Catégorie : Politique

  • Macron croqué par Ulys

    Ulys a fait le meilleur résumé dessiné de ce que propose Macron

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  • NI….NI

    anthropologiquement parlant, il n’y a aucune possibilité de choisir

    entre les ricaneries d’opéra-comique de la Le Pen et les expressions de merlan frit de Macron;

    politiquement parlant – ENCORE MOINS…

  • Merkel bien voilée en Arabie Saoudite

    Après Macron coiffé par un internaute avec une coquille vide d’oeuf, voici son amie Mme Merkel « voilée » par des humoristes…

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    • Magnifique Mélenchon aujourd’hui à Marseille, terminant sa leçon magistrale de géo-politique par ce poème de Yannis Ritsos qui fut naguère interprété par la non moins magnifique Melina Mercouri

      Paix, Yannis Ritsos

      Le rêve de l’enfant, c’est la paix.
      Le rêve de la mère, c’est la paix.
      Les paroles de l’amour sous les arbres
      c’est la paix.

      Quand les cicatrices des blessures se ferment sur le visage
      du monde
      et que nos morts peuvent se tourner sur le flanc et trouver
      un sommeil sans grief
      en sachant que leur sang n’a pas été répandu en vain,
      c’est la paix.

      La paix est l’odeur du repas, le soir,
      lorsqu’on n’entend plus avec crainte la voiture faire halte
      dans la rue,
      lorsque le coup à la porte désigne l’ami
      et qu’en l’ouvrant la fenêtre désigne à chaque heure le ciel
      en fêtant nos yeux aux cloches lointaines des couleurs,
      c’est la paix.

      La paix est un verre de lait chaud et un livre posés devant
      l’enfant qui s’éveille.

      Lorsque les prisons sont réaménagées en bibliothèques,
      lorsqu’un chant s’élève de seuil en seuil, la nuit,
      à l’heure où la lune printanière sort du nuage
      comme l’ouvrier rasé de frais sort de chez le coiffeur du quartier,
      le samedi soir
      c’est la paix.

      Lorsque le jour qui est passé
      n’est pas un jour qui est perdu
      mais une racine qui hisse les feuilles de la joie dans le soir,
      et qu’il s’agit d’un jour de gagné et d’un sommeil légitime,
      c’est la paix.

      Lorsque la mort tient peu de place dans le cœur
      et que le poète et le prolétaire peuvent pareillement humer
      le grand œillet du soir,
      c’est la paix.

      Sur les rails de mes vers,
      le train qui s’en va vers l’avenir
      chargé de blé et de roses,
      c’est la paix.

      Mes Frères,
      au sein de la paix, le monde entier
      avec tous ses rêves respire à pleins poumons.
      Joignez vos mains, mes frères.
      C’est cela, la paix.

      Yannis Ritsos (1909 – 1990)
      Texte traduit du grec par l’auteur,
      Revue Europe, août-septembre 1983
      in Guerre à la guerre – éditions Bruno Doucey – octobre 2014

       

  • Jacques Sapir sur la primaire à gauche

    Je mets sur mon blog cette analyse féroce d’un économiste pour lequel j’ai le plus grand respect, même si je ne le suis pas dans son antieuropéisme radical, mais je sais qu’il a une connaissance en profondeur non seulement des questions économiques mais aussi des géopolitiques. S’il a raison sur Mélenchon, il me paraît trop radicalement sévère à l’égard de Macron qui a plus qu’ « une figure aimable »…

