Auteur/autrice : Jean-Claude

  • Sur la présentation scandaleuse de la Russie dans « Le Monde » – une infamie de plus

    Une nouvelle Toinette du journalisme activiste vient de sévir dans « Le Monde » – Toinette Briancon : il y avait longtemps que le quotidien ne s’était pas livré à un panorama aussi unilatéralement anti-poutine/anti-russe, avec une focalisation monomaniaque sur le génie du mal du continent russe – Poutine, cause de tous les maux « de la répression à la récession ». Le grand pays qu’est la Russie mérite une meilleure information sur elle que cette litanie accumulative répétitive de ce qui ne va pas. Comme si la Russie était une exception dans ce qui ne va pas : je prétends, à l’encontre de la présentation scandaleuse de Toinette Briancon, qu’il n’y a pas dans ce pays plus d’exactions, de faits négatifs, de bavures que dans des pays démocratiques de même importance géo-politique. Mais, sous l’influence des forces les plus réactionnaires occidentales (surtout américaines) , qui n’ont pas intérêt à ce que la Russie retrouve une puissance qui contrebalancerait l’unipolarité actuelle, financé  par elles, un activisme s’est installé dont les métastases ne cessent de ronger toute vue un peu rationnelle et constructive de la situation russe. Toinette Briancon, à ce qui apparaît dans sa chronique du week-end, est un de ces activistes qui pratiquent l’amalgame, les faits vérifiés et les suppositions, mais ont surtout d’une malhonnêteté intellectuelle effrayante. Voici chez Toinette Briancon les affirmations malhonnêtes, en suivant l’ordre de son papier :

    1) la mise en doute de la légitimité de Poutine (une autre passionaria toinette, Mandras, avait déjà mis en doute dans « Le Monde » la légitimité de Medvédev… et les journalistes activistes n’ont cessé de mépriser Medvédev et d’en faire la marionnette de Poutine et ils ont bonne mine aujourd’hui de le présenter comme un homme d’Etat plus fréquentable que son aîné);

    2) non-légitimité de Poutine, parce que « fraudes électorales » : Briançon, pas plus que les autres journalistes du « Monde », ne nous disent de quel type et à quel niveau sont les dites « fraudes », sauf qu’au cours  de sa chronique il parle de « bourrage des urnes ». Pour le lecteur, les choses sont claires, lors des élections russes, le bourrage des urnes est la règle, sans qu’on ne nous ait jamais dit quel est le pourcentage de ces fraudes réelles caractérisées. D’autre part, je ne cesse de dénoncer la confusion qui est faite à travers ce mot « fraude », entre les fraudes réelles voulues et les dysfonctionnements qui me paraissent la majorité des cas, dysfonctionnements qui proviennent  de ce que la Russie, vu son histoire récente et vu l’immensité de son territoire,  a de la peine à acquérir les mécanismes   d’un déroulement démocratique des élections (cela est valable aussi pour l’opposition qui croit qu’en démocratie tout est permis)

    3) Dmitri Medvédev est dit par Briancon « le souffre-douleur » de Poutine. Mme Jégo, elle, disait, avant, qu’il en était la « poupée de chiffons » ; elle disait aussi que Poutine était « moribond »… Eh bien, le moribond a l’air de bien se porter et il a fait même du ski à Sotchi avec son souffre-douleur Medvédev, au lieu de fêter, dernièrement, le 55ème anniversaire de son épouse, dont on vient d’apprendre qu’ il divorce (dixit Jégo);

    4) La « corruption généralisée », certes, c’est une plaie qui ronge la Russie, mais il est malhonnête de ne pas dire qu’il y a une lutte de tous les jours du pouvoir contre cette corruption et le nombre de personnages souvent aux plus hautes fonctions qui sont mis en examen augmente de jour en jour; cela n’empêche que la corruption ne soit endémique à tous les niveaux, qu’il est un « mal russe »,  qu’il ne disparaîtra pas d’un coup de baguette magique et qu’il faudra du temps avant que la Russie ne réduise ce fléau à la plus simple expression;

    5) Qui voit Toinette Briancon et consorts en journalisme activiste à la place de Poutine? Qui se détache?  L’opposition non parlementaire n’a pas de programme : elle procède par éructations, par slogans, genre « la Russie sans Poutine » ou la parti de Medvédev-Poutine est traité de « parti des voleurs et des escrocs », sans qu’il y ait une proposition alternative sérieuse. Il suffit de lire le bloc de Navalny : ce ne sont qu’insultes, mots d’oiseau, vocabulaire incendiaire, souvent infantile. Kasparov opère de la même façon, par des aboiements, des invectives, des insultes (on peut être un génie des échecs et un piètre politique – cf., pour le génie littéraire et le fourvoiement idéologique, Céline);

    6) Sur la situation économique de la Russie, le tableau de Toinette Briancon est noirci de façon outrancière. Même si la crise mondiale a des effets négatifs sur l’économie russe, celle-ci reste confortable, malgré l’inflation; et, bien entendu, l’activiste Biancon ne parle pas du niveau du chômage en Russie qui est très bas. Mais ce qui serait positif, n’intéresse pas l’activiste.

