Auteur/autrice : Jean-Claude

  • À LA MÉMOIRE DE SIMONE FAÏF DÉCÉDÉE LE 23 DÉCEMBRE 2023

    DE GAUCHE À DROITE :GARRY FAÏF, SIMONE FAÏF, JEAN-CLAUDE MARCADÉ, DIT VANIA, IRINA PRONINA ET SON MARI, DANS UN RESTAURANT PARISIEN VERS 1993

    La peintre et dessinatrice française Simone Faïf (1942-2023) nous a quittés, rejoignant son mari, le grand sculpteur et architecte russe Garry Faïf (1942-2002). Leur œuvre perpétuera leur mémoire. Simone et Garry formaient un des couples mythiques d’artistes au XXème siècle.

     

  • NOUVEL AN MMXXIV

    NOUVEL AN MMXXIV

    PHOTO DE MARC-ANTOINE DECAVÈLE
  • Nouvel an MMXXIV

    Nouvel an MMXXIV

    ANABELLA WEISMANN
  • BONNE ANNÉE MMXXIV! BON NOËL ORTHODOXE!

    Toutes mes pensées et souhaits des biens du corps, de l’âme et de l’esprit à tous les amis proches-lointains à l’Occident et à l’Orient pour Le Nouvel An MMXXIV et la Nativité du Christ!

    Prions pour  la paix, contre la guerre.

    BONNE ET JOYEUSE FÊTE DE LA NATIVITÉ DU CHRIST!

    С Рождеством Христовым!

    FROHE WEIHNACHTEN!

    Всем близким-далёким друзьям на Западе и на Востоке желаю всех бдаг тела, души и духа на Новый Год 2024 и на Рождество Христово!

    Будем молиться за мир, против войны.

     

    CREATOR: gd-jpeg v1.0 (using IJG JPEG v62), quality = 90

    Καλήν εσπέραν

    Καλήν εσπέραν άρχοντες,
    αν είναι ορισμός σας,
    Χριστού την θείαν Γέννησιν
    να πω στ’ αρχοντικό σας.
    Χριστός γεννάται σήμερον
    εν Βηθλεέμ τη πόλει,
    οι ουρανοί αγάλλονται
    χαίρει η φύσις όλη.

    Εν τω σπηλαίω τίκτεται,
    εν φάτνη των αλόγων,
    ο Βασιλεύς των ουρανών
    και Ποιητής των όλων.
    Πλήθος αγγέλων ψάλλουσι,
    το Δόξα εν υψίστοις,
    και τούτο άξιον εστί,
    η των ποιμένων πίστις.

    Εκ της Περσίας έρχονται
    τρεις Μάγοι με τα δώρα,
    άστρον λαμπρόν τους οδηγεί
    χωρίς να λείψει η ώρα.
    Φθάσαντες εις Ιερουσαλήμ
    με πόθον ερωτώσι
    πού εγεννήθη ο Χριστός
    να πα’ να τον ευρώσι.

    Δώστε κι εμάς τον κόπο μας,
    ό,τι είναι ορισμός σας,
    και ο Χριστός μας πάντοτε
    να είναι βοηθός σας.

    Εις έτη πολλά!

    Коляд, коляд, коляда
    У віконце загляда.
    У різдвяну світлу нічку
    Запали на радість свічку.
    Коляду поклич до хати,
    Щоб Ісуса привітати.
    Люди добрі, колядуйте,
    Сина Божого шануйте!

     

    Friedrich Gottlieb Klopstock

    Halleluja

    Halleluja! die Zeit,
    Bestimmt von Ewigkeit,
    Die Zeit der Wonne und Jubel kam,
    Da Gott des Menschen Leib annahm.
    Sie, die auf ihn gestorben sind,
    Wie seufzten sie, zu sehn das Kind,
    Das Kind, das Gott und sterblich war.
    Es kam. Da sang der Himmel Schar
    Anbetung, Dank und Ruhm!
    Heil dir und Gottes Ruh’,
    Erlöst, o Mensch, wirst du.

    Paul Claudel

    Chant de marche de Noël (extrait)

    Pour toi, ville de David et de Booz, ô Bethléem Ephrata,

    Certes tu n’es pas la plus mince entre toutes les cités de Juda,

    Puisqu’à ton flanc cette nuit doit naître le Sauveur des hommes !

    Chacun est venu du plus loin t’apporter ce nom dont il se nomme.

    Que de lumières dans tes rues! que de tapage et que d’affaires !

    César Auguste aujourd’hui recense toute la terre.

    L’Enfant Prodigue, qui traite le Mauvais Larron et les employés du Comput,

    Se divertit chez le rôtisseur avec les joueuses de flûte.

    Il y a un feu pour chacun, excepté pour le Roi du Ciel.

    Pauvre Jésus, quand Tu Te présentes, il n’y a jamais de place à l’hôtel !

    Joseph, avec l’humble Marie sur le petit âne, s’en va de porte en porte.

    L’aubergiste, quand il voit cette femme enceinte, appelle au secours et main-forte !

    Et refoule avec sa serviette sur le perron et sous la branche de sapin

    Saint Joseph qui n’a point son auréole sur la tête, mais une vieille casquette en peau de lapin.

     

    From Christmas Marching Song

    As for you, city of David and Boaz, O Bethlehem Ephrata,

    You are certainly not the slenderest of all the cities of Judah,

    Since from your loins to-night the Saviour of all mankind shall spring.

    They bring you this name of His naming, from the world’s ends travelling.

    So many lights in the streets! What a noise and what a nuisance !

    Caesar Augustus is holding to-day the Worldwide Census of Persons.

    The Bad Thief and the counting-staff are guests of the Prodigal Son.

    He’s with the girls from the flute-band, in the grill-room, having fun.

    A fire is provided for everyone but the King of the Earth and Sky.

    Poor Jesus, there isn’t a room to be had at the inn, whenever you try !

    Joseph with Mary meek on her foal goes to one door after another.

    The hotelier calls up the heavy squad when he sees the expectant mother,

    And drives him down the steps by the fir, using his breadcrumb-duster.

    The saint isn’t wearing his halo, but an ancient rabbit sou’wester.

    traduction © Timothy Adès

    Иосиф Бродский

    РОЖДЕСТВЕНСКАЯ ЗВЕЗДА
    В холодную пору, в местности, привычной скорей к жаре,
    чем к холоду, к плоской поверхности более, чем к горе,
    Младенец родился в пещере, чтоб мир спасти;
    мело, как только в пустыне может зимой мести.
    Ему все казалось огромным: грудь Матери, желтый пар
    из воловьих ноздрей, волхвы – Бальтазар, Каспар,
    Мельхиор; их подарки, втащенные сюда.
    Он был всего лишь точкой. И точкой была Звезда.
    Внимательно, не мигая, сквозь редкие облака,
    на лежащего в яслях Ребенка издалека,
    из глубины Вселенной, с другого ее конца,
    Звезда смотрела в пещеру. И это был взгляд Отца.
    1987

    Iossif Brodsky

    Par froidure, dans un lieu habitué plutôt à la chaleur

    qu’au froid, aux surfaces planes plutôt qu’aux monts

    un Enfant est né dans une grotte pour être le salut du monde;

    le vent soufflait comme il souffle en hiver dans le désert.

     Tout Lui semblait énorme, le sein de la Mère, la vapeur jaune

    sortant des naseaux bovins, les mages – Balthazar, Gaspard

    Melchior, leurs présents, ici amenés.

    Il n’était qu’un point. Et un point était l’Étoile.

    Attentivement, sans clignoter, au travers des rares nuages,

    sur le Petit dans la crèche de loin,

    des profondeurs de l’Univers, de son autre extrêmité,

    l’ Étoile regardait la grotte et c’était le regard du Père

    (traduction : Jean-Claude Marcadé)

  • BONNE FÊTE DE SAINT SPYRIDON

    BONNE FÊTE DE SAINT SPYRIDON!

     

    THÉOPHANE LE GREC, SAINT SPYRIDON (NOVGOROD, XIVè S.)
    SAINTS BLAISE ET SPYRIDON

    ST SPYRIDON, ICÔNE D’ADEL GORGHY

    Prière à Saint Spyridon, tapuscrit du moine Maxiane (le sculpteur Maxime Arkhanguelski)

  • καλά Χριστούγεννα !

    Toutes mes pensées et souhaits des biens du corps, de l’âme et de l’esprit à tous les amis proches-lointains à l’Occident et à l’Orient pour Le Nouvel An MMXXIV et la Nativité du Christ!

    Prions pour  la paix, contre la guerre.

    BONNE ET JOYEUSE FÊTE DE LA NATIVITÉ DU CHRIST!

    καλά Χριστούγεννα !

    С Рождеством Христовым!

    З Різдвом Христовим !

    FROHE WEIHNACHTEN!

    Всем близким-далёким друзьям на Западе и на Востоке желаю всех бдаг тела, души и духа на Новый Год 2024 и на Рождество Христово!

    Будем молиться за мир, против войны.

    !