    Jacques Sapir

    217232 Les téléspectateurs français auront donc pu, jeudi 12 janvier, assister au premier débat de la « primaire » de la « gauche » organisée par le P « S ». Le moins que l’on puisse en dire est qu’il n’a pas soulevé l’enthousiasme des foules. © REUTERS/ STEPHANE DE SAKUTIN 3,5 millions de télespectateurs ont regardé Hollande contre 9,9 millions en février Avec à peine plus de 3 millions de téléspectateurs, on est presque à 2 millions en dessous du premier débat de la « primaire » de la droite. Les réponses ont été convenues, et l’ambiance assez morne. Les débats entre les candidats montrent que l’espace politique de ces derniers se réduit désormais considérablement. Au point que l’on peut se demander si cela a le moindre sens de désigner un vainqueur. Ils furent donc sept, Pinel, Valls, Montebourg, Hamon, Peillon, Bennhamias et de Rugy, comme les sept nains de Blanche-Neige. Sauf qu’il n’y eut aucun chevalier pour donner le baiser de la vie à un P « S » en état de coma dépassé. Tous les candidats présentent, à un degré ou à un autre, le même problème: ils ne sont guère crédibles, et en tous les cas certainement moins que d’autres candidats, comme Emmanuel Macron ou Jean-Luc Mélenchon qui, eux, ne concourent justement pas à la « primaire » organisée par le Parti « socialiste ». Valls et Macron, ou le côté obscur de la farce… Manuel Valls est confronté à la tâche quasi-impossible de faire oublier en quelques semaines son propre bilan comme chef du gouvernement. Il dit ainsi vouloir supprimer l’article 49.3 de la constitution, alors que en tant que Premier ministre, il en a usé et abusé lors du vote de la loi travail, au printemps 2016. On peut supposer que Manuel Valls a rencontré la révélation du rôle du 49.3, sa candidature représentant alors son « Chemin de Damas » en la matière. Mais on peut aussi douter de sa capacité à en convaincre les électeurs de « gauche ». De même, s’il met aujourd’hui tant d’insistance à proclamer son attachement aux valeurs de la dite « gauche », à se présenter comme un « rassembleur », c’est qu’il aura quelques difficultés à en convaincre les électeurs. Sa candidature ne repose que sur l’hypothèse d’une amnésie collective. Et l’on comprend bien où est, pour lui, le problème. C’est que la place du centre-gauche est déjà occupée par Emmanuel Macron. Le sémillant candidat des marchés financiers, de l’ubérisation de la société et de la banque a justement ce qui manque à l’ancien Premier ministre: une figure aimable: un discours tout aussi ronflant que creux qui cherche à vous faire prendre des vessies pour des lanternes, bref une posture moderne. © FLICKR/ FLASH.PRO Mainstream: retour à l’objectivité ou nouvelle stratégie de développement? On ne voit guère ce qui pourrait tenter l’électeur déjà tenté par un vote de centre-gauche de se prononcer pour Manuel Valls quand il a sous la main un Macron. Bien sûr, le bilan de ce dernier n’est guère plus glorieux que celui de son ancien patron. Les autocars, lancés à grand son de trompe, s’avèrent être une arnaque de première grandeur; sa dérèglementation de certaines professions s’avère être un désastre total; enfin, la responsabilité d’Emmanuel Macron est tout autant engagée dans le vote de la très contestable (et très contestée) « loi travail » que celle de l’ex-Premier ministre. Mais voilà, Emmanuel Macron apparaît bien moins usé par son passage au gouvernement que Manuel Valls. Si ce dernier avait quitté le gouvernement à l’été 2015, il en aurait (peut-être) été tout autrement. Valls arrive fourbu et épuisé, trainant derrière lui tel un boulet son bilan. On comprend qu’il ne fasse guère envie. Montebourg et Mélenchon Le grand adversaire de Manuel Valls, au sein de cette primaire, est Arnaud Montebourg, qui est censé incarner la « gauche » au sein de ce qui n’est plus qu’un double mensonge, le « parti socialiste ». Mensonge, bien sur, car ce « parti » n’est nullement socialiste, mais mensonge aussi car ce n’est plus depuis longtemps un parti, c’est à dire un instrument collectif représentant les intérêts de ses membres, mais bien l’instrument d’ambitions personnelles et le lieu d’expression de haines recuites et de pratiques délétères. Arnaud Montebourg avait réuni sur son nom 17% des voix lors de la « primaire » de 2011, ce qui est à comparer avec le score de son principal adversaire, Manuel Valls qui n’en avait réuni que 