    7) Qui êtes-vous les Toinettes du journalisme pour employer, quand vous parlez de la Russie, ce lexique dénigrant insupportable : la « vindicte présidentielle »; « répression » (lorsqu’il y a intervention de la police pour des manifestations non autorisées, la police ne gaze pas les opposants comme cela se pratique aux Etats-Unis, en France et, aujourd’hui en Turquie; les manifestants présentés à la justice sont ceux qui ont frappé des policiers lors de la manifestation du 6 mai 2012); « récession » (Briancon fait une phrase volontairement contournée obscure, pour ne pas dire nettement que l’on prévoit pour la Russie une croissance de plus de 2%, ce qui ne semble pas être encore  de la récession, mais Briancon est une pythie qui voit loin…); « Parlement docile » (il suffit d’entendre les communistes ou le parti « Juste Russie » pour voir qu’ils ne sont pas dociles, mais, n’ayant pas la majorité, comme dans toute démocratie, ils en sont réduit (comme l’UMP aujourd’hui chez nous) à être une opposition verbale, mais non sans effet); « durcissement » de la répression; « corruption généralisée »; « justice aux ordres »; « forces de police à la disposition du plus offrant »; les satrapes locaux qui « exécutent ce que leur demande le pouvoir », « Etat jungle »; « droits de propriété les plus élémentaires bafoués tous les jours »; « tout est confiscable par l’arbitraire autocrate et kleptocrate »; « autoritarisme aggravé du régime »; « le risque russe » pour les investisseurs; Poutine met en oeuvre ses promesses « pour s’assurer une confortable majorité électorale » (mais qu’a-t-il besoin d’essayer d’améliorer le niveau de vie de ses compatriotes pour être élu, puisque le bourrage d’urnes lui permettra d’être élu à l’occasion? Toinette Briancon n’en est pas à une malhonnêteté près); « les pensions et les canons », voilà selon la Toinette d’aujourd’hui l’unique visée poutinienne…; « les coups de menton périodiques du maître du Kremlin »; « ruée de ses amis et affidés sur les ressources publiques »; « l’obéissance contre la croissance », autre visée de Poutine; « régression démocratique »; « Poutine se rétracte et réprime »; « la rapine des amis du régime »; « zèle policier paranoïaque »; « l’arbitraire du prince »; « la bande au pouvoir »…

    Quelle vision apocalyptique! Que reste-t-il de la Russie après cet « éclairage » qui nous est proposé, non innocemment, bien entendu, par « Le Monde »?

    Je trouve de tels papiers infamants et ai honte.

     

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  • La pénétration de la pensée russe dans le milieu français : Berdiaev et Chestov

    Автор:Маркадэ Жан-Клод

    Маркадэ Ж.Кл.

    Проникновение русской мысли во французскую среду. H. A. Бердяев и Л. И. Шестов

    Разбивка страниц настоящей электронной статьи сделана по: «Русская религиозно-философская мысльXX века. Сборник статей под редакцией Н. П. Полторацкого. Питтсбург, 1975, США.

     

     

    Жан-Клод Маркадэ

     

     

    ПРОНИКНОВЕНИЕ РУССКОЙ МЫСЛИ ВО ФРАНЦУЗСКУЮ

    СРЕДУ: H. A. БЕРДЯЕВ И Л. И. ШЕСТОВ

     

    Русская музыка и изобразительное искусство сыграли не­сомненно огромную роль в художественной жизни Франции, отчасти благодаря Русскому балету С. П. Дягилева, отчасти благодаря исключительному дарованию многих русских художников так называемой Парижской школы. 1 Но можно ли говорить о влиянии русской философии на французскую мысль XX века? Надо отметить прежде всего, что во французской среде русская мысль завоевала себе место с большим трудом. Только те философы, произведения которых были переведены на французский язык, проникли в мир французской мысли. В этом отношении, два философа оказали несомненное влияние на французскую мысль, а именно Н. А. Бердяев и Л. И. Шестов.

    По поводу Бердяева Г. П. Струве пишет: «На первом месте следует поставить многочисленные сочинения H.A. Бердяева, оказавшегося необыкновенно продуктивным и популярным мыслителем в Европе, единственным, можно сказать, который имел какое-то воздействие на современную ему философию, английскую и немецкую мысль и к которому прислушивалась часть русской молодежи за рубежом». 2 Однако Бердяев не «единственный» русский мыслитель зарубежья, который «имел какое-то воздействие» на западную мысль. Более адекватна формулировка самого Бердяева: «Я был первый русский хрис­тианский философ, получивший большую известность на За­паде, большую, чем В. Соловьев». 3 Шестов, стоявший близко к христианству, но не вошедший всецело в его лоно, оставил, может-быть, менее заметный след, но его проникновение, по- жалуй, более глубокое.

    Знаменателен факт, что нередко произведения этих двух крупных величин появлялись сперва на французском языке и только позже по-русски. Так было с книгами Бердяева «Истоки

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    и смысл русского коммунизма», «Экзистенциальная диалек­тика божественного и человеческого», «Опыт эсхатологической метафизики (Творчество и объективация)» 4. То же самое прои­зошло и с некоторыми произведениями Шестова. Такие важные труды, как «Гефсиманская ночь» 5, «Киркегор и экзистенциаль­ная философия» 6, «Скованный Парменид»7, «В Фаларийском быке» 8, были известны французским кругам и вызывали споры до того, как они были опубликованы на русском языке.

    Следует упомянуть также, что Бердяев устраивал первые экуменические встречи в Париже. Интерконфессиональные со­брания с католиками и протестантами, продолжавшиеся 3 года (1925-28), кончились полу-неудачей из-за слишком разных ми­ровоззрений участвующих. После вековой борьбы, протестанты и католики впервые могли обмениваться мнениями на нейтраль­ной православной почве. Но главная трудность была в том, что внутри каждой религии были непримиримые разногласия. Таким образом, крайний католический модернист, отец Лабертоньер, сталкивался с томистом Ж. Маритеном, и ортодоксаль­ный кальвинист Ласерер с представителем религиозно и социально-радикального течения в протестантизме. Со стороны православия, отец С. Булгаков имел слишком своеобразный и новый для всех подход к богословским проблемам, чтобы его софиологическая система не осталась для слушателей неразре­шимой загадкой. Хотя французские богословские круги и знали об учении отца Булгакова о Софии, но это не вызвало никакого прямого отзвука в западной теологии.

