Auteur/autrice : Jean-Claude

  • Des origines ukrainiennes

    A propos de l’exposition « Sainte Russie » au Louvre, j’ai tenu cette conférence en décembre 2010 à l’Université Jules Verne à Amiens

    jean-claude marcadéDes confusions lexicales idéologiques, débouchant sur une traduction « cavalière », au nom d’une problématique « identité nationale » : Svjataja Rus’,  devenue au Louvre Svjataja Rossija

     

    Il sera question ici, non de mettre  en question la qualité de l’exposition qui s’est tenue au Louvre, dans la cadre de l’Année franco-russe, sous le titre « Sainte Russie », mais de contester avec force cette appellation qui a plus à voir avec la conjoncture politique qu’avec la vérité historique.

    Du point de vue purement esthétique, cette exposition était remarquable par la beauté des objets et  des documents exposés. Pour ce qui est de la peinture d’icônes, il n’est pas commun de voir réunis non seulement les icônes très connues par les nombreuses publications des insignes fonds du Musée national russe et de la Galerie nationale Trétiakov, mais également des œuvres des musées de province de la Fédération russe qui contiennent des trésors, comme ceux de Novgorod, de Iaroslavl, de Souzdal-Vladimir, de Vologda, de Solvytchégodsk, du musée national près le monastère Saint-Cyrille du Lac Blanc et des prêts de beaucoup d’autres musées et bibliothèques des deux capitales de la Russie ainsi que de plusieurs villes européennes. Cette énumération des lieux d’où provenaient les œuvres exposées est impressionnante et dit à elle seule l’ampleur de l’investigation.

    On s’attendait dans ces conditions à visiter dans un musée de l’importance universelle du Louvre une exposition de peinture qui aurait permis d’avancer dans la connaissance des différentes écoles artistiques depuis la Rous’ kiévienne à la Rus’ moscovite et à l’Empire Russe, du Xème siècle au début du XVIIIème. Est-il besoin de le dire, les écoles artistiques de Kiev, de Galicie-Volynie, de Sub-Carpatie, de Novgorod, de Pskov, de Moscou, de Iaroslavl, de Rostov-Souzdal, de Carélie et autres, ont chacune  des traits distinctifs qu’il aurait été du plus haut intérêt de faire connaître à un public français qui a de la peine à s’y retrouver dans l’immense mosaïque de la peinture d’icônes, créée dans les pays orthodoxes et plus spécialement dans le monde slave russien. On  connaît relativement bien dans l’art sacré de l’Italie les écoles siennoises, ombriennes, vénitiennes, florentines romaines, liguriennes, lombardes et autres, et on aurait besoin pour l’art né sur les territoires russiens – l’Ukraine, la Russie, la Biélorous’ – c’est-à-dire ceux de la Svjataja Rus’, d’avoir quelques éléments de connaissance et de réflexion, autrement le public reçoit cette peinture comme un magma d’où ne ressortent que les sujets de la hiérohistoire orthodoxe.

    Ce ne sont pas les études qui manquent – tout une bibliothèque en russe, depuis leurs débuts dans la seconde moitié du XIXème siècle ; notons que la nouvelle de Leskov Zapečatlennyj Angel de 1873 comporte de façon embryonnaire certes, une indication sur les diverses écoles russes :

    «[Иконопись] это дело, художество божественное, и у нас есть таковые любители из самых мужичков, что не только все школы, в чём, например, одна от другой отличаются в письмах : устюжские или новгородские, московские или вологодские, сибирские либо строгановские, и даже в одной и той же школе известных старых мастеров русских рукомесло одно от другого без ошибки отличают.»[1]

    D’ailleurs, la bibliographie à la fin du catalogue Sainte Russie permet de se rendre compte de la foison de la littérature sur le sujet. Et la recherche française a été parmi les pionnières au début du XXème siècle avec, en 1921, le livre classique de Louis Réau L’art russe des origines à Pierre le Grand : cette somme est, certes, sur beaucoup de points datée et lacunaire par rapport à ce que l’histoire de l’art connaît aujourd’hui sur le sujet. D’autre part, fidèle à l’histoire de l’art dans l’Empire Russe, il ne fait aucune distinction lexicale entre l’adjectif issu de Rus’ et celui issu de Rossija, tout est «russe» depuis 862 juqu’à 1650. De plus, nous ne saurions être d’accord aujourd’hui sur quelques jugements esthétiques globaux de l’auteur qui parle de «l’infériorité relative de l’art russe» par rapport aux arts occidentaux, voire japonais ou islamiques, et cela à cause «de son manque de rayonnement»[2], le tout accompagné de généralités sur les influences du sol, du climat, tout à fait dans la ligne de la philosophie de l’art de Taine. Il eût fallu un Paul Valéry pour sortir de ses mises en rapport de l’art avec autre chose que lui-même, dans son être, dans sa présence, dans son aura propre. L’art de gauche russe, des années 1910-1920, a fait faire, de ce point de vue, une avancée capitale dans la perception de la peinture d’icônes comme un des sites essentiels de l’art universel.

    Malgré tout, L’art russe des origines à Pierre le Grand comporte beaucoup d’analyses  remarquables des écoles et des oeuvres avec un accent mis sur l’architecture russienne qui lui paraît être la production la plus originale de la période d’avant Pierre Ier.

    Il ne fait aucun doute que l’imposant catalogue du Louvre restera un ouvrage de référence par la qualité de la plupart des  articles et l’amplitude des domaines explorés et ce, malgré les reproductions systématiquement assombries de la majorité des icônes – ce qui est une triste spécialité de beaucoup de  catalogues du Louvre, de façon générale! Les articles sur l’art accompagnent le schéma historique principal, depuis «la peinture prémongole» jusqu’à l’école de Stroganov au XVIIème-XVIIIème siècles, en passant par Roubliov et Dionissii (curieusement Théophane le Grec n’est présent qu’épisodiquement). Les reproductions illustrant les articles ne comportent systématiquement  aucune date de création, ce qui ne facilite pas la lecture, d’autant plus que seules sont datées les oeuvres du catalogue, lequel n’est pas dans une section continue à part, mais inséré, selon les exigences typographiques, dans des cahiers entre les articles et force à des manipulations fastidieuses pour le trouver…Cela rend encore plus obscure une lecture un minimum cohérente de l’histoire de la peinture d’icônes.

    Mais d’ailleurs il ne s’agit pas essentiellement dans l’exposition du Louvre de l’histoire de l’art sacré russien, pourtant l’élément central de la sainteté russe, et ce,  malgré le sous titre du catalogue L’art russe des origines à Pierre le Grand qui reprend exactement le titre du livre de Louis Réau. En fait, il s’agit explicitement d’utiliser des oeuvres d’art pour illustrer une histoire, au sens heidegerrien de Historie, celle de la Russie de ses origines à Pierre, dit le Grand. Les huit sections qui scandent cette histoire, depuis «La Conversion» (le fameux Kreščenie Rusi) jusqu’au chapitre intitulé „De Michel Ier Romanov à Pierre le Grand“ qui déroule de façon linéaire, on pourrait dire téléologique a posteriori, l’avènement de Moscou et le triomphe de la Moskovskaja Rus‘ sur toutes les principautés russiennes. Cela était particulièrement flagrant dans l’exposition. Le paradoxe de cette présentation, c’est que Moscou doit céder la place dès 1703 à Saint-Pétersbourg.

