Remontée, Fanny Ardant. Mercredi, elle était l’invitée de l’émission 28 minutes sur la chaîne Arte. A la question « Avez-vous l’impression qu’on confond la culture russe et la Russie politique ? », l’actrice de 67 ans n’a pas mâché ses mots.
« Je pense que l’Occident est un donneur de leçons qui se croit toujours autorisé à donner des bons ou des mauvais points, alors qu’il a des années de colonialisme et de méfaits.
Les journaux, les journalistes ont toujours besoin de diaboliser quelqu’un. C’est beaucoup moins simple que ca; personne ne pense à diaboliser l’Amérique. Vous avez toujours des espèces de boucs émissaires. Alors que la Russie, vous ne voyez pas le pour et le contre, vous êtes tellement des laquais de l’Amérique ».
Le journaliste Thomas Legrand intervient alors faisant remarquer qu’il y a un impérialisme américain et un impérialisme russe et que les deux doivent être dénoncés. Mais Fanny Ardant a poursuivi son argument.
« Je ne discuterais pas avec vous sur Poutine, car je ne connais pas les tenants et les aboutissants. Je sais simplement que quand on ouvre un bulletin d’informations, il y a la pensée unique sur les mêmes hommes et les mêmes choses. » Avant de faire référence… à l’Allemagne nazie. « Et quand vous êtes à court d’arguments, [les journalistes disent] vous êtes pour Hitler. Il y a un amalgame, On force la pensée unique et vous ne me ferez pas rentrer là-dedans ».
Lu sur 28 minutes
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Depuis quelques jours, des voix se font entendre dans les grands médias pour dénoncer la désinformation qui sévit sur la guerre en Syrie, et plus particulièrement sur la bataille d’Alep, au sein de ces mêmes grands médias.
La dernière en date de ces dénonciations est celle d’Eric Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R). Voici ce qu’il déclare le 21 décembre 2016 sur LCI face à Yves Calvi (entretien intégral ici) :
Éric Denécé : Un autre point qui me paraît important d’aborder, c’est ce qui se passe en ce moment à Alep. On est à mon sens sur une falsification de l’information qui est énorme. Bien sûr qu’il y a une guerre civile en Syrie, bien sûr que la situation d’Alep est inadmissible. Ceci dit, ça ne concerne que 30% d’Alep, ça concerne soit des civils qui sont pris en otages par des jihadistes, soit des gens qui refusent de quitter les quartiers parce qu’ils soutiennent ces mêmes jihadistes. On ne vous parle pas de tout ce qui se passe ailleurs en Syrie.
Yves Calvi : On se fait rouler dans la farine avec Alep ?
Éric Denécé : On se fait rouler dans la farine avec Alep. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas des victimes innocentes qui périssent.
Yves Calvi : Y a bien une ville qui est détruite ?
Éric Denécé : Il y a un tiers, seulement un tiers des quartiers d’Alep qui sont victimes des bombardements, et j’insiste, c’est un tiers de la ville dans lequel des jihadistes dangereux sont présents, et ce sont ces jihadistes qui depuis des années tirent sur les quartiers chrétiens, tirent sur le reste de la ville, ce dont on ne parle jamais. On ne parle pas non plus du massacre humanitaire que conduisent les Saoudiens aujourd’hui au Yémen, où systématiquement des hôpitaux sont ciblés, où des sites archéologiques sont détruits. Un de nos contacts qui rentrait du terrain l’autre jour nous disait la chose suivante : il disait qu’en Syrie, il y a des tas d’endroits où les choses se passent bien, c’est vrai qu’on peut aller dîner dans la rue le soir dans les quartiers de Damas, les gens de Damas vont passer l’été dans des bungalows à Lattaquié au bord de la mer…
Yves Calvi : Ça rappelle une situation qu’on a notamment connue au Liban…
Éric Denécé : Voilà. Donc le pays n’est pas à feu et à sang. Au Yémen, c’est totalement différent, il n’y a quasiment pas 1 km² qui ne soit pas bombardé par les Saoudiens, dans lesquels les combats n’aient pas lieu, et on ne parle pas de cela. Il y a un autre point que je voudrais évoquer, c’est que nous avons eu dans les années 1990, dans une ancienne colonie française, le Congo, une guerre civile a fait 400 000 morts sur 4 millions d’habitants, c’est-à-dire 10% de la population. On n’en parle pas non plus. Donc aujourd’hui, le focus qui est mis sur la Syrie d’une part, et sur Alep avec les désinformations qui les accompagnent est une falsification complète de la réalité. Ce qui ne veut pas dire qu’on défende Bachar el-Assad, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y ait pas de victimes civiles qui disparaissent, mais il y a quelque chose d’extrêmement dangereux : pour un jeune islamiste aujourd’hui, la façon dont les médias occidentaux présentent la crise d’Alep est une motivation pour passer à l’action.