    Если теперь взглянуть на литературу на французском язы­ке о русских мыслителях, то оказывается, что существует нес­колько попыток раскрыть идеи одного лишь Бердяева. Первая книга о Бердяеве была написана его другом, швейцарским пас­тором Порре. 9 Французский философ Леон Эмери ставит Бер­дяева среди «семи свидетелей» нашей эпохи, 10 причем он инте­ресуется только автором «Нового Средневековья», имевшего широкое распространение11, — хотя Бердяев не считал этой книги столь важной. Эмери видит даже в Бердяеве единомыш­ленника Жозефа де Местра: «Придадут, может быть, книге Николая Бердяева «Новое Средневековье», написанной между 1919 и 1923 гг., то же значение, что и «Рассуждениям о Фран­ции», опубликованным Местром в 1798 г.» 12 Книга госпожи М. М. Дави «Человек восьмого дня» 13 — живое свидетельство об огненной личности русского философа, в котором она под­черкивает острое ощущение Deus absconditus. О вкладе хрис­тианских размышлений Бердяева и его учения о личности (пер-

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    сонализм) появилась богословская диссертация Сегундо 14. На­конец, Климов постарался составить систематическое изложе­ние философии Бердяева в его «восстании против объектива­ции» .15

    О Шестове же пока не существует ни одной книги на французском языке. В эссе Рахили Беспаловой «Chemins et Carre­fours» 16 одна глава посвящена «Шестову перед Ницше». (Другие части относятся к изучению некоторых аспектов мысли Жюльена Грина, Мальро, Габриеля Марселя, Киркегора.) Беспалова анализирует только одну линию философии Шестова, хотя и краеугольную, а именно постоянную борьбу философа против якобы «научной философии», зиждущейся на априорных исти­нах. Она замечает, что у Шестова «философ превращается в палача познания» 17. Русский философ А. Лазарев посвящает целую главу своей книги «Жизнь и Познание» 18 «философии Л. Шестова», и Бердяев в предисловии к этому французскому изданию подчеркивает значение Шестова в развитии рели­гиозно-философской мысли, но упрекает его в том, что он говорит как-то извне о религиозном опыте. Кроме этих иссле­дований, надо еще отметить предисловия Ива Боннефуа и Б. Ф. Шлецера к французским изданиям сочинений Шестова. Ив Боннефуа входит в суть проблематики Шестова. Настоящая трагедия человека в том, что он не верит, что вера может сдви­нуть горы, и должен все время опираться на призраки разума.

    Если судить о влиянии Бердяева и Шестова по исследова­ниям, которые появились о них по-французски, мы не будем иметь полного представления о глубоком отзвуке, вызванном их мыслью во французском интеллектуальном мире. Для этого следует обратиться к тем моментам их жизни и жизни их фи­лософских идей, которые свидетельствуют о этом отзвуке и о том значении, которое они имели в развитии части француз­ской мысли.

    Николай Александрович Бердяев (1874-1948), как известно, был выслан из России в 1922 г., и после двухлетней п

  • « Forbes » : Poutine ne peut pas tout contrôler…

    Forbes: Путин знает, что у него не все под контролем

    Президент России Владимир Путин знает, что у него не все под контролем, предположил главный геополитический эксперт частной разведывательно-аналитической компании Stratfor Роберт Д. Каплан в своей заметке для Forbes. «Мало кто понимает слабые места России так, как ее лидер», — говорится в статье. Как считает Каплан, Путину приходится управлять государством протяженностью почти в половину меридиана Земли, но с меньшей численностью населения, чем в Бангладеш.

    По мнению аналитика, Путин осознает, что Россия не может править в Восточной Европе, однако такие страны, как Польша и Румыния, Москве по-прежнему необходимы. Учитывая, что подобные государства являются членами НАТО и Евросоюза, перед Кремлем стоит постоянная и, скорее всего, неразрешимая проблема, добавляет Каплан.

    Еще одной трудностью, с которой сталкивается Путин, является то, что балтийские страны собираются уменьшить свою энергетическую зависимость от России, пишет Каплан. Есть сложности и в отношениях России с США и Китаем, считает автор.

    Помимо этого, у президента России не все под контролем и внутри страны: Путин отдает приказы, но, как и в случае многих его предшественников, на бескрайних просторах российских провинций ответной реакции практически нет, говорится в статье.

    «Газета.Ru»

     

  • La Suisse et la Russie pour l’innovation

     

    Tribune libre

    L’innovation : les leçons de la Suisse pour la Russie

    Jacques Sapir

    Jacques Sapir

    © Photo

    18:49 31/05/2013
    « Promenades d’un économiste solitaire » par Jacques Sapir*

    La tenue du premier « Russian-Swiss Innovation Day », organisé à l’initiative de M. Frederik Paulsen, le consul honoraire de Russie, a été l’occasion de comparer les logiques d’innovations entre la Suisse et la Russie.

    Cette comparaison peut surprendre au premier abord. Si l’on regarde la taille respective de ces économies, la Suisse serait un écureuil quant la Russie serait un ours. Pourtant, en matière d’innovation, la Suisse pèse bien plus que ce que l’on pourrait imaginer sur la base de sa population et de son territoire. Le succès du « modèle » suisse en matière d’innovation est indéniable et alimente le dynamisme de la Suisse Romande. Les exportations des secteurs de la pharmacie, du matériel médical, de la mécanique de précision tirent l’économie et sont fortement liées aux innovations.

