Catégorie : Billets d’humeur

  • Jacques Sapir sur la Grèce, à chaud

    Jacques Sapir
    Dossier: Situation économique en Grèce

    Les événements de ces derniers jours ont permis de voir en pleine lumière les divers aspects du différend entre la Grèce et ses créanciers. La décision d’Alexis Tsipras de provoquer un référendum le 5 juillet donne néanmoins à ce différend une dimension nouvelle, et dramatique.
    Le différend entre la Grèce et les créanciers a désormais une dimension politique tout autant qu’économique. C’est la question de la démocratie au sein de la zone Euro et de l’Union européenne qui est aujourd’hui directement posée. Une des conséquences de cette nouvelle situation est que les leçons que l’on doit en tirer sont extrêmement importantes pour la suite des événements, tant en Grèce naturellement que dans d’autres pays qui entreraient à leur tour en conflit avec les différentes structures de l’Union européenne.

    L’Union européenne et l’Eurogroupe ont toujours poursuivi un objectif politique.
    Le gouvernement grec a fait la démonstration que l’UE, l’Eurogroupe, et généralement l’ensemble des « institutions » européennes n’ont en réalité jamais admis le résultat des élections du 25 janvier 2015. Leurs actions n’ont eu de cesse que d’amener le gouvernement grec à se renier ou bien de provoquer un changement de gouvernement par des méthodes qui se situent en réalité hors de la sphère des principes démocratiques, même si elles en respectent formellement les codes. Le refus obstiné des « institutions » de prendre en compte les propositions du gouvernement grec, dont il est aujourd’hui clair qu’elles étaient raisonnables, et qu’elles étaient les seules capables de permettre à la Grèce de sortir de la crise, n’avait pas d’autre sens qu’un sens politique. Il fallait faire la démonstration qu’aucune politique alternative n’est possible aujourd’hui dans l’UE. C’est ce à quoi s’est employé tant la Commission que l’Eurogroupe, renvoyant systématiquement les mêmes propositions au gouvernement grec et se refusant, en réalité, à toute négociation.

    Mais, récemment, un nouveau pas a été franchi. L’écho donné à l’accueil de « l’opposition » grecque à Bruxelles, que ce soit les dirigeants du parti de centre-gauche largement financé par les « institutions » européennes (To Potami), et qui ne représente que 7% de l’électorat, ou les dirigeants de la Nouvelle Démocratie, le parti de centre-droit qui gouverna la Grèce jusqu’aux dernières élections et qui est tombé aujourd’hui à moins de 15% des intentions de vote, ne représente pas moins que la tentative d’organiser un changement de gouvernement. Cela signifie que ces mêmes « institutions » européennes, si promptes à défendre la démocratie, complotent ouvertement avec un ensemble de politiciens faillis, souvent corrompus, et qui ont été rejetés par leur propre peuple pour remplacer un gouvernement démocratiquement élu. C’est une leçon importante, qu’il faudra apprendre par cœur, ne serait-ce que pour s’en prémunir. Elle décrédibilise totalement et complètement les discours sur la démocratie qui peuvent être tenus au seins des instances européennes.

    Face à ces manœuvres le gouvernement grec, et Alexis Tsipras, ont choisi de poser la question au peuple grec par voie de référendum. C’est un acte fort. En redonnant la parole au peuple, Alexis Tsipras montre à la fois qu’il a compris la nature profonde du problème qui l’oppose à l’Eurogroupe et qu’il est fidèle à la tradition démocratique. La question qui sera posée au peuple grec est évidemment importante. En décidant de se focaliser sur le plan d’austérité et les propositions faites par les créanciers de la Grèce, Alexis Tsipras le renvoie à leurs contradictions: peut-on imposer en contrebande des mesures dont un peuple ne veut pas? C’est pourquoi il faut voir dans cette décision de provoquer un référendum l’un des gestes les plus démocratiques que l’on ait eu en Europe depuis plus de 30 ans.
    La question n’a jamais été de « sauver » la Grèce mais de lui donner les moyens matériels et financiers de renouer avec la croissance.