Yves Calvi : Comment l’expliquez-vous justement cette situation et ce manque de lucidité ? En l’occurrence, ce que vous êtes en train de nous expliquer l’a été, à ma surprise aussi, en partie, par les invités de l’émission que nous avons consacrée la semaine dernière à Alep. Et, je vous le dis franchement, je m’inquiétais d’être tout simplement en train de faire une émission révisionniste sur ce qui est en train de se passer au même moment et qui tire des larmes au monde entier…
Éric Denécé : Là, par exemple, c’est très frappant, on voit la communauté syrienne en France et dans d’autres pays européens qui est absolument scandalisée de voir la façon dont les médias présentent la situation. Je pense que nos médias, en France, je suis obligé de rester un peu général, sont un peu suivistes du mainstream médiatique qui est impulsé et imposé par les médias anglo-saxons et par les médias arabes qui, eux, ont intérêt à présenter la situation en Syrie comme quelque chose d’absolument scandaleux. Et comme toujours, 300 000 morts dans cette guerre, 5 ans de guerre civile, c’est quelque chose d’horrible, il y a à peu près 90 000 militaires qui ont été tués, il y a à peu près 60-70 000 personnes soutenant le régime, ou en tout cas neutres, qui ont été massacrées. On nous présente les faits comme si Bachar avait tué 90% de la population, ce qui est inexact, ce qui ne veut pas dire que ce soit un saint.
Le journaliste Nicolas Hénin relaie sur Twitter un graphique du Syrian Network for Human Rights, selon lequel 92,92% des victimes de la guerre en Syrie sont dues aux forces gouvernementales
Yves Calvi : C’est extrêmement grave ce que vous nous dites, parce que ça veut dire que nous participons, d’une façon ou d’une autre, à la naissance des jihadistes et des assassins de demain.
Éric Denécé : De deux façons : en étant toujours en relation avec des États qui encouragent directement ou indirectement le jihadisme, par le wahhabisme notamment, l’Arabie Saoudite et le Qatar. Et de l’autre côté, sur ce qui se passe aujourd’hui à Alep, le fait de mettre le focus en montrant à tort que les pauvres populations islamistes de ces quelques quartiers d’Alep sont des victimes de l’Occident, eh bien on redonne du carburant à ceux qui, dans nos banlieues ou à l’étranger, considèrent que le peuple arabe dans le monde est victime de l’ostracisme occidental, et ça les pousse à passer à l’action.
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Le 15 décembre sur LCI, Yves Calvi proposait un débat sur la libération d’Alep par Bachar el-Assad et son allié russe Vlamidir Poutine. Celui-là même dont il disait craindre, face à Éric Denécé, qu’il relève du « révisionnisme ». Intervenants : Frédéric Pons (journaliste, écrivain, spécialiste de géopolitique, professeur à Saint-Cyr et auteur de Poutine), Isabelle de Gaulmyn (rédactrice en chef adjointe au journal La Croix, un quotidien très présent pour couvrir Alep), Frédéric Pichon (professeur de géopolitique, spécialiste de la Syrie et chercheur associé à l’université François Rabelais de Tours, auteur de Syrie : pourquoi l’Occident s’est trompé aux éditions du Rocher) et le général Vincent Desportes (professeur de stratégie à Sciences Po et HEC, a dirigé l’école de guerre et auteur de La Dernière Bataille de France chez Galimard).