     

    JE VOUDRAIS PARTAGER AVEC EUX CES VERS DE PÉGUY

    ET UN EXTRAIT DU RÉCIT DES DERNIÈRES ANNÉES DU PREMIER GRAND PHILOSOPHE DU XXÈME SIÈCLE EDMUND HUSSERL

     

     

     

    «  

    Chaque poutre du toit…

    Chaque poutre du toit était comme un vousseau.
    Et ce sang qui devait un jour sur le Calvaire
    Tomber comme une ardente et tragique rosée
    N’était dans cette heureuse et paisible misère
    Qu’un filet transparent sous la lèvre rosée.

    Sous le regard de l’âne et le regard du bœuf
    Cet enfant reposait dans la pure lumière.

    Et dans le jour doré de la vieille chaumière
    S’éclairait son regard incroyablement neuf.
    Et ces laborieux et ces deux gros fidèles
    Possédaient cet enfant que nous n’avons pas eu.

    Et ces industrieux et ces deux haridelles
    Gardaient ce fils de Dieu que nous avons vendu.
    Et les pauvres moutons eussent donné leur laine
    Avant que nous n’eussions donné notre tunique.

    Et ces deux gros pandours donnaient vraiment leur peine.
    Et nous qu’avons-nous mis aux pieds du fils unique ?
    Ainsi l’enfant dormait sous ce double museau,
    Comme un prince du sang gardé par des nourrices.

    Et ces amusements et ses jeunes caprices
    Reposaient dans le creux de ce pauvre berceau.
    L’âne ne savait pas par quel chemin de palmes
    Un jour il porterait jusqu’en Jérusalem

    Dans la foule à genoux et dans les matins calmes
    L’enfant alors éclos aux murs de Bethléem…

     

     

     

     

    EXTRAITS DES 

    Conversations avec Edmond Husserl (1931-1938)

    CONVERSATIONS AVEC EDMOND HUSSERL (1931-1936)

    Adelgundis Jaegerschmid, O. S. B.

    Avant-propos du traducteur

    • Nous proposons ci-après la traduction du célèbre témoignage que la sœur bénédictine Adelgundis Jaegerschmid a publié en 1981 dans le no 199 de la revue Stimmen der Zeit(p. 48-58 et 129-138). Pour avoir été cités ici ou là, quelques extraits de cette chronique, en particulier quelques propos remarquables de Husserl, sont déjà connus des lecteurs francophones. Mais la présente traduction permet de les ressaisir dans ce qui fut leur contexte d’origine, à savoir la relation tout à fait exceptionnelle qui s’est nouée au fil des années entre Husserl et sœur Adelgundis et qui s’est développée finalement sous la forme d’une unique et vaste conversation où, au-delà des aspects strictement biographiques, c’est de la religion en général, de la foi chrétienne en particulier et de leur articulation avec la philosophie et la phénoménologie qu’il est constamment question.

    Signalons qu’une traduction anglaise de ce texte a été publiée par Marcus Brainard sous le titre unique « Conversations with Edmund Husserl, 1931- 1938 » (in The New Yearbook for Phenomenology and Phenomenological Research, 1, 2001, p. 331-350)

    Nous adressons nos remerciements à l’éditeur Herder pour nous avoir autorisé à publier cette traduction – et à Marguerite Léna sfx, pour sa relecture et ses suggestions.

    Julien Farges

    <1931> Nous parlons de la vie religieuse et de la vocation [Berufung] à une vie au sein d’un ordre. AJ : « Pour vivre la vie religieuse, il faut en avoir la vocation [berufen] ». – Husserl : « Mieux : il faut y avoir été appelé [gerufen]. Cela relève purement de la grâce. Je n’ai pas accès à cette sphère, bien que j’aie toujours été l’un des plus fervents chercheurs de Dieu depuis ma jeunesse. La science authentique est honnête et pure ; elle a l’avantage de la véritable humilité, et pourtant, elle a en même temps la capacité d’être critique et de faire des distinctions. De nos jours, le monde ne connaît plus la science véritable ; elle est tombée dans la spécialisation la plus étroite. C’était différent à notre époque. L’amphithéâtre était notre église et les professeurs étaient les prédicateurs ».

    Husserl : « La science authentique rend désintéressé et bon. Au-jourd’hui, même les savants intégralement matérialistes ou naturalistes (les savants dans les sciences naturelles) peuvent consacrer leur vie à leur science, même les mathématiciens chez qui on ne trouve pas une once de foi. Dans ces conditions, la science est bonne même si elle ne conduit pas à la religion. D’un autre côté, pourtant, il est impossible de prétendre qu’une science conduisant ultimement à la religion et à Dieu ne soit pas une science authentique. »

      En réponse à mon objection selon laquelle c’est précisément dans son objectivité (comme sacrement) que la liturgie s’accommode avec la phénoménologie, Husserl dit :

    « L’erreur la plus dangereuse consiste à croire que c’est par la vérité objective que les erreurs subjectives doivent pouvoir être surmontées de la meilleure façon. Non, seul un subjectivisme plus poussé peut surmonter le subjectivisme, pour autant qu’on le prenne totalement au sérieux et qu’on ne se fasse pas d’illusions sur lui ».

    Au moment de mon départ, nous parlâmes de l’Ancien et du Nouveau Testament. Il me montra son bureau, sur lequel se trouvait la Bible, et il me dit : 

    « Qui est encore capable de saisir l’Ancien Testament ? En ce moment, les prophètes Jérémie et Isaïe sont ceux que je préfère. À une époque, pendant ma jeunesse, je ne fus plus capable du tout de comprendre l’Ancien Testament. Il me paraissait si dépourvu de sens ; mais c’est loin d’être le cas, n’est-ce pas ? »

    5 décembre 1933

    « Voyez-vous, l’Église et la science ont le même but : Dieu. Les uns l’atteignent sur le chemin de l’adoration et de la caritas, les autres sur le chemin de la recherche spirituelle et d’une vie morale. Mais les deux voies sont menacées par le scepticisme et la sophistique, sous quelque forme que ce soit. Cela a conduit l’Église à se faire trop politique, trop enracinée ici-bas ; la science a sombré dans le matérialisme et dans un rationalisme sans fondement. Les conséquences s’en font sentir au- jourd’hui dans la distorsion et la mystification de tous les ordres quels qu’ils soient ».[…]

    4 septembre 1935

    Husserl : « L’honnêteté de l’intellect est à la philosophie ce que la probité du cœur est à la religion. Toute ma vie j’ai lutté, je me suis même battu, pour cette honnêteté et là où les autres étaient satisfaits depuis longtemps je n’ai cessé de continuer à me questionner et d’examiner si même un semblant de malhonnêteté ne persistait pas à l’arrière-plan. Tout mon travail, même aujourd’hui, ne consiste qu’à examiner et à inspecter encore et encore, car tout ce que j’avance n’est, après tout, que relatif. On doit avoir le courage d’admettre et de déclarer que quelque chose qu’on considérait encore vrai la veille mais dont on voit aujourd’hui que c’est une erreur, est bel et bien une erreur. Rien n’est absolu ici. Il m’est arrivé de dire cela, il y a de nombreuses années, à mon étudiant le père franciscain P. Il était très brillant et, philosophiquement, il suivait mes développements, quoique seule- ment jusqu’à un certain point. Mais il ne parvenait pas à trouver le courage de revenir en arrière et de reconnaître une erreur. La seule chose qui comptait pour lui, même en philosophie, c’était l’absolu. C’est là que nos chemins divergent. »

     «Je regrette profondément (ici Husserl devint très sérieux et insistant, presque agité) d’être si mal compris. Personne ne m’a suivi depuis le grand bouleversement qui a eu lieu dans ma philosophie, depuis mon tournant intérieur. Quand les Recherches logiques ont paru en 1901, ce n’était que l’œuvre tout à fait modeste d’un débutant – et aujourd’hui, on juge Husserl à partir de ces Recherches logiques. Mais pendant de nombreuses années après leur parution, je ne savais pas bien où tout cela me menait. Je n’étais pas au clair sur moi-même, et pour mon malheur, tout le monde est resté bloqué sur ce livre. Mais ce n’était là qu’un chemin, fût-il un chemin nécessaire. Même Edith Stein ne m’a suivi que jusqu’en 1917… On va jusqu’à affirmer que j’en serais revenu à Kant. Voilà à quel point je ne suis pas compris ! Comme on a remarqué que ma phénoménologie était la seule philosophie ayant également des liens avec la scolastique, comme beaucoup de théologiens ont étudié mes Recherches logiques – mais malheureusement pas les ouvrages ultérieurs – on a prétendu que j’avais commencé par embrasser la religion avant de rechuter dans l’incroyance ! »[…]