    Il se répand dans la presse l’expression « sauver la Grèce ». Rien ne saurait être plus faux. Tout d’abord, ce n’est pas la Grèce qui est menacée par un défaut, mais en réalité la zone Euro. Si la Grèce faisait défaut le 30 juin, les conséquences les plus graves seraient justement dans les « institutions » européennes. En fait, il convient ici de rappeler des faits qui sont connus, mais systématiquement occultés dans la présentation faite par certains journalistes:

    1. Une large partie de la dette grecque vient du transfert de la dette privée vers la dette publique. La BCE et les pays européens ont racheté les titres grecs détenus par les banques, pour que ces dernières puissent se dégager d’un « risque grec ». Dans cette dette, rien n’est allé à la population grecque (1).
    2. Les taux d’intérêts prélevés par les créanciers privés ont été particulièrement élevés, et ces taux ont rajouté de la dette à la dette. Dans les années 2010-2012 s’est ainsi mis en place l’équivalent d’une pyramide financière (ou « système Ponzi ») dans lequel un gouvernement emprunte pour rembourser non plus le principal mais les intérêts. Tout économiste sait qu’un tel système conduit à court terme à des catastrophes.

    3. Aujourd’hui, si l’on excepte le poids des remboursements tant des intérêts que du principal, le gouvernement grec est à l’équilibre budgétaire (ce que l’on appelle un « équilibre primaire »), chose que le gouvernement français est incapable de réaliser. Ainsi, les mêmes qui dénoncent la « légèreté » du gouvernement grec sont incapable de faire aussi bien que lui…

    4. Si le gouvernement grec demande un accord global sur la dette, incluant une annulation d’une partie de cette dernière et un rééchelonnement du reste, sur le modèle de ce qui avait été accordé à l’Allemagne en 1953, c’est parce qu’il sait que tant que ces prélèvements sur la richesse produite par le peuple grec (de l’ordre de 5% à 7% du PIB par an) seront maintenus, il n’y a aucun espoir de croissance ni d’amélioration de la compétitivité de l’appareil productif grec. Or, seule une croissance durable peut permettre à la Grèce de rembourser une partie de ce qu’elle doit. De ce point de vue, la position du gouvernement grec est la raison même que ce soit du point de vue du peuple grec ou de celui de ses créanciers. Le refus de ces derniers d’aboutir à un compromis montre bien que leur objectif est avant tout politique comme il a été dit plus haut et non économique.
    En fait, le gouvernement grec propose deux solutions aux pays de l’Eurogroupe. Soit un accord sur la restructuration et le rééchelonnement de la dette est trouvé et l’Union européenne s’engage à investir dans l’appareil productif grec, soit la Grèce fera défaut (et donc ne paiera pas), et utilisera l’argent qu’elle prévoit d’économiser par un effort fiscal extraordinaire pour investir dans son appareil productif. C’est pour cela qu’aujourd’hui la question de la dette est centrale (2). Mais, le problème de la Grèce n’est pas celui d’un endettement trop lourd, il est fondamentalement celui d’une perte de la compétitivité de l’économie grecque. Or, cette perte de compétitivité est consécutive à l’Euro. (3) Cela, je l’ai dit dès octobre 2009 puis à de nombreuses reprises (4), et il est clair qu’un raisonnement similaire peut être tenu pour de nombreux pays, la Portugal, l’Espagne, l’Italie et la France. Face à un problème de compétitivité, un pays peut soit dévaluer sa monnaie, soit procéder à des investissements massifs dans son appareil productif. Mais il ne peut pas rester à la parité d’origine, ne pas investir et de plus prélever environ 5% de son PIB tous les ans pour payer d’autres Etats. Il faudra donc choisir et, si l’on ne veut pas donner à la Grèce les moyens d’investir, la laisser sortir de l’Euro.

    Mais, et c’est ici que nous revenons à la politique, les dirigeants européens ne veulent faire ni l’un ni l’autre. Ils sont paralysés par la représentation religieuse de l’Euro qu’ils se sont créés. Mais ils sont aussi paralysés par les intérêts financiers de certains pays et en particulier l’Allemagne, qui tient absolument à maintenir le couvercle de l’austérité sur l’Europe. Incapables de choisir, visant à des objectifs contradictoires (le maintien de la Grèce dans la zone Euro et la politique d’austérité), ils sont aujourd’hui dans une impasse. Prenant conscience de cette dernière, au lieu de chercher à dénouer les fils du nœud dans lesquels ils sont pris de leur propre faute, ils cherchent une issue dans une fuite en avant dangereuse. L’attitude qu’ils ont adoptée face au gouvernement grec est en effet dangereuse et irresponsable. Cette attitude prend le risque, pour résoudre un problème qui est une création de l’Europe, de compromettre la totalité de l’édifice européen et de révéler les sources anti-démocratiques de cet édifice. C’est aussi cela que révèle la décision d’Alexis Tsipras de convoquer les électeurs pour un référendum.