5%. Mais, son problème est qu’il a durablement altéré son image par des postures qui sont incompréhensibles. L’homme du « fabriqué en France » se réclame d’un partage de la souveraineté avec les institutions européennes. Outre le fait que la souveraineté ne se partage pas, chose qu’un juriste comme Montebourg devrait savoir, on ne voit pas bien l’utilité de « fabriquer en France » si l’on accepte de céder notre souveraineté. Le thème du « made in France » n’est compatible, en réalité, qu’avec une véritable position souverainiste. Il implique des positions protectionnistes, justement pour conserver et ramener des emplois vers le territoire français. On l’a d’ailleurs bien vu avec les récentes déclarations de Donald Trump. Cela, tout le monde peut le comprendre. Tout le monde, mais apparemment pas Arnaud Montebourg. Bien sûr, on peut toujours dire qu’une certaine incohérence de discours est nécessaire en politique. Mais, en réalité, cette incohérence peut s’avérer mortelle. Et cela d’autant plus qu’il y a, à gauche, un autre candidat qui dit aujourd’hui les mêmes choses, mais de manière bien plus cohérente qu’Arnaud Montebourg, c’est Jean-Luc Mélenchon. La candidature de Mélenchon, qui — rappelons-le — a fait le choix justifié de ne pas se présenter à cette funeste primaire, possède tout ce qui manque à Montebourg: une relative clarté sur la question de l’Euro tout comme sur celle de l’Union européenne, une véritable réflexion sur la réorientation de l’économie, sur la nécessité d’avoir des formes de planifications, et sur le lien entre économie et écologie. On peut faire tous les reproches que l’on veut à Jean-Luc Mélenchon; il n’en reste pas moins que le niveau de cohérence de son projet est incomparablement supérieur à celui d’Arnaud Montebourg. Pour un électeur de gauche, égaré encore au parti « socialiste », il est plus juste et plus utile de voter pour Mélenchon au premier tour de l’élection présidentielle, et de ne pas se déplacer à la « primaire ». La guerre des clowns © REUTERS/ BERTRAND GUAY Primaire à gauche: des candidats pour une France plus forte face à Trump et Poutine Faisons un rapide tableau des autres candidats. Benoît Hamon mène bien sa barque, mais c’est pour n’aller nulle part. Il adopte ce qu’il croit être une posture mitterrandienne, mais c’est une farce; une farce tranquille, mais néanmoins une farce. Sa candidature est en réalité vide de sens. Cela n’étonnera que ceux qui ont oublié sa désastreuse critique de la politique du gouvernement en septembre 2009, quand il reprochait à celui-ci, en pleine crise économique et financière, d’accroître le déficit. Ce candidat confond une « primaire » à l’élection présidentielle avec un congrès de son parti. Notons, à se décharge, qu’il n’est pas le seul. Vincent Peillon, l’homme qui fait subir à la philosophie et à l’histoire les derniers outrages, veut nous faire prendre une vulgaire magouille de congrès avec une véritable candidature. Qu’il ne soit pas immédiatement retrouvé aux urgences de l’Assistance Publique est bien la preuve qu’en France, et en particulier en politique, le ridicule ne tue plus, et parfois on a bien envie de dire, hélas…. Les deux compères écologistes, le duo de Rugy et Benhamias, voudraient nous infliger une de la primaire de Europe Ecologie Les Verts, où ils ont été vaincus. Nous avons aussi la candidate du PRG, Mme Sylvie Pinel. Oui, Sylvie Pinel; bon, Sylvie Pinel. Comment dire…Il me vient une référence de la littérature russe, cette phrase dans une œuvre de Mikhail Griboïedov: « et je te renvoie dans ton néant, à Tver ». Mme Sylvie Pinel ne connaît ni Griboïedov ni Tver, mais elle a beaucoup fréquenté le néant. En fait, prix en tenailles entre Emmanuel Macron sur la droite, et Jean-Luc Mélenchon sur la gauche, la primaire organisée par le parti « socialiste » n’a plus de sens depuis longtemps, car ses candidats sont incapables d’articuler une véritable vision des problèmes politiques, un programme cohérent, une image différente de la décomposition hollandiste, quand il ne sont pas, tout simplement, incapables… Cette primaire ne sert à rien, même si elle sert à certains, et permet de flatter les égo d’autres. Mais, c’est typiquement le genre de non-événement qui attire tellement les médias car il les dispense de parler des véritables sujets.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n’engagent que la responsabilité de l’auteur.

