Auteur/autrice : Jean-Claude

  • Le prophète Isaïe selon Pouchkine

    MAÎTRE DENIS, LE PROPHÈTE ISAÏE, 1502

    Aujourd’hui, jour du prophète Isaïe dans l’Église Orthodoxe russe, je pense au grandiose poème de Pouchkine qui a été inspiré par lui :

    Духо́вной жа́ждою томи́м,
    В пусты́не мра́чной я влачи́лся, –
    И шестикры́лый серафи́м
    На перепу́тье мне яви́лся.

    Перста́ми лёгкими как сон
    Мои́х зени́ц косну́лся он.
    Отве́рзлись ве́щие зени́цы,
    Как у испу́ганной орли́цы.

    Мои́х уше́й косну́лся он, –              
    И их напо́лнил шум и звон:
    И внял я не́ба содрога́нье,
    И го́рний а́нгелов полёт,
    И гад морски́х подво́дный ход,
    И до́льней ло́зы прозяба́нье.

    И он к уста́м мои́м прини́к,
    И вы́рвал гре́шный мой язы́к,
    И праздносло́вный и лука́вый,
    И жа́ло му́дрыя змеи́
    В уста́ замершие мои́
    Вложи́л десни́цею крова́вой.

    И он мне грудь рассёк мечо́м,
    И се́рдце тре́петное вы́нул,
    И угль, пыла́ющий огнём,
    Во грудь отве́рстую водви́нул.

    Как труп в пусты́не я лежа́л,
    И бо́га глас ко мне воззва́л:
    « Восста́нь, проро́к, и виждь, и вне́мли,
    Испо́лнись во́лею мое́й,
    И, обходя́ моря́ и земли,
    Глаго́лом жги сердца́ люде́й ».
    1825

    Et voici la traduction de Prosper Mérimée qui, comme toute traduction, ne rend pas compte de la musique de l’original :

    Tourmenté d’une soif spirituelle,
    j’allais errant dans un sombre désert,
    et un séraphin à six ailes m’apparut
    à la croisée d’un sentier.

    De ses doigts légers comme un songe,
    il toucha mes prunelles.
    Mes prunelles s’ouvrirent voyantes
    Comme celles d’un aiglon effarouché.

    Il toucha mes oreilles,
    elles se remplirent
    de bruits et de rumeurs.
    Et je compris l’architecture des cieux
    et le vol des anges au-dessus des monts,
    et la voie des essaims
    d’animaux marins sous les ondes,
    le travail souterrain
    de la plante qui germe.

    Et l’ange, se penchant vers ma bouche,
    m’arracha ma langue pécheresse,
    la diseuse de frivolités et de mensonges,
    et entre mes lèvres glacées
    sa main sanglante
    il mit le dard du sage serpent.

    D’un glaive il fendit ma poitrine
    et en arracha mon cœur palpitant,
    et dans ma poitrine entrouverte
    il enfonça une braise ardente.

    Tel un cadavre,
    j’étais gisant dans le désert,
    Et la voix de Dieu m’appela :
    Lève-toi, prophète,
    vois, écoute et parcourant
    et les mers et les terres,
    Brûle par la Parole
    les cœurs des humains.
    1825

     

  • Encore les méfaits de « on se couche »

    À propos de « on se couche » d’hier :

    Lamentable « prestation » de la chroniqueuse Poupée Barbie du Ravi hystérique en mal d’humour  pitoyable, 

    face à la brillantissime NAJAT VALLAUD-BELKACEM

    Triste image du débat à la française (qui n’est pas mieux que le russe, journalier)


  • С ДНЁМ ПРЕПОДОБНОГО НИЛА СОРСКОГО!

