Catégorie : Personnel

  • Catholiques en terre orthodoxe (2008)

     

     

    Regardez http://www.paris.catholique.fr/Russie-Pelerin-de-l-unite-un.html

  • Charles Péguy et Jeanne d’Arc

    Charles Péguy

    Le Porche du mystère de la deuxième vertu (1912)

    « La petite Espérance s’avance entre ses deux grandes sœurs
    et on ne prend pas seulement garde à elle.
    Sur le chemin du salut, sur le chemin charnel, sur le chemin
    raboteux du salut, sur la route interminable, sur la route
    entre ses deux sœurs la petite espérance
    S’avance.
    Entre ses deux grandes sœurs.
    Celle qui est mariée.
    Et celle qui est mère.
    Et l’on n’a d’attention, le peuple chrétien n’a d’attention
    que pour les deux grandes sœurs.
    La première et la dernière.
    Qui vont au plus pressé.
    Au temps présent.
    A l’instant momentané qui passe.
    Le peuple chrétien ne voit que les deux grandes sœurs, n’a
    de regard que pour les deux grandes sœurs.
    Celle qui est à droite et celle qui est à gauche.
    Et il ne voit quasiment pas celle qui est au milieu.
    La petite, celle qui va encore à l’école.
    Et qui marche.
    Perdue dans les jupes de ses sœurs.
    Et il croit volontiers que ce sont les deux grands
    qui traînent la petite par la main.
    Au milieu.
    Entre les deux.
    pour lui faire faire ce chemin raboteux du salut.
    Les aveugles qui ne voient pas au contraire.
    Que c’est elle au milieu qui entraîne ses grandes sœurs.
    Et que sans elle elles ne seraient rien.
    Que deux femmes déjà âgées.
    Deux femmes d’un certain âge.
    Fripées par la vie.
    C’est elle, cette petite, qui entraîne tout. »

    (Ed. Gallimard, coll. La Pléiade, Œuvres poétiques complètes, pp. 176-177)

    Le Porche du Mystère de la deuxième vertu (1912)

    « Il pense avec tendresse à ce temps où il ne sera plus.
    Parce que n’est-ce pas on ne peut pas être toujours.
    On ne peut pas être et avoir été.
    Et où tout marchera tout de même.
    Où tout n’en marchera pas plus mal.
    Au contraire.
    Où tout n’en marchera que mieux.
    Au contraire.
    Parce que ses enfants seront là, pour un coup.

    Ses enfants feront mieux que lui, bien sûr.
    Et le monde marchera mieux.
    Plus tard.
    Il n’en est pas jaloux.
    Au contraire.
    Ni d’être venu au monde, lui, dans un temps ingrat.
    Et d’avoir préparé sans doute à ses fils peut-être un
    temps moins ingrat.
    Quel insensé serait jaloux de ses fils et des fils de ses fils.

    Est-ce qu’il ne travaille pas uniquement pour ses enfants.

    Il pense avec tendresse au temps où on ne pensera plus
    guère à lui qu’à cause de ses enfants. »

    (Ed. Gallimard, coll. La Pléiade, Œuvres poétiques complètes, p. 546)

    Le mystère de la Charité de Jeanne d’Arc (1910)

    « Vous vous attardez, paroisses vous vous attardez à produire des saintes et des saints les plus grands. Et pendant ce temps-là, sans avertir, sans prévenir personne, une petite paroisse de rien du tout avait enfanté le saint des saints. D’un seul coup, du premier coup, elle était arrivée, elle avait enfanté le saint des saints. Dans un éclair elle avait réussi, elle avait fait ce qui ne se refera jamais plus, elle avait fait, enfanté celui qui éternellement ne s’enfantera plus. Et comme vous autres, paroisses, vous avez pour patrons saint Crépin et saint Crépinien, tout de même, Bethléem, tu as pour patron saint Jésus. D’autres ont saint Marceau et saint Donatien; et Rome a saint Pierre. Mais toi, Bethléem, petite paroisse obscure, petite paroisse perdue, toi maline tu as saint Jésus, et nul ne pourra te l’enlever éternellement jamais. Car il est ton propre patron, comme saint Ouen est le patron de Rouen. Car c’est ce saint-là que tu as mis au monde; un jour du monde que tu as mis au monde. Tu as produit ce saint-là, tu as enfanté ce saint-là. Et nous autres nous ne sommes que des petites gens.
    Et il n’y aura plus que de petites gens, depuis qu’une paroisse est venue, qui a tout pris pour elle.
    Avant même qu’on ait commencé. Il n’y aura plus jamais, éternellement jamais, que des petites gens. »

    (Ed. Gallimard, coll. La Pléiade, Œuvres poétiques complètes, p. 403)

  • Alexeï Khomiakov sur l’état du christianisme occidental vers 1850

    Alexeï Khomiakov, « Quelques mots par un chrétien orthodoxe sur les communions occidentales à l’occasion d’un mandement de Mgr l’Archevêque de Paris » (1857)

