Catégorie : De la Russie

  • с больной головы на здоровую= lay one’s own fault at somebody else= andere etw. für sich ausbaden lassen

    Impayable « Le Monde » et infatigable dans la répétition ad nauseam des mêmes « analyses » sur la Russie, qui, pour le quotidien, se résument à l’action de Poutine, cent pour cent  nuisible pour son pays et pour le monde entier. « Le Monde » est une bonne  roue de transmission des politiciens les plus réactionnaires américains, avec à leur tête le sinistre McCain. Qui croira, malgré la massive information négative sur Poutine et la Russie, que la Russie est l’ennemi N° 1, comme le croient et le clament les McCain et consorts. Après Brillancon, voici maintenant M. Frachon qui est appelé à la rescousse pour accuser Poutine d’être la cause du désastre horrible de la Syrie d’aujourd’hui. Evidemment, il faut au « Monde » ne pas déplaire à leur surveillant, l’Afterphilosoph sur-médiatisé et trublionnesque, M. B.H. Lévy, qui, après le succès que l’on sait en Lybie,  avait ameuté à cor et à cris les autorités françaises et internationales pour intervenir militairement en Syrie, afin d’éliminer le président élu du pays, comme le demandait une opposition syrienne des plus disparates. Pour ne pas déplaire non plus à M. Lévy, Sarkozy-Juppé, suivis à la lettre par Hollande-Fabius, ont joués les tartarins en brandissant des menaces purement verbales contre le régime en place, en reconnaissant un « gouvernement » de l’opposition, dont on voit aujourd’hui la totale non-représentavité avec ses luttes internes sauvages , et surtout en exigeant dès le début l’élimination de Bachar El Assad – ce qui est une aberration et est la cause de la situation épouvantable d’aujourd’hui, car, nos politiques tartarins, n’ont pas su apprécier le caractère de guerre civile religieuse qu’est devenu le conflit. Ce n’est pas dédouaner les exactions de l’armée loyaliste que de constater que les rebelles ont fait des mises en scène de tortures et d’exécutions, et s’il y a bien eu usage du gaz sarin, on est loin de savoir par qui il a été employé (le fait qu’ il y ait eu des rebelles parmi les victimes, n’est pas une preuve suffisante). J’ai toujours en tête Timișoara qui m’avait traumatisé et qui m’a rendu méfiant à jamais à l’égard des images et des mises en scène en tant de guerre. Fabius n’est pas aussi sûr qu’il le dit coram populo, puisqu’il avait fanfaronné que si « la ligne rouge était franchi », la réponse était prête et serait « effroyable »…

    Pour les armes : la Russie a des rapports d’Etat à Etat avec la Syrie, elle a des intérêts dans le pays; elle a passé des contrats, en particulier de livraison d’armes. De quel droit devrait-elle s’immiscer dans la guerre civile syrienne et se faire le soutien d’une opposition dont on voit chaque jour qu’elle  a des visées totalement opposées quant à l’avenir politique de la Syrie? Heureusement que Medvédev et Poutine n’ ont a pas eu l’irresponsabilité autosuffisante de MM. Lévy, Fabius et consorts pour exiger que le président élu soit  éliminé par la rue, comme Kadhafi.

    En revanche, dès le début, les démocraties exemplaires que sont le Qatar et l’Arabie Saoudite, pays sunnites, ont fourni des armes aux rebelles pour une lutte sainte contre les chiites. « Le Monde »  a les yeux de Chimène pour le Qatar – son fric en impose! « Le Monde » préfère le Qatar à la Russie, pourquoi pas?  De même que les pays occidentaux ont une démocratie à la carte, « Le Monde » a des indignations et des dénonciations à la carte. Le cas Snowden est exemplaire. Le journal s’est contenté d’un article d’un inconnu pour dire qu’au fond, ce que Snowden a dévoilé était un secret de Polichinelle : on ne comprend pas alors la fureur des Américains et le trouble de beaucoup d’alliés des Etats-Unis, en particulier en Allemagne…Mais « Le Monde », lui, n’est pas troublé. Ce qui le trouble, c’est Poutine. A la suite des dames du « Monde », M. Frachon s’est lancé dans la psychologie, voire la psychanalyse, et s’est permis même de s’en prendre au physique du président russe : « un cou de taureau » dit notre La Bruyère aux petits pieds- moi, j’aurais plutôt parlé de rongeur ou de fouine, plus que de bovidé, mais on voit la hauteur des réflexions du « Monde » sur la Russie; j’ai parlé des « dames du « Monde », parce que celles-ci se sont signalées et se signalent encore par de telles descriptions physiques des personnalités : le bouillant Saakachvili; le grand blond aux yeux bleus -Navalny; la Chatte déchaînée aux lèvres pulpeuses etc.etc.

    Et puis, M. Frachon remplace ses propres analyses par le commentaire des commentaires de l’activiste Mandras qui a une grille de lecture de la réalité russe totalement fantasmatique, puisqu’elle pense que même s’il y a des choses positives en Russie, c’est avec la bénédiction du FSB. Mandras  ne cache pas également sa russophobie, en prenant à son compte l’idée que le peuple russe était apathique : ah! comme cela serait magnifique de voir en Russie une révolution et des désordres à la tunisienne, par exemple. Là , la chercheuse activiste du CNRS  boirait du petit lait! ( heureusement le CNRS a des chercheurs vraiment scientifiques, comme, par exemple, Nicolas Werth ou Marie-Hélène Mandrillon)

    Disciple de Mandras,  M. Frachon pense que son feuilleton est dangereux  et qu’en Russie il risquerait le goulag…Je croyais M. Frachon plus subtil…Il ne lit visiblement pas tout ce qui s’écrit en Russie, dans les journaux et sur internet. Cela ferait du monde au prétendu goulag! La prétendue nostalgie de Poutine à l’égard du passé soviétique est là encore un procès d’intention. D’ailleurs « Le Monde » en son temps n’était pas, loin de là, un contempteur de tout ce qui se faisait en URSS et avait même de la sympathie pour elle, et ce n’est pas grâce à lui que le régime soviétique est tombé. De là peut-être une déception amoureuse à l’égard de ce pays aujourd’hui, Poutine n’étant qu’un prétexte commode. « Le Monde » était de ceux qui, à la chute de l’URSS,  pensaient : « Staline – oui, c’était un monstre », mais Lénine, tout de même… »Le Monde » est le dernier à pouvoir reprocher à Poutine de se référer à certains moments positifs de l’Union Soviétique. Mais M. Frachon omet de dire que c’est Poutine qui a mis dans les programmes scolaires L’Archipel du Goulag de Soljénitsyne…

    Poutine et Natalia Soljénitsyna

    puto250

  • Poutine, Snowden, Assange

    « Ассанж, как и Сноуден, считают себя правозащитниками и заявляют, что борются за распространение информации. Задайте себе вопрос: нужно ли выдавать таких людей для посадки в тюрьму? В любом случае, я бы предпочитал не заниматься такими вопросами, потому что это все равно, что поросенка стричь — визга много, а шерсти мало», — сказал Путин.

  • Igor Markevitch – le compositeur et l’homme

    En hommage à Igor MARKEVITCH

    « Le Compositeur et l’Homme »

    par Jean-Claude MARCADÉ

    Préfacier  et organisateur d’un livre posthume du Maître

     LE TESTAMENT D’ICARE 

    Conférence donnée en 1985 à la Chapelle romane de

    SAINT-CÉZAIRE sur SIAGNE

     

     

    Voilà maintenant deux ans qu’Igor Markevitch nous a quittés, laissant derrière lui cinquante années au service de la musique. Remarqué par Alfred Cortot en 1925 alors qu’il n’avait que 13 ans, devenu son élève et celui de Nadia Boulanger à 14 ans, le voilà catapulté à 16 ans dans le sillage de Diaghilev qui lui commande en 1928 un concerto pour piano qui sera créé à Londres avec Igor Markevitch lui-même au piano le 15 juillet 1929.

    Pendant toutes les années trente, Igor Markevitch crée une série d’œuvres qui ont une audience mondiale et généralement saluées comme des étapes importantes de la musique, le compositeur étant crédité de génie.

    De ces œuvres créées entre 1929 et 1941, de 17 à 29 ans : le ballet « Cantate » sur un texte de Jean Cocteau, en 1930, suivi d’un « Concerto grosso », puis, en 1931, d’une « Partita pour clavier et orchestre » et d’un ballet « Rébus » pour Léonide Miassine. En 1932, encore un ballet, cette fois pour Serge Lifar, « L’Envol d’Icare » ; en 1933 le « Psaume » pour soprano et orchestre ; en 1935, l’oratorio « Le Paradis perdu » ; en 1937, le « Nouvel Age » ; et en 1940 la sinfonia concertante « Lorenzo il magnifico » sur des poèmes de Laurent de Médicis. Enfin, en 1941, les « Variations », « Fugue et envoi sur un thème de Haendel », la seule œuvre d’Igor Markevitch que l’on puisse trouver dans le commerce puisqu’elle a été enregistrée par le pianiste Fujii en 1982 et sur l’autre face « Stefan le poète » impressions d’enfance pour piano (1939) enregistré également par le pianiste Fujii.

    Ces « Variations » pour piano sont la dernière grande composition d’Igor Markevitch, qui cessa ainsi de composer à 29 ans.

    Après 1945, il se consacre à la direction d’orchestre, ce qui lui assurera une renommée mondiale, le mettant au nombre des grands interprètes de ce siècle. Cet aspect, je veux dire « Igor Markevitch, chef d’orchestre » est la pointe la plus connue, je dirai la plus évidente, de l’iceberg Markevitch. Il était le « Prince Igor », comme on aimait l’appeler se référant à la souveraine aisance de sa gestique où la sobriété et la précision le disputaient à une sensibilité d’une rare intensité. Entre mille, pensons à la restitution de la « Création » de Haydn, de « Daphnis et Chloé », du « Sacre du Printemps », voire de « La Vie pour le Tsar » de Glinka.

    Mais la gloire du chef d’orchestre a éclipsé l’œuvre du compositeur qui pourtant eut son heure de gloire et fut célébré comme un génie.

