Catégorie : Personnel

  • De la diabolisation de l’Islam spirituel, des « valeurs »…

    Sur la diabolisation de l’Islam spirituel.

    Ceux qui font la propagation de cette diabolisation, en particulier à travers une lecture positiviste du Coran oublient  que le judéo-christianisme que certains  défendent comme « culture »,  est loin d’être dans ses textes saints et leurs pratiques dans les siècles d’un irénisme à toute épreuve. Le judaïsme a dû mettre de l’eau dans son vin théologique (grâce au christianisme ) et est en plein renouveau. Le taches que sont les croisades, l’Inquisition, entre autres, ne plaident pas pour la douceur évangélique présumée du catholicisme. Donc, ces religions ont évolué. Quant au bouddhisme, réputé non-violent ontologiquement, il faut voir comment il se comporte aujourd’hui encore au Sri Lanka ou en Birmanie. Et je suis sûr que l’Islam, qui est venu 6 siècles après le judéo-christianisme, évoluera et il faut l’y aider et non pas l’enfoncer.

    Je suis en train de lire Nicolas de Cues et on sait quelle est sa lecture du Coran (voir Nicolas de Cues, Le Coran tamisé , texte latin introduit, traduit et annoté par Hervé Pasqua, PUF, col. « Epiméthée », 2011. Résumé sur la ToileDans cette oeuvre, le Cusain se situe d’emblée sur le plan spirituel et théologique. Il déplace le problème : allant à l’essentiel, il prend le parti de faire une « pia interpretatio » du Coran, qu’il lit à la lumière de la Bible et de la raison. Sa lecture est religieuse et philosophico-théologique. Elle s’appuie sur la « recherche de Dieu » propre à tous les hommes et seule capable d’unir chrétiens et musulmans).

    J’étais d’autre part l’interlocuteur et l’ami d’Henry Corbin…

    Et puis, l’exemple de la Russie montre que judéo-christianisme, islam, bouddhisme peuvent coexister pacifiquement, même si des forces venues de l’extérieur essaient de faire éclater l’équilibre actuel.

    Je suis consterné par le discours, comme toujours soporifique, de Macron devant l’ONU – il donne des leçons, fait la morale (une morale sélective) – Il ne voit pas la poutre qui est dans son oeil américaniste : les gilets jaunes gazés, mutilés, la création du désordre en Syrie et en Lybie…le silence sur l’assassinat du journaliste Khashoggi, opposant au prince héritier d’Arabie Saoudite. Et le silence sur le meurtre par Trump du général iranien cette année…

    Et ils se gargarise de « nos valeurs » : qu’il médite la grande maxime du saint et génial Blaise Pascal, si nourri de la lecture de  notre compatriote gascon Montaigne : Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà!

  • Pâque orthodoxe 1997 chez Marcadé, 36 rue Saint-Sulpice

    De gauche à droite : Pierre Brullé, le vétérinaire et microbiologiste Louis Andral (père de Jean-Louis), Jean-Marc Andral (frère aîné de Jean-Louis), Marina Fiodorova, Jean-Claude Marcadé, Jean-Louis Andral,Reinold Werner, Igor Minaev, Sergueï Dédiouline (photo prise par Sheila Leirner-Andral)

    Pâque orthodoxe 1997 chez Marcadé, 36 rue Saint-Sulpice

    De gauche à droite : Pierre Brullé, le vétérinaire et microbiologiste Louis Andral (père de Jean-Louis), Jean-Marc Andral (frère aîné de Jean-Louis), Marina Fiodorova, Jean-Claude Marcadé, Jean-Louis Andral, Reinold Werner, Igor Minaev, Sergueï Dédiouline (photo prise par Sheila Leirner-Andral)

     

     

     

     

     

    De gauche à droite, Jean Marc Andral,  Marina Fiodorova, Jean-Claude Marcadé, Jean-Louis Andral – à droite Reinold Werner

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Jean-Claude Marcadé avec la « Paskha » qu’il avait préparée pour ses amis

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Louis Andral et son fils Jean-Marc
    Pierre Brullé, Louis Andral, Jean-Marc Andral, Marina Fiodorova, Jean-Claude Marcadé

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Igor Minaev, Sergueï Dédiouline, Sheila Leirner, Pierre Brullé

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Reinold Werner, Igor Minaev, Sergueï Dédiouline, Sheila Leirner

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Igor Minaev, Sergueï Dédiouline, Sheila Leirner, Pierre Brullé