    Ainsi, „Sainte Russie“ se voulait avant tout historique, les documents et les oeuvres d’art servant à enluminer ce canevas historique. Chacun des huit chapitres est introduit par un article de l’éminent historien de la Rus‘, notre collègue Pierre Goneau dont on ne saurait mettre en doute l’érudition, la compétence et l’autorité en ce domaine. Pour élargir cette question, je soulignerai que c’est maintenant une habitude quasi universelle, depuis une vingtaine d’années (le modèle étant venu des Etats-Unis) d’organiser des expositions selon des thèmes et malheureusement, souvent, l’anecdote thématique, certes plus populaire et propice à attirer des visiteurs, prime sur l’aspect purement artistique. Dans le cas de l’art sacré de la Rus‘, il aurait été sage de suivre les conseils de Louis Réau qui regrette que les „divisions traditionnelles de l’histoire de l’art russe [soient] uniquement basées sur l’évolution politique. Mais l’art et la politique ne concordent pas toujours. L’histoire des styles ne se laisse pas enfermer dans les cadres rigides d’un règne ou d’une dynastie.“[3]

    La responsabilité du choix de l’intitulé „Sainte Russie“ est sans doute collective. Ce choix est de nature commerciale pour attirer le chaland et l’on sait que les musées sont friands de ces titres aguicheurs qui ternissent souvent des contenus de grande valeur. Il n’en reste pas moins que cette appellation, précisément du point de vue historique où se plaçait délibérément l’exposition du Louvre, est tout simplement inadmissible, car subrepticement falsificatrice, puisqu’elle était présentée dans le cadre de l’année franco-russe, et donc était censée présenter la seule Russie dans son histoire et son art religieux orthodoxe.

    De quoi s’agit-il?

    „Sainte Russie“ est évidemment la traduction de Svjataja Rus‘. Habituellement, le titre d’une exposition est justifié, argumenté. Nulle part dans le catalogue il n’y a le commencement d’une explication de cette dénomination. Et pour cause… Pierre Gonneau, un des commissaires de l’exposition, qui s’est à juste titre enthousiasmé pour la richesse des objets exposés et le caractère exceptionnel de plusieurs, a pu écrire, non dans le catalogue, mais dans la Lettre du Centre d’Etudes Slaves de juin 2010, ceci : „Les organisateurs de cette manifestation [L’exposition „Sainte Russie“] ne pouvaient se contenter de lancer la fameuse expression ‚Sainte Russie‘ comme une évidence, surtout sous la forme française qui confond cavalièrement Русь et Россия, sans s’interroger sur son histoire et ses usages. Tel était le but du colloque ‘L’invention de la Sainte Russie/Идея Святой Рyси‘ qui s’est tenu les 26 et 27 mars à l’Auditorium du Louvre.»[4]

    La formulation est très sophistiquée pour ne pas dire «byzantine». Ainsi, Pierre Gonneau assume pleinement le fait d’avoir lancé «la fameuse expression ‘Sainte Russie’ comme une évidence». Demandons-nous pour qui cette expression «Sainte Russie» est fameuse? Est-ce pour les milliers et les milliers de visiteurs du Louvre? Je suis sûr que non! Elle n’est fameuse, sous sa forme «Svjataja Rus’» que pour les Russiens (petits, grands et blancs) et pour les russophones étrangers, spécialistes ou au fait de l’histoire des idées et de la littérature russes. Pour les commissaires et donc pour Pierre Gonneau aussi, l’expression «Sainte Russie» était une évidence. Pour qui encore une évidence? Nous y reviendrons.

    La mauvaise conscience de Pierre Gonneau est, elle, évidente, car, à la différence de l’administration du Louvre impliquée dans l’affaire, il connaît sur le bout du doigt l’histoire russienne et russe et il ne suffit pas de dire dans un bulletin interne destiné aux slavisants que la traduction de Rus’ par Rossiya est «cavalière», puis d’organiser un colloque de deux jours dont on attend les actes pour enfin connaître ce qu’il en est de cette «invention de la ‘Sainte Russie’», pour s’exonérer d’une faute très grave à l’égard des autres orthodoxes que les Russes, pour en rester sur le plan religieux, puisque l’expression «Svjataja Rus’» est du domaine de l’Orthodoxie, donc là encore on constate un décalage, un sdvig, comme aurait dit le spécialiste en sdvigologija Kroutchonykh, puisque le déroulement de l’exposition était en premier lieu historique (et non religieux). Mais c’est une faute aussi, pour ne pas dire une mauvaise action, sur le plan politique. Nous y reviendrons.

    D’ailleurs la totale ambiguïté, la половинчатость des propos de Pierre Gonneau se retrouve même dans les titres français et russe du colloque «L’invention de la Sainte Russie/Идея Святой Рyси». Passe pour «invention» qui peut vouloir dire que le terme «Sainte Russie» a été créé de toutes pièces par l’imagination du peuple russe, fait partie de sa mythologie nationale, ou encore que c’est quelque chose qui a été trouvé au tréfonds de l’histoire spirituelle et politique. Il n’y a pas évidemment de traduction littérale de ce titre français du Colloque, il est donc proposé un équivalent:  «Идея Святой Рyси». Décidément l’ambiguïté qui a présidé à toute cette entreprise se manifeste ici encore plus fort. Ce titre est de toute évidence formé à partir de la fameuse «russkaja ideja», titre d’un livre célèbre de Berdiaev qui a été lu et relu en Occident depuis sa parution en 1946.[5] Berdiaev parle de la Russie comme d’un tout qui englobe toutes les composantes de l’Empire Russe. Il ne prend même pas la peine de distinguer la Rus’ de la Rossija car, pour lui comme pour ses contemporains, Kiev est une ville de province russe et la Russie est un bloc depuis la Kievskaja Rus’ jusqu’à l’Union Soviétique. Il peut ainsi déclarer, précisément dans Russkaja ideja :

    «В русской истории есть уже пять периодов, которые дают разные образы. Есть Россия киевсвая, Россия времён татарского ига, Россия московская, Россия петровская, Россия советская.»[6]

    Sous sa plume, dans ce livre, comme dans d’autres textes, par exemple dans sa petite brochure  de 1915 Duša Rossii, la notion de Svjataja Rus’ s’applique de façon quasi ontologique à la Russie:

    «’Ce qui est russe’, voilà le juste, le bon, le vrai, le divin. La Russie, c’est ‘la Sainte Russie’. La Russie est pécheresse mais elle reste, dans son péché, un pays saint – un pays de saints, vivant de ses idéaux de sainteté.» [7]

     

    Ce n’est pas un historien qui parle, mais un penseur qui n’a cure des précisions lexicales. L’ Union Soviétique a entretenu la même globalisation Rus’-Rossija, même si déjà l’Ukraine et la Biélorussie étaient de jure des Républiques à part entière. Peut-on aujourd’hui, alors que l’Europe a salué l’indépendance de ces Républiques par rapport à la Fédération de Russie, continuer à identifier cette seule Russie à la Rus’. Car dans le titre du Colloque de Pierre Gonneau il y a un soupçon de confusion subreptice entre  «Идея Святой Руси» et «Русская идея».

