarkozy-Juppé, elle, s’est empressée de façon irresponsable de soutenir, pas seulement moralement, des insurgés disparates, de susciter un Conseil anti-ElAssad qui ne représente pas du tout l’ensemble des opposants,  leur a fait miroiter le départ d’El Assad comme solution,  a favorisé leur armement, et par là-même n’a fait qu’accentuer la terrible répression. Et pour justifier notre politique irresponsable, on a diffusé à profusion des images d’horreurs commises par l’armée de Bachar El-Assad, sans qu’on puisse vérifier l’authenticité de ces images. Après Timisaora (c’est loin- c’est vrai!), les media devraient  ne pas se faire les transmetteurs de montages éventuels.
    jean-claude marcadé

    14 mai 2012

    La fixation monomaniaque sur Poutine, responsable de toutes les violences et de  tous les faits divers en Russie, continue dans « Le Monde ». Les Toinettes du journalisme s’en donnent, après une petite accalmie, à coeur joie. Le relai a été passé à Piotr Smolar qui, visiblement, s’informe plus par internet , où il fait un tri très édifiant, et par téléphone que sur place. Ainsi on apprend que Poutine est responsable des incidents violents qui ont eu lieu le 6 mai à Moscou contre des manifestants qui avaient cessé d’être dans la légalité pour provoquer les réactions policières. Smolar n’a peut-être jamais participé à des manifestations en France, moi si, et je sais très bien que si l’on n’ obtempère pas à des policiers quand on a enfreint « l’ordre public », on est menotté et mené au poste. Cela m’est arrivé. Le plus scandaleux dans le dernier papier de Smolar, c’est la mise en avant de faits qui ne sont pas vérifiés, sont répandus par les activistes et gonflés. Ainsi,  la « femme enceinte » battue à terre par « les policiers de Poutine » s’est révélée être l’étudiant Nikolaï qui a raconté son histoire, sans en faire par ailleurs une histoire à la Jégo-Smolar!!!  Est-ce que Smolar apportera une rectification à sa fausse information? Les Toinettes se font ainsi régulièrement des Don Basilio. C’est triste que « Le Monde » se livre à cette course aux informations systématiquement négatives, alors que le lecteur ne sait rien sur la vie politique courante du pays, comme il ne sait rien d’ailleurs de l’opposition hors système – on attend toujours  un article de fond sur la composition de cette opposition… Mais, comme cela corrigerait l’image que le journal veut donner de « la Russie de Poutine », on préfère entretenir le grand flou. Et je ne parle pas du flou qui enveloppe « les prisonniers politiques » : aujourd’hui, en Russie, une personne qui a commis un délit économique a intérêt à dire qu’elle est condamnée pour raison politique, surtout qu’ elle aura aussitôt le soutien des McCain et des Romney… Et les écrivains qui viennent soutenir les manifestations et que l’on compte d’ailleurs sur les doigts, , fort bien! Mais les personnalités du monde des arts et des lettres qui ont soutenu Poutine, où sont-ils? Ils sont voués aux gémonies, comme Assange,  devenu tout soudain « un idiot utile », travaillant pour la « télé de Poutine », laquelle télé est la bête noire des Etats-Unis, donc les moutons de Panurge européens, français en particulier, s’en vont répétant qu’il s’agit d’un medium qui nous fait revenir à la guerre froide. Comme la créatrice du Monologue, Nougayrède, a parlé avec dédain des experts qui sont chaque jour interrogés par les journalistes de la « télé de Poutine », j’ai pris la peine de relever, dans la semaine du 21 au 26 avril, aux informations de 14h,  le nom de ces experts :
    21/04-22/04 :  Nicolas Baverez sur la France; Ali Salman sur le Bakhrein; Glyn Ford sur Breivik et le racisme en Europe; Joseph Lieberman et Daniel Wagner sur Assange; Mike Raddie (Londres) sur les photos scandaleuses des soldats américains en Afganistan; David Martin sur les protestations contre ACTA.
    23/04- : John Laughland et Benoit Hamon sur les élections française; Amotz-Asa-El sur le Caire; Leah Bolger sur les médicaments pris par les soldats américains.
    24/04 Phil Rees, Glenn Greenwald sur Assange; Afshin Rattansi, John Laughland sur la Libye et le Syrie; Dr. Sreeram-Chaulia sur le Soudan; Francis Lun sur la Chine et l’Arctique; Dr Uri Avnery, Zeev Bielski, Yifta Shapir sur Israël-Iran.
    25/04 Afshin Rattansi, Omar Nashabe sur Bakhrein; Prof. Ismael Hossein-Zadeh, Mateusz Piskorski sur la Syrie; Pepe Escobar sur la provocation chinoise; Senapathy, Sandip Sen sur l’Inde.
    26/04 Bruce Burgess, Alexandre Korobko, David Miliband  sur Litvinenko-LougovoÏ; Ali Rizk sur Israël-Iran, Christoph R. Horstel, Fares Al-Shehabi sur la Syrie.
    Je n’ai pas pu noter tous les noms, mais la liste est déjà assez impressionnante, montrant que l’information sur l’international n’est pas unilatéralement otano-américaine  comme dans nos télévisions.
    jean-claude marcadé