    « En dépit de tout, il m’est arrivé de croire – et aujourd’hui c’est plus qu’une croyance, aujourd’hui c’est un savoir – que c’est précisément ma phénoménologie, et elle seule, qui est la philosophie dont l’Église puisse faire usage, car elle converge avec le thomisme et étend la philosophie thomiste. Pourquoi l’Église tient-elle au thomisme avec tant de rigidité ? Si l’Église est vivante, alors elle doit poursuivre son développement aussi dans la phénoménologie. La Parole converge avec le thomisme et étend la philosophie thomiste. Pourquoi l’Église tient-elle au thomisme avec tant de rigidité ? Si l’Église est vivante, alors elle doit poursuivre son développement aussi dans la phénoménologie. La Parole de Dieu est toujours la même : elle est éternelle. Mais son interprétation philoso- phique est dépendante de personnes particulières, vivant à une cer- taine époque. Elle est donc relative. Songez-y : Thomas était précédé par Aristote, le grand païen ; il a construit sur sa base. Thomas était lui- même un esprit particulièrement brillant et productif, et c’est de façon autonome qu’il a poursuivi son travail. Mais rien n’est aussi stérile que le néo-thomisme (Husserl n’avait en particulier rien de bon à dire des néo-thomistes français). Il n’a que Thomas pour base et c’est pourquoi il finit par se pétrifier. Il faudra bien un jour que la philosophie catholique croisse au-delà de tout cela. »

     

     

    21 avril 1936

    Ce matin, alors que je revenais de l’Église comme d’habitude, Husserl vint à ma rencontre dans le jardin et me déclara : « Je me suis assis au soleil et j’ai lu le Nouveau Testament ». Il me montra alors l’exemplaire qui avait appartenu à Wolfgang, son fils qui était mort au combat. Avec un sourire, il ajouta : « Ainsi, j’ai été éclairé par un double soleil ».[•••]

    [1936] « Ces derniers jours, j’ai reçu d’Amérique un journal dans lequel un Jésuite – donc l’un des vôtres, sœur Adelgundis – m’a présenté comme un philosophe chrétien. Je suis consterné par cette initiative précipitée et excessivement zélée, dont je ne savais rien. Comment peut-on faire une chose pareille sans me poser la question ?! Je ne suis pas un philosophe chrétien. S’il vous plaît, veillez à ce qu’après ma mort on ne me fasse pas passer pour tel. Je vous ai déjà souvent dit que ma philosophie, la phénoménologie, est censée n’être rien d’autre qu’un chemin, une méthode, destinée à montrer justement à ceux qui se sont éloignés du christianisme et des églises chrétiennes le chemin qui reconduit à Dieu ».[…]

  • SYLVIANE SIGER (1949-2023)

    SYLVIANE SIGER (1949-2023)

    Je viens d’apprendre le décès, en mars 2023, de Sylviane Siger qui a fait partie du cercle familial autour de moi-même et de Valentine. Son départ me plonge dans une tristesse insondable. Nous avons eu tout d’abord Sylviane (que nous appelions affectueusement « Toto », « Totochka » à cause de son côté garçon manqué) comme étudiante de russe aux Langues O’.
    Elle était très brillante, assimilait très bien les langues étrangères  qu’elle avait la propriété de saisir sur ordinateur (outre le russe, elle était capable, par exemple,  de saisir des textes en arabe). Elle nous a aidés, Valentine et moi, dans notre travail : c’est elle qui dactylographiait nos articles, qui a créé en particulier le tapuscrit de ma thèse sur Leskov, celle de Valentine sur l’art ukrainien, celle d’Alvaro Vargas sur Octavio Paz, de ma monographie de Malévitch chez Casterman. Elle a aidé aussi d’autres professeurs, nos collègues des Langes O’. Elle a traduit avec moi le quatrième tome des Écrits de Malévitch à l’Âge d’Homme, La lumière et la couleur et Le nouveau Moyen-Âge de Berdiaev, elle a traduit une petite nouvelle d’Andreenko. Elle était très avide de connaître et de faire connaître la monde russe, sa littérature, son art, son mode de vie et a voyagé à travers  la Russie de Saint-Pétersbourg et Moscou à Irkoutsk. Elle était amie de nos amis peintres, sculpteurs, historiens de l’art (Maria Gortchilina, Maxime Arkhanghelski, Evgéni Kovtoune, Chémiakine, Andreenko, Ania Staritsky). Elle a hébergé chez elle Mikhaïl Chémiakine, sa femme Rebecca et leur fille Dorothée, quand Dina Verny les a chassés de chez elle, au début des années 1970; elle a hébergé aussi le peintre et sculpteur Alexandre Nejdanov, avant son départ pour les États-Unis où il a pris le nom de Ney.

     C’est donc une partie de notre histoire à Valentine et à moi qui s’en est allée.

    J’ai retrouvé quelques photos anciennes :

    APRÈS LA SOUTENANCE DE THÈSE DE VALENTINE MARCADÉ SUR L’ART UKRAINIEN, LE 17 OCTOBRE 1981, DANS LES SALONS DES LANGUES O’ : SYLVIANE SIGER TENANT PAR L’ÉPAULE VALENTINE  DEVANT LE PROFESSEUR FRANÇOIS DE LABRIOLLE; ADMINISTRATEUR DES LANGUES O’ , DU PROFESSEUR MARCEL FERRAND ET DE  JEAN-CLAUDE MARCADÉ

     

    APRÈS LA SOUTENANCE DE THÈSE DE VALENTINE MARCADÉ SUR L’ART UKRAINIEN, LE 17 OCTOBRE 1981, DANS LES SALONS DES LANGUES O’ : SYLVIANE SIGER À DROITE AVEC, DEVANT ELLE,  LE PROFESSEUR MICHEL CADOT  , LE PROFESSEUR MARCEL FERRAND ET LA PROFESSEURE D’UKRAINIEN MARIE SCHERRER-DOLGOROUKY,

    SYLVIANE SIGER ET ALVARO VARGAS APPRÈS LEUR MARIAGE CIVIL À LA MAIRIE DU VIÈME ARRONDISSEMENT DE PARIS, PLACE SAINT-SULPICE, OCTOBRE 1990

     

     

    SYLVIANE SIGER ET JEAN-CLAUDE MARCADÉ, 36 RUE SAINT-SULPICE, 11 JANVIER 1994
  • Jean-Claude Marcadé  » Il cubofuturismo russo »

    Jean-Claude Marcadé

     

    Il cubofuturismo russo

    Il discredito gettato sul futurismo ha spesso contribuito a celare i rapporti tra il cubismo parigino e il futurismo italiano e tra il futurismo e il dadaismo1. Discredito ideologico, in primo luogo, cui diede il via Walter Benjamin, che interpretò il futurismo di Marinetti, e in particolare la sublimazione estetica marinettiana della politica o della guerra, come una forma di perversione nell’attuazione del principio dell’arte per l’arte: “«Fiat ars, pereat mundus», dice il fascismo, e, come ammette Marinetti, si aspetta dalla guerra il soddisfacimento artistico della percezione sensoriale modificata dalla tecnica. È questo, evidentemente, il compimento dell’arte per l’arte”2. Ovviamente Marinetti non proviene dalle arti visive, ma la sua personalità fu così forte che, per esempio per Malevič, il poeta e teorico italo-francese incarna il prisma futurista nella sua globalità: nella famosa lettera ad Aleksandr Benois del maggio 1916, il fondatore del suprematismo scriveva infatti:“Gli impudenti [appellativo che lo scrittore simbolista Merežkovskij aveva assegnato ai futuristi di vario stampo] si susseguono l’un l’altro e nella nostra epoca quanti ne sono già passati. Monet, Courbet, Gauguin, Van Gogh, Millet, l’impudente Cézanne e gli altri ancor più insolenti Picasso e Marinetti (per non parlare di noi, impudenti di casa nostra)”3.Picasso e Marinetti uno accanto all’altro:per Malevič sono i due pilastri della nuova arte del XX secolo, i prestigiosi esponenti del cubismo e del futurismo.Al discredito ideologico si è sommato il discredito artistico, che ha privilegiato in modo spropositato l’apporto del cubismo alla rivoluzione delle arti visive degli inizi del Novecento. In generale, le reazioni di difesa dal dinamismo conquistatore e roboante dei futuristi si sono tradotte nella negazione dell’apporto fondativo del futurismo. La Russia è stata il terreno di coltura privilegiato del futurismo, al punto di rivalesgiare, per numero di realizzazioni, con chi ha dato il la e insufflato i principi fondatori – i futuristi italiani. Questo ha spesso indotto i protagonisti dell’arte di sinistra degli anni dieci e molti artisti e critici russi in seguito a negare la portata dell’influenza del futurismo italiano. Tre eminenti studiosi dell’avanguardia russa, Nikolaj Khardžiev, Evgenij Kovtun e Dmitrij Sarab’janov, diffusero l’idea che non ci fosse traccia di futurismo nelle arti visive russe. Khardžiev scrisse:

    “In Russia non si può propriamente parlare di pittura futurista, fatta eccezione per i tentativi isolati di K. Malevič (L’arrotino. Principio fibrillazione)4, di Natalja Gon arova (L’aeroplano su un treno, Ciclista, Dinamo-macchina)5, di M. Larionov (Città-Passeggiata)6, di Olga Rozanova (Incendio nella città)7. Per contro, il cubismo, pressoché subito dalla sua comparsa, ha esercitato un’influenza diretta sui giovani pittori russi”8.