En voici la première intervention…
Frédéric Pons : On a assisté, en tout cas en Occident, en France, aux États-Unis, en Europe, à un déluge de mots extrêmement forts, on a parlé de génocide, de massacres à grande échelle. Il y a un peu de vrai et beaucoup d’intoxication, beaucoup de désinformation sur ce qui s’est passé. Le vrai, ce sont les bombardements au coeur d’une ville (…). On a oublié de dire, en tout cas les médias dominants, qu’il ne s’agit pas de l’ensemble de la ville d’Alep, il y a des précisions qui n’ont pas été données. Pour donner une échelle, les quartiers les plus détruits pourraient correspondre à un ou deux arrondissements de Paris. Le reste, ce qu’on appelle Alep-ouest, a été complètement épargné par les bombardements et les gens vivent là-bas. Quand on va là-bas, et je m’y suis rendu, les terrasses de cafés sont pleines de gens, alors qu’à Alep-est, ce sont des quartiers détruits où des gens se sont enterrés dans les caves pour échapper aux bombardements. (…)
Yves Calvi : Y a des témoignages abominables, on va achever les gens dans des hôpitaux…
Frédéric Pons : Parlons de ces témoignages. Quand je parle d’intoxication, de manipulation, on sait aujourd’hui qu’un certain nombre d’images présentées, venant d’Alep-est et de ces quartiers, ont été manipulées, un certain nombre de tweets de ces messages avec des personnes, des gens angoissés racontant leur calvaire, tout ça a été manipulé par la propagande islamiste. Nos médias ne l’ont pas dit, on le sait aujourd’hui. On sait aussi qu’une grande partie des bilans annoncés repose sur peu de choses, on sait que cet Observatoire syrien des droits de l’homme, qui est basé à Londres et qui est représenté par une seule personne, ne donne qu’une partie de la vérité, et les 400 000 morts annoncés aujourd’hui sur l’ensemble de cette guerre sont probablement à réduire de moitié.
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Le 15 décembre, sur France Info, André Bercoff s’insurgeait déjà contre la désinformation des médias sur Alep :
Le 14 décembre, dans le 20h de France 2, Etienne Leenhardt (directeur-adjoint de l’information de France 2) admettait que les rebelles d’Alep étaient pour l’essentiel des soldats d’Al Qaida :
Du côté de la presse écrite, on pourra noter l’entretien donné le 16 décembre au Figaro par Caroline Galactéros, docteur en science politique et colonel au sein de la réserve opérationnelle des Armées. Voici son jugement sur le traitement médiatique de la bataille d’Alep :
« Si vous me pardonnez cette franchise, je le trouve globalement déplorable et surtout dangereux. Par ignorance, goût du sensationnalisme et de la polarisation manichéenne des situations, confiance excessive dans les réseaux sociaux, ou par inclination à relayer la doxa véhiculée par le pouvoir et ses alliés, la plupart des médias se sont engouffrés depuis des mois dans la brèche de la facilité et ont relayé bien des informations parcellaires voire fausses (cf. l’affaire des « Casques Blancs » ou « l’opération OSDH » – source unique elle aussi anglaise, clairement contestable et pourtant devenue la référence depuis cinq ans). Ils ont en conséquence nourri une interprétation déformée des enjeux et des faits. Bref, l’immense majorité des médias occidentaux s’est fait la caisse de résonnance naïve ou parfois sciemment complice d’une vaste entreprise de désinformation sur la nature des « rebelles », les objectifs réels de la guerre, l’idée même d’une guerre civile ou encore la dimension confessionnelle du conflit de fait secondaire mais montée en épingle, etc… »
Elle ajoutera que, « depuis quatre ans, il n’y a plus un « rebelle modéré » en Syrie. C’est une pure utopie voire un mensonge éhonté et délibéré. »
Le 20 décembre, un article du site de France-Info se demande : « Qui sont les rebelles encore présents à Alep ? » Au sein de la constellation de groupes armés, « le plus radical est le Front Fatah Al-Cham, le nouveau nom du Front Al-Nosra, l’ancienne filiale d’Al-Qaïda en Syrie« . Il adopte une « ligne jihadiste radicale : ses membres revendiquent la création d’un État islamique et l’application stricte de la charia« .
On trouve aussi le mouvement AhrarAl-Cham, qui « prône l’application stricte de la charia« . France Info précise :
« Dans certaines zones qu’il contrôle à Alep, le groupe a imposé le port de la burqa, note l’Institute for thestudy of war, un think-tank américain. Ils organisent aussi des attentats à la voiture piégée, mais n’appellent pas à un jihad global hors des frontières syriennes, contrairement à d’autres groupes jihadistes. Malgré l’idéologie radicale du groupe, les Etats-Unis ont fourni des missiles anti-chars à Ahrar Al-Cham jusqu’en 2015, précise le document. »
Une autre coalition se nomme Fatah Halab et constitue « environ la moitié du contingent rebelle au sein la ville » : « On y trouve à la fois des groupes islamistes, des organisations militaires plus neutres et certaines forces qui prônent la mise en place d’un régime démocratique.«
Difficile de trouver une cohérence idéologique au sein de cette alliance, concède France Info :
« Des groupes proches des Frères musulmans y combattent aux côtés d’anciens militaires de l’armée syrienne ayant fait défection. On y retrouve aussi l’Armée syrienne libre (ASL) (…). L’ASL est loin de correspondre désormais à la perception que l’on en a en Occident, c’est-à-dire modérée et en faveur de la laïcité, du moins sur le terrain alépin. Les groupes ou les brigades qui lui sont affiliés ne sont pas jihadistes, certes, mais les Frères musulmans, qui y sont largement représentés, cherchent bel et bien à instaurer la charia« , explique au Monde diplomatique Fabrice Balanche, géographe spécialiste de la Syrie. »
Déjà, dans un article du Monde du 15 mars 2016, on apprenait que l’Armée syrienne libre était désormais « sous la coupe d’Al-Nosra ».
