Auteur/autrice : Jean-Claude

  • Поздравления с Преображением Господним и Яблочным спасом!

    Поздравляю  друзей с Преображением Господним и Яблочным спасом!115778082_information_items_187860-1 130009.b

  • La « Frankfurter Allgemeine Zeitung » sur la croissance de l’économie russe

    Gute Quartalszahlen
    Russlands Wirtschaft wächst und wächst
    Trotz Sanktionen und des Einbruchs des Ölpreises wächst die russische Wirtschaft so stark wie seit Jahren nicht. Nur ein Sektor schwächelt.

    Die russische Wirtschaft ist nach Angaben des Nationalen Statistikamtes im zweiten Quartal um 2,5 Prozent gegenüber dem Vorjahreszeitraum gewachsen. Das wäre auf das Jahr gerechnet der größte Anstieg der Wirtschaftsleistung seit dem dritten Quartal 2012. Das Amt veröffentlichte die vorläufigen Konjunkturzahlen am Freitag.

    Nach Einschätzung von Analysten lassen die Monatszahlen der Wirtschaftsaktivität auf eine breite Erholung schließen. „Sowohl im Bau als auch in der Industrie hat das Wachstum stark zugelegt“, stellte das Analysehaus Capital Economics fest. Auch der Handel habe positive Zahlen verzeichnet. Die Landwirtschaft sei der einzige volkswirtschaftliche Bereich mit einem Rückgang der Wirtschaftsleistung im zweiten Quartal. Insgesamt liegt das Wachstum in den drei Monaten allerdings unter den von der Regierung vorhergesagten 2,7 Prozent.

    Die russische Wirtschaft hat den Einbruch beim Ölpreis und die Sanktionen des Westens offenbar gut verkraftet. Das Bruttoinlandsprodukt ist seit Ende 2016 wieder im Aufwärtstrend, nachdem es sieben Quartale lang geschrumpft war. Die Vereinigten Staaten hatte vor über einer Woche neue Strafmaßnahmen gegen Russland angekündigt. Diese würden auch deutsche Unternehmen treffen.

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  • Une photographie de Cyril Semenoff-Tian-Chansky

    Une magnifique vue (dans l’esprit de Vermeer)  sur un coin du Plessis Robinson par le photographe Cyril Semenoff-Tian-Chansky, début août 2017

    du bureau de cyril Tian-Chanski à Plessis-Robinson

    du bureau de cyril Tian-Chanski à Plessis-Robinson

  • Gérard Conio sur Eisenstein (en hommage à Naoum Kleïman)

    La Méthode de Naoum Kleïman,

    par Gérard Conio

    En réunissant les «  scenarii inédits » d’Eisenstein, Naoum Kleïman a montré que pour chaque projet particulier, celui-ci avait fait usage d’une méthode qu’on pourrait appeler à double fond : un double fondement qui reliait la pensée intellectuelle à la pensée sensible.

    Cette collusion devait se traduire par le lien entre la synecdoque à la métaphore, la « pars pro toto » n’étant jamais exclusive d’une vision analogique du monde.

    C’est ainsi que le projet inachevé de Glass House  apparaît comme l’allégorie d’un art qu’Eisenstein avait défini comme  régressif.[1]

    En transcendant les implications archaïques de la forme, le cinéma d’Eisenstein voulait se projeter vers l’avenir d’une société sans classe.

    Glass House devenait alors à la fois l’image dérisoire d’une transparence dangereuse, mais signifiait aussi le rêve d’un monde où toutes les barrières et tous les simulacres seraient abolis.

    Dans son commentaire de Glass House, Naoum Kleïman a montré qu’Eisenstein était plus grand que ses films :

    « L’exemple de Glass House, écrit-il, nous prouve une fois de plus que pour l’historien du cinéma, les projets non portés à l’écran ne doivent pas être moins importants que les films prestigieux. Et il ne s’agit pas seulement de la genèse de ces films, l’important n’est pas seulement que des mises en scène réalisées soient préparées par des projets inachevés. Ce qui importe c’est que dans les matériaux de ces projets se cachent des découvertes étonnantes qui ne sont pas recouvertes par les films auxquels ils peuvent donner lieu ».

    En analysant ce qu’il appelle «  la formule du final »,[2] Naoum Kleïman a mis à jour une dialectique qui tire chaque scénario d’Eisenstein vers un dénouement contradictoire conforme à cette double postulation, pessimiste autant qu’optimiste.[3]

    Rarement la poésie en acte a été aussi indissociable d’une recherche philosophique qui, derrière la primauté apparente donnée à la forme n’a cessé de poser la question du sens : sens de la vie, sens de la création, sens de notre rapport au monde.