    Evgenij Kovtun contrappone il “macchinismo” del futurismo italiano all’“organicismo” del futurismo russo9. Allo stesso modo, Dmitrij Sarab’janov tende a minimizzare l’influenza del futurismo sull’arte russa di sinistra10.Bisogna dire che la formula “futurismo russo” è applicata a realtà estetiche e stilistiche molto differenti11. Il “futurismo” nella Russia dei primi anni del Novecento è stato il modo in generale negativo, e sovente ingiurioso, con cui gli avversari della modernità hanno stigmatizzato tutto ciò che nelle arti visive metteva in discussione i codici espressivi ereditati dal Rinascimento, realisti, naturalisti o simbolisti. Verso il 1913, nel momento cioè di massima fortuna della modernità avanguardista, il termine “futurista” in Russia indicava quanto noi oggi definiamo “avanguardia russa”: il “futurismo russo” dunque ha caratteri stilistici ed espressivi ben distinti dal futurismo italiano. Il poeta e teorico Benedikt Livšic poteva infatti asserire:

    “Il termine ‘futurismo’ da noi è nato illegalmente: il movimento era un torrente di volontà eterogenee e senza un’unica direzione, la cui caratteristica era innanzitutto l’unità dello scopo negativo”12.

    Ma rimaniamo nell’ambito del futurismo pittorico, il futurismo di Boccioni e Balla all’altezza del 1913, di importanza pari al cubismo parigino per la nascita di forme e azioni radicalmente nuove, con ramificazioni che si espandono fino alle soglie del secolo seguente. Solo alcuni dipinti di Michail Larionov, di Natalja Gončarova, di Nikolai

    Giacomo Balla
    Dinamismo di un cane al guinzaglio, 1912 olio su tela, 89,85 x 109,85 cm Albright-Knox Art Gallery, Buffalo (NY) Bequest of A. Conger Goodyear
    and Gift of George F. Goodyear, 1964

    page1image60813008 page1image60813344

    Georgij Jakulov, Sulky, 1918
    olio su controplaccato, 102,5 x 150 cm
    Centre Pompidou-Musée national d’art moderne, Parigi
    Dono di Raphaël Khérumian, 1971

    Kul’bin13, di Vladimir Baranov-Rossiné14, di Aleksandr Ševčenko15 o di Ivan Kljun (Paesaggio passando di corsa, 1914-1915, del Museo di Kirov [Viatka]) rivelano un’influenza diretta del principio di simultaneità cinetica incarnato, per così dire leggendariamente, a partire dal 1912 dal celebre dipinto di Giacomo Balla, Dinamismo di un cane al guinzaglio (1912, Albright-Knox Art Gallery, Buffalo). Negli anni venti Casimir Malevič analizza per gli studenti di Leningrado e Kiev un altro dipinto del pittore italiano paradigmatico della simultaneità cinetica, Bambina che corre sul balcone16 (1912, cat. 00), inserendo questo genere di opere nella “categoria del futurismo cinetico”17 in contrapposizione al “futurismo dinamico” del Balla delle straordinarie serie del 1913-1914 e del Boccioni di quegli stessi anni. La struttura di Bambina che corre sul balcone, secondo Malevič, è “noiosa e monotona, non vi è granché tensione”18. L’artista italiano “ha applicato nel dipinto il metodo cinetico di fissare i vari istanti, conservando l’espressione (aspetto) accademica di tutte le forme della figura in movimento”19. Allo stesso modo, il pittore e teorico Georgij Jakulov, autore del capolavoro cubofuturista Sulky (1918, Centre Pompidou, Parigi), poteva dichiarare polemicamente:

    “Il tentativo fatto dai futuristi di dotare un cane di quaranta zampe è naïf e comunque non serve a far muovere il cane”20.

    In Passeggiata. Venere da boulevard di Larionov (1912-1913, cat. 00) e nel Ciclista della Gončarova (1913, cat. 00) si ritrova, unita ad accenti primitivisti, l’applicazione del principio visivo dei futuristi italiani nell’iterata giustapposizione di diversi stadi del movimento di una forma (corpo, ruota o gamba). Ma si tratta di dipinti isolati sia nel corpus di Larionov e della Gončarova sia nel più vasto ambito dell’arte russa di sinistra. Lo stesso vale per L’arrotino di Malevič che spinge il simultaneismo a un livello di tensione massimo, tale da cancellare la traccia figurativa, mimetica del movimento di una forma nello spazio. Tuttavia, quando i piani della costruzione compositiva cubi- sta vengono messi in movimento dallo scintillio di piani colorati e “sfaldamenti” (sdvig), siamo di fronte a un esempio di cubofuturismo. Malevicˇ dirà in seguito:

    “Il dinamismo sarà per le opere futuriste la formula formante che costruirà tutte le opere futuriste, il dinamismo sarà cioè l’elemento additivo che riformerà la percezione artistica di uno stato fenomenico in un altro, per esempio passando da una percezione statica a una percezione dinamica”21.

    L’arrotino è una tappa verso il dinamismo totale nel momento in cui gli elementi figurativi scompaiono lasciando il posto a masse pittoriche in movimento, come peraltro avevano già intuito il Balla dei dipinti che sviluppavano il tema della velocità o il Boccioni di Forme uniche della continuità dello spazio (1913) o di Dinamismo di un ciclista (1913, collezioni Mattioli, presso il Guggenheim di Venezia).Come abbiamo già sottolineato, Malevič contrappone il “futurismo cinetico” – la moltiplicazione “naturalista” del movimento – al “futurismo dinamico” che per lui è il futurismo vero e proprio, la quintessenza del futurismo italiano, il movimento che, insieme al cubismo, ha fondato la nuova arte del XX secolo.

    “L’arte del futurismo ha conosciuto un’enorme fortuna nei primi venticinque anni del secolo ed è rimasta il principale motore di sviluppo della nuova arte nelle nuove forme del suprematismo, del simul- taneismo, del purismo, dell’odorismo22, del pancinetismo, del tattilismo23, del presentismo24, dell’espressionismo e del légerismo25”26.

    Malevič sottolinea che il principio dinamico è il contributo più originale del futurismo italiano rispetto al cubismo, e che non si riduce alla mera riproduzione imitativa del movimento:

    “C’è movimento e movimento. C’è un movimento a bassa tensione e un movimento ad alta tensione, e c’è anche un movimento che il nostro occhio non è in grado di percepire, ma che pos-siamo comunque sentire. Questo stato in arte è definito movimento dinamico. È un movimento particolare in cui i futuristi hanno additato un fenomeno nuovo, sconosciuto in arte fino a oggi, un fenomeno cui alcuni futuristi hanno avuto la fortuna di dare forma”27.

    Boccioni e Balla sono oggetto di una dettagliata analisi da parte del fondatore del suprematismo, un’analisi condotta con grande intuizione ed evidente ammirazione:

    “Sono le figure chiave del futurismo dinamico”28.

    Dall’analisi emerge il tratto distintivo dell’arte di Boccioni:

    “In Boccioni, la struttura della superficie piana e la rivelazione della sensazione dinamica mostrano una massa in ebollizione, simile alla massa magmatica nel cratere di un vulcano o in una caldaia”29.

    Balla, in particolare, secondo Malevicˇ , “ha sviluppato il futurismo dinamico […] usando non il corpo umano, ma le macchine come muscoli contemporanei dell’uomo. […] La struttura stessa

    1 Sul rifiutella realtà futurista, mi permetto di rinviare al mio contributo « Les rapports du futurisme italien et du futurisme russe vus par Livchits et Malévitch », in De Russie et d’ailleurs. Feux croisés sur l’histoire. Pour Marc Ferro, ies, Paris 1995, pp. 477-485.

    2 W. Benjamin, L’opera d’arte nell’epoca della sua riproducibilità tecnica [1935-1939], trad. it. E. Filippini, Einaudi, Torino 1991, p. 48.
    3 Lettera di K. S. Malevicˇ a A. N. Benois, in K. S. Malevič, Scritti, trad. it. T. Doria de Zuliani, E. Klein Betti eS. Leone, Giangiacomo Feltrinelli, Milano 1977, p. 165.

    4-6 Si tratta rispettivamente di: L’arrotino. Principio fibrillazione (1913, Yale University Art Gallery di New Haven); Aeroplano su una città (1913, Museo d’arte del Tatarstan di Kazan); Ciclista (1913, cat. 00); Passeggiata. Venere da boulevard (1912-1913, cat. 00).

