Auteur/autrice : Jean-Claude

  • De la désinformation des media

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    Alep : Éric Denécé dénonce « une falsification complète de la réalité » dans les médias

    La dernière en date de ces dénonciations est celle d’Eric Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R). Voici ce qu’il déclare le 21 décembre 2016 sur LCI face à Yves Calvi (entretien intégral ici) :

    Éric Denécé : Un autre point qui me paraît important d’aborder, c’est ce qui se passe en ce moment à Alep. On est à mon sens sur une falsification de l’information qui est énorme. Bien sûr qu’il y a une guerre civile en Syrie, bien sûr que la situation d’Alep est inadmissible. Ceci dit, ça ne concerne que 30% d’Alep, ça concerne soit des civils qui sont pris en otages par des jihadistes, soit des gens qui refusent de quitter les quartiers parce qu’ils soutiennent ces mêmes jihadistes. On ne vous parle pas de tout ce qui se passe ailleurs en Syrie.

    Yves Calvi : On se fait rouler dans la farine avec Alep ?

    Éric Denécé : On se fait rouler dans la farine avec Alep. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas des victimes innocentes qui périssent.

    Yves Calvi : Y a bien une ville qui est détruite ?

    Éric Denécé : Il y a un tiers, seulement un tiers des quartiers d’Alep qui sont victimes des bombardements, et j’insiste, c’est un tiers de la ville dans lequel des jihadistes dangereux sont présents, et ce sont ces jihadistes qui depuis des années tirent sur les quartiers chrétiens, tirent sur le reste de la ville, ce dont on ne parle jamais. On ne parle pas non plus du massacre humanitaire que conduisent les Saoudiens aujourd’hui au Yémen, où systématiquement des hôpitaux sont ciblés, où des sites archéologiques sont détruits. Un de nos contacts qui rentrait du terrain l’autre jour nous disait la chose suivante : il disait qu’en Syrie, il y a des tas d’endroits où les choses se passent bien, c’est vrai qu’on peut aller dîner dans la rue le soir dans les quartiers de Damas, les gens de Damas vont passer l’été dans des bungalows à Lattaquié au bord de la mer…

    Yves Calvi : Ça rappelle une situation qu’on a notamment connue au Liban…

    Éric Denécé : Voilà. Donc le pays n’est pas à feu et à sang. Au Yémen, c’est totalement différent, il n’y a quasiment pas 1 km² qui ne soit pas bombardé par les Saoudiens, dans lesquels les combats n’aient pas lieu, et on ne parle pas de cela. Il y a un autre point que je voudrais évoquer, c’est que nous avons eu dans les années 1990, dans une ancienne colonie française, le Congo, une guerre civile a fait 400 000 morts sur 4 millions d’habitants, c’est-à-dire 10% de la population. On n’en parle pas non plus. Donc aujourd’hui, le focus qui est mis sur la Syrie d’une part, et sur Alep avec les désinformations qui les accompagnent est une falsification complète de la réalité. Ce qui ne veut pas dire qu’on défende Bachar el-Assad, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y ait pas de victimes civiles qui disparaissent, mais il y a quelque chose d’extrêmement dangereux : pour un jeune islamiste aujourd’hui, la façon dont les médias occidentaux présentent la crise d’Alep est une motivation pour passer à l’action.

    Yves Calvi : Comment l’expliquez-vous justement cette situation et ce manque de lucidité ? En l’occurrence, ce que vous êtes en train de nous expliquer l’a été, à ma surprise aussi, en partie, par les invités de l’émission que nous avons consacrée la semaine dernière à Alep. Et, je vous le dis franchement, je m’inquiétais d’être tout simplement en train de faire une émission révisionniste sur ce qui est en train de se passer au même moment et qui tire des larmes au monde entier…

    Éric Denécé : Là, par exemple, c’est très frappant, on voit la communauté syrienne en France et dans d’autres pays européens qui est absolument scandalisée de voir la façon dont les médias présentent la situation. Je pense que nos médias, en France, je suis obligé de rester un peu général, sont un peu suivistes du mainstream médiatique qui est impulsé et imposé par les médias anglo-saxons et par les médias arabes qui, eux, ont intérêt à présenter la situation en Syrie comme quelque chose d’absolument scandaleux. Et comme toujours, 300 000 morts dans cette guerre, 5 ans de guerre civile, c’est quelque chose d’horrible, il y a à peu près 90 000 militaires qui ont été tués, il y a à peu près 60-70 000 personnes soutenant le régime, ou en tout cas neutres, qui ont été massacrées. On nous présente les faits comme si Bachar avait tué 90% de la population, ce qui est inexact, ce qui ne veut pas dire que ce soit un saint.