    Des musicologues comme Henri Prunières, Pierre Souvtchinsky ou Boris de Schloezer, des chefs d’orchestre comme Scherchen, Koussevitzky ou Karel Ancerl, des compositeurs comme Bela Bartok, Francis Poulenc, Florent Schmitt, Henri Sauguet, Darius Milhaud, Jacques Ibert, Dallapicola saluent l’apparition des œuvres du jeune Markevitch.

    Après l’audition d’ « Icare », Bela Bartok âgé alors de 52 ans écrit à Markevitch qui en a 22 : « Cher Monsieur, permettez à un collègue  qui n’a pas l’honneur de vous être connu, de vous remercier pour votre merveilleux « Icare ». J’ai nécessité du temps pour comprendre et apprécier toute la beauté de votre partition et je pense qu’il faudra beaucoup d’années pour qu’on l’apprécie. Je veux vous dire ma conviction qu’un jour on rendra justice avec sérieux à tout ce que vous apportez. Vous êtes la personnalité la plus frappante de la musique contemporaine et je me réjouis, Monsieur, de profiter de votre influence. Avec ma respectueuse admiration. Bela Bartok. »

    Henri Prunières, le fondateur en 1919 de la « Revue musicale », écrit en 1933, après la première audition de « L’Envol d’Icare » : « Ce qui m’a le plus frappé…, c’est moins son évidente originalité de forme que le dynamisme qui l’anime et la poésie dont il déborde. Pas de sentimentalité, aucune sensualité. Une musique nue, pure comme le diamant, qui reflète une sensibilité pudique mais interne. On est loin des jeux, des petits amusements, des déclamations. »

    Lors d’une exécution du « Psaume » à Florence, Dallapicola dira : « Le ‘Psaume’ fait partie de ces œuvres qu’on croit marginales jusqu’à ce qu’on s’aperçoive qu’elles se plaçaient au centre de leur temps. »

    Il est bien entendu trop tôt pour faire des bilans, des comparaisons d’influences. La musique de Markevitch doit faire pour cela partie de notre univers sonore, ce qui n’est pas encore le cas. Vous dire que je suis persuadé qu’Igor Markevitch avec une vingtaine de ses opus est un des grands compositeurs de notre siècle – n’est encore rien dire, car je puis être soupçonné de piété filiale et d’être ainsi aveuglé par mes sentiments affectifs. C’est pour cette raison que je m’effacerai le plus possible pour laisser parler les faits, les musicologues avertis et bien entendu, dans la mesure du temps imparti, la musique d’Igor Markevitch.[1]

    Le « Nouvel Age », créé le 21 janvier 1938 à Varsovie, me semble annoncer d’une certaine manière le climat du « Concerto pour orchestre » de Bartok qui est de 1943. Un même champ problématique sonore et rythmique frappe encore ma sensibilité musicale.

    Le « Nouvel Age » joué à Paris en 1938, sous la direction d’Hermann Scherchen, provoqua des articles indignés dont le plus outré revient à la plume de Lucien Rebatet dans l’Action française du 25 novembre 1938 où cette œuvre était traitée d’ « ignoble crachat », d’ « attaques épileptiques » : « Derrière ce vacarme obscène ou ce flasque étirement, il n’y a pas une idée perceptible ; rien qu’une impuissance qui serait presque pitoyable si elle était moins répugnante. J’ignore tout des origines de M. Markevitch, sauf qu’il vient de quelque Russie. Mais, pour le coup, en voilà un qui par le seul aspect de sa musique réunit toutes les probabilités du judaïsme. Quel sens attribuer à cette infâme bouillie, cette impudente frénésie sinon celui du sabbat juif, grimaçant et grinçant ? »

    Je voudrais maintenant vous parler de trois autres œuvres d’Igor Markevitch : le « Psaume », l’oratorio « Le Paradis perdu », enfin « Icare ».

    Nous verrons comment Markevitch le compositeur et Markevitch l’homme sont étroitement imbriqués, non pas du point de vue du déroulement anecdotique de la vie mais de cette confrontation entre les orientations essentielles de la musique et les vecteurs forts de la vie se dessine un premier portrait du créateur-Markevitch.

    Ce n’est pas une chose aisée de tracer un tel portrait, tant de facettes y chatoient : compositeur, chef d’orchestre, théoricien et pédagogue de la direction d’orchestre, écrivain et philosophe (ses  mémoires   Être et avoir été), musicologue[2], penseur[3]. Où est le vrai Igor Markevitch ?

    Lui-même s’étonnait que les autres lui donnassent plusieurs visages-personnalités, alors que lui se voyait intérieurement toujours le même.

    Or ce qui frappait les autres, c’était souvent le hiatus, parfois même l’abîme qui pouvait exister entre les « différents Igor Markevitch ».

    Dimension schizoïde d’un grand artiste. Cela explique qu’il ait pu passer sans transition du sublime à des colères disproportionnées avec leur objet ou à des actes frisant la mesquinerie. Cela explique aussi l’état de perpétuelle inquiétude dans lequel se trouvait ce novateur, novateur dans la création musicale et l’art de diriger.

    Le « Psaume » pour soprano et petit orchestre a été créé le 30 novembre 1933 avec l’Orchestre du Concertgebouw conduit par le jeune compositeur de 21 ans et chanté par Vera Janacopoulos, la musique écrite sur un texte français établi par Igor Markevitch à partie des psaumes 8, 9, 59, 102, 148 et 150.

    La beauté complexe de cette œuvre a été commentée diversement.

    Gabriel Marcel, après s’être plaint de la cacophonie fatigante du « Psaume », cette façon de rendre la musique paroxystique dans la ligne du « Sacre du Printemps », conclut : « Il n’y a pas, semble-t-il, de musique à laquelle le sens de la grâce ait été plus radicalement refusé. »

    A l’opposé, Florent Schmitt note la volonté du jeune compositeur de se débarrasser de toute couleur et brillance orchestrales.

    Et Henri Prunières de déclarer dans Le Temps du 15 mai 1934 qu’il ne s’agit pas de musique religieuse dans le sens traditionnel.

    Igor Markevitch fait dans  Être et avoir été  les remarques suivantes à ce propos : « Il y a lieu de dire ici mon étonnement de ce que le « Psaume » parût tourmenté, sans doute à cause de la nouveauté du langage. Aujourd’hui, le temps aidant, y prédominent l’exaltation peut-être, mais aussi la sérénité. Avec le recul, je vois cette œuvre m’ouvrir la voie, laquelle après de longs cheminements me conduirait un jour à un agnosticisme libérateur. C’est elle qui m’attacha à la signification du Paradis Perdu, avec l’apparition en l’homme de l’homme, sa mort relative symbolisée par la perte de son innocence, suivie de sa naissance réelle. J’ajoute que dans l’évolution que cette expérience ouvrit, je ne renierais jamais la métaphysique, cette plus haute des institutions humaines, sans laquelle l’énergie vitale n’aurait plus aucun sens. »[4]

    Le fait même d’avoir écrit le texte en français et non dans une des langues sacrées liturgiques, le fait de le donner dans la langue du pays où l’œuvre est jouée, indique à lui seul et souligne de façon exotérique ce que nous apercevons encore de la personnalité de Markevitch à travers le « Psaume » : sa dimension cosmopolite[5] – dimension cosmopolite qui rejoint le cosmopolitisme évident d’Igor Markevitch.

    Déjà sa généalogie comporte des Serbes, des Ukrainiens, des Russes, des Suédois.

    Russe et Ukrainien par la naissance, puis par une prise de conscience de plus en plus aigüe au fur et à mesure qu’il avançait dans la vie, Suisse d’adoption depuis l’âge de deux ans. Ce pays « fut un des lieux privilégiés de la formation intellectuelle, des amitiés fécondes avec Alfred Cortot, Elie Gagnebin, Charles Faller, Ramuz, le lieu des randonnées, de la vie quotidienne, des séjours bénéfiques après les fatigues des voyages à l’étranger. C’est en Suisse, à Corsier en particulier, qu’ont été écrites la plupart de ses œuvres principales » « Igor Markevitch et la taille de l’homme » programme du concert de Corsier 16 octobre 1982

    Italien aussi. Se retrouvant au moment de la guerre en Italie, profitant de l’amitié de l’historien de la Renaissance Bernard Berenson et concevant en 1940 une sinfonia concertante pour soprano et orchestre « Lorenzo il magnifico » sur des poèmes de Laurent de Médicis, participant à la résistance contre les fascistes et écrivant en 1943 en italien un « Hymne de la libération nationale », cette période se reflète bien dans son premier livre de mémoires « Made in Italy », Genève 1946

    Français d’élection enfin.

    Je me souviens encore du visage illuminé d’Igor pendant l’été 1982, quelques mois avant sa mort : il avait été reçu par le Président de la République François Mitterrand et avait obtenu, sans les formalités habituelles, la citoyenneté française.

    Je l’ai vu juste après cette réception, heureux comme un enfant qui a reçu un cadeau longtemps désiré. Toute sa personne était détendue et dans un état de grâce, ce qui était rare chez lui à cause de la multiplicité de ses occupations, préoccupations et soucis.

    Igor Markevitch a eu la capacité d’assimiler les diverses cultures européennes. En cela même, il est profondément russe, si l’on en croit Dostoïevski qui a développé à plusieurs reprises, dans son roman « L’Adolescent » et dans son célèbre discours de 1880 sur Pouchkine, l’idée selon laquelle le Russe était en Europe celui qui pouvait le mieux s’identifier aux différentes cultures européennes, tout en restant par là-même profondément russe. Être russe, selon Dostoïevski, c’est être pan-humain.

    Mais le statut particulier du Russe Igor Markevitch, par rapport, par exemple, à Igor Stravinsky, c’est qu’il est, comme l’a bien noté dès 1930 Darius Milhaud, à propos du « Concerto grosso », un Russe sans lien immédiat avec son pays. Il avait deux ans lorsque ses parents partirent de Russie et il n’y revint que dans les années 60.

