Catégorie : Politique

  • Hélène Chatelain (1935-2020)

    Je connaissais la comédienne et scénariste Hélène Châtelain, pour laquelle j’avais  beaucoup d’estime et d’admiration pour son activité, mais elle ne faisait pas partie de mon cercle rapproché. Je l’ai connue à Toulouse dans la mouvance d’Armand Gatti dont elle était l’aide (je pensais même à cette époque que c’était sa compagne), au début des années 1980. Hélène et Gatti ont organisé dans la capitale toulousaine toute une série d’événements artistiques autour de Khlebnikov. J’ai été invité le 14 mars 1984 à faire une conférence sur Khlebnikov dans la célèbre librairie Ombres blanches, dans le cadre des activités théâtrales de l’équipe d’Armand Gatti autour du thème « La Victoire sur le soleil ». Y ont participé  mes amis Alexeï Khvostenko et Sergueï Essaïan qui ont monté, entre autre, L’erreur de la mort du grand Vélimir. Est inoubliable pour moi la lecture par Khvostenko de l’Incantation par le rire, ce poème transmental de Khlebnikov: c’était un énorme grondement, des roulements, des rugissements sonores qui m’ont fait penser au tableau de Répine  Les Zaporogues écrivant au Sultan turc – il ne faut pas oublier que Khlebnikov a  une mère ukrainienne,  comme Larionov  et comme Hélène Châtelain. J’étais donc sensible à cette dimension ukrainienne chez la scénariste Hélène Châtelain, qui a fait, entre autre, un film qui m’a marqué – Nestor Makhno, un paysan ukrainien. Quand seront débarrassées de l’aventure anarchiste makhnovienne en 1918-1921 les falsifications grossières de  la propagande bolchevique ou ultra-droitière, on pourra voir le vrai visage de Makhno qui représente un type d’authentique Ukrainien (ce qui n’est pas le cas de l’horrible nazi Bandéra qui est aujourd’hui glorifié à Kiev). J’ai eu sur Makhno aussi le témoignage de  Maguelone, la veuve du graveur Jean Lébédev qui a fréquenté Nestor Makhno à Paris jusqu’à sa mort (le frère de Jean Lébédev, Nikolaï Kontantinovitch Lébédev,  était un historien anarcho-syndicaliste, ayant traduit en russe Élisée Reclus, ami de Kropotkine, un des fondateurs et directeur de son musée à Moscou).

  • Réponse d’Alexandre Soljénitsyne à Jean-Claude Marcadé en 1972

    En mettant en ordre mes archives, je suis tombé sur un ensemble de copies de lettres dont je ne sais pas  si les originaux sont jamais parvenus à ceux à qui je les avais envoyés en 2010 (Nikita Struve, Natalia Soljénitsyna), n’ayant jamais reçu d’accusé de réception. C’est pourquoi j’ai décidé de les publier dans mon blog, en suivant l’ordre chronologique des envois.

     

     


  • La honte des bien-pensants…

    Edward Snowden

    @Snowden
    Images of Ecuador’s ambassador inviting the UK’s secret police into the embassy to drag a publisher of–like it or not–award-winning journalism out of the building are going to end up in the history books. Assange’s critics may cheer, but this is a dark moment for press freedom.

  • Au secours ! Retour du maccarthysme…

    AU SECOURS ! RETOUR DU MACCARTHYSME!

    L’ histoire se répète, nous dit Marx, comme une farce. Nous en faisons l’expérience, depuis au moins deux ans de façon paroxystique, avec les méthodes des enquêtes qui   interprètent les faits de façon hystérique et paranoïaque, mais une hystérie et une paranoïa bien calculées et visant un seul objectif, Untel ou Untel, créés de toute pièce comme ennemis, érigés en boucs émissaires, boucs émissaires dont le grand anthropologue chrétien René Girard a démonté les mécanismes. Une grille de lecture est créée à laquelle on se réfère avec un automatisme réflectif pavlovien : les faits avérés ne suffisent pas, il faut du probable et de l’improbable, du highly likely, une hyper-interprétation des relations humaines, des coïncidences (« Si ce n’est toi, c’est donc ton frère!), rappelant, mutis mutandis, l’hyper-criticisme faurissonnien. À cela s’ajoute une sélection éhontée des informations : Qui veut tuer son chien l’accuse de la rage…

    Ce néo-maccarthysme inauguré par les États-Unis se répand dans toute l’Europe et touche non seulement la géo-politique, les politiques nationales, les faits-divers gonflés en événements quasi planétaires, mais pratiquement tous les media qui font une course commerciale à l’information-buzz pour attirer le chaland. Le journal de référence Le Monde se veut un premier de cordée dans la pipolisation de ce  « journalisme d’investigation » maccarthyste.