    C’est en appliquant cette méthode que Naoum Kleiman a su rendre Eisenstein à lui-même en définissant son œuvre non comme un résultat, mais comme un problème.

    Et la lecture qu’il a donnée des textes d’Eisenstein en les confrontant à ses films a replacé ceux-ci dans le contexte d’un règlement de compte permanent entre l’art et le pouvoir, l’art et l’histoire.

    Naoum Kleïman a poursuivi ce combat avec un système de domination dont aurait tort cependant de minimiser les mérites.

    Comment se fait-il, en effet, que la culture monumentale d’une société totalitaire a produit tant de créateurs de génie, tandis que la liberté tant espérée n’a apporté le plus souvent que des œuvres mort-nées ?

    On ne saurait pour autant souhaiter que revienne pour notre gourmandise d’esthète un ordre monstrueusement tout puissant qui suscitait chez ses victimes une réponse à sa mesure.

    Sans entrer dans des déductions aussi scandaleuses, Naoum Kleïman a su, par son empathie avec son modèle, éclairer les liens indissolubles entre un artiste et son époque.

    Et il est frappant que l’anniversaire de ses quatre-vingt ans coïncide à quelques semaines près avec le centenaire de la révolution d’octobre.

    Ce sera l’occasion de revoir à la lumière de ses commentaires la tétralogie de la révolution, à savoir La Grève, le Potemkine, Octobre et La Ligne générale.

    On comprendra alors que ce ne sont pas les illustrations de propagande d’une geste héroïque et sanglante.

    Ces films racontent une histoire parallèle porteuse d’une image du monde qui rattache le passé à l’avenir. Loin d’être l’apologie d’une rupture radicale, cette histoire ouvre sur des prolongements auprès desquels nos événements courants ne sont que des épisodes transitoires.

    [1] Dans les notes de son journal rédigées dans la nuit du 31 décembre de l’année 1932, intitulées « Mon Système », Eisenstein définissait la forme «  comme un stade du contenu » et il ajoutait :

    «  La forme est l’idée même exprimée à travers des méthodes et des modes de pensée ataviques. Je l’ai vérifié jusqu’au bout. On ne me pardonne pas ma conception de l’art comme   « régression ».(…)

    Que l’art soit…synthèse.

    La triade complète : la thèse est le bon sens (tellement méprisé par Engels dans son ouvrage De l’utopie vers la science !) L’anti-thèse est un pas en arrière sur   le chemin de la pensée et la synthèse est le mariage entre la conscience la plus aiguë et la plénitude vitale du primitif.

    Ceci est, bien entendu, l’alpha et l’omega de ce que l’on peut dire ou faire de l’art.

    ( Naoum Kleïman, La formule du final, Centre Eisenstein, 2004, p. 229 )

    Et dans La Méthode ou Grundproblem, Eisenstein précisair dans ces termes la conception « régressive » de l’art qui découlait de «  son expérience pré-natale » ou MLB (Plongée dans le sein maternel) :

    «  L’art n’est rien d’autre que la régression dans les sphères du psychisme vers les formes d’une pensée primaire, à savoir un phénomène identique aux diverses formes d’hypnose, d’alcolisme, de chamanisme, de religion et autres. La dialectique de l’œuvre d’art est fondée sur un double processus simultané : l’élévation progressive dans les degrés les plus intellectuels de la conscience et en même temps, par la construction de la forme, la plongée dans les couches de la pensée sensible la plus profonde. »

    (Eisenstein, La méthode, Premier tome, «  Grundproblem ». Musée du cinéma, Centre Eisenstein, Moscou, 2002, p. 167.)

    [2] La formule du final est le titre donné par Naoum Kleïman à un recueil de ses essais, articles et entretiens publié par le Centre Eisenstein de Moscou en 2004.

    Il s’agit d’une «  pars pro toto » car « la formule du final » était tout d’abord le titre d’un essai isolé qui a englobé tout le reste de l’ouvrage.

