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« Я создавал американский театр, используя русскую драму »Режиссер Питер Селларс о работе в Перми, русском авангарде, азиатском театре, американской опере и диссонансе |
Фото: Ольга Рунева
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« Я создавал американский театр, используя русскую драму »Режиссер Питер Селларс о работе в Перми, русском авангарде, азиатском театре, американской опере и диссонансе |
Фото: Ольга Рунева
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Книга / Нон-фикшн
В издательстве « Родовид » вышел украинский перевод монографии французского ученого Жан-Клода Маркаде « Малевич ». По формату это художественный альбом, но, по сути, читателю предложена отлично иллюстрированная, подробная творческая биография одного из самых известных авангардистов ХХ века. Рассказывает ИННА БУЛКИНА.
Впервые книга Жан-Клода Маркаде вышла на французском и японском языках в 1990 году. Украинская версия дополнена авторским предисловием с обзором последних работ о Казимире Малевиче и двумя новыми разделами — « Ученики Малевича » и « Возвращение к образу » (о постсупрематическом периоде творчества художника).
Автор монографии « Малевич » — специалист по русскому авангарду, сотрудник Национального центра научных исследований Франции, куратор, переводчик и — в буквальном смысле — украинский патриот. Во всех своих работах он настаивает — в противовес утвердившейся в западном искусствоведении практике, объединяющей разноплеменную плеяду творивших в начале ХХ века мастеров в общее явление « русского авангарда »,— на существовании самостоятельной украинской художественной школы. В предисловии к своей книге Жан-Клод Маркаде отмечает: « Есть элемент, который отличает мою работу от большинства других исследований о художнике — это внимание к украинским корням художественной поэтики Малевича ». На самом деле, Маркаде делает акцент и на живописной традиции Николая Пимоненко и Николая Мурашко, у которого в юности брал уроки Казимир, и на внимании Малевича к колористике украинских орнаментов и символике украинской иконы.
Между тем настоящий смысл этой книги в понимании Малевича не как просто художника, а как художника-философа. Автор постоянно обращается к метафизическим основам « живописной философии » знаменитого уроженца Киева. Малевич предстает здесь как « философ-самородок », органический « хайдеггерианец » и в некотором смысле наследник Григория Сковороды. Собственно, Маркаде объясняет, что начал изучать творчество художника, заинтересовавшись этой темой после прочтения книги своего друга Эммануэля Мартино « Малевич и философия ». Вслед за этим исследователем Маркаде определяет философскую систему украинского живописца как « апофатическую феноменологию ». Суть апофатики в утверждении высокого через его отрицание, и ученый полагает, что только так следует понимать « затемнение » у Малевича. Именно из « затемнения » Маркаде выводит знаменитые геометрические фигуры художника, включая культовый « Черный квадрат ». При этом он видит глубокую разницу между « затемнениями » Малевича и « закрашиваниями », « перечеркиваниями » другого знаменитого авангардиста ХХ века — Марселя Дюшана. Опыты Дюшана, по мнению Маркаде, не более чем « ретушь », « концептуальный изыск », тогда как Малевич приходит к « полному затемнению предметного мира ».
Однако те, кто знает Малевича лишь как автора « Черного квадрата », прочитав эту книгу, обнаружат, что супрематические композиции — всего лишь один из периодов творчества этого философа от живописи. Фактически каждый раздел в монографии Маркаде (всего их тридцать) посвящен одному из таких этапов поиска мастера — от раннего импрессионизма и символизма до поздних портретов — эмблематических и натуралистичных. Малевич прошел путь от последователя Моне до « титана нового Возрождения » — именно таким он предстает на своем последнем автопортрете, репродукция которого, разумеется, есть в книге.
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LES CÉZANNISTES FAUVES PRIMITIVISTES RUSSES DU
« VALET DE CARREAU » (ANNÉES 1910) ET LES FAUVES ET EXPRESSIONISTES DE L’EUROPE OCCIDENTALE
On sait bien aujourd’hui que la circulation des œuvres picturales entre l’Empire Russe et l’Europe occidentale, avant la Révolution russe de de 1917, a été favorisée par la confrontation des œuvres de l’impressionnisme, du post-impressionnisme, des nabis, du fauvisme et du premier cubisme, tous mouvements nova- teurs venus des bords de la Seine, avec les œuvres des jeunes peintres russes qui avaient enrichi leur art par l’apport des cou- rants français, à partir de leur propre expérience du primitivisme. Cette confrontation eut lieu dans les deux premiers Salons, organisés par la revue moscovite symboliste La Toison d’or en 1908 et 19091, dans le premier Salon, organisé à Odessa en 1909–1910, par le sculpteur Vladimir Izdebsky2 et, tout particulièrement, à l’exposition moscovite du « Valet de carreau » en 1910–1911 où triompha le cézannisme-fauvisme-primitivisme russe3. On sait aussi que les fameuses collections des industriels-mécènes Ivan Morozov (l’impressionnisme et le post impressionnisme dominaient chez ce dernier qui avait ache- té, entre autres, 17 Cézanne) et Sergueï Chtchoukine (dans la maison-musée de ce dernier on pouvait trouver, entre autres, 16 Derain, 38 Matisse, 50 Picasso)4, à Moscou, furent une véritable académie pour tous les jeunes artistes russes.
