Catégorie : De la Russie

  • Les airs de la calomnie des journalistes activistes anti-poutine/anti-russes

     

     

     

    • 11/6/2013 3:15

    Qui a des oreilles entende, à bon entendeur salut!

    jean-claude marcadé

    Basile est bien vivant, et il vit en France

    Jacques Sapir

    © Photo

    17:27 10/06/2013

    « Promenades d’un économiste solitaire » par Jacques Sapir*

    Je ne sais si vous vous souvenez de ce personnage dans la pièce de Beaumarchais, le Barbier de Séville, don Basile. Il est devenu célèbre car il incarne la Rumeur et la Calomnie. Il est l’incarnation de la bassesse. Dans l’opéra tiré de cette pièce qu’écrivit Rossini (1) l’air de la calomnie, chanté par Basile (2) , est l’un des morceaux de bravoure.
    Pourquoi cette tribune commence-t-elle par une référence à l’art lyrique ? Parce que Basile est aussi devenu un symbole, un nom commun, pour désigner, en France et ailleurs, ceux qui propagent les rumeurs et les calomnies. On se croit à l’abri mais, en réalité, nul ne l’est. Et c’est bien là tout le problème de la rumeur et de la calomnie :
    « La calunnia è un venticello
    Un’auretta assai gentile
    Che insensibile, sottile,
    Leggermente, dolcemente,
    Incomincia, incomincia a sussurrar.
    Piano, piano, terra terra,
    Sottovoce, sibilando,
    Va scorrendo, va scorrendo
    Va ronzando, va ronzando
    Nell’orecchie della gente » (3).
    Sur le site de Radio-France Internationale (RFI) a été installé vendredi 7 juin un papier sur le divorce du couple Poutine (4), co-signé par Anya Stroganova et Thomas Bourdeau. Ce papier contient ce qu’il faut bien appeler des allégations mensongères me concernant : « …des rumeurs courent concernant cette même fille, qui écrirait sa thèse à l’EHESS sous la direction bienveillante de Jacques Sapir, l’expert en économie russe et un proche de papa. »
    On est frappé de ce que des journalistes (mais méritent-ils encore ce nom) fassent référence à une « rumeur » et utilisent le conditionnel.
    D’autant plus qu’il était des plus facile de vérifier, soit en m’appelant par courriel ou par téléphone, soit en appelant le secrétariat de l’EHESS, soitenfin en vérifiant (par internet) au fichier central des thèses. Il faut croire que l’on est bien fatigué quand on travaille à RFI, car rien de tout cela ne fut fait… Le duo de bras cassés décide de laisser courir la rumeur.
    Et c’est là où il y a calomnie. De plus, elle prouve que ces deux « journalistes » n’ont aucune idée (et n’ont pas cherché à en avoir…) sur comment on s’inscrit en thèse. Une inscription signifie un dossier qui est expertisé par le conseil scientifique de l’EHESS. Et donc, si l’une des filles du Président Poutine avait décidé de s’inscrire en thèse, que ce soit sous ma direction ou sous celle de n’importe quel autre collègue, elle aurait dû en passer par là et tout le monde serait au courant.
    Deuxième calomnie, plus subtile mais en réalité plus grave car elle porte atteinte à ma réputation d’enseignant chercheur, c’est l’utilisation du mot « bienveillant ». Que signifie-t-il si ce n’est que, par « amitié » pour son papa (le Président de la Russie) ou peut-être pour obtenir on ne sait quel avantage, je favoriserai un étudiant ? C’est une accusation grave de favoritisme, mais qui est portée sur ce ton mielleux et doucereux de la rumeur. Cette demoiselle « écrirait » donc une thèse et je la dirigerais de façon « bienveillante ». Allons, Madame et Monsieur, ayez le courage de vos opinions ! Dites que j’ai touché de l’argent, que j’ai demandé une position, que j’accepte sciemment de fausser ce qui est un diplôme d’État en l’échange d’un quelconque avantage. Ah, l’on se dit grand et pur quand on est journaliste, mais tout ceci est petit et méprisable !
    Troisième allégation, je serai donc « un proche de papa », comprendre Vladimir Poutine. Et bien, au risque de décevoir bien des gens, il n’en est rien. Je ne suis pas non plus de ceux qui accablent Poutine. Je cherche avec honnêteté à établir ce qu’il a fait pour l’économie de la Russie. J’ai écrit, et je le maintiens, que son action a été plutôt positive (5). C’est aussi l’avis des collègues russes avec lesquels nous avons rédigé La Transition Russe, Vingt Ans Après (6). Cela ne fait pas de moi un « proche », je ne dîne pas à chacun de mes séjours à Moscou au Kremlin.
    De cela, je tire deux leçons. La première, c’est que RFI est tombée bien bas. Colporter de telles âneries est le signe d’un média devenu officine de propagande. On me dit qu’il reste de bons journalistes dans ce qui fut autrefois une maison respectable. Je veux bien le croire, mais ils ne sont sûrement pas à Moscou.
    La seconde c’est que, quand on dit des vérités qui dérangent, que ce soit sur la Russie ou sur la France, il faut s’attendre à de telles attaques. Elles en disent long sur la pente que nous avons prise et qui nous conduit tout droit à la Tyrannie.
    Les Basiles sont bien vivant et le personnage de Basile est éternel. Il continue à répandre cette calomnie comme « un petit vent » et elle peut gonfler, gonfler, colportée par milles bouches jusqu’à ce qu’elle devienne :
    « Un tumulto generale
    Che fa l’aria rimbombar.
    E il meschino calunniato,
    Avvilito, calpestato,
    Sotto il pubblico flagello,
    Per gran sorte va a crepar » 
    (7).
    Anya Stroganova et Thomas Bourdeau n’ont certes pas la voix pour se produire dans « Il Barbiere di Siviglia », mais leur intention de nuire est avérée.
    ***
    1. « Il Barbiere di Siviglia », plus connu qu’un premier opéra tiré de la pièce et écrit par Giovanni Paisiello
    2. « La calunnia è un venticello » , Acte I, tableau 2. Basile est traditionnellement une voix de basse.
    3. La calomnie est un petit vent / Une petite brise très gentille / Qui, imperceptible, subtile, / Légèrement, doucement, / Commence, commence à murmurer / Piano ,piano , terre à terre, / À voix basse, en sifflant, / Elle glisse, elle glisse / Elle rôde, elle rôde / Dans l’oreille des gens`
    4. http://www.rfi.fr/europe/20130607-russie-divorce-poutine-lioudmila-poutina 
    5. Par exemple dans Sapir, J., « Rossija posle Putina :Ekonomitcheskie i Social’nye Osnovy Polititchekoj Stabil’nosti » [La Russie après Poutine. Fondements économiques et sociaux de la stabilité politique] in N. Lapina (ed). Dva Prezidentskih Sproka V.V. Putina. Dinamika Peremen, Éditions de l’Académie des Sciences de Russie, Moscou 2008, pp. 112-142
    6. Sapir J., (sous la direction de), La Transition Russe, Vingt Ans Après, (avec V. Ivanter, D. Kuvalin et A. Nekipelov), Éditions des Syrtes, Paris-Genève, 2012.
    7. Un tumulte général / Qui fait retentir l’air. / Et le pauvre calomnié, / Avili, piétiné / Sous le fléau public, / Par grand malheur s’en va crever.
    L’opinion exprimee dans cet article ne coïncide pas forcement avec la position de la redaction, l’auteur étant extérieur à RIA Novosti.
    *Jacques Sapir est un économiste français, il enseigne à l’EHESS-Paris et au Collège d’économie de Moscou (MSE-MGU). Spécialiste des problèmes de la transition en Russie, il est aussi un expert reconnu des problèmes financiers et commerciaux internationaux.Il est l’auteur de nombreux livres dont le plus récent est La Démondialisation (Paris, Le Seuil, 2011).
    © 2013 RIA Novosti