Bref, les rebelles apparaissent composés de jihadistes, d’islamistes purs et durs, et de groupes hétéroclites, dominés par des extrémistes. Et dire que certains continuent de les soutenir en espérant qu’en jaillissent la démocratie…
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Escoutat capbat la moutagna
Cantat lous anjous de Nadau
E de Béthlèem la campagna
Pren lou de heste annau
Gloria, gloria in excelsis Deo (bis)
Lou hilh de Diu s’ey heit mayanaitje
At mey des praubes qu’ey mascut
Lous aulhès d’u pétit bilatje
Coum u dès louès l’an arcuelhut
Lou Diu d’et ceu è dé la terra
Qu’a dat moustra de soum amou.
Et qui ‘nsé débè hè la guerra
Nous da lou hilh per Saubadou.
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Le ciel est noir, la terre est blanche ; – Cloches, carillonnez gaîment ! – Jésus est né ; – la Vierge penche Sur lui son visage charmant. Pas de courtines festonnées Pour préserver l’enfant du froid ; Rien que les toiles d’araignées Qui pendent des poutres du toit. Il tremble sur la paille fraîche, Ce cher petit enfant Jésus, Et pour l’échauffer dans sa crèche L’âne et le boeuf soufflent dessus. La neige au chaume coud ses franges, Mais sur le toit s’ouvre le ciel Et, tout en blanc, le choeur des anges Chante aux bergers : » Noël ! Noël ! «
Théophile Gautier. Émaux et Camées (1852)
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Тучи с ожерёба Ржут, как сто кобыл, Плещет надо мною Пламя красных крыл. Небо словно вымя, Звезды как сосцы. Пухнет Божье имя В животе овцы. Верю: завтра рано, Чуть забрезжит свет, Новый под туманом Вспыхнет Назарет. Новое восславят Рождество поля, И, как пес, пролает За горой заря. Только знаю: будет Страшный вопль и крик, Отрекутся люди Славить новый лик. Скрежетом булата Вздыбят пасть земли… И со щек заката Спрыгнут скулы-дни. Побегут, как лани, В степь иных сторон, Где вздымает длани Новый Симеон. 1917
Сергей Есенин Sergueï Essénine
****** Advent Es treibt der Wind im Winterwalde die Flockenherde wie ein Hirt und manche Tanne ahnt wie balde sie fromm und lichterheilig wird. Und lauscht hinaus: den weißen Wegen streckt sie die Zweige hin – bereit und wehrt dem Wind und wächst entgegen der einen Nacht der Herrlichkeit.
Rainer Maria Rilke
***** Ангели з неба злетіли на крилах, Добру новину нам возвістили. Зірка велика над стайнею сяє, Дорогу до Бога, дорога до Бога Всім осіяє!
Великеє диво сталося нині – В яслах на сіні маленька Дитина, А біля Нього щасливая мати Пісню співає, пісню співає Малому Дитяті!
Так воплотилася воля Господня, Бо наш Спаситель родився сьогодні. Ми на колінах Його привітаймо, Богу живому, Богу живому Хвалу воздаймо!
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Καλήν εσπέραν άρχοντες Καλήν εσπέραν άρχοντες, αν είναι ορισμός σας, Χριστού τη Θεία γέννηση, να πω στ’ αρχοντικό σας. Χριστός γεννάται σήμερον, εν Βηθλεέμ τη πόλη, οι ουρανοί αγάλλονται, χαίρεται η φύσις όλη.
Εν τω σπηλαίω τίκτεται, εν φάτνη των αλόγων, ο βασιλεύς των ουρανών, και ποιητής των όλων. Πλήθος αγγέλων ψάλλουσι, το Δόξα εν υψίστοις, και τούτο άξιον εστί, η των ποιμένων πίστις.
