Catégorie : Personnel

  • Saint Porphyre, « Tu dois croire que la mort n’existe pas. »

    Saint Porphyre, Anthologie de conseils, Lausanne, L’Âge d’Homme, 2007, p. 144

    « Tu dois croire que la mort n’existe pas. »

    « Nous pouvons vivre dans la joie de Dieu, sans jamais songer à la mort. Même si la fin de ta vie est arrivée, même si tu as un pied dans le tombeau. Toi, tu peux planter des figuiers, des noyers, des cyprès, créer des jardins pour tes frères humains, édifier des églises, même si tu as le pied dans le trou.

    Pourquoi fais-tu cela? Par amour. Tu crois qu’il n’y a pas de mort et tu veux que tes frères humains qui viendront de nouveau ici trouvent quelque chose, deviennent bons, ne deviennent pas des voleurs qui volent à l’un ce qui est à l’autre. C’est pour cela que tu sèmes et les fruits et les noix et les figues. C’est pour cette raison que tu édifies aussi une église. »

     

     

  • Saint Porphyre  » Sur la mort « 

    Saint Porphyre, Anthologie de conseils, Lausanne, L’Âge d’Homme, 2007, p. 146

    IL M’A DIT UN JOUR :

    « LA MORT, ON PEUT LA REPRÉSENTER DE LA MANIÈRE SUIVANTE :

    SUPPOSE QUE NOUS NOUS TROUVIONS DANS UNE CHAMBRE TELLE QU’EN OUVRANT LA PORTE NOUS NOUS RETROUVIONS IMMÉDIATEMENT DANS LA CHAMBRE VOISINE. NOTRE SITUATION EST LA MÊME : SI, ICI, NOUS SOMMES AVEC LE CHRIST, LÀ-BAS AUSSI NOUS ALLONS NOUS RETROUVER AVEC LUI. »

  • QUELQUES SOUVENIRS SUR ÉDIK STEINBERG

     

     

    ÉDIK DANS SON ATELIER PARISIEN

     

     

     

     

    QUELQUES SOUVENIRS SUR ÉDIK STEINBERG

     

    S’impose à moi de façon insistante une image synthétique d’Édik Steinberg : il était un authentique fils de Dieu, dans toute la liberté de son humanité. Quand j’ai fait pour la première fois sa connaissance à la charnière des années 1960-1970, je ne connaissais rien ni de l’œuvre, ni de l’homme. Lors des rencontres dans la maison-musée moscovite de Georges Costakis ou, fortuitement, dans d’autres circonstances, j’ai vu un jeune artiste, beau, débordant de santé, énergique, plein de joie de vivre, que tout le monde aimait et qui avait le don de créer autour de lui une atmosphère amicale, joyeuse et spirituelle. Pour moi, Français, il incarnait ce que les Russes appellent un « roubakha-paren’», ce que l’on pourrait rendre par «un chic type », ou, plus familièrement, par un « mec bien », c’est-à-dire – serviable, généreux, ouvert…

    C’est à Paris, pendant les vingt dernières années 1990-2000 de sa vie, que je me suis vraiment rapproché d’Edik. J’ai pu alors observer  ses nombreuses facettes humaines. Bien entendu, il était resté le même «mec sympathique»,  sociable, aimant la compagnie des amis, aimant boire avec eux de la vodka ou du bon vin rouge français, porter de nombreux toasts à leur santé et répondre à ces mêmes toasts. Dans son atelier parisien, lui et sa femme Galia, recevaient régulièrement des invités autour d’une table débordant des fameux « zakouski » (les hors-d’œuvre les plus variés) et des plats russes.

    Les conversations sur l’art en général, sur le cinéma russe, sur les problèmes esthétiques, artistiques, muséaux de l’actualité, sur la situation en Russie, étaient très animées . Je me souviens tout particulièrement des réunions avec quelques amis français russophiles  lors du repas pascal de fin du Jeûne ou du réveillon de la Nativité, après les services dans l’église Saint-Séraphin de Sarov où règne toujours une atmosphère intime, spécifique pour le Paris orthodoxe, de ferveur, de paix, de beauté harmonieuse, grâce à son ministre, le père Nikolaï, à la parole théologique inspirée.

    Édik  ne prêchait pas, il ne vaticinait pas. Je n’ai jamais entendu dans sa bouche des paroles mauvaises sur les autres, même sur ceux dont il ne partageait pas les idées. Il n’avait aucun ressentiment, aucune animosité. Il affirmait tout simplement ce qu’il avait à dire sans avoir besoin  d’opposer son affirmation à  une autre opinion. De ce point de vue, sa peinture est le miroir de son âme, de son être, de son esprit. J’ai toujours été étonné par sa bienveillance, son rapport fraternel aux autres, sa délicatesse sans fadeur.

    Édik souffrait pour la Russie. Voici la dédicace qu’il a écrite sur sa monographie russe de 1992 qu’il m’avait offerte : « […] Merci pour ton amour pour notre malheureuse Russie. Édik Steinberg – juin 2001 ». Comme beaucoup d’autres Russes que j’ai connus dans l’émigration, il portait en lui l’ « idée russe » avec son tragique et sa désorganisation, avec ses envolées et son envergure.