     

    Voici ce que moi-même  j’écrivais en mars et en mai 2012   sur la « calomnie » :

    12 mars 2012

    Piotr Smolar (ou, du moins le titre de la Rédaction du « Monde ») a trouvé le moyen, à propos du trafic d’organes des Kosovars (tellement unilatéralement et partialement soutenus en son temps), d’incriminer principalement la Russie pour ne pas transmettre les informations médicales qu’elle aurait à ce propos. Donc, ce ne sont pas les trafiquants d’organes kosovars les criminels, mais la Russie…

    Mais pourquoi s’étonner, quand le même Smolar et sa collègue inénarrable Marie Jégo, s’empressent de faire des rumeurs non avérées des vérités, pour peu qu’elles soient à charge contre la Russie – ainsi de  « Maghnitski battu à mort (sic!)» dans la prison où il était enfermé. Cela ne suffit pas que la mort de Maghnitski soit une bavure de la justice russe, il faut y ajouter la touche people  de « battu à mort », sans que cela soit mentionné, ni repris, par la grande majorité des sites d’opposition.

    16 mars

    J’ajoute que, depuis ce « Maghnitski battu à mort en prison », Smolar et Jégo ont retiré cette « épithète homérique », par « maltraité » : y a-t-il eu quelque protestation de gens informés plus rigoureusement? En tout cas, la calomnie a joué son rôle : puisqu’il n’y a eu aucune rectification des propos de Smolar et Jégo sur « Maghnitski battu à mort », l’imputation reste en l’air. Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose. C’est malheureusement la doctrine du journalisme du « Monde » concernant la Russie.

    Toinette Jégo continue à sévir : elle s’est emparée de deux « épithètes homériques » qu’elle va nous ressortir désormais à chaque papier : il y a une « classe créative » en Russie, avide de justice et de liberté » et, en face, « l’élite politico-militaire au pouvoir qui mise sur la bigoterie, le repli sur soi, la haine de l’étranger », évidemment promue, soutenue, encourager par Poutine, baptisé par Toinette Jégo de « leader national ».

    Font partie de la « classe créative », sans doute selon Jégo, tous ceux qui sont contre Poutine – les Navalny, les Oudaltsov, les Kasparov, les Nemtsov qui, jusqu’ici, ont comme seul programme politique « la Russie sans Poutine », mais aucun  programme socio-économique qui pourrait remplacer le système actuel (le seul qui en est un de cohérent, en dehors des communistes, c’est Prokhorov, dont Jégo ne parle guère, qui n’est pas propoutinien, sans faire une opposition démagogique systématique). Sans doute aussi appartiennent à la »classe créative »  les tristement célèbres Poussy Riot, dont le niveau littéraire et musical reste pitoyable, mais dont l’inénarrable critique d’art Jégo a fait des descendants de Malévitch (mais oui!)…

    jean-claude marcadé

    PS Au G20, un hommage a été rendu à Poutine, pas seulement par politesse, en particulier par Christine Lagarde

     

     