    Il ne faut pas douter que la semaine à venir sera riche de tentatives de déstabilisation du gouvernement grec. Les instances européennes ne peuvent tolérer ce référendum, elles qui se disent pourtant des parangons de démocratie. Il faut savoir que cette attitude prend le risque d’une guerre civile en Grèce, tout comme le soutien aux forces de Maïdan a pris le risque d’une guerre civile en Ukraine. Car, si ce coup d’Etat était entrepris il ne faut pas s’imaginer que les forces qui ont soutenu SYRIZA, mais aussi le parti souverainiste ANEL, se laisseraient faire. Le problème avec cette génération de bureaucrates européistes est que, comme l’avait fait remarquer Raimond Aron au sujet de Valéry Giscard d’Estaing, ils ne savent pas que l’histoire est tragique. Mais cette histoire vit sa propre vie, sans ce soucier des représentations de ces bureaucrates. Elle se manifestera avec force quand l’heure sera venue. Le danger est là. Et il ne faudra pas alors venir se plaindre si des pratiques un peu plus brutales et moins civilisées que celles qui ont cours dans les bâtiments de la Commission Européenne à Bruxelles sont utilisées contre ces mêmes bureaucrates.
    Les opinions exprimées dans ce contenu n’engagent que la responsabilité de l’auteur.

    1 Geek Debt Truth Commission, Executive Summary of the report from the Debt Truth Committee, 43p, 17 juin 2015, http://greekdebttruthcommission.org/wp/

    2 Godin R., « La question de la dette est centrale », La Tribune, 23 juin 2015, http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/grece-pourquoi-la-question-de-la-dette-est-desormais-centrale-486327.html
    3 http://bfmbusiness.bfmtv.com/monde/la-crise-que-subit-la-grece-ne-se-serait-pas-produite-sans-l-euro-896158.html
    4 Je renvoie ici le lecteur à une série de note publiée sur le site Marianne.2, « Sapir: derrière la crise grecque, l’explosion de l’euro? », 30 mai 2011, http://www.marianne.net/Sapir-derriere-la-crise-grecque-l-explosion-de-l-euro_a206801.html

  • L’éternel entarté

    L’entarté qui ne sera pas publié dans la langue de Chestov, le philosophe qui a inauguré l’opposition d’Athènes et de Jérusalem avant, et bien mieux, l’activiste hystérique et irresponsable.

    526x297-wJA

    French philosopher and writer Bernard-Henri Levy looks on after being hit by a cream pie thrown by Belgian notorious pie thrower Noel Godin ahead of a discussion between Belgian artist Jan Fabre and Bernard-Henri Levy on the exhibition "Facing time. Rops/ Fabre" in Namur, on May 30 2015. AFP PHOTO / BELGA PHOTO / ANTHONY DEHEZ **BELGIUM OUT**
    French philosopher and writer Bernard-Henri Levy looks on after being hit by a cream pie thrown by Belgian notorious pie thrower Noel Godin ahead of a discussion between Belgian artist Jan Fabre and Bernard-Henri Levy on the exhibition « Facing time. Rops/ Fabre » in Namur, on May 30 2015. AFP PHOTO / BELGA PHOTO / ANTHONY DEHEZ **BELGIUM OUT**
  • Gorbatchev sur la situation mondiale

    PRESIDENT GORBACHEV’S STATEMENT
    At the International Climate Change Symposium
    Tempio di Adriano, Piazza di Pietra, Rome
    27 – 29 May 2015

    Dear participants,

    We live in urgent times. The sum of the concurrent crises that have been engulfing everything from climate to energy, to politics and economy is creating a spiral of need for change. But climate change sticks out of this list as being an explicitly clear and present danger of existential proportions. Therefore I welcome your effort to review the linkages between climate change and world development and to examine broad lines of action to improve human wellbeing and security in the new conditions of the 21st Century. Unfortunately my health prevents me from joining you, which I regret, as the situation in the world makes this Symposium extremely timely and important.
    xxxxx

    In December 2015, world leaders will gather in Paris to negotiate a binding agreement to reduce global carbon emissions. It will be the twenty-first UN climate summit since 1992. Two decades of climate negotiations unfortunately have been accompanied by mounting emissions and rising temperatures. The World Meteorological Organization has pronounced 2014 as the warmest year on record for the planet. And the latest Intergovernmental Panel on Climate Change report warns that short of a “substantial and sustained” reduction in greenhouse gas emissions we will experience more frequent heat waves, droughts, storm surges, shocks to the world food supply and other extreme weather-related events.

