Catégorie : Personnel

  • Jacques Sapir sur la primaire à gauche

    Je mets sur mon blog cette analyse féroce d’un économiste pour lequel j’ai le plus grand respect, même si je ne le suis pas dans son antieuropéisme radical, mais je sais qu’il a une connaissance en profondeur non seulement des questions économiques mais aussi des géopolitiques. S’il a raison sur Mélenchon, il me paraît trop radicalement sévère à l’égard de Macron qui a plus qu’ « une figure aimable »…

    Jacques Sapir

    217232 Les téléspectateurs français auront donc pu, jeudi 12 janvier, assister au premier débat de la « primaire » de la « gauche » organisée par le P « S ». Le moins que l’on puisse en dire est qu’il n’a pas soulevé l’enthousiasme des foules. © REUTERS/ STEPHANE DE SAKUTIN 3,5 millions de télespectateurs ont regardé Hollande contre 9,9 millions en février Avec à peine plus de 3 millions de téléspectateurs, on est presque à 2 millions en dessous du premier débat de la « primaire » de la droite. Les réponses ont été convenues, et l’ambiance assez morne. Les débats entre les candidats montrent que l’espace politique de ces derniers se réduit désormais considérablement. Au point que l’on peut se demander si cela a le moindre sens de désigner un vainqueur. Ils furent donc sept, Pinel, Valls, Montebourg, Hamon, Peillon, Bennhamias et de Rugy, comme les sept nains de Blanche-Neige. Sauf qu’il n’y eut aucun chevalier pour donner le baiser de la vie à un P « S » en état de coma dépassé. Tous les candidats présentent, à un degré ou à un autre, le même problème: ils ne sont guère crédibles, et en tous les cas certainement moins que d’autres candidats, comme Emmanuel Macron ou Jean-Luc Mélenchon qui, eux, ne concourent justement pas à la « primaire » organisée par le Parti « socialiste ». Valls et Macron, ou le côté obscur de la farce… Manuel Valls est confronté à la tâche quasi-impossible de faire oublier en quelques semaines son propre bilan comme chef du gouvernement. Il dit ainsi vouloir supprimer l’article 49.3 de la constitution, alors que en tant que Premier ministre, il en a usé et abusé lors du vote de la loi travail, au printemps 2016. On peut supposer que Manuel Valls a rencontré la révélation du rôle du 49.3, sa candidature représentant alors son « Chemin de Damas » en la matière. Mais on peut aussi douter de sa capacité à en convaincre les électeurs de « gauche ». De même, s’il met aujourd’hui tant d’insistance à proclamer son attachement aux valeurs de la dite « gauche », à se présenter comme un « rassembleur », c’est qu’il aura quelques difficultés à en convaincre les électeurs. Sa candidature ne repose que sur l’hypothèse d’une amnésie collective. Et l’on comprend bien où est, pour lui, le problème. C’est que la place du centre-gauche est déjà occupée par Emmanuel Macron. Le sémillant candidat des marchés financiers, de l’ubérisation de la société et de la banque a justement ce qui manque à l’ancien Premier ministre: une figure aimable: un discours tout aussi ronflant que creux qui cherche à vous faire prendre des vessies pour des lanternes, bref une posture moderne. © FLICKR/ FLASH.PRO Mainstream: retour à l’objectivité ou nouvelle stratégie de développement? On ne voit guère ce qui pourrait tenter l’électeur déjà tenté par un vote de centre-gauche de se prononcer pour Manuel Valls quand il a sous la main un Macron. Bien sûr, le bilan de ce dernier n’est guère plus glorieux que celui de son ancien patron. Les autocars, lancés à grand son de trompe, s’avèrent être une arnaque de première grandeur; sa dérèglementation de certaines professions s’avère être un désastre total; enfin, la responsabilité d’Emmanuel Macron est tout autant engagée dans le vote de la très contestable (et très contestée) « loi travail » que celle de l’ex-Premier ministre. Mais voilà, Emmanuel Macron apparaît bien moins usé par son passage au gouvernement que Manuel Valls. Si ce dernier avait quitté le gouvernement à l’été 2015, il en aurait (peut-être) été tout autrement. Valls arrive fourbu et épuisé, trainant derrière lui tel un boulet son bilan. On comprend qu’il ne fasse guère envie. Montebourg et Mélenchon Le grand adversaire de Manuel Valls, au sein de cette primaire, est Arnaud Montebourg, qui est censé incarner la « gauche » au sein de ce qui n’est plus qu’un double mensonge, le « parti socialiste ». Mensonge, bien sur, car ce « parti » n’est nullement socialiste, mais mensonge aussi car ce n’est plus depuis longtemps un parti, c’est à dire un instrument collectif représentant les intérêts de ses membres, mais bien l’instrument d’ambitions personnelles et le lieu d’expression de