    Voici comment Naoum Kleiman a défini «  la formule du final » dans le scénario non réalisé de «  L’Amour du poète », qui devait raconter l’histoire de l’amour secret de Pouchkine pour Ékatérina Karamzina :

    «  Comme dans les projets d’ «  Ivan le Terrible » et de «  Nevski », l’épilogue s’ouvre sur une époque nouvelle et un personnage nouveau qui prennent la relève de ce que l’on a perdu. Le conflit inévitable entre le Poète et le Tsar, l’Art et l’Autocratie, les lois de l’Amour et les lois de la Haine sortent du cadre de la destinée d’un seul homme. Et ce qui pouvait paraître comme un film biographique sur «  un amour secret », le mariage et la mort de Pouchkine , devait dans l’épilogue devenir le tableau de l’histoire. »

    (Naoum Kleïman, La formule du final, p. 55)

    Dans « la formule du final » des films d’Eisenstein, Naoum Kleïman perçoit la manifestation d’un  Idéal à la fois esthétique et éthique. Et bien qu’elle soit conforme à « la triade traditionnelle depuis Pouchkine du Poète, de l’Historien et du Prophète,  cette position n’appartient ni à la jurisprudence de l’État ni à l’horizontalité historique, mais à cette «  verticalité » qui définissait pour Eisenstein la formule du final. »

    (Naoum Kleïman, La formule du final, p. 82).

    [3] A propos d’une note d’Eisenstein sur les deux variantes, l’une pessimiste, l’autre optimiste, du final d’Ulysse de Joyce, Naoum Kleïman remarque qu’ « à notre grand étonnement, elles ne se contredisent pas ».

    ( Naoum Kleïman, «  Les secrets du maître, » La formule du final, p. 248.)

  • Le « Carré noir » de Malévitch vu par le journaliste Philippe Dagen

    Le « Carré noir » de Malévitch vu par le journaliste Philippe Dagen (Le Monde, 5 août 2017)

    Je viens de prendre connaissance de toute la page consacrée par Philippe Dagen au Quadrangle noir entouré de blanc. Je ne parlerai pas de toutes les erreurs  factuelles ou les inexactitudes dont pullule ce texte qui cherche à tout prix à créer une atmosphère de roman policier et « people » qu’affecte depuis un bon temps Le Monde, surtout en ce qui concerne la Russie (une des méthodes consiste à mettre systématiquement des titres négatifs à des articles plus nuancés).

    Je ne relèverai que deux affirmations totalement erronées qu’il est grave qu’elles soient à nouveau popularisées dans le « journal de référence ». La famille  du père polonais de Malewicz (Malévitch) n’a pas émigré en Ukraine en 1863, car elle était une famille de la noblesse héréditaire de Volhynie (de Volodymyr/Vladimir, Ladomir chez Khlebnikov), province qui a appartenu successivement à la Rous’ de Kiev, à la Pologne-Lituanie, à l’Empire Russe, à l’Ukraine. Les Malewicz n’ont donc pas dû « émigrer », ils étaient chez eux en Ukraine et ce n’est pas pour rien que Malévitch, dans ses mémoires, se dit Ukrainien.

    Autre erreur, le conflit entre Malévitch et Tatline commence dès 1915, lors de la naissance du suprématisme à l’exposition « 0,10 »

    J’espère que l’exposition qui se prépare à Beaubourg « L’avant-garde russe et Chagall à Vitebsk » pour mars 2018 corrigera tout ce qui est dit par Dagen sur les rapports Malévitch-Chagall

  • Des moeurs éditoriales (de Bure et Zorzi)

    Voici des notes qu’une certaine dame Zorzi, qui m’a sollicité en mars 2017, par questions, pour un numéro d’une feuille de chou appelée Art magazine que je ne connaissais ni d’Ève ni d’Adam, ni Zorzi ni la feuille de chou – les questions ont disparu de l’ordinateur. Je n’ai plus jamais entendu parler de cette dame et de mes notes ci-jointes.

    Or j’apprends que la feuille de chou est une sorte d’annexe de Beaux-Arts Magazine pour lesquels une certaine dame Solène de Bure m’avait commandé fin 2016 deux articles pour un numéro spécial de sa revue consacré à la Collection Chchtchoukine, numéro qui, selon ses dires, était introduit par une interview d’Anne Baldassari…Le numéro fut mis en page sans que j’aie pu vérifier les épreuves et je m’aperçus que cette mise en page non seulement maltraitait mon texte de façon cavalière, mais introduisait une illustration avec un faux Natalia Gontcharova et une iconographie pleine d’erreurs grossières… Après mes protestations indignées, dame de Bure, comme la dame Zorzi, n’a plus donné de signes de vie…

    Cela m’apprendra de ne pas demander des garanties quand on passe une commande…

     

    Chère Diane Zorzi,
    Voici mes propositions. Tenez-moi au courant de la suite. Je vous demande instamment de respecter ma transcription des noms russes qui correspond strictement aux règles de la phonétique française, ce qui n’est pas le cas dans le instructions données aux lecteurs (je tiens, en particulier, à Malévitch avec un accent sur le « é »).
    Cordialement,
    jean-claude marcadé

