Catégorie : Personnel

  • С БЛАГОВЕЩЕНИЕМ!

    С БЛАГОВЕЩЕНИЕМ!

    С БЛАГОВЕЩЕНИЕМ!

    SAINTE-SOPHIE DE KIEV

     

     

     

     

    FRA ANGELICO

    ALEXANDRE IVANOV

    MIKHAÏL NESTÉROV

    « Parallèlement au Seigneur, on trouve aussi la Vierge Marie obéissante, lorsqu’elle dit : Voici ta servante, Seigneur ; qu’il me soit fait selon ta parole (Lc 1,38). Ève, au contraire, avait été désobéissante : elle avait désobéi, alors qu’elle était encore vierge. Car, de même qu’Ève, ayant pour époux Adam, et cependant encore vierge – car ils étaient nus tous les deux dans le paradis et n’en avaient point honte (Gn 2,25), parce que, créés peu auparavant, ils n’avaient pas de notion de la procréation : il leur fallait d’abord grandir , et seulement ensuite se multiplier (Gn 1,28) – de même donc qu’Ève, en désobéissant, devint cause de mort pour elle-même et pour tout le genre humain, de même Marie, ayant pour époux celui qui lui avait été destiné par avance, et cependant Vierge, devint, en obéissant, cause de salut (cf. He 5,9) pour elle-même et pour tout le genre humain. C’est pour cette raison que la Loi donne à celle qui est fiancée à un homme, bien qu’elle soit encore vierge, le nom d’épouse de celui qui l’a prise pour fiancée (Dt 22,23-24), signifiant de la sorte le retournement qui s’opère de Marie à Ève. Car ce qui a été lié ne peut être délié que si l’on refait en sens inverse les boucles du nœud. »[3]

    Saint Irénée de Lyon,  Contre les hérésies

    «Quelle louange divine de Toi t’apporterai-je, comment T’appellerai-je ? Je suis embarrassé et terrifié. »

    Dans l’Annonciation s’est accompli le mystère qui surpasse toutes les limites de la raison humaine – l’incarnation de Dieu. Deuxième Personne de la Sainte Trinité, Dieu S’est incarné dans son essence indescriptible par la Vierge, S’est tissé un sceau avec la pourpre du sang de la Très Pure et S’est fait homme ; Il a emprunté non seulement le corps de la Très Pure Vierge Marie, mais également son âme et tout ce qui est humain. Dans l’Annonciation commence à se tisser la pourpre de la chair du Christ. Dans l’Annonciation l’humanité prend son origine : le Verbe Se fait homme par l’infusion de l’Esprit Saint envoyé par le Père […]

    L’Esprit Saint qui a déterminé par son infusion l’incarnation de Dieu le Verbe a rempli tout l’Ancien Testament, toute la vie de l’Israël vétéro-testamentaire, de la plénitude des prédictions prophétiques sur l’incarnation du Fils de Dieu par la Vierge. Une des plus magnifiques prophéties est peut-être ces paroles du prophète Isaïe:

    «Voici la Vierge qui recevra dans ses entrailles et enfantera un Fils et on lui donnera le nom d’Emmanuel, ce qui veut dire « Dieu avec nous » (Isaïe 7, v. 14).

    Selon la tradition de l’Église, la Mère de Dieu a lu le livre de la prophétie d’Isaïe et arrêta sa pensée précisément sur cette prophétie et y réfléchissait lorsque la visita l’archange Gabriel, qui lui annonçait la Bonne Nouvelle. Et sur les icônes de l’Annonciation, pas sur toutes il est vrai, le livre de l’Ancien Testament est représenté ouvert à l’endroit de cette prophétie.[…]

    Moine Grégoire (Kroug), Carnets d’un peintre d’icônes, Lausanne,  L’Âge d’Homme,  2019

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  • ВЕЛИКИЙ ПОНЕДЕЛЬНИК

    ВЕЛИКИЙ ПОНЕДЕЛЬНИК

    ВЕЛИКИЙ ПОНЕДЕЛЬНИК

  • С ПРАЗДНИКОМ ВХОДА ГОСПОДНЯ В ИЕРУСАЛИМ!