Εκ της Περσίας έρχονται τρεις μάγοι με τα δώρα άστρο λαμπρό τους οδηγεί χωρίς να λείψει ώρα.
Σ’ αυτό το σπίτι που ‘ρθαμε, πέτρα να μη ραγίσει κι ο νοικοκύρης του σπιτιού χρόνια πολλά να ζήσει.
« They’re a small country, they’re a weak country, they don’t produce anything that anybody wants to buy. »
Obama -Alas!Alas!Alas!- est devenu avec le temps un petit président qui, entre autre, n’a même pas su défendre les meurtres réguliers de ses congénères noirs.
Il feint d’oublier que Bush-père était directeur de la CIA depuis 1976… Une CIA qui n’a pas cessé d’oeuvrer jusqu’à aujourd’hui à des déstabilisations partout dans le monde.
Qui est Pierre Le Corf, humanitaire breton basé à Alep?
Pierre Le Corf a 27 ans, originaire du Morbihan, il a tout quitté il y a deux ans et demi pour mener un tour du monde solidaire. Depuis huit mois, il est installé à Alep et vit au quotidien avec ses habitants. Il essaie d’apporter son soutien, une mission non sans risque.
Cela fait huit mois qu’il est installé à Alep (zone ouest) en Syrie et qu’il veut apporter son aide à la population.Pierre Le Corf a 27 ans, il serait le seul français établi sur place depuis aussi longtemps. Fils d’ostréiculteurs et originaire du Morbihan, il a tout quitté, tout vendu il y a 3 ans, pour fonder son association We are superheroes et se lancer dans un tour du monde solidaire. Joint par téléphone lundi, il explique son parcours, et son envie de rester en Syrie, tant qu’il pourra.
Alep, « l’une des plus grandes communautés marginalisées du monde, des fantômes qui essaient de survivre et de croire en demain »
« J’y suis arrivé il y a 8 mois à travers une autre ONG (SOS Chrétiens d’Orient) qui était touchée par les actions que je menais dans d’autres pays. Au départ, mon projet (We are superheroes) c’était de donner du sens à l’histoire des gens et de transmettre leur savoir, en tant qu’expérience de vie. Au fur et à mesure le programme s’est mis en place sur des zones de génocide, de gangs. Cela a touché beaucoup de gens. Cette ONG a voulu encourager le travail que je faisais et m’a proposé de venir en Syrie pour continuer.
Je ne pensais pas rester trop longtemps. Je suis arrivé en passant par Damas. En arrivant à Alep, j’ai découvert des gens extraordinaires, une situation qui dépassait de très très loin ce que les médias racontaient à son propos et j’ai eu envie de rester. Du coup c’est ce que j’ai fait pour à la fois transmettre ce qui se passe ici, et aussi créer des programmes qui puissent véritablement aider les gens. »
Agir au quotidien
Pierre Le Corf s’est fixé plusieurs missions notamment celle de pouvoir fournir des trousses de premiers soins. Il finance lui même ces projets, « une grosse responsabilité » qui l’amène désormais à lancer des collectes de fond pour pouvoir continuer. Il raconte son quotidien.
« Il n’y a pas de journée type ici parce que la guerre change tout tout le temps. Il y a des jours où des gens que vous aimez se font tuer par une roquette, donc vous allez voir où c’est tombé, vous allez rencontrer la famille à l’hôpital, vous allez essayer de trouver des solutions pour l’aider. »
Rester ?
« Beaucoup de gens sont inquiets autour de moi. Je ne prends jamais de risques immodérés, après évidemment les roquettes et les mortiers tombent là où ils tombent. Ne pas porter de gilet pare-balles ? C’est une vrai volonté, il n’y pas d’intérêt à porter un gilet pare-balles dans un endroit où les gens n’en ont pas. Pourquoi moi j’aurais le droit d’en porter un et pas eux ? »
We are superheros : partir et donner à voir les autres
« We are superheroes c’était il y a deux ans et demi. Je devais être au plus près de la réalité. Je viens d’une famille très modeste, sans vraiment beaucoup de moyens. Je suis parti très tôt de chez moi. J’ai grandi dans un environnement compliqué. Au fur et à mesure des années, j’ai fini par plus ou moins réussir, par vivre correctement même, en montant des projets d’entreprise. Mais au bout d’un moment, je ne me reconnaissais plus vraiment. Ayant grandi dans ces environnements-là, j’ai toujours été auprès de gens qui avaient besoin d’aide. J’ai moi-même grandi avec des gens qui ont été capables de me tendre la main. Du coup j’ai décidé de me reconcentrer sur ce qui importait le plus, à savoir ceux dont on parlait le moins. J’ai eu envie d’arriver à découvrir le monde non pas comme on me le racontait mais comme il l’était réellement et ne pas me limiter à la France sur ma perception de l’être humain. »
Le journaliste Pierre Lévy imagine ici ironiquement les dernières heures de Bernard-Henri Lévy avant les résultats des primaires de la droite.