    1) Kandinsky a évolué entre la fin du XIXe s. et 1914 dans le milieu allemand, à Munich. Le livre de l’historien de l’art allemand Wilhelm Worringer Abstraction et empathie, en 1907, qui opposait une sphère figurative à une abstraite, a joué un rôle conceptuel dans la naissance de la non-figuration puis de l’abstraction. Le livre Du Spirituel en art (1910) de Kandinsky et ses premières oeuvres non-figuratives ont été le premier déclencheur. Il y eut ensuite la pratique et les écrits de Larionov, inventant le rayonnisme en 1912-1914. Le saut dans l’abstraction radicale, le sans-objet, a été fait par Tatline et ses « reliefs picturaux » en 1914 et le peintre russo-ukrainien Malévitch en 1915 avec son « suprématisme de la peinture » (exposition « 0,10 » à Pétrograd). Il est certain que pour tout artiste de l’Empire Russe la peinture d’icônes, qui crée un monde au-delà du monde réel, a été un moteur essentiel dans la profusion de l’abstraction en Russie entre 1913 et 1926. Il y a eu aussi la forte imprégnation de l’ornementation très luxuriante de l’art populaire qui a permis de faire naître un puissant « décorativisme pictural ». À partir de 1907, c’est-à-dire après la révolution russe de 1906 qui a mis fin à l’autocratie séculaire, sont nés de nombreux groupes artistiques antagonistes, appelés communément par leurs détracteurs conservateurs « futuristes », ayant à leur tête des leaders : l’Ukrainien David Bourliouk et l’introduction d’un impressionnisme primitivisme (1907-1910); Larionov et la création avec sa compagne Natalia Gontcharova du néo-primitivisme (1909-1925, exposition « La Queue d’âne » en 1912); Piotr Kontchalovski et Ilia Machkov à la tête du cézannisme fauve primitiviste du « Valet de carreau » (1910-1924) à Moscou; Matiouchine et sa femme la peintre et poète Éléna Gouro créent à Saint-Pétersbourg le mouvement « L’Union de la jeunesse » qui traduira en 1913 le livre de Gleizes et Metzinger Du »cubisme » et publiera trois almanachs sur la théorie et la pratique des arts novateurs (cubisme et futurisme); Larionov et Natalia Gontcharova sont à la tête de l’abstraction non-figurative rayonniste (1912-1914, exposition « La Cible » à Moscou); Malévitch est un des protagonistes du cubo-futurisme et de l’alogisme en 1913-1914, puis du courant suprématiste (1915-1926), avec, au début, des adeptes comme Olga Rozanova ou Ivan Klioune; Tatline crée un mouvement opposé au suprématisme, insistant sur la « culture du matériau » (1914-1920), ce qui sera revendiqué par des artistes comme Lioubov Popova et Rodtchnko et aboutira à la création du constructivisme soviétique en 1921-1922 (Le Pavillon soviétique de l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels à Paris en 1925 fera connaître ce dernier mouvement de l’avant-garde historique de Russie et d’Ukraine).