    Cela pourrait expliquer, selon Milhaud, la sublime violence, l’explosion ininterrompue, l’émotionnalité ébouriffante de tel passage de sa musique. Alors que le trait distinctif du génie de Stravinsky jusqu’à l’opéra « Mavra », c’est-à-dire pendant toute l’époque diaghilevienne, aura été le rapport étroit au folklore russe.

    Avec Igor Malevitch, et je rapporte ici encore les propos de Darius Milhaud dans L’Europe du 13 février 1930, il s’agit d’une grande musique intemporelle, sans superficie, pittoresque, où l’instrumentation est d’une richesse incroyable.

    Je prendrai l’exemple de la collaboration de Ramuz avec Stravinsky et avec Markevitch : avec le premier – « L’Histoire du soldat », avec le second « La Taille de l’Homme ». Pour Stravinsky, Ramuz a puisé dans le trésor des contes populaires russiens et a écrit son texte de « L’Histoire du soldat ». Pour Markevitch, il compose un poème dont l’inspiration dépasse les sources folkloriques, dans une vision globale de la place de l’Homme dans l’Univers.

    C’est là le problème de toute l’œuvre d’Igor Markevitch et de la difficulté de sa réception. C’est là si l’on veut le côté négatif de son cosmopolitisme, car forte est la propension de la critique et du public à ranger dans des cadres connus.

    La musique d’Igor Markevitch n’appartient pas directement à l’Histoire de la Musique russe, même si elle n’aurait pas pu naître sans « Le Sacre du Printemps », même si elle assimile l’héritage de Scriabine. Elle n’appartient pas non plus de façon évidente à la musique française. On doit donc la recevoir telle qu’elle est, dans son intemporalité qu’il faut comprendre non comme un avatar de « l’art pour l’art », mais plutôt comme la création, à travers les structures offertes par l’époque contemporaine, d’un tissu musical « ivre du mystère, trouant les nuages de l’esprit et de la musique », selon l’expression d’Hermann Scherchen.

    Le critique Léon Kochnitzky a été certainement injuste lorsqu’il écrivit dans Marianne le 27 juillet 1938 que la musique de Markevitch était un contrepoint de thèmes que la jeunesse de notre époque a établis, sans différence de race, de nation et de classe.

    « La Paradis perdu » est un oratorio en deux parties pour soprano, mezzo-soprano, ténor, chœur mixte et orchestre, créé à Londres en 1935 par l’Orchestre et le Chœur de la BBC sous la direction du compositeur.

    Le texte avait été écrit par Igor Markevitch d’après Milton. Il s’agit d’une œuvre capitale extraordinairement belle et stricte, inexorable et parfois inhumaine, selon Darius Milhaud dans Le Jour du 26 décembre 1935 qui parle d’un climat proche des gamelans, les orchestres de Bali et de Java et des psalmodies extrême-orientales.

    La musique extrême-orientale avait intéressé Debussy lors de l’Exposition Universelle de 1889 où il avait visité le Théâtre annamite.

    Paris eut son Exposition coloniale internationale en 1931 où des « spectacles exotiques » faisaient connaître le Théâtre annamite, les musiques et les danses du Cambodge, de Thaïlande et de Bali et elle semble aussi avoir eu un écho dans la musique d’Igor Markevitch dès « L’Envol d’Icare ».

    « Le Paradis Perdu » nous révèle tout un pan de l’Homme Markevitch, son écartèlement entre la culture chrétienne dont les fruits magnifiques lui paraissent empoisonnés et l’annonce d’une genèse de l’homme, d’un nouvel humanisme qui, pour autant qu’il nie la spiritualité chrétienne, ne se détourne nullement des Forces métaphysiques qui agissent sur l’Univers.

    Se défendant de tout mysticisme de type chrétien, Igor Markevitch n’a cessé, à la suite de Schopenhauer, de voir dans la musique « une métaphysique sensible ».

    Dans son « Introduction au Paradis Perdu »[6], il formule cela ainsi : « Se développant lui-même dans le temps qui passe, l’art de la musique est capable de nous livrer au grand jour, avec son connu divin, un morceau de cet éternel présent que j’ai appelé une seconde dimension du temps, d’être en d’autres termes, « une vérité faite de sons ». « Métaphysique sensible », autrement dit « vérité faite sons », était-ce là une impasse expliquant l’arrêt de la création musicale, comme on l’a avancé ?[7] Peut-être.

    Igor Markevitch avait nettement le sentiment que mille ans de musique venaient à leur fin et que ce qui venait à la suite et s’appelait « musique » était autre chose que cette « métaphysique sensible ».

    On peut se demander si Igor Markevitch a vu juste et en débattre un jour.

    En tout cas, nous devons constater qu’aucune nécessité intérieure ne l’a poussé à créer.

    « Icare », sans doute la plus célèbre œuvre d’Igor Markevitch, a été d’abord conçue comme un ballet destiné à Serge Lifar et portant le titre « L’Envol d’Icare ». Cette version fut créée le 26 juin 1933 à la Salle Gaveau par l’Orchestre symphonique de Paris sous la direction de Roger Desormière. Puis, en 1943, Markevitch recomposa cette œuvre et lui donnera son aspect définitif. Il s’est non seulement identifié au mythe d’Icare tel que la Grèce nous l’a transmis, mais il en a fait son propre mythe au point de vouloir appeler le dernier livre qu’il ait livré à la postérité et que nous avons fabriqué ensemble  Le Testament d’Icare .

    Comme la musique de Markevitch, ce livre ne peut s’assimiler qu’avec le temps. Il est comme un contrepoint de l’œuvre musicale, voire son filigrane.

    Markevitch-Icare, c’est à la fois l’envol, l’enthousiasme, l’arrachement à la terre, la plongée dans le mystère du monde, c’est aussi l’audace de celui qui vainc toutes les pesanteurs terrestres, donc un transgresseur de l’humanité moyenne. Mais corollairement au « couronnement de l’expérience » que représente l’aventure d’Icare, il y a la mort, mais, dans la volonté consciente de Markevitch, cette mort n’est pas un moment négatif, une défaite ; chez lui il n’y a pas chute comme dans la tradition grecque. L’exemple le plus frappant de cette tradition dans la pensée européenne est « La Chute d’Icare » de Breughel où Icare est même ridiculisé.

    Markevitch écrit : « Dans ‘Icare’ on retrouve quelque part ses ailes, comme les restes d’un serpent qui a fait peau neuve. Ce sont les signes de renouveau. »[8].

    Icare est comme « le papillon amoureux de la lumière » qui « vient se consumer sans la flamme de la chandelle ». Markevitch cite encore la Goethe de « La Nostalgie bienheureuse » : « Tant que tu n’auras pas compris ce ‘Meurs et Deviens’, tu ne seras qu’un hôte obscur sur la terre ténébreuse ».

    Dans « Faust », « la victoire naît d’une défaite où l’orgueil abdique devant notre faculté productrice, symbolisée par l’Eternel Féminin. Alors nous pouvons dominer notre existence en contribuant au travail du monde sur nous, c’est-à-dire nous intégrer à un Tout qui nous enrichit par sa grandeur ».

    « Icare », c’est donc, d’une certaine façon, selon la volonté créatrice de son auteur, une autre façon de dire « Mort et Transfiguration ». Mais comme dans  toute grande œuvre, il y a ce qui échappe à la conscience même de son auteur, ce qui apparaît comme y étant celé et scellé, ne se découvrant que peu à peu et jamais de toute façon entièrement. Dans ce sens « Icare » dissimule peut-être la clef d’un secret markevitchien. Le Maître a-t-il cessé de composer parce qu’il avait brûlé trop vite ?

    Icare, c’est aussi le mythe de la brûlure. Et le vocabulaire courant nous offre bien des images de cette consumation.

    Dès 1936, le sentiment de la critique, à la fois étonnée et agacée, est qu’Igor Markevitch a déjà écrit ses chefs-d’œuvre et a découvert dès les premières œuvres un nouveau monde sonore. Il serait vain, à mon avis, de spéculer sur l’arrêt de la création chez Markevitch : qu’il s’agisse d’un tarissement parce que l’essentiel à dire avait été dit, qu’il s’agisse d’un refus de subir jusqu’au bout la condition d’artiste, à la merci d’un mécénat en voie de disparition ou d’une nouvelle orientation de la musique non acceptée, peu importe. Nous devons prendre tel quel le fait que le compositeur Markevitch ait voulu dire à un moment donné, autrement que par l’écriture musicale, la musique. Il faut lever les obstacles qui empêchent encore que cette œuvre musicale totalement originale soit jouée et enregistrée.

    Malheureusement Markevitch a su se créer dans le milieu musical de nombreuses inimitiés. Autant sa vie est jalonnée de grandes amitiés, autant elle est parsemée de litiges, de contentieux, d’ « affaires ». Igor Markevitch a lui-même écrit, lorsqu’il relate la façon grossière dont il avait traité le compositeur Vittorio Rieti : « Quelques mufleries de ce genre entachent malheureusement une vie ». Les meilleures formations, les meilleurs solistes et les meilleurs chefs devront comprendre l’importance de la musique de Markevitch : « On n’a pas toujours Birgit Nilsson comme soliste ».[9]

    Igor Markevitch aussi a relativement peu travaillé à mettre en valeur son œuvre : orgueil non dissimulé, tout pénétré de vieille tradition noble selon laquelle l’homme sait ce qu’il se doit … et ce qu’on lui doit : « On s’étonna dans mon entourage du peu de hâte que je montrais pour faire jouer ma musique. Je me disais pour « Icare » ce que je me suis dit plus tard pour l’ensemble de mon œuvre : si elle a de la valeur, elle peut attendre, et si elle ne peut attendre, il est inutile qu’on la joue. »[10]

    La précocité non plus d’Igor Markevitch n’a pas joué en sa faveur. Si, en effet, beaucoup de contemporains, parmi les meilleurs esprits et les meilleurs connaisseurs ont crié au génie, il y a eu parallèlement tout un courant qui a été agacé par cette trop impudente précocité et l’ont trouvée suspecte. Stravinsky n’a-t-il pas dit du jeune compositeur qu’il « n’était pas un Wunderkind, mais un Altklug ». Ce dernier mot étant péjoratif en allemand et équivalent à peu près à « malin comme un singe ».[11] Un critique trouve que « cette bizarre maturité est périlleuse. Où est la fraîcheur juvénile, l’eau de source agreste qui permet de tenter un long voyage, de s’abreuver, de se renouveler ? »

    Cela tient de ce que j’appelle la mythologie de la création qui pense qu’il y a des modèles… Pourrait-on arriver à débarrasser notre réception des œuvres de toutes les considérations adjacentes, en particulier des spéculations sur la « précocité suspecte » ou sur l’arrêt de la production. Sommes-nous capables de juger une œuvre telle quelle ? C’est à ce défi que nous appelle l’œuvre musicale de Markevitch.