    С ПРАЗДНИКОМ ВХОДА ГОСПОДНЯ В ИЕРУСАЛИМ!

    BELLE FÊTE DES RAMEAUX!

    Η θριαμβευτική είσοδος του Χριστού στα Ιεροσόλυμα!

    С Вербным воскресеньем!

     Outre le magnifique texte de Saint Jean  sur la visite de Jésus chez Lazare ressuscité, Marthe et Marie, la lecture, en ce jour de fête  des Rameaux, d’un extrait de l’Épître aux Philippiens est aussi un passage des plus inspirés de l’Apôtre :

    Réjouissez-vous sans cesse dans le Seigneur, je le dis encore, réjouissez-vous.

    Радуйтесь всегда в Господе; и еще говорю: радуйтесь.

    5.

    Que votre modération soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche.

    Кротость ваша да будет известна всем человекам. Господь близко.

    6.

    N’entretenez aucun souci ; mais en tout besoin recourez à l’oraison et à la prière, pénétrées d’action de grâces, pour présenter vos requêtes à Dieu.

    Не заботьтесь ни о чем, но всегда в молитве и прошении с благодарением открывайте свои желания пред Богом,

    7.

    Alors la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, prendra sous sa garde vos cœurs et vos pensées, dans le Christ Jésus.

    и мир Божий, который превыше всякого ума, соблюдет сердца ваши и помышления ваши во Христе Иисусе.

    8.ux

    Enfin, frères, tout ce qu’il y a de vrai, de noble, de juste, de pur, d’aimable, d’honorable, tout ce qu’il peut y avoir de bon dans la vertu et la louange humaines, voilà ce qui doit vous préoccuper.

    Наконец, братия мои, что только истинно, что честно, что справедливо, что чисто, что любезно, что достославно, что только добродетель и похвала, о том помышляйте.

    9.

    Ce que vous avez appris, reçu, entendu de moi et constaté en moi, voilà ce que vous devez pratiquer. Alors le Dieu de la paix sera avec vous.

    Чему вы научились, что приняли и слышали и видели во мне, то исполняйте, – и Бог мира будет с вами.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • L’ignorance de l’Ukraine dans « Le Monde » (et pas seulement), avril 1913

    L’ignorance de l’Ukraine dans « Le Monde » (et pas seulement), avril 1913

    Je retrouve ce que j’écrivais au « Monde » au sujet de Mme Tymochenko le 17 octobre 2011, et de l’exposition du Louvre « Sainte Russie » (8 avril 2010) :

    Il est parfaitement légitime, selon moi également, de venir au secours de l’ancienne première ministre ukrainienne, Mme Tymochenko. Faut-il pour autant dévoiler à cette occasion les orientations antirusses du « Monde »? L’Ukraine, comme la Géorgie, n’intéressent les Européens et les Américains que lorsqu’ils sont antirusses. Le papier de M. Smolar,  consacré au fils Glücksmann, dont les seuls titres sont d’être fils de, époux de, conseiller de et d’avoir une belle gueule (décidément « Le Monde » est sensible au physique des personnes – c’est « Gala »…!). Evidemment, toujours rien sur l’opposition à l’actuel cyclothymique chef d’État. Pour en revenir à l’Ukraine, le peu de cas que vous faites de ce grand pays qui n’a jamais connu jusqu’ici que des embryons d’État, est manifeste. Je ne citerai que deux faits : la translittération des noms ukrainiens est russe; il serait bon, pour soutenir l’Ukraine contre les prétentions de la Russie, de manifester son identité précisément au niveau de sa langue, souvent méprisée par l’élite grand-russe. « Le Monde » a fait l’éloge de l’exposition « Sainte Russie » au Louvre qui était l’histoire non de la Russie, mais de la Rouss depuis ses origines à Kiev juqu’à Pierre Ier, à partir duquel apparaît le nom actuel de Russie; cette histoire était illustrée par de magnifiques documents et icônes. L’Ukraine n’existait pas (comme non plus la Biélorussie), ni dans l’exposition, ni dans le catalogue où même le mot « ukrainien » était banni…Il y a du travail à faire dans l’équipe du « Monde » pour approfondir l’histoire multiséculaire de l’Ukraine et de son statut particulier par rapport à la Russie.
    jean-claude marcadé