    En savoir plus: https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201701161029602891-telespectateurs-francais-premier-debat/

  • Fanny Ardant sur la pensée unique

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    Remontée, Fanny Ardant. Mercredi, elle était l’invitée de l’émission 28 minutes sur la chaîne Arte. A la question « Avez-vous l’impression qu’on confond la culture russe et la Russie politique ? », l’actrice de 67 ans n’a pas mâché ses mots.

    « Je pense que l’Occident est un donneur de leçons qui se croit toujours autorisé à donner des bons ou des mauvais points, alors qu’il a des années de colonialisme et de méfaits.

    Les journaux, les journalistes ont toujours besoin de diaboliser quelqu’un. C’est beaucoup moins simple que ca; personne ne pense à diaboliser l’Amérique. Vous avez toujours des espèces de boucs émissaires. Alors que la Russie, vous ne voyez pas le pour et le contre, vous êtes tellement des laquais de l’Amérique ».

    Le journaliste Thomas Legrand intervient alors faisant remarquer qu’il y a un impérialisme américain et un impérialisme russe et que les deux doivent être dénoncés. Mais Fanny Ardant a poursuivi son argument.

    « Je ne discuterais pas avec vous sur Poutine, car je ne connais pas les tenants et les aboutissants. Je sais simplement que quand on ouvre un bulletin d’informations, il y a la pensée unique sur les mêmes hommes et les mêmes choses. » Avant de faire référence… à l’Allemagne nazie. « Et quand vous êtes à court d’arguments, [les journalistes disent] vous êtes pour Hitler. Il y a un amalgame, On force la pensée unique et vous ne me ferez pas rentrer là-dedans ».

    Lu sur 28 minutes
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  • De la désinformation des media

    Accueil du site > Actualités > Médias > Alep : Éric Denécé dénonce « une falsification complète de la réalité » (…)

    Alep : Éric Denécé dénonce « une falsification complète de la réalité » dans les médias

    La dernière en date de ces dénonciations est celle d’Eric Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R). Voici ce qu’il déclare le 21 décembre 2016 sur LCI face à Yves Calvi (entretien intégral ici) :

    Éric Denécé : Un autre point qui me paraît important d’aborder, c’est ce qui se passe en ce moment à Alep. On est à mon sens sur une falsification de l’information qui est énorme. Bien sûr qu’il y a une guerre civile en Syrie, bien sûr que la situation d’Alep est inadmissible. Ceci dit, ça ne concerne que 30% d’Alep, ça concerne soit des civils qui sont pris en otages par des jihadistes, soit des gens qui refusent de quitter les quartiers parce qu’ils soutiennent ces mêmes jihadistes. On ne vous parle pas de tout ce qui se passe ailleurs en Syrie.

    Yves Calvi : On se fait rouler dans la farine avec Alep ?

    Éric Denécé : On se fait rouler dans la farine avec Alep. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas des victimes innocentes qui périssent.

    Yves Calvi : Y a bien une ville qui est détruite ?