    « Le triomphe définitif du scepticisme religieux n’est point encore arrivé; mais même au temps présent [au milieu du XIXe siècle!] l’Europe occidentale tout entière peut être considérée comme n’ayant aucune religion, quoiqu’elle n’ose point se l’avouer. Les individus sont tourmentés du désir d’en avoir une, et n’en trouvant pas, se contentent généralement de ce que les Allemands ont fort bien nommé religiosité – mot admirablement ironique qui correspond du reste à la religion subjective de Néander et fait le revers de la foi du charbonnier. Les États, c’est-à-dire les gouvernements comprenant fort bien les avantages sociaux d’une religion quelconque, surtout pour les classes inférieures du peuple, font semblant d’en avoir une pour ne pas se trouver face à face avec une incrédulité patente. (Cela n’empêche pas certainement les gouvernants d’avoir quelquefois, comme individus, une certaine dose plus ou moins forte de religiosité)

    Tous, gouvernants et gouvernés, sont dirigés par le précepte machiavélique : « Si Dieu n’existait pas, il faudrait l’inventer », mais tous, gouvernants et gouvernés se contentent soit d’un fantôme, soit d’un à peu près de religion. L’expression la plus claire de l’état présent serait peut-être de dire que l’idée latine de religion l’a emporté sur l’idée chrétienne de foi, et c’est ce que le monde n’a pas encore remarqué. Le monde sans foi tient à avoir une religion quelconque; de la religion en général. Ainsi l’incrédulité seule a de la franchise, et elle est le plus souvent attaquée non parce qu’elle est incrédule et en cela mauvaise, mais parce qu’elle est franche et en cela bonne et noble. L’indignation publique poursuit le pair de France qui proclame du haut de la tribune sa propre incrédulité et celle de ses auditeurs; l’indignation publique poursuit le poète dont les oeuvres sont l’hymne de l’athéisme (Pauvre et admirable Shelley! Les accents de son incrédulité sont souvent pleins d’un christianisme qu’il n’a jamais compris, et ne devraient inspirer qu’une profonde compassion pour cette noble intelligence si fatalement égarée.) elle poursuit le savant qui sape par de laborieuses recherches les bases d’une religion à laquelle il ne croit pas; mais l’indignation publique n’a rien à dire à l’hypocrisie religieuse, qui est pour ainsi dire l’unique religion de l’Occident. »

    A.S. Khomiakov, L’Église latine et le Protestantisme au point de vue de l’Église d’Orient,Vevey, Xenia, 2006, p. 148-149

  • Malévitch en ukrainien

    https://www.youtube.com/watch?v=Tjnp-PwKVA0

    J’ai reçu cette émission d’un Ukrainien du Canada, Marko Stech. C’est en fait  un compte-rendu élargi de ma monographie éditée magnifiquement en 1913 aux éditions ukrainiennes de Lydia Lykhatch, Rodovid. Cet essai est très équilibré, sans nationalisme étroit, et avec une vue juste de la place de l’école ukrainienne dans l’avant-garde de Russie et  d’Union soviétique dans les années 1910-1920, ce que je proclame incessamment dans tous mes écrit.

    Je ne connais pas personnellement Marko Stech, mais il m’avait demandé, il y a quelque temps, des photographies de Valentine et de moi. J’en ai trouvé quelques unes dans le chaos de mes archives, dont il a utilisé une.

    Valentine Marcadé et Mikhaïl Andreenko,

    pour une Épiphanie catholique dans

    les années 1970 (36, rue Saint-Sulpice)

    Valentine Maracadé, Jean-Claude Marcadé., Sofia Grigorievna Laffite, début années 1970 jpg

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Valentine Marcadé, Jean-Claude Marcadé, Sophie Laffite (née Sofia Grigorievna Glikman) lors de l’exposition « Malévitch-dessins » à la Galerie Chauvelin en 1971

  • Journée Malévitch à Genève (8 avril 2016)

    déjeuner du 08-04-2016

    Photographie d’Anne Baldassari

    Presque tous les participants au Colloque « Malévitch et la philosophie » à Genève le 8 avril 2016: à partir de la gauche : Alexandra Chatskih, Irina Conio, Natalia Smolianskaïa, X, Jean-Philippe Jaccard, Ioulia Podoroga, Gérard Conio, Patrick Vérité, Jean-Claude Marcadé (portant la « cravate Malévitch » brodé au point de Kiev par Valentine Marcadé sur un poncif de Bernard Marcadé, à l’occasion de l’exposition « Malévitch-Dessin » à la Galerie Jean Chauvelin, à Paris, en 1971; cette cravate est reproduite dans le livre de François Chaille, Cravates, Paris, Flammarion, 2003)

    N’est pas entré dans le cliché-  Emanuel Landolt de l’Université de Saint-Gall.