    Le journaliste Nicolas Hénin relaie sur Twitter un graphique du Syrian Network for Human Rights, selon lequel 92,92% des victimes de la guerre en Syrie sont dues aux forces gouvernementales
    Yves Calvi : C’est extrêmement grave ce que vous nous dites, parce que ça veut dire que nous participons, d’une façon ou d’une autre, à la naissance des jihadistes et des assassins de demain.

    Éric Denécé : De deux façons : en étant toujours en relation avec des États qui encouragent directement ou indirectement le jihadisme, par le wahhabisme notamment, l’Arabie Saoudite et le Qatar. Et de l’autre côté, sur ce qui se passe aujourd’hui à Alep, le fait de mettre le focus en montrant à tort que les pauvres populations islamistes de ces quelques quartiers d’Alep sont des victimes de l’Occident, eh bien on redonne du carburant à ceux qui, dans nos banlieues ou à l’étranger, considèrent que le peuple arabe dans le monde est victime de l’ostracisme occidental, et ça les pousse à passer à l’action.

    ***
    Le 15 décembre sur LCI, Yves Calvi proposait un débat sur la libération d’Alep par Bachar el-Assad et son allié russe Vlamidir Poutine. Celui-là même dont il disait craindre, face à Éric Denécé, qu’il relève du « révisionnisme ». Intervenants : Frédéric Pons (journaliste, écrivain, spécialiste de géopolitique, professeur à Saint-Cyr et auteur de Poutine), Isabelle de Gaulmyn (rédactrice en chef adjointe au journal La Croix, un quotidien très présent pour couvrir Alep), Frédéric Pichon (professeur de géopolitique, spécialiste de la Syrie et chercheur associé à l’université François Rabelais de Tours, auteur de Syrie : pourquoi l’Occident s’est trompé aux éditions du Rocher) et le général Vincent Desportes (professeur de stratégie à Sciences Po et HEC, a dirigé l’école de guerre et auteur de La Dernière Bataille de France chez Galimard).

    En voici la première intervention…

    Frédéric Pons : On a assisté, en tout cas en Occident, en France, aux États-Unis, en Europe, à un déluge de mots extrêmement forts, on a parlé de génocide, de massacres à grande échelle. Il y a un peu de vrai et beaucoup d’intoxication, beaucoup de désinformation sur ce qui s’est passé. Le vrai, ce sont les bombardements au coeur d’une ville (…). On a oublié de dire, en tout cas les médias dominants, qu’il ne s’agit pas de l’ensemble de la ville d’Alep, il y a des précisions qui n’ont pas été données. Pour donner une échelle, les quartiers les plus détruits pourraient correspondre à un ou deux arrondissements de Paris. Le reste, ce qu’on appelle Alep-ouest, a été complètement épargné par les bombardements et les gens vivent là-bas. Quand on va là-bas, et je m’y suis rendu, les terrasses de cafés sont pleines de gens, alors qu’à Alep-est, ce sont des quartiers détruits où des gens se sont enterrés dans les caves pour échapper aux bombardements. (…)

    Yves Calvi : Y a des témoignages abominables, on va achever les gens dans des hôpitaux…

    Frédéric Pons : Parlons de ces témoignages. Quand je parle d’intoxication, de manipulation, on sait aujourd’hui qu’un certain nombre d’images présentées, venant d’Alep-est et de ces quartiers, ont été manipulées, un certain nombre de tweets de ces messages avec des personnes, des gens angoissés racontant leur calvaire, tout ça a été manipulé par la propagande islamiste. Nos médias ne l’ont pas dit, on le sait aujourd’hui. On sait aussi qu’une grande partie des bilans annoncés repose sur peu de choses, on sait que cet Observatoire syrien des droits de l’homme, qui est basé à Londres et qui est représenté par une seule personne, ne donne qu’une partie de la vérité, et les 400 000 morts annoncés aujourd’hui sur l’ensemble de cette guerre sont probablement à réduire de moitié.

    ***
    Le 15 décembre, sur France Info, André Bercoff s’insurgeait déjà contre la désinformation des médias sur Alep :

    Le 14 décembre, dans le 20h de France 2, Etienne Leenhardt (directeur-adjoint de l’information de France 2) admettait que les rebelles d’Alep étaient pour l’essentiel des soldats d’Al Qaida :

    Du côté de la presse écrite, on pourra noter l’entretien donné le 16 décembre au Figaro par Caroline Galactéros, docteur en science politique et colonel au sein de la réserve opérationnelle des Armées. Voici son jugement sur le traitement médiatique de la bataille d’Alep :