    Alors d’où vient cette appellation «Svjataja Rus’»? A la page 421 du catalogue, qui en comporte 745, nous apprenons de Pierre Gonneau qu’André Kourbski apostrophe le tsar Ivan le Terrible au nom de la «Sainte Russie», et p. 422 nous apprenons que le terme utilisé par Kourbski vers 1578 est, orthographié par Pierre Gonneau à la russe, c’est-à-dire «svjatorousskaïa» avec deux «s» alors que l’adjectif rouskij, ruskaja zemlja, depuis la Povest’ vremennyx let jusqu’à la naissance de l’Empire Russe est orthographié avec un seul «s» ou bien avec «s» suivi du signe mou (rus’kij). Plus étonnante pour quelqu’un qui trouve «cavalière» la confusion entre Rus’ et Rossija, la traduction de la formule de Kourbski «Svjatorousskaïa zemlia» par… «Sainte Russie». On sait que l’homophonie entre rus’kij (avec un seul «s») pour ce qui vient de la Rus’ et russkij(avec deux «s») pour ce qui vient de la Rossija a permis l’identification de la Russie impériale avec toute la Rus’ (les métropolites, les patriarches orthodoxes et les tsars se sont dits «vseja Rusi»).[8]

    Notons, de notre côté, qu’à la même époque où Kourbski utilisait l’expression святоруская земля, l’auteur anonyme de la duma cosaque ukrainienne Плач невольника [Complainte d’un captif] emploie, lui aussi, l’adjectif «Cвято-Руській» :

     

    Визволь, Боже, бідного невольніка,

    На Свято-Руський берег,

    На край веселий, між народ хрищений

    [Délivre, Seigneur, les pauvres captifs,

    Ramène-les sur le rivage sacré, sur le rivage russien,

    Dans le monde de la joie, parmi le peuple baptisé][9]

     

    Il s’agit évidemment dans ces deux exemples de deux Rus’, mais certainement pas de la Rossija qui n’existait pas, et ces «dvi Rusi»[10] ce sont la Moskovskaja Rus’ et la Južnaja Rus‘ comme l’appelaient et l’historien ukrainien Kostomarov et le Russe Sergej Solov‘ev[11], Južnaja Rus‘ qui était, à ces époques, sous la domination lituanienne et polonaise. Marie Scherrer-Dolgorouky, la traductrice en 1947 de la duma citée, rend l’adjectif rus’kij par „russien“, ce qui  me semble tout à fait approprié et prouve qu’il est possible, du moins au niveau des adjectifs, de distinguer celui qui est dérivé de Rus‘ et celui qui l’est de Rossija. Dans le catalogue de l’exposition du Louvre, il y a un progrès certain par rapport à la majorité des publications en français en la matière : Rous‘ est généralement transcrit tel quel (mais les sdvigi, les glissements, sont nombreux dans un même article où la Rous‘ devient facilement Russie). En revanche, l’adjectif est traduit de façon systématique par „russe“ alors que le mot „russien“ est entré dans l’usage, sinon courant du moins suffisamment probant. On appelait dans l’Empire Russe les Ukrainiens des Malorossy, ce qui était traduit par Petit-Russien[12]. Il est donc possible, en français, d’indiquer, au niveau de l’adjectif, ce qui est russien et ce qui est russe. Notons qu’aujourd’hui, dans la Fédération de Russie, on distingue les adjectifs rossijskij et russkij, les substantifs rossijanin et russkij, pour désigner dans le premier cas les citoyens non russes de la Fédération et ceux qui sont de nationalité russe. Et, officiellement, on distingue dans la littérature historique ce qui est de la Rus‘ et ce qui est de la Rossija. A l’époque soviétique, était développée la théorie mythologisée des trois branches issues de la Rus‘ : Russie, Ukraine, Biélorussie. Dans le même temps, on entretenait dans tous les prospectus touristiques la formule „Kiev mat‘ gorodov russkix“ comme „Kiev mère des villes russes“, alors que l’on sait que c’est le prince kiévien Oleg qui, selon la Chronique, aurait ainsi appelé, au Xème siècle, la capitale de sa principauté, et qu’il faut donc traduire ce texte par : „Kiev mère des villes russiennes“…

    Au fond, les organisateurs du Louvre ont repris un titre qui avait fait l’objet, en 1994, d’un livre, magnifique par la qualité de ses reproductions, paru à l’Imprimerie Nationale, La Sainte Russie,  avec des textes des éminents spécialistes Dimitri Likhatchev, Guéorgui Wagner, Rouslan Skrynnikov et Ghérold Vzdornov, ce dernier ayant également participé au catalogue du Louvre. Pour eux – tout est russe d’un bout à l’autre. Guérold Vzdornov peut ainsi affirmer dans le catalogue du Louvre des choses comme : „L’histoire de la peinture en Russie commence avec l’église de la Dîme à Kiev“!…[13]

    Cela pouvait passer dans le livre La Sainte Russie dont le titre, paradoxalement, est moins choquant que celui du catalogue du Louvre Sainte Russie. L’article défini La Sainte Russie indique qu’il s’agit d’un ensemble et n’en exclut pas toutes les composantes. Dans le cas de Sainte Russie, l’absence de l’article défini, le fait que cette manifestation est exclusivement consacrée à la Russie dans le cadre de l’année croisée franco-russe, montrent à l’évidence que le titre original russe Svjataja rus‘ est bien approprié par la seule Russie et devient, en traduction littérale à partir du français, Svjataja Rossija.

    La Svjataja Rus‘, c’est la Russie dans son essence chrétienne orthodoxe. Les slavophiles et les nationalistes de tout crin s’en sont emparé au XIXème siècle, au XXème et aujourd’hui encore. A l’origine, c’était une appellation de combat contre les envahisseurs et les ennemis non baptisés, en particulier les Ottomans, les hérétiques catholiques, voire les juifs. Il est significatif que Berdiaev, qui n’est pas un slavophile, proclame que la Sainte Russie est au coeur de l’âme russe pendant les Première et seconde guerre mondiale, face à l’envahisseur germanique. Il a été également un slogan au XIXème siècle pour définir l’identité nationale russe, laquelle s’est construite sur une russification à outrance de tous les allogènes de l’Empire, tout particulièrement de l’Ukraine dont le territoire a été le berceau de l’Orthodoxie de tous les Russiens avec sa Laure des Grottes à Kiev.[14]

    Ajourd’hui, la Russie fédérale a de la peine à se défaire de ses vieux démons impériaux et pourtant, il faut qu’elle s’y fasse, maintenant que l’Ukraine et la Biélarous‘ sont devenus indépendantes et ne font plus partie administrativement de la Fédération de Russie. Le mot „ukrainien“ ne passe pas dans la bouche de trop nombreux Russes de l’intelligentsia. Je pourrais citer plusieurs exemples que j’ai pu constater au cours de ses vingt dernières années. Le mot „ukrainien“ est aussi difficile à avaler pour beaucoup de Russes que le mot „grec“ pour les Turcs lorsqu’ils parlent de leur histoire.

