Auteur/autrice : Jean-Claude

  • Le Kommando de l’usine A.E.G. à Hennigsdorf vu par Jean-René Marcadé entre 1940 et 1945

    Je n’avais pas pu réaliser le désir de notre père de le conduire de son vivant à l’endroit où il a passé sa captivité, à Hennigsdorf, dans la grande banlieue de Berlin, car cette zone était en zone soviétique jusqu’à la chute du Mur. Il se trouve que je viens de faire un pèlerinage dans cette petite ville qui n’a conservé aucune des traces de la guerre mais dont l’agencement et certaines maisons anciennes ont été vus par notre père.

    Notre père s’est dit relativement favorisé car il faisait partie de la trentaine de prisonniers du Stalag III A qui travaillait dans les fermes des environs. Jean-René a travaillé chez un fleuriste et, vers la fin, il lui arrivait même de faire des commissions pour son patron en vélo, comme il le raconte dans une belle description du paysage brandebourgeois quand il se rend  à Bärenklau et passe par le village de Marwitz.

    J’ai relu avec plaisir ces notes très vivantes, variées, pittoresques, quelquefois lyriques comme cette page que j’ai scannée sur le village natal de Mouscardès, symbole, pour lui, de tous les villages de France. Le préfacier a très bien souligné que cet ouvrage avait « une simplicité qui rappelle le mot de Montaigne sur les meilleurs livres, qui ressemblent à une conversation familière ‘tel au papier qu’à la bouche’ ». Le seul exemplaire que je possède est dédicacé à Valentine qui était alors ma confidente et mon amie et qui deviendra ma femme cinq années plus tard. J’ai vu que sur Google ce livre « rare » pouvait être encore acheté…

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    Hennigsdorf

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    p. 55454p. 55460p. 55456

    p. 55457p. 55459p. 55458

  • Vladimir Dimitrijević et le Christ

    Je viens de lire, comme antidote aux bonimenteries de foire athéistes de Onfray, ce que dit le grand éditeur serbe Vladimir Dimitrijević, mort en 2011, sur le Christ et le christianisme, dans les entretiens avec Gérard Conio, Béni soit l’exil! (Genève, Syrtes/L’Âge d’homme, 2016) qui fourmillent de réflexions et de commentaires d’une haute tenue sur les questions qui agitent le monde d’aujourd’hui (littérature, politique, édition). Pour moi, ce qui est professé là est bouleversant et mérite d’être placé dans une philocalie des laïcs. Il mentionne Claudel et Le Soulier de satin. Un des meilleurs souvenirs de ma vie est d’avoir invité  Vladimir à aller voir avec moi cette trilogie qui était alors montée sur les tréteaux que Jean-Louis Barreault et Madeleine Renaud avaient installés à la Gare d’Orsay. C’était pour moi la seconde fois que j’allais voir cette représentation grandiose. Valentine n’aimait pas Claudel (comme elle n’aimait pas Bach!), c’est pourquoi j’ai proposé à Vladimir (que tout le monde appelait « Dimitri ») qui habitait chez nous (il a eu les clefs de notre appartement rue Saint-Sulpice pendant toutes les années 1970) de venir voir la monumentale pièce claudélienne. Nous sommes allés et revenus à pied de Saint-Sulpice à Orsay. Nous étions abasourdis, secoués, par  ce bateau ivre qui brassait dans des images d’une force terrienne et cosmique énormes toutes les tempêtes qui bousculent l’homme dans l’amour, l’aventure, la découverte, la destinée métaphysique.

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    Vladimir Dimitrijević

     

     

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    Vladimir Dimitrijević
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    Vladimir Dimitrijević

     

     

     

     

     

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    p. 135p. 136p. 137p. 138p. 139p. 140p. 141p. 142p. 143p. 144p. 145

  • Valentine Marcadé et Evguéni Kovtoune (1989)

    En faisant des recherches dans mes archives, je suis tombé sur ces photographies que j’ai prises en février 1989 à l’occasion d’un dîner en l’honneur de notre grand ami Evguéni Kovtoune. Les oeuvres accrochées au mur sont deux aquarelles de Maria Siniakova (achetée par nous à l’artiste ukrainienne au début des années 1970) et une esquisse du décor de Mikhaïl Andreenko pour Les Jumeaux de Plaute, montés par le Théâtre de Chambre de Konstantine Miklachevski à Odessa en 1918 (c’était un cadeau du peintre ukrainien)