    С ДНЁМ ПРЕПОДОБНОГО НИЛА СОРСКОГО!7476 7489 7524 7561

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  • Tableau de Sabine Buchmann dédié à Valentine et Jean…

    Peinture-Hommage à Valentine, Jean et Malévitch : Maison Voix intérieure Le Pam

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  • Jacques Sapir sur la situation politique française avant les législatives

    Jacques Sapir

    C’est peu dire que d’affirmer que l’élection présidentielle qui vient de se dérouler a engendrée une recomposition profonde du spectre politique.

    Les résultats du 1er tour de cette élection en témoignent: nous serions ainsi, selon certains, entrés dans une période de quadripartisme. Mais, les règles du système électoral français risquent de mettre un terme rapide aux ambitions des uns ou au contraire de conforter les espoirs des autres. De fait, cette recomposition a aussi pour parallèle le processus de décomposition que connaissent de nombreuses formations politiques. Nul ne peut contester ce double mouvement de décomposition et de recomposition qui frappe diverses formations politiques. Ce double mouvement affecte tous les partis. C’est l’une des caractéristiques les plus importantes de la situation actuelle.
    Recompositions à gauche
    L’un des aspects les plus frappants et les plus spectaculaires de ce processus de décomposition et de recomposition en est l’acte de décès du Parti Socialiste tel qu’il était né à Epinay, en 1971. Ce parti a connu le même sort que la défunte SFIO. Il ne survivra probablement pas à cette catastrophe industrielle que fut la candidature de Benoît Hamon. On voit d’ailleurs que certains de ses membres éminents, ceux que l’on qualifiait de « caciques » ou « d’éléphants » ont rejoint le parti créé par Emmanuel Macron. C’est le cas avec Le Driant, sans doute avec Le Foll, Marisol Touraine et Myriam El Khomri. De fait, c’est aussi le cas avec Valls, qui, tout en n’ayant pas l’investiture explicite de La République En Marche, car tel est le nom du parti du président, n’aura pas d’adversaire issu de cette formation face à lui dans sa circonscription. Certes, d’autres caciques vont tenter de faire perdurer l’organisation, quitte à la faire évoluer. C‘est l‘ambition de deux projets concurrents, celui de Martine Aubry et celui de Benoît Hamon qui, l’un et l’autre, ont annoncé la création d’organisations parallèles au P « S », organisation dont on comprend bien qu’elles ont pour objectif de leur permettre de récupérer ce qui subsiste de l’appareil « socialiste ». Réussiront-ils dans leurs entreprises de captation d’héritage, cela reste à vérifier…
    Cela fait l’affaire de la « France Insoumise » de Jean-Luc Mélenchon, qui peut espérer récupérer des morceaux importants de l’ancien Parti Socialiste. La transformation de la « France Insoumise » d’un mouvement en un véritable parti est l’un des enjeux importants de la campagne des législatives qui va s’ouvrir dès le 19 mai. Mais il se heurte à la volonté frénétique des dirigeants du PCF de faire survivre un appareil en état de mort clinique. Ces dirigeants vont chercher à masquer la défense de l’appareil derrière des arguments de positionnement politique. Déjà, ils instruisent un procès en populisme à Jean-Luc Mélenchon. Mais, gageons que s’ils y retrouvaient leurs intérêts d’appareil, ces critiques seraient rapidement mises sous le boisseau. On l’a déjà dit, le PCF est un « parti Zombi », un astre mort. Mais, il conserve une capacité de nuisance certaine.

    Recompositions à droite

    Les « Républicains », quant à eux, ne sont pas loin de connaître le même sort. De fait, on constate aujourd’hui que la seule chose qui permettait à ce cartel électoral pompeusement appelé « parti » de survivre était sa proximité au pouvoir, ou l’espérance d’y accéder de manière rapide. Après la défaite de François Fillon, les différentes familles de l’ex-UMP sont en train de retrouver progressivement leur indépendance. Cela se traduit par l’affrontement feutré entre les proches d’Alain Juppé et les tenants d’une ligne plus conforme à la tradition de l’UNR-UDR des années 1960 à 1980, rassemblés autour de Laurent Wauqier. Les partisans d’Alain Juppé sont des cibles de choix pour Emmanuel Macron, qui cherche et vraisemblablement obtiendra, des ralliements de choix.