    Dans le catalogue Sainte Russie, seul Pierre Gonneau consacre quelques lignes minimales à l’Ukraine en prononçant son nom. Nulle part n’est indiqué, entre mille exemples, que „ la connaissance des langues latine et grecque a été importée dans la Moscovie par les savants ukrainiens de l’Académie spirituelle de Kiev“[15] Il est assez violent de constater qu’au chapitre sur l’architecture moscovite de la fin du XVIIème siècle et du tout début du XVIIIème, à propos du „baroque moscovite“,  aucune mention n’est faite d’une quelconque influence de l’Ukraine[16], influence qui a paru évidente à une majorité de spécialistes avant la naissance de la Fédération de Russie en 1990. Ainsi, Louis Réau :

    „Le style baroque, qui pénètre par l’intermédiaire de l’Ukraine et de la Pologne, prend à Moscou un caractère particulier. Le ‚baroque moscovite‘ […] créa, sous l’influence de l’architecture en bois de l’Ukraine, un type populaire d’église à étages, dont on ne trouverait l’équivalent dans aucun autre pays d’Europe […] Moscou emprunte à l’Ukraine la disposition des trois coupoles d’est en ouest ou des cinq coupoles en forme de croix en même temps qu’une tendance au verticalisme qui s’affirme dans des constructions à étages (iarousnost) […] L‘ église à étages de Fili […] 1693 […] dérive visiblement des églises en bois de l’Ukraine […] Ce style baroque ‚ukraino-moscovite‘ marque le terme de l’évolution de l’architecture dans la vieille Russie.“[17]

    A l’époque soviétique, dans la monumentale Istorija russkogo iskusstva dirigée par Igor Grabar‘ pour l’Académie des Sciences de l’URSS, l’article consacré par Mikhaïl Il’ine au „Kamennoe zodčestvo kontsa XVII veka“ discute la question des liens étroits entre les arts russe, ukrainien et biélorusse, et étudie les nombreux emprunts ukrainiens transformés en terrain moscovite. Il voit dans l’événement que représente ce que les Russes appellent „la Réunion de l’Ukraine à la Russie“ [Vossoedinie Ukraïny c Rossiej][18] sous l’hetman Bogdan Khmelnytsky en 1654, un des facteurs de cette influence.[19] Dans la bibliographie du catalogue du Louvre sont mentionnés plusieurs articles de Mikhaïl Il’in, mais pas ceux consacrés à cette influence, en particulier celui intitulé „Связи русского, украинского и белорусского искусства во второй половине 17 в.„ publié par l’Université de Moscou en 1954[20]. Cela suffit-il à montrer que les chercheurs russes se sont donnés le mot depuis la «Révolution orange» pour bannir toute référence à une possible influence ukrainienne sur les arts russes?

    Remarquons encore que l’Ukraine, berceau de la Svjataja Rus’ n’a prêté aucun objet d’art ni aucun document exposés au Louvre. N’est-ce pas paradoxal[21] et, partant, significatif, alors que l’Allemagne, le Danemark, la France, l’italie, le Royaume Uni et la Suède ont été mis à contribution?

    En conclusion, je me contenterai de souhaiter qu’un musée, peut-être le Louvre, consacre une exposition dont le titre ne saurait être «Sainte Ukraine», mais, par exemple : «L’art sacré en Ukraine : de Byzance au baroque», ce qui serait certainement un apport majeur et fécond à l’histoire des arts européens.

    Jean-Claude Marcadé

    Le Pam

    Novembre 2010

     

     



    [1] Лесков, Собрание сочинений в 11 томах, т. 4, с. 349

    [2] Louis Réau, L’art russe des origines à Pierre le Grand, Paris, 1921, p. 14

    [3] Louis Réau, L’art russe des origines à Pierre le Grand, op.cit., p. 27

    [4] Pierre Gonneau, « La ‘Sainte Russie’ à Paris », Lettre du Centre d’Etudes Slaves, Paris, 2010/2(juin), p. 5

    [5]

    Николай Бердяев, Русская идея (основные проблемы русской мысли 19 века и начала 20 века, Paris, YMCA-PRESS, 1946

    [6] Там же, с. 7

    [7] Николай Бердяев, Душа России, М., И.Д. Сытин, 1915, repris dans le recueil Николай Бердяев, Судьба России. Опыты по психологии войны и национальности, М., Г.А. Леман и С.И. Сахаров, 1918, réédité dans Николай Бердяев, Падение священного русского царства, М., Астрель, 2007, с.21-42; traduction française de presque toute la première partie de cet essai dans : La question russe. Essais sur le nationalisme russe (sous la direction de Michel Niqueux), Paris, Editions Universitaire, 1992, p. 59-72 (trad. Jean-Claude Marcadé), la citation est p. 66

    ¦[8] Rappelons que Rossija, dont le nom en cyrillique n’apparaît qu’en 1517, est le calque exact du grec des chancelleries du Patriarcat de Constantinople pour traduire Rus’Ρωσια . Dans les textes russiens du XVIème siècle Rus’est toujours employé en priorité, mais déjà on trouve épisodiquement Rosija (avec un seul « s ») et même Rusija qui est le calque du latin Russia, d’où la forme française Russie attestée dans les textes médiévaux (on trouve aussi Rossie)

    [9] Marie Scherrer, Les dumy ukrainiennes-épopée cosaque, Paris, Klincksieck, 1947, p. 61-62

    [10] C’est le titre d’un recueil d’articles, sous la direction de Larissa Ivachyna, consacrés aux rapports ukraino-russes sous l’angle historique, politique, culturel, sociopsychologique : Украïна Incognita. Дві Русі, Киïв, 2003

    [11] С.М. Соловьев, Сочинения в восемнадцати томах, М., «Мысль», т. 16, с. 273

    [12] Voltaire notait dans son Histoire de l’Empire de Russie sous Pierre le Grand : « Les gazettes et d’autres mémoires depuis quelque temps emploient le mot de Russien, mais comme ce mot approche trop de Prussien, je m’en tiens à celui de Russe. » [cité par le Littré à l’entrée « Russien »]

    [13] Sainte Russie. L’art des origines à Pierre le Grand, P. , Musée du Louvre/Somogy, 2010, p. 99

    [14] Si l’on consulte le Brockhaus et Ephron de la fin du XIXème siècle et du début du Xxème, on constate que toutes les composantes de l’antique Rus’ sont englobées dans les deux volumes consacrés à l’entrée Rossija, l’entrée Rus’ y renvoyant. Sous l’Union Soviétique, l’adjectif sovetskij a remplacé l’adjectif russkij, mais petit à petit, le naturel impérial revenant au galop, sovetskij a eu tendance à sous-entendre russe.