    Éric Denécé : Il y a un tiers, seulement un tiers des quartiers d’Alep qui sont victimes des bombardements, et j’insiste, c’est un tiers de la ville dans lequel des jihadistes dangereux sont présents, et ce sont ces jihadistes qui depuis des années tirent sur les quartiers chrétiens, tirent sur le reste de la ville, ce dont on ne parle jamais. On ne parle pas non plus du massacre humanitaire que conduisent les Saoudiens aujourd’hui au Yémen, où systématiquement des hôpitaux sont ciblés, où des sites archéologiques sont détruits. Un de nos contacts qui rentrait du terrain l’autre jour nous disait la chose suivante : il disait qu’en Syrie, il y a des tas d’endroits où les choses se passent bien, c’est vrai qu’on peut aller dîner dans la rue le soir dans les quartiers de Damas, les gens de Damas vont passer l’été dans des bungalows à Lattaquié au bord de la mer…

    Yves Calvi : Ça rappelle une situation qu’on a notamment connue au Liban…

    Éric Denécé : Voilà. Donc le pays n’est pas à feu et à sang. Au Yémen, c’est totalement différent, il n’y a quasiment pas 1 km² qui ne soit pas bombardé par les Saoudiens, dans lesquels les combats n’aient pas lieu, et on ne parle pas de cela. Il y a un autre point que je voudrais évoquer, c’est que nous avons eu dans les années 1990, dans une ancienne colonie française, le Congo, une guerre civile a fait 400 000 morts sur 4 millions d’habitants, c’est-à-dire 10% de la population. On n’en parle pas non plus. Donc aujourd’hui, le focus qui est mis sur la Syrie d’une part, et sur Alep avec les désinformations qui les accompagnent est une falsification complète de la réalité. Ce qui ne veut pas dire qu’on défende Bachar el-Assad, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y ait pas de victimes civiles qui disparaissent, mais il y a quelque chose d’extrêmement dangereux : pour un jeune islamiste aujourd’hui, la façon dont les médias occidentaux présentent la crise d’Alep est une motivation pour passer à l’action.

    Yves Calvi : Comment l’expliquez-vous justement cette situation et ce manque de lucidité ? En l’occurrence, ce que vous êtes en train de nous expliquer l’a été, à ma surprise aussi, en partie, par les invités de l’émission que nous avons consacrée la semaine dernière à Alep. Et, je vous le dis franchement, je m’inquiétais d’être tout simplement en train de faire une émission révisionniste sur ce qui est en train de se passer au même moment et qui tire des larmes au monde entier…

    Éric Denécé : Là, par exemple, c’est très frappant, on voit la communauté syrienne en France et dans d’autres pays européens qui est absolument scandalisée de voir la façon dont les médias présentent la situation. Je pense que nos médias, en France, je suis obligé de rester un peu général, sont un peu suivistes du mainstream médiatique qui est impulsé et imposé par les médias anglo-saxons et par les médias arabes qui, eux, ont intérêt à présenter la situation en Syrie comme quelque chose d’absolument scandaleux. Et comme toujours, 300 000 morts dans cette guerre, 5 ans de guerre civile, c’est quelque chose d’horrible, il y a à peu près 90 000 militaires qui ont été tués, il y a à peu près 60-70 000 personnes soutenant le régime, ou en tout cas neutres, qui ont été massacrées. On nous présente les faits comme si Bachar avait tué 90% de la population, ce qui est inexact, ce qui ne veut pas dire que ce soit un saint.

    Le journaliste Nicolas Hénin relaie sur Twitter un graphique du Syrian Network for Human Rights, selon lequel 92,92% des victimes de la guerre en Syrie sont dues aux forces gouvernementales
    Yves Calvi : C’est extrêmement grave ce que vous nous dites, parce que ça veut dire que nous participons, d’une façon ou d’une autre, à la naissance des jihadistes et des assassins de demain.