    S. Dédiouline, Kovtoune, Valentine Marcadé, Alexis Tiesenhausen, Paris, 36 rue Saint-Sulpice, février 1989 (photo Jean-Claude Marcadé)
    S. Dédiouline, Kovtoune, Valentine Marcadé, Alexis Tiesenhausen, Paris, 36 rue Saint-Sulpice, février 1989 (photo Jean-Claude Marcadé)
     Kovtoune, Alexis Tiesenhausen, Valentine Marcadé, Paris, 36 rue Saint-Sulpice, février 1989 (photo Jean-Claude Marcadé)
    Kovtoune, Alexis Tiesenhausen, Valentine Marcadé, Paris, 36 rue Saint-Sulpice, février 1989 (photo Jean-Claude Marcadé)
    Alexis Tiesenhausen, Kovtoune, Valentine Marcadé, Paris, 36 rue Saint-Sulpice, février 1989 (photo Jean-Claude Marcadé)
    Alexis Tiesenhausen, Kovtoune, Valentine Marcadé, Paris, 36 rue Saint-Sulpice, février 1989 (photo Jean-Claude Marcadé)
  • Un Faurisson nouveau nous est né – M. Onfray! Alléluia!

    Il était pitoyable d’entendre les arguments à l’emporte-pièce de M. Onfray, un Afterphilosoph (ce que je traduis par « philosophe de mon cul »), cette espèce, dont parle Nietzsche dans son Schopenhauer als Erzieher, qui fleurissait, comme aujourd’hui, dans la philosophie de son temps. M. Onfray nous offre une resucée compilée de cette littérature violemment athéiste que l’Union Soviétique a déversée pendant soixante-dix ans avec les résultats que nous connaissons. Jamais les méfaits du christianisme historique (croisades, inquisitions, censure) n’ont atteint les sommets d’horreur et de victimes qui sont ceux de 70 ans de communisme athée en URSS. Jusqu’à récemment les encyclopédies soviétiques, à l’article « Christ » , commençaient par : « fondateur mythique du christianisme ». Jusqu’ici, le curé Meslier qui a professé, secrètement, un athéisme radical, figure à Moscou dans le Parc Alexandrovski sur un obélisque où sont inscrits les « pères-fondateurs » du communisme. Donc, rien de nouveau sous le soleil. Les arguments qu’a présentés le bonimenteur (c’est son style, dans le débit même) devant un autre grand maître à penser télévisuel, le ravi Laurent Ruquier, et ses acolytes, une poupée Barbie et un Germanopratin se prenant au sérieux, sont ceux de cet hyperhistoricisme qui n’est pas le fait des vrais historiens mais des folliculaires en quête de sensationnel. M. Onfray ressemble en cela à M. Faurisson qui défend mordicus que les chambres à gaz d’extermination hitlériennes n’ont pas existé faute de « photographies » matérielles de l’événement, disséquant les témoignages pour les dénoncer comme manipulés et non prouvables. C’est ce que fait M. Onfray avec les évangiles, les historiens, les témoins : il n’y a pas de « photographie », donc foin de tous les témoignages qui sont suspectés de manipulations.

    Quant à la thèse selon laquelle le nazisme, loin d’être païen, serait un avatar du christianisme, ce n’est pas nouveau et Onfray ne nous apprend là rien de neuf. Il suffit de lire les remarquables travaux sur le sujet d’Éric Michaud qui, malgré leur talent scientifique, pèchent, selon moi, par une grille de lecture matérialiste et positiviste de l’histoire, ignorant superbement, sans doute comme « mystique »,  le caractère ontologique du Mal avec les multiples incarnations du Malin à l’oeuvre depuis l’aube de l’histoire humaine dans les individus et les collectivités.

  • Nikolai Gedda (1925-2017)

    Dans les articles nécrologiques consacrés au  ténor suédois Nikolai Gedda on ne signale pas  sa participation au superbe enregistrement par Igor Markevitch de La vie pour le tsar de Glinka; Gedda y chante Bogdan Sobinine. Le ténor avait des racines russes par son père et avait été imprégné de culture russe par sa tante paternelle et le  mari de celle-ci Mikhaïl Ustinov qui l’avaient élevé.

    Glinka, Mikhail
    Une vie pour le tsar
    Opéra  patriotico-héroïque en 4 actes et un épilogue,
    livret du baron Rosen, sur une idée de Vassili Joukovski
    Créé au Théâtre Bolchoï Kamenniï, Saint-Pétersbourg, le 29 novembre 1836

    Ivan Soussanine
    Boris Christoff
    Antonida
    Teresa Stich-Randall
    Bogdan Sobinine
    Nicolaï Gedda
    Vania
    Mela Bugarinovic

    Choeur de l’Opéra de Belgrade
    Orchestre Lamoureux
    Direction musicale
    Igor Markevitch

    Enregistré à Paris, Salle de la Mutualité, en novembre-décembre1957

    2 CD Urania Records WS 121.137 – 76’54 + 78’0

    267px-Nicolai_Gedda_1959

    Laurent Bury  écrivait le 6 Février 2012 :