     

    Jean-Claude Marcadé, Pierre Brullé, Sergueï Dédiouline, Marina Fiodorova, Igor Minaev, Louis Andral, Jean-Marc Andral, Sheila Leirner (photo de Jean-Louis Andral)

     

    Jean-Claude Marcadé, Jean-Louis Andral, Pierre Brullé, Sergueï Dédiouline, Marina Fiodorova, Igor Minaev, Louis Andral, Sheila Leirner (photo deJean-Marc Andral)
    après la vodka : Sergueï Dédiouline, Sheila Leirner-Andral, Pierre Brullé, au mur tableaux d’Alvaro Vargas et de Samuel Ackerman

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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  • Vania à Lialia

    Vania à Lialia

    Je mets de l’ordre dans le marché  aux puces de mes archives et celles de Valentine, et j’ai trouvé ces deux textes dans les papiers de Lialia :

    Maxime Arkhanguelski

    Marie – compagne alors d’Emmanuel Martineau

    Bolivar –  peintre urrugoyen

    Zinotchka était la veuve de mon protecteur et ami le professeur Henri Granjard

    Vladimir Dimitrijević

    Karloucha-inskii – Sémione Arkadiévitch Karlinsky

    Georges Duclos mon professeur de français et de grec au Lycée Montesquieu de Bordeaux, traducteur d’Euripide chez Garnier

    Père Serge Chévitch

    Totochka – surnom affectueux donné à notre étudiante et amie Sylviane Siger

  • Valentina Dmitrievna Marcadé et Guéliane Mikhaïlovitch Prokhorov, 1989

    Valentina Dmitrievna Marcadé et  l’historien de la littérature, byzantiniste et théologien  Guéliane Mikhaïlovitch Prokhorov, 1989

    LETTRE DE GUÉLIANE PROKHOROV À VALENTINE MARCADÉ, 1er JUILLET 1989
    VALENTINE MARCA&DÉ ET GUÉLIANE PROKHOROV, 36 RUE SAINT-SULPICE, 1989
    VALENTINE MARCADÉ, RUE SAINT-SULPICE EN 1989, OEUVRE D’ANIA STARITSKY DERRIÈRE ET, SUR LE CÔTÉ, SUR LA BIBLIOTHÈQUE, À MOITIÉ CACHÉE UNE OEUVRE D’ALVARO VARGAS
  • Lettres d’artistes aux Marcadé

    Vladimir Bekhtéïev (Bechtejeff) et sa femme Natalia à Valentina Dmitrievna et Vania Marcadé

    6 septembre 1969

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le graveur Adrian Kaploune à Valentina Dmitrievna

    Gravure d’Adrian Kaploune
    Saint-Pétersbourg (sic!), 31 juin 1968

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Czeslaw Milosz envoie à Valentine Marcadé le portrait de son cousin Oscar Milosz qu’il lui avait promis à Berkeley en 1977

    Oscar Milosz
    Czeslaw Milosz

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Ania Staritsky à Valentine et Vania Marcadé en 1977

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Gaga (Guéorgui Koventchouk), sa femme Janna et son fils Aliocha à Lialia et Vania – années 1990

  • Photos anciennes

    Je fais de l’ordre dans mes papiers et ai trouvé des photos anciennes émouvantes (pour moi…)

    VANIA ET LIALIA DANS UN CAFÉ VIENNOIS LE 27 DÉCEMBRE 1961
    Valentine et Jean-Claude en 1989

     

     

     

     

     

    ALVARO VARGAS ET VALENTINE MARCADÉ, 1989

     

     

    Poésie de ‘Alvaro Vargas, février 1990
    Alvaro Vargas et Valentine Marcadé

     

     

     

    Tombe de Pevsner en 1989 dans le cimetière russe de Sainte-Geneviève des bois avec la sculpture « Dernier Élan »

     

  • Le journaliste Sergueï Dédiouline sur l’information selon « Le Monde » (1998)

    En mettant en ordre mes archives,  j’ai retrouvé tout un dossier et ce tapuscrit  du journaliste Dédiouline sur l’affaire de l’exil  au début des années 1990 du grand historien de l’art soviétique Nikolaï Khardjiev à Amsterdam avec une partie de ses archives dont de nombreux tableaux de l’avant-garde russe et soviétique qui ont enrichi les collections du Stedelijk Museum amstellodamois . Il suffit de lire aujourd’hui les papiers de M. Vitkine et consorts  sur les pays se trouvant à l’Est de l’Europe  qui sont écrits impunément selon une gille de lecture a priori apodictique…

     

     

  • С Преображением Господним и Яблочным Cпасом!