    La fixation monomaniaque sur Poutine, responsable de toutes les violences et de  tous les faits divers en Russie, continue dans « Le Monde ». Les Toinettes du journalisme s’en donnent, après une petite accalmie, à coeur joie. Le relai a été passé à Piotr Smolar qui, visiblement, s’informe plus par internet , où il fait un tri très édifiant, et par téléphone que sur place. Ainsi on apprend que Poutine est responsable des incidents violents qui ont eu lieu le 6 mai à Moscou contre des manifestants qui avaient cessé d’être dans la légalité pour provoquer les réactions policières. Smolar n’a peut-être jamais participé à des manifestations en France, moi si, et je sais très bien que si l’on n’ obtempère pas à des policiers quand on a enfreint « l’ordre public », on est menotté et mené au poste. Cela m’est arrivé. Le plus scandaleux dans le dernier papier de Smolar, c’est la mise en avant de faits qui ne sont pas vérifiés, sont répandus par les activistes et gonflés. Ainsi,  la « femme enceinte » battue à terre par « les policiers de Poutine » s’est révélée être l’étudiant Nikolaï qui a raconté son histoire, sans en faire par ailleurs une histoire à la Jégo-Smolar!!!  Est-ce que Smolar apportera une rectification à sa fausse information? Les Toinettes se font ainsi régulièrement des Don Basilio. C’est triste que « Le Monde » se livre à cette course aux informations systématiquement négatives, alors que le lecteur ne sait rien sur la vie politique courante du pays, comme il ne sait rien d’ailleurs de l’opposition hors système – on attend toujours  un article de fond sur la composition de cette opposition… Mais, comme cela corrigerait l’image que le journal veut donner de « la Russie de Poutine », on préfère entretenir le grand flou. Et je ne parle pas du flou qui enveloppe « les prisonniers politiques » : aujourd’hui, en Russie, une personne qui a commis un délit économique a intérêt à dire qu’elle est condamnée pour raison politique, surtout qu’ elle aura aussitôt le soutien des McCain et des Romney… Et les écrivains qui viennent soutenir les manifestations et que l’on compte d’ailleurs sur les doigts, , fort bien! Mais les personnalités du monde des arts et des lettres qui ont soutenu Poutine, où sont-ils? Ils sont voués aux gémonies, comme Assange,  devenu tout soudain « un idiot utile », travaillant pour la « télé de Poutine », laquelle télé est la bête noire des Etats-Unis, donc les moutons de Panurge européens, français en particulier, s’en vont répétant qu’il s’agit d’un medium qui nous fait revenir à la guerre froide. Comme la créatrice du Monologue, Nougayrède, a parlé avec dédain des experts qui sont chaque jour interrogés par les journalistes de la « télé de Poutine », j’ai pris la peine de relever, dans la semaine du 21 au 26 avril, aux informations de 14h,  le nom de ces experts :21/04-22/04 :  Nicolas Baverez sur la France; Ali Salman sur le Bakhrein; Glyn Ford sur Breivik et le racisme en Europe; Joseph Lieberman et Daniel Wagner sur Assange; Mike Raddie (Londres) sur les photos scandaleuses des soldats américains en Afganistan; David Martin sur les protestations contre ACTA.23/04- : John Laughland et Benoit Hamon sur les élections française; Amotz-Asa-El sur le Caire; Leah Bolger sur les médicaments pris par les soldats américains.24/04 Phil Rees, Glenn Greenwald sur Assange; Afshin Rattansi, John Laughland sur la Libye et le Syrie; Dr. Sreeram-Chaulia sur le Soudan; Francis Lun sur la Chine et l’Arctique; Dr Uri Avnery, Zeev Bielski, Yifta Shapir sur Israël-Iran.25/04 Afshin Rattansi, Omar Nashabe sur Bakhrein; Prof. Ismael Hossein-Zadeh, Mateusz Piskorski sur la Syrie; Pepe Escobar sur la provocation chinoise; Senapathy, Sandip Sen sur l’Inde.
    26/04 Bruce Burgess, Alexandre Korobko, David Miliband  sur Litvinenko-LougovoÏ; Ali Rizk sur Israël-Iran, Christoph R. Horstel, Fares Al-Shehabi sur la Syrie.
    Je n’ai pas pu noter tous les noms, mais la liste est déjà assez impressionnante, montrant que l’information sur l’international n’est pas unilatéralement otano-américaine  comme dans nos télévisions.
    jean-claude marcad

  • Faussaires d’oeuvres russes en Suisse

    CRIMINALITÉ

    Un réseau de faussaires d’art démantelé en Suisse

    Mis à jour le 13.06.2013

    Un réseau international accusé d’avoir contrefait pour plusieurs millions d’euros de tableaux, notamment des Russes Kandinsky ou Malévitch, a été démantelé jeudi en Allemagne, en Suisse et en Israël.

    Les chefs présumés du gang de faussaires ont été arrêtés en Allemagne.Les chefs présumés du gang de faussaires ont été arrêtés en Allemagne.
    Image: Photo d’illustration/AFP

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    Deux hommes âgés de 41 et 67 ans considérés comme les chefs d’un gang de six faussaires ont été arrêtés.

    Ils ont été interpellés à Wiesbaden (ouest de l’Allemagne) et placés en détention à l’issue d’une enquête lancée en décembre 2012, a précisé la police dans un communiqué.

    En Allemagne, des perquisitions ont visé près d’une trentaine d’appartements, d’entrepôts ou de galeries, a ajouté la police, disant avoir procédé à plus d’un millier de saisies.

    400 tableaux

    Le groupe, constitué de Russes, d’Israéliens et de Germano-tunisiens, est soupçonné d’avoir peint de faux tableaux en imitant des artistes comme Vassily Kandinsky, Alexeï von Jawlensky, Natalia Gontcharova, Mikhail Larionov ou Kasimir Malévitch, d’avoir contrefait des certificats d’authenticité et de les avoir vendus, pour la plupart à des collectionneurs privés.

    Selon les enquêteurs, au moins 400 tableaux considérés comme des faux ont été vendus pour des sommes atteignant parfois les sept chiffres.

    Les deux hommes interpellés auraient eux par exemple gagné plus de deux millions d’euros entre 2011 et 2013 grâce à leurs ventes à des clients en Allemagne et en Espagne.

    Créé: 13.06.2013, 16h23

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  • Le « Guardian » sur les auteurs de faux Kandinsky et Malévitch; six personnes arrêtées en Allemagne

    Guardian: авторы поддельных картин Кандинского и Малевича арестованы в Германии

     | «Газета.Ru»

    Правоохранительные органы Германии обезвредили банду арт-мошенников, которые специализировались на подделке картин российских авангардистов, пишет The Guardian. В частности, преступники подделывали полотна Василия Кандинского, Казимира Малевича и Натальи Гончаровой.

    В операции, проходившей в среду и четверг по всей Германии, принимали участие сто стражей порядка. Два предполагаемых лидера группировки были арестованы. По версии полиции, банда состояла в общей сложности из шести человек.

    Полицейские обыскивали частные дома, офисы, склады и художественные галереи. Похожие операции были проведены в Швейцарии и Израиле, но их результаты еще не обнародованы.

    Как полагают в правоохранительных органах, мошенники продали более 400 поддельных картин, сфальсифицировав и сертификаты подлинности. Преступники выдавали свои полотна за ранее неизвестные творения художников. По версии полиции, стоимость подделок достигала «четырехзначных-семизначных» цифр. В частности, утверждается, что две поддельные картины были проданы в 2011-2013 гг. за €2 млн.

    ОБЗОР ПРЕССЫ. ПОДРОБНОСТИ:

     

     ruritu |  06:35, пятница, 14.06.2013  | Ссылка на комментарий
     

    Каждый талантлив по своему

     

     Evgeny Vseizvestnyi |  06:56, пятница, 14.06.2013  | Ссылка на комментарий
     

    Рисуй квадраты и продавай

     

     sir_chopin |  08:21, пятница, 14.06.2013  | Ссылка на комментарий
     

    Главное – покупатель. У вас еще не все стены этими квадратами увешены, и все – единственные оригиналы Малевича?