    7 Il dipinto della Rozanova Incendio nella città (1913-1914), del Museo d’Arte Regionale di Samara, è riprodotto in La Russie à l’avant-garde. 1900-1935, catalogo della mostra (Bruxelles, Palais des Beaux-Arts, 5 ottobre 2005-22 gennaio 2006), Fonds Mercator- Europalia, Bruxelles 2005, p. 162.
    8 N. I. Khardžiev, « Formirovanie kubofuturizma »
    [La formazione del cubofuturismo], in Stat’i ob avangarde [Articoli sull’avanguardia], Mokva 1997, vol. I, p. 31.
    9 Cfr. E. Kovtoune e A. Povélikhina, « La ville futuriste de Sant’Elia et les idées architecturales de Khlebnikov », in Présence de Marinetti, Atti del colloquio internazionale F. T. Marinetti (Unesco, 15-17 giugno 1976), L’Âge d’homme, Lausanne 1982, p. 267; E. Kovtoune, « Les “mots en liberté” de Marinetti et la transmentalité [zaoum] des futuristes russes », ivi, pp. 234-238.
    10 Cfr. D. V. Sarab’janov, Istorija russkogo iskusstva konca 19-na ala 20 veka [Storia dell’arte russa della fine del xix e degli inizi del xx secolo], art Press-Galart, Mokva 1993, p. 223.
    11 Ho dedicato al “futurismo russo” e alle sue espressioni variegate il libro Le Futurisme russe. 1907-1917. Aux sources de l’art du xxe siècle, Dessain & Tolra, Paris 1989.
    12 B. Livsšic, L’arciere da un occhio e mezzo [1933], trad. it. R. Franceschi, Hopefulmonster, Firenze 1989, p. 299. 13 L’opera futurista di Kul’bin Saffo (1914), di ubicazione oggi ignota, è riprodotta in K. Umanskij, Neue Kunst in Russland 1914-1919, Kiepenheuer, Potsdam-Goltz, München 1920, tav. 21.
    14 Baranov-Rossiné ha dipinto importanti opere in stile futurista (come Maternità, collezione privata) e cubofuturista (come Rapsodia norvegese. Motivo invernale di Trondheim [1915-1916] del Museo Nazionale Russo di San Pietroburgo).
    15 Si veda, per esempio, Il circo (1913) di Aleksandr Ševčenko del Museo Nazionale d’Arte di Nijni-Novgorod, riprodotto nel catalogo La Russie à l’avant-garde. 1900-1935 cit., p. 157.
    16 Malevič attribuisce l’opera a Luigi Russoloe la intitola Deduzione plastica di una signora.
    17-19 K. Malévitch, « Le futurisme dynamique et cinétique » [1929], in Écrits III. Les Arts de la représentation, trad. fr. V. e J.-C. Marcadé, L’Âge d’homme, Lausanne 1994, p. 108-109.
    20 G. Yakoulov, « Bloc-Notes d’un peintre » [1924], Notes et Documents édités par la Société des amis de Georges Yakoulov, 4, Paris 1975, p. 16.
    21 K. Malévitch, « Le cubofuturisme » [1929], in Écrits III cit., p. 88.
    22 Cfr. Carrà La pittura dei suoni, rumori, odori. Manifesto futurista (11 agosto 1913), «Lacerba», I, 17, 1913, pp. 185-187.
    23 Cfr. il manifesto di Marinetti Le Tactilisme (11 gennaio 1921), pubblicato in francese in Comœdia, 16 gennaio 1921.
    24 Cfr. R. Hausmann, « Présentismus gegen den Puffkeïsmus der teutschen Seele » [Il presentismo contro il bordellismo dell’anima crucca], De Stijl, IV, 9, 1921, p. 141.
    25 Altrove Malevič definisce l’opera di Léger “légisme”. 26-29 Malévitch, šLe cubofuturismeš cit., p. 86-87 e p.101.page3image60521456

    Vladimir Baranov-Rossiné
    Sinfonia n. 1, 1913

    legno e cartone policromi e resti di gusci d’uovo, 161 x 72 cm
    The Museum of Modern Art, New York`

    di tutte le opere di Balla ci dice che la forza dinamica percepita dal pittore è incomparabilmente maggiore dei corpi di una macchina e che il contenuto della macchina è solo la singola unità della somma complessiva delle forze della modernità”30.È utile sottolineare che Malevič , nelle lezioni pubblicate, si sofferma solo sull’analisi del futurismo italiano, dedicando la prima al cubofuturismo per passare nella suc-cessiva al “futurismo dinamico e cinetico”. È cioè evidente che, per il fondatore del suprematismo, il cubofuturismo è uno stadio intermedio tra il cubismo, considerato la base, e l’introduzione del movimento nell’architettura compositiva cubista. Nelle opere di Soffici del 1913 (Sintesi della città di Prato [1912, distrutto], Sintesi di paesaggio autunnale [1913, Estorick Collection of Modern Italian Art, Londra], Danza dei pederasti (Dinamismo plastico) [1913, distrutto]) legge un cubismo “pregno di una certa qual inquietudine […]. A questo proposito, io sono dell’idea che si debbano distinguere queste opere dal sistema cubista e collocarle in una categoria intermedia creata appositamente, ‘cubofuturista’, con, alla base, una formula falciforme che regola la rappresentazione della sensazione dinamica”31. Nella categoria “cubofuturista” Malevič inserisce anche il Carrà di Forze centrifughe (1912) e di Donna + casa + bottiglia (1913) e il Severini del Treno Nord-Sud (1912, Pinacoteca di Brera, Milano) e di Boulevard (1911, cat. 00).Questo per quanto riguarda le analisi degli artisti italiani condotte dall’ultimo Malevič, ma lui stesso aveva adottato questa formula nel 1913 per indicare una serie di sue tele raggruppate sotto la definizione di “realismo cubofuturista” all’ultima mostra pietroburghese dell’Unione della gioventù32. Del gruppo noi conosciamo oggi solo la versione a olio del Samovar (1913, The Museum of Modern Art, New York), probabilmente la stessa esposta al Salon des indépendants del 1914 (su invio di Xana Boguslavskaja-Pugni), anche in quella occasione definita “cubo-foutouristique”33. In Samovar notiamo una struttura di base nettamente cubista, ma percorsa da movimenti sferici (lo stesso sistema di fram- mentazione in porzioni di cerchi e semicerchi della Macchina da cucire, 1913, già collezioneKhardžiev)34.DellerestantioperepresentatedaMalevič come“cubofuturiste” all’esposizione pietroburghese del 1913 conosciamo solo disegni o litografie: quelli dedicati al tema della mietitrice35 e un pastello su carta per il Ritratto di una proprietaria terriera (1913, Museo di Bochum). Anche in questi casi, la geometria compositiva è interrotta da curve e forme a ventaglio, che le imprimono un ritmo sincopato.Il cubofuturismo, cioè la sintesi del cubismo parigino e del futurismo italiano, si sviluppa molto presto nelle arti russe d’avanguardia. Il termine“cubofuturismo” si riferisce, infatti, all’originale formula coniata dagli artisti russi a partire dall’interpretazione del cézannismo geometrico (o protocubismo), del cubismo analitico e sintetico e del futurismo. Malevič aveva intuito che il principio dinamico era già presente, in forma embrionale, in Paul Cézanne e, sulla sua scorta, nei dipinti geometrici di ispirazione cézanniana di Georges Braque e Pablo Picasso (per esempio la Famiglia di Arlecchino, 1908, Van der Heydt-Museum, Wuppertal). E aggiungeva:

    “L’ideale del futurismo è già presente in Van Gogh […] che […] ha inaugurato l’idea del Movimento Universale del Mondo”36.

    Assistiamo dunque nella Russia prerivoluzionaria a un continuo fiorire di dipinti di grandissima potenza plastica, che mescolano cifre pittoriche di diverso orientamento (una specificità dell’arte russa) con la geo- metrizzazione di elementi figurativi ottenuta tramite vari procedimenti di dissezione dei piani (ancora una volta lo sdvig!), a partire dalla resa metallica delle forme e dei colori della nuova cultura industriale – il tutto innestato su un’architettura compositiva di fondamenta primitiviste. Praticamente tutti i grandi pittori russi dell’arte russa di sinistra – con la singolare eccezione di Kandinskij e Larionov, che ignorano il verbo cubista (il dipinto di quest’ultimo Passeggiata. Venere da boulevard è sostanzialmente futurista-primitivista) – hanno attraversato una fase cubofuturista significativa: Natalja Gončarova, David e Vladimir Burljuk, Alexandra Exter, Aleksandr Ševčenko, Michail Le Dentu, Casimir Malevič , Ivan Kljun, Olga Rozanova, Ljubov Popova, Vera Pestel’, Nadežda Udal’cova; le sculture e i bassorilievi dipinti degli ucraini Aleksandr Archipenko e Vladimir Baranov-Rossiné (la predadaista Sinfonia n. 1 è esemplare dello spirito cubofuturista) o di Ljubov Popova (per esempio, il Ritratto di donna), sono tra le opere più importanti del XX secolo.Una caratteristica specifica del cubofuturismo russo si ritrova nei paesaggi. L’artista di Kiev Alexandra Exter ne fornisce un esempio da manuale; ma anche Ljubovpage3image61250784

    Alexandra Exter
    Paesaggio con ponte, 1912 ca. olio su tela, 51 x 73 cm Collezione privata

    page3image61247872

    Casimir Malevicˇ
    Boscaiolo, 1912
    olio su tela, 94 x 71,5 cm Stedelijk Museum, Amsterdam