    On voit que le courant des « centristes » de l’ex-UMP se reconstitue aussi. Ce courant est l’une des cibles d’Emmanuel Macron, qui fera certainement des concessions pour tenter d’attirer à lui des proches d’Alain Juppé. On retrouve ici la vieille opposition entre la « droite orléaniste » et la « droite bonapartiste ». La tentative d’union de ces deux courants de la droite française ne résistera manifestement pas au processus actuel.

    Car, la recomposition, elle est à l’œuvre dans la tentative par Emmanuel Macron, le nouveau Président de constituer l’équivalent d’un « parti démocrate » à la française. Seul le temps pourra nous dire si l’implantation de cette structure politique importée des Etats-Unis a la moindre chance de survivre dans la culture politique française. Car, même s’il obtient la majorité absolue des députés à l’issu du second tour des élections législatives, il lui faudra souder l’assemblage hétéroclite qu’il aura constitué.

    Le Front National dans la tempête

    Enfin, il y a le cas du Front National. La défaite subie lors du 2ème tour de l’élection présidentielle, mais surtout ce que la dernière semaine de campagne a révélé, impose le changement. Ce dernier sera-t-il de façade, se contentera-t-on de changer de nom sans changer les habitudes et les pratiques, ou bien s’engagera-t-on vers une mutation plus profonde, qui ferait évoluer ce parti vers un parti populiste, rompant les dernières amarres avec l’extrême-droite traditionnelle?
    On voit bien que les manœuvres ont commencé. Marion Marechal le Pen s’est retirée, provisoirement on peut le penser, de la vie politique; Gilbert Collard ne veut plus entendre parler de la question de l’Euro (1), alors que Florian Philippot a dit qu’il était prêt à quitter le Front National si ce dernier abandonnait la question de la souveraineté monétaire. De fait, la rupture de la dynamique qui portait la candidature de Marine le Pen, créditée de 38% au soir du 1er tour, puis donné entre 40% et 42% quelques jours après, semble bien liée aux tergiversations et aux retournements qu’elle s’est crue obligée de faire et sur la question de la retraite et sur la question de l’Euro. Ces questions n’avaient nullement empêché la dynamique qui s’était initialement manifestée. Elle a, de ce fait, brouillé le message que sa candidature envoyait jusqu’alors. Elle a de plus détruit son image par sa prestation au débat du 3 mai.

    Très clairement, Marine le Pen n’évitera pas une analyse sans complaisance, tant sur ses prises de positions que sur le mode de fonctionnement de son mouvement qui a fait preuve d’un très grand amateurisme dans la gestion de la campagne présidentielle. Si cette analyse n’est pas de pure forme, si elle apporte des réponses aux questions que se posent une grande partie des personnes qui pouvaient se retrouver dans les thèmes de sa campagne, elle peut espérer rebondir. Mais elle devra le faire vite, ou le FN s’étiolera et subira un nouvel échec aux élections législatives.

  • Macron croqué par Ulys

    Ulys a fait le meilleur résumé dessiné de ce que propose Macron

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  • Samuel (Sacha) Ackerman expose à Lviv

     

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  • POST VOTUM

    « AH, NINI, C’EST FINI,

    BRISONS-EN LÀ MA CHÈRE... »

    Le NI-NI m’a fait me  ressouvenir de ces vers de mirliton que notre professeur de latin dans la khâgne du Lycée Michel Montaigne à Bordeaux, M. Baum, nous lançait en guise de dérision pour telle ou telle faute de traduction ou de grammaire…Je n’ai pas retrouvé d’où vient cette expression. M. Baum était un peu la caricature du professeur d’avant la Seconde Guerre Mondiale qui n’hésitait pas de traiter ses élèves avec sarcasme, et parfois avec mépris (« Vous êtes juste bons pour vendre des sardines au marché et non pour des études… »)