    [15] J. Meyendorff, Rome, Constantinople, Moscow : Historical Theological Studies, Crestwood, NY, SVS Press, 1996, cité ici d’après la traduction russe : Protopresviter Ioann Meyendorff, Rim, Konstantipol’, Moskva, Moscou, Pravoslavnyj Sviato-Tikhonovskij Gumanitarnyj Universitet, 2005, p. 177

    [16] Dans le livre de l’Imprimerie Nationale La Sainte Russie, l’article de Rouslan Skrynnikov occulte également toute provenance «étrangère» pour le «baroque moscovite», appelé parfois «baroque Narychkine»

     

    [17] Louis Réau, L’art russe des origines à Pierre le Grand, op.cit., p. 316, 317, 318

    [18] Voir un bref résumé de la question en français dans : Valentine Marcadé, Art d’Ukraine, Lausanne, L’Age d’Homme, 1990, p. 266-273

    [19] М. А. Ильин, «Каменное зодчество конца 20 века», в кн. История русского искусства, М., т. 4, 1959, c. 217 sqq

    [20] М. А. Ильин,  «Связи русского, украинского и белорусского искусства во второй половине 17 в.», Вестник московского университета, 1954, N° 7, c. 75-89

    [21] Voir : Ю.С. Асєєв, Мистецтво Киïвскоі Русі. Архітектура. Мозаïки. Фрески. Іконостас. Декоратівно-ужиткове мистецтвo, Киів, 1989, et :

    Lioudmila Miliaeva, L’icône ukrainienne. XIe-XVIIIe s.. Des sources byzantines au baroque, Bournemouth/Saint-Pétersbourg, Parkstone/Aurora, 1996 (les reprocuctions sont d’excellente qualité)

     

     

     

  • Mes courriers prémonitoires sur la Syrie

    J’ai retrouvé deux courriers envoyés au « Monde » après les pamphlets de Nathalie Nougayrède contre Poutine, alors qu’elle était simple journaliste, en particulier une identification de Poutine et de Bachar El Assad.

    J’indiquais que la politique de Sarkozy-Juppé consistant à exiger, avant toute autre négociation, le départ de Bachar El Assad était irresponsable. C’est celle qu’ont poursuivi Hollande-Fabius. Cela a conduit à l’horrible situation actuelle dont on ne sait comment la Syrie va se dépêtrer. L’opposition à Bachar El Assad est si disparate, avec des éléments islamistes extrémistes, qu’il est criminel de renforcer son armement – c’est même lâche, car on se donne à bon compte bonne conscience.

    Voici donc ces anciennes réactions à la position du « Monde » sur Poutine et la Syrie :

    1) 30 décembre 1911

    JeanClaude <jc.marcade@wanadoo.fr>

    À : Le Monde <courrier-des-lecteurs@lemonde.fr>

    Le monologue du vagin de Mme Nougayrède…

    « Le Monde », si ce n’est fait, doit recevoir les félicitations du sénateur McCain et être décoré par lui. La bacchanale à laquelle se sont livrées les Toinettes  journalistiques du « Monde » depuis les manifestations antigouvernementales dans toute la Russie est un piètre exemple pour la profession. Selon moi, ce déchaînement provient du dépit qu’ont eu ces spécialistes de l’antipoutinisme, de ne pas avoir vu venir ce vent de liberté, alors qu’à longueur de colonnes on nous parlait de verrouillage, de non-liberté de la presse etc. On aurait dû se réjouir pour la Russie que petit à petit des mécanismes de résistance au pouvoir se mettent en place. Mais non! C’est encore la faute à Poutine. Ces Toinettes sont indécrottables au sens littéral du terme! Elles font croire aux lecteurs (par information volontairement lacunaire) et, partant, aux opposants qui ne respectent pas les règles démocratiques (lors de manifestations non autorisées ou lors d’inscriptions électorales), qui n’obtempèrent pas à la police, voire opposent de la résistance physique(ce que nous appelons « rébellion face à agent de la force publique«  ), qu’il en est ainsi chez nous, dans les pays à longue tradition démocratique (voir, entre beaucoup d’exemples, le tabassage des récents indignés américain). Elles dénoncent les forts relents de soviétisme qui se perpétuent malheureusement dans le continent russe et elles-mêmes utilisent des méthodes d’information typiquement soviétiques, comme d’ailleurs les opposants ultra-minoritaires comme le  néobolchevik fascisant Limonov, l’ultra-libéral à la McCain Kasparov et consorts, qui, comme à l’époque soviétique (ce qui se justifiait à cause du régime totalitaire), ameutent les media occidentaux parce qu’ils ne sont suivis dans leur pays que par une minorité infime. Le comble du soviétisme, c’est la dernière chronique de la groupie du Géorgien qui mange sa cravate et tabasse-muselle son opposition, la confidente des Glucksmann (le père, qui avait eu l’indécence de comparer l’escroc, sympathique mais escroc, Khodorkovski au saint laïque Sakharov et qui a été une des bacchantes dans la sarabande antipoutinienne du « Monde »), j’ai nommé Mme Nougayrède qui, souffrant de n’être que journaliste, a voulu se faire tribun satiriste et nous a donné un spécimen de son art, à la tonalité totalement dans l’esprit ancien soviétique. Bravo « Le Monde »! Vous finissez en beauté! Vous aurez le « Prix McCain » pour « le Monologue du vagin de Mme Nougayrède »

    jean-claude marcadé
    2) 14 avril 2012
    Après la prosopopée du Monologue…de Vladimir, voici une nouvelle facette de Nougayrède journaliste-écrivaine, mais n’est pas Agrippa d’Aubigné qui veut…Je ne parlerai pas ici du sinistre Bachar El-Assad que l’on a mis du temps à comprendre, alors qu’il était bien le successeur de son déjà sinistre père. Mais pour Nougayrède écrivaine, ce n’est pas El Assad qui l’intéresse, c’est Poutine sur lequel, ainsi que son confident Glücksmann, elle fait une fixation maniaque, au point de compulsivement accumuler  et répéter ad nauseam toutes les horreurs commises par ce nouveau fléau de Dieu qui ne se contente pas de semer le malheur dans son pays, mais l’exporte. Après le « Prix McCain » pour son Monologue, Nougayrède se voit attribuer le « Prix Mitt Romney » pour son exercice littéraire « Vladimir et Bachar ».  Elle pénètre dans l’âme de Poutine, elle sait, par exemple, qu’il n’en revenait pas d’avoir été appelé par Eltsine pour le remplacer (sic!). Quelle intuition! Quelle plongée dans le tréfonds des êtres! Ainsi, Poutine a fait naître un nouveau type de journaliste, le journaliste-activiste qui ne vérifie pas les sources, mais répète les rumeurs répandues soit par les services secrets anglo-saxons, soit par les activistes russes, soit par les blogs d’internet (Jégo est également championne en ce domaine – voir son information sur la contestation autour de la mairie d’Astrakhan, ou bien son intérêt soudain pour le parti « Juste Russie »  dont elle n’a jamais parlé, car il  n’était compté pour rien, comme les autres partis enregistrés de l’opposition, prétendument  alliés objectifs de Poutine…). Nougayrède n’a que faire de la vérité des choses, elle ne s’intéresse qu’à ce qui peut noircir l’image de Poutine et, partant, de la Russie. Car, la nouvelle production de Nougayrède le montre, Poutine n’est qu’un prétexte pour, en fait, montrer une Russie sans foi ni loi, à qui on ne peut pas faire confiance et, surtout, qui ne peut prétendre à être une grande puissance. Bien entendu, pour Nougayrède il n’y a pas de terrorisme en Russie, il n’y a de terrorisme que celui dirigé contre les bons Européens et alliés. Bien entendu, le terrorisme contre la Russie est provoqué par Poutine et sa politique. C’est ainsi que l’horrible tragédie de Beslan avec la mort de centaines d’enfants a aussitôt été désamorcée en disant que c’était la faute de la politique de Poutine et de la façon dont avait été réglée la prise d’otage.
    Que la Russie ait des intérêts au Moyen-Orient, en Syrie, en quoi cela est-il mal en soi? Les Etats-Unis qui ont causé le désastre de l’Irak et de l’Afghanistan, la France et la Grande-Bretagne, celui de la Libye, sont des philanthropes qui ne pensent pas à leurs intérêts? En tout cas, la Russie et la Chine ont eu raison dans le cas de la Syrie de ne pas choisir de camp dans la guerre civile, mais de demander, dès le début, une médiation diplomatique entre les parties. La France de Sarkozy-Juppé, elle, s’est empressée de façon irresponsable de soutenir, pas seulement moralement, des insurgés disparates, de susciter un Conseil anti-ElAssad qui ne représente pas du tout l’ensemble des opposants,  leur a fait miroiter le départ d’El Assad comme solution,  a favorisé leur armement, et par là-même n’a fait qu’accentuer la terrible répression. Et pour justifier notre politique irresponsable, on a diffusé à profusion des images d’horreurs commises par l’armée de Bachar El-Assad, sans qu’on puisse vérifier l’authenticité de ces images. Après Timisaora (c’est loin- c’est vrai!), les media devraient  ne pas se faire les transmetteurs de montages éventuels.
    jean-claude marcadé
  • Sur la mort de Maghnitski