    Enfin, dans le passage uniquement orchestral de « Laurent le Magnifique », Contemplation de la Beauté, plus qu’ailleurs on sent combien la fonction de la musique n’est pas d’imiter la réalité : « Il ne s’agit aucunement pour la musique d’imiter la réalité ».[12]

    Ce passage dit, plus que toute parole, le site, la hauteur visitée un jour par Igor Markevitch.

    Dans ce site où, du temps de Laurent de Médicis, a séjourné le néo-platonisme de Marsile Ficin, le rythme se fait harmonie céleste et nous permet d’entendre le silence.

     

     

    Jean-Claude Marcadé

    1985  –  Saint-Cézaire  –  Bordeaux


    [1] « Bien entendu » ici dans ce n°, nous avons pensé devoir ne pas reproduire les passages de la conférence où Jean-Claude Marcadé annonçait et commentait les extraits des œuvres des œuvres du Maître enregistrées qu’il nous a donnés à entendre.

    [2] Edition encyclopédique des symphonies de Beethoven

    [3] Le livre de pensées et aphorismes que nous avons fait ensemble  Le Testament d’Icare , mais aussi dans le flux du quotidien : amant, époux, père, ami, maître de maison, seigneur ou despote

    [4] P. 301

    [5] Et je ne dis pas, intentionnellement, « universaliste », ce serait une redondance car toute œuvre d’art authentique est bien « universaliste

    [6] Musica Viva, avril 1938

    [7] Claude Tannery in Libération 1/IV 1983

    [8] « Être et avoir été » p. 236

    [9] Citations de « Etre et avoir été », p.292, p.300

    [10] O.C. p.250

    [11] Vera Stravinsky, Robert Craft,  « Stravinsky in pictures and Documents « , London 1979, p.166

    [12] O.C. p.301

  • les racines ukrainiennes de Gogol

     

    14 лютого 2013

    Профессор В.Н.Перетц « Гоголь и малорусская литературная традиция »

    Из сборника «Н. В. Гоголь. Речи, посвящённые его памяти». Опубл.: 1902

    Гоголь и малорусская литературная традиція.

     

    Окидывая бѣглымъ взглядомъ судьбы нашей литературы за послѣднія сто-полтораста лѣтъ, мы поражаемся ея быстрымъ и могучимъ разцвѣтомъ.

    Не прошло столѣтія съ того времени, какъ мы пріобщились къ европейской литературной жизни — и на нашемъ горизонтѣ появились два крупнѣйшихъ и еще не превзойденныхъ художника слова — Пушкинъ и Гоголь.

    Послѣдній, разсматриваемый въ отдаленіи полувѣка, на общемъ фонѣ развитія русской литературы представляетъ собою явленіе поразительное.

    Чѣмъ былъ до Гоголя русскій романъ, русская повѣсть? Зародясь въ XVII вѣкѣ по образцу переводной, сильно окрашенная мистическимъ настроеніемъ создавшей ее среды и лишь въ слабой степени приближаясь къ реальному воспроизведенію явленій жизни, — эта повѣсть, не успѣвъ окрѣпнуть, тонетъ въ необозримомъ морѣ переводныхъ романовъ XVIII столѣтія. Со второй половины его, въ подражательномъ романѣ Эмина и другихъ появляются живые звуки, напоминающіе наше родное, видны живыя краски современной дѣйствительности, думы и чувства лучшихъ русскихъ людей. Но все это было отрывочно, случайно.

    Нѣсколько позже безконечная вереница повѣстей, послѣдовавшая за извѣстными опытами въ этомъ родѣ Карамзина, — не оставила намъ ни одного сколько-нибудь замѣчательнаго произведенія, способнаго пережить послѣдующее столѣтіе. Повѣсти Греча, Булгарина, Полевого и менѣе извѣстныхъ авторовъ — постигло забвеніе, лишь, изрѣдка нарушаемое трудолюбивыми разысканіями историковъ литературы.

    И только немеркнущимъ свѣтомъ, какъ лучезарныя звѣзды сіяютъ и весело-привѣтно свѣтятъ намъ изъ далекаго прошлаго немудреные разсказы пасичника Рудаго Панька, изъ хутора близъ Диканьки. Ихъ не затмили шедевры, вылившіеся съ пера цѣлой плеяды талантливыхъ писателей, — и до сихъ поръ мы перечитываемъ повѣсти Гоголя, какъ нѣчто живое, свѣжее; и это чтеніе, отрывая насъ отъ безотрадныхъ порою думъ и мелочей кипящей вокругъ жизни, даетъ намъ чистое эстетическое наслажденіе.

    Гдѣ, и въ чемъ тайна этого явленія? Гдѣ источникъ того очарованія, которое испытали всѣ мы въ дѣтствѣ и ранней юности, переносясь вмѣстѣ съ Гоголемъ въ его благодатную Украйну, — и сохранили это очарованіе на много лѣтъ?…

    Обратившись за разрѣшеніемъ этого вопроса къ критикѣ, современной Гоголю и позднѣйшей, мы не найдемъ разгадки его очарованія. Мало того, мы встрѣтимъ рядъ изумительно противорѣчивыхъ сужденій. Авторитетный въ свое время Н.А.Полевой одобрительно отозвался о первыхъ повѣстяхъ Гоголя, но затѣмъ измѣнилъ тонъ и первый провозгласилъ, что «Гоголя захвалили». Знаменитый острословъ своего времени, баронъ Брамбеусъ-Сенковскій, говорилъ объ авторѣ «Тараса Бульбы», «Старосвѣтскихъ помѣщиковъ» и пр. — что «у него нѣтъ чувства», что онъ употребляетъ выраженія низкія, грязныя, а по содержанію — его повѣсти ниже романовъ…. Поль-де-Кока.

    Ученый критикъ, также нынѣ забытый, какъ и Сенковскій — проф. С.Шевыревъ отмѣтилъ только, что Гоголь имѣетъ чудный даръ схватывать безсмыслицу въ жизни человѣка, но не нашелъ въ его повѣстяхъ ничего, кромѣ смѣшного и забавнаго. Все глубоко-грустное, трогательное, патетическое — прошло мимо его вниманія….

    Это странное непониманіе Гоголя можно, кажется намъ, объяснить только однимъ: по природѣ своего духа и творчества онъ былъ чуждъ великорусской литературѣ. Онъ, какъ показываетъ анализъ его первыхъ повѣстей, скорѣе является въ нихъ художникомъ-завершителемъ предыдущаго періода развитія малорусской литературы, нежели начинателемъ новой, общерусской.

    Но едва ли не самымъ суровымъ и…. несправедливымъ судьей Гоголя оказался его землякъ, П.Кулишъ. Сначала поддавшись непосредственному вліянію художественнаго творчества нашего великаго писателя, Кулишъ выступилъ затѣмъ съ придирчивой критикой деталей, пытаясь его развѣнчать. Соглашаясь, что въ украинскихъ повѣстяхъ «чувствуется общій поэтическій тонъ Украйны», Кулишъ, однако, настаиваетъ на томъ, что онѣ мало заключаютъ въ себѣ исторической и этнографической истины и, подвергая анализу Сорочинскую ярмарку, выводитъ заключеніе, что Гоголь не зналъ народныхъ обычаевъ.

    Но имѣютъ ли въ художественномъ произведеніи значеніе такія мелочи, какъ мѣстныя детали свадебнаго ритуала, которыхъ нельзя обойти въ житейской обстановкѣ? Мы и не ищемъ въ повѣстяхъ Гоголя этнографическихъ изслѣдованій: пусть будетъ правдой только одно изъ сказаннаго съ укоризной Кулишомъ: «украинскія повѣсти Гоголя не болѣе какъ радужныя грезы поэта о родинѣ», и если это такъ — мы будемъ довольны.

    Критика Кулиша была опровергнута до мелочей Максимовичемъ, и теперь, много лѣтъ спустя послѣ этого спора, съ развитіемъ и расширеніемъ въ новыя, неизслѣдованныя тогда области историко-литературныхъ изученій — постепенно, ярче и ярче выясняется связь творчества Гоголя съ цѣлымъ рядомъ предшествующихъ поколѣній малорусскихъ писателей и глубоко лежащая историческая основа его.

    Кулишъ обвинялъ Гоголя въ незнаніи условій жизни малорусскаго народа; въ томъ, что если онъ и наблюдалъ её — то лишь «съ панскаго крыльца». Но все: факты изъ жизни великаго писателя, его воспитаніе, наконецъ его переписка — опровергаютъ это обвиненіе.

    Дѣйствительно ли Гоголь могъ остаться, такъ чуждымъ народной жизни, какъ полагалъ Кулишъ?

    Семья Гоголя — была «средней руки малорусская панская семья, вышедшая изъ родовъ казачьей старшины и духовенства, по своему прошлому и настоящему скорѣе буржуазная, чѣмъ аристократическая», какъ мѣтко охарактеризовалъ её новѣйшій біографъ Гоголя[1].

    Литературныя и общественныя движенія Европы въ концѣ XVIII ст. не затронули этой среды; мирно прозябая въ своемъ углу, не зная ни вольтеріанскаго вольнодумства, ни масонскаго исканія правды, не производя общественныхъ дѣятелей въ родѣ Новикова или Радищева, — эта среда мирно покоилась почти до половины XIX столѣтія въ объятіяхъ старой семинарской образованности, завѣщанной XVII-мъ вѣкомъ. Въ такой средѣ вѣрно и свято чтутся и хранятся старыя традиціи, въ томъ числѣ и — литературныя. Остановимся на нихъ.