     

     Evgeny Vseizvestnyi |  08:23, пятница, 14.06.2013  | Ссылка на комментарий
     

    Аккурат все шесть квадратов малевича у меня. Все остальные – подделка. Кстати – он дальтоник был

     

     sir_chopin |  08:30, пятница, 14.06.2013  | Ссылка на комментарий
     

    Значит, я угадал.
    Мне самому нравится Кандинский.

     

     Evgeny Vseizvestnyi |  08:39, пятница, 14.06.2013  | Ссылка на комментарий
     

    Если приглядеться, то в квадрате и Кандинского видно

     

     sir_chopin |  08:44, пятница, 14.06.2013  | Ссылка на комментарий
     

    Для этого надо быть полным дальтоником. Кандинский – художник абсолютного цвета, и ярче найти трудно.

     

     Evgeny Vseizvestnyi |  09:22, пятница, 14.06.2013  | Ссылка на комментарий
     

    Именно поэтому дальтоник малевич намесил ярких цветов до черного в своих квадратах. На самом деле это копии картин сразу всех Кандинских

     

     sir_chopin |  09:34, пятница, 14.06.2013  | Ссылка на комментарий
     

    Я уже понял, что или вы или полный дальтоник, или видели их картины только по черно-белому телевизору, и, тем более, никогда « живьем ».

     

     Evgeny Vseizvestnyi |  09:39, пятница, 14.06.2013  | Ссылка на комментарий
     

    все врут вокруг тебя!
    ты мне поверь
    кричит что друг-
    на самом деле зверь
    кричит, что он Чапай
    и лезет всем в друзья,
    но ты дружок не верь,
    Чапаев- это Я

     

     sir_chopin |  09:41, пятница, 14.06.2013  | Ссылка на комментарий
     

    Как я понял – это по поводу черно-белого искусства?

     

     Evgeny Vseizvestnyi |  09:44, пятница, 14.06.2013  | Ссылка на комментарий
     

    Нет, это по поводу ценителей искусства, Оценка квадрата и одежды голого короля

     

     sir_chopin |  09:45, пятница, 14.06.2013  | Ссылка на комментарий
     

    все же о черно-белом Чапаеве, и о том, что слепому не оценить света Кандинского.

     

     Evgeny Vseizvestnyi |  09:54, пятница, 14.06.2013  | Ссылка на комментарий
     

    не курите дети травку
    не курите вы кальян
    в нем обман и вместо папки
    джин сидит как истукан.

    не смотри что дяди курят
    свой кальян и тут и там
    в том кальяне много дури
    станешь сам как истукан

     

     sir_chopin |  09:58, пятница, 14.06.2013  | Ссылка на комментарий
     

    Просто признайтесь, что никогда не видели картин Кандинского (или даже не можете, из-за проблем со рением).

     

     Елизавета Строгая |  07:45, пятница, 14.06.2013  | Ссылка на комментарий
     

    Остерегайтесь подделок картины неизвестного художника-авангардиста В. Рифмовича « Четвёртый квадрант »
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     barmaglot_1 |  07:56, пятница, 14.06.2013  | Ссылка на комментарий
     

    Можно еще как Лёня-шарлатан записывать диски с « изохронными бьеньями ».

     

     

  • Sur la présentation scandaleuse de la Russie dans « Le Monde » – une infamie de plus

    Une nouvelle Toinette du journalisme activiste vient de sévir dans « Le Monde » – Toinette Briancon : il y avait longtemps que le quotidien ne s’était pas livré à un panorama aussi unilatéralement anti-poutine/anti-russe, avec une focalisation monomaniaque sur le génie du mal du continent russe – Poutine, cause de tous les maux « de la répression à la récession ». Le grand pays qu’est la Russie mérite une meilleure information sur elle que cette litanie accumulative répétitive de ce qui ne va pas. Comme si la Russie était une exception dans ce qui ne va pas : je prétends, à l’encontre de la présentation scandaleuse de Toinette Briancon, qu’il n’y a pas dans ce pays plus d’exactions, de faits négatifs, de bavures que dans des pays démocratiques de même importance géo-politique. Mais, sous l’influence des forces les plus réactionnaires occidentales (surtout américaines) , qui n’ont pas intérêt à ce que la Russie retrouve une puissance qui contrebalancerait l’unipolarité actuelle, financé  par elles, un activisme s’est installé dont les métastases ne cessent de ronger toute vue un peu rationnelle et constructive de la situation russe. Toinette Briancon, à ce qui apparaît dans sa chronique du week-end, est un de ces activistes qui pratiquent l’amalgame, les faits vérifiés et les suppositions, mais ont surtout d’une malhonnêteté intellectuelle effrayante. Voici chez Toinette Briancon les affirmations malhonnêtes, en suivant l’ordre de son papier :

    1) la mise en doute de la légitimité de Poutine (une autre passionaria toinette, Mandras, avait déjà mis en doute dans « Le Monde » la légitimité de Medvédev… et les journalistes activistes n’ont cessé de mépriser Medvédev et d’en faire la marionnette de Poutine et ils ont bonne mine aujourd’hui de le présenter comme un homme d’Etat plus fréquentable que son aîné);

    2) non-légitimité de Poutine, parce que « fraudes électorales » : Briançon, pas plus que les autres journalistes du « Monde », ne nous disent de quel type et à quel niveau sont les dites « fraudes », sauf qu’au cours  de sa chronique il parle de « bourrage des urnes ». Pour le lecteur, les choses sont claires, lors des élections russes, le bourrage des urnes est la règle, sans qu’on ne nous ait jamais dit quel est le pourcentage de ces fraudes réelles caractérisées. D’autre part, je ne cesse de dénoncer la confusion qui est faite à travers ce mot « fraude », entre les fraudes réelles voulues et les dysfonctionnements qui me paraissent la majorité des cas, dysfonctionnements qui proviennent  de ce que la Russie, vu son histoire récente et vu l’immensité de son territoire,  a de la peine à acquérir les mécanismes   d’un déroulement démocratique des élections (cela est valable aussi pour l’opposition qui croit qu’en démocratie tout est permis)