    « Si vous me pardonnez cette franchise, je le trouve globalement déplorable et surtout dangereux. Par ignorance, goût du sensationnalisme et de la polarisation manichéenne des situations, confiance excessive dans les réseaux sociaux, ou par inclination à relayer la doxa véhiculée par le pouvoir et ses alliés, la plupart des médias se sont engouffrés depuis des mois dans la brèche de la facilité et ont relayé bien des informations parcellaires voire fausses (cf. l’affaire des « Casques Blancs » ou « l’opération OSDH » – source unique elle aussi anglaise, clairement contestable et pourtant devenue la référence depuis cinq ans). Ils ont en conséquence nourri une interprétation déformée des enjeux et des faits. Bref, l’immense majorité des médias occidentaux s’est fait la caisse de résonnance naïve ou parfois sciemment complice d’une vaste entreprise de désinformation sur la nature des « rebelles », les objectifs réels de la guerre, l’idée même d’une guerre civile ou encore la dimension confessionnelle du conflit de fait secondaire mais montée en épingle, etc… »

    Elle ajoutera que, « depuis quatre ans, il n’y a plus un « rebelle modéré » en Syrie. C’est une pure utopie voire un mensonge éhonté et délibéré. »

    Le 20 décembre, un article du site de France-Info se demande : « Qui sont les rebelles encore présents à Alep ? » Au sein de la constellation de groupes armés, « le plus radical est le Front Fatah Al-Cham, le nouveau nom du Front Al-Nosra, l’ancienne filiale d’Al-Qaïda en Syrie« . Il adopte une « ligne jihadiste radicale : ses membres revendiquent la création d’un État islamique et l’application stricte de la charia« .

    On trouve aussi le mouvement Ahrar Al-Cham, qui « prône l’application stricte de la charia« . France Info précise :

    « Dans certaines zones qu’il contrôle à Alep, le groupe a imposé le port de la burqa, note l’Institute for the study of war, un think-tank américain. Ils organisent aussi des attentats à la voiture piégée, mais n’appellent pas à un jihad global hors des frontières syriennes, contrairement à d’autres groupes jihadistes. Malgré l’idéologie radicale du groupe, les Etats-Unis ont fourni des missiles anti-chars à Ahrar Al-Cham jusqu’en 2015, précise le document. »

    Une autre coalition se nomme Fatah Halab et constitue « environ la moitié du contingent rebelle au sein la ville » : « On y trouve à la fois des groupes islamistes, des organisations militaires plus neutres et certaines forces qui prônent la mise en place d’un régime démocratique.« 

    Difficile de trouver une cohérence idéologique au sein de cette alliance, concède France Info :

    « Des groupes proches des Frères musulmans y combattent aux côtés d’anciens militaires de l’armée syrienne ayant fait défection. On y retrouve aussi l’Armée syrienne libre (ASL) (…). L’ASL est loin de correspondre désormais à la perception que l’on en a en Occident, c’est-à-dire modérée et en faveur de la laïcité, du moins sur le terrain alépin. Les groupes ou les brigades qui lui sont affiliés ne sont pas jihadistes, certes, mais les Frères musulmans, qui y sont largement représentés, cherchent bel et bien à instaurer la charia« , explique au Monde diplomatique Fabrice Balanche, géographe spécialiste de la Syrie. »

    Déjà, dans un article du Monde du 15 mars 2016, on apprenait que l’Armée syrienne libre était désormais « sous la coupe d’Al-Nosra ».

    Bref, les rebelles apparaissent composés de jihadistes, d’islamistes purs et durs, et de groupes hétéroclites, dominés par des extrémistes. Et dire que certains continuent de les soutenir en espérant qu’en jaillissent la démocratie…


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  • BONA HESTA DE NADAU! BONA ANNADA!

    Joyeux Noël! Fröhliche gesegnete Weihnachten! Merry Christmas!

    BONA HESTA DE NADAU! BONA ANNADA!  

    С Рождеством Христовым!
    З Різдвом Христовим!

    Καλά Χριστούγεννα!

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    Escoutat capbat la moutagna
    Cantat lous anjous de Nadau
    E de Béthlèem la campagna
    Pren lou de heste annau

    Gloria, gloria in excelsis Deo (bis)

    Lou hilh de Diu s’ey heit mayanaitje
    At mey des praubes qu’ey mascut
    Lous aulhès d’u pétit bilatje
    Coum u dès louès l’an arcuelhut

    Lou Diu d’et ceu è dé la terra
    Qu’a dat moustra de soum amou.
    Et qui ‘nsé débè hè la guerra
    Nous da lou hilh per Saubadou.