    Одинъ изъ предковъ Гоголя, Танскій былъ извѣстенъ, какъ авторъ интерлюдій и пользовался славой Мольера у современниковъ. Этотъ родъ литературныхъ произведеній былъ любимымъ и популярнымъ въ Малороссіи. Онъ перешелъ и въ кукольный театръ — въ вертепное представленіе, даваемое кое-гдѣ и донынѣ на праздникъ Рождества Христова. Школьная драма не обходилась безъ интерлюдій. Въ нихъ выводились на сцену лица изъ простонародья и, что особенно важно — говорили не на литературномъ славянороссійскомъ языкѣ, а на простонародномъ, малорусскомъ, понятномъ всѣмъ слушателямъ.

    Любимыми типами въ интерлюдіяхъ были: простоватый мужикъ, въ родѣ Солопія Черевика изъ «Сорочинской ярмарки»; школьникъ-семинаристъ, по малорусски дякъ или, какъ шутливо именовали его авторы сатиръ — «пиворѣзъ»; отбившись отъ школы за великовозрастіемъ, онъ увлекается предметами, чуждыми строгой духовной наукѣ: ухаживаетъ и за торговками, и за паннами, пьянствуетъ и для добыванія средствъ къ существованію поетъ канты и псалмы подъ окнами, пускается на рискованныя аферы. Онъ не прочь порою подшутить надъ неписьме́ннымъ крестьяниномъ, продѣлывая надъ нимъ неблаговидныя шутки: объявивъ себя живописцемъ и взявшись нависать портретъ, онъ вымазываетъ простака сажей.

    Въ интерлюдіяхъ разныхъ авторовъ появляются на сцену хвастливый и легкомысленный польскій шляхтичъ, въ родѣ изображеннаго въ «Тарасѣ Бульбѣ», очень смѣлый, но быстро теряющій свою смѣлость при появленіи козака-запорожца; хитрый еврей-шинкарь, прототипъ изворотливаго Янкеля; цыгане, казаки, наконецъ цѣлый сонмъ разной чертовщины — вотъ любимые персонажи малорусскихъ интерлюдій XVIII вѣка.

    Эти типы стали постоянными: они повторяются и у Довгалевскаго, и у Конисскаго, и у Некрашевича и наконецъ — на порогѣ XIX ст. и новой украинской литературы — у Гоголя-отца и Котляревскаго. Дьякъ Ѳома Григорьевичъ — Гоголя-отца, Финтикъ — Котляревскаго въ сущности тотъ же переодѣтый дякъ-пиворѣзъ, прямой потомокъ глуповатыхъ, прожорливыхъ и сластолюбивыхъ героевъ старинной интерлюдіи. Этотъ же типъ повторилъ и Нарѣжный въ своемъ романѣ «Бурсакъ».

    У нашего великаго писателя характеристика тѣхъ же типовъ осталась традиціонной; измѣнились только формы произведеній, въ которыхъ они выводятся: Гоголь воспользовался народными типами — не въ комедіяхъ, а въ повѣстяхъ. Кто не смѣялся чистымъ, здоровымъ смѣхомъ, читая о похожденіяхъ богослова Халявы и мудраго философа Хомы Брута, крадущаго въ критическій моментъ рыбу изъ кармана зазѣвавшагося товарища, или — послѣ сильныхъ ощущеній пережитыхъ при встрѣчѣ съ вѣдьмою — мирно отправляющагося искать утѣшенія и подкрѣпленія силъ у знакомой вдовы. Вспомнимъ Андрія, сына Тараса, и его похожденія въ Кіевѣ съ дочерью воеводы.

    Казакъ-запорожецъ, безъ просвѣту тянущій горилку, но когда нужно — бодро выступающій на защиту вѣры и національности, отлился въ народной пѣснѣ и интерлюдіи въ сходныхъ чертахъ, соединяя въ себѣ и высокое — и комическое. Въ тѣхъ же чертахъ изображаетъ его Гоголь, слѣдуя живому еще въ его время народному преданію.

    Кромѣ этихъ мужскихъ типовъ, остановимся на часто встрѣчающемся у Гоголя женскомъ типѣ бойкой, рѣзкой на языкъ бабы — каковой является хотя бы Хивря въ «Сорочинской ярмаркѣ», или Солоха въ «Ночи подъ Рождество». Этотъ типъ находимъ въ массѣ народныхъ сказокъ и анекдотовъ, не всегда русскаго происхожденія, а заимствованныхъ изъ переведенныхъ еще въ XVII в. съ польскаго повѣстяхъ и жартахъ.

    Но не одни только юмористическіе типы Гоголя совпадаютъ съ установившимися типами украинской литературы и народной словесности. Мы видимъ и другія лица, обрисованные инымъ размахомъ, иными красками. Трогательный типъ матери-казачки, воспѣтой въ рядѣ думъ и пѣсенъ, воспроизведенъ Гоголемъ въ лицѣ матери Остапа и Андрія.

    Одинъ изъ критиковъ объяснялъ высоко-патетическое настроеніе всей повѣсти «Тарасъ Бульба» болѣзненною приподнятостью нервовъ, природной склонностью къ аффектаціи и риторизму, присущей Гоголю. Нѣтъ спора, въ раннихъ письмахъ Гоголя проявляются очень замѣтно эти черты его стиля. Но не забудемъ стиля и настроенія тѣхъ несомнѣнныхъ источниковъ, изъ которыхъ создался Тарасъ — и мы поймемъ, откуда взялся высоко-патетическій тонъ разсказа, самые герои и ихъ подвиги.

    Гоголь живо интересовался народностью и, тоскуя въ Петербургѣ по родинѣ, почти во всѣхъ письмахъ къ матери, сестрѣ, знакомымъ, вплоть до появленія «Ревизора», повторялъ просьбы о присылкѣ ему старинныхъ пѣсенъ, преданій, повѣрій, даже костюмовъ народныхъ.

    Безъ сомнѣнія, не разъ въ дѣтствѣ и самъ слышалъ онъ думы кобзарей — и о Самойлѣ Кишкѣ и о Марусѣ Богуславкѣ, о трехъ братьяхъ, бѣжавшихъ изъ Азова, и цѣлый рядъ другихъ думъ, обрисовывающихъ вѣкъ борьбы славнаго лыцарства запорожскаго за вѣру и народность. Живы были у всѣхъ въ памяти и пѣсни о недавно минувшихъ гайдамацкихъ войнахъ.

    Гоголь, будучи ученикомъ Нѣжинскаго Лицея, любилъ бродить по базару; — и до сихъ поръ рѣдкій базаръ, ярмарка въ Малороссіи обходятся безъ пѣнія старцевъ, трогающаго подъ-часъ и самую загрубѣлую, черствую душу. Да и въ усадьбу Гоголей не разъ, вѣроятно, заходили кобзари и лирники потѣшить пановъ и получить себѣ подачку на пропитаніе.

    Вотъ тотъ источникъ, изъ котораго объясняется многое въ «Тарасѣ Бульба» и «Страшной мести».

    Малорусскія думы, слѣды которыхъ восходятъ до XVI вѣка, сложились, относительно формы, подъ вліяніемъ школьной литературы. И, если эта литература была блѣдна, давала мало живыхъ отраженій народнаго настроенія и внутренней жизни, то въ думахъ, наоборотъ, мы находимъ почти полную исторію героической и многострадальной Украйны XVI—XVIII вѣковъ, какъ она отразилась въ народномъ пониманіи и прошла сквозь призму его поэтическаго творчества. И Гоголь это глубоко чувствовалъ. «Всѣ думы и особенно повѣсти бандуристовъ ослѣпительно хороши», пишетъ онъ И. И. Срезневскому[2]. «Я къ нашимъ лѣтописямъ охладѣлъ, напрасно силясь въ нихъ отыскать то, что̀ хотѣлъ бы отыскать»… «Я недоволенъ польскими историками, они очень мало говорятъ объ этихъ (казацкихъ) подвигахъ… И потому-то каждый звукъ пѣсни мнѣ говоритъ живѣе о протекшемъ, нежели наши вялыя и короткія лѣтописи…

    Во многихъ мѣстахъ своего «Тараса Бульбы» и другихъ повѣстяхъ Гоголь пользуется почти буквально народнымъ преданіемъ и думами, которыя передаетъ съ незначительной перефразировкой. Пособіемъ здѣсь служили ему сначала память, опиравшаяся на записи родныхъ, а позже — изданія Срезневскаго и Максимовича.

    Упомянемъ еще, что въ основаніи разсказа «Ночь подъ Рождество» лежитъ легенда о благочестивомъ кузнецѣ-живописцѣ, извѣстная всей средневѣковой Европѣ и задолго до Гоголя ставшая народной въ Малороссіи.

    Но не одно это обстоятельство связываетъ Гоголя съ малорусской литературой. Какъ отецъ его имѣлъ предшественниковъ въ лицѣ Котляревскаго и авторовъ интерлюдій, такъ и Ник. Вас. въ значительной степени связанъ съ своими предшественниками: съ Квиткой — относительно «Ревизора» и съ Нарѣжнымъ — въ повѣстяхъ. Не мѣсто разбирать здѣсь, въ какой мѣрѣ «Пріѣзжій изъ столицы» Квитки отразился въ «Ревизорѣ», и что̀ могъ дать «Бурсакъ» и «Два Ивана» для повѣстей «Вій» и «О томъ, какъ поссорился Иванъ Ивановичъ съ Иваномъ Никифоровичемъ», Гоголя.

    Для насъ важно вовсе не то, могъ ли въ данномъ случаѣ Гоголь подражать, или творилъ самостоятельно. Исторія литературы давно уже показала намъ, что и въ произведеніяхъ великихъ художниковъ наблюдаются часто безсознательныя повторенія и заимствованія. Писатель всегда зависитъ отъ своихъ предшественниковъ, что̀ было уже указано относительно Пушкина. Да и самъ Гоголь не скрывалъ источника своихъ сюжетовъ: два изъ нихъ даны ему Пушкинымъ. Такъ поэтъ захватываетъ частицы сдѣланнаго до него и часто изъ обломковъ воспринятыхъ впечатлѣній — строитъ по новому плану зданіи своего творчества.