    Ces dernières se sont agglomérées et constituent désormais des grappes d’innovations que se renforcent mutuellement. On peut donc parler de la constitution d’un « district innovateur » à propos de l’ensemble constitué autour de Lausanne et de ses environs. Il est animé par de prestigieuses universités (l’UNIL et l’EPFL (1) entre autres), des laboratoires tant publics que privés et dont certains hébergent des projets géants tel Human Brain, et des entreprises qui vont de la start-up jusqu’à la multinationale en passant par l’entreprise de taille moyenne.

    Les fondements de l’existence des « districts d’innovation (2) »

    Mais comment peut-on réussir à créer un ensemble dynamique autour de l’innovation ? Les responsables du projet Skolkovo ont présenté leur vision de ce projet ambitieux qui draine déjà des capitaux considérables. Annoncé à grands sons de trompes par D. Medvedev du temps où il était président, il semble cependant avoir été sensiblement réduit et a donné lieu à des enquêtes pour détournement des fonds publics. On ne compte aujourd’hui (2013), selon M. Mikhaïl Myagkov, le vice-Président de l’institut de Skolkovo, que trente-huit étudiants à Skolkovo et l’on en attend en 2018 au plus deux mille. C’est dire que l’on est loin non seulement des grandes plates-formes que sont la Silicon Valley (avec l’université Stanford) ou la région de Boston (avec le MIT) mais aussi la région de Toulouse en France ou le plateau d’Orsay. Skolkovo est même de taille réduite quand on le compare au centre constitué par l’EPFL, qui compte quant à elle 4000 étudiants et près de 2500 chercheurs à plein temps, ou à l’UNIL sur Lausanne.

    Traditionnellement, les districts innovateurs se sont créés autour de grands centres universitaires. De ce point de vue, les présentations du président de l’EPFL M. Patrick Abisher, de Dominique Arlettaz, le recteur de l’UNIL ou de Martin Vetterli, le Président du Conseil National de la recherche helvétique tranchaient sur le discours convenu des représentants de Skolkovo. Les intervenants suisses ont d’ailleurs insisté sur trois points qui, à leurs yeux, ont été essentiels dans la constitution d’un « district d’innovation » autour de Lausanne.

    Le premier est la présence de grandes institutions universitaires multidisciplinaires qui assurent l’existence d’un vivier, tant par les professeurs que par les étudiants avancés et les post-doctorants, pour l’innovation. Les grandes universités, par l’offre qu’elles proposent sur un même lieu mais aussi par les habitudes de coopération qui se tissent entre étudiants, enseignants et chercheurs, sont donc des terrains particulièrement importants de ce point de vue.

    Le second est l’importance des financements publics. Ces derniers sont essentiels à la fois pour le développement de la recherche fondamentale, mais aussi pour une large part de la recherche appliquée. De fait, ainsi qu’il fut rappelé par divers intervenants, les différents fonds publics suisses contribuent à hauteur de 75% à 90% (selon les projets) au financement global. En un temps où l’on ne cesse de vanter les attraits du PPP (Partenariat Public Privé), il était bon que soit rétablie la vérité des chiffres.

    Le troisième point essentiel, largement souligné par divers intervenants, est un esprit d’ouverture, tant vis-à-vis des chercheurs qui viennent du monde entier que du point de vue des entreprises, que celles-ci viennent, attirées par le « district d’innovation » ou qu’elles se créent (start-up). Sur ce point précis, les intervenants ont insisté sur la grande « mortalité » dans les entreprises naissantes (environ 90%). En fait, compte tenu de l’extrême nouveauté des domaines sur lesquels se développent ces entreprises, l’échec est statistiquement plus la règle que l’exception. C’est l’application du principe « essai et erreur » qui est le seul permettant de dégager une bonne articulation entre un principe innovant et une forme particulière mise en œuvre dans une entreprise donnée.

    L’innovation en Russie

    On pourrait croire que la Russie s’est ainsi enferrée dans un projet sans avenir, mais ce n’est nullement le cas. D’autres intervenants ont montré que l’innovation se développait rapidement dans de très nombreuses villes de Russie à travers la création de Technoparcs et d’incubateurs. En fait, depuis maintenant près de quatre années, toutes les grandes universités d’État et les Écoles Spécialisées, ont créé des parcs d’innovation. Le plus connu est sans nul doute celui de l’université de Novossibirsk, mais d’autres existent dans les grands centres universitaires.

    Mme Irina Ananich, directrice de la coopération stratégique à l’agence russe de l’énergie, M. Alexander Yakunin, directeur du département des industries radio-électroniques au sein du Ministère de l’Industrie et du Commerce ou encore M. Maxim Cherednichenko, vice-Directeur du centre de Belgorod sur les énergies alternatives, ont multiplié les exemples de la constitution de « grappes » d’innovation, se traduisant par des développements industriels importants.

    Elles sont le produit d’une interaction forte entre un potentiel scientifique de grande qualité et des financements, directs ou indirects, de l’État. Les industriels, tant russes qu’étrangers, d’ailleurs ne s’y trompent pas et développent (ou prennent des participations) des entreprises à côté des parcs et des incubateurs où se développent ces « grappes » d’innovation.

    Madame Ananich a aussi insisté sur le potentiel que représente le secteur agricole russe, tant en ce qui concerne les biomatériaux que pour le développement de formes alternatives d’énergies. Les études, dont certaines ont été menées conjointement avec des sociétés suisses, ont montré l’intérêt de la création de centrales thermiques de petites tailles pour fournir de l’énergie de manière décentralisée, en particulier dans le cas des communautés rurales. Ces centrales devraient utiliser les déchets de l’agriculture (la biomasse). De même, l’utilisation de certains déchets pour alimenter les centrales thermiques est une solution pour les villes. Un point particulièrement important est que la question du développement des énergies nouvelles allait main dans la main avec celle du traitement des déchets mais aussi celle du traitement de l’eau. On a donc ici un exemple très parlant de la nécessité d’associer différents champs disciplinaires dans le domaine des sciences de la nature (de la biologie à la physique), mais aussi de les relier avec des sciences sociales, comme l’économie (pour une analyse des coûts), la sociologie ou la démographie (pour prévoir la dynamique temporelle de ces communautés).