Mais la circulation des idées picturales s’est faite aussi grâce à la présence à Paris d’artistes russes qui, avant 1914, étaient les transmetteurs de toutes les nouveautés parisiennes auprès de leurs confrères restés en Russie5. On se souvient de ce passage des mémoires du poète et théoricien Bénédikt Livchits, où ce dernier rapporte la façon dont les dernières nou- veautés de la capitale française étaient aussitôt connues en Russie et assimilées. Il décrit David et Vladimir Bourliouk en 1911 examinant attentivement « une photographie de la dernière œuvre de Picasso. <Alexandra> Exter l’a rapportée de Paris tout récemment. Le dernier mot de la peinture française. Prononcé là-bas dans l’avant-garde, il sera transmis comme un mot d’ordre – on le transmet déjà sur tout le front de gauche, il éveillera des milliers d’échos, d’incitations, il posera la base d’un nouveau courant. »6
A Paris, Sonia Delaunay-Terk, Daniel Rossiné (c’est-à-dire Vladimir Baranoff-Rossiné), Marie Vassilieff ou, épisodiquement, Alexandra Exter; à Munich, Marianne Werefkin (Vériovkina), Jawlensky, Kandinsky, Bekhtéïev, sont des traits d’union entre la Russie et l’Occident. Aussi ne faut-il pas s’étonner que le fauvisme ait trouvé un terrain favorable chez les jeunes peintres de l’Empire russe, en révolte de façon générale contre le naturalisme et le réalisme de l’Académie, dont la figure emblématique était Ilia Riépine, contre, aussi, les évanescences picturales du symbolisme, représenté surtout par le groupe de « La Rose bleue ».
La première révolution russe de 1905, en mettant fin à l’autocratisme impérial multiséculaire avait fait souffler un vent de liberté sur toutes les manifestations de la vie, et en particulier sur la création artistique. Ainsi, les contacts avec Paris et Munich, les deux pôles des révolutions esthétiques depuis le dernier quart du XIX siècle, se renforcent et les mouvements novateurs qui s’y créent ont immédiatement une résonance à Moscou, Saint-Pétersbourg, Riga, Kiev ou Odessa. Grâce au génie de Diaghilev, l’Europe découvre la danse, la musique, mais aussi les audaces picturales européennes et russes.
Ainsi, les arts plastiques russes dans les années 1900 assimilèrent l’impressionnisme ( de façon passive chez un Korovi ne, de façon novatrice chez un Larionov7), développèrent une branche originale de l’art nouveau international (appelé ici « style moderne »8) et connurent une brève flambée de symbolisme9. Petit à petit, des peintres comme Mikhaïl Larionov, sa compagne Natalia Gontcharova, les frères David et Vladimir Bourliouk se détachent de la base formelle impressionniste et proposent des œuvres plus rudes, plus « grossières » dans leur système figuratif, leur facture-texture, leurs thèmes, faisant apparaître dès 1909 ce qu’ils appelleront le néo-primitivisme, qui se structure non à partir du tableau « civilisé » européen mais sur les productions de l’art populaire russien, oriental, voire extrême-oriental : images gravées de large diffusion (loubok), enseignes de boutiques, jouets, ustensiles de toutes sortes, porteurs de formes et de sujets inédits dans la « grande peinture ». Ainsi le goût des Slaves russiens pour les couleurs vives, bigarrées, criardes même, bien connu à travers les indi- ennes servant à divers usages vestimentaires ou dans les décors des objets artisanaux, se retrouve en particulier dans ceux des plateaux représentés dans plusieurs natures mortes des fauves russes (Vassili Rojdestvenski, Nature morte, 1909, Musée des Beaux Arts de Kazan’; Ilia Machkov, Baies sur fond de plateau rouge, 1910–1911, Musée National Russe, Saint-Pétersbourg; Alexandre Kouprine, Nature morte avec fleurs, vers 1912, Galerie Nationale Trétiakov, Moscou). C’est pourquoi dans l’importante exposition du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris « Le Fauvisme ou l’épreuve du feu. Eruption de la modernité en Europe », en 1999–2000, on a pu voir une toile de Maliavine, peintre naturaliste, élève de Riépine, qui a fait jaillir dans sa série des Paysannes [ Baby ], vers 1905, cette exubérance de couleurs criardes à travers le tourbillonnement des jupes, transformées en une masse purement picturale de rouges. Et cela en dehors de tout fauvisme conscient. Le maître d’œu- vre de la magistrale exposition parisienne sur le fauvisme, Suzanne Pagé, écrit qu’ « en exergue » du « Valet de car- reau », « Maliavine, étranger aux ‘Fauves russes’, articule, avec une vraie originalité, une disposition naturelle à la couleur liée à un thème folklorique, dans un contexte d’héritage national fort. »10.