    Относительно Гоголя вѣрнѣе всего, кажется намъ, объяснять совпаденіе его съ Квиткой и Нарѣжнымъ общностью источниковъ: анекдотовъ, данныхъ народнаго быта, народныхъ преданій и — той литературной традиціей, которая шла, не прерываясь отъ первыхъ годовъ возникновенія малорусской литературы, въ стѣнахъ школъ XVI вѣка, вплоть до выступленія     на    литературное поприще Гоголя.

    Я не буду утомлять ваше вниманіе, м. гг., подробнымъ исчисленіемъ звеньевъ, связывающихъ творчество Гоголя съ народнымъ. Тоскуя вдали отъ родины, онъ, какъ легендарный Антей, коснулся родной земли, и она наградила его неистощимымъ запасомъ творческой силы. Мечты о родинѣ вдохновили тоскующаго поэта и помогли ему перенестись мыслью изъ непривычной обстановки непривѣтливаго сѣраго города въ свободную ширь родныхъ степей, подъ лучи жаркаго, яснаго солнца Украйны, и здѣсь, отозвавшись на звукъ народной думы, преданія, наивнаго повѣрья, онъ въ стройномъ художественномъ синтезѣ объединяетъ и отражаетъ то, что̀, не одухотворенное геніальнымъ творческимъ одушевленіемъ, давно уже росло и развивалось, ожидая своего объединителя и творца.

    В. Перетцъ.

    Примѣчанія.

    1.  Н. Коробка, Ж. М. Н. Пр. 1902, февр.
    2.  Письма, изд. Шенрока, I, 278.

    Использована работа Марка Шагала « Гоголю от Шагала », 1917


    RSS 2.0 contacts home
  • 400 faux tableaux – surtout d’artistes de l’ « avant-garde russe »

    Mittwoch, 19. Juni 2013
    HERAUSGEGEBEN VON WERNER D’INKA, BERTHOLD KOHLER, GÜNTHER NONNENMACHER, FRANK SCHIRRMACHER, HOLGER STELTZNER
    Anzeige

    KunstfälscherringVierhundert falsche Bilder und eine Razzia

    13.06.2013 ·  In mehreren deutschen Städten wurden in den vergangenen Tagen Razzien in Galerien, Wohnungen und Lagerhäusern durchgeführt. Ein internationaler Kunstfälscherring kam zum Vorschein. Wer steckt dahinter?

    Von NIKLAS MAAK

    Kunstfälscherring

    © WONGE BERGMANNSchön, aber vermutlich nicht echt: Eines der rund vierhundert beschlagnahmten Bilder soll ein Malewitsch sein.

    Seit dem Fall des Kunstfälschers Wolfgang Beltracchi ist man einiges gewöhnt, aber einen derart massiven Aufmarsch der Polizei gegen Kunstfälscher wie jetzt hat es noch nicht gegeben: Bei Einsätzen, die vorgestern und gestern in mehreren deutschen Städten stattfanden, durchsuchten mehr als hundert Beamte des Bundeskriminalamts insgesamt achtundzwanzig Wohnungen, Lager, Büros und Galerien in Wiesbaden, Mainz, Stuttgart, München, Hamburg und Köln. Gleichzeitig fanden Durchsuchungen in Israel und der Schweiz statt. In Wiesbaden wurden zwei Personen im Alter von siebenundsechzig und einundvierzig Jahren verhaftet. Es handelt sich um einen Deutsch-Tunesier und einen Israeli, teilte das Bundeskriminalamt im Gespräch mit dieser Zeitung mit.

    Weitere Tatverdächtige stammen aus Russland. Ihnen wird vorgeworfen, Mitglieder eines internationalen Fälscherrings zu sein, der über Jahre Gemälde der russischen Avantgarde – darunter Arbeiten von Natalia Gontscharowa, Malewitsch, Kandinsky, Jawlensky und Larionow – verkauft haben soll, vor allem an private Sammler. Die Arbeiten sollen vor allem anlässlich von Galerieausstellungen, aber auch in Auktionen gehandelt worden sein. Die Rede ist von insgesamt vierhundert gefälschten Werken, die für vier- bis siebenstellige Summen verkauft wurden. Allein die jetzt Verhafteten sollen in den vergangenen zwei Jahren gefälschte Gemälde im Wert von mehr als zwei Millionen Euro an deutsche und spanische Händler und Sammler verkauft haben.

    Omertà in der Kunstwelt

    Man hatte sich schon gewundert, dass nach dem großen Fälschungsskandal um Wolfgang Beltracchi und seine Komplizen auf dem Kunstmarkt wieder alles so zu laufen schien wie immer: Die Auktionshäuser meldeten Rekorde, der Handel schien die Krise, in die der brillante Fälscher sie gestürzt hatte, selig vergessen zu haben.

    Man wandert zwar mit geschärftem Blick über Messen und durch Museen. Man steht im Pariser Musée Marmottan in der schönen Ausstellung mit Werken von Marie Laurencin und staunt über das Porträt eines Mannes, der mit einem für das Jahr 1913 unüblich weit aufstehendem Hemd so hippiesk elegant an der Wand lehnt, dass man es, wenn es nicht offiziell Nils von Dardel darstellte, glatt für das Selbstporträt des jungen Wolfgang Beltracchi halten könnte, der dem Werk von Marie Laurencin ja bereits einige sehr schöne postume Neuzugänge verschafft hatte. Neben dem Dardel-Porträt hängt ein Schild, das die Provenienz des Werks als ehemals „Galerie Alfred Flechtheim, Berlin-Düsseldorf“ ausweist. Anfrage im Museum: Ob man mehr über die Geschichte des Bildes wisse? Keine Antwort. Auch anderswo: kein Interesse. Omertà in der Kunstwelt.

    Viele Zufälle

    Aber dann tat sich hinter den Kulissen des Kunstmarkts doch Einiges: Ende Mai dieses Jahres wurde die bei New York lebende Kunsthändlerin Glafira Rosales festgenommen; sie soll insgesamt dreiundsechzig gefälschte Gemälde unter anderen von Robert Motherwell, Mark Rothko und Basquiat über zwei Galerien – darunter die ehemals ehrwürdige Knoedler Gallery in New York, die wegen des Falls schließen musste – in den Kunstmarkt und mehr als zwölf Millionen Dollar an der Steuer vorbei auf spanische Konten gebracht haben.

    Kunstfälscherring© WONGE BERGMANNWar ein Team am Werk? Es wird vermutet, dass die Fälschungen in Israel gemalt wurden.

    Ihr Lebensgefährte stammt aus Spanien und war schon vor Jahrzehnten in Prozesse um Kunstfälschungen verwickelt, die nur eine knappe Autostunde vom Wohnsitz der Beltracchis in Südfrankreich stattfanden. Eine Verbindung zwischen beiden Fällen wurde nicht angenommen, obwohl die amerikanischen Ermittler über den Zufall staunten, dass zeitgleich zwei hochbegabte Fälscher mit der gleichen Methode – man erzählt renommierten Experten eine brillante Geschichte von einem Verwandten, der in aller Heimlichkeit bedeutende Kunstwerke hortete und erschafft so die Legende einer unbekannten Meistersammlung – ihre Fälschungen ins Herz des Markts schleusen und dies auch noch in der selben Region am Mittelmeer planten. Zufälle gibt es.

    Unruhige Monate für den Kunsthandel

    Experten waren nach Aussagen der Ermittler gegenüber dieser Zeitung auch im Spiel, als die jetzt festgenommenen Fälscher ihre Werke marktglaubwürdig bekommen wollten. Einen Malewitsch stellt man nicht einfach mit Preis ins Internet, man braucht Zertifikate, Gutachten. Diese kann man natürlich auch fälschen und das gefälschte Werk mitsamt den gefälschten Papieren an einen gutgläubigen Sammler in Australien verkaufen. Aber so verliefen die Vorgänge im neuen Fall offenbar nicht.

    Hinweise, die die Ermittlungen auslösten, kamen offenbar aus Israel und der Schweiz, es sind laut Aussagen des Bundeskriminalamts renommierte Galerien, Händler und Experten betroffen, Namen werden wegen noch laufender Ermittlungen nicht genannt. Am Rande eines Fototermins in Wiesbaden, bei dem ein vermutlich gefälschter Malewitsch und eine beeindruckende Masse verpackter Kunstwerke präsentiert wurden, teilten Mitarbeiter des Bundeskriminalamts mit, man vermute, die gefälschten Bilder seien in Israel gemalt worden. Die Frage, ob auch Bilder in Museen beschlagnahmt wurden, verneinte die Pressesprecherin des BKA in Berlin, das ebenfalls in den Fall eingebunden ist, im Gespräch mit dieser Zeitung.

    Weitere Artikel

    In den kommenden Tagen werden die beschlagnahmten Werke analysiert werden. Auf den Kunsthandel kommen unruhige Monate zu: Wer sind die Fälscher? Wer ihre Komplizen? Wer die Opfer? Wer die betroffenen Händler, wer die Experten? Die Hoffnung, dass die Erschütterungen der jüngsten Fälschungsfälle sich vom Leuchten der gehandelten Bilder und dem Rauschen der Geldmengen übertönen lassen, ist gescheitert.

  • LES FAUX KANDINSKY, MALÉVITCH, GONTCHAROVA, LARIONOV, JAWLENSKY EN ALLEMAGNE, SUISSE ET ISRAËL

    INTERNATIONALER KUNSTFÄLSCHERRING Millionen für

    falsche Kandinsky-Gemälde

    Ein echter Kandinsky, dessen Wert auf über 20 Millionen Euro geschätzt wird. Ein gerade festgenommener Kunstfälscherring hat auch mit falschen Kandinskys hübsche Sümmchen verdient.

    Ein echter Kandinsky, dessen Wert auf über 20 Millionen Euro geschätzt wird. Ein gerade festgenommener Kunstfälscherring hat auch mit falschen Kandinskys hübsche Sümmchen verdient.
    Foto: REUTERS

    Sie sollen mit über 400 gefälschten Gemälden Millionen gemacht haben: Mitglieder eines internationalen Kunstfälscherrings, den das Bundeskriminalamt nun ausgehoben hat. Kopiert wurden unter anderem Werke des Malers Wassily Kandinsky.