    D’autres exemples ont été fournis, qui confirment la nécessité de ce « penser global » qui est à la base de l’innovation moderne.

    On constate ainsi que non seulement le potentiel d’innovation de la Russie est important dans ces domaines, mais que les débouchés existent. La coopération internationale sur certains de ces projets est déjà largement développée. Le directeur du département de l’innovation de Rostekhnologia (entreprise d’État) et le Recteur de l’Institut Baumann de Moscou ont insisté sur les synergies qui se mettent en place depuis plusieurs années entre la recherche fondamentale et le développement d’applications, dont Rostekhnologia assure alors l’industrialisation, soit dans des entreprises à capitaux publics soit dans des entreprises mixtes.

    Il ne faudrait donc pas que Skolkovo devienne l’arbre qui masque la forêt. L’innovation se développe rapidement en Russie. Mais, tout ceci n’aura de sens que si le mouvement des investissements en capital fixe se maintient en Russie. Pour que les innovations se diffusent dans le pays, il faut non seulement que l’investissement se développe, mais que la part de cet investissement qui concerne les équipements industriels ne faiblisse pas.

    L’innovation ne se décrète donc pas et ne naît pas de gens qui crieraient en sautant sur les chaises « innovons, innovons… ». Elle ne se décrète pas non plus par la constitution d’agences publiques spécialisées ciblant un domaine particulier, même si elle peut nécessiter la constitution d’institutions financières adaptées. Elle implique de penser globalement la politique économique et le système de recherche et d’éducation. Elle implique aussi de maintenir un tissu économique équilibré afin d’assurer la demande. Elle implique enfin de penser le financement dans toute sa complexité, et d’assurer que les instruments microéconomiques mais aussi macroéconomiques (et au premier plan la politique monétaire avec la politique de la Banque Centrale) soient cohérents avec cette politique. Elle implique enfin un engagement constant de l’État sur l’ensemble de ses moyens. Rien de tout cela n’est aisé, et certains de ces instruments pourraient se révéler contradictoires avec les règles actuelles de l’Union européenne.

    (1) Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne.

    (2) On transpose ici la notion de « district industriel » élaborée par A. Marshall et reprise dans la géographie économique moderne à la théorie de l’innovation ; voir : A. Marshall, Elements of Economics of Industry, Londres, Macmillan, 1900 ; voir G. Becattini, (ed.), Mercato et forze locali : il distretto industriale, Bologne, Il Mulino, 1987 ; et G. Benko et A. Lipietz, (dirs.), Les régions qui gagnent, Paris, PUF, 1992.

    L’opinion exprimee dans cet article ne coïncide pas forcement avec la position de la redaction, l’auteur étant extérieur à RIA Novosti.

    *Jacques Sapir est un économiste français, il enseigne à l’EHESS-Paris et au Collège d’économie de Moscou (MSE-MGU). Spécialiste des problèmes de la transition en Russie, il est aussi un expert reconnu des problèmes financiers et commerciaux internationaux.Il est l’auteur de nombreux livres dont le plus récent est La Démondialisation (Paris, Le Seuil, 2011).

    La France en récession : surprise ou évolution logique ?

    La crise de l’euro vue d’Allemagne

    L’Europe au bord du gouffre

    Les conséquences inattendues de la crise chypriote

    Chypre et le moment russe

    Les paradoxes de la politique et de l’économie

    François Hollande en Russie

    Après le G-20, la Russie est à la croisée des chemins

    Un aveu de François Hollande

    Les 50 ans du Traité Franco-Allemand : une célébration du vide ?

     

  • Suite de l’information du « Monde » sur la Russie

    Tiens-tiens! Eléna Volochina, que j’ai traitée précédemment de poupée barbie post-soviétique, est apparue sur Canal+ avec un reportage sur Depardieu en Tchetchénie, totalement transformée – plus de barbie, plus de décoloration et de maquillage outranciers – Que faut-il en conclure sur le personnage de Mme Volochina? Yo no sé!

    Les deux derniers éditoriaux du « Monde » sur la Syrie sont une déploration sur le fait que la Russie n’a pas compris les attentes du « Monde », de Sarkozy-Juppé-Fabius-Hollande, à savoir l’expulsion d’Assad du pouvoir,  et continue à avoir une politique « incorrecte » – La situation syrienne est épouvantable – mais qui en est responsable? Il me semble que la Russie, dès le départ, avait une vue juste – forcer Assad et l’opposition, déjà disparate, mais encore cohérente, à négocier. Or on s’est ingénié chez les Sarkozy-Juppé-Fabius-Hollande à « exiger »  comme condition sine qua non le départ d’Assad qui a été élu par  une part importante des Syriens, puis à aider à l’armement des rebelles, avec l’aide des deux grandes démocraties amies le Qatar et l’Arabie Saoudite.