    Éric Denécé : De deux façons : en étant toujours en relation avec des États qui encouragent directement ou indirectement le jihadisme, par le wahhabisme notamment, l’Arabie Saoudite et le Qatar. Et de l’autre côté, sur ce qui se passe aujourd’hui à Alep, le fait de mettre le focus en montrant à tort que les pauvres populations islamistes de ces quelques quartiers d’Alep sont des victimes de l’Occident, eh bien on redonne du carburant à ceux qui, dans nos banlieues ou à l’étranger, considèrent que le peuple arabe dans le monde est victime de l’ostracisme occidental, et ça les pousse à passer à l’action.

    ***
    Le 15 décembre sur LCI, Yves Calvi proposait un débat sur la libération d’Alep par Bachar el-Assad et son allié russe Vlamidir Poutine. Celui-là même dont il disait craindre, face à Éric Denécé, qu’il relève du « révisionnisme ». Intervenants : Frédéric Pons (journaliste, écrivain, spécialiste de géopolitique, professeur à Saint-Cyr et auteur de Poutine), Isabelle de Gaulmyn (rédactrice en chef adjointe au journal La Croix, un quotidien très présent pour couvrir Alep), Frédéric Pichon (professeur de géopolitique, spécialiste de la Syrie et chercheur associé à l’université François Rabelais de Tours, auteur de Syrie : pourquoi l’Occident s’est trompé aux éditions du Rocher) et le général Vincent Desportes (professeur de stratégie à Sciences Po et HEC, a dirigé l’école de guerre et auteur de La Dernière Bataille de France chez Galimard).

    En voici la première intervention…

    Frédéric Pons : On a assisté, en tout cas en Occident, en France, aux États-Unis, en Europe, à un déluge de mots extrêmement forts, on a parlé de génocide, de massacres à grande échelle. Il y a un peu de vrai et beaucoup d’intoxication, beaucoup de désinformation sur ce qui s’est passé. Le vrai, ce sont les bombardements au coeur d’une ville (…). On a oublié de dire, en tout cas les médias dominants, qu’il ne s’agit pas de l’ensemble de la ville d’Alep, il y a des précisions qui n’ont pas été données. Pour donner une échelle, les quartiers les plus détruits pourraient correspondre à un ou deux arrondissements de Paris. Le reste, ce qu’on appelle Alep-ouest, a été complètement épargné par les bombardements et les gens vivent là-bas. Quand on va là-bas, et je m’y suis rendu, les terrasses de cafés sont pleines de gens, alors qu’à Alep-est, ce sont des quartiers détruits où des gens se sont enterrés dans les caves pour échapper aux bombardements. (…)

    Yves Calvi : Y a des témoignages abominables, on va achever les gens dans des hôpitaux…

    Frédéric Pons : Parlons de ces témoignages. Quand je parle d’intoxication, de manipulation, on sait aujourd’hui qu’un certain nombre d’images présentées, venant d’Alep-est et de ces quartiers, ont été manipulées, un certain nombre de tweets de ces messages avec des personnes, des gens angoissés racontant leur calvaire, tout ça a été manipulé par la propagande islamiste. Nos médias ne l’ont pas dit, on le sait aujourd’hui. On sait aussi qu’une grande partie des bilans annoncés repose sur peu de choses, on sait que cet Observatoire syrien des droits de l’homme, qui est basé à Londres et qui est représenté par une seule personne, ne donne qu’une partie de la vérité, et les 400 000 morts annoncés aujourd’hui sur l’ensemble de cette guerre sont probablement à réduire de moitié.