    Jégo a trouvé une autre épithète homérique pour caractériser la mort de Maghnitski en prison : il a été « assassiné » – de l’eau au moulin pour ceux qui ont voté « LA LISTE MAGHNITSKI » -On voit par là d’où vient l’inspiration anti-poutine/anti-russe de Toinette…

  • de la malhonnêteté intellectuelle des moutons de Panurge du journalisme

    Toinette Jégo poursuit son travail de journaliste activiste anti-poutine. Dans sa « Lettre » du 15 mars, elle fait apparaître de façon éclatante sa méthode d’investigation qui consiste à choisir et à accumuler des « faits » (souvent divers) qui montrent une image uniment négative du président russe. Tout d’abord, elle a recours aux blogueurs dont l’identité est totalement problématique, en l’occurrence pour donner une nouvelle définition de Poutine, qui est maintenant désigné comme « le président des riches », par opposition à Chavez, devenu tout soudain pour « Le Monde », via un blogueur inconnu russe, un parangon de vertus démocratiques. La « rumeur » continue à être présentée comme une vérité par le journalisme à la Jégo. Comparant, à la suite du blogueur/blagueur russe, le Vénézuela et le continent russe, Toinette s’empresse de prévoir que la prochaine élection vénézuélienne, qui « est une véritable tuile » pour « l’élite politico-militaire du Kremlin », « les hommes en épaulettes »,  « sera moins truquée » « qu’en Russie » [Toinette se fait Madame Soleil…]. Sur ce « truquage » des élections présidentielles russes, nous n’avons jamais eu dans « Le Monde » (et pour cause) d’article sérieux, seulement le martèlement de « faits » disparates, non analysés, venant des oppositions, mettant dans le même sac les fraudes avérées et les multiples dysfonctionnements, lesquels viennent de ce que la Russie, après des décennies d’élections sans transparence, a de la peine à assurer avec compétence le déroulement des scrutins. La démocratie ne se construit pas d’un seul coup et l’on peut regretter que son processus n’aille pas assez vite en Russie, mais dire que rien n’est fait pour améliorer le fonctionnement du monstre étatique russe, dire que la lutte contre la corruption ne touche que des secondes mains, comme l’affirme Toinette Jégo, c’est tout simplement  volontairement malveillant. La corruption est, tout particulièrement en Russie, depuis toujours un himalaya et l’on n’en vient pas à bout en une ou deux générations, car il s’agit d’un changement radical de mentalité civique et politique – La pierre que Medvédev et Poutine ont posée dans la lutte contre la corruption est loin d’être négligeable – mais c’est la société tout entière qui doit la pratiquer – et c’est loin d’être le cas.

    Je viens de parler de « malveillance », c’est un des traits distinctifs des papiers politiques de Toinette Jégo, Ainsi de cette imputation d’appât au gain de Moscou qui aurait visé l’embaumement de Chavez comme un marché juteux, Toinette citant un « spécialiste » russe (toujours, pour donner plus de poids aux affirmations, cet appel à des « experts », des « spécialistes », qui représenteraient une pensée générale…)

    Un autre trait distinctif de Toinette, c’est d’être mouton de Panurge. Je pense qu’il y a un lobby activiste anti-poutine dans le journalisme traitant de la Russie, lobby qui est nourri principalement par l’activisme russe « hors système », c’est-à-dire n’arrivant pas à se faire entendre dans la légalité et donc se tournant vers l’action de rue et le recours à l’étranger. C’est, hélas, un héritage soviétique, qui, aujourd’hui, selon moi est injustifié et injustifiable (je parle ici de l’appel à l’étranger), c’est en Russie et par les Russes que doivent se conquérir leurs droits légitimes.Donc, pourquoi vois-je un « lobby » journalistique nourri également par des forces bien plus occultes que celles des « hommes en épaulettes » : il y a eu un article de Toinette Jégo sur le triste fait-divers dont a été victime au Bolchoï le chef du ballet  Filine – La chroniqueuse a bien joué son rôle, en généralisant ce fait-divers à la situation de la Russie dans son ensemble. J’ai pensé qu’il s’agissait d’une des approches habituelles de Toinette. Or, un peu plus tard, j’ai eu la surprise sur Canal + en clair, chaîne ne présentant systématiquement que ce qui va mal en Russie, d’entendre une certaine Eléna Volochina, tenir exactement le même discours, à propos de l’agression contre Filine, qui serait le reflet de ce qui se passe tous les jours en Russie…Qui s’est donné le mot?….

  • vive les Toinettes du journalisme au « Monde »!

    C’est le 8 mars demain et « le Monde » fait, avec son éditorial pour l’anniversaire de Staline, un don de joyeux avènement à la nouvelle directrice, auteure de monologues et de pamphlets anti-poutine, groupie, entre autres, des Glücksman et de Saakachvili, vilipendant tout ce qui est pro-russe et soutenant n’importe qui  pourvu qu’il soit anti-poutine et pro-américain. Ainsi, Vladimir Poutine serait un crypto-stalinien, le pouvoir poutinien « politico-militaire » serait nostalgique du régime soviétique. Comme d’habitude, les faits à charge sont accumulés, sans distinction, avec des trous de mémoire calculés (par exemple, omission des dénonciations régulières de Medvédev des crimes staliniens…). Il y a tout de même quelques millions de Russes (hélas!) qui votent communiste contre Poutine et c’est Ziouganov qui n’a pas eu honte d’aller déposer des fleurs sur la tombe de Staline derrière le Mausolée. Aucun dirigeant ne peut, cependant, ignorer l’héroïsme des Soviétiques pour combattre le nazisme et nous libérer, nous Européens, de la peste brune, alors qu’ils n’ont pas bénéficié dans leur patrie de cette liberté. La victoire sur le nazisme s’est faite sous un tyran sanguinaire, peut-on faire affront aux soldats encore survivants en condamnant globalement cette époque sinistre. Il faut du temps pour qu’un peuple consente à regarder son passé avec lucidité et sang-froid. Les donneurs-donneuses de leçon du « Monde » sont obnubilés de façon monomaniaque par Poutine qui serait le génie du mal de la Russie. Mais qui voient-il, aujourd’hui, à la place de Poutine à la tête de la Russie? Ceux que « Le Monde » encense régulièrement ont derrière eux quelques milliers de personnes. Il est très savoureux de voir le journal de référence de la gauche rose soutenir des ultra-libéraux à la Madelin, comme Kasparov et Nemtsov qui n’ont aucune vergogne à aller se plaindre du régime russe sur le sein des réactionnaires McCain et Romney.