    3) Dmitri Medvédev est dit par Briancon « le souffre-douleur » de Poutine. Mme Jégo, elle, disait, avant, qu’il en était la « poupée de chiffons » ; elle disait aussi que Poutine était « moribond »… Eh bien, le moribond a l’air de bien se porter et il a fait même du ski à Sotchi avec son souffre-douleur Medvédev, au lieu de fêter, dernièrement, le 55ème anniversaire de son épouse, dont on vient d’apprendre qu’ il divorce (dixit Jégo);

    4) La « corruption généralisée », certes, c’est une plaie qui ronge la Russie, mais il est malhonnête de ne pas dire qu’il y a une lutte de tous les jours du pouvoir contre cette corruption et le nombre de personnages souvent aux plus hautes fonctions qui sont mis en examen augmente de jour en jour; cela n’empêche que la corruption ne soit endémique à tous les niveaux, qu’il est un « mal russe »,  qu’il ne disparaîtra pas d’un coup de baguette magique et qu’il faudra du temps avant que la Russie ne réduise ce fléau à la plus simple expression;

    5) Qui voit Toinette Briancon et consorts en journalisme activiste à la place de Poutine? Qui se détache?  L’opposition non parlementaire n’a pas de programme : elle procède par éructations, par slogans, genre « la Russie sans Poutine » ou la parti de Medvédev-Poutine est traité de « parti des voleurs et des escrocs », sans qu’il y ait une proposition alternative sérieuse. Il suffit de lire le bloc de Navalny : ce ne sont qu’insultes, mots d’oiseau, vocabulaire incendiaire, souvent infantile. Kasparov opère de la même façon, par des aboiements, des invectives, des insultes (on peut être un génie des échecs et un piètre politique – cf., pour le génie littéraire et le fourvoiement idéologique, Céline);

    6) Sur la situation économique de la Russie, le tableau de Toinette Briancon est noirci de façon outrancière. Même si la crise mondiale a des effets négatifs sur l’économie russe, celle-ci reste confortable, malgré l’inflation; et, bien entendu, l’activiste Biancon ne parle pas du niveau du chômage en Russie qui est très bas. Mais ce qui serait positif, n’intéresse pas l’activiste.

    7) Qui êtes-vous les Toinettes du journalisme pour employer, quand vous parlez de la Russie, ce lexique dénigrant insupportable : la « vindicte présidentielle »; « répression » (lorsqu’il y a intervention de la police pour des manifestations non autorisées, la police ne gaze pas les opposants comme cela se pratique aux Etats-Unis, en France et, aujourd’hui en Turquie; les manifestants présentés à la justice sont ceux qui ont frappé des policiers lors de la manifestation du 6 mai 2012); « récession » (Briancon fait une phrase volontairement contournée obscure, pour ne pas dire nettement que l’on prévoit pour la Russie une croissance de plus de 2%, ce qui ne semble pas être encore  de la récession, mais Briancon est une pythie qui voit loin…); « Parlement docile » (il suffit d’entendre les communistes ou le parti « Juste Russie » pour voir qu’ils ne sont pas dociles, mais, n’ayant pas la majorité, comme dans toute démocratie, ils en sont réduit (comme l’UMP aujourd’hui chez nous) à être une opposition verbale, mais non sans effet); « durcissement » de la répression; « corruption généralisée »; « justice aux ordres »; « forces de police à la disposition du plus offrant »; les satrapes locaux qui « exécutent ce que leur demande le pouvoir », « Etat jungle »; « droits de propriété les plus élémentaires bafoués tous les jours »; « tout est confiscable par l’arbitraire autocrate et kleptocrate »; « autoritarisme aggravé du régime »; « le risque russe » pour les investisseurs; Poutine met en oeuvre ses promesses « pour s’assurer une confortable majorité électorale » (mais qu’a-t-il besoin d’essayer d’améliorer le niveau de vie de ses compatriotes pour être élu, puisque le bourrage d’urnes lui permettra d’être élu à l’occasion? Toinette Briancon n’en est pas à une malhonnêteté près); « les pensions et les canons », voilà selon la Toinette d’aujourd’hui l’unique visée poutinienne…; « les coups de menton périodiques du maître du Kremlin »; « ruée de ses amis et affidés sur les ressources publiques »; « l’obéissance contre la croissance », autre visée de Poutine; « régression démocratique »; « Poutine se rétracte et réprime »; « la rapine des amis du régime »; « zèle policier paranoïaque »; « l’arbitraire du prince »; « la bande au pouvoir »…

    Quelle vision apocalyptique! Que reste-t-il de la Russie après cet « éclairage » qui nous est proposé, non innocemment, bien entendu, par « Le Monde »?

    Je trouve de tels papiers infamants et ai honte.

     

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  • La pénétration de la pensée russe dans le milieu français : Berdiaev et Chestov

    Автор:Маркадэ Жан-Клод

    Маркадэ Ж.Кл.

    Проникновение русской мысли во французскую среду. H. A. Бердяев и Л. И. Шестов

    Разбивка страниц настоящей электронной статьи сделана по: «Русская религиозно-философская мысльXX века. Сборник статей под редакцией Н. П. Полторацкого. Питтсбург, 1975, США.

     

     

    Жан-Клод Маркадэ

     

     

    ПРОНИКНОВЕНИЕ РУССКОЙ МЫСЛИ ВО ФРАНЦУЗСКУЮ

    СРЕДУ: H. A. БЕРДЯЕВ И Л. И. ШЕСТОВ

     

    Русская музыка и изобразительное искусство сыграли не­сомненно огромную роль в художественной жизни Франции, отчасти благодаря Русскому балету С. П. Дягилева, отчасти благодаря исключительному дарованию многих русских художников так называемой Парижской школы. 1 Но можно ли говорить о влиянии русской философии на французскую мысль XX века? Надо отметить прежде всего, что во французской среде русская мысль завоевала себе место с большим трудом. Только те философы, произведения которых были переведены на французский язык, проникли в мир французской мысли. В этом отношении, два философа оказали несомненное влияние на французскую мысль, а именно Н. А. Бердяев и Л. И. Шестов.

