John Malmstad, un des plus grands connaisseurs de la poésie russe, des arts novateurs dans l’Empire Russe et en URSS, ainsi que du ballet, est mort à Boston d’une pneumonie. L’université de Harvard, dont il était un des éminents professeurs, lui rendra hommage dans les jours qui viennent.
John Malmstad a été un des étudiants préférés de Nina Berbérova à Princeton. C’est à l’Université de Columbia à New-York qu’il nous avait invités Valentine et moi en 1977 comme senior fellows et nous avons pu faire des conférences en russe dans différents centres universitaires new-yorkais, à Standford, Berkeley, à Los Angeles, Valentine sur l’art russe et le théâtre, moi sur Leskov, Malévitch et l’art des icônes. Nous avons visité avec lui le Nouveau Mexique, la Virginie, l’Arizona, la Caroline du Nord, la nouvelle Angleterre. Et lors de ses séjours chez nous, à Paris et dans les Landes, nous lui avons fait visiter la Bretagne et plusieurs régions de l’Occitanie.
John Malmstad était un des grands spécialistes d’Andreï Biély dont il a été, entre autre, un des premiers traducteurs en anglais du roman Pétersbourg, une des œuvres majeures du XXème siècle. Il a écrit non seulement sur la poésie de Mikhaïl Kouzmine et publié sa biographie (traduite en français), mais aussi sur la poésie, les critiques littéraires, les monographies et les mémoires de Vladislav Khodassévitch, le premier époux de Nina Berbérova. C’était un scientifique d’une grande exigence dans l’établissement textologique des œuvres russes, en particulier symbolistes, et leurs annotations. Il a travaillé dans ce domaine avec ses collègues russes, dont l’académicien pétersbourgeois, spécialiste du modernisme littéraire russe du début du XXème siècle, Alexandre Vassiliévitch Lavrov
John Malmstad faisait partie de notre vie familiale, il était plus qu’un ami, il était à nos côtés dans les turbulences de la vie intellectuelle.Il a dirigé avec moi l’édition des lettres d’Alexandre Smirnov à Sonia Delaunay écrites dans le premier quart du XXème siècle.
C’est donc tout un pande notre vie qui disparaît.