Fin de dimanche paisible aux Deux Magots (l’emblématique café de Saint-Germain des Prés, récemment rebaptisé Les deux Mac Do en raison de la vague populiste qui menace de submerger la France, l’Europe et le monde). Humblement assis tout au fond de la salle, Bernard-Henri Lévy – qui n’aime rien tant que la discrétion – devise avec quelques proches, auxquels s’est jointe une poignée de journalistes amis.
Une douce chaleur enveloppe le bistro mythique, au point que le phare de la pensée mondiale a défait jusqu’au cinquième bouton de sa chemise, toujours d’une immaculée blancheur, même quand il passe en revue les combattantes kurdes sur le front irakien. Cette décontraction vestimentaire, confient ses amis, exprime sa modeste manière de protester contre le réchauffement de la planète, qui est, avec le discrédit absurde des élites mondialisées, l’autre plaie des temps modernes.
Tout naturellement, la conversation roule sur le premier tour des primaires à droite, dont les résultats seront connus dans quelques heures. Le plus grand philosophe que la France ait connu depuis Jean-Baptiste Botul, voire Vercingétorix, est également un fin connaisseur de la vie politique hexagonale. Il jubile, car désormais, il en est sûr : ce sera Nicolas.
Il faut faire donner l’aviation puis l’infanterie françaises pour sauver la cité des griffes du boucher de Damas et de celles de son terrifiant mentor du Kremlin
Il a d’ailleurs ce matin-là fait une brève excursion dans la périphérie parisienne, du côté du 16ème arrondissement, et a même poussé l’aventure jusqu’en banlieue – à Neuilly – sans garde du corps ni caméra, pour mieux se pénétrer du sentiment populaire. Et son verdict est sans appel : l’ancien chef de l’Etat l’emportera haut la main. Sa naturelle prudence l’empêche d’exprimer complètement sa conviction, mais il confiera en aparté que son ami pourrait même gagner dès le premier tour. Or tous le savent : ses intuitions ne le trompent jamais.
Du coup, il se laisse aller à évoquer quelques projets qui lui tiennent à cœur, de nature à inverser la terrible marche du monde vers l’abîme, le redoutable triomphe de «l’amour du vide (et de) la haine de l’autre». Il faut tuer le pire, s’enflamme-t-il à la pensée des nouvelles équipées qu’il se réjouit de préparer avec le mari de Carla.
Une première expédition s’impose comme un devoir moral inspiré des Lumières : venir au secours d’Alep martyrisée. Il faut faire donner l’aviation puis l’infanterie françaises pour sauver la cité des griffes du boucher de Damas et de celles de son terrifiant mentor du Kremlin. Car le soleil des intellectuels est également un fin stratège militaire, et se remémore non sans émotion la brillante croisade qui a permis de débarrasser la terre du dictateur Kadhafi, et d’apporter ainsi bonheur, sérénité et progrès au peuple libyen – et à toute la région.
Accessoirement – il s’en ouvre ce soir avec gourmandise – il a déjà jeté les jalons d’un grand film qui retracera cette épopée historique destinée à sauver la Syrie, et pourrait même forcer sa nature en se mettant en scène, naturellement dans un humble second rôle. Après Le serment de Tobrouk, qui fit trembler le box office planétaire – 85 entrées en tout, places exo comprises – le génie de la pensée et de l’action rêve de réaliser Le Serment d’Alep, qui pourrait aussi s’appeler Terminator, le retour.
Pour autant, sa générosité planétaire tourmentée ne le laisse pas en paix. Il se fait fort de convaincre le futur président Sarkozy de capitaliser sur son prochain triomphe syrien. De manière entendue, il regarde son bras et promène son regard alternativement sur deux points de part et d’autre de celui-ci. Les familiers de Bernard-Henri ont compris : il entend signifier ainsi qu’il faut franchir la Manche.