     

    ****

    Le ciel est noir, la terre est blanche ;
    – Cloches, carillonnez gaîment !
    – 
Jésus est né ; – la Vierge penche
    Sur lui son visage charmant.
    Pas de courtines festonnées
    Pour préserver l’enfant du froid ;
    Rien que les toiles d’araignées
    Qui pendent des poutres du toit.
    Il tremble sur la paille fraîche,
    Ce cher petit enfant Jésus,
    Et pour l’échauffer dans sa crèche
    L’âne et le boeuf soufflent dessus.
    La neige au chaume coud ses franges,
    Mais sur le toit s’ouvre le ciel
    Et, tout en blanc, le choeur des anges
    Chante aux bergers :  » Noël ! Noël ! « 

    Théophile Gautier.
    Émaux et Camées (1852)

    ****

    Тучи с ожерёба
    Ржут, как сто кобыл,
    Плещет надо мною
    Пламя красных крыл.
    Небо словно вымя,
    Звезды как сосцы.
    Пухнет Божье имя
    В животе овцы.
    Верю: завтра рано,
    Чуть забрезжит свет,
    Новый под туманом
    Вспыхнет Назарет.
    Новое восславят
    Рождество поля,
    И, как пес, пролает
    За горой заря.
    Только знаю: будет
    Страшный вопль и крик,
    Отрекутся люди
    Славить новый лик.
    Скрежетом булата
    Вздыбят пасть земли…
    И со щек заката
    Спрыгнут скулы-дни.
    Побегут, как лани,
    В степь иных сторон,
    Где вздымает длани
    Новый Симеон.
    1917

    Сергей Есенин
    Sergueï Essénine

    ******
    Advent
    Es treibt der Wind im Winterwalde
    die Flockenherde wie ein Hirt
    und manche Tanne ahnt wie balde
    sie fromm und lichterheilig wird.
    Und lauscht hinaus: den weißen Wegen
    streckt sie die Zweige hin – bereit
    und wehrt dem Wind und wächst entgegen
    der einen Nacht der Herrlichkeit.

    Rainer Maria Rilke

    *****
    Ангели з неба злетіли на крилах,
    Добру новину нам возвістили.
    Зірка велика над стайнею сяє,
    Дорогу до Бога, дорога до Бога
    Всім осіяє!

    Великеє диво сталося нині –
    В яслах на сіні маленька Дитина,
    А біля Нього щасливая мати
    Пісню співає, пісню співає
    Малому Дитяті!

    Так воплотилася воля Господня,
    Бо наш Спаситель родився сьогодні.
    Ми на колінах Його привітаймо,
    Богу живому, Богу живому
    Хвалу воздаймо!

    ****

    Καλήν εσπέραν άρχοντες
    Καλήν εσπέραν άρχοντες,
    αν είναι ορισμός σας,
    Χριστού τη Θεία γέννηση,
    να πω στ’ αρχοντικό σας.
    Χριστός γεννάται σήμερον,
    εν Βηθλεέμ τη πόλη,
    οι ουρανοί αγάλλονται,
    χαίρεται η φύσις όλη.

    Εν τω σπηλαίω τίκτεται,
    εν φάτνη των αλόγων,
    ο βασιλεύς των ουρανών,
    και ποιητής των όλων.
    Πλήθος αγγέλων ψάλλουσι,
    το Δόξα εν υψίστοις,
    και τούτο άξιον εστί,
    η των ποιμένων πίστις.

    Εκ της Περσίας έρχονται
    τρεις μάγοι με τα δώρα
    άστρο λαμπρό τους οδηγεί
    χωρίς να λείψει ώρα.

    Σ’ αυτό το σπίτι που ‘ρθαμε,
    πέτρα να μη ραγίσει
    κι ο νοικοκύρης του σπιτιού
    χρόνια πολλά να ζήσει.

  • Obama is a small president, he is a weak président…

    Obama sur les Russes:

    « They’re a small country, they’re a weak country, they don’t produce anything that anybody wants to buy. »

    Obama -Alas!Alas!Alas!- est devenu avec le temps un petit président qui, entre autre, n’a même pas su défendre les meurtres réguliers  de ses congénères noirs.

    Il feint d’oublier que Bush-père était directeur de la CIA depuis 1976… Une CIA qui n’a pas cessé d’oeuvrer jusqu’à aujourd’hui à des déstabilisations partout dans le monde.

     

    Ob

  • Pierre Le Corf, humanitaire breton basé à Alep

    Qui est Pierre Le Corf, humanitaire breton basé à Alep?

    Pierre Le Corf a 27 ans, originaire du Morbihan, il a tout quitté il y a deux ans et demi pour mener un tour du monde solidaire. Depuis huit mois, il est installé à Alep et vit au quotidien avec ses habitants. Il essaie d’apporter son soutien, une mission non sans risque.