Il faut avoir cela à l’esprit quand on regarde un tableau russe fauve entre 1909 et 1914 : certes, ses éléments figuratifs viennent droit de Cézanne (d’où leur appellation de « cézannistes russes »), mais s’y mêlent également des traits spécifiques de l’art populaire. Le « Valet de carreau », comme son appellation l’indique, se voulait le représentant de la jeunesse vigoureuse, de l’affirmation de soi, d’une culture corporelle incarnée et sensuelle, d’une certaine mar- ginalité un peu louche. C’est ainsi que le tableau-enseigne de l’exposition moscovite sera la toile d’Ilia Machkov, Autoportrait et portrait de Piotr Kontchalovski (1910, Musée National Russe) où les deux peintres sont représen- té preque nus, en slips violet et vert, comme des athlètes : la métaphore sportive est là pour dire que désormais l’art sera « musclé », mettant fin aux anémies brumeuses symbolistes, aux afféteries du « style moderne », aux « voiles amollis » (expression de Berdiaev dans son célèbre article de 1914 sur « Picasso »11) des impressionnistes.12
Chez Machkov (dans ses portraits et ses natures mortes), chez Kontchalovski (dans ses tauromachies), chez Lentoulov (dans ses paysages), chez Larionov (dans ses portraits des trois frères Bourliouk, Vladimir Bourliouk – appelé au « Valet de carreau » Portrait d’un athlète – Musée des Beaux-Arts de Lyon13; David Bourliouk, collection Leclanche-Boulé, Paris; Nikolaï Bourliouk, Museum Ludwig, Cologne), chez Natalia Gontcharova (dans ses Lutteurs du MNAM et du Musée National Russe, Saint-Pétersbourg, ou dans ses panneaux représentant les Evangélistes, du Musée National Russe, Saint- Pétersbourg), les couleurs franches se heurtent, s’entrechoquent, dans une vraie lutte au corps à corps.
Ce n’est pas un hasard si, à cette époque-là, culminaient la popularité et l’internationalisation de la boxe (Jack Johnson, Georges Carpentier ou encore le haut en couleurs Arthur Cravan14) ou la lutte-catch (le célèbre Ukrainien Poddoubny, immortalisé par un film mélodramatique de Boris Barnet en 1957, fit une tournée mondiale). Les frères Ilia et Kirill Zdanévitch étaient des passionnés de lutte et de boxe dans leur ville de Tiflis, Lentoulov s’exerçait aux poids, la rixe et le pugilat étaient chose courante et couramment représentée par les peintres15.
Les Russes incorporèrent donc la tradition française à leur pratique « primitiviste ». Gauguin, le maître, entre autres, de Na- talia Gontcharova, avait fait la même synthèse, mais dans un cheminement inverse, qui sera celui de tous les novateurs européens du XX siècle, qui intégrèrent les éléments puisés dans les cultures archaïques (polynésienne, ibère, africaine) à la structure de base du tableau traditionnel. Ce qui fait la différence entre les peintres russes de l’avant-garde et les peintres occi- dentaux, même quand ils ont pu leur emprunter plusieurs principes plastiques, ce qui rend totalement insolite leur art dans le concert de la peinture européenne, c’est précisément que la structure de base de leur tableau a été l’image populaire, le loubok, ou encore l’enseigne de boutique16, ou encore l’icône, qui ignorent la tradition des académies ou des ateliers pro- fessionnels, trouvant, en dehors des règles, à travers une apparente malhabilité, un rythme expressif intense, parce que plus immédiat (plus près du geste ou de l’intonation orale). On ne doit jamais perdre de vue que la plupart des grands peintres russes de l’avant-garde (Larionov, Natalia Gontcharova, Chagall, Malévitch, Filonov) sont partis précisément de la structure iconographique du loubok, de l’image populaire. Ils n’ont pas intégré les éléments primitivistes dans une nouvelle conception de la surface du tableau, comme les Français ont pu intégrer les données de l’art africain ou polynésien à une structure cézan- nienne. Ils ont incorporé les découvertes formelles du post-impressionnisme à une structure de base primitiviste.