haines recuites et de pratiques délétères. Arnaud Montebourg avait réuni sur son nom 17% des voix lors de la « primaire » de 2011, ce qui est à comparer avec le score de son principal adversaire, Manuel Valls qui n’en avait réuni que 5%. Mais, son problème est qu’il a durablement altéré son image par des postures qui sont incompréhensibles. L’homme du « fabriqué en France » se réclame d’un partage de la souveraineté avec les institutions européennes. Outre le fait que la souveraineté ne se partage pas, chose qu’un juriste comme Montebourg devrait savoir, on ne voit pas bien l’utilité de « fabriquer en France » si l’on accepte de céder notre souveraineté. Le thème du « made in France » n’est compatible, en réalité, qu’avec une véritable position souverainiste. Il implique des positions protectionnistes, justement pour conserver et ramener des emplois vers le territoire français. On l’a d’ailleurs bien vu avec les récentes déclarations de Donald Trump. Cela, tout le monde peut le comprendre. Tout le monde, mais apparemment pas Arnaud Montebourg. Bien sûr, on peut toujours dire qu’une certaine incohérence de discours est nécessaire en politique. Mais, en réalité, cette incohérence peut s’avérer mortelle. Et cela d’autant plus qu’il y a, à gauche, un autre candidat qui dit aujourd’hui les mêmes choses, mais de manière bien plus cohérente qu’Arnaud Montebourg, c’est Jean-Luc Mélenchon. La candidature de Mélenchon, qui — rappelons-le — a fait le choix justifié de ne pas se présenter à cette funeste primaire, possède tout ce qui manque à Montebourg: une relative clarté sur la question de l’Euro tout comme sur celle de l’Union européenne, une véritable réflexion sur la réorientation de l’économie, sur la nécessité d’avoir des formes de planifications, et sur le lien entre économie et écologie. On peut faire tous les reproches que l’on veut à Jean-Luc Mélenchon; il n’en reste pas moins que le niveau de cohérence de son projet est incomparablement supérieur à celui d’Arnaud Montebourg. Pour un électeur de gauche, égaré encore au parti « socialiste », il est plus juste et plus utile de voter pour Mélenchon au premier tour de l’élection présidentielle, et de ne pas se déplacer à la « primaire ». La guerre des clowns © REUTERS/ BERTRAND GUAY Primaire à gauche: des candidats pour une France plus forte face à Trump et Poutine Faisons un rapide tableau des autres candidats. Benoît Hamon mène bien sa barque, mais c’est pour n’aller nulle part. Il adopte ce qu’il croit être une posture mitterrandienne, mais c’est une farce; une farce tranquille, mais néanmoins une farce. Sa candidature est en réalité vide de sens. Cela n’étonnera que ceux qui ont oublié sa désastreuse critique de la politique du gouvernement en septembre 2009, quand il reprochait à celui-ci, en pleine crise économique et financière, d’accroître le déficit. Ce candidat confond une « primaire » à l’élection présidentielle avec un congrès de son parti. Notons, à se décharge, qu’il n’est pas le seul. Vincent Peillon, l’homme qui fait subir à la philosophie et à l’histoire les derniers outrages, veut nous faire prendre une vulgaire magouille de congrès avec une véritable candidature. Qu’il ne soit pas immédiatement retrouvé aux urgences de l’Assistance Publique est bien la preuve qu’en France, et en particulier en politique, le ridicule ne tue plus, et parfois on a bien envie de dire, hélas…. Les deux compères écologistes, le duo de Rugy et Benhamias, voudraient nous infliger une de la primaire de Europe Ecologie Les Verts, où ils ont été vaincus. Nous avons aussi la candidate du PRG, Mme Sylvie Pinel. Oui, Sylvie Pinel; bon, Sylvie Pinel. Comment dire…Il me vient une référence de la littérature russe, cette phrase dans une œuvre de Mikhail Griboïedov: « et je te renvoie dans ton néant, à Tver ». Mme Sylvie Pinel ne connaît ni Griboïedov ni Tver, mais elle a beaucoup fréquenté le néant. En fait, prix en tenailles entre Emmanuel Macron sur la droite, et Jean-Luc Mélenchon sur la gauche, la primaire organisée par le parti « socialiste » n’a plus de sens depuis longtemps, car ses candidats sont incapables d’articuler une véritable vision des problèmes politiques, un programme cohérent, une image différente de la décomposition hollandiste, quand il ne sont pas, tout simplement, incapables… Cette primaire ne sert à rien, même si elle sert à certains, et permet de flatter les égo d’autres. Mais, c’est typiquement le genre de non-événement qui attire tellement les médias car il les dispense de parler des véritables sujets.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n’engagent que la responsabilité de l’auteur.

