ARCHIVES – POÉSIES

ARCHIVES – POÉSIES

À LIALIA, 6 février 1959

Chante, chante mon cœur,

Chante, chante mon sang,

Chante, chante ma joie

D’être à ta chair de ma chair.

Je t’ai emmenée aujourd’hui

Dans les régions connues de nous

Avec de telles délices…

Nous avons survolé notre cité,

Nous avons volé dans notre ciel,

Nous avons tout laissé

Pour davantage nous retrouver,

Nous avons tout quitté,

Nous sommes partis, accordés enfin,

Laissant la méchanceté,

La vilenie, les désespérances,

Et j’ai baisé ta main,

Et nos anneaux se sont réunis

À LIALIOUCHA, 24 août 1959

Les arbres roulent, roulent, roulent

au même rythme que mon cœur,

mon âme pleure, pleure, pleure,

sa mélodie et sa langueur.

Ma Bien-Aimée telle une brise

ou comme l’aile de l’oiseau

s’éloigne… mon cœur se brise,

se brise…

il n’est plus que lambeau.

Je te sens , toi, ma Joie,

je te sens, mon Amie,

ton cœur bat

tout près du mien,

tout empli de clartés

À LIALIA, 18 octobre 1959

Tu es là

Tu rayonnes

Tu resplendis

Chaque chose te chante

Mélodie triste de l’absence,

Jouée sur un cor anglais

         Aigre, sur une grève

Le son se meurt

Et va se fondre

Avec le glauque ondoiement

De la mer

Qui n’en finit pas de finir

Et de recommencer.

Une chevelure automnale

A vogué

Sur le champ tourmenté.

Le crépuscule a fini.

Vénus commence

Et sur les flots

Deux yeux

Roulent sans cesse :

Deux yeux d’automne

Ou bien deux astres ?

Vania