L’ÉLÉVATION UNIVERSELLE DE LA CROIX
«Semblablement à la façon dont les quatre bras de la croix se tiennent fermement et se lient solidement l’un à l’autre par le milieu- centre, de même c’est par le truchement de la Force Divine que se tiennent la hauteur, la profondeur, la longueur et la largeur, c’est-à- dire, en quelque sorte, toute créature visible et invisible.» Saint Jean Damascène.
«L’Arbre de Vie, planté par Dieu dans le Paradis, préfigurait la vénérable croix. Car, puisque la mort était entrée au moyen de l’arbre, il convenait que ce soit au moyen de cet arbre que la vie et la résurrection soient gratifiées. C’est la mort du Christ ou la Croix qui nous a revêtus de la Sagesse et de la force hypostatiques de Dieu. Nous aussi nous adorons l’image de la Croix vénérable et vivifiante, nous l’adorons en vénérant non pas sa matière (Dieu nous en préserve), mais l’image comme symbole du Christ.» Saint Jean Damascène.
Les douze fêtes canoniques marquent des événements qui ne sortent pas des limites du cercle évangélique, alors que dans l’Élévation de la Croix on rappelle ce qui s’est passé bien plus tard, bien que, dans son essence, cette fête soit emplie de la même lumière inextinguible commune aux Douze Fêtes Canoniques et qu’elle élève la conscience à la gloire de la prouesse rédemptrice du Christ. On la fête le jour de l’invention de la Croix du Seigneur et, en un sens plus général et plus large, c’est la croix elle-même qui est glorifiée lors de cette fête, en tant qu’instrument de la victoire du Christ sur le péché et la mort. On fête la Croix dressée au-dessus de l’Univers et sanctifiant le monde.
Historiquement, cette fête commémore l’invention de la Croix sur laquelle fut crucifié le Seigneur, qui longtemps resta sous terre
plus exactement a été choisie par le Sauveur, comme instrument du rachat du monde désagrégé par le péché, comme étendard de la victoire sur la mort, comme rassemblement dans l’unité du monde endommagé par le péché. Le Sauveur a déployé ses bras sur la croix pour sauver ce qui avait péri, rassembler ce qui avait été dissipé. La croix, source de joie et d’unité bénie du monde, est devenue source de souffrance et de mort, et, choisie à nouveau par le Christ pour le salut du monde, elle redevient le Signe de la victoire sur la mort et elle couronne l’Église de sa gloire au ciel et sur la terre.
Moine Grégoire (Krug), CARNETS D’UN PEINTRE D’ICôNES, Lausanne, l’Âge d’homme