    En savoir plus: https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201701161029602891-telespectateurs-francais-premier-debat/

  • С Праздником Свят. Василия Великого!

    С  Праздником Свят. Василия Великого!

     

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  • Le Skite Saint Spyridon à Geilnau an der Lahn

    J’ai eu la joie de fêter la Nativité du Christ dans le monastère serbe de Saint Spyridon en Allemagne, à Geilnau, un village  près d’Ems et de Coblence, dont l’higoumène est l’archimandrite Basile Grolimund qui a été notre étudiant de russe à Valentine et à moi aux Langues’O autour de 1970. Nous étions venus, Valentine et moi, lui rendre visite  autour de 1990, au tout début de son installation dans une ancienne auberge qu’il transformait peu à peu en monastère. Quelques mois avant la mort de Valentine, le Père Basile était venu au Pam et lui avait conféré l’extrême onction. J’étais venu, après la mort de Valentine, voir le Père Basile en 2001. Il y avait à ce moment un peintre d’icônes de Moscou, Alexandre Stoliarov, qui travaillait à réaliser toutes les icônes d’une immense iconostase. J’ai eu la joie de voir cette oeuvre achevée. Les services religieux du skit sont strictement réglés selon les canons monastiques, donc sans coupures. Les heures et les vigiles durent de trois à quatre heures, la liturgie également. Les textes sont dits dans plusieurs langues, en allemand, en slavon russe, en slavon serbe, en grec, parfois en français ou en anglais. Les très nombreux fidèles venus de plusieurs régions d’Allemagne sont principalement des orthodoxes allemands, serbes, russes, mais des croyants du monde entier y font des séjours de retraite. Le Père Basile a été victime d’une scoliose et il accomplit les services très longs tout courbé,  avec une ferveur et une ténacité admirables. Il ressemble au Séraphin de Sarov des icônes. De ce grand saint, le Père Basile a l’accueil bienveillant tout illuminé de douceur rayonnante.

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    Iconostase d’Alexandre Stoliarov au skit de Saint Spyridon

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  • BONA HESTA DE NADAU! BONA ANNADA!

    Joyeux Noël! Fröhliche gesegnete Weihnachten! Merry Christmas!

    BONA HESTA DE NADAU! BONA ANNADA!  

    С Рождеством Христовым!
    З Різдвом Христовим!

    Καλά Χριστούγεννα!

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    Escoutat capbat la moutagna
    Cantat lous anjous de Nadau
    E de Béthlèem la campagna
    Pren lou de heste annau

    Gloria, gloria in excelsis Deo (bis)

    Lou hilh de Diu s’ey heit mayanaitje
    At mey des praubes qu’ey mascut
    Lous aulhès d’u pétit bilatje
    Coum u dès louès l’an arcuelhut

    Lou Diu d’et ceu è dé la terra
    Qu’a dat moustra de soum amou.
    Et qui ‘nsé débè hè la guerra
    Nous da lou hilh per Saubadou.