    • Par Emilie Colin
    • Publié le , mis à jour le
    Pierre Le Corf (à gauche) et une petite fille syrienne, à Alep en octobre 2016. Il explique cette photo en disant que la plupart des enfants sur place parlent de leur ancienne maison, leur chambre qu'ils rêvent de retrouver. © Pierre Le Corf

    © Pierre Le Corf Pierre Le Corf (à gauche) et une petite fille syrienne, à Alep en octobre 2016. Il explique cette photo en disant que la plupart des enfants sur place parlent de leur ancienne maison, leur chambre qu’ils rêvent de retrouver.

    Cela fait huit mois qu’il est installé à Alep (zone ouest) en Syrie et qu’il veut apporter son aide à la population. Pierre Le Corf a 27 ans, il serait le seul français établi sur place depuis aussi longtemps. Fils d’ostréiculteurs et originaire du Morbihan, il a tout quitté, tout vendu il y a 3 ans, pour fonder son association We are superheroes et se lancer dans un tour du monde solidaire. Joint par téléphone lundi, il explique son parcours, et son envie de rester en Syrie, tant qu’il pourra.

    Alep, « l’une des plus grandes communautés marginalisées du monde, des fantômes qui essaient de survivre et de croire en demain »

    « J’y suis arrivé il y a 8 mois à travers une autre ONG (SOS Chrétiens d’Orient) qui était touchée par les actions que je menais dans d’autres pays. Au départ, mon projet (We are superheroes) c’était de donner du sens à l’histoire des gens et de transmettre leur savoir, en tant qu’expérience de vie. Au fur et à mesure le programme s’est mis en place sur des zones de génocide, de gangs. Cela a touché beaucoup de gens. Cette ONG a voulu encourager le travail que je faisais et m’a proposé de venir en Syrie pour continuer.

    Je ne pensais pas rester trop longtemps. Je suis arrivé en passant par Damas. En arrivant à Alep, j’ai découvert des gens extraordinaires, une situation qui dépassait de très très loin ce que les médias racontaient à son propos et j’ai eu envie de rester. Du coup c’est ce que j’ai fait pour à la fois transmettre ce qui se passe ici, et aussi créer des programmes qui puissent véritablement aider les gens. »

    Agir au quotidien

    Pierre Le Corf s’est fixé plusieurs missions notamment celle de pouvoir fournir des trousses de premiers soins. Il finance lui même ces projets, « une grosse responsabilité » qui l’amène désormais à lancer des collectes de fond pour pouvoir continuer. Il raconte son quotidien.

    « Il n’y a pas de journée type ici parce que la guerre change tout tout le temps. Il y a des jours où des gens que vous aimez se font tuer par une roquette, donc vous allez voir où c’est tombé, vous allez rencontrer la famille à l’hôpital, vous allez essayer de trouver des solutions pour l’aider. »

    Rester ?

    « Beaucoup de gens sont inquiets autour de moi. Je ne prends jamais de risques immodérés, après évidemment les roquettes et les mortiers tombent là où ils tombent. Ne pas porter de gilet pare-balles ? C’est une vrai volonté, il n’y pas d’intérêt à porter un gilet pare-balles dans un endroit où les gens n’en ont pas. Pourquoi moi j’aurais le droit d’en porter un et pas eux ? »

    We are superheros : partir et donner à voir les autres

    « We are superheroes c’était il y a deux ans et demi. Je devais être au plus près de la réalité. Je viens d’une famille très modeste, sans vraiment beaucoup de moyens. Je suis parti très tôt de chez moi. J’ai grandi dans un environnement compliqué. Au fur et à mesure des années, j’ai fini par plus ou moins réussir, par vivre correctement même, en montant des projets d’entreprise. Mais au bout d’un moment, je ne me reconnaissais plus vraiment. Ayant grandi dans ces environnements-là, j’ai toujours été auprès de gens qui avaient besoin d’aide. J’ai moi-même grandi avec des gens qui ont été capables de me tendre la main. Du coup j’ai décidé de me reconcentrer sur ce qui importait le plus, à savoir ceux dont on parlait le moins. J’ai eu envie d’arriver à découvrir le monde non pas comme on me le racontait mais comme il l’était réellement et ne pas me limiter à la France sur ma perception de l’être humain. »

    A voir,  le reportage de France 2

     

  • De la langue russe des Ukrainiens/O русском языке украинцев

    O русском языке украинцев

    […] Малевич знал и польский и украинские языки в их устном варианте. Очень часто, как его мать Людвига Александровна, он перемешивает в письменном виде слова этих языков внутри русской речи.