    Поздравляю всех с Преображением Господним и Яблочным Cпасом!

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    Stoljarova I. V., На пути к преображению. Человек в прозе Н. С. Лескова  [Sur la voie de la transfiguration. L’homme  dans la prose de Nikolaï Leskov], Sankt-Peterburgskij Universitet, 2012, 326 pages.

    Madame Stoljarova est une éminente leskoviste qui a enrichi par de très nombreux articles notre connaissance de l’auteur des Soborjane (le Clergé de la collégiale), de Očarovannyj strannik (l’Errant enchanté) et de tant d’autres chefs-d’œuvre de la littérature.

    […]La plupart des critiques littéraires russes, avant et après la révolution bolchevique de 1917, aussi bien que beaucoup de critiques occidentaux, ont souligné le profond esprit religieux qui traverse l’œuvre de Leskov, qui en font, sous cet aspect, un émule de ses contemporains Dostoevskij et Tolstoj. D’une certaine manière, le nouveau livre de Mme Stoljarova développe de façon magistrale ce qui avait été esquissé par nombre d’historiens de la littérature comme Akim Volynskij, Nikolaj Lerner, ou même, au début de l’époque soviétique, le critique littéraire marxiste Pëtr Kogan qui pouvait écrire :

    « L’époque [de Leskov ] partageait les gens en radicaux et révolutionnaires, lui les partageait entre personnes morales et personnes immorales. Son époque n’était pas religieuse, c’était l’époque du culte des sciences naturelles. Lui, il était le porte-parole d’un mode de penser religieux. »

    Ou bien encore, le critique allemand Eberhard Reisser note en 1929 que « Leskov ne cesse pas de tourner ses pensées vers les questions de la foi». Rappelons- nous aussi que Walter Benjamin voyait dans la grande nouvelle l’Errant enchanté, entre autres, la marque de la pensée d’Origène sur l’apocatastase…

     Irina Stoljarova mentionne, dès l’abord, que Leskov a affirmé que, pour lui, l’Évangile n’était pas une doctrine abstraite, mais un guide pratique qui contenait les règles morales essentielles pour l’homme (p. 4). Le livre de l’auteure est donc consacré principalement à faire apparaître la pensée d’un des grands esprits spirituels de la littérature russe. C’est ainsi qu’elle a mis ses études des diverses œuvres de Leskov sous l’égide de la Transfiguration, en citant dans Soborjane le passage de l’homélie du protopope Tuberozov, précisément le jour de cette grande fête de l’Orthodoxie, où il proclame « la nécessité [pour l’homme] d’opérer constamment sa propre transfiguration, afin d’avoir la force, dans tous les combats, de se forger comme du métal solide et ductile et de ne pas être laminé comme une vile argile qui se dessèche en gardant l’empreinte du pied qui l’a foulée ». (Soborjane, première partie, ch. v, Journal en demi-coton du Père Tuberozov au 6 août 1837).[…]

    C’est l’homme russe « éternel » que Leskov, selon Irina Stoljarova, a scruté. La lecture des nouvelles analysées vise à faire apparaître une permanence chez cet homme russe de la quête d’un idéal de beauté, de bonté, de transfiguration. L’enquête psychologique, éthique, philosophique, spirituelle est servie par des analyses d’une grande finesse. Cela est peut-être le plus magistralement exposé dans le chapitre qu’elle consacre aux « motifs eschatologiques dans la nouvelle l’Errant enchanté » (p. 208-230). L’auteure avait auparavant souligné « le talent de l’homme russe capable de manifester dans son activité  » l’imagination la plus insolente (derzkaja fantazija)  » (p. 71), « de manifester ses grands dons innés, son énorme force potentielle (ogromnaja nerastračennaja sila), l’audace, capable de tout démolir (vsesokrušitel’naja derzost’), de l’esprit » (p. 80).[…]