    Eine internationale Kunstfälscherbande ist bei Razzien in Deutschland, der Schweiz und Israel zerschlagen worden. Die sechs Verdächtigen sollen mehr als 400 wertvolle Gemälde im Stil der Russischen Avantgarde gefälscht und für viele Millionen Euro verkauft haben. Die Hauptbeschuldigten, ein Deutsch-Tunesier und ein Israeli, wurden in Wiesbaden festgenommen und in U-Haft genommen, wie das Bundeskriminalamt (BKA) am Donnerstag berichtete.

    Die Ermittler stellten bei Durchsuchungen in sechs Bundesländern am Mittwoch und Donnerstag mehr als 1000 gefälschte Gemälde, Verkaufsunterlagen und Provenienzen sowie Schmuck- und Wertgegenstände sicher. Die rund 100 Beamten des BKA und der Polizei durchkämmten insgesamt 28 Wohnungen, Geschäftsräume, Lager und Kunstgalerien in Wiesbaden, Mainz, Stuttgart, München, Hamburg und Köln.

    Vorliebe für die russische Avantgarde

    Die beiden mutmaßlichen Köpfe der Bande (41 und 67 Jahre alt) waren mit Haftbefehlen gesucht und in ihren Wiesbadener Wohnungen festgenommen worden. Die anderen mutmaßlichen Täter stammen aus Russland und Israel. Ergebnisse der Durchsuchungen in der Schweiz und Israel lagen zunächst noch nicht vor.

    Die Bande soll den Stil der Russischen Avantgarde nachgeahmt und so Gemälde von Künstlern wie Wassily Kandinsky, Natalia Goncharova, Kazimir Malevich, Alexej von Jawlensky und Mikhail Larionov gefälscht haben. Die Werke statteten sie mit Echtheitszertifikaten aus, um den Eindruck zu erwecken, es handle sich um bisher unbekannte Gemälde der Künstlergruppe. Die Fälschungen wurden in Deutschland sowie im Ausland verkauft und ausgestellt. Den überwiegenden Teil kauften oder ersteigerten private Sammler.

    « Wichtiger Schlag gegen Fälscherszene »

    Mehr als 400 gefälschte Bilder wurden den Ermittlungen zufolge insgesamt seit 2005 für vier- bis siebenstellige Eurobeträge verkauft. Die beiden Hauptverdächtigen sollen allein in den vergangenen zwei Jahren Fälschungen für mehr als zwei Millionen Euro an Kunden in Deutschland und Spanien verkauft haben.

    „Uns ist mit diesen Ermittlungen ein wichtiger Schlag gegen die international agierende Fälscherszene gelungen“, sagte BKA-Präsident Jörg Ziercke. Er lobte die staatenübergreifende Kooperation der Strafverfolger und die enge Abstimmung mit der Schweiz und Israel. Von dort waren laut Staatsanwaltschaft wichtige Hinweise auf die Betrüger gekommen. (dpa)

  • Un témoignage non politiquement correct sur la slavophobie

    Merci, cher Jean-Claude, pour ces exemples de la partialité du Monde….à propos de slavophobie,  le livre de Pierre Péan sur le Kossovo qui vient de paraître chez Fayard et qui met en cause  » la communauté internationale » a été accueilli par un silence assourdissant, ce qui montre bien la tendance de nos media.. les ignominies qu’il dévoile chez les Kossovars, le trafic d’organes, les assassinats, etc. ont été systématiquement protégées par les dirigeants occidentaux et ont eu lieu avec la complicité de […] Kouchner….Si la plus infime partie de ces crimes avait été imputée aux Russes ou aux Serbes, les media feraient chorus…mais ce livre qui dit la vérité sur le conflit yougoslave avec preuves et témoignages à l’appui, est boycotté par les media, y compris le Canard enchaîné, le Monde diplomatique, etc. parce qu’il s’inscrit courageusement à contre-courant du  » politiquement correct »…
    PS Je vais essayer de retrouver le portrait de Hacim Traci publié dans le Monde où on présente ce gangster comme le héros de la résistance anti-serbe…qui a organisé en 1999 un tradic d’organes sur des prisonniers serbes mais aussi des jeunes filles albanaises, les témoignages des médecins contraints de faire ces opérations ( c’est- dire de dépecer ces malheureux et malheureuses) font froid dans le dos…Certains médecins ont accepté en pensant que ces organes étaient destinés à des généraux albanais..donc pour le bien de la cause.Mais ont été dégoûtés quand ils ont découvert que c’était tout simplement du  » bizness »…

     

    Ce message d’un grand spécialiste du monde slave, vivant à Moscou une grande partie de l’année, donne un autre son de cloche que celui qui nous est infligé journalièrement par la presse qui voit la paille chez ses adversaires favoris et ne voit pas la poutre  dans son oeil.

    A propos de Hacim Traci, déjà Albright était tombée dans les bras du terroriste Traci.
    La scène d’embrassade s’est renouvelée avec la peu efficace Catherine Ashton… Comme quoi…

  • Les airs de la calomnie des journalistes activistes anti-poutine/anti-russes

     

     

     

    • 11/6/2013 3:15

    Qui a des oreilles entende, à bon entendeur salut!

    jean-claude marcadé

    Basile est bien vivant, et il vit en France

    Jacques Sapir

    © Photo

    17:27 10/06/2013

    « Promenades d’un économiste solitaire » par Jacques Sapir*

    Je ne sais si vous vous souvenez de ce personnage dans la pièce de Beaumarchais, le Barbier de Séville, don Basile. Il est devenu célèbre car il incarne la Rumeur et la Calomnie. Il est l’incarnation de la bassesse. Dans l’opéra tiré de cette pièce qu’écrivit Rossini (1) l’air de la calomnie, chanté par Basile (2) , est l’un des morceaux de bravoure.
    Pourquoi cette tribune commence-t-elle par une référence à l’art lyrique ? Parce que Basile est aussi devenu un symbole, un nom commun, pour désigner, en France et ailleurs, ceux qui propagent les rumeurs et les calomnies. On se croit à l’abri mais, en réalité, nul ne l’est. Et c’est bien là tout le problème de la rumeur et de la calomnie :
    « La calunnia è un venticello
    Un’auretta assai gentile
    Che insensibile, sottile,
    Leggermente, dolcemente,
    Incomincia, incomincia a sussurrar.
    Piano, piano, terra terra,
    Sottovoce, sibilando,
    Va scorrendo, va scorrendo
    Va ronzando, va ronzando
    Nell’orecchie della gente » (3).
    Sur le site de Radio-France Internationale (RFI) a été installé vendredi 7 juin un papier sur le divorce du couple Poutine (4), co-signé par Anya Stroganova et Thomas Bourdeau. Ce papier contient ce qu’il faut bien appeler des allégations mensongères me concernant : « …des rumeurs courent concernant cette même fille, qui écrirait sa thèse à l’EHESS sous la direction bienveillante de Jacques Sapir, l’expert en économie russe et un proche de papa. »
    On est frappé de ce que des journalistes (mais méritent-ils encore ce nom) fassent référence à une « rumeur » et utilisent le conditionnel.
    D’autant plus qu’il était des plus facile de vérifier, soit en m’appelant par courriel ou par téléphone, soit en appelant le secrétariat de l’EHESS, soitenfin en vérifiant (par internet) au fichier central des thèses. Il faut croire que l’on est bien fatigué quand on travaille à RFI, car rien de tout cela ne fut fait… Le duo de bras cassés décide de laisser courir la rumeur.
    Et c’est là où il y a calomnie. De plus, elle prouve que ces deux « journalistes » n’ont aucune idée (et n’ont pas cherché à en avoir…) sur comment on s’inscrit en thèse. Une inscription signifie un dossier qui est expertisé par le conseil scientifique de l’EHESS. Et donc, si l’une des filles du Président Poutine avait décidé de s’inscrire en thèse, que ce soit sous ma direction ou sous celle de n’importe quel autre collègue, elle aurait dû en passer par là et tout le monde serait au courant.
    Deuxième calomnie, plus subtile mais en réalité plus grave car elle porte atteinte à ma réputation d’enseignant chercheur, c’est l’utilisation du mot « bienveillant ». Que signifie-t-il si ce n’est que, par « amitié » pour son papa (le Président de la Russie) ou peut-être pour obtenir on ne sait quel avantage, je favoriserai un étudiant ? C’est une accusation grave de favoritisme, mais qui est portée sur ce ton mielleux et doucereux de la rumeur. Cette demoiselle « écrirait » donc une thèse et je la dirigerais de façon « bienveillante ». Allons, Madame et Monsieur, ayez le courage de vos opinions ! Dites que j’ai touché de l’argent, que j’ai demandé une position, que j’accepte sciemment de fausser ce qui est un diplôme d’État en l’échange d’un quelconque avantage. Ah, l’on se dit grand et pur quand on est journaliste, mais tout ceci est petit et méprisable !
    Troisième allégation, je serai donc « un proche de papa », comprendre Vladimir Poutine. Et bien, au risque de décevoir bien des gens, il n’en est rien. Je ne suis pas non plus de ceux qui accablent Poutine. Je cherche avec honnêteté à établir ce qu’il a fait pour l’économie de la Russie. J’ai écrit, et je le maintiens, que son action a été plutôt positive (5). C’est aussi l’avis des collègues russes avec lesquels nous avons rédigé La Transition Russe, Vingt Ans Après (6). Cela ne fait pas de moi un « proche », je ne dîne pas à chacun de mes séjours à Moscou au Kremlin.
    De cela, je tire deux leçons. La première, c’est que RFI est tombée bien bas. Colporter de telles âneries est le signe d’un média devenu officine de propagande. On me dit qu’il reste de bons journalistes dans ce qui fut autrefois une maison respectable. Je veux bien le croire, mais ils ne sont sûrement pas à Moscou.
    La seconde c’est que, quand on dit des vérités qui dérangent, que ce soit sur la Russie ou sur la France, il faut s’attendre à de telles attaques. Elles en disent long sur la pente que nous avons prise et qui nous conduit tout droit à la Tyrannie.
    Les Basiles sont bien vivant et le personnage de Basile est éternel. Il continue à répandre cette calomnie comme « un petit vent » et elle peut gonfler, gonfler, colportée par milles bouches jusqu’à ce qu’elle devienne :
    « Un tumulto generale
    Che fa l’aria rimbombar.
    E il meschino calunniato,
    Avvilito, calpestato,
    Sotto il pubblico flagello,
    Per gran sorte va a crepar » 
    (7).
    Anya Stroganova et Thomas Bourdeau n’ont certes pas la voix pour se produire dans « Il Barbiere di Siviglia », mais leur intention de nuire est avérée.
    ***
    1. « Il Barbiere di Siviglia », plus connu qu’un premier opéra tiré de la pièce et écrit par Giovanni Paisiello
    2. « La calunnia è un venticello » , Acte I, tableau 2. Basile est traditionnellement une voix de basse.
    3. La calomnie est un petit vent / Une petite brise très gentille / Qui, imperceptible, subtile, / Légèrement, doucement, / Commence, commence à murmurer / Piano ,piano , terre à terre, / À voix basse, en sifflant, / Elle glisse, elle glisse / Elle rôde, elle rôde / Dans l’oreille des gens`
    4. http://www.rfi.fr/europe/20130607-russie-divorce-poutine-lioudmila-poutina 
    5. Par exemple dans Sapir, J., « Rossija posle Putina :Ekonomitcheskie i Social’nye Osnovy Polititchekoj Stabil’nosti » [La Russie après Poutine. Fondements économiques et sociaux de la stabilité politique] in N. Lapina (ed). Dva Prezidentskih Sproka V.V. Putina. Dinamika Peremen, Éditions de l’Académie des Sciences de Russie, Moscou 2008, pp. 112-142
    6. Sapir J., (sous la direction de), La Transition Russe, Vingt Ans Après, (avec V. Ivanter, D. Kuvalin et A. Nekipelov), Éditions des Syrtes, Paris-Genève, 2012.
    7. Un tumulte général / Qui fait retentir l’air. / Et le pauvre calomnié, / Avili, piétiné / Sous le fléau public, / Par grand malheur s’en va crever.
    L’opinion exprimee dans cet article ne coïncide pas forcement avec la position de la redaction, l’auteur étant extérieur à RIA Novosti.
    *Jacques Sapir est un économiste français, il enseigne à l’EHESS-Paris et au Collège d’économie de Moscou (MSE-MGU). Spécialiste des problèmes de la transition en Russie, il est aussi un expert reconnu des problèmes financiers et commerciaux internationaux.Il est l’auteur de nombreux livres dont le plus récent est La Démondialisation (Paris, Le Seuil, 2011).
    © 2013 RIA Novosti