    Автор первой книги о своём отчиме Василии Кричевском, Вадим Мефодьевич Павловский, который ревизовал наш с женой французский перевод малевических статей с украинского, отметил, что украинский перевод с русского не подвергся редакции. Вот одно его общее замечание по этому поводу :

    « Текст Малевича производит впечатление переведённого русского и слабо проредактированного. Есть неуклюжие обороты и встречаются ошибки – не типографические, а явно авторские (или переводчика, что вероятнее) » [1]

    Наш эксперт по украинскому языку, искусству и культуре пишет в другом письме по поводу двух статей « Просторовий кубізм’ и  »Леже, Гріс, Ербен, Метценже » (« Нова ґенерація », № 4 и 5, 1929) :

     » Эти статьи производят впечатление недостаточно отредактированной записи лекций, читанных Малевичем где-нибудь студентам. Чувствуется этот недостаток не только в украинском, часто неуклюжем, тексте; видно, что и русский оригинал нуждался в отделке и обработке. Очень жаль ». [2]

    Мы знаем, что русская речь Малевича хаотична, не отредактирована, испещрена синтаксическими ошибками, снабжена капризной пунктуацией. Я здесь приведу воспоминания Харджиева о высказываниях самого художника: [3]

     » – Я не люблю переделывать или повторять уже написанное, – прибавил он. Скучно! Пишу другое. Но я плохо пишу. Никак не научусь…

    Такая самооценка сейчас может вызвать улыбку, но она неслучайна. Энергетичность его ‘тяжёлого слога’ ценили немногие. Даже один из ближайших последователей Малевича, Эль Лисицкий, переводивший на немецкий язык его статьи, считал, что у него ‘грамматика совершенно навыворот’. Между тем, Малевич обладал удивительной способностью фиксировать процесс живой мысли. Он писал с необычной быстротой и почти без помарок. »[3] […]

     Надо ещё прибавить тот факт, что украинский язык, из-за травли, которой он подвергался в рамках Русской империи, ещё не выработала терминологию и стиль свойственные художественной критике и теории. В рамках Русской империи культурным языком был русский и никому из украинских художников этой империи не приходила на ум идея писать на украинском языке, языке крестьян, сравнительно малой кучки интеллигентов и писателей, или галичан. не имеющих тогда действительной власти. Архипенко, Андреенко, Александра Экстер, Малевич, Бурлюки, Кручёных, Богомазов, Ермилов, чтобы процитировать самых известных живописцев, тесно связанных с украинской землёй, говорили и писали по-русский. Однако, они не меньше являются настоящими украинцами, как пишущий по-русский Гоголь остаётся до мозга костей украинцем. Эта историческая ситуация напоминает ситуацию в других странах до наших дней. Например, пишущие на немецком языке немцы, австрийцы, швейцарцы остаются полностью немцами, австрийцами, швейцарцами. Не говоря уже об английском языке британцев, ирландцев, шотландцев, американцев, южноафриканцев или индийцев… Это не значит, что не надо защищать родного украинского языка и его всесторонне развивать.

    В этом отношении, надо подчеркнуть преважную роль такого журнала, как « Нова ґенерація », под редакцией большого поэта Михайля Семенко [5], которая приспособляла украинский язык к теоретическим, философским, эстетическим проблемам мировой культуры. « Нова генерація » остаётся одним из самых богатых и захватывающих художественных журналов этой эпохи, где доминировали новейшие передовые течения – неопримитивизм, кубофутуризм, супрематизм, конструктивизм. Она является неисчерпаемым источником для исследования новаторского украинского и европейского искусства во всех его гранях, целях, теориях, полемиках. Она была иллюстрирована репродукциями мировой живописи, скульптуры, архитектуры (Сезанн, Пикассо, Леже, Арп, Сервранкс, Глэз, Метценже, Гри, Гаргайо, Ле Корбюзэ, и многие другие…). Были переведены статьи из знаменитого французского художественного журнала « Cahiers d’art » (Художественные тетради) франко-греческого критика и издателя Кристиана Зервоса. Была, например, переведена статья известного французского кинорежиссёра Ренэ Клэра « Миллионы », посвящённая посредственным коммерческим фильмам. Были опубликованы и многие другие статьи о кино, театре и архитектуре ( из « Альманаха современной архитектуры » Ле Корбюзье). В России не было тогда такого журнала, который так тщательно информировал о культурной жизни в Западной Европе. Поэт и эссеист Вадим Козовой (родившийся в Харькове) отметил :

    « Тот сложный комплекс, которым « Нова ґенерація » приступала к художественно-культурным проблемам, отличал её от близких к ней русских журналов « Леф » и « Новый Леф ».[4] […]

    [1] Письмо В.М. Павловского к Валентине и Жан-Клоду Маркадэ от 20/09-1983].