    Climate scientists say the window of opportunity for strong action on climate is rapidly closing, but that we can yet stabilize global atmospheric temperatures and put the world on a path to sustainable development. In fact Paris is the last chance to stay below 2 degrees Celsius beyond the pre-industrial temperature.

    The world remains trapped on an agonizingly unsustainable development path. Economic growth, without concern for the capacities of the planet, continues to be top goal and priority. Because of that we are facing unprecedented and relentless environmental degradation, deterioration and over-exploitation of natural resources, with water, food and energy crises looming, while over a billion people are still living in extreme poverty and global inequality is clearly growing. Oxfam recently warned that the combined wealth of the richest one per cent would overtake that of the other 99 per cent of people next year, unless the current trend of rising inequality is checked.

    Politics is lagging behind the transformation process. This is the main reason for the multiplying crises we face – climate, food, water, energy, and poverty. In fact we face the crisis of our developmental model.

    However the international situation is becoming more complex and more worrisome. Increasing tensions on the world scene, escalating terrorism, ethnic and religious violence, reincarnation of nationalism, and the systematic violation of human rights have downgraded the sustainability agenda into almost an abstract discussion putting to a hard test not just the post-cold war order, but the future of international politics in general and pushing the world to the edge of a disaster.

    There is too much at stake and the risks and threats are too great. If we fail to reverse the politics, which are driving us towards a new confrontation, all the agenda of sustainability may fall victim to this downward spiral in current politics.

    The Ukrainian crisis is a symptom of the growing dysfunctionality of the existing world order. This was triggered by a failure to adjust it to new realities after the end of the Cold War. The world has been pregnant with the new order (we have discussed this with President Bush and other leaders of the West very seriously). However, these plans have been put aside by the West, which was carried away by the “victory euphoria” after the end of the Cold War. Pope John Paul II warned in 1992 that “the Western countries run the risk of seeing this collapse of Communism as a one-sided victory of their own economic system, and thereby failing to make necessary corrections in that system.”

    Unfortunately after 25 wasted years, his prediction did come true as the global crisis of 2008-2009 triggered the transition to a different historical period. In essence, it clearly revealed that the gap between the world’s growing interconnectedness and its inadequate coordination capacity has created a vacuum, leaving different actors to see how far they could try and push.

    The Ukrainian crisis, rooted in this asymmetry, has provoked a serious and dangerous breakdown of relations between Russia and the West.

    However dramatic is the current political situation, the relations between Russia and the West should not be reduced to the Ukrainian crisis. We should take a long-term perspective; while seeking solutions to the conflict in Ukraine and ways to overcome the international fallout from the crisis triggered by the events there.
    There is only one option to pursue – dialogue, search for consensus and urgent upgrading of the international governance system.

    Globally the “rules of the game” must be changed to stop the dangerous drift towards confrontation and to make further escalation impossible. It’s important to reformulate the international agenda and political frameworks to encourage transformative leadership. Current governance and international institutions should be upgraded fast enough to harness and channel change, instead of being overwhelmed by it.

    Within Europe, the crisis can be contained by working out a common goal of long-term co-development. It must be acknowledged that Europe today is no longer the centre of the world. Its problems are part of a complex global system, where all are affected by all. Perhaps, as once the United States and Canada were made part of the European process, it’s time to think about turning the European process into a Eurasian one.

    Actions of external players throughout the Ukrainian crisis invite serious criticism. Ukraine is a tragic example of a short-sighted policy of “geopolitical engineering”.

    But now it badly needs our help. EU member states, and above all Germany and France, seem to have learned some lessons and are now trying, alongside Russia and Ukraine, to find ways to de-escalate the conflict. This is a positive development. Still I reiterate that the revival of dialogue between Russia and the United States is essential to peace in Ukraine, in Europe, and the entire world. The two countries have a special role to play and a special responsibility.