    2) Il n’y a rien à « comprendre ». L’art n’est pas de la littérature, c’est ce que n’ont cessé de proclamer par leurs oeuvres et leurs écrits les novateurs de l’art de gauche en Russie, en Ukraine ou en Géorgie (Le terme « avant-garde russe » a été créé très tard en Europe occidentale – dans les années 1960; les arts et les artistes novateurs de l’Empire Russe, puis de l’URSS se sont dits « de gauche », ce qui, avant les révolutions de 1917, n’avait pas un sens strictement politique, mais s’opposait à un « art de droite », conservateur et académique. Comprend-on quelque chose lorsqu’on regarde dans la nature ou dans l’environnement matériel des harmonies colorées qui nous émeuvent? Le mot-clef de Malévitch est la sensation (songeons qu’il est aussi un mot-clef pour Cézanne). La purification suprématiste permet de voir dans l’art de la peinture non des anecdotes à déchiffrer (cela est du domaine de la psychologie ou de la sociologie), mais le pictural, c’est-à-dire l’énergie, le mouvement, l’harmonie de la couleur. Cela permet également de voir cette trame « picturologique » dans les oeuvres figuratives du passé au-delà et en-deçà des sujets (on comprend alors pourquoi Matisse a pu dire que « tout art est abstrait », alors qu’il n’a jamais pratiqué la forme abstraite). Donc il faut se laisser saisir par le « pouvoir de commotion » des toiles suprématistes. Les toiles suprématistes n’illustrent rien, en particulier elles n’illustrent pas une ou des « idées ». En revanche, dans la suprématie de la couleur, dans son mouvement même, il y a une action philosophique qui se fait voir, celle du « Rien libéré » qui rend compte du caractère illusoire du monde des objets. Cette « pensée picturale » est proche de la Maya de l’hindouisme et du bouddhisme. Les toiles de base que sont le Carré noir, la Croix noire, le Cercle noir de 1915 ont donné lieu à plusieurs interprétations fondées sur les déclarations du peintre. Donnons-en quelques unes qui n’épuisent pas les sens possibles de ces tableaux. Le carré est à la fois éclipse totale des objets et une nouvelle forme d’appréhension du divin, habituellement signifié dans le monde occidental par le triangle. La croix est à la fois « corps » du monde et inscription chrétienne sur l’Univers. Le cercle est à la fois éclipse totale du monde des objets (comme le carré) et planète qui traverse l’espace blanc vers l’infini. Les « Blancs sur blanc » de 1918-1919, dont le Carré blanc sur fond blanc, nous entraînent dans l’apparition et la disparition des choses; l’acte créateur n’est pas mimétique, c’est un « acte pur » qui saisit l’excitation universelle du monde, le Rythme, là où disparaissent toutes les représentations figuratives de temps, d’espace, et ne subsistent que le rythme et l’action qu’il conditionne.

    3) Malévitch ne voulait pas choquer un public non préparé au minimalisme suprématiste, car lui même a été le premier « choqué » par l’apparition sur sa toile en 1915 du Quadrangle noir (ce qu’on a appelé par la suite le Carré noir sur fond blanc). La doxographie nous dit que Malévitch n’a pas pu manger ni dormir pendant une semaine après la création de son Carré noir. Cette oeuvre est un saut dans le vide, le désert, dans le sans-objet absolu.

    4) Le suprématisme est la mise à zéro de l’art figuratif, pour aller au-delà de ce Zéro. C’est un acte pur qui fait apparaître l’inanité de toute représentation et crée une « géométrie imaginaire » de pure picturalité. Cet acte pur pictural est la quintessence de la sensation que l’artiste a du monde, que ce soit la sensation de la nature ou des oeuvres du passé. C’est ainsi que les blancs, les noirs et les rouges de certaines oeuvres sont la quintessence de ces couleurs dans la peinture d’icônes russe. La polychromie de plusieurs toiles vient également de l’art populaire, en particulier de son Ukraine natale.

    5) L’école suprématiste comprend de nombreux artistes russes qui, a un moment ou à un autre, ont été marqués par cette radicalité (parmi les plus importants Olga Rozanova, Lioubov Popova, Alexandra Exter, Ivan Klioune, Nikolaï Souiétine, Ilia Tchachnik; dans la seconde moitié du XXe siècle – Francisco Infante, Edouard Steinberg). Grâce à l’exposition du directeur du MoMA Alfred Barr « Cubism and Abstract Art » en 1936 à New York, les artistes américains purent faire connaissance avec le suprématisme, ne serait-ce que par la présence d’une toile emblématique de la série des « Blancs sur blanc » de Malévitch, le fameux Carré blanc sur fond blanc. Il ne fait aucun doute que la pratique formelle et conceptuelle de l’oeuvre suprématiste de Malévitch a joué un grand rôle dans l’apparition du Minimal Art américain, en particulier chez Sol LeWitt ou Carl André. De même les artistes du Colorfield Painting (en particulier Barnett Newman, Ad Reinhardt ou Ellsworth Kelly) ont comme point de départ initial le suprématisme malévitchien qui s’est fait connaître, de façon encore sporadique mais suffisante, dès la publication dans les cahiers du Bauhaus du livre Le Monde sans-objet à Munich en 1927. Le suprématisme a été revendiqué par le groupe yougoslave de Zagreb « Gorgona » dans les années 1960 (un de ses meilleurs représentants est Julje Knifer). Aujourd’hui, l’art étant dominé par la physiologie, l’abstraction radicale suprématiste n’est plus présente de façon significative dans la peinture ou chez les « plasticiens ». En revanche, on retrouve un fort dialogue avec le suprématisme dans toute une partie de l’architecture actuelle, en particulier dans le minimalisme japonais.

  • С днём Святого Владимира!

    С днём Святого Владимира!

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  • Преподобный Андрей Рублёв, иконописец

    ДЕНЬ Преподобного Андрея Рублёва, иконописца

     

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