    Mme Stoljarova insiste à plusieurs reprises sur l’élément de catharsis qui permet aux héros leskoviens de surmonter les tribulations de la vie, les crises morales, l’état peccamineux, pour atteindre la liberté intérieure, une nouvelle plénitude des forces. cela, c’est l’aspect « humaniste », lequel est traversé, comme illuminé, par l’idéal évangélique auquel l’écrivain n’a jamais cessé d’adhérer. cette transformation de l’homme lui permet d’atteindre la déification, la theosis, le bogopodobie, qui, depuis St Grégoire Palamas et la forte insertion de l’hésychie dans l’Orthodoxie russienne, sont le filigrane de l’idéal de transfiguration de l’être humain, au-delà de ses chutes et de ses excès déviants. il faut lire attentivement le chapitre qu’Irina Stoljarova a intitulé « le miracle de la transfiguration de l’homme dans la création de Leskov et la tradition évangélique de la Transfiguration du Seigneur » (p. 246-261). […]

    En tout cas, elle donne une place importante, dans son investigation de la transfiguration, à la nouvelle de 1890, Томление духа (La consomption de l’esprit)  [L’expression « Томление духа » revient à plusieurs reprises dans la traduction russe de l’Ecclésiaste (1, 14 ; 1, 17 ; 4, 4 ; 4, 6) ; dans la plupart des langues européennes cette expression est généralement rendue par « poursuite du vent » [chez Luther, par « Haschen nach Wind »), mais la King’s John Version traduit par « vexation of spirit ».]. Le héros n’est pas un Russe (ce que ne précise pas l’auteure) mais un modeste précepteur allemand dans une maison de seigneurs, le type même du malen’kij čelovek, plein de bizarreries et quelque peu ridicule, Ivan Jakovlevič, que ses maîtres appellent Koza, la Chèvre, car on a même oublié son nom de famille. Il est chassé de la maison pour sa dénonciation virulente, au nom du message évangélique du Christ, d’une injustice et d’un mensonge éhonté: grâce aux faux témoignages de toute la maisonnée on a fouetté (vysekli) un domestique pour un acte commis en fait par le fils de la femme du gouverneur de l’endroit en visite. Koza part sur la route de l’exil sans la moindre plainte. À sa rencontre viennent les enfants qui étaient ses élèves et ont participé à l’iniquité, ils l’appellent : Koza leur tient le même langage de l’Évangile, qu’il faut « faire l’œuvre de Dieu », qu’il ne faut pas avoir peur, qu’entre lui et ceux qui l’ont chassé, il n’y a pas la peur mais le Christ ; et là se produit un événement inattendu : le visage du petit homme sans intérêt est inondé de lumière et les enfants rapportent « que soudain il était comme devenu quelqu’un d’autre : il avait en quelque sorte grandi et s’était entièrement illuminé (rassvetilsja) » . Est-ce un effet d’optique provoqué par l’éclairage solaire ou est-ce la lumière du Thabor qui s’est alors manifestée, fait semblant de s’interroger l’écrivain. tout indique qu’il s’agit bien d’une transfiguration spirituelle. toute la personne de Koza subit une mutation, sa voix se transforme elle aussi et il devient invisible. Et Irina Stoljarova de commenter avec justesse: « Dans le finale, l’image de Koza subit une nouvelle et substantielle transformation : il atteint l’ultime degré du perfectionnement dans la déification, il perd sa nature matérielle, est transporté dans le monde d’En-Haut et se fond pleinement dans Dieu le Père. » (p. 258)

     On le voit, pour Leskov, il s’agit bien de faits de la vie spirituelle qui sont universels et ne sont pas propres au seul homme russe. Irina Stoljarova trouve des échos de la métamorphose spirituelle du héros de Tomlenie duxa chez d’autres personnages leskoviens (par exemple Odnodum, le Monoïdéiste, ou bien le diacre Achille et le touchant nain Nikolaj Afanas’evič dans Soborjane ou encore le petit homme, faible et sans défense qu’est le père Kiriak dans Na kraju sveta). mais elle note aussi des similitudes avec le sublime « idiot » de Dostoevskij, le prince Myškin qui, lui aussi, présente « des traits d’enfantillage et de fragilité physique maladive » (p. 258).

    L’angle philosophique-éthique qu’Irina Stoljarova a choisi pour décrypter de façon insistante la vision du monde essentielle de Leskov laisse, cependant, totalement ouvert l’autre aspect du génie de l’auteur de l’Ange scellé, celui de son écriture qui le distingue radicalement des autres écrivains contemporains. Grâce à cette écriture « autre », Leskov annonce le renouvellement du langage artistique russe au XXe siècle, de Remizov à Solženicyn.

    Jean-Claude Marcadé

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    École de Novgorod, XVe s.

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