  • Jacques Sapir sur la calamiteuse rencontre Troump-Macron

    Jacques Sapir

    Derrière les flonflons et les déclarations tonitruantes, l’ovation au Congrès des Etats-Unis, la visite d’Emmanuel Macron pourrait bien s’avérer désastreuse. Car Macron est parti en position de faiblesse, face à un Président américain, Donald Trump, qui était conforté par les premiers résultats de sa politique.
    Il s’avère qu’Emmanuel Macron a été dans l’incapacité d’obtenir gain de cause sur quelques grands dossiers que ce soit. De ce point de vue, cette visite est un échec. Mais il y a pire. En matière d’image, cette visite a été une catastrophe. Les photos montrant le Président français soit dans une position ridicule soit dans une position de soumission face à son homologue américains, même si elles ne traduisent pas nécessairement une réalité, circuleront massivement. Emmanuel Macron a commis, avec ce voyage, sa première faute majeure.

    L’accord avec l’Iran

    Sur l’accord avec l’Iran, où les enjeux étaient de taille, Emmanuel Macron a subi un échec évident. Cet accord avait, pourtant, stabilisé la situation (1). Qu’il y ait eu des points complexes, et des points de compromis, dans cet accord est une évidence. Mais, il en va de même dans tout accord (2).
    «Ça devient gênant votre romance»: quand le Web ironise sur les rapports Trump-Macron
    L’important était qu’avec cet accord on avait une garantie que l’Iran ne deviendrait pas une nouvelle puissance nucléaire, un acte potentiellement déstabilisant qui pourrait pousser l’Arabie Saoudite et l’Egypte à faire de même, mais qui pouvait aussi se comprendre quand on sait qu’Israël est un proliférateur clandestin massif, avec un arsenal estimé entre 150 et 250 têtes nucléaires. En acceptant de ne pas poursuivre l’enrichissement de l’uranium jusqu’à la qualité militaire, tout en se réservant le droit de poursuivre cet enrichissement pour une qualité civile l’Iran avait accepté le cadre global d’une surveillance internationale.
    Donald Trump avait annoncé, dès sa campagne, qu’il voulait sortir de cet accord et le remettre en cause. On en saura plus le 12 mai. Sur ce point précis, la France était sur la même position que la Russie, dont le Ministre des affaires étrangères, M. Lavrov, a déclaré il y a peu que si Donald Trump sortait de l’accord, il pourrait bien être le père du nucléaire iranien. La déclaration de Trump, sur laquelle Macron a donné son accord, de « renégocier » l’accord montre qui a gagné sur ce point. Une « renégociation » est toujours extrêmement difficile sur des sujets aussi délicats que la question du nucléaire. De plus, les derniers actes des Etats-Unis, et hélas de la France, comme les frappes en Syrie, ne peuvent que convaincre les dirigeants iraniens que seul un armement nucléaire les mettra à l’abri des foucades des pays occidentaux. De ce point de vue, on n’a hélas pas fini de mesurer ce que cette action, illégale au regard du droit international, aura comme conséquences en matière de prolifération. Dans ces conditions, on peut penser que les dirigeants iraniens seront beaucoup moins flexibles dans toute nouvelle négociation qu’ils ne l’avaient été de 2013 à 2015, lors de la négociation de l’accord. Surtout, l’idée même d’une « renégociation » implique que le traité existant est caduc.

    Trump, Macron et le multilatéralisme

    Sur cette question aussi, Emmanuel Macron a largement échoué à faire changer Donald Trump d’opinion. Ce dernier considère, et on ne peut lui donner tort, que ses déclarations fracassantes ont déjà produit des résultats. Et, de fait, on constate que la Chine commence à modifier ses tarifs commerciaux sur les automobiles. On a pu plaisanter sur la « politique Twitter » de Donald Trump; mais on découvre en réalité que cette politique donne des résultats. Et, l’image qui se dégage de Trump est bien différente de celle que nous servent à satiété, et jusqu’à l’écoeurement, les grands médias, qu’ils soient français ou américains. Que le Président des Etats-Unis soit un personnage brutal, réactionnaire, avec un goût prononcé pour la provocation est certain. Mais il n’est pas l’imbécile ou l’irresponsable que se plaisent à décrire les grands journaux, de Paris ou de la Cote Est!

    Trump-Macron, une relation ambiguë

    On savait le multilatéralisme commercial à l’agonie depuis l’échec du « cycle de Doha » impulsé par l’OMC dans les années 2000. C’était d’ailleurs l’une des raisons qui me faisaient pronostiquer un mouvement de démondialisation dès 2010 (3). Trump en a tiré froidement le bilan. Il ajuste la politique des Etats-Unis à la nouvelle situation. Nul ne peut dire à l’heure actuelle s’il obtiendra le grand mouvement de retour vers les Etats-Unis des industriels qui sont partis dans les années 1990 et 2000. Mais, il a clairement donné un coup d’arrêt au phénomène des délocalisations.