Et venir ainsi au secours des malheureux Britanniques victimes du Brexit, en quelque sorte pris en otage par «des rebelles analphabètes et des néonationalistes à sueurs froides et front de bœuf», promoteurs de la haine de l’Autre – et plus particulièrement la haine de la Finance, signe indiscutable de l’antisémitisme rampant, rappelle-t-il opportunément. Au nom de la «boursouflure du moi» (un défaut que le simple citoyen Lévy abhorre par-dessus tous les autres), ceux-ci ont fait triompher le «souverainisme le plus rance et (le) nationalisme le plus bête», ouvrant ainsi la perspective d’une «Europe qui est en train de se dissoudre dans le néant (du) ressentiment».
Eh bien, il faut redonner la parole à l’amour et à la raison, affirme en substance le fleuve de la pensée du 21e siècle. Une expédition militaire pourrait y pourvoir, d’autant que les accords de coopération signés par l’ancien et futur chef de l’Etat avec la perfide Albion nous donnent accès à tous ses secrets militaires. La démocratie y gagnerait, tant il va de soi que les Britanniques regrettent désormais leur vote, à l’instar des expatriés continentaux qui ont manifesté leur refus de voir Londres perdre son statut de ville ouverte, multiculturelle et donc européenne.
A propos de manifestations, justement, le philosophe humaniste refuse qu’on laisse orphelins ces protestataires américains qui refusent, ô combien légitimement, l’élection de l’«antisémite» Donald Trump. Celui-ci ne rêve-t-il pas de laisser Vladimir Poutine envahir les Pays baltes et la Pologne, et de «dealer» avec lui sur le Moyen-Orient ? Il faut venir au secours de cette Amérique ouverte ! Evidemment, une nouvelle opération La Fayette ne serait pas une mince affaire, qui verrait le pays des droits de l’Homme venir à nouveau au secours du peuple frère américain. Mais il se fait fort de convaincre Nico.
Encore faut-il que celui-ci accède à l’Elysée, lui fait-on doucement remarquer. Or les derniers jours de campagne sembleraient indiquer une percée de François Fillon. La lumière de l’Occident balaie d’un revers de main cette hypothèse ridicule. Ne serait-ce que parce que les électeurs n’accepteront jamais de placer en tête un homme suspecté de nourrir quelques intentions amicales vis-à-vis de Moscou, tranche-t-il d’un ton assuré.
Les convives ne peuvent qu’acquiescer devant une telle évidence, confirmée par tous les sondages.
Du reste, chacun le sait : la perspicacité et la prescience du philosophe-stratège-politologue-combattant n’ont jamais été prises en défaut.
Décidément, BHL n’a rien perdu de sa lucidité, de son humanisme et de son énergie. Nous voilà rassurés.
Du même auteur : Le «système» mondialisé subit une défaite historique
Le Congrès des rabbins à Moscou a montré qu’en Russie il y avait un dialogue efficace avec toutes les religions; aussi il n’y a pas d’antisémitisme violent sur les personnes et les lieux de culte comme en Europe, même si la « rhétorique antisémite » reste forte.
Съезд раввинов Европы в Москве
В Москве вчера завершил свою работу съезд раввинов Европы. Раввины выразили свою обеспокоенность ростом антисемитизма и вспышек терроризма в европейских странах, но призвали евреев не поддаваться угрозам террористов, а искать совместно с властями способы противостояния. Участники съезда охотно противопоставляли Россию странам Старого Света, где проблем с безопасностью, с их точки зрения, становится все больше. Эксперты подтвердили “Ъ”, что антисемитизм в России сохраняется в основном на уровне риторики.
Около 500 раввинов (в основном приверженцы движения «Хабад») из 38 европейских стран приняли участие в съезде, инициаторами которого стали главный раввинат России и Федерация еврейских общин России. Делегаты посетили могилы праведников, связанных с историей хасидизма, приняли участие в коллективных молитвах и торжественных мероприятия в нескольких городах России и сопредельных стран: в Смоленске, Любавичах (Смоленская область), в Лиозно и Лядах (Белоруссия) и в Алматы (Казахстан). В Москве раввины посетили Еврейский музей и Центр толерантности и еврейский религиозно-культурный центр «Жуковка».
Что обсуждалось на съезде европейских раввинов в Москве?