C’est sur ce problème qu’il y eut, dès 1911, une scission entre les « occidentalistes » qui, comme Piotr Kontchalovski ou Ilia Machkov, voulaient perpétuer la peinture de type cézanniste en y incorporant des éléments primitivistes en tant qu’éléments figuratifs parmi d’autres, mais sans changer la struc- ture de base, « civilisée », c’est-à-dire dans la tradition du tableau européen, – et les « nationalistes » qui, tels Larionov et Natalia Gontcharova, prenaient comme base structurelle des surfaces picturales les enseignes de boutique, le loubok, les icônes, les graffitis sur les barrières et les murs, et le laconisme formel de l’art populaire.
Ce qui caractérise le fauvisme russe, c’est donc, bien entendu, « la santé », « la carrure », « l’énergie » (expression de Bernard Dorival concernant les Fauves français17) de son colorisme et de son trait. Malévitch, dont la série éblouissante des gouaches, à dominante rouge, de 1911–1912 (en particulier l’ Homme qui court se baigner [appelé communément « Baigneur »] du Stedelijk Museum d’Amsterdam est à la fois primitiviste, cézanniste et fauve, a exécuté deux Autoportraits (Musée National Russe, Saint- Pétersbourg et Galerie Nationale Trétiakov, Moscou) que l’on ne saurait mieux commentezr que par ce passage du fondateur du suprématisme sur « le peintre en soi » : « Dans l’artiste s’embrasent les couleurs de toutes les teintes, son cerveau brûle, en lui se sont enflammés les rayons des couleurs qui s’avancent revêtues des teintes de la nature, elles se sont embrasées au contact de l’appareil intérieur. Et ce qui en lui est créateur s’est levé de toute sa stature avec toute une avalanche de teintes, afin de sortir à nouveau dans le monde réel et créer une forme nouvelle. »18
Les peintres russes de tendance fauve convergent aussi
dans leur goût de l’ornementation. Matisse était passé
maître dans l’utilisation des arabesques décoratives,
réduites au minimalisme du trait libre et syncopé dans La
Danse et La Musique, installées par le maître français lui-
même dans le palais moscovite de l’industriel mécène Sergueï Chtchoukine en 1911. Les Russes s’approprient d’autant plus facilement ce « décorativisme » qu’il était la marque séculaire de l’art russe (en particulier, les profusions florales des pein- tures murales des églises – entre mille exemples, celles de la cathédrale Saint Basile-le-Bienheureux sur la Place Rouge à Moscou). Déjà, chez le visionnaire Vroubel, l’ornement faisait partie intégrante du système figuratif. Le Portrait d’un garçon à la chemise orné d’Ilia Machkov (1909, Musée National Russe, Saint-Pétersbourg) est particulièrement représentatif de cet ornementalisme.
Ce qui différencie le fauvisme russe du fauvisme français, c’est la propension à la théâtralisation des sujets, voir à leur carnavalisation. Dès 1912, le metteur en scène, dramaturge et philosophe du théâtre Nikolaï Evreïnov avait conceptualisé la notion de « théâtralisation » comme élément primordial de l’être humain « jeté dans le monde »19. Cet « instinct de la trans- figuration » fut particulièrement amplifié dans les arts russes des années 191020. Outre l’Autoportrait et portrait de Piotr Kontchalovski d’Ilia Machkov, on peut citer ici le Portrait de Georges Yakoulov (1910, Galerie Nationale Trétiakov) de Piotr Kontchalovski où l’artiste russo-arménien est représenté dans une pose exotique à la Pierre Loti, ou encore l’Autoportrait de Lentoulov, déguisé en Turc, voir l’Autoportrait de Pougny (1912, MNAM), au poing de boxeur démesuré. Matisse rapporte que le Sâr Péladan reprochait à un certain nombre de peintres français « de se faire appeler les ‘Fauves’ et de s’habiller comme tout le monde, de telle sorte que leur prestance n’est pas au-dessus de celle des chefs de rayons des grands maga- sins »21. Tugendhold avait noté, en 1913, le caractère anti-individualiste(à l’opposé, donc, de l’individualisme blasé du romantisme, de l’orientalisme, voire d’un certain symbolisme du XIX siècle, qui voulaient se distinguer de la multitude22) du retour des arts novateurs russes des deux premières décennies du XX siècle au primitif sous toutes ses formes. Gauguin marchant à Paris en sabots sculptés par lui-même annonce le dandysme à l’envers des artistes russes « de gauche » à la re- cherche d’une nouvelle interprétation de l’art et de la vie.23
Autre différence d’ avec les Français24 et même les Allemands25 ou les Scandinaves26, c’est la moindre place qu’occu- pent chez les Russes les paysages, non qu’il les aient négligés, mais ils ont multiplié les portraits et surtout les natures mortes qui sont presque comme la marque du « Valet de Carreau », surtout Machkov, Kouprine ou Rojdestvenski. Cela est souligné à juste titre par Dmitri Sarabianov : « Utilisant les conquêtes de Cézanne, parfois de Matisse et de quelques autres peintres français, ils rendaient à l’objet toute sa masse, son volume, sa couleur, sa forme tridimensionnelle, visaient à une synthèse de la couleur et de la forme. D’où leur intérêt pour la nature morte qui a trouvé dans leur création un rôle d’une importance inconnue auparavant dans la peinture russe »27. Cette « fabrication » massive de natures mortes firent dire au peintre et théoricien russo-ukrainien Alexeï Grichtchenko, qui lui-même avait exposé au « Valet de carreau » : « Combien aurait été choqué Cézanne s’il avait vu toutes ces bou teilles, ces poires, ces oranges, ces vases, ces nappes et ces serviettes froissées, tous ces ac- cessoires sans âme dont pas une seule toile de cézanniste ne peut se passer. »28 Cela était cruellement ironique, en partie injuste, mais désignait bien une spécificité russe.