    12 août 2012

    La façon dont Le Monde a couvert un fait-divers concernant les Chattes déchaînées et leur procès appelle quelques réflexions :
    1) Personne n’ose traduire en français le nom du groupe des bouffonnes Pussy Riot et comme leur procès provoque surtout l’ire des non-chrétiens et des bobos, on assiste à une pudibonderie de vieilles filles, et cela, au pays de Rabelais qui appelait une chatte une chatte. Les Chattes déchaînées le font mais « Le Monde » est bien élevé et ne veut pas choquer les oreilles par des mots malsonnants;
    2) Comment en sont venues ces gentilles demoiselles aux chattes déchaînées à porter ce nom anglais qu’il est difficile de traduire, en russe en particulier, langue naturelle des bouffonnes (comme elles s’appellent elles-même)? J’en suis venu à l’idée, qui n’est qu’une hypothèse, qu’elles ont fait un équivalent de l’expression russe populaire « biéchenstvo matki » (mot à mot -la rage de la matrice, la matrice enragée) qui désigne dans le peuple  l’hystérie, l’hypersexualité, voire la nymphomanie, et qu’elles ont par provocation, dans une surenchère maximaliste typiquement russe, revendiqué ce statut et en ont fait un instrument politique puisque cela donne  aujourd’hui une reconnaissance internationale auprès de l’activisme antipoutine/antirusse;
    3) Il y a une forme de sainteté dans l’Orthodoxie, surtout dans la russe, qui s’appelle « la folie en Christ », il y a eu et il y a toujours des fous et des folles en Christ qui pratiquent la dérision et les provocations antisociales, même l’obscénité, sont l’objet de mépris, comme le Christ a été méprisé et insulté lui-même. Un des plus célèbres est le fou en Christ moscovite Basile le bienheureux qui se promenait nu, faisait toutes sortes de « saintes excentricités » et a pu même dire sont fait de façon violente à Ivan le Terrible sans être mis à mort. Mais ces phénomènes qui dénoncent l’hypocrisie des grands de ce monde, qu’ils soient civils ou religieux, sont fait au nom du Christ et à l’intérieur de la communauté chrétienne qui reconnaît la sainteté de cette folie jouée ou non. J’ ai  l’impression que les Chattes déchaînées ont copié ce modèle de façon purement superficielle et ludique sans d’autre implication que l’autoréclame du « tout est permis » – « si Dieu n’existe pas – tout est permis » (Ivan Karamazov) (qu’elles aillent voir aux Etats-Unis, la plus grande démocratie au monde, comment serait reçue leur performance bouffonne dans une église);
    4) On est stupéfait de voir l’escroc Khodorkovski (dont même le Conseil de l’Europe, qui ne laisse rien passer à la Russie, a pu dire que le procès, qui a connu des dysfonctionnements procéduraux, n’était pas politique) soit une autorité morale, une nouvelle conscience de la Russie, comme le furent, entre autres, le savant Sakharov ou l’immense écrivain Soljénitsyne. Qui est M. Khodorkovski? S’est-il signalé par des recherches scientifiques, par des oeuvres littéraires, est-il un grand philanthrope, a-t-il fait progressé les connaissances, est-ce un un grand philosophe politique? Je ne le sache pas. C’est un businessmen   qui a bâti l’empire Ioukos où se sont multipliées les fraudes, les malversations, les opérations illicites et où même on a compté trois assassinats avérés. Le voilà devenu, sous l’impulsion de ses avocats et du lobby international qui vit sur son infortune, un penseur politique, adversaire résolu de Poutine, dissertant sur la situation russe et sur les destinées de la Russie : le vice qui rend hommage à la vertu… Pour moi, il est clair que Khodorkovski n’est pas le prisonnier de Poutine, il est le prisonnier de lui-même, prisonnier de l’image qui lui a été imposée par ses avocats et le lobby international ameuté, et il ne peut plus sortir de ce carcan. La dernière interview sur les Chattes déchaînées ne montre pas des qualités de jugement très hautes : parler d’Inquisition et de procès stalinien à propos du procès des Chattes déchaînée est tout bonnement ridicule et ne mérite même pas de s’y attarder, tellement la comparaison est grossièrement inadéquate;
    5) La fa%C

  • Haro sur Poutine!