    По поводу Бердяева Г. П. Струве пишет: «На первом месте следует поставить многочисленные сочинения H.A. Бердяева, оказавшегося необыкновенно продуктивным и популярным мыслителем в Европе, единственным, можно сказать, который имел какое-то воздействие на современную ему философию, английскую и немецкую мысль и к которому прислушивалась часть русской молодежи за рубежом». 2 Однако Бердяев не «единственный» русский мыслитель зарубежья, который «имел какое-то воздействие» на западную мысль. Более адекватна формулировка самого Бердяева: «Я был первый русский хрис­тианский философ, получивший большую известность на За­паде, большую, чем В. Соловьев». 3 Шестов, стоявший близко к христианству, но не вошедший всецело в его лоно, оставил, может-быть, менее заметный след, но его проникновение, по- жалуй, более глубокое.

    Знаменателен факт, что нередко произведения этих двух крупных величин появлялись сперва на французском языке и только позже по-русски. Так было с книгами Бердяева «Истоки

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    и смысл русского коммунизма», «Экзистенциальная диалек­тика божественного и человеческого», «Опыт эсхатологической метафизики (Творчество и объективация)» 4. То же самое прои­зошло и с некоторыми произведениями Шестова. Такие важные труды, как «Гефсиманская ночь» 5, «Киркегор и экзистенциаль­ная философия» 6, «Скованный Парменид»7, «В Фаларийском быке» 8, были известны французским кругам и вызывали споры до того, как они были опубликованы на русском языке.

    Следует упомянуть также, что Бердяев устраивал первые экуменические встречи в Париже. Интерконфессиональные со­брания с католиками и протестантами, продолжавшиеся 3 года (1925-28), кончились полу-неудачей из-за слишком разных ми­ровоззрений участвующих. После вековой борьбы, протестанты и католики впервые могли обмениваться мнениями на нейтраль­ной православной почве. Но главная трудность была в том, что внутри каждой религии были непримиримые разногласия. Таким образом, крайний католический модернист, отец Лабертоньер, сталкивался с томистом Ж. Маритеном, и ортодоксаль­ный кальвинист Ласерер с представителем религиозно и социально-радикального течения в протестантизме. Со стороны православия, отец С. Булгаков имел слишком своеобразный и новый для всех подход к богословским проблемам, чтобы его софиологическая система не осталась для слушателей неразре­шимой загадкой. Хотя французские богословские круги и знали об учении отца Булгакова о Софии, но это не вызвало никакого прямого отзвука в западной теологии.

    Если теперь взглянуть на литературу на французском язы­ке о русских мыслителях, то оказывается, что существует нес­колько попыток раскрыть идеи одного лишь Бердяева. Первая книга о Бердяеве была написана его другом, швейцарским пас­тором Порре. 9 Французский философ Леон Эмери ставит Бер­дяева среди «семи свидетелей» нашей эпохи, 10 причем он инте­ресуется только автором «Нового Средневековья», имевшего широкое распространение11, — хотя Бердяев не считал этой книги столь важной. Эмери видит даже в Бердяеве единомыш­ленника Жозефа де Местра: «Придадут, может быть, книге Николая Бердяева «Новое Средневековье», написанной между 1919 и 1923 гг., то же значение, что и «Рассуждениям о Фран­ции», опубликованным Местром в 1798 г.» 12 Книга госпожи М. М. Дави «Человек восьмого дня» 13 — живое свидетельство об огненной личности русского философа, в котором она под­черкивает острое ощущение Deus absconditus. О вкладе хрис­тианских размышлений Бердяева и его учения о личности (пер-

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    сонализм) появилась богословская диссертация Сегундо 14. На­конец, Климов постарался составить систематическое изложе­ние философии Бердяева в его «восстании против объектива­ции» .15

    О Шестове же пока не существует ни одной книги на французском языке. В эссе Рахили Беспаловой «Chemins et Carre­fours» 16 одна глава посвящена «Шестову перед Ницше». (Другие части относятся к изучению некоторых аспектов мысли Жюльена Грина, Мальро, Габриеля Марселя, Киркегора.) Беспалова анализирует только одну линию философии Шестова, хотя и краеугольную, а именно постоянную борьбу философа против якобы «научной философии», зиждущейся на априорных исти­нах. Она замечает, что у Шестова «философ превращается в палача познания» 17. Русский философ А. Лазарев посвящает целую главу своей книги «Жизнь и Познание» 18 «философии Л. Шестова», и Бердяев в предисловии к этому французскому изданию подчеркивает значение Шестова в развитии рели­гиозно-философской мысли, но упрекает его в том, что он говорит как-то извне о религиозном опыте. Кроме этих иссле­дований, надо еще отметить предисловия Ива Боннефуа и Б. Ф. Шлецера к французским изданиям сочинений Шестова. Ив Боннефуа входит в суть проблематики Шестова. Настоящая трагедия человека в том, что он не верит, что вера может сдви­нуть горы, и должен все время опираться на призраки разума.

    Если судить о влиянии Бердяева и Шестова по исследова­ниям, которые появились о них по-французски, мы не будем иметь полного представления о глубоком отзвуке, вызванном их мыслью во французском интеллектуальном мире. Для этого следует обратиться к тем моментам их жизни и жизни их фи­лософских идей, которые свидетельствуют о этом отзвуке и о том значении, которое они имели в развитии части француз­ской мысли.

    Николай Александрович Бердяев (1874-1948), как известно, был выслан из России в 1922 г., и после двухлетней п

  • « Forbes » : Poutine ne peut pas tout contrôler…

    Forbes: Путин знает, что у него не все под контролем

    Президент России Владимир Путин знает, что у него не все под контролем, предположил главный геополитический эксперт частной разведывательно-аналитической компании Stratfor Роберт Д. Каплан в своей заметке для Forbes. «Мало кто понимает слабые места России так, как ее лидер», — говорится в статье. Как считает Каплан, Путину приходится управлять государством протяженностью почти в половину меридиана Земли, но с меньшей численностью населения, чем в Бангладеш.

    По мнению аналитика, Путин осознает, что Россия не может править в Восточной Европе, однако такие страны, как Польша и Румыния, Москве по-прежнему необходимы. Учитывая, что подобные государства являются членами НАТО и Евросоюза, перед Кремлем стоит постоянная и, скорее всего, неразрешимая проблема, добавляет Каплан.

    Еще одной трудностью, с которой сталкивается Путин, является то, что балтийские страны собираются уменьшить свою энергетическую зависимость от России, пишет Каплан. Есть сложности и в отношениях России с США и Китаем, считает автор.