    [2] Письмо В.М. Павловского к Жан-Клоду Маркадэ от 19/09-1984

    [3] Н. Харджиев, Статьи об авангарде в двух томах, Москва, РА, 1997, т. 1, с. 109

    [4] Cf. Jean-Claude Marcadé, « Le panfuturiste ukrainien Sémenko », Po&sie, N° 151, 2015, p. 36

    [5] См. Myroslava M. Mudrak, The New Generation and Artistic Modernism in the Ukraine, Ann Arbor, Michigan, UMI Research Press, p. 46-47; Oleh S. Ilnytzkkyj, Ukrainian Futurism, 1914-1930. A Historical and Critical Study, Cambridge, Massachusetts, 1997, passim

  • Le contexte politico-économique de la fièvre collectionneuse moscovite à la fin du XIXe et au début du XXe siècle

    Jean-Claude Marcadé

     

    Le contexte politico-économique de la fièvre collectionneuse moscovite à la fin du XIXe et au début du XXe siècle

    Au début du XXe siècle, la vieille capitale de l’Empire Russe, Moscou bouillonne d’une intense vie intellectuelle et artistique. La classe des marchands, le koupiétchestvo, avait massivement remplacé la noblesse et l’aristocratie dans le mécénat culturel. La collection de peinture russe de Paviel Trétiakov est à l’origine de la célèbre Galerie portant son nom; il avait comme concurrent l’outsider Ivan Tsvietkov qui avait aussi une maison musée où l’on pouvait voir les oeuvres des peintres russes du XIXe s. Le peintre Ilia Ostrooukhov avait réuni un ensemble exceptionnel d’icônes dont l’art commençait seulement à être étudié comme de la peinture à part entière.[1] Il y avait enfin les célèbres collections de peinture française d’Ivan Morozov et de Sergueï Chtchoukine. Ces quelques noms ne rendent pas compte de l’incroyable activité de nombreux autres membres du koupietchestvo.[2] En trois générations, cette classe devint économiquement dominante et se substitua peu à peu à la noblesse séculaire qui vivait principalement à Saint-Pétersbourg, s’était appauvrie et manquait de sens pratique. Anton Tchekhov a retracé de façon emblématique ce phénomène dans La Cerisaie.

    Les marchands jouèrent donc un rôle primordial dans l’explosion du capitalisme dans l’Empire Russe. La civilisation industrielle y connut, dès les années 1840, un essor fulgurant. La machinisation des entreprises privées entraîne l’amélioration de la production. Le réseau de chemins de fer s’agrandit à partir de 1857 et relie Moscou à la Mer Noire, à la Baltique, à l’Asie Centrale, à la Sibérie. (Notons que Malévitch travaille de 1896 à 1907 à Koursk comme dessinateur technique pour la ligne ferroviaire Koursk-Kharkiv-Azov). L’abolition du servage en 1861 voit une main d’oeuvre affluer vers la vieille capitale. L’économiste Piotr Liachtchenko pouvait écrire : « Toute la politique de l’État en matière d’économie nationale, d’impôts, de budget, de finance, de crédit, protégeant le développement de l’industrie capitaliste -toute la politique extérieure en matière de commerce et de douane – la politique extérieure en matière de chemins de fer et de tarifs, toute la politique internationale, toutes les relations avec le capital international – avaient pour but la défense des intérêts de la bourgeoisie et le développement de l’industrie capitaliste dans le pays »

    Cette effervescence économique coïncidait avec les règnes du « tsar libérateur » assassiné Alexandre II (1855-1881), de son fils l’autocrate conservateur Alexandre III (1881-1894) et du fils de ce dernier Nicolas II (1894-1917) qui suscita, au début de son règne, beaucoup d’espoirs. C’est sous Nicolas II que triomphèrent en Russie le Symbolisme en littérature et dans les arts et tous les courants avant-gardistes (néo-primitivisme, cézannisme, cubofuturiste, abstraction en peinture et en sculpture); c’est aussi sous son règne qu’eurent lieu les deux révolutions de 1905 et de 1917. La création d’une assemblée consultative élue, la Douma, en 1906, mit fin à l’autocratie, créa les conditions d’un renouvellement politique, intellectuel, artistique. Les libertés d’opinion, de réunion, de presse, d’organisation syndicale permirent à une opposition divisée de se mettre en place. En 1912, le bolchevik Lénine fonda à Saint-Pétersbourg le quotidien Pravda où Staline commença à écrire en 1913.

    Des hommes d’État remarquables comme le comte Witte et Stolypine mirent la Russie sur les rails de la modernité. La catastrophe de la guerre mondiale de 1914 arrêta pour longtemps les progrès constants que l’on observe dans l’évolution socio-économique de l’Empire Russe. En 1913, celui-ci fournit 40% des exportations mondiales de blé. Il accroît sa production de houille, de fonte, de lin, de coton. En 1917, il y avait près de 100.000km de voies ferrées. La réserve d’or était la plus forte du monde. La condition sociale s’améliorait même si elle était loin d’être satisfaisante. La consommation de papier, les expéditions postales et les subventions aux écoles qui augmentaient de façon considérable, montraient une « diffusion rapide des besoins intellectuels dans le peuple » (Pierre Pascal).