    ***
    Le 15 décembre, sur France Info, André Bercoff s’insurgeait déjà contre la désinformation des médias sur Alep :

    Le 14 décembre, dans le 20h de France 2, Etienne Leenhardt (directeur-adjoint de l’information de France 2) admettait que les rebelles d’Alep étaient pour l’essentiel des soldats d’Al Qaida :

    Du côté de la presse écrite, on pourra noter l’entretien donné le 16 décembre au Figaro par Caroline Galactéros, docteur en science politique et colonel au sein de la réserve opérationnelle des Armées. Voici son jugement sur le traitement médiatique de la bataille d’Alep :

    « Si vous me pardonnez cette franchise, je le trouve globalement déplorable et surtout dangereux. Par ignorance, goût du sensationnalisme et de la polarisation manichéenne des situations, confiance excessive dans les réseaux sociaux, ou par inclination à relayer la doxa véhiculée par le pouvoir et ses alliés, la plupart des médias se sont engouffrés depuis des mois dans la brèche de la facilité et ont relayé bien des informations parcellaires voire fausses (cf. l’affaire des « Casques Blancs » ou « l’opération OSDH » – source unique elle aussi anglaise, clairement contestable et pourtant devenue la référence depuis cinq ans). Ils ont en conséquence nourri une interprétation déformée des enjeux et des faits. Bref, l’immense majorité des médias occidentaux s’est fait la caisse de résonnance naïve ou parfois sciemment complice d’une vaste entreprise de désinformation sur la nature des « rebelles », les objectifs réels de la guerre, l’idée même d’une guerre civile ou encore la dimension confessionnelle du conflit de fait secondaire mais montée en épingle, etc… »

    Elle ajoutera que, « depuis quatre ans, il n’y a plus un « rebelle modéré » en Syrie. C’est une pure utopie voire un mensonge éhonté et délibéré. »

    Le 20 décembre, un article du site de France-Info se demande : « Qui sont les rebelles encore présents à Alep ? » Au sein de la constellation de groupes armés, « le plus radical est le Front Fatah Al-Cham, le nouveau nom du Front Al-Nosra, l’ancienne filiale d’Al-Qaïda en Syrie« . Il adopte une « ligne jihadiste radicale : ses membres revendiquent la création d’un État islamique et l’application stricte de la charia« .

    On trouve aussi le mouvement Ahrar Al-Cham, qui « prône l’application stricte de la charia« . France Info précise :

    « Dans certaines zones qu’il contrôle à Alep, le groupe a imposé le port de la burqa, note l’Institute for the study of war, un think-tank américain. Ils organisent aussi des attentats à la voiture piégée, mais n’appellent pas à un jihad global hors des frontières syriennes, contrairement à d’autres groupes jihadistes. Malgré l’idéologie radicale du groupe, les Etats-Unis ont fourni des missiles anti-chars à Ahrar Al-Cham jusqu’en 2015, précise le document. »

    Une autre coalition se nomme Fatah Halab et constitue « environ la moitié du contingent rebelle au sein la ville » : « On y trouve à la fois des groupes islamistes, des organisations militaires plus neutres et certaines forces qui prônent la mise en place d’un régime démocratique.« 

    Difficile de trouver une cohérence idéologique au sein de cette alliance, concède France Info :

    « Des groupes proches des Frères musulmans y combattent aux côtés d’anciens militaires de l’armée syrienne ayant fait défection. On y retrouve aussi l’Armée syrienne libre (ASL) (…). L’ASL est loin de correspondre désormais à la perception que l’on en a en Occident, c’est-à-dire modérée et en faveur de la laïcité, du moins sur le terrain alépin. Les groupes ou les brigades qui lui sont affiliés ne sont pas jihadistes, certes, mais les Frères musulmans, qui y sont largement représentés, cherchent bel et bien à instaurer la charia« , explique au Monde diplomatique Fabrice Balanche, géographe spécialiste de la Syrie. »

    Déjà, dans un article du Monde du 15 mars 2016, on apprenait que l’Armée syrienne libre était désormais « sous la coupe d’Al-Nosra ».

    Bref, les rebelles apparaissent composés de jihadistes, d’islamistes purs et durs, et de groupes hétéroclites, dominés par des extrémistes. Et dire que certains continuent de les soutenir en espérant qu’en jaillissent la démocratie…


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