    « 1957 fut l’année du centenaire de la mort de Glinka, ce fut aussi l’année où Igor Markevitch, dont le grand-père avait l’habitude de recevoir chez lui le compositeur, prit la direction de l’Orchestre des Concerts Lamoureux, alors réputé être le meilleur de France. Deux excellentes raisons d’enregistrer pour La Voix de son Maître le premier des deux opéras de Glinka, [..]. Si Rousslan et Ludmilla avait retenu l’attention de Valery Gergiev dès 1995 (superbe DVD Universal, avec la toute jeune Netrebko) et a connu tout récemment les honneurs du Bolchoï dans une production de Dmitri Tcherniakov, l’autre opéra de Glinka est curieusement négligé, alors que les beautés en sont grandes. Malgré son titre devenu politiquement incorrect – hommage du compositeur à Nicolas Ier, alors qu’Ivan Soussanine était le titre initialement prévu –, le régime soviétique était même parvenu à sauver cet opéra, au prix d’une réécriture du livret qui éliminait toute référence au tsar…

    Par ailleurs, la prise de son accuse très nettement son âge, mais il n’est pas interdit de trouver un charme indéniable à ce type d’enregistrement. Musicologiquement parlant, cette version n’est sans doute pas irréprochable : elle présente la partition telle que « révisée » par Rimsky-Korsakov et Glazounov, et quelque peu amputée par rapport à ce que le compositeur avait écrit. A titre indicatif, la version Tchakarov dure 210 minutes, contre 155 pour celle-ci, soit près d’une heure de différence : certes, une vingtaine de minutes ont été coupées, dans le finale de l’acte III et dans l’épilogue, mais pour le reste l’écart tient aux différences de tempo, car Markevitch dirige véritablement avec une fougue impressionnante.

    Après son chef, l’autre atout de cette version est évidemment l’interprète du personnage principal. De son timbre d’airain, Boris Christoff avait chanté le rôle en novembre 1954 pour la RAI, aux côtés de Virginia Zeani (CD Andromeda). Au printemps 1959, alors qu’il le chantait à la Scala, avec Scotto, Cossotto et Gianni Raimondi, un critique écrirait : « « Quand Boris Christoff chanta le grand air de Soussanine [au IVe acte], ce n’était plus lui que l’on écoutait, mais le chant même transformé en poésie ». Beaucoup considèrent ce Glinka comme l’un de ses plus beaux enregistrements. Egalement avec Christoff, Mela Bugarinovic participa à l’enregistrement de Boris Godounov, dirigé par André Cluytens, pour EMI en 1962. Et comme elle chantait déjà à l’Opéra de Vienne dans les années 1940 (Brangäne, Herodias, Quickly), autant dire qu’elle ne compose pas le plus juvénile des Vania, mais la voix est somptueuse.

    Teresa Stich-Randall venait de participer à l’enregistrement légendaire du Chevalier à la rose l’année précédente. Pour Sophie, on avait voulu une voix sans vibrato, et la soprano américaine fut longtemps portée aux nues pour la pureté instrumentale de son timbre. Ce côté désincarné, qui dégage parfois autant de chaleur humaine que les ondes Martenot, ne séduit sans doute plus autant, mais la chanteuse offre une prestation techniquement impeccable. Nicolaï Gedda lui donne idéalement la réplique, dardant des aigus magnifiques, avec une vaillance dont il n’était peut-être pas spécialiste, mais qu’il pouvait fort bien assumer en studio. Somme toute, une référence, pour le prince Markevitch et le tsar Christoff, mais l’entourage n’est pas mal non plus ! »

     

  • Cathédrale orthodoxe russe de la Trinité à Paris

    J’avais suivi avec émotion par internet la consécration de la nouvelle cathédrale par le Patriarche de Moscou Kirill. J’ai pu le dimanche 5 février, dimanche du publicain et du pharisien (parabole  qui met l’accent sur le conflit humain du croyant entre paraître et être), assister à la liturgie célébrée par l’exarque du Patriarcat de Moscou en France, Mgr Nestor. La toute nouvelle église n’est pas encore achevée quant aux peintures murales qui devront recouvrir tous les murs de bas au sommet. Le style de l’iconographie actuelle est visiblement inspiré des peintures  murales de Maître Denis (Dionissi) et de ses fils, à l’aube du XVIème siècle, au Monastère de Théraponte dans la région de Vologda qui se distinguent par leur suavité, la délicatesse des couleurs et parfois un certain maniérisme.

    Le choeur de la nouvelle cathédrale est magistral et donne une magnifique idée de la richesse et de la force de la musique orthodoxe. L’évêque Nestor a fait à la fin de la liturgie un court sermon, en russe et un français impeccable,  sur les martyrs de la foi en Russie soviétique, martyrs dont le nombre dépasse tout ce qu’a connu l’histoire du christianisme, victimes de l’athéisme marxiste-léniniste et stalinien.  .

    L’architecture extérieure, oeuvre de Wilmotte, parfois décriée par les esprits chagrins, est, selon moi, une parfaite réussite, qui inscrit sans heurt la monumentalité architecturale vladimiro-moscovite et le paysage urbain parisien.

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