    En même temps que cette effervescence politique, sociale économique, on assiste à l’épanouissement du mouvement intellectuel, scientifique, artistique qui avait commencé à la fin du XIXe s. Le chimiste Mendéléïev, le biologiste Metchnikov, le physiologue Pavlov font la gloire de la science russe. En littérature, le mouvement symboliste, né en 1893, connaît une pléiade d’écrivains, de théoriciens et de penseurs : D. Mérejkovski, V. Rozanov, Viatcheslav Ivanov, Alexandre Blok, A. Biély, V. Brioussov, Zinaïda Hippius. C’est l’époque des « chercheurs de Dieu » et des « constructeurs de Dieu », des « Sociétés de philosophie religieuse » à Saint-Pétersbourg, Moscou et Kiev de la fin 1906 au milieu de 1917 (Berdiaev, Chestov, S. Boulgakov, S. Frank, le père Paviel Florenski, etc..).

    On assista à une véritable Renaissance en Russie. Des revues artistiques, littéraires, philosophiques de premier plan voient le jour : Le Monde de l’art de Diaghilev, La Balance de V. Brioussov, La Toison d’or de Riabouchinski, Apollon de S. Makovski. On y discute du néo-kantisme, de Schopenhauer, de Nietzsche, de Bergson et des nouvelles données esthétiques depuis l’impressionnisme.

    Plus de vingt familles de marchands-mécènes ont été les moteurs non seulement des réussites russes dans le domaine industriel et commercial, mais également de l’incroyable floraison de la vie culturelle et artistique à la charnière des XIXe et XXe siècles. « Les connaisseurs des affaires commerciales appelaient Chtchoukine ‘le ministre du commerce’ »(Igor Grabar). Le peintre et brillant mémorialiste Kouzma Pétrov-Vodkine pouvait poser la question suivante :  » On ne saurait expliquer pourquoi, tout soudain, des personnes, vêtues encore hier de caftans, se sont mis à reléguer massivement dans les greniers leurs vieux avec leurs oratoires, sont tombés amoureux à l’extrême des beaux-arts et ont commencé à accrocher en masse les nouvelles icônes de Monet, de Cézanne et de Gauguin dans toutes les salles inhabitées de leurs hôtels particuliers en crachant avec dégoût sur tout ce qui était proche de leurs intérêts.[…]

    Chtchoukine dépassa dans l’ultramoderne ses concurrents quand il accrocha dans son hôtel particulier les derniers produits de la cuisine picturale française.

    – Et qu’est-ce qu’il a machiné là, Sergueï Ivanytch?- demandaient perplexes ses amis dans les arrière-boutiques et les magasins de farine, – il a la bosse du commerce, il ne commencera rien à partir de rien, et il en remontrera aux Riabouchinski[3] et autres Morozov! »

    Valentine Marcadé, non sans raison, a comparé, mutatis mutandis, ce rôle du koupietchestvo moscovite à celui des marchands hollandais du XVIIe siècle.

    [1] Voir Pavel Muratov, La peinture d’icône de l’ancienne Russie dans la collection de I.S. Ostrooukhov, Moscou, 1914 (en russe). La « superb collection formerly belonging to Ostroukov » a été vue en 1928 par Alfred H. Barr (cf. Alfred H. Barr, « Russian Diary 1927-28 », October, Winter 1978, N° 7, p. 29)

    [2] Sur ce sujet, il faut lire toute la Première Partie du livre de Valentine Marcadé, Le Renouveau de l’art pictural russe 1863-1914, Lausanne, L’Âge d’Homme, 1971, p. 17-75. Plusieurs informations de mon article viennent de ce livre.

    [3] Les Riabouchinski sont une famille de collectionneurs, d’éditeurs, de mécènes, dont le plus célèbre est Nikolaï Riabouchinski (1877-1951), peintre, éditeur de la revue symboliste Zolotoïé rouno [La Toison d’or], organisateur de l’exposition symboliste « La rose bleue » et des expositions de La Toison d’or (1907-1909). Voir Valentine Marcadé, Le Renouveau de l’art pictural russe. 1862-1914, op.cit., p. 162-172,

  • Livre d’Heures (Anjou, Poitou), XVe s.

    Livro de Horas segundo o uso de Roma, França (Anjou, Poitou), c. 1460‑1465 e finais da década de 1470. Manuscrito sobre pergaminho, 174 fls. Coleção do Fundador, inv. LA135

    Anúncio aos Pastores
    Museu Calouste Gulbenkian – Coleção Fundador

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