    Il paraît que c’est le dictateur Poutine qui fait revivre la guerre froide du siècle passé!!! L’éditorial grotesque massivement anti-russe des Toinettes du « Monde » est un sommet  que n’avait atteint jusqu’ici que l’actuelle directrice avec ses monologues et ses prosopopées anti-poutine, anti-Russie comme grand pays, pro-Saakachvili, pro-Glücksman, pro-américaines. Après quelques mois, voilà ses idées magistralement exposées avec des leçons données aux gouvernements pour mettre la Russie au ban de la Société des nations…Sainte Nitouche Nougayrède a bien entendu ses soldats, Toinette Smolar étant son exécuteur des basses oeuvres dont les papiers se signalent par des accumulations confuses dont  doit ressortir uniquement que tout le mal, non seulement en Russie  mais dans le monde entier, vient du Dictateur mafieux qui dirige la Russie avec le FSB.

    A lire les papiers des Toinettes du « Monde », il n’y aurait que les opposants en Russie qui seraient mis en examen : Faites-donc la liste de tous les limogeages, les mises en examen, les condamnations de ceux qui ne sont pas dans l’opposition, cela va vous fatiguer, car on annonce pratiquement journellement de nouvelles affaires de corruption, de détournement d’énormes sommes et cela touche toutes les catégories de la population. Comme vous n’avez pas l’intention de faire un travail d’information honnête, cela ne vous intéresse pas.

    Que la justice russe doive se réformer, qui en doute. La France, qui n’a pas connu les cataclysmes de l’histoire russe, est toujours à la recherche de meilleures lois. Ce n’est pas aider la Russie que de répéter que la justice russe est sous influence du pouvoir, si c’est parfois le cas, il faut modifier les règles et réformer l’instrument judiciaire. C’est ce qu’avait essayé de faire passer un grand juriste russe Barchtchevski dans un « dialogue » avec Navalny  à la radio « Ekho Moskvy » le 6 février 2012 : Navalny n’a su que bafouiller et s’en tirer par ses éructations habituelles, qui remplacent pour lui les arguments.

    Il était clair  que « Le Monde »  n’a cessé de répercuter  les informations contre la Russie à partir de sources dont il n’est pas difficile de deviner la source (les services secrets américano-anglo-saxons..). Aujourd’hui, « Le Monde » ne se cache plus : il est la courroie de transmission des idées de l’Amérique de McCain…

    Pourquoi donc alors « Le Monde » ne fait pas état des accusations réitérées de Navalny dans son blog, selon lesquelles  Poutine a des comptes en Suisse avec des millions et des millions de dollars (j’ai entendu cela depuis plusieurs années dans des milieux « informés »   –  informés par les services secrets anglo-saxons…). Pour quoi une telle pudeur à l’égard de ce monstre sur qui vous faites haro? Si ce n’est pas prouvé, Navalny dit n’importe quoi.

    Vous devriez aussi interroger Navalny sur l’homosexualité (puisqu’il a traité le crapaud Poutine de « misérable voleur pédé ») : est-ce qu’il autorisera la gay pride  s’il est maire de Moscou? (Toinette Smolnar cite comme preuve de la répression poutinienne « l’homosexualité ») Et aussi sur les Femen?

    « Le Monde » a choisi ses héros – tous de grands esprits qui apportent de nouveaux raffinements au monde : les pitoyables musiciennes masquées, les bacchantes athées ukrainiennes, le grand blond aux yeux bleus (à défaut d’un grand intellect, c’est tout ce qu’il a), l’escroc Khodorkovski  dont on ne saurait nier l’intelligence, mais dont la rédemption passe par des démangeaisons de faire de la philosophie politique moralisatrice (très russe!)

     

    Cette photo de Reporters sans frontières est tout à fait dans le style raffiné du blog de Navalny :

     

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