    Le jésuitisme du « Monde », qui vient sans doute de ses origines catholiques, va connaître, je le sens,  de beaux jours. Les prémices sont de bon augure. Les articles sur Depardieu et sur les Femen sont des chefs-d’oeuvre de jésuitisme (ce n’est pas bien, mais ils sont quand même pas mal)- le traitement des Pussy Riot a été plus expéditif, on s’est bien gardé de relater les exploits antérieurs de ces gentilles mères de famille – la seule chose qui comptait, c’était qu’il s’agissait d’une « prière contre Poutine », voire contre la collusion de l’Eglise orthodoxe et du pouvoir. Elles étaient baptisées de « punkettes » – si on pense aux Sex Pistols ou à Nina Hagen, ce terme de « punkettes » montre leur total ridicule…

    Vive le 8 mars! Vive les Toinettes du journalisme! Ô mânes de Deleuze…

     

  • la désinformation sur l’Ukraine

    J’ai retrouvé cet ancien texte qui reste,en cette fin février 2013, toujours d’actualité

    e : Jean-Claude Marcadé [mailto:jc.marcade@wanadoo.fr]
    Envoyé : lundi 15 février 2010 23:46
    À : COURRIER-DES-LECTEURS
    Objet : l’Ukraine vue de Moscou

    Décidément « Le Monde » continue à maltraiter l’Ukraine. Naguère le grand poète national ukrainien et grand poète universel,  Taras Chevtchenko ,était appelé dans ses colonnes « le romancier Tchevtchenko »! Voilà maintenant Mme Jégo qui s’y met, répétant  que « Kiev est la mère des villes russes », slogan préféré des Grands- Russes de toutes les époques, alors qu’il s’agit d’une phrase qui aurait été dite au Xe siècle par le prince de Kiev Oleg, alors que la Russie n’existait pas , mais qu’existait la Rous’, c’est -à – dire, pour la plus grande part, le territoire de l’Ukraine actuelle. Donc il faut rétablir cette phrase en « Kiev mère des villes de la Rous’ ».
    De même, le terme de « Petite Russie » (Malorossiya et non « Malaïa Rossia » qui est le terme des chancelleries depuis Byzance) et de Petits Russiens a cessé d’être courant, même chez les chauvinistes grands-russes, après 1917 et je ne connais personne qui l’emploie encore (mais on continue à désigner, plutôt péjorativement,  les Ukrainiens comme des « khokhly » – les « toupets » – allusion à la coupe de cheveux des cosaques, alors que les Ukrainiens traitent les « moskali » (les Moscovites) de « katsapy » – allusion à la barbichette, comme celle des chèvres, de beaucoup de Grands-Russes). Quant aux linguistes qui ont « considéré le plus souvent’ la langue ukrainienne
    « comme une sous-catégorie de la langue russe », on voudrait des noms;
    faire état de cela sans crier haut et fort que l’ukrainien est une langue slave de base, chose reconnue par tous les linguistes de renom, qu’il y a une littérature importante à toutes les époques (en particulier au vingtième siècle, une pléiade de poètes de premier rang), c’est ne pas informer le lecteur français, cela ressemble à ce qu’a déclaré,  au moment de l’indépendance de l’Ukraine, Giscard d’Estaing – qu’il fallait comprendre que l’Ukraine c’était important pour la Russie, car son indépendance, c’était comme si l’on amputait la France de la région Rhône-Alpes (sic!!!!) jean-claude marcadé

  • « Préface » pour « Malévitch » en ukrainien

    ПРЕДИСЛОВИЕ

     

     

    Я решился вновь опубликовать свою моногpафию о Малевиче, которая являлась в 1990 году

    первой книгой, охватывающей всю эволюцию творчества полско-украинско-русского живописца, архитектора, теоретика, педагога и мыслителя[1]. Новизна этой монографии заключалась в том, что в ней впервые упорядочены стилистические периоды малевического творчества, что не учитывалось ни в искусствоведческих исследованиях ни в выставочных экспозициях. Монография была опубликована тогда в своём французском оригинале и переведена на японский язык. Я работал с французским дизайнером Жилем Нэрэ (Gilles Néret), который сумел создать наряду с словесным текстом визуальный иллюстpативный «текст», так что можно было зрительно «прочесть» художественное развитие  Малевича, следуя за движением изображений. Книга получила приз лучшего роскошного искусствоведческого издания (beau livre d’art) в мае 1990 года.

    Больше двадцати лет прошло и произошли важные события, особенно после распада СССР и последующего свободного доступа к до тех пор закрытым архивам. В малевичеведении появились новые монографии, биографии, эссе русских, украинских и зарубежных искусствоведов ( Шарлотта Даглас (Charlotte Douglas), Александра Шатских, Ирина Карасик, Татьяна Горячева, Елена Баснер, Евгения Петрова, Д.В. Сарабьянов, Дмитро Горбачов, Райнер Крон (Rainer Crone), Серж Фошеро (Serge Fauchereau), Андрей Наков, Ганс-Петер Риз (Hans-Peter Riese), Мэтью Дратт (Matthew Drutt) и др.).

    По моему мнению, три события первой важности принесли новый материал для дальнейшего изучения Малевича:

    1)                                  «Собрание сочинение в пяти томах», Москва, «Гилея», 1995-2004 (под общей редакцией Алeксандры Шатских);

    2)                                  Andrei Nakov, «Kazimir Malewicz. Catalogue raisonné», Paris, Adam Biro, 2002;

    3)                                  Двухтомник «Малевич о себе. Современники о Малевиче. Письма. Документы. Воспоминания. Критика», Москва, РА, 2004 (авторы соcтавители И.А. Вакар, Т.Н. Михиенко)

    Каталог рэзонэ Накова не совсем соответсвует обычным научным правилам этого жанра : он смешивает хронологическую и интерпретационную канву произведений Малевича, что не способствует ясности эволюционного обзора его творчества; этому хаотичному изложению фактов прибавляется совсем произвольные-субъективные названия («отсебятины») многих отдельныx произведений или ансамблей (неадекватными для Малевича кажутся такие определения разделов , как то : «нарративный супрематизм», «эклектичный супрематизм», «сезаннистские интересы» постсупрематического Малевича,  и т.п.). Несмотря на это, каталог рэзонэ Накова представляет собой огромную работy собирания материала и поэтому является важной вехой в изучении творчества Малевича; он позволит в будущем создать научное  упорядочение всей продукции создателя супрематизма.[2]

     

     

     

    Есть элемент, который отличает мою работу от большинства других работ о Малевиче, это принятие во внимание украинских корней его живописной поэтики, что замалчивается или туманно освещается и не только в великорусских исследованиях… Во всех моих статьях и книгах о так называемом «русском авангарде», понятие которого прочно установилось лишь с 1960-х годов, я различаю в этом мощном новаторском художественном потокe три направления или «школы» : петербургская, московская и украинская ( в неё входят Александра Экстер, Давид и Владимир Бурлюк, Архипенко, Малевич, Баранов-Россинэ и, отчасти, Ларионов и Татлин)[3]. Так что, когда встречается в моём тексте прилагательное «русское», надо подразумевать, в большинстве случаев, «и украинское».