    On encense une exposition comme « Sainte Russie »  au Louvre, qui, certes, présente un magnifique ensemble de peinture d’icônes, mais dont le parcours se veut historique et non esthétique (aucun sort n’est fait aux diverses écoles qui sont aussi spécifiques que, par exemple, les diverses écoles italiennes) et, de ce fait, est une falsification de l’histoire, au seul profit de la Russie impériale, soviétique et actuelle. « Sainte Russie » est une expression religieuse orthodoxe et slavophile. Avant Pierre Ier, il y eut les États féodaux de la Rous’ et, à partir du XIVe siècle, la Moscovie devint l’État dominant.  Le mot russe pour Russie est « Rossiya » qui n’apparaît qu’au début du XVIe siècle et qui ne devient  le terme officiel pour désigner l’Empire Russe qu’à partir de Pierre Ier, dit le Grand. C’est dire que l’expression française « Sainte Russie » est un glissendo que la Russie d’aujourd’hui visiblement continue de perpétuer, se voulant la seule héritière de la Rous’ kiévienne, et le Louvre, par ignorance, par incompétence ou par soumission à l’historiographie, hier soviétique, aujourd’hui russe, sans doute aussi par souci d’attirer le chaland par un titre  bling-bling, a pris cette appellation qui, de plus, ne correspond en rien au propos de l’exposition, sauf qu’il s’agit d’art chrétien. L’ironie de l’histoire, c’est que les media, si prompts à soutenir l’Ukraine anti-russe et pro-américaine, l’ont ici reléguée aux oubliettes avec cette affaire de « Sainte Russie » dont les Ukrainiens sont, pourtant, jusqu’au XIVe siècle les héritiers directs. Autre ironie, la France laïque a tout fait pour que l’on ne célèbre pas le baptême de Clovis, et voilà que l’on célèbre la Sainte Russie, tout en dénonçant la collusion de l’Eglise et du pouvoir…

     

  • NICOLAS DE CUES ET LE « CORAN »

    NICOLAS DE CUES ET LE « CORAN »

    Le grand philosophe allemand, le cardinal mosellan Nicolas de Cues sur le « Coran » (voir Nicolas de Cues, Le Coran tamisé , texte latin introduit, traduit et annoté par Hervé Pasqua, PUF, col. « Epiméthée », 2011. Résumé sur la Toile : 

    Dans cette oeuvre, le Cusain se situe d’emblée sur le plan spirituel et théologique. Il déplace le problème : allant à l’essentiel, il prend le parti de faire une « pia interpretatio » du Coran, qu’il lit à la lumière de la Bible et de la raison. Sa lecture est religieuse et philosophico-théologique. Elle s’appuie sur la «recherche de Dieu » propre à tous les hommes et seule capable d’unir chrétiens et musulmans).

  • Archives – Jean-Claude Marcadé en 1964-1965

    Archives – Jean-Claude Marcadé en 1964-1965

     

    Archives – Jean-Claude Marcadé en 1964-1965

    ANDRÉA, BERNARD, JEAN-RENÉ MARCADÉ, DEVANT LA PAPETERIE JOURNAUX, RUE DE BÈGLES À BORDEAUX,1958

    JACQUES VILLON, « Course de chevaux »

    1964
    SUR LE GRÜNEBERG, ÉTÉ 1964
    EXTRAIT DE LETTRE À MA MÈRE, LE 18/IX.1964

  • МАРКАДЕ Валентина Дмитрівна, нар. Васютинська (22.09 (5.10) 1910, Одеса – 28.08.1994, Мон-де-Марсан