    Помимо этого, у президента России не все под контролем и внутри страны: Путин отдает приказы, но, как и в случае многих его предшественников, на бескрайних просторах российских провинций ответной реакции практически нет, говорится в статье.

    «Газета.Ru»

     

  • La Suisse et la Russie pour l’innovation

     

    Tribune libre

    L’innovation : les leçons de la Suisse pour la Russie

    Jacques Sapir

    Jacques Sapir

    © Photo

    18:49 31/05/2013
    « Promenades d’un économiste solitaire » par Jacques Sapir*

    La tenue du premier « Russian-Swiss Innovation Day », organisé à l’initiative de M. Frederik Paulsen, le consul honoraire de Russie, a été l’occasion de comparer les logiques d’innovations entre la Suisse et la Russie.

    Cette comparaison peut surprendre au premier abord. Si l’on regarde la taille respective de ces économies, la Suisse serait un écureuil quant la Russie serait un ours. Pourtant, en matière d’innovation, la Suisse pèse bien plus que ce que l’on pourrait imaginer sur la base de sa population et de son territoire. Le succès du « modèle » suisse en matière d’innovation est indéniable et alimente le dynamisme de la Suisse Romande. Les exportations des secteurs de la pharmacie, du matériel médical, de la mécanique de précision tirent l’économie et sont fortement liées aux innovations.

    Ces dernières se sont agglomérées et constituent désormais des grappes d’innovations que se renforcent mutuellement. On peut donc parler de la constitution d’un « district innovateur » à propos de l’ensemble constitué autour de Lausanne et de ses environs. Il est animé par de prestigieuses universités (l’UNIL et l’EPFL (1) entre autres), des laboratoires tant publics que privés et dont certains hébergent des projets géants tel Human Brain, et des entreprises qui vont de la start-up jusqu’à la multinationale en passant par l’entreprise de taille moyenne.

    Les fondements de l’existence des « districts d’innovation (2) »

    Mais comment peut-on réussir à créer un ensemble dynamique autour de l’innovation ? Les responsables du projet Skolkovo ont présenté leur vision de ce projet ambitieux qui draine déjà des capitaux considérables. Annoncé à grands sons de trompes par D. Medvedev du temps où il était président, il semble cependant avoir été sensiblement réduit et a donné lieu à des enquêtes pour détournement des fonds publics. On ne compte aujourd’hui (2013), selon M. Mikhaïl Myagkov, le vice-Président de l’institut de Skolkovo, que trente-huit étudiants à Skolkovo et l’on en attend en 2018 au plus deux mille. C’est dire que l’on est loin non seulement des grandes plates-formes que sont la Silicon Valley (avec l’université Stanford) ou la région de Boston (avec le MIT) mais aussi la région de Toulouse en France ou le plateau d’Orsay. Skolkovo est même de taille réduite quand on le compare au centre constitué par l’EPFL, qui compte quant à elle 4000 étudiants et près de 2500 chercheurs à plein temps, ou à l’UNIL sur Lausanne.

    Traditionnellement, les districts innovateurs se sont créés autour de grands centres universitaires. De ce point de vue, les présentations du président de l’EPFL M. Patrick Abisher, de Dominique Arlettaz, le recteur de l’UNIL ou de Martin Vetterli, le Président du Conseil National de la recherche helvétique tranchaient sur le discours convenu des représentants de Skolkovo. Les intervenants suisses ont d’ailleurs insisté sur trois points qui, à leurs yeux, ont été essentiels dans la constitution d’un « district d’innovation » autour de Lausanne.

    Le premier est la présence de grandes institutions universitaires multidisciplinaires qui assurent l’existence d’un vivier, tant par les professeurs que par les étudiants avancés et les post-doctorants, pour l’innovation. Les grandes universités, par l’offre qu’elles proposent sur un même lieu mais aussi par les habitudes de coopération qui se tissent entre étudiants, enseignants et chercheurs, sont donc des terrains particulièrement importants de ce point de vue.

    Le second est l’importance des financements publics. Ces derniers sont essentiels à la fois pour le développement de la recherche fondamentale, mais aussi pour une large part de la recherche appliquée. De fait, ainsi qu’il fut rappelé par divers intervenants, les différents fonds publics suisses contribuent à hauteur de 75% à 90% (selon les projets) au financement global. En un temps où l’on ne cesse de vanter les attraits du PPP (Partenariat Public Privé), il était bon que soit rétablie la vérité des chiffres.

    Le troisième point essentiel, largement souligné par divers intervenants, est un esprit d’ouverture, tant vis-à-vis des chercheurs qui viennent du monde entier que du point de vue des entreprises, que celles-ci viennent, attirées par le « district d’innovation » ou qu’elles se créent (start-up). Sur ce point précis, les intervenants ont insisté sur la grande « mortalité » dans les entreprises naissantes (environ 90%). En fait, compte tenu de l’extrême nouveauté des domaines sur lesquels se développent ces entreprises, l’échec est statistiquement plus la règle que l’exception. C’est l’application du principe « essai et erreur » qui est le seul permettant de dégager une bonne articulation entre un principe innovant et une forme particulière mise en œuvre dans une entreprise donnée.

    L’innovation en Russie

    On pourrait croire que la Russie s’est ainsi enferrée dans un projet sans avenir, mais ce n’est nullement le cas. D’autres intervenants ont montré que l’innovation se développait rapidement dans de très nombreuses villes de Russie à travers la création de Technoparcs et d’incubateurs. En fait, depuis maintenant près de quatre années, toutes les grandes universités d’État et les Écoles Spécialisées, ont créé des parcs d’innovation. Le plus connu est sans nul doute celui de l’université de Novossibirsk, mais d’autres existent dans les grands centres universitaires.

    Mme Irina Ananich, directrice de la coopération stratégique à l’agence russe de l’énergie, M. Alexander Yakunin, directeur du département des industries radio-électroniques au sein du Ministère de l’Industrie et du Commerce ou encore M. Maxim Cherednichenko, vice-Directeur du centre de Belgorod sur les énergies alternatives, ont multiplié les exemples de la constitution de « grappes » d’innovation, se traduisant par des développements industriels importants.

    Elles sont le produit d’une interaction forte entre un potentiel scientifique de grande qualité et des financements, directs ou indirects, de l’État. Les industriels, tant russes qu’étrangers, d’ailleurs ne s’y trompent pas et développent (ou prennent des participations) des entreprises à côté des parcs et des incubateurs où se développent ces « grappes » d’innovation.

