Trois films, un magnifique, un deuxième passionnant, un autre exécrable : la dernière réalisation de Wajda Powidoki [traduit en français par « Les fleurs bleues »], un film allemand Lou Andreas-Salomé et un film anglais The Young Lady d’après la nouvelle de Leskov Une lady Macbeth du district de Mtsensk.
Le film posthume de Wajda qui porte un titre polonais qui peut être traduit par « images rémanentes », ce qui n’a pas paru très commercial aux promoteurs et ont préféré un titre fleur bleue (un bouquet de fleurs bleues joue en rôle dans le film). Définition de « image rémanente » dans wikipedia :
« Une image rémanente ( afterimage en anglais) est une illusion optique qui continue à apparaître après que l’exposition de l’original a cessé. C’est la propriété d’une sensation visuelle qui persiste après la disparition du stimulus ; ce dernier étant un facteur qui agit sur une cellule, un organe ou un organisme en provoquant une réponse musculaire ou nerveuse. »
Le sujet est l’histoire tragique de Władysław Strzemiński, un grand créateur suprématiste-uniste polonais qui tient tête au système policier de la Pologne devenue communiste stalinienne en 1946. On voit toute l’horreur de la situation des êtres humains, en particulier des artistes qui ne se soumettent pas à la dictature d’un parti unique.
Ce film devrait être montré dans la Russie d’aujourd’hui, car on voit toute une partie de l’opinion de ce pays « réhabiliter » Staline, en oubliant l’asservissement et les crimes de ce régime qui prétendait faire le bonheur du peuple…
Le film Lou Andreas-Salomé retrace, avec de belles images documentaires, la biographie de cette femme russe qui a été dans l’orbite de Nietzsche, qui l’a aimée follement et ne s’est jamais remis du refus de Louiza Goustavovna von Salomé de lui appartenir, comme elle l’a refusé aux autres hommes (même à son mari légal), sauf à Rainer Maria Rilke avec lequel elle a vécu des amours torrides (le film ne montre pas qu’elle a entraîné le grand poète autrichien dans sa Russie natale). Elle fut aussi dans l’orbite de Freud. Le film débute avec l’héroïne à la fin de sa vie, quand elle vit recluse pendant le nazisme, menacée à chaque instant d’être arrêtée, et le fil de sa vie se déroule au fur et à mesure de ses souvenirs depuis sa jeunesse à Saint-Pétersbourg. La réalisatrice du film ne se contente pas de l’aspect hautement romanesque de la vie de Lou Andreas-Salomé, elle fait passer également certains aspects intellectuels et philosophiques de sa personnalité.
