Pascal vs Malévitch

BLAISE PASCAL :

« L’imagination dispose de tout ; elle fait la beauté, la justice et le bonheur, qui est le tout du monde. Je voudrais de bon cœur voir le livre italien, dont je ne connais que le titre, qui vaut lui seul bien des livres : Della opinione regina del mondo. J’y souscris sans le connaître, sauf le mal, s’il y en a.
Voilà à peu près les effets de cette faculté trompeuse qui semble nous être donnée exprès pour nous induire à une erreur nécessaire.

KAZIMIR MALÉVITCH :

« Schopenhauer a intitulé son livre « Le monde comme volonté et représentation ». Bien entendu, je ne l’avais pas lu, mais ai lu le titre dans une vitrine, je n’ai pas beaucoup réfléchi à ce titre, mais ai quelque peu considéré que le Monde est seulement là ou il n’y a ni volonté, ni représentation, – car là où ces deux choses sont, le Monde n’est pas, là est le combat des représentations. » (Lettre à Mikhaïl Guerchenzon du 13 octobre 1924)

[Шопенгауэр озаглавил свою книжку «Мир как воля и представление». Конечно, я ее не читал, но заглавие на витрине прочел, очень я над этим заглавием не думал, но немного рассудил, что Мир бывает только там, где нет, ни воли, ни представления, — где, же эти двое есть, там Мира не бывает, там борьба представлений.]