     

    Voici ce que moi-même  j’écrivais en mars et en mai 2012   sur la « calomnie » :

    12 mars 2012

    Piotr Smolar (ou, du moins le titre de la Rédaction du « Monde ») a trouvé le moyen, à propos du trafic d’organes des Kosovars (tellement unilatéralement et partialement soutenus en son temps), d’incriminer principalement la Russie pour ne pas transmettre les informations médicales qu’elle aurait à ce propos. Donc, ce ne sont pas les trafiquants d’organes kosovars les criminels, mais la Russie…

    Mais pourquoi s’étonner, quand le même Smolar et sa collègue inénarrable Marie Jégo, s’empressent de faire des rumeurs non avérées des vérités, pour peu qu’elles soient à charge contre la Russie – ainsi de  « Maghnitski battu à mort (sic!)» dans la prison où il était enfermé. Cela ne suffit pas que la mort de Maghnitski soit une bavure de la justice russe, il faut y ajouter la touche people  de « battu à mort », sans que cela soit mentionné, ni repris, par la grande majorité des sites d’opposition.

    16 mars

    J’ajoute que, depuis ce « Maghnitski battu à mort en prison », Smolar et Jégo ont retiré cette « épithète homérique », par « maltraité » : y a-t-il eu quelque protestation de gens informés plus rigoureusement? En tout cas, la calomnie a joué son rôle : puisqu’il n’y a eu aucune rectification des propos de Smolar et Jégo sur « Maghnitski battu à mort », l’imputation reste en l’air. Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose. C’est malheureusement la doctrine du journalisme du « Monde » concernant la Russie.

    Toinette Jégo continue à sévir : elle s’est emparée de deux « épithètes homériques » qu’elle va nous ressortir désormais à chaque papier : il y a une « classe créative » en Russie, avide de justice et de liberté » et, en face, « l’élite politico-militaire au pouvoir qui mise sur la bigoterie, le repli sur soi, la haine de l’étranger », évidemment promue, soutenue, encourager par Poutine, baptisé par Toinette Jégo de « leader national ».

    Font partie de la « classe créative », sans doute selon Jégo, tous ceux qui sont contre Poutine – les Navalny, les Oudaltsov, les Kasparov, les Nemtsov qui, jusqu’ici, ont comme seul programme politique « la Russie sans Poutine », mais aucun  programme socio-économique qui pourrait remplacer le système actuel (le seul qui en est un de cohérent, en dehors des communistes, c’est Prokhorov, dont Jégo ne parle guère, qui n’est pas propoutinien, sans faire une opposition démagogique systématique). Sans doute aussi appartiennent à la »classe créative »  les tristement célèbres Poussy Riot, dont le niveau littéraire et musical reste pitoyable, mais dont l’inénarrable critique d’art Jégo a fait des descendants de Malévitch (mais oui!)…

    jean-claude marcadé

    PS Au G20, un hommage a été rendu à Poutine, pas seulement par politesse, en particulier par Christine Lagarde

     

     

    La fixation monomaniaque sur Poutine, responsable de toutes les violences et de  tous les faits divers en Russie, continue dans « Le Monde ». Les Toinettes du journalisme s’en donnent, après une petite accalmie, à coeur joie. Le relai a été passé à Piotr Smolar qui, visiblement, s’informe plus par internet , où il fait un tri très édifiant, et par téléphone que sur place. Ainsi on apprend que Poutine est responsable des incidents violents qui ont eu lieu le 6 mai à Moscou contre des manifestants qui avaient cessé d’être dans la légalité pour provoquer les réactions policières. Smolar n’a peut-être jamais participé à des manifestations en France, moi si, et je sais très bien que si l’on n’ obtempère pas à des policiers quand on a enfreint « l’ordre public », on est menotté et mené au poste. Cela m’est arrivé. Le plus scandaleux dans le dernier papier de Smolar, c’est la mise en avant de faits qui ne sont pas vérifiés, sont répandus par les activistes et gonflés. Ainsi,  la « femme enceinte » battue à terre par « les policiers de Poutine » s’est révélée être l’étudiant Nikolaï qui a raconté son histoire, sans en faire par ailleurs une histoire à la Jégo-Smolar!!!  Est-ce que Smolar apportera une rectification à sa fausse information? Les Toinettes se font ainsi régulièrement des Don Basilio. C’est triste que « Le Monde » se livre à cette course aux informations systématiquement négatives, alors que le lecteur ne sait rien sur la vie politique courante du pays, comme il ne sait rien d’ailleurs de l’opposition hors système – on attend toujours  un article de fond sur la composition de cette opposition… Mais, comme cela corrigerait l’image que le journal veut donner de « la Russie de Poutine », on préfère entretenir le grand flou. Et je ne parle pas du flou qui enveloppe « les prisonniers politiques » : aujourd’hui, en Russie, une personne qui a commis un délit économique a intérêt à dire qu’elle est condamnée pour raison politique, surtout qu’ elle aura aussitôt le soutien des McCain et des Romney… Et les écrivains qui viennent soutenir les manifestations et que l’on compte d’ailleurs sur les doigts, , fort bien! Mais les personnalités du monde des arts et des lettres qui ont soutenu Poutine, où sont-ils? Ils sont voués aux gémonies, comme Assange,  devenu tout soudain « un idiot utile », travaillant pour la « télé de Poutine », laquelle télé est la bête noire des Etats-Unis, donc les moutons de Panurge européens, français en particulier, s’en vont répétant qu’il s’agit d’un medium qui nous fait revenir à la guerre froide. Comme la créatrice du Monologue, Nougayrède, a parlé avec dédain des experts qui sont chaque jour interrogés par les journalistes de la « télé de Poutine », j’ai pris la peine de relever, dans la semaine du 21 au 26 avril, aux informations de 14h,  le nom de ces experts :21/04-22/04 :  Nicolas Baverez sur la France; Ali Salman sur le Bakhrein; Glyn Ford sur Breivik et le racisme en Europe; Joseph Lieberman et Daniel Wagner sur Assange; Mike Raddie (Londres) sur les photos scandaleuses des soldats américains en Afganistan; David Martin sur les protestations contre ACTA.23/04- : John Laughland et Benoit Hamon sur les élections française; Amotz-Asa-El sur le Caire; Leah Bolger sur les médicaments pris par les soldats américains.24/04 Phil Rees, Glenn Greenwald sur Assange; Afshin Rattansi, John Laughland sur la Libye et le Syrie; Dr. Sreeram-Chaulia sur le Soudan; Francis Lun sur la Chine et l’Arctique; Dr Uri Avnery, Zeev Bielski, Yifta Shapir sur Israël-Iran.25/04 Afshin Rattansi, Omar Nashabe sur Bakhrein; Prof. Ismael Hossein-Zadeh, Mateusz Piskorski sur la Syrie; Pepe Escobar sur la provocation chinoise; Senapathy, Sandip Sen sur l’Inde.
    26/04 Bruce Burgess, Alexandre Korobko, David Miliband  sur Litvinenko-LougovoÏ; Ali Rizk sur Israël-Iran, Christoph R. Horstel, Fares Al-Shehabi sur la Syrie.
    Je n’ai pas pu noter tous les noms, mais la liste est déjà assez impressionnante, montrant que l’information sur l’international n’est pas unilatéralement otano-américaine  comme dans nos télévisions.
    jean-claude marcad