Un collègue de l’Université de Brest, Jean Vareille, m’a adressé un courriel où il me dit avoir lu avec profit mes articles publiés dans mon blog sur la Russie et l’Ukraine, et il me cite une notule que j’avais oubliée, envoyée en 2010 au Courrier des Lecteurs du Monde, qui n’avait, bien entendu, trouvé aucun écho auprès de ceux qui aujourd’hui se disent, pour des raisons circonstancielles, « être Ukrainiens »…
La désinformation sur l’Ukraine
J’ai retrouvé cet ancien texte qui reste,en cette fin février 2013, toujours d’actualité, envoyé : lundi 15 février 2010 23:46
À : COURRIER-DES-LECTEURS
Objet : l’Ukraine vue de Moscou
Décidément “Le Monde” continue à maltraiter l’Ukraine. Naguère le grand poète national ukrainien et grand poète universel, Taras Chevtchenko ,était appelé dans ses colonnes “le romancier Tchevtchenko”! Voilà maintenant Mme Jégo qui s’y met, répétant que “Kiev est la mère des villes russes”, slogan préféré des Grands- Russes de toutes les époques, alors qu’il s’agit d’une phrase qui aurait été dite au Xe siècle par le prince de Kiev Oleg, alors que la Russie n’existait pas, mais qu’existait la Rous’, c’est -à – dire, pour une grande part, le territoire de l’Ukraine actuelle. Donc il faut rétablir cette phrase en “Kiev mère des villes de la Rous’”.
De même, le terme de “Petite Russie” (Malorossiya et non “Malaïa Rossia”, qui est le terme des chancelleries depuis Byzance) et de Petits Russiens a cessé d’être courant, même chez les chauvinistes grands-russes, après 1917 et je ne connais personne qui l’emploie encore (mais on continue à désigner, plutôt péjorativement, les Ukrainiens comme des “khokhly” – les “toupets” – allusion à la coupe de cheveux des cosaques, alors que les Ukrainiens traitent les “moskali” (les Moscovites) de “katsapy” – allusion à la barbichette, comme celle des boucs, de beaucoup de Grands-Russes). Quant aux linguistes qui ont “considéré le plus souvent’ la langue ukrainienne
“comme une sous-catégorie de la langue russe”, on voudrait des noms;
faire état de cela sans crier haut et fort que l’ukrainien est une langue slave de base, chose reconnue par tous les linguistes de renom, qu’il y a une littérature importante à toutes les époques (en particulier au vingtième siècle, une pléiade de poètes de premier rang), c’est ne pas informer le lecteur français, cela ressemble à ce qu’a déclaré, au moment de l’indépendance de l’Ukraine, Giscard d’Estaing – qu’il fallait comprendre que l’Ukraine c’était important pour la Russie, car son indépendance, c’était comme si l’on amputait la France de la région Rhône-Alpes (sic!!!!) jean-claude marcadé