Le groupe des peintres russes de Munich, qui participent, depuis la fin du XIX siècle, à la révolution esthétique qui a lieu avant 1914 dans la capitale bavaroise et parfois l’inspi- rent – Marianne Werefkin, Kandinsky, Jawlensky, Bekhtéïev – ne sauraient être classés tout de go dans l’expressionnisme allemand, comme cela se fait la plupart du temps. Tout d’abord, leurs liens avec la vie artistique de l’Empire russe restent très étroits jusqu’en 1914 : ils participent tous au premier salon du « Valet de carreau », fin 1910, Kandinsky montrera des œuvres également au deuxième salon de 1912; on sait qu’il invitera les Mos- covites (Larionov, Natalia Gontcharova, Malévitch) à l’exposition « Der Blaue Reiter » en 1912. Les Fauves russes sont aussi présents dès 1911 à Paris : au Salon des Indépen- dants, note Archipenko qui en fait le compte- rendu, « il y a même une salle « russe », n° 44, où sont concentrées les meilleures œuvres des peintres russes. Cette salle ne le cède en rien par sa valeur artistique aux autres; D’après ces œuvres, on peut juger de la contribution apportée par l’artiste russe plein de talent à la création du Grand Nouveau. Machkov a ex- posé plusieurs natures mortes très harmo- nieuses et riches par leurs couleurs. Ses fleur sont originales de composition et intéressantes comme panneaux décoratifs : on sent dans ces œuvres la riche nature et la force créatrice russes »29. Archipenko loue Kontchalovski pour ses couleurs, « bien que les esthètes disent que ces couleurs les gênent »30. Une chose très remarquable dans l’article d’Archipenko est l’attention portée à Kandinsky qui exposait aussi à Paris en 1911 : « Parmi plusieurs toiles de Kandinsky, son Jockey présente le plus grand intérêt. C’est une œuvre ultra- impressionniste dans laquelle l’artiste en est revenu au primitivisme. »31. Aucune œuvre de Kandinsky, portant se titre, n’ est connue à ce jour; peut-être s’agit-il de Lyrique du Musée Boymans de Rotterdam, dont le biographe de Kandinsky, Will Grohmann, a écrit qu’il s’agissait d’un « sommet », ajoutant : « La sobriété est celle des chefs-d’œuvre de l’Asie orientale – pas un trait, pas un ton de trop »32. On note que le mot « expressionnisme » ne fait pas encore partie du vocabulaire courant de la critique d’art33 et qu’ Archipenko utilise ici les termes de « ultra-impressionniste » (pour souligner que la couleur est portée à son extrême intensité contrastée) et de « primitivisme » (pour souligner le schématisme, le laconisme de la représen- tation des objets qui ne se perd pas dans les détails figuratifs mais va à l’esssentiel de l’expression).
Il suffit de comparer les œuvres des Fauves russes avec celles des peintres allemands du groupe « Die Brücke » (Schmidt- Rottluff, Nolde, Kirchner, Pechstein, Heckel ou Müller) pour constater qu’il n’y a pas chez les Russes de Munich d’agressivité coloriste mais une intensité et un chatoiement des couleurs (analogues à la mosaïque byzantine chez un Jawlensky) qui, pour être véhémentes, ne sont pas en quête de dissonances stridentes. Il n’y a pas, non plus, la violence instinctive des pulsions archaïques et telluriques, l’arrachement des oripeaux civilisateurs, mais la révélation d’un monde d’harmonie et de spiritualité, un monde symphonique où la tradition chrétienne orthodoxe s’allie au romantisme et à la Naturphilosophie allemands, ou encore à la pensée d’un Rudolf Steiner.
Une des particularités de la peinture russe novatrice à partir de 1907 est que chaque toile est rarement ceci ou cela uniquement, mais elle est ceci et cela, et encore une troisième chose… Il n’y a pas en Russie de pur impressionnisme, de pur fauvisme, de pur cubisme ou de pur futurisme. Un tableau russe synthétise souvent plusieurs cultures picturales, mais ce qui est un élément constant, venant perturber les données de la peinture européenne d’académie, c’est l’esthétique et le geste primitivistes, qui donnent une saveur et une empreinte originale à la picturologie des artistes russes du premier quart du XX siècle. C’est de cette veine que sort la création des Fauves de Russie.