     

    ****

    Le ciel est noir, la terre est blanche ;
    – Cloches, carillonnez gaîment !
    – 
Jésus est né ; – la Vierge penche
    Sur lui son visage charmant.
    Pas de courtines festonnées
    Pour préserver l’enfant du froid ;
    Rien que les toiles d’araignées
    Qui pendent des poutres du toit.
    Il tremble sur la paille fraîche,
    Ce cher petit enfant Jésus,
    Et pour l’échauffer dans sa crèche
    L’âne et le boeuf soufflent dessus.
    La neige au chaume coud ses franges,
    Mais sur le toit s’ouvre le ciel
    Et, tout en blanc, le choeur des anges
    Chante aux bergers :  » Noël ! Noël ! « 

    Théophile Gautier.
    Émaux et Camées (1852)

    ****

    Тучи с ожерёба
    Ржут, как сто кобыл,
    Плещет надо мною
    Пламя красных крыл.
    Небо словно вымя,
    Звезды как сосцы.
    Пухнет Божье имя
    В животе овцы.
    Верю: завтра рано,
    Чуть забрезжит свет,
    Новый под туманом
    Вспыхнет Назарет.
    Новое восславят
    Рождество поля,
    И, как пес, пролает
    За горой заря.
    Только знаю: будет
    Страшный вопль и крик,
    Отрекутся люди
    Славить новый лик.
    Скрежетом булата
    Вздыбят пасть земли…
    И со щек заката
    Спрыгнут скулы-дни.
    Побегут, как лани,
    В степь иных сторон,
    Где вздымает длани
    Новый Симеон.
    1917

    Сергей Есенин
    Sergueï Essénine

    ******
    Advent
    Es treibt der Wind im Winterwalde
    die Flockenherde wie ein Hirt
    und manche Tanne ahnt wie balde
    sie fromm und lichterheilig wird.
    Und lauscht hinaus: den weißen Wegen
    streckt sie die Zweige hin – bereit
    und wehrt dem Wind und wächst entgegen
    der einen Nacht der Herrlichkeit.

    Rainer Maria Rilke

    *****
    Ангели з неба злетіли на крилах,
    Добру новину нам возвістили.
    Зірка велика над стайнею сяє,
    Дорогу до Бога, дорога до Бога
    Всім осіяє!

    Великеє диво сталося нині –
    В яслах на сіні маленька Дитина,
    А біля Нього щасливая мати
    Пісню співає, пісню співає
    Малому Дитяті!

    Так воплотилася воля Господня,
    Бо наш Спаситель родився сьогодні.
    Ми на колінах Його привітаймо,
    Богу живому, Богу живому
    Хвалу воздаймо!

    ****

    Καλήν εσπέραν άρχοντες
    Καλήν εσπέραν άρχοντες,
    αν είναι ορισμός σας,
    Χριστού τη Θεία γέννηση,
    να πω στ’ αρχοντικό σας.
    Χριστός γεννάται σήμερον,
    εν Βηθλεέμ τη πόλη,
    οι ουρανοί αγάλλονται,
    χαίρεται η φύσις όλη.

    Εν τω σπηλαίω τίκτεται,
    εν φάτνη των αλόγων,
    ο βασιλεύς των ουρανών,
    και ποιητής των όλων.
    Πλήθος αγγέλων ψάλλουσι,
    το Δόξα εν υψίστοις,
    και τούτο άξιον εστί,
    η των ποιμένων πίστις.

    Εκ της Περσίας έρχονται
    τρεις μάγοι με τα δώρα
    άστρο λαμπρό τους οδηγεί
    χωρίς να λείψει ώρα.

    Σ’ αυτό το σπίτι που ‘ρθαμε,
    πέτρα να μη ραγίσει
    κι ο νοικοκύρης του σπιτιού
    χρόνια πολλά να ζήσει.

  • Obama is a small president, he is a weak président…

    Obama sur les Russes:

    « They’re a small country, they’re a weak country, they don’t produce anything that anybody wants to buy. »

    Obama -Alas!Alas!Alas!- est devenu avec le temps un petit président qui, entre autre, n’a même pas su défendre les meurtres réguliers  de ses congénères noirs.

    Il feint d’oublier que Bush-père était directeur de la CIA depuis 1976… Une CIA qui n’a pas cessé d’oeuvrer jusqu’à aujourd’hui à des déstabilisations partout dans le monde.

     

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  • Pierre Le Corf, humanitaire breton basé à Alep

    Qui est Pierre Le Corf, humanitaire breton basé à Alep?

    Pierre Le Corf a 27 ans, originaire du Morbihan, il a tout quitté il y a deux ans et demi pour mener un tour du monde solidaire. Depuis huit mois, il est installé à Alep et vit au quotidien avec ses habitants. Il essaie d’apporter son soutien, une mission non sans risque.

