Malévitch à la Tate Modern, sans l’Ukraine

Extraits de deux lettres à des amis

Я провёл только день и две ночи в Лондоне, а 2 дня и 2
ночи в дороге (поезд, автобус, корабль от Калэ до Дувра. туннель под
чаннелем!!!). Но этот день как месяц, насыщенный, хотя я только посетил Тэйт
Модерн, но я изъездил весь город на туравтобусе и гулял в разных местах
вокруг Сэнт-Пола и, конечно, Вестминстера и окрестностей. Город красивейший,
величественный, пoрой мне казалось, что Париж более « étriqué ».
Выставка Малевича, конечно, глобально интересная и даёт повод размышлениям,
НО опять чудовищная русификация творчества Малевича. Слова « Украина »,
« украинский » полностью отсутсвуют. Это вариант позорной ( с точки зрения
истории) Луврской выставки « Святая Россия « . Говорится о польском
происхождении (хотя Малевич не знал Польши) и о Киеве, как о русском
городе…Второй зал озаглавлен « А Russian Artist »!!! Как будто надо было это
подтвердить… А статья посредственного Джона Милнера в каталоге называется
« Malevich : Becoming Russian »!!!. Конечно, Петрова в своей статье (между
прочим совсем не плохой) « From Suprematism to Supranaturalism : Malevich’s
Late works », не будет писать, как Горбачов, и я вслед за ним, о
« реукраинизации » Малевича после 1928 года… Экспозиция произведений в
большинстве случаев хорошая. Но стена с « Белыми на белом » не имеет той
фантастической силы, которая была в Амстердаме. Ужасным был зал 9 « A Teacher
in Vitebsk and Unovis », где все стены завешены с верха вниз вереницей
произведений на бумаге разных художников малевического круга – нельзя было
« читать » эти вещи.
Зато выставка « Henri Matisse. The Cut-Outs » прекрасна, безупречна. Какая
красота этот последиий период Матисса – Праздник цвета, изобретательности,
свежести.

J’ai passé tout le jeudi à la Tate Modern et un peu partout dans la ville avec un Bus City Seing. L’exposition Malévitch est certainement intéressante et propice aux réflexions, mais elle n’est pas aussi grandiose que celle d’Amsterdam. Et, en outre, j’ai été hérissé, dès le début et tout au long du parcours, par le parti-pris idéologique de faire de Malévitch un peintre cent pour cent russe. Il est un Polonais ( il n’a jamais mis les pieds en Pologne avant l’âge de 49 ans), né à Kiev (bien entendu, en Russie). Les mots « Ukraine », « ukrainien » sont systématiquement bannis. La deuxième salle s’intitule « A Russian Artist » – cela montre que ce n’est pas évident et l’article du médiocre John Milner s’intitule dans le catalogue « Malevich: Becoming Russian » (ce même Milner affirme que la date de naissance 1879 a été définitivement établie … par Nakov, alors que, bien avant Nakov, c’est Dmytro Horbatchov qui a publié toute la documentation sur le sujet).
Cette russification outrancière de Malévitch est aussi scandaleuse que la falsification de l’histoire dans l’exposition « Sainte Russie » au Louvre. Et ces pays qui vilipendent aujourd’hui de façon ignominieuse la Russie politiquement, au nom d’une soi-disant défense de l’Ukraine, sont totalement ignorants de l’histoire culturelle, artistique, spirituelle de ce pays et font le jeu de la Russie qui a toujours eu tendance à tout ramener à elle. Je ne défends pas l’Ukraine pour sa politique actuelle désastreuse sous la coupe de la CIA, de McCain et maintenant même d’Obama. Mais je continuerai à la défendre pour faire connaître ses valeurs, son art, sa littérature…
Cela dit, certaines salles étaient réussies, celle du cubo-futurisme, celle d’un essai de reconstruction de l’exposition « 0, 10 », celle aussi des « Oeuvres sur papier » très lisibles sur deux rangées à hauteur de vue. La salle des « Blancs sur blanc », extraordinaire au Stedelijk Museum d’Amsterdam, n’avait pas la même force énergielle. Il y avait une salle complétement ratée, avec une accumulation d’oeuvres sur papier de contemporains de Malévitch sur toute la hauteur des cimaises – il était impossible de les lire… Je ne connais pas l’organisateur Achim Borchardt-Hume ni les autres commissaires. Dans le catalogue, Pétrova a écrit un article « Du Suprématisme au Supranaturalisme » où il ne faut pas entendre parler de ce que Horbatchov, et moi à sa suite, appelons « la réukraïnisation » de Malévitch après 1928…
En revanche, l »exposition « Henri Matisse.The Cut-Outs » est magnifique, un bouquet de couleur, de fraîcheur, d’inventivité. Je continue de penser, encore plus après cette exposition, que le Nordiste Matisse a trouvé dans la lumière du Sud, non une sensualité à la Bonnard, mais une iconicité coloriste et formelle.

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