Jean-Claude Marcadé
1 Cf. Valentine Marcadé, Le Renouveau de l’art pictural russe.1863–1914, Lausanne, L’Age d’Homme, 1971, p. 288–293.
27
25 Voir, par exemple, le catalogue De Van Gogh à Mondrian. La Beauté exacte. Art. Pays-Bas. XX siècle, Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, 1994, p. 92–115, et l’article de Jean-Louis Andral « Du paysage », p. 78–81.
Месьє Маркаде має досить щільний графік — його запрошують курувати виставки авангарду по всій Європі, крім того, викладає російську філософію, літературу та мистецтво, працює над створенням альбомів та читає лекції про український авангард. Те, що про митців першої половини ХХ століття, зокрема Малевича та Філонова, заговорили у сучасних європейських мистецьких колах — заслуга Жана-Клода Маркаде. Про митців-авангардистів може натхненно говорити годинами. Він відвідує українські музеї — у пошуках нових шедеврів, добре розмовляє російською та часто приїжджає до України. Нещодавно, під час «Французької весни», Маркаде у Національному художньому музеї прочитав лекцію про українських авангардистів — від Бойчука до Таталіна, на «Книжковому Арсеналі» презентував книжку «Малевич», а в останній день весни — виступав у Донецьку.
***
— Ви відкрили світові явище українського авангардизму, зокрема Малевича, і багато років методично досліджували творчу спадщину митця. Скажіть, чим він вас зацікавив?
— Мені стало очевидно, що Малевич — один із найважливіших митців усіх часів не лише України та Росії, а й усього світу. Це унікальне явище, коли після віків академізму постала міфологічна форма «Чорного квадрата» (така назва була на виставці «Нуль-десять» у Петрограді). Не стільки картина, а радше форма. А от уже концептуальна енергія, яка виникла з цієї форми, звела мистецтво до нуля. Все почалося знову. Мистецтво стало швидким і, за висловом Чернишевського, підручником життя.
Досі побутує переконання серед обивателів, що у Малевича обмаль живопису — мовляв, мій син теж може таке намалювати. Це вже питання виховання. Сьогодні мистецтво повернулося до того, проти чого Малевич і все ліве мистецтво повстали свого часу. Авангард — пізніша назва. Опісля революції «ліві» та «праві» стали політичними дефініціями, а до того вони означали новаторів та ар’єгардів.
Якось на міжнародному з’їзді один із мистецтвознавців сказав, що у Моне, приміром, більше матеріалу, аніж у Малевича. Я йому тоді заперечив: у китайців штрих на білому папері — це цілий світ. Малевич не просто робив такі речі в час кубофутуризму та примітивізму — він показав, що є майстром складних рішень із простором. А під час реукраїнізації Малевича, як казав Дмитро Горбачов, він знову довів свою силу художника.
— З огляду на це, не можна не помітити, що українське мистецтво часто зараховують до «великоруського». Чому, на вашу думку, так відбувається?
— Це вже питання до росіян. Так склалось історично, що імперія до Радянського Союзу була царською. І тоді в історії мистецтва були розділи про українське бароко та його вплив на московське. Про це ще писали за радянських часів. А тепер це вже зникло — відбувся регрес. Це політична проблема, звісно, і в імперії не було української держави ніколи, тобто були зародки, наприклад Галичина в середні віки…
— Ні, я готова з вами посперечатися…
— Розумієте, Україна для західних людей постає в якомусь ніби великоруському мареві. Траплялися поодинокі феномени, але не було насправді того, що є зараз, слава Богу. Січ — це предтеча держави. Звісно, не такої, як за часів Данила чи Ярослава. Але держава зі своїми внутрішніми проблемами, котра відігравала би суттєву роль на міжнародній арені, для України це нове. Для Росії — ні. Ще з часів Петра I, а згодом німкені Катерини Україна була «на окраине». Незважаючи на визнання країни, скажімо, після опису Гійомом Левассером де Бопланом своєї подорожі. Або ж, наприклад, Богдан Хмельницький думав, що його обманули московіти, він вважав можливим союз проти Польщі та проти мусульман, але насправді московіти не ставилися з повагою до його вчинків, і тому сталася катастрофа…
Досі складно. Треба боротися. Звісно, росіяни досі не здають позицій. Для них все — російське. Я бачив скандальну, як для мене, виставку в Луврі — «Святая Русь». Хоч тема — саме Русь, але французи з огляду на переклад сприймають її як «Святая Россия». Виставка була чудова і мала великий успіх — тим гірше, бо там були хороші канали та речі, котрі рідко експонують. Але це був Рік Росії у Франції. І хоч вживали слово «Русь», а не «Россия», означення — «русский».