    Popova ha dipinto paesaggi, e il suo Paesaggio urbano cubista37 (1914, collezione privata) può essere messo in parallelo con le numerose vedute della Exter. In entrambe le pittrici sono evidenti la propensione a ‘futurizzare’ il cubismo e un gusto spiccato per le accensioni policrome; in entrambe ritroviamo l’intersezione di archi di ponti o di edifici con triangoli e quadrilateri. Con il Paesaggio con ponte (1912 ca., collezione privata) di Alexandra Exter, siamo in presenza di una trascrizione dinamica della struttura cubista: gli oggetti sono tagliati a lamelle, secondo il procedimento ‘cristallografico’ caro all’artista, con curve che si moltiplicano e si riassemblano in ogive. La Exter, che nel 1914 divide lo studio di Parigi con il pittore e poeta Ardengo Soffici, adotta i principi futuristi in maniera franca, con una dinamica baroccheggiante tipicamente ucraina: i dipinti sono carichi di una profusione di elementi figurativi, di frammenti di oggetti che si fondono in un’armonia geometrizzante di curve, spirali, rette e piani. Il suo biografo, Georgij Kovalenko, scrive di Città di notte (1913 ca., cat. 00): “Possiamo guardare questo paesaggio non come un paesaggio, ma come una composizione dinamica in senso convenzionale. L’artista si pone obiettivi meramente sperimentali, cerca di dar vita a una data struttura a colori, carica di energia dinamica, capace di trasformarsi o, in ogni caso, di imporre allo spettatore l’idea dell’ineluttabilità del suo movimento e dei suoi cambiamenti”38.Si potrebbe ripetere la stessa cosa per tutte le opere di soggetto urbano realizzate dalla Exter tra il 1912 e il 1924 (una sintesi dei procedimenti cubofuturisti è l’immensa tela Venezia, dipinta per la Biennale di Venezia del 1924 – ř268 x 639 cm, Galleria Nazionale Tretjakov, Mosca)39, forse le più emblematiche del “cubofuturi- smo russo” nella misura in cui le strutture cubiste e le strutture futuriste si fondono in modo perfettamente organico. A parte la forte gamma cromatica ucraina che interviene a perturbare la base portante del cubismo parigino e del futurismo italiano, questi dipinti sono, nell’ambito dell’arte russa di sinistra, i più ‘occidentali’, le opere in cui è meno tangibile la componente ‘barbara’ neoprimitivista tipica, in generale, del cubofuturismo russo.Il dispiegamento di forme, la gioia cromatica, con le tipiche armonie di giallo-rosso-nero- azzurro-malva-nero-bianco, si manifestano a pieno in un’opera che è tra i capolavori assoluti di Alexandra Exter, Firenze (1914-1915, cat. 00). L’artista disloca il movimento degli archi, delle strade, degli edifici secondo ritmi ora lineari (strisce nere e bianche orizzontali) ora a zig-zag o a ventaglio. Il dipinto è tutto un fremito di riflessi colorati, d’acqua e di luce. Relitto di figurazione la bandiera italiana, un rettangolo tricolore che si fonde in basso a destra nella composizione. La Exter mostra una spiccata predilezione in tutta la sua opera per i ritmi colorati delle bandiere nazionali francese, russa, ucraina e italiana, che diventeranno parte integrante di molti suoi Ritmi di colori.Malevič ha evidenziato il fatto che cubismo e futurismo sono arti essenzialmente urbane40. Le sue opere cubofuturiste mostrano l’originalità con cui statica e dinamica possono mescolarsi in terra di Russia. La ricostruzione dello spazio pittorico a partire dalla decostruzione dell’oggetto, la rappresentazione del movimento e la tematica urbana e industriale si innestano su un approccio formale e una tematica neoprimitivista. La contrapposizione città-campagna è sentita in modo molto forte dagli artisti russi, impregnati fino alla radice delle formule di base dell’arte popolare (icone, loubok, insegne di bottega). Lo si vede in maniera esemplare nell’opera della Gončarova ante 1914. Marina Cvetaeva, nel saggio Natal’ja Gončarova, denso di informazioni essenziali, dedica un capitolo a « Natal’ja e la macchina » in cui sostiene che l’autrice di Macchina elettrica, di Dinamo-macchina, di Elettricità e di Lampade elet- triche (cfr. cat. 00) è la “prima ad aver introdotto la macchina in pittura”41. La Cvetaeva individua nella pittrice il dualismo tra “la natura […], l’ancestrale […], l’albero” e la macchina moderna minacciosa, mortifera, assassina. Ma, secondo la poetessa, la Gončarova vede nell’orologio “un cavallo […] che galoppa al limitare del mondo”42. E, per citare le parole dell’artista,

    “Il principio del movimento nella macchina e nell’essere vivente è lo stesso. Per quanto riguarda me, la gioia del mio lavoro consiste nel rivelare l’equilibrio del movimento”43.

    Il ciclo rurale dipinto da Malevič verso il 1912 (il Falciatore del Museo di Nijni- Novgorod, la Mietitrice di Astrakhan, il Boscaiolo e la Raccolta di segale dello Stedelijk Museum di Amsterdam) sviluspa il tema in forma di cilindri, coni e sfere,30 Ivi, p. 103.31 Ivi, p. 90.32 Cfr. T. Andersen, Malevich. Catalogue raisonnéof the Berlin Exhibition 1927, Stedelijk Museum, Amsterdam 1970, p. 162 (nn. 67-72).

    33 Cfr. la ristampa anastatica della lettera di Xana Pugni a Jean Lebedev del 22 gennaio 1913,in J.-C. Marcadé, « L’Avant-garde russe et Paris. Quelques faits méconnus ou inédits sur les rapports artistiques franco-russes avant 1914 », Les Cahiers du Musée national d’art moderne, 2, 1979, p. 183.La fotografia della parete del Salon des indépendants (riportata anche in Marcadé, Le Futurisme russe. 1907-1917 cit., pp. 10-11) mostra il Samovar appeso capovolto rispetto al modo in cui è riprodotto, senza didascalia, in A. Nakov, Kasimir Malewicz. Catalogue raisonné, Adam Biro, Paris 2002, p. 140.

    34 Macchina da cucire è riprodotto in Kasimir Malévich, catalogo della mostra (Barcellona, Fundació Caixa Catalunya, 21 marzo-25 giugno 2006) , Barcelona 2006, p. 135.

    35 Cfr. Nakov, Kasimir Malewicz. Catalogue raisonné cit., pp. 131 e 132.

    36 K. Malévitch, Aux novateurs du monde entier [1919], in Écrits IV. La Lumière et la Couleur, trad. fr. Jean-Claude Marcadé et Sylviane Siger, L’Âge d’homme, Lausanne 1981,p. 42.

    37 Il Paesaggio urbano cubista della Popova è riprodotto in J.-C. Marcadé, L’Avant-garde russe 1907-1927 [1995], Flammarion, Paris 2007, tav. XXIX.

    38 G. F. Kovalenko, Alexandra Exter, Galart,Mokva 1993, p. 58.

    39 Venezia di Alexandra Exter è riprodotto in Id., Alexandra Exter – Cvetovye ritmy/Farbrhythmen[Ritmi di colori], Palace, Sankt Peterburg 2001, p. 162.

    40 K. Malévitch, « De l’élément additif en peinture » [anni ’20], in Écrits IV cit., pp. 134ss.

    41 M. Cvetaeva, Natal’ja Gončarova. Vita e creazione [1929], trad. it. L. Montagnani, Einaudi, Torino 1995, p. 000?.42 Ibidem. 43 Ivi, pp. 157-158.

    page5image44015744

    Ljubov Popova
    Ritratto di donna (disegno plastico), 1915
    olio su carta e cartone applicati?su legno, 63,3 x 48,5 cm Museum Ludwig, Colonia