    C’est un fait remarquable que la gauche française, qui se veut un parangon des vertus républicaines, s’est retrouvé dans les dernières décennies parmi les va-t’en guerre – c’est sous Jospin que la France s’est engagée au Kossovo, et Mélanchon ou Noël Mamère, qui voulait faire envoyer des soldats à pied pour se battre contre les Serbes, ont bonne mine aujourd’hui de dire que Hollande est intervenu au Mali sans le feu vert de l’ONU – ah! les faux-culs. De même  la France de gauche s’est empressée de faire annuler les élections, démocratiquement organisées en Algérie, parce que c’était le parti islamiste qui les avait gagnées. C’est la démocratie à la carte! On a vu les résultats de toutes ses interventions guerrières, au nom de la démocratie, en Afghanistan, en Irak, en Syrie – on a l’impression que le nombre de morts violentes dépasse largement celui occasionné par les régimes combattus…

  • Voltaire disait….

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  • « Malévitch » à Kiev fin mai 2013

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    cliquez sur l’image!

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    ПРЕС-РЕЛІЗ

    презентації монографії Жана-Клода Маркаде “МАЛЕВИЧ”/ “МАЛЕВИЧ”/ круглого столу “Малевич і Україна” (круглого столу “Малевич і Україна” (

    28 травня, з 17.00 до 19.00 , зала 2

    зустрічі малевичезнавців Жана-Клода Маркаде та Дмитра Горбачова із учасниками Києво-Могилянської Бізнес Школи
    29 травня, 18.00 Києво-Могилянська Бізнес Школа,
    вул. Волоська 8/5, 4 корпус, 4 пов. 410 аудиторія

    лекції Жана-Клода Маркаде
    Про деякі характерні відмінності українського авангардного мистецтва В ІЗОЛЯЦІЇ. ПЛАТФОРМІ СУЧАСНИХ ІНІЦІАТИВ
    31 травня, 17.00 Донецьк

    що відбуваються в рамках
    третього міжнародного фестивалю «Книжковий Арсенал» (Мистецький Арсенал, вул. Лаврська 10-12, Київ).

    Всі три події мають спільний мотив – повернення до Києва і в Україну творчості геніального мистця ХХ ст. Казимира Малевича. Головним гостем та спікером стане французький дослідник українського і російського авангарду проф. Жан-Клод Маркаде із Франції.

    Проф. Маркаде є знаним та авторитетним експертом. Автор кількох відомих праць з авангардного мистецтва, зокрема франкомовної монографії. Malévitch (1990). Російський авангард. 1907-1927 (1995, 2007); куратор ряду виставок в провідних музеях світу (Пуні, 1992-1993 в Парижі та Берліні; Російський символізм, 1999-2000 в Мадриді, Барселоні, Бордо;

    Видрукувана видавництвом РОДОВІД книга «МАЛЕВИЧ» є україномовною редакцією франкомовної монографії Malévitch 1990 року (переклад українською Василя Старка, дизайн Ірини Пасічник). Чому так важливо було опублікувати цю працю українською ? Перша і найпростіша причина – найвідоміший мистець ХХ століття народився в Києві і в автобіографічних текстах називав себе українцем. Проф. Маркаде в передмові до

    української редакції зазначає : «Є елемент, який відрізняє мою роботу від більшості інших досліджень про Малевича – це увага до українського коріння малярської поетики Малевича, що замовчують або туманно висвітлюють, і не тільки в російських дослідженнях… У всіх моїх статтях і книгах про так званий «російський авангард», поняття якого усталилося лише з 1960-х років, я розрізняю в цьому потужному новаторському художньому потоці три напрямки або «школи»: петербурзька, московська й українська (до неї належать Олександра Екстер, Давид і Володимир Бурлюки, Архипенко, Малевич, Баранов-Россіне й, почасти, Ларіонов та Татлін)». Партнер друку книги – фамільна друкарня HUSS

    Інша важлива причина появи такого дослідження в Україні – це дискусії навколо творчості Малевича, і навіть її нерозуміння, а то й часткове невизнання. Праці Малевича багатогранні, в них часто нашаровується кілька культур. Зрозуміти, “прочитати” їх відразу, глянувши на зображення в інтернеті, буває складно. Дослідження проф. Маркаде цікаво читати – в ньому розкладена по поличках еволюція творчості польсько-українсько-російського маляра, архітектора, теоретика, педагога й мислителя.

    Круглий стіл “Малевич і Україна” дозволить іншим малевичезнавцям представити свої дослідження і, можливо, окреслити нові публікації. Модератор круглого столу – доктор літературознавства Тетяна Огаркова, редактор книги “МАЛЕВИЧ”, викладач Києво-Могилянської Академії. Запрошені учасники – проф. Дмитро Горбачов, автор і головний редактор збірника “Малевич і Україна” (Київ), проф. Георгій Коваленко, академік Академії мистецтв Російської Федерації (Москва), дослідник російського і українського авангарду, Олена Кашуба-Вольвач, кандидат мистецтвознавства, автор книги “Олександр Богомазов. Автопортрети”, Тетяна Павлова, докторант, автор досліджень про мистців харківського авангарду Б. Косарева та В.Єрмілова (Харків), проф. Ольга Лагутенко, автор книг з української модерної графіки (Київ) та інші.

    Про мистецтво і філософію Малевича як людини-творця та візіонера буде розмова на зустрічі малевичезнавців Жана-Клода Маркаде та Дмитра Горбачова із управлінцями українських компаній у Києво-Могилянській Бізнес Школі (kmbs). Казимир Малевич кардинально змінив ландшафт тогочасного культурного простору та показав вихід на якісно інші виміри в живописі. Саме ця логіка творіння радикально нових концептів особливо цікава не лише у сфері мистецтва, але і бізнесу. Модеруватиме дискусію декан kmbs Олександр Саврук.

    “Деякі характерні відмінності українсткого авангардного мистецтва першої четверті ХХ століття” – такою буде тема лекції проф. Жана-Клода Маркаде в В ІЗОЛЯЦІЇ. ПЛАТФОРМІ СУЧАСНИХ ІНІЦІАТИВ (Донецьк), яку він прочитає 31 травня о 17.00

    Організатори подій: видавництво РОДОВІД, Києво-Могилянська Бізнес Школа, «ІЗОЛЯЦІЯ. ПЛАТФОРМА КУЛЬТУРНИХ ІНІЦІАТИВ».