    Украинская стихия проникла навсегда в человеческое и художественное естество Малевича – это и природа и быт и цветовая гамма. Я помню, что в самом начале 1970-х годов мы с женой бывали у конструктивиста Владимира Стенберга и один раз он нам говорил о Малевиче как об «украинском патриоте» (меня это удивило, так как тогда я совершенно не осознавал, о чём могла быть и речь!). Владимир Стенберг прибавил, что Малевич любил ходить в украинcкой одежде и петь украинские песни. И это было до появления в конце 1970-х годов «Автобиографии» Малевича 1933 года в редакции Н.И. Харджиева, где художник определяет себя без обиняков как укрaинец.

     

     

    Одна, казалось бы, побочная черта роднит Малевича с Украиной, а именно с Гоголем. Я не говорю здесь о гипeрболизме художественнoй поэтики ни о юморе, которые можно проследить и в изобразительном искусстве  и в писаниях Малевича. Но я очень поражаюсь тoмy, чтo для многих исследователей, русских и зарубежных, язык Малевича, кажется диким, экстравагантным, сумбурным. Так не полагали между прочим такие люди как, например, М.О. Гершензон или М.М. Бахтин. Конечно, малевический слог  действительно  осложнённый, действительно цветистый, действительно ненормaтивный, но он одновременно чрезвычайно экспрессивный и эфективный. И тут мне припонимается, как некоторыe великоросы реагировали на русский язык украинца Гоголя, которому, например, публицист Н.А. Полевой, советовал «поyчиться русскому языку»; этот критик писал даже о чуднóй галиматье по поводу гоголевского стиля[4]… Вспомним это место из восьмой главы «Мёртвых душ» :

    « <Читатели высшего сословия, а за ними и все причитающие себя к высшему сословию> xотят непременно, чтобы всё было написано языком самым строгим, очищенным и благородным, словом, хотят, чтобы русский язык сам собою опустился вдруг с облаков, обработанный, как следует, и сел бы им прямо на язык, а им бы больше ничего, как только разинуть рты да выставить его. »

     

     

    В настоящем украинском издании моей монографии, я ничего не изменил в основном французком текте 1990 года, так как он мне показался не устаревшим. Я только исправил некоторые фактические ошибки и прибавил две главы об учении и учениках Малевича и о постсупрематическом «возвращении к образу». Кроме того, я актуализировал моё исследование многочисленными примечаниями ( их не было в первоиздании), которые учитывают состояние малевичеведения в первом десятилетии 21-го века.

     

    Апрель 2012

     

     

     

     

     

     

     



    [1] Jean-Claude Marcadé, «Malévitch», Paris, Casterman/Nouvelles Editions Françaises, 1990

    [2] B этом будущем каталоге-рэзонэ, придётся ревизовать атрибуцию многиx

    произведений Малевича; этому поможет исследование выдающегося датского малевичеведа Троэльса Андерсена : K.S. Malevich, The Leporskaya Archive (состав. Troels Andersen), Aarhus University Press, 2011 (cм. в особенности главу «Attributions», c. 210-214)

     

     

    [3] См. мою книгу : Jean-Claude Marcadé, «L’avant-garde russe. 1907-1927», Paris, Flammarion, 1995, 2-e изд. 2007, ocoб. С. 20-22 («Ecole de Saint-Pétersbourg, Ecole de Moscou, Ecole ukrainienne») и passim

    [4] Н. А. Полевой, Похождения Чичикова, или мертвые души. Поэма Н. Гоголя, « Русский вестник » (1842. No 5/6. Отд. III) ; см. также Edyta M. Bojanowska, «Nikolai Gogol. Between Ukrainian and Russian Nationalism», Cambridge, Massachusetts, London, England, Harvard University Press, 2007, p. 70 sqq.

  • du dénigrement quasi journalier de la Russie par « Le Monde »

    12 mars 2012

    Piotr Smolar (ou, du moins le titre de la Rédaction du « Monde ») a trouvé le moyen, à propos du trafic d’organes des Kosovars (tellement unilatéralement et partialement soutenus en son temps), d’incriminer principalement la Russie pour ne pas transmettre les informations médicales qu’elle aurait à ce propos. Donc, ce ne sont pas les trafiquants d’organes kosovars les criminels, mais la Russie…

    Mais pourquoi s’étonner, quand le même Smolar et sa collègue inénarrable Marie Jégo, s’empressent de faire des rumeurs non avérées des vérités, pour peu qu’elles soient à charge contre la Russie – ainsi de « Maghnitski battu à mort (sic!) » dans la prison où il était enfermé. Cela ne suffit pas que la mort de Maghnitski soit une bavure de la justice russe, il faut y ajouter la touche people  de « battu à mort », sans que cela soit mentionné, ni repris, par la grande majorité des sites d’opposition.

    16 mars

    J’ajoute que, depuis ce « Maghnitski battu à mort en prison », Smolar et Jégo ont retiré cette « épithète homérique », par « maltraité » : y a-t-il eu quelque protestation de gens informés plus rigoureusement? En tout cas, la calomnie a joué son rôle : puisqu’il n’y a eu aucune rectification des propos de Smolar et Jégo sur « Maghnitski battu à mort », l’imputation reste en l’air. Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose. C’est malheureusement la doctrine du journalisme du « Monde » concernant la Russie.

    Toinette Jégo continue à sévir : elle s’est emparée de deux « épithètes homériques » qu’elle va nous ressortir désormais à chaque papier : il y a une « classe créative » en Russie, avide de justice et de liberté » et, en face, « l’élite politico-militaire au pouvoir qui mise sur la bigoterie, le repli sur soi, la haine de l’étranger », évidemment promue, soutenue, encourager par Poutine, baptisé par Toinette Jégo de « leader national ».

    Font partie de la « classe créative », sans doute selon Jégo, tous ceux qui sont contre Poutine – les Navalny, les Oudaltsov, les Kasparov, les Nemtsov qui, jusqu’ici, ont comme seul programme politique « la Russie sans Poutine », mais aucun  programme socio-économique qui pourrait remplacer le système actuel (le seul qui en est un de cohérent, en dehors des communistes, c’est Prokhorov, dont Jégo ne parle guère, qui n’est pas propoutinien, sans faire une opposition démagogique systématique). Sans doute aussi appartiennent à la »classe créative »  les tristement célèbres Poussy Riot, dont le niveau littéraire et musical reste pitoyable, mais dont l’inénarrable critique d’art Jégo a fait des descendants de Malévitch (mais oui!)…

    jean-claude marcadé

    PS Au G20, un hommage a été rendu à Poutine, pas seulement par politesse, en particulier par Christine Lagarde