    Une erreur d’échéancier

    Si Emmanuel Macron a pensé qu’il pourrait se présenter en défenseur des « grands principes », il a manifestement erré. Car, la France est sur ce point isolée. Elle ne pourrait retrouver une certaine capacité de peser sur les décisions américaines que si elle s’associait aux puissances qui contestent aujourd’hui la politique des Etats-Unis, c’est à dire la Chine et la Russie. Et, de ce point de vue, on peut penser qu’Emmanuel Macron aurait bien mieux fait de commencer par une visite à Moscou avant d’aller voir Trump. Cette erreur dans l’échéancier des visites, car il est prévu qu’il rencontre Vladimir Poutine en juin, doit être expliqué. D’une part, Emmanuel Macron participe de cette campagne de certains des milieux occidentaux visant à « démoniser » la Russie. Il a cru renforcer sa position face à Vladimir Poutine, qu’il rencontrera probablement en juin. Mais, en fait, il se présentera, face à lui, affaiblie par ses échecs aux Etats-Unis.
    Visite de Macron aux USA: une victoire médiatique mais un échec diplomatique cuisant
    Mais il y a une autre raison qui peut expliquer cette erreur d’échéancier. Emmanuel Macron nourri l’ambition de changer les institutions européennes. Le problème est qu’il s’est heurté à un mur. Privilégiant une relation avec l’Allemagne, il s’est détourné de l’Italie — un pays qui aurait pourtant intérêt à ce changement — mais aussi des pays de l’Europe centrale. Or, l’Allemagne, et il faut savoir que cela concerne tant la CDU-CSU que la SPD, n’a aucune raison, et aucune intention, de changer quoi que ce soit dans l’Union européenne. L’Allemagne profite largement des institutions existantes; elle les défendra sans faiblir. Isolé, sans alliés, sur la question de la réforme de l’UE, et on l’a vu lors de son discours devant le Parlement européen, Emmanuel Macron a cru trouver un allié de circonstances en la personne de Donald Trump. D’où cette calamiteuse visite et les images à laquelle elle donne lieu. Emmanuel Macron est parti nu aux Etats-Unis. Il en reviendra « une main derrière, une main devant » comme on dit dans le midi de la France!

    Macron aux États-Unis: rupture ou soumission face à Trump?

    Reste les images que l’on peut avoir de cette visite. Elles sont déplorables, et surtout leurs conséquences seront lourdes. Les embrassades appuyées (surtout du côté de Macron), la scène assez ridicule où les deux hommes plantent le chêne offert en cadeau, voire cette photo, assez dramatique quant à l’image qu’elle transmet, ou Emmanuel Macron est pris par la main par Trump comme un petit enfant par son père, resteront dans les mémoires. Les Français se sentiront, et se sentent déjà, humiliés par le comportement de leur Président. Ce sentiment d’humiliation n’avait pas été pour rien dans le désamour profond qui s’était installé entre les français et François Hollande. Emmanuel Macron glisse rapidement sur la même pente.

    (1)http://www.parisschoolofeconomics.eu/docs/haidar-jamal-ibrahim/sanctions.pdf

    (2) Joyner D.H., Interpreting the Non-Proliferation Treaty, Londres, Oxford University Press, 2011

    (3) Sapir J., La Démondialisation, Paris, Le Seuil, 2010.

  • Macron le toutou de Troump…

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    Aussi répugnant que le baiser de Honecker et de Brejnev

    Quelle honte que le spectacle donné par le freluquet français qui se laisse traîner comme s’il était en laisse et qui se fait  donner une leçon de civilité hygiénique en trouvant très drôle que le Beauf américain essuie les pellicules de son veston…

    Trump jokingly brushes ‘dandruff’ off Macron

    Washington (CNN)Brushing dirt off one’s shoulders is very much a thing of the aughts. Brushing dandruff off someone else’s shoulders, however, is so very 2018.

    This is a fact we learned on Tuesday, during a meeting between President Donald Trump and French President Emmanuel Macron.

    « They’re all saying what a great relationship we have, and they’re actually correct, » Trump said to Macron and gathered press in the Oval Office. « We do have a very special relationship. In fact, I’ll get that little piece of dandruff off — we have to make him perfect. He is perfect. »

    Trump then turned to Macron and brushed his shoulder. Now, we don’t know that Macron suffers from a dry scalp, but it doesn’t matter.

    A short list of things you typically do for people with whom you have a very « special relationship »:

    1. Feed their pet
    2. Get them coffee
    3. Bring them medicine
    A shorter list of things you typically don’t do:
    1. Publicly announce that you are going to brush dandruff off their shoulder, and then proceed to do so on camera
    This has been your daily reminder on how diplomacy can be awkward.