    Pour moi, Édik reste dans la mémoire non seulement comme un peintre de haute lignée, mais aussi comme l’expression, dans l’environnement parisien, des aspects les plus lumineux, affectifs, spirituels et artistiques de l’homme russe.

    Jean-Claude Marcadé

    décembre 2012

  • Sur la mort de l’orientaliste Henry Corbin, 7 octobre 1978

    Encore, trouvé dans mes archives la traduction de mon article nécrologique sur Henry Corbin paru en russe dans l’hebdomadaire parisien Rousskaya mysl’

  • С ДНЁМ РОЖДЕСТВА ИОАННА ПРЕДТЕЧИ!

    С ДНЁМ РОЖДЕСТВА ИОАННА ПРЕДТЕЧИ!

  • Michel Feltin-Palas sur « les valeurs véhiculées par les langues? »

    Le français est-il « la langue de la liberté » ?

    Contrairement à une idée répandue, aucune langue n’est porteuse de valeurs particulières. Le français a été la langue des Lumières ? Oui, mais il a été aussi celui de la monarchie absolue.

    C’est une formule que l’on entend souvent : le français serait « la langue de la liberté » ou celle « des droits de l’Homme », ce qui sous-entend que les langues porteraient des « valeurs ». Or – j’en suis d’autant plus désolé que le français est ma langue maternelle – mais il s’agit d’une erreur.

    Ce discours est né en grande partie pendant la période révolutionnaire. Pour les jacobins, en effet, le français n’était pas une langue parmi d’autres, mais la langue du progrès et des Lumières. « Je viens appeler aujourd’hui votre attention sur la plus belle langue de l’Europe, celle qui, la première, a consacré franchement les droits de l’homme et du citoyen, celle qui est chargée de transmettre au monde les plus sublimes pensées de la liberté », lance ainsi en 1794 Bertrand Barère, l’un des hommes les plus influents du moment, dans un rapport sur le sujet.

    Seul problème : à cette époque, 80 % des Français… ne parlent pas français, mais corse, breton, normand, limousin, catalan. Or, très vite, sous l’influence notamment des guerres de Vendée, les langues régionales vont être vues comme les adversaires du nouveau régime. Barère, encore : « Le fédéralisme et la superstition parlent bas-breton ; l’émigration et la haine de la République parlent allemand ; la contre-révolution parle l’italien et le fanatisme parle le basque. Cassons ces instruments de dommage et d’erreur ! » Une « analyse » partagée par son collègue, l’abbé Grégoire, qui explique le 30 juillet 1793 : « Il est plus important qu’on ne pense en politique d’extirper cette diversité d’idiomes grossiers, qui prolongent l’enfance de la raison et la vieillesse des préjugés. »

    Les révolutionnaires prêtent donc une valeur aux langues, et cette idée subsiste encore en partie aujourd’hui. Or, aucune langue n’est porteuse de valeurs particulières. Le français a été la langue des Lumières ? Oui, mais il était aussi celui de la monarchie absolue. Il a été la langue de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ? Oui, mais aussi celle du colonialisme et de l’esclavagisme. Et l’on pourrait continuer ainsi. Il a été la langue de Napoléon III et celle de Victor Hugo ; celle des dreyfusards et des anti-dreyfusards ; celle de Pétain et celle de De Gaulle…

    LIRE AUSSI >> Quand le français était minoritaire en France

    Naturellement, ce qui est vrai du français est vrai de tous les idiomes de la planète. En russe, on peut lire les harangues de Staline et les livres de Soljenitsyne ; en castillan, les poèmes de Garcia Lorca et les discours de Franco ; en allemand Les souffrances du jeune Werther, de Goethe et Mein Kampf, de Hitler.

    A propos de la Seconde Guerre mondiale, justement, les adversaires des langues minoritaires soulignent que certains militants bretons ont pactisé avec les nazis pendant l’Occupation, ce qui est tout à fait exact. Ils en profitent pour disqualifier les militants de cette langue celtique, ce qui est tout à fait spécieux car ils oublient de dire qu’il y eut aussi des régionalistes bretons engagés dans la Résistance, tout comme il y eut d’ailleurs des Français francophones pétainistes et des Français francophones résistants. Difficile, à partir de là, de condamner ou d’encenser la langue bretonne ou la langue française.

    Si la France assumait enfin son caractère plurilingue, elle se rappellerait peut-être que bien des poilus sont morts pour la nation en ne parlant pas français, mais une de ces langues minoritaires qu’elle s’emploie à détruire. Elle comprendrait qu’il est possible de parler catalan ou alsacien ou franco-provençal et de se sentir français, tout comme il est possible d’être proeuropéen sans avoir à renoncer à être français !

    Je le dis d’ailleurs en passant à ceux de mes amis occitanistes qui présentent l’occitan comme « la langue de la tolérance » : ils commettent la même erreur de raisonnement que leurs adversaires. L’occitan n’a pas plus le monopole de la tolérance que le français n’a celui de la liberté. Toutes les langues peuvent servir toutes les idées, les meilleures comme les plus nauséabondes. C’est même pour cela qu’elles sont égales.

     

  • « Si Libération, Le Monde, Charlie Hebdo, France inter, France culture… Si tous ces gens disent la même chose, d’ailleurs ils disent toujours la même chose, le premier qui a menti donne le ton pour tous les autres, qui vont ensuite mentir. »

    Michel Onfray