    МАРКАДЕ Валентина Дмитрівна, нар. Васютинська (22.09 (5.10) 1910, Одеса – 28.08.1994, Мон-де-Марсан

    МАРКАДЕ Валентина Дмитрівна, нар. Васютинська (22.09 (5.10) 1910, Одеса – 28.08.1994, Мон-де-Марсан) – відомий франц. мист-вець і худ. критик укр. походження, фахівець в галузі рос. і укр. мист-ва і літ-ри. Нащадок старовин. укр. шляхетського роду Мазеп-Васютинських. Батьки – Дмитро Степанович Васютинський, випускник математичного ф-ту Новоросійського університету, пізніше – оперний співак (тенор) та його дружина – Евгенія Антонівна Корбе.

    В 1918 разом з батьками була змушена виїхати на еміграцію (Болгарія, Чехо-Словаччина, Франція). Вчилася в початк. катол. школі в Софії, потім –  в знаменитій “Російській гімназії” м. Пшебова (Моравія) у відом. викл-ча В.В.Перемиловського. Переїздить до Парижа, де слухає лекції знаного франц. славіста П.Паскаля. В 1950-55 отримує вищу філологічну освіту в університеті Бордо (рос. мова і літ-ра), де потім викладає як асистент проф. Люсьяні. В Парижі вчиться у відомого франц. мист-ця П.Франкастеля, засн-ка франц. школи “соціології з мист-ва”, під його керівництвом готує і захищає дисертацію 3-го циклу з історії рос. мист-ва (1969, Париж X – Нантер), яку опублікує у вигляді монографії “Оновлене російське образотворче мистецтво, 1863-1914”. В 1981 захищає докторську дисертацію під назвою “Внесок у вивчення українського образотворчого мистецтва” (Париж, Нова Сорбона III), яка ляже в основу монографії “Мистецтво України”. Проф. Нац. Інст-ту Східних Мов і Цивілізацій в Парижі (INALCO), викладає рос. мову і літ-ру, а також курс з історії рос. мист-ва. Почесний доктор (Senoir Fellow) Колумбійського університету в США (з 1976), де  виступає з лекціями.

    Автор багатьох публікацій з питань рос. і укр. мистецтва і літ-ри, виданих рос., укр., франц., англ., нім. та італ. мовами.

    Найвідоміші з її монографій “Оновлене російське образотворче мистецтво, 1863-1914” (1971) і “Мистецтво України” (1990), що вийшли франц. мовою в швейц. вид-ві “L’Âge d’Нômme »  (Лозана) в серії “Славіка. Нариси про мистецтво”, стали класикою європ. мист-ва.

    “Мистецтво України” є найоб’єктивнішим і найповнішим виданням (65 друк. арк.) з питань укр. мист-ва за межами України. В книзі простежується весь шлях розвитку мист-ва України, розкривається його самобутній характер і робиться цілий ряд важливих відкриттів. Автор доводить, що укр. мист-во не тільки завжди було невід’ємною частиною світ. худ. процесу, але і в різні часи ставало донором для європ. культур. Вперше звертає увагу на випереджальні експресіоністичні, навіть сюрреалістичні риси в графіці Т.Г.Шевченка. Зупиняється на багатьох ін. питанях, що  тільки в наш час потрапили в поле зору укр. мистецтвознавців.

    Однією з перших на Заході вивчала явище укр. авангарду поч. XX ст. (вживала цей термін поч. з 1970-х), відкриваючи світові імена О.Архипенка, О.Богомазова, Д.Бурлюка, В.Єрмилова, К.Малевича, А.Петрицького, В.Татліна та ін. Низка її наукових розвідок стала поштовхом для сучасної переоцінки мистецької належності цих всесвітньовідомих майстрів.