    Madame Ananich a aussi insisté sur le potentiel que représente le secteur agricole russe, tant en ce qui concerne les biomatériaux que pour le développement de formes alternatives d’énergies. Les études, dont certaines ont été menées conjointement avec des sociétés suisses, ont montré l’intérêt de la création de centrales thermiques de petites tailles pour fournir de l’énergie de manière décentralisée, en particulier dans le cas des communautés rurales. Ces centrales devraient utiliser les déchets de l’agriculture (la biomasse). De même, l’utilisation de certains déchets pour alimenter les centrales thermiques est une solution pour les villes. Un point particulièrement important est que la question du développement des énergies nouvelles allait main dans la main avec celle du traitement des déchets mais aussi celle du traitement de l’eau. On a donc ici un exemple très parlant de la nécessité d’associer différents champs disciplinaires dans le domaine des sciences de la nature (de la biologie à la physique), mais aussi de les relier avec des sciences sociales, comme l’économie (pour une analyse des coûts), la sociologie ou la démographie (pour prévoir la dynamique temporelle de ces communautés).

    D’autres exemples ont été fournis, qui confirment la nécessité de ce « penser global » qui est à la base de l’innovation moderne.

    On constate ainsi que non seulement le potentiel d’innovation de la Russie est important dans ces domaines, mais que les débouchés existent. La coopération internationale sur certains de ces projets est déjà largement développée. Le directeur du département de l’innovation de Rostekhnologia (entreprise d’État) et le Recteur de l’Institut Baumann de Moscou ont insisté sur les synergies qui se mettent en place depuis plusieurs années entre la recherche fondamentale et le développement d’applications, dont Rostekhnologia assure alors l’industrialisation, soit dans des entreprises à capitaux publics soit dans des entreprises mixtes.

    Il ne faudrait donc pas que Skolkovo devienne l’arbre qui masque la forêt. L’innovation se développe rapidement en Russie. Mais, tout ceci n’aura de sens que si le mouvement des investissements en capital fixe se maintient en Russie. Pour que les innovations se diffusent dans le pays, il faut non seulement que l’investissement se développe, mais que la part de cet investissement qui concerne les équipements industriels ne faiblisse pas.

    L’innovation ne se décrète donc pas et ne naît pas de gens qui crieraient en sautant sur les chaises « innovons, innovons… ». Elle ne se décrète pas non plus par la constitution d’agences publiques spécialisées ciblant un domaine particulier, même si elle peut nécessiter la constitution d’institutions financières adaptées. Elle implique de penser globalement la politique économique et le système de recherche et d’éducation. Elle implique aussi de maintenir un tissu économique équilibré afin d’assurer la demande. Elle implique enfin de penser le financement dans toute sa complexité, et d’assurer que les instruments microéconomiques mais aussi macroéconomiques (et au premier plan la politique monétaire avec la politique de la Banque Centrale) soient cohérents avec cette politique. Elle implique enfin un engagement constant de l’État sur l’ensemble de ses moyens. Rien de tout cela n’est aisé, et certains de ces instruments pourraient se révéler contradictoires avec les règles actuelles de l’Union européenne.

    (1) Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne.

    (2) On transpose ici la notion de « district industriel » élaborée par A. Marshall et reprise dans la géographie économique moderne à la théorie de l’innovation ; voir : A. Marshall, Elements of Economics of Industry, Londres, Macmillan, 1900 ; voir G. Becattini, (ed.), Mercato et forze locali : il distretto industriale, Bologne, Il Mulino, 1987 ; et G. Benko et A. Lipietz, (dirs.), Les régions qui gagnent, Paris, PUF, 1992.

    L’opinion exprimee dans cet article ne coïncide pas forcement avec la position de la redaction, l’auteur étant extérieur à RIA Novosti.

    *Jacques Sapir est un économiste français, il enseigne à l’EHESS-Paris et au Collège d’économie de Moscou (MSE-MGU). Spécialiste des problèmes de la transition en Russie, il est aussi un expert reconnu des problèmes financiers et commerciaux internationaux.Il est l’auteur de nombreux livres dont le plus récent est La Démondialisation (Paris, Le Seuil, 2011).

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  • Suite de l’information du « Monde » sur la Russie

    Tiens-tiens! Eléna Volochina, que j’ai traitée précédemment de poupée barbie post-soviétique, est apparue sur Canal+ avec un reportage sur Depardieu en Tchetchénie, totalement transformée – plus de barbie, plus de décoloration et de maquillage outranciers – Que faut-il en conclure sur le personnage de Mme Volochina? Yo no sé!

    Les deux derniers éditoriaux du « Monde » sur la Syrie sont une déploration sur le fait que la Russie n’a pas compris les attentes du « Monde », de Sarkozy-Juppé-Fabius-Hollande, à savoir l’expulsion d’Assad du pouvoir,  et continue à avoir une politique « incorrecte » – La situation syrienne est épouvantable – mais qui en est responsable? Il me semble que la Russie, dès le départ, avait une vue juste – forcer Assad et l’opposition, déjà disparate, mais encore cohérente, à négocier. Or on s’est ingénié chez les Sarkozy-Juppé-Fabius-Hollande à « exiger »  comme condition sine qua non le départ d’Assad qui a été élu par  une part importante des Syriens, puis à aider à l’armement des rebelles, avec l’aide des deux grandes démocraties amies le Qatar et l’Arabie Saoudite.

    C’est un fait remarquable que la gauche française, qui se veut un parangon des vertus républicaines, s’est retrouvé dans les dernières décennies parmi les va-t’en guerre – c’est sous Jospin que la France s’est engagée au Kossovo, et Mélanchon ou Noël Mamère, qui voulait faire envoyer des soldats à pied pour se battre contre les Serbes, ont bonne mine aujourd’hui de dire que Hollande est intervenu au Mali sans le feu vert de l’ONU – ah! les faux-culs. De même  la France de gauche s’est empressée de faire annuler les élections, démocratiquement organisées en Algérie, parce que c’était le parti islamiste qui les avait gagnées. C’est la démocratie à la carte! On a vu les résultats de toutes ses interventions guerrières, au nom de la démocratie, en Afghanistan, en Irak, en Syrie – on a l’impression que le nombre de morts violentes dépasse largement celui occasionné par les régimes combattus…