— Наша газета щороку видає книжку. Вони вже виокремилися в цілу «Бібліотеку «Дня». І от одна з них називається «Сила м’якого знака». Автори-історики обґрунтовано пояснюють привласнення українського минулого, яке, між іншим, триває і зараз… Скажіть, чи є «білі плями» у спадщині Малевича у сприйнятті масової свідомості? Наприклад, Івонна Малевич, внучата племінниця художника, 2010 року на врученні премії його імені в Києві сказала, що Казимир Малевич на Голодомор відреагував не лише серією картин, а ще й писав громадянську лірику. Відомо щось про це?
— Зізнаюсь, не знав про цю премію та про лірику теж. В архівах є багато чого не опублікованого. Але, безумовно, в його роботах була реакція на українську трагедію. Він її бачив. От чорне обличчя селянки на картині — це труна. Українська трагедія втілилася в такий образ — трагедію людства. От у чому й відмінність Малевича від усіх — він кричить через своє безмовне мистецтво.
— Скажіть, а як сьогодні у Франції відчувають українське мистецтво?
— Я вас розчарую: ніяк, на жаль… Є звичайно, невеликий гурт людей, котрі цікавляться. Але загалом ту ж виставку в Луврі журналісти висвітлили як «Святую Россию». Хоч виставка була історична, а не художня — там представлені всі етапи Київської Русі аж до часів Петра I. Тобто йшлося до того, аби представити становлення Росії. І було так подано, що все, що було найкращого на цій виставці — усе російське. Я тоді ж написав конкретну статтю з цього приводу. Але взяти, до прикладу, реакцію на виставку Пінзеля в Парижі — був незначний резонанс. Експозиція була зроблена не з розмахом, а ніби після «Святой России». Українці були в захваті, зокрема міністр культури. Я дуже люблю українське мистецтво, а тому вважаю, що виставка була не на рівні: експонати були в просторі, в якому вони не «дихали». Було б ліпше в Луврі, але в капелі і з доступом через лабіринт чи через сходи. Виставки — це важливі події, але вони минають. І добре, що після цієї залишився каталог. Поки що, на жаль, українське мистецтво не визнано окремо. І хоч я написав окремий том про російський авангард, я виокремлюю в ньому окрему українську школу.
— Які вона має визначальні риси?
— Це цілісний комплекс. Якщо коротко, то, по-перше, колір. Сонячне освітлення. І це — разюча відмінність тих, хто жив в Україні. Вона проявляється в гамі кольорів у природі, в одязі людей. Наприклад, Соня Делоне, котра виїхала з України, коли їй було сім років, дуже тепло згадує свою Батьківщину, зважаючи на те, що в ті часи вигідніше було називатись росіянкою. Ті барви пшениці, соняшників, кавунів, помідорів, котрі вона запам’ятала в дитинстві, втілились в її творчості, і так вона вплинула на свого чоловіка. Або ж Ларіонов, котрий жив у Бессарабії, його мама — українка. І його жовтий колір — сонячний, веселий. А в його подруги життя (вони одружились наприкінці життя, хоч усі їх і так вважали чоловіком та дружиною), Наталії Гончарової, зовсім інший колір — червонувато-жовтий, радше іконописний, але не від природи — вона росіянка. І ще дивовижний колір в Архипенка.
А по-друге — простір. Цей елемент образотворчого мистецтва має особливу вагу. Відчуття простору — відчуття свободи. Те, що історичними пращурами українців були козаки, «вільні люди», котрі не знали татарського ярма, як північні люди. У росіян простір лісний. А коли порівняти супрематизм Казимира Малевича та Любові Попової, то його форми ширяють у безмежному просторі, а її — прикріплені.
А ще особливість української школи — бароко. Цей елемент відіграв свою роль і в авангарді. Наприклад, барокові тенденції помітні в Олександри Екстер, Баранова — Россіне, навіть у Богомазова це добре видно.
І насамкінець — гумор. Ларіонов написав «Кацапську Венеру». У нього є серія таких Венер, приміром, легкої поведінки. Уже сама назва містить заряд гумору, хоч він і не етнічний українець, але українська частина в його творчості, як і в Татліна, надзвичайно важлива. Та й потім навіть у Малевича є гумор: експоноване в Нью-Йорку геніальне біле тло та червоний і чорний квадрати — це має назву «Живописний реалізм хлопчика із ранцем». Чудова річ, квінтесенція іконописної гами! Але він дав таку назву. А я бачу в цьому серйозний український гумор. «Живописний реалізм селянки в двох вимірах» і «Живописний реалізм хлопчика з ранцем» — це енергія барв і взагалі цілий слов’янський материк.