    fedele a un cézannismo geometrico scevro da influenze parigine, ben ancorato a una base iconica e primitivista (l’arte delle insegne delle botteghe)44 con l’aggiunta di un tocco metallico futurista. La collisione e la sintesi tra la cultura contadina del legno e la cultura cittadina del ferro sono evidenti nel Ritratto perfezionato di Ivan Vasil’evič Kljunkov (1913, cat. 00). All’ultima mostra dell’Unione della gioventù a San Pietroburgo alla fine del 1913, dove il Samovar faceva parte, come abbiamo visto, della sezione “realismo cubofuturista”, il Ritratto era inserito nella categoria “realismo transmentale” (zaumnyj realizm), come l’Arrotino o Mattino al villaggio dopo la tempesta di neve del Solomon R. Guggenheim Museum di New York. La definizione raccoglie ad evidenza cifre stilistiche molto diverse fra loro. Come sempre, un dipinto di Malevič è una sapiente mescolanza di molteplici soluzioni pittoriche: contrarlo in un’unica categoria rende ragione in modo inevitabilmente parziale della realtà del suo contenuto formale.Nell’ambito delle arti visive del Novecento, il termine “realismo” fu introdotto nel 1913 col saggio di Albert Gleizes e Jean Metzinger Du «cubisme», che godette di una fortuna considerevole nel mondo artistico russo in ebollizione ed ebbe un impatto concettuale enorme sullo sviluppo dell’avanguardia45. Apriamo una parentesi. Gleizes e Metzinger, in parte a causa del giudizio negativo espresso da Guillaume Apollinaire, sono visti con condiscendenza dalla critica occidentale; sull’arte russa di sinistra invece esercitarono un’influenza notevole, sia dal punto di vista artistico sia sotto il profilo teorico. Dipinti come Personaggio + Aria + Spazio (1913 ca., cat. 00) o Nudo seduto (1913-1914, Museum Ludwig, Colonia) di Ljubov Popova presentano una struttura compositiva mutuata direttamente da Metzinger (in particolare dalla sua Donna con cavallo – 1911-1912, Statens Museum for Kunst, Copenaghen); lo stesso vale, per esempio, per Figura rossa (modello seduto) di Nadežda Udal’cova (1915, Museo del Cremlino, Rostov). Non dimentichiamoci che Ljubov Popova, Nadežda Udal’cova e Vera Pestel’ nel 1912-1913 frequentano gli studi parigini di Le Fauconnier, Segonzac e Metzinger a La Palette. E sicuramente visitano la grande mostra dei pittori futuristi alla galleria Bernheim-Jeune & Cie e leggono i loro manifesti. Il titolo del dipinto della Popova Personaggio + Aria + Spazio cita chiaramente il modo in cui Boccioni, in occasione della sua mostra di scultura alla galleria La Boëtie dal 20 giugno al 16 luglio 1913, aveva intitolato una delle opere: Testa + Case + Luce. Ljubov Popova realizzò tra il 1913 e il 1915 un numero impressionante di opere cubofuturiste che portano il suo inimitabile marchio. Si tratta essenzialmente di ritratti e nature morte. La Popova varia le forme ondulate e multilineari dei violini, delle chitarre o dei violoncelli del cubismo, percorse da smottamenti sismici, introducendo direttamente i principi artistici dei futuristi italiani nel sistema di scomposizione degli oggetti tipico del cubismo. Lettere di grandi dimensioni, dell’alfabeto latino, come “CUBOFUTURISMO” nel Ritratto di filosofo (1915, Museo di Toula) e nello Studio per un ritratto (1914-1915, cat. 00), o cirillico, divengono parte integrante della composizione. O ancora, il capolavoro di Malevič Mattino al villaggio dopo la tempesta di neve non sarebbe stato possibile senza il Paesaggio di Meudon di Gleizes (1911, Centre Pompidou Musée national d’art moderne, Parigi). Contrariamente all’opinione della maggioranza, Marcel Duchamp nel 1915 sosteneva:

    “Si parla di Picasso come del capofila dei cubisti, ma in realtà non è cubista in senso stretto. Oggi è cubista – domani non si sa. Gli unici veri cubisti sono Gleizes e Metzinger”46.

    Ma torniamo al famoso opuscolo di Gleizes e Metzinger Du «cubisme» in cui si discute di realismo universale, di “zone in cui il realismo profondo lentamente si muta in luminoso spiritualismo”47. La riflessione viene proseguita da Fernand Léger che, agli inizi del 1913, a Montparnasse, all’accademia Marie Vassilieff – e quindi in un ambiente frequentato prevalentemente da russi – dichiara, nella famosa conferenza « Les origines de la peinture contemporaine et sa valeur représentative », che “il valore realista di un’opera non dipende assolutamente dalle sue qualità imitative”48. Accostare il termine “realismo” e l’aggettivo “transmentale”, come fece Malevič , significava rimandare alla pratica poetica dei cubofuturisti, amici di Malevič , Chlebnikov e Kručënych49. Nel 1914 Malevič ribattezzò la trasmentalità con il nome di “alogismo”, e con questo termine indicò opere come Un inglese a Mosca (1914, Stedelijk

    44 Si veda il testo di riferimento di A. Powelichina e J. Kowtun, Das russische Reklameschild und die Künstler der Avantgarde, Aurora, Leningrad 1991. 45 Esistono due versioni in russo di Du «cubisme»: la traduzione della sorella di Elena Guro, Ekaterina Nizen, nella redazione di Matjušin, Žuravl’, Sankt Peterburg 1913; e quella di M. V., Moscu, Sovremennye problemy, editore, luogo 1913; cfr. l’articolo di A. A. Babin, « Kniga A. Gléza i Ž. Metsenžé “O kubizme” v vosprijatii russkih hudožnikov i kritikov » [La ricezione del libro di Gleizes e Metzinger “Du cubisme” da parte degli artisti e dei critici russi], in Russkij kubo-futurizm, a cura di G. Kovalenko, Dmitrij Bulanin, Sankt Peterburg 2002, pp. 37-57.

    46 M. Duchamp, « Un renversement complet des opinions sur l’art », «Art and Decoration» (New York),1 settembre 1915; cit. in B. Marcadé, Marcel Duchamp, Flammarion, Paris 2007, p. 128.
    47 A. Gleizes e J. Metzinger, Du «cubisme» [1912], Présence, Sisteron 1980, p. 41.
    48 F. Léger, « Les origines de la peinture contemporaine et sa valeur représentative (5 maggio 1913) », Montjoie!, 8, 1913, p. 7; Id., Fonctions de la peinture, Gallimard, Paris 1997, p. 25.
    49 Sul cubofuturismo in poesia, cfr. il libro pionieristico di V. Markov, Storia del futurismo russo [1968], trad. it.
    T. Trini e V. Dridso, Einaudi, Torino 1973, pp. 117-161; Khardjiev e Trénine, La Culture poétique de Maïakovski cit.; A. Sola, Le Futurisme russe. Pratique révolutionnaire et discours politique, tesi di dottorato, Sorbonne-Paris III, 1982; J.-C. Lanne, Vélimir Khlebnikov, poète futurien, ies, Paris 1983 (2 voll.); J.-C. Marcadé, « Peinture et poésie futuristes », in Les Avant-gardes littéraires au xxe siècle, Akademiai Kiado, Budapest 1984, vol. II, pp. 963-979; G. Janaček, The Look of Russian Literature. Avant-Garde. Visual Experiments 1900- 1930, Princeton University Press, città di edizione 1984;
    The Russian Avant-Garde Book. 1910-1934, a cura
    di M. Rowell e D. Wye, The Museum of Modern Art, New York 2002; Russkij kubo-futurizm cit.

    page7image61172672

     

    Casimir Malevič
    L’arrotino, 1913
    olio su tela, 79,5 x 79,5 cm
    Yale University Art Gallery, New Haven Dono della Collection Société Anonyme