    Партнери: Французький Інститут в Україні, Книжковий Арсенал, Детальніша інформація за тел. 067 404 4402; 044 289 4829 імейл: rodovid.box@gmail.com

     

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    28 травня з 17.00 до 19.00

    Презентація книги “МАЛЕВИЧ”, яка відбудеться за участю автора Жана-Клода Маркаде (Франція) 28 травня 2013 року  з 17.00 до 19.00 (зала №2) в рамках проведення третього міжнародного фестивалю Книжковий Арсенал (вул. Лаврська 10-12 Київ).

     

    Презентація монографії переросте в круглий  стіл “МАЛЕВИЧ і УКРАЇНА”, на який запрошені дослідники українського авангарду Жан-Клод Маркаде (Франція), Дмитро Горбачов (Київ), Георгій Коваленко (Москва), Мирослава Мудрак (США), Тетяна Павлова (Харків), Олена Кашуба-Вольвач (Київ), Ольга Лагутеко (Київ) та інші. Модератор – д-р Тетяна Огаркова, редактор книги “МАЛЕВИЧ”, викладач Києво-Могилянської Акдемії.

    Організатор: РОДОВІД видавництво

    Парнери презентації: Французький Інститут в Україні/ Києво-Могилянська Бізнес Школа /Книжковий Арсенал

     

     

    29 травня о 18.00

    Зустріч учасників Києво-Могилянської Бізнес Школа із малевичезнавцями Жан-Клодом Маркаде та Дмитром Горбачовим в приміщенні школи за адресою:

    Модератор: Олександр Саврук, декан КМБШ

    Організатор: Києво-Могилянська Бізнес Школа

    Парнери презентації: РОДОВІД видавництво/Французький Інститут в Україні/Книжковий Арсенал

     

     

    31 травня о 17.00

    Лекція проф. Жана-Клода Маркаде “Характерні відмінності українсткого авангардного мистецтва першої четверті ХХ століття” в В ІЗОЛЯЦІЇ. ПЛАТФОРМІ СУЧАСНИХ ІНІЦІАТИВ (Донецьк)

    Організатор: ІЗОЛЯЦІЯ ПЛАТФОРМА СУЧАСНИХ ІНІЦІАТИВ (Донецьк) та РОДОВІД видавництво (Київ)

    Парнери презентації: Французький Інститут в Україні/Книжковий Арсенал

     

     

     

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  • Igor Markevitch SUR LE SÉRiEUX DE L’INFORMATION DE « KOMMERSANT ъ »

    Nashagazeta.ch

    К 100-летию Игоря Маркевича: гений и злодейство несовместны? («Nashagazeta.ch», Швейцария )

    К 100-летию Игоря Маркевича: гений и злодейство несовместны?

    Фото: РИА Новости
    Le journal d’opposition libérale « KOMMERSANT » reprend la rumeur selon laquelle, le grand compositeur d’origine ukrainienne Igor Markevitch aurait participé à l’enlèvement d’Aldo Moro avec les conséquences tragiques que l’on sait. Aucune preuve irréfutable n’a été jusqu’ici montrée. Alors, qu’est-ce que c’est que ce journalisme qui se repaît de rumeurs pour titiller les zones les plus malsaines des lecteurs?…. On apprend dans cet article des faits totalement imaginaires, comme, entre autres inepties, que  Igor Borissovitch aurait composé la musique du fil muet d’Eisenstein  « Que Viva Mexico ! » (sic!), ou que le compositeur avait un château  (sic!) à côté du Château de Chillon où s’est tenue une exposition commémorant  son 100éme anniversaire en 2012 etc. etc.
    Lamentable.

    «Игорь Маркевич: композитор, дирижер и… террорист?

    Швейцарская «Наша газета» публикует материал, посвященный композитору и дирижеру Игорю Маркевичу. По случаю столетия со дня рождения музыканта, оставившего след на берегах Лемана, Шильонский замок и фестиваль «Музыкальный сентябрь» посвящают его памяти выставку. Она открылась сегодня, 24 августа, и продлится до 28 октября.

    По словам организаторов выставки, главная ее цель – представить публике многогранную личность Игоря Маркевича с помощью его архивов, личной переписки и прочих документов, предоставленных Национальной библиотекой Франции, библиотеками кантона Во и Лозаннского университета, Женевской библиотекой, Фондом Зингер-Полиньяк и частными коллекциями. Экспозиция состоит из пяти частей, каждая из которых отражает период жизни и деятельности человека, для которого музыка была не просто искусством, но смыслом существования.

    Первая часть выставки кратко прослеживает детство маленького Игоря в семейной обстановке Виллы Мария в городке Тур-де-Пели (Tour-de-Peilz) на берегу Женевского озера. Но жизнь сделавшего международную карьеру музыканта началась не в Швейцарии, а в Киеве, где он родился 27 июля 1912 года в семье, тесно связанной с музыкой на протяжении нескольких поколений. Предки его были друзьями Глинки, и великий композитор работал некогда в их имении над вторым актом «Ивана Сусанина». По некоторым источникам семья была русская, по другим – еврейская, а украинские читатели газеты наверняка считают Маркевича своим. В двухлетнем возрасте он был вывезен родителями в Париж, после чего семья обосновалась в Швейцарии. Первым учителем музыки для Игоря стал его отец, профессиональный пианист.