    Глибоко цікавилася худ. спадщиною К.Малевича, вперше звернувши увагу на його українське самоусвідомлення. У співавторстві з своїм чоловіком і однодумцем, франц. мист-цем Жаном-Клодом Маркаде (разом з 1957, обвінчалися в 1966), переклала і опублікувала франц. мовою теор. праці К.Малевича (в 4-х томах), в т.ч.  прижиттєві україномовні статті  художника з харківського часопису  1928-1930 рр. “Нова генерація”, що увійшли до 3-го тому  – “Зображувальні мистецтва” (Лозана, 1993).

    Досліджувала творчість жінок-художниць, зокрема тих, чий життєвий шлях був пов’язаний з Україною: О. Екстер-Григорович, С. Терк-Делоне та ін. (монографія “Авангард в жіночому роді: Москва, Санкт-Петербург, Париж (1907-1930)”, Париж, 1983, в співавт. з Ж.-К. Маркаде).

    Окремою темою досліджень М. була історія створення Української Академії Мистецтва і діяльність  її засновників М.Бойчука, М. Бурачека, В. і Ф. Кричевських, А. Маневича, О.Мурашка, Г.Нарбута: “Українське мистецтво двадцятих років (перша національна Українська Академія Мистецтва 1917-1922”, в зб.: Україна 1917-1922. Національне Відродження (Париж-Мюнхен-Едмонтон, 1986).

    Основні публікації М. укр. мовою: “Селянська тематика в творчості Казимира Севериновича Малевича” (“Сучасність”, лют. 1979, с. 65-76), “Український внесок до авангардного мистецтва початку XX століття” (“Сучасність”, лип.-серп. 1980, с.202-221), “Театр Леся Курбаса” (“Сучасність”, січ.-лют. 1983, с. 121-130), “Василь Єрмилов і деякі аспекти українського мистецтва початку XX сторіччя”(“Сучасність”, черв. 1984, с. 38-48).

    В СРСР М. не друкували через її проукраїнські погляди та співпрацю з західними “антирадянськими” виданнями. Ім’я дослідниці повернулося в Україну лише в 1990-х: “Українське мистецтво XX століття і Західна Європа” (“Всесвіт”, 1990, №7), словник “Митці України” (Київ, 1992) та ін., але залишається ще недостатньо відомим на її Батьківщині.

    Т.С.Кілессо, канд.арх.

    (За оригінальними матеріалами п. Ж.-К.Маркаде)

     

    Літ-ра:

    1. Горбачова І. Пам’яті Валентини Маркаде//Хроніка – 2000. – К.,1995. – Вип. 2-3. “Україна-Франція”. – С. 382.

    2. Маркаде Валентина Дмитрівна// Мист-во України: Біогр. довідник/ За ред. А.В.Кудрицького. – К., 1997. – С. 897.

  • Archives – « Le Monde » en 1912-13 et Gilles Deleuze

    Archives – « Le Monde » en 1912-13 et Gilles Deleuze

    12 mars 2012

    Piotr Smolar (ou, du moins le titre de la Rédaction du « Monde ») a trouvé le moyen, à propos du trafic d’organes des Kosovars (tellement unilatéralement et partialement soutenus en son temps), d’incriminer principalement la Russie pour ne pas transmettre les informations médicales qu’elle aurait à ce propos. Donc, ce ne sont pas les trafiquants d’organes kosovars les criminels, mais la Russie…

    Mais pourquoi s’étonner, quand le même Smolar et sa collègue inénarrable Marie Jégo, s’empressent de faire des rumeurs non avérées des vérités, pour peu qu’elles soient à charge contre la Russie – ainsi de « Maghnitski battu à mort (sic!) » dans la prison où il était enfermé. Cela ne suffit pas que la mort de Maghnitski soit une bavure de la justice russe, il faut y ajouter la touche people  de « battu à mort », sans que cela soit mentionné, ni repris, par la grande majorité des sites d’opposition.

    16 mars

    J’ajoute que, depuis ce « Maghnitski battu à mort en prison », Smolar et Jégo ont retiré cette « épithète homérique », par « maltraité » : y a-t-il eu quelque protestation de gens informés plus rigoureusement? En tout cas, la calomnie a joué son rôle : puisqu’il n’y a eu aucune rectification des propos de Smolar et Jégo sur « Maghnitski battu à mort », l’imputation reste en l’air. Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose. C’est malheureusement la doctrine du journalisme du « Monde » concernant la Russie.