    • Par Emilie Colin
    • Publié le , mis à jour le
    Pierre Le Corf (à gauche) et une petite fille syrienne, à Alep en octobre 2016. Il explique cette photo en disant que la plupart des enfants sur place parlent de leur ancienne maison, leur chambre qu'ils rêvent de retrouver. © Pierre Le Corf

    © Pierre Le Corf Pierre Le Corf (à gauche) et une petite fille syrienne, à Alep en octobre 2016. Il explique cette photo en disant que la plupart des enfants sur place parlent de leur ancienne maison, leur chambre qu’ils rêvent de retrouver.

    Cela fait huit mois qu’il est installé à Alep (zone ouest) en Syrie et qu’il veut apporter son aide à la population. Pierre Le Corf a 27 ans, il serait le seul français établi sur place depuis aussi longtemps. Fils d’ostréiculteurs et originaire du Morbihan, il a tout quitté, tout vendu il y a 3 ans, pour fonder son association We are superheroes et se lancer dans un tour du monde solidaire. Joint par téléphone lundi, il explique son parcours, et son envie de rester en Syrie, tant qu’il pourra.

    Alep, « l’une des plus grandes communautés marginalisées du monde, des fantômes qui essaient de survivre et de croire en demain »

    « J’y suis arrivé il y a 8 mois à travers une autre ONG (SOS Chrétiens d’Orient) qui était touchée par les actions que je menais dans d’autres pays. Au départ, mon projet (We are superheroes) c’était de donner du sens à l’histoire des gens et de transmettre leur savoir, en tant qu’expérience de vie. Au fur et à mesure le programme s’est mis en place sur des zones de génocide, de gangs. Cela a touché beaucoup de gens. Cette ONG a voulu encourager le travail que je faisais et m’a proposé de venir en Syrie pour continuer.

    Je ne pensais pas rester trop longtemps. Je suis arrivé en passant par Damas. En arrivant à Alep, j’ai découvert des gens extraordinaires, une situation qui dépassait de très très loin ce que les médias racontaient à son propos et j’ai eu envie de rester. Du coup c’est ce que j’ai fait pour à la fois transmettre ce qui se passe ici, et aussi créer des programmes qui puissent véritablement aider les gens. »

    Agir au quotidien

    Pierre Le Corf s’est fixé plusieurs missions notamment celle de pouvoir fournir des trousses de premiers soins. Il finance lui même ces projets, « une grosse responsabilité » qui l’amène désormais à lancer des collectes de fond pour pouvoir continuer. Il raconte son quotidien.

    « Il n’y a pas de journée type ici parce que la guerre change tout tout le temps. Il y a des jours où des gens que vous aimez se font tuer par une roquette, donc vous allez voir où c’est tombé, vous allez rencontrer la famille à l’hôpital, vous allez essayer de trouver des solutions pour l’aider. »

    Rester ?

    « Beaucoup de gens sont inquiets autour de moi. Je ne prends jamais de risques immodérés, après évidemment les roquettes et les mortiers tombent là où ils tombent. Ne pas porter de gilet pare-balles ? C’est une vrai volonté, il n’y pas d’intérêt à porter un gilet pare-balles dans un endroit où les gens n’en ont pas. Pourquoi moi j’aurais le droit d’en porter un et pas eux ? »

    We are superheros : partir et donner à voir les autres

    « We are superheroes c’était il y a deux ans et demi. Je devais être au plus près de la réalité. Je viens d’une famille très modeste, sans vraiment beaucoup de moyens. Je suis parti très tôt de chez moi. J’ai grandi dans un environnement compliqué. Au fur et à mesure des années, j’ai fini par plus ou moins réussir, par vivre correctement même, en montant des projets d’entreprise. Mais au bout d’un moment, je ne me reconnaissais plus vraiment. Ayant grandi dans ces environnements-là, j’ai toujours été auprès de gens qui avaient besoin d’aide. J’ai moi-même grandi avec des gens qui ont été capables de me tendre la main. Du coup j’ai décidé de me reconcentrer sur ce qui importait le plus, à savoir ceux dont on parlait le moins. J’ai eu envie d’arriver à découvrir le monde non pas comme on me le racontait mais comme il l’était réellement et ne pas me limiter à la France sur ma perception de l’être humain. »

    A voir,  le reportage de France 2