    Однако музыкальный талант Маркевича расцвел все-таки в Париже, куда семья через несколько лет вернулась. Именно этому периоду становления Маркевича как композитора посвящен второй раздел выставки. Игорю повезло с самого начала – когда ему было 13, знаменитый пианист Альфред Корто согласился прослушать его фортепианную сюиту «Свадьба», очень ее одобрил, помог опубликовать сочинение и взялся обучать юного автора.

    Двумя годами позже Маркевич поступил в лучшее музыкальное учебное заведение Франции – Ecole normal de musique, где учился у Корто по классу фортепиано и у Нади Буланже по классу композиции. В 1929 году произошла судьбоносная для Маркевича встреча с Сергеем Дягилевым, который заказал ему Концерт для фортепиано с оркестром и музыку к балету. Концерт был написан в том же году и исполнен на открытии Дягилевских сезонов в театре «Ковент-Гарден» (партию солирующего фортепиано играл сам Маркевич), однако балетному не суждено было осуществиться из-за смерти Дягилева.

    В 1930 в Париже с успехом исполняется кантата Маркевича, в которой он использовал материал неоконченного балета, а ещё через год не меньший успех имеет его Кончерто гроссо. Музыка Маркевича привлекает внимание Жана Кокто, Дариюса Мийо, Роже Дезормьера, издательство Schott предлагает ему контракт на издание его сочинений. Вместе с Сержем Лифарем Маркевич работает над двумя балетами ― «Ребус» и «Полёт Икара», и, несмотря на то, что они так и не были поставлены, музыка обоих была исполнена в концерте. «Полёт Икара», исполненный в 1933 под управлением Дезормьера, произвёл сенсацию в музыкальном мире – его начинают называть «Игорем Вторым», под Первым подразумевая Игоря Стравинского. В Париже из-под его пера вышла, например, музыка к фильму Сергея Эйзенштейна «Вива Мексика!».

    После нескольких лет жизни в Париже Маркевич уехал в Швейцарию и в апреле 1935 женился на Кире Нижинской, дочери знаменитого танцовщика дягилевской труппы. Как и многие другие композиторы в 1930-е годы, он выступал в качестве дирижёра и пианиста. Но лишь в 1933 году, взяв несколько уроков у Германа Шерхена, Маркевич по его совету окончательно определил свое дирижерское призвание и руководил первым исполнением своей оратории «Потерянный рай» в Лондоне в 1935 году.

    В годы войны артист оставил любимое дело, чтобы принять участие в борьбе против фашизма – в 1943 году он пишет новую редакцию «Падения Икара», из которой убраны все модернистские элементы, и в том же году становится активным участником итальянского Движения Сопротивления (позднее ему будет присуждена золотая медаль «Партизан Северной Италии»).

    После войны Маркевич почти перестаёт сочинять и переключается на дирижёрскую деятельность, гастролируя по всему миру, а в 1960 году он впервые посетил с гастролями СССР, где затем стал частым гостем. Требовательная советская публика его приняла. Вот как отзывался о нем великий Генрих Нейгауз, человек, не щедрый на комплименты: «Мне кажется, он принадлежит к тому типу современного дирижера, для которого произведение и его исполнители, то есть оркестр и оркестранты, более важны, чем он сам, что он прежде всего служитель искусства, а не повелитель, диктатор. Такое поведение — очень современное явление… Обнимать духовно много индивидуальностей — а этим искусством Маркевич безусловно владеет — всегда является доказательством большой культуры, таланта и ума».

    В течение долгого времени Маркевич избегал исполнения своей музыки, но когда в 1978 получил предложение от Брюссельской филармонии продирижировать «Потерянным раем», согласился. Концерт имел большой успех, и, воодушевлённый положительными отзывами критики, Маркевич принял решение возродить собственные сочинения и заново их опубликовать. В его планах также была организация международных дирижёрских мастер-курсов и фестивалей. В 1982 он вновь посетил с концертами СССР и наиболее восторженный приём получил в родном Киеве. Через год Маркевич умер от инфаркта, оставив планы неосуществлёнными.

    На этом можно было бы поставить точку в его биографии, если бы не статья в «Коммерсанте-Ъ» от 10 июня 1999 года под названием «Русский дирижер итальянского терроризма». В ней поднималась история одного из «преступлений века» – похищения и убийства премьер-министра Италии Альдо Моро. Как утверждает газета, «по одной из версий, за преступлением может стоять выходец из России, дирижер и композитор, друг Маяковского и Дягилева Игорь Маркевич».

    Музыкант был известен своими крайне левыми взглядами, и возможно, что его участие в итальянском Движении сопротивления, организованном коммунистами, позволило следствию заподозрить его в связи с «Красными бригадами», первыми подозреваемыми в этом и других терактах.

    В следственных материалах по делу об убийстве премьера содержался такой рапорт итальянских спецслужб: «14 октября 1978 года наш источник сообщил о том, что одну из главных ролей в организации «Красных бригад» играл некий Игорь из семьи князей Каэтане. Он же проводил все допросы Моро в ходе заседаний «трибунала». Рапорт датируется 1980 годом. В 1983 году Игорь Маркевич умер. В 1991 году скончалась княгиня Топазия Каэтане, вторая жена музыканта.

    В материалах следствия присутствовала и гипотеза финансирования «Красных бригад» из Швейцарии. Тогдашний министр внутренних дел Вирджинио Роньони направил в парламентскую комиссию по делу Моро записку о том, что «вполне вероятно, что капиталы итальянских террористов хранились в 11 финансовых институтах Лугано». Впрочем, дальше этого утверждения следствие не пошло: в те годы в швейцарскую банковскую тайну проникнуть было практически невозможно. Но швейцарский дворец Маркевича находился как раз неподалеку от Лугано, интригует «Наша газета».