    Toinette Jégo continue à sévir : elle s’est emparée de deux « épithètes homériques » qu’elle va nous ressortir désormais à chaque papier : il y a une « classe créative » en Russie, avide de justice et de liberté » et, en face, « l’élite politico-militaire au pouvoir qui mise sur la bigoterie, le repli sur soi, la haine de l’étranger », évidemment promue, soutenue, encouragée par Poutine, baptisée par Toinette Jégo de « leader national ».

    Font partie de la « classe créative », sans doute selon Jégo, tous ceux qui sont contre Poutine – les Navalny, les Oudaltsov, les Kasparov, les Nemtsov qui, jusqu’ici, ont comme seul programme politique « la Russie sans Poutine », mais aucun  programme socio-économique qui pourrait remplacer le système actuel (le seul qui en est un de cohérent, en dehors des communistes, c’est Prokhorov, dont Jégo ne parle guère, qui n’est pas propoutinien, sans faire une opposition démagogique systématique). Sans doute aussi appartiennent à la »classe créative »  les tristement célèbres Poussy Riot, dont le niveau littéraire et musical reste pitoyable, mais dont l’inénarrable critique d’art Jégo a fait des descendants de Malévitch (mais oui!)…

     

    PS Au G20, un hommage a été rendu à Poutine, pas seulement par politesse, en particulier par Christine Lagarde

    Les deux articles du « Monde » sur la mort de Boris Bérézovski, signés Jégo se terminent, cela va de soi, par Poutine, comparé à Staline face à Trotsky-Bérézovski, via un « politologue », et par le rappel de Poutine-assassin de Litvinenko via les accusations de Bérézovski-Litvinenko…Quel journalisme ! Et  l’on serait assez d’accord avec Mélanchon éructant contre ce journalisme-là, si déjà Gilles Deleuze n’avait mis le doigt sur un certain type de journalisme :

    « Le journalisme, en liaison avec la radio et la télé, a pris de plus en plus vivement conscience de sa possibilité de créer l’événement (les fuites contrôlées, Watergate, les sondages ?). Et de même qu’il avait moins besoin de se référer à des événements extérieurs, puisqu’il en créait une large part, il avait moins besoin aussi de se rapporter à des analyses extérieures au journalisme, ou à des personnages du type « intellectuel », « écrivain » : le journalisme découvrait en lui-même une pensée autonome et suffisante. C’est pourquoi, à la limite, un livre vaut moins que l’article de journal qu’on fait sur lui ou l’interview à laquelle il donne lieu. Les intellectuels et les écrivains, même les artistes, sont donc conviés à devenir journalistes s’ils veulent se conformer aux normes. C’est un nouveau type de pensée, la pensée-interview, la pensée-entretien, la pensée-minute. On imagine un livre qui porterait sur un article de journal, et non plus l’inverse.

    Les rapports de force ont tout à fait changé, entre journalistes et intellectuels. Tout a commencé avec la télé, et les numéros de dressage que les interviewers ont fait subir aux intellectuels consentants. Le journal n’a plus besoin du livre. Je ne dis pas que ce retournement, cette domestication de l’intellectuel, cette journalisation, soit une catastrophe. C’est comme ça : au moment même où l’écriture et la pensée tendaient à abandonner la fonction-auteur, au moment où les créations ne passaient plus par la fonction-auteur, celle-ci se trouvait reprise par la radio et la télé, et par le journalisme. Les journalistes devenaient les nouveaux auteurs, et les écrivains qui souhaitaient encore être des auteurs devaient passer par les journalistes, ou devenir leurs propres journalistes. Une fonction tombée dans un certain discrédit retrouvait une modernité et un nouveau conformisme, en changeant de lieu et d’objet. C’est cela qui a rendu possible les entreprises de marketing intellectuel. »