[1]Michel Pastoureau, bleu – histoire d’une couleur, Paris, Seuil, 2000, p. 7
[2] Ibidem, p. 9-10
[3] Ibidem, p. 13
[4] Ibidem, p. 49
[5]Martiros Sarian, Fragments de ma vie, Moscou, Progrès, 1976, p. 25
[6] Ibidem, p. 25
[7] Ibidem, p. 28
[8] Ibidem, p. 26
[9] Ibidem, p. 31
[10] Ibidem, p. 29
[11] Ibidem, p. 66
[12] Ibidem, p. 68
[13] Père Paul Florensky, « L’iconostase » [1922], in : La Perspective inversée suivie de L’Iconostase, Lausanne , L’Age d’Homme, 1992, p. 175
[14] Ibidem, p. 168
[15] Ibidem, p. 170-171
28.06.2013 · Der russische Kunsthistoriker kämpft seit Jahren gegen eine mächtige Lobby, die Fälschungen der Avantgarde auf den Kunstmarkt bringt.
Gemeinsam mit Experten der Moskauer Tretjakow-Galerie und des Sankt Petersburger Russischen Museums protestierte Andrej Sarabjanow schon vor zwei Jahren gegen eine Doppelpublikation zum Œuvre von Natalja Gontscharowa des britischen Kunsthistorikers Anthony Parton und der auf französische Künstler spezialisierten Wissenschaftlerin Denise Bazetoux. Von sechshundert Nummern im Werkkatalog von Bazetoux befanden Fachleute 350 für falsch, in Partons Buch immerhin mehrere Dutzend. Die Publikationen suggerierten damals, dass ganz plötzlich Hunderte bisher unbekannter Bilder aus Gontscharowas eigentlich gut erforschter russischer Periode aus westlichen Privatsammlungen aufgetaucht seien.
Andrej Sarabjanow, warum, glauben Sie, ist Natalja Gontscharowa ein Liebling der Fälscher geworden?
Sie hat dieses „Glück“ gehabt, weil sie durch ihre Emigration zu zwei Kulturen gehörte, der russischen und der französischen, wobei ihre russische Periode gut, die französische aber noch ungenügend erforscht ist. Doch auch die Franzosen betrachten sie als die „Ihrige“. Partons Buch und der französische Werkkatalog von Bazetoux sind bestellt worden, um unbeschlagene Kunstkäufer, für die eine Abbildung in einem dicken Werkkatalog, den ein Wissenschaftler verfasst hat, einem Echtheitszertifikat gleichkommt, zu täuschen. Es geht um viel Geld. Der Auftrag kam offensichtlich aus einer internationalen Organisation, an der sowohl Franzosen als auch Russen beteiligt sind. Ich kenne den Katalog gut. Die Fälschungen lassen auf mehrere Kopisten schließen; man kann ihre Handschriften unterscheiden. Auch im Gontscharowa-Buch von Anthony Parton habe ich siebzig falsche Bilder gezählt.
Wie fälscht man ein Bild von Natalja Gontscharowa?
Bekannte Bilder werden in anderer Technik wiederholt, abgewandelt und dann als Skizzen oder Variationen ausgegeben. Beispielsweise ihr „Fahrradfahrer“ von 1912. Im Katalog finden sich gleich fünf Versionen, die in verschiedene Richtungen fahren. Gontscharowa hat ihre Bildeinfälle aber nicht wiederholt. Außerdem ist der Pinselstrich des Fälschers ungemein grob. Die einzige Provenienzangabe lautet übrigens sowohl bei Parton als auch bei Bazetoux: Privatsammlung. Wer das Bild wann und wo gekauft hat, bleibt offen.
Was wissen Sie über die „International Chamber of Russian Modernism“ (InCoRM), deren Fachleute Werke für echt befanden, die dann bei Auktionshäusern eingeliefert wurden?
Ich weiß nichts Genaues über diese Organisation, mir sind aber gewisse Personen bekannt, die ihr angehören, beispielsweise Patricia Railing oder Swetlana Dschafarowa, die, genau wissend, was sie damit taten, die Publikationen von Parton und Bazetoux damals verteidigt haben.
Als die zwei Gontscharowa-Bücher herauskamen, kündigte das russische Kulturministerium juristische Schritte gegen den Verlag des Werkkatalogs an. Bisher ist allerdings nichts passiert. Hat sich die Lage auf dem internationalen Markt für russische Avantgardekunst mittlerweile geändert?
Nein. Die Situation ist weiterhin äußerst ernst. Ich komme mit vielen Werken in Berührung. Doch leider sind dabei die Originale in der Minderzahl. Auch deswegen verfasse ich derzeit zusammen mit dem in Frankreich lebenden Forscher Wassili Nikitin eine „Enzyklopädie der russischen Avantgarde“. Die ersten zwei Bände werden im kommenden September in Moskau erscheinen. Hoffentlich kann ich damit auch etwas zur Bereinigung des Marktes beitragen.
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