    Museum, Amsterdam), Eclisse parziale (Composizione con Monna Lisa) (1914-1915, Museo Nazionale Russo, San Pietroburgo) e L’aviatore (1914, cat. 00). Nel “realismo transmentale” del Ritratto perfezionato di Ivan Vasil’evicˇ Kljunkov, la linea di profilo del volto è ancora distinguibile, mentre gli elementi che rappresentano la testa sono ridottialminimo.Nel Ritratto di Michail Vasil’evič Matjušin(1913,cat.00)la leggibilità del quadro è ridottissima. Alcune tracce di figurazione sono ancora presenti qua e là, è vero (un frammento di teschio, una tastiera, le parti di un pianoforte), ma la loro distribuzione non corrisponde a nessuna immagine, neppure ridotta al semplice contorno. L’elemento futurista si manifesta nella compenetrazione del mondo umano e di quello degli oggetti, sulla scorta delle dichiarazioni di Boccioni, Carrà, Russolo e Severini del 1910:“I nostri corpi entrano nei divani su cui sediamo, e i divani entrano in noi, così come il tram che passa entra nelle case, le quali alla loro volta si scara- ventano sul tram e con esse si amalgamano”50.Ritroviamo questo stesso fenomeno in Olga Rozanova che, in una serie di dipinti del 1913-1914, adotta una gamma cromatica ristretta e tinte sorde. Il soggetto è suggerito solo da pochi elementi che richiamano il mondo visibile. L’uomo nella strada (Analisi di volumi) (1913, cat. 00) rimane entro i toni ocra e grigio del cubismo parigino. Vi si aggiunge la moltiplicazione futurista delle stesse sequenze di linee o piani a ritrarre la dinamica di un paesaggio urbano dal punto di vista di un personaggio che cammini. Come nel Ritratto di Michail Vasil’evič Matjušin di Malevič , gli oggetti ‘entrano’ nell’uomo in cammino e lo frammentano in una moltitudine di unità: ruote di automobile e case diventano una cosa sola con il suo corpo. Questi stessi principi cubofuturisti presiedono alle due opere ‘gemelle’ di Ljubov Popova Uomo in viaggio (1915, cat. 00) e Donna in viaggio (1915, Norton Simon Art Foundation, Pasadena). L’influenza del Balla delle variazioni sul tema di Mercurio che passa davanti al sole si fa sentire nel sistema dei movimenti concentrici orizzontali attraversati da raggi triangolari verticali, a formare porzioni a quadrilatero, trapezoidali, nei punti di intersezione tra rette e cerchi. In ognuna delle due tele, un soggetto di vita quotidiana è rielaborato tramite scomposizione e simultaneità dinamica. Con, in più, quella componente bizzarra, insolita, incongrua per certi versi, che è il marchio di fabbrica del “cubofuturismo alogico” promosso, per così dire, da Malevič .Questo è senz’altro vero per l’emblematico Ozonatore (o Ventilatore, 1914, cat. 00) del suo allievo, Ivan Kljun. La composizione a piani dissimmetrici, il colore ridotto a una dominante ocra-giallo-marrone con qualche macchia verde e grigiastra, la riproduzione della texture del legno e di un reticolo a maglie strette derivano direttamente dal cubismo parigino. Dal futurismo proviene la scelta del soggetto – un meccanismo che funziona a elettricità, la lieve moltiplicazione che traduce il movimento di rotazione dello strumento. Nell’insieme dal dipinto, in cui due elementi circolari si contrappon- gono ai quadrilateri sullo sfondo, promana un’atmosfera insolita.L’immagine più emblematica dell’alogicità cubofuturista è inconfutabilmente L’aviatore di Malevič (1914, cat. 00). Il dipinto è strettamente connesso all’opera- happening cubofuturista La vittoria sul sole di Matjušin (1913). Su una struttura compositiva di base cubista si innestano oggetti incongrui: un enorme pesce bianco, presente anche in Un inglese a Mosca, attraversa diagonalmente il corpo dell’aviatore; una forchetta gli chiude un occhio; la sega del Costruttore del Ritratto perfezionato di Ivan Vasil’evič Kljunkov taglia qui verticalmente i differenti luoghi del reale, dell’al di là del reale e del pittorico, mentre i denti della sega ricompaiono sulle pinne del pesce; l’asso di fiori in mano all’aviatore è un ulteriore elemento insolito (una forma a fiori è presente anche nella mano del disegno Sarto e in uno schizzo per La vittoria sul sole che raffigura un Ercole futurslavo [Budetljanskij  silač], anni ’20, Museo Nazionale Russo, San Pietroburgo), mentre l’altro braccio è ridotto a una manica priva di mano (un aviatore monco!); lo sgabello rovesciato nella parte bassa del dipinto riconduce alle fotografie con i gioiosi burloni degli spettacoli del 1913: Vladimir Majakovski. Tragedia e La vittoria sul sole (Filonov, Matjušin, Kručënych, Malevič )51. Ma l’incongruenza maggiore è la figura dell’aviatore, costruita come i personaggi del periodo cilindrico di Malevič , che indossa un cappello a cilindro nero squadrato (come Un inglese a Mosca). Sul quadrato nero campeggia il numero zero, citazione della mostra «0, 10» della fine del dicembre 1915 in cui fece per la prima volta la sua comparsa il “suprematismo della pittura” e in cui tutte le immagini erano ridotte allo Zero:
    page7image61162704

    Fotografia “transmentale” che ritrae i protagonisti degli spettacoli cubofuturisti (Vladimir Majakovskij. Tragedia e La vittoria sul sole) messi in scena al Teatro del Luna Park di San Pietroburgo nel dicembre 1913. Da sinistra a destra: Aleksej Kručënych, Pavel Filonov, Iossif Školnik e Casimir Malevič; in piedi: Michail Matjušin. Quando i personaggi hanno i piedi sul pavimento, il piano li ha sul soffitto e viceversa…

    page7image61170320

    Aleksandr Ševčenko Composizione raggista, 1914 olio su tela, 104 x 101 cm Galleria Nazionale d’Arte, Perm

    “Mi sono tirato fuori dal vortice di porcherie dell’Accademia delle Arti”52.

    Le frecce accanto allo zero indicano che è dalla testa dell’uomo che si dipartono i raggi che rischiarano il mondo di nuova luce – il mondo degli oggetti indicato dalla parola, in lettere maiuscole e in cirillico, “A-PTIÉ-KA”, che significa “farmacia”. Nel testo di spirito dada ante litteram, I vizi segreti degli accademici, il pittore scrive:

    “L’opera d’arte suprema viene scritta quando l’intelletto manca. Eccone un estratto:– Ho appena mangiato degli zampini di vitello.
    È estremamente duro abituarsi alla felicità dopo aver attraversato tutta la Siberia. Io mando sempre il palo del telegrafo. Farmacia”53.

    L’aviatore ha tutta l’aria di essere un autoritratto simbolico di Malevič, del nuovo artista nel cui “cranio” devono essere inghiottite tutte le forme:

    “Il cranio dell’uomo rappresenta lo stesso infinito destinato ai movimenti delle idee, esso è uguale all’universo, perché in esso è messo tutto quello ch’egli vede; lo attraversano il sole, tutto il fir- mamento stellare delle comete, ed essi brillano e si muovono, come nella natura. […] Non sarà tutto l’universo questo cranio bizzarro che traversano all’infinito le meteore dei soli, delle comete e dei pianeti?”54.

    Il termine “farmacia” indica la “cucina” pittorica che, nell’arte accademica, ha preso il posto dell’autenticità:

    “Ovunque c’è mestiere, tecnica e una ditta.L’arte stessa è un pesante mestiere, è impacciata e, con la sua goffaggine, ostacola tutto quel mondo interiore […].

    Tutta l’arte, il mestiere e la tecnica, come qualunque cosa bella, sono futili volgarità”55.

    Possiamo dire che il futurismo ha inoculato il suo ‘bacillo’ (per usare la metafora nosologica dell’“elemento additivo” cara a Malevič ) nelle nuovi arti russe fin dalla sua comparsa. Lo dimostra chiaramente il cubofuturismo, con la sua mescolanza di statico e dinamico (come peraltro nello stesso periodo faceva Duchamp in Occidente) cui si aggiunge, naturalmente, la gamma cromatica squillante. Ma l’impatto del futurismo italiano va oltre. È presente nel primo movimento non-figurativo russo, il raggismo di Larionov e di Natalja Gončarova del 1912-1913, nelle vigorose striature di linee-forze che scandiscono la superficie pittorica (come anche nei dipinti di Le Dentu e di Aleksandr Ševčenko). Nel Monumento alla Terza Internazionale di Tatlin (1920), la spirale è il principio generativo dominante – filiazione diretta di Boccioni. Il futurismo è onnipresente fino al costruttivismo sovietico, nel 1921. Il famoso progetto di Ljubov Popova del 1922 per Le Cocu magnifique di Crommelynck è impregnato di futurismo da capo a piedi: l’assemblaggio di scale, passerelle, ruote, eliche, lettere dell’alfabeto latino veniva messo in movimento col procedere dell’azione drammatica. Era peraltro imperante nel teatro dell’epoca, e in particolare in Vsevolod Mejerchold’ e Nikolaj Foregger, un horror quietis che era sì un ritorno alle fonti primeve della teatralità, ma che stranamente coincideva anche con lo spirito futurista. Il futurismo italiano ha quindi impresso sull’avanguardia russa un segno indelebile. Pochi si sono sottratti alla sua influenza: tra questi, possiamo citare il poeta Chlebnikov e il pittore Filonov. Per distinguersi dal futurismo occidentale, Velimir Chlebnikov ha coniato il termine budetljanstvo, la “futuraslavia”56. Ma malgrado la grande importanza di Chlebnikov e Pavel Filonov, il loro esempio non cambia il quadro da me brevemente tracciato dell’osmosi tra cubismo e futurismo parigini in terra di Russia.

    50 Manifesto tecnico della pittura futurista, in U. Boccioni, Pittura scultura futuriste, Vallecchi, Firenze 1977, p. 163. Il Manifesto tecnico fu tradotto in russo nel 1913 sul terzo numero dell’«Almanacco dell’Unione della gioventù». Sulla questione della penetrazione del futurismo italiano nel mondo artistico russo, cfr., oltre a V. Markov citato sopra, l’indispensabile C. G. De Michelis, Il Futurismo italiano in Russia 1909-1929, De Donato, Bari 1973.
    51 Per la riproduzione di una delle fotografie “alogiche” del 1913 si veda J.-C. Marcadé, Malévitch, Casterman, Paris 1990, p. 121.
    52 K. S. Malevicˇ , Dal cubismo e dal futurismo
    al suprematismo [1916], in Scritti cit., p. 176.
    53 Id., Les vices secrets des académiciens [1916],
    in Écrits II. Le Miroir suprématiste, trad. fr. J.-C. e V. Marcadé, L’Âge d’homme, Lausanne 1977, p. 49; si veda anche l’interpretazione di Irina Kronrod nella scheda dell’Aviatore a p. 00 di questo catalogo. 54 Id., Dio non è stato detronizzato. L’arte, La Chiesa, La Fabbrica [1922], in Scritti cit., p. 281.
    55 Id., Sulla poesia [1919], in Scritti cit., p. 228.
    56 Cfr. il mio articolo La futuraslavie, «Alfabeta/La Quinzaine littéraire», 84, 1986 (a cura di S. Fauchereau, A. Porta e C. Salaris), pp. 108-109.