По словам главного раввина России Берла Лазара, «одним из основных вопросов на съезде стала безопасность еврейских общин в условиях возросшего антисемитизма в европейских странах». «Основная проблема сегодня в Европе — это то, что евреи ощущают новую волну антисемитизма, чего не было уже десятилетия,— сказал раввин.— Приехав сюда, многие делегаты поразились тому, что можно было спокойно ходить по улице в еврейской одежде, не боясь». По его мнению, «главное для евреев не бояться антисемитизма, а бороться с этим явлением». «Задача антисемитов — чтобы евреи стали бояться жить в Европе и покинули ее. А мы верим, что нужно бороться: нужно молиться, обращаться к властям, чтобы они приняли меры, в конце концов нам нужно самим себя защищать,— убежден Берл Лазар.— Самый лучший ответ на действия антисемитов — развивать еврейскую жизнь. Если евреи видят, что строятся новые синагоги, школы, они понимают, что еврейская жизнь здесь имеет будущее».
Как в Москве прошел VII съезд Конгресса еврейских религиозных организаций и объединений в России
Тревогу участников съезда разделяет президент Европейского еврейского конгресса Вячеслав Кантор. «Европейские еврейские общины сейчас сталкиваются с новыми вызовами: ростом институционального антисемитизма и угрозой радикального исламизма,— рассказал он корреспонденту “Ъ”.— Террористы подвергают атакам все те принципы и общие ценности, которые мы вместе отстаиваем. Нападения на религиозные учреждения и священников демонстрируют, что ненависть перешла все границы». По его мнению, «жителям европейских стран вне зависимости от вероисповедания и национальной принадлежности нужно сплотиться, чтобы изгнать террор, насилие и нетерпимость».
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Свое опасение по поводу ухудшения положения евреев в Европе из-за роста антисемитизма и угрозы терроризма неоднократно высказывали и члены «Конференции европейских раввинов» — организации, объединяющей более 700 раввинов главных синагог Европы. «Довольно долгое время мы были единственной мишенью для нападений в Европе,— заявил недавно президент “Конференции европейских раввинов” Пинхас Гольдшмидт.— После того как в ноябре 2015 года произошли теракты в Париже, а в начале года прогремел взрыв в аэропорту Брюсселя, Европа поняла, что экстремизм не только проблема евреев, а огромная проблема для самой Европы». По его мнению, «до тех пор пока мы будем бояться назвать врагов нашего общества поименно, мы не сможем защитить себя». «Сегодня главная угроза для Европы исходит от радикального ислама,— уточнил раввин.— Но в Европе нет определения радикальному исламу. Сейчас не существует границы между умеренным и радикальным исламом». По мнению господина Гольдшмидта, настало время сообща найти меры, которые помогут обезопасить Европу от экстремизма и терроризма.
По мнению председателя Конгресса еврейских религиозных организаций и объединений в России, члена «Конференции европейских раввинов» Шимона Левина, с проявлениями антисемитизма евреи наиболее часто сталкиваются во Франции. «За два последних года 15 тыс. евреев уехали из этой страны,— сказал он.— Сейчас самая большая еврейская община во Франции, там живет около 500 тыс. евреев, но по нашим прогнозам, в ближайшие 20 лет ее покинет примерно 200 тыс. человек».
Как европейские евреи вновь нашли себе руководителя в России? По мнению главного раввина России Берла Лазара, «у участников съезда вызвал шок уровень развития еврейской общины в России».Президент Федерации еврейских общин России Александр Борода считает, что «у европейских раввинов вызвал интерес опыт взаимодействия российской еврейской общины с властями и российский опыт межконфессионального диалога, который более развит, чем в Европе». «Съезд раввинов по существу поставил Россию в пример странам Европейского союза в том, что касается положения евреев и снижения уровня антисемитизма в обществе,— убежден руководитель Центра по изучению проблем религии и общества Института Европы РАН, президент Гильдии экспертов по религии и праву Роман Лункин.— Акцентируя внимание на борьбе с терроризмом, съезд раввинов поддержал усилия Кремля и явно улучшил образ России в мире».
«В России физические нападения по антисемитским соображениям — редкое явление,— подтвердил “Ъ” директор информационно-аналитического центра “Сова” Александр Верховский.— Даже случаев вандализма у нас намного меньше, чем в Западной Европе. Сейчас антисемитизм у российских ультраправых отходит на второй план, их больше интересует Кавказ, Средняя Азия». По словам господина Верховского, исламские радикалы, на долю которых приходится значительная часть антисемитской активности в Западной Европе, в России не так активны. «Что касается антисемитской риторики, то ее у нас много»,— признал эксперт.