





Les nymphes depuis l’obscurité de leur mystère incarnent le vivant de la nature, révèlent le caractère dansant de la nature.
A partir de là, l’idée serait de donner une présence à l’événement de la cristallisation que produisent les nymphes. Ce flottement à travers lequel la forme et la matière se trouvent irrésolues. La nacre ou la brume des nymphes comme un suspens entre deux choses différentes. Ces tensions sont multiples : entre l’imaginaire et la mémoire, entre l’arrêt et le mouvement, entre le sommeil et l’éveil, entre l’image et le réel, entre la métamorphose et la spectralité, entre le geste et l’apparition…



[1] Lettre de Nicolas de Staël à Mme Goldie, Mogador, 1937, dans Françoise de Staël, Nicolas de Staël. Catalogue raisonné de l’œuvre peint. Lettres de Nicolas de Staël, Neuchâtel, Ides et Calendes, 1999, p. 808 [Les citations des lettres publiées dans cet ouvrage seront désormais suivies du simple numéro de la page y renvoyant, sans mention chaque fois du titre] [L’orthographe et la ponctuation si particulières des lettres de Nicolas de Staël sont conservées comme dans leur original].
[2] Voir le catalogue en russe et en français Nicolas de Staël. Musée national de l’Ermitage, 12 mai-31 août 2003, Paris, Afaa, 2003
[3] L’exposition du MNAM qui a été pratiquement concomitante de celle de l’Ermitage (12 mars-30 juin 2003) a dans son catalogue (Nicolas de Staël, Paris, Centre Pompidou, 2003) élargi également vers la Russie la biographie de l’artiste.
[4] Voir l’acte de naissance de Nicolas de Staël établi par « le clergé de la cathédrale Saint-Pierre-Saint-Paul de Pétrograd le 11 juillet 1919 » dans le catalogue Nicolas de Staël. Musée national de l’Ermitage, op. cit., p. 26-27. Ses parrains et marraine sont le Page de la chambre de Sa Majesté, le baron Vladimir Staël von Holstein et le conseiller de la cour, Constantin Vladimirovitch Bérednikov, la fille de général-adjudant, la baronne Alexandra Ivanovna Staël von Holstein, et l’épouse du maître de la cour de Sa Majesté, Lioudmila Ivanovna Lioubimova
[5] Je reprends ici, en partie, les informations données par Albert Kosténévitch dans son article fouillé, le premier sur le sujet d’une telle ampleur : « De la Russie à la France : la trajectoire d’un peintre », dans Nicolas de Staël. Musée national de l’Ermitage, op. cit., p. 21-49. Voir aussi Germain Viatte dans sa « Préface » aux lettres de Nicolas de Staël dans Françoise de Staël, Nicolas de Staël. Catalogue raisonné de l’œuvre peint. Lettres de Nicolas de Staël, op. cit., p. 769. On trouvera une foule de renseignements sur les ancêtres de Nicolas de Staël dans Laurent Greilsamer, Le Prince foudroyé. La vie de Nicolas de Staël, Fayard, 1998, p. 13-20.
[6] Albert Kosténévitch, op. cit., p. 33.
[7] « Il y a deux Russies — une Russie des apparences, une masse de formes extérieures avec des contours exacts qui caressent l’œil ; avec des événements qui commencent de façon déterminée et se terminent de façon déterminante, — l’“Empire” dont