    They are permanent and most powerful members of the U.N. Security Council and they should realize their responsibilities and cast aside expediency-driven agendas, restoring the required level of understanding and trust. The recent meeting of President Putin and State Secretary Kerry in Sochi – the first direct Russia – US political level contact in the last two years – was a step in the right direction.

    And most urgently, joint and concerted efforts are needed to take Ukraine away from the brink of social and state breakdown, and to turn it into a hub of cooperation rather than a prize drawn from Russia – West competition.

    The new governance architecture should provide an integrated agenda for progress on security (including the coordinated efforts to address frozen conflicts), energy, economic cooperation as well as sustainability.

    It is very important to take a sober and balanced look at the situation, to be conscious of the existence of global challenges and universal human values, as well as the numerous issues that cannot be resolved without cooperation between the world’s leading powers.

    This means that we have to return to the basic tenets of the new thinking, which we proposed to the world when relations between the East and the West were severely strained.

    The main challenge then was to avert a global nuclear conflict. We succeeded in warding off that threat; however, the threat of a new arms race has not disappeared.

    Other threats are also looming large, above all the danger of climate change. In addition, there are other global issues such as the growing shortage of fresh water, food shortages, international terrorism, cyber security, pandemics, and so on.

    What is needed today is a dialogue based on the awareness of our common destiny and common exposure to new threats rather than on grievances, mutual recriminations and frustrations. We must put aside prejudices inherited from the Cold War and work together to create a new global system of responsibility, vision and solidarity.

    If we are to succeed the world will require true political leadership, prophetic vision and courage, rather than an adaptive strategy of small steps, as well as revitalized multilateral governance architecture adequate to meet the interconnected challenges of the 21st century.

  • Sur l’Eurovision 2015

    Polina Gagarina

    1016250530

    Alexandre Latsa, « Sur l’Eurovision 2015 »

    La 60e édition du concours Eurovision vient de se terminer et fait encore une fois la une de la presse, après avoir monopolisé les esprits, les foules et surtout d’incommensurables budgets marketing.
    Je dois bien l’avouer, je fais partie des gens qui n’ont jamais regardé un seul concours Eurovision, et il y a bien des raisons à cela.

    Il y a tout d’abord l’illogisme culturel qui accompagne l’Eurovision. Si le concours est organisé par l’Union européenne de radio-télévision, il est ouvert à tous les pays membres et diffuseurs, soit des pays situés en dehors de la zone européenne, par exemple dans le Pacifique ou en Afrique. Pour cette raison sans doute, la quasi-totalité des chansons sont émises en anglais, dénaturant ainsi totalement le projet, qui d’européen à la base, est devenu un projet globaliste en langue anglaise. Sur les 16 dernières années, 15 des chansons gagnantes ont été interprétées en anglais.

    Russie 2e à l’Eurovision 2015: pas de « sanctions culturelles » entre les pays
    Il y a aussi l’aspect politique qui accompagne, et chaque année un peu plus, cet événement. 2014 a été un grand cru concernant le délire permanent qui accompagne l’Eurovision, lorsque l’artiste Conchita Wurst, travesti allemand d’origine colombienne, a emporté la victoire. Dans le même temps et depuis le début de la crise ukrainienne, les artistes russes sont hués par un public visiblement bien éduqué par le Mainstream médiatique tandis qu’il n’acclame que des artistes plus médiocres les uns que les autres.
    Il y a surtout l’insupportable pression médiatique et marketing qui accompagne chaque année cet événement, dénaturant ce qu’il devrait être, à savoir un moment artistique. Comme la responsable des divertissements de France 2 vient de le soulever: il se pose la question de savoir si la France doit participer l’année prochaine à ce show dont les résultats électoraux dépendent de plus en plus des fortes accointances géographiques et culturelles entre les pays. Ces tendances lourdes sont apparues dès les années 1970 lorsque des blocs politico-musicaux ont commencé à se former, entre Scandinaves d’abord puis par exemple entre Etats de l’ex-bloc post-soviétique.

    Hormis la France, un autre pays se demande s’il doit continuer à participer à cet événement: il s’agit de la Russie.

    Les huées qui accompagnent les chanteuses russes, que ce soit la ravissante Polina Gagarina, qui d’ailleurs aime la France, ou les sœurs jumelles Tomalchevy l’année dernière sont visiblement la goutte de trop.

    Vienne: des feux piétons devenus amicaux pour les homosexuels
    Certains commentateurs ont ouvertement remis en cause la nécessité pour la Russie de participer à un événement qui promeut une «culture globale asexuée, anglophone et antinationale». Ce ton est révélateur des grandes et novatrices scissions qui s’opèrent entre les élites russes et occidentales alors que jusqu’à présent, la Russie avait toujours présenté des artistes de la scène rock/pop traditionnelle, et non issus de la puissante scène musicale patriotique que le pays connaît pourtant, que l’on pense par exemple au duo TATU en 2003.
    Quoi qu’il en soit, l’Eurovision est symptomatique du malaise qui accompagne la politique que Bruxelles mène, que ce soit à l’égard de la Russie mais aussi de l’Europe. Peut-on imaginer un concours Eurovision 2016 sans la Russie et la France, mais avec par exemple l’Australie, la Tunisie, l’Azerbaïdjan et la Géorgie?

    Cela montre une fois de plus que les élites européennes et l’Union européenne ne font pas l’Europe mais le mondialisme.

    A quand un concours Eurovision authentique organisé par Paris et Moscou, et qui promouvrait des groupes traditionnels chantant dans leurs langues nationales?

  • ¡Viva Podemos!

    ¡Viva Podemos!

    Nunca me he planteado votar a Podemos. Me parecen una copia de Izquierda Unida, pero con la cúpula más endogámica y sin experiencia de gestión. Eso no quita que me guste que existan.

    Como fenómeno mediático, han centrado la atención en la extrema corrupción de una parte de la clase política española. Antes de que llegase Pablo Iglesias era imposible pensar que un alto cargo acabase entre rejas.

    El caso Errejón hizo que se hablase de la endogamia de la universidad española como nunca antes.

    La insistencia de los medios en diseccionar las medidas propuestas por el nuevo partido ha derivado en que el español medio ponga un interés en la gestión de nuestro país quizá nunca visto desde la Transición. En unos meses, hemos pasado de cambiar el voto del PP al PSOE en función de quién nos cabrease menos a reconocer las caras y las ideas de los líderes de IU, UPyD, Ciudadanos, Ganemos e incluso EQUO.

    Ahora hasta prestamos atención a la situación de Latinoamérica.

    Sé que parte de la razón de todo lo anterior es el miedo de un sector importante a que España vaya a peor si Podemos gana, pero eso no me preocupa. Es imposible que un individuo que sale todas las semanas en La Sexta y todos los días en El País no acabe asqueando. En otro partido, el caso Monedero, la persistente ambigüedad ideológica o la evasión de responsabilidades en Europa y los municipios causaría una erosión más o menos lenta, pero en uno que depende de su constante exposición en los medios, detalles menores se vuelven mortales. Por eso, para mi, la pandilla de Pablo Iglesias forma más un Reality Show que otra cosa.

    Como entretenimiento, el fenómeno Podemos es estupendo. Los protagonistas tienen todos personalidades muy marcadas: Errejón el empollón, Iglesias el megalómano, Monedero el excéntrico bolivariano que pone el puntito de comedia y Tania Sánchez, la mujer de carácter fuerte que enamora al « prota ». Gracias a la prensa, sus chascarrillos tienen más ángulos que « La insoportable levedad del ser ». Si alguna vez has disfrutado secretamente de un culebrón o una película de media tarde, esto es lo mismo, pero en El País y el ABC. Sin culpabilidad, porque ni siquiera lo ponen en la sección de Sociedad.

    Personalmente, admito tomar el café de media mañana buscando el capítulo del día en la portada digital de El País. Nunca falla. Ayer por la noche me pasé un rato componiendo las imágenes anteriores. Me lo pasé estupendo, pero fue mejor aún cuando me di cuenta de que, gracias a Vanity Fair, la realidad había superado mis ficciones:

    ¿Pero qué es esto? ¿¿Quién va a una cafetería con guantes de boxeo??
  • trombinoscope de Jean-Claude Marcadé né un 8 mai 1…

     

    1957,1958,1965, 1972, 1979, 2003, 2006, 2014

     

    vers 1957, rue de Bègles, Bordeaux 1958Soldat de 2ème classe, 1965

     

     

     

    1972, Le Pam
    5:5.1983
    2003, île Maurice




     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    1986, expo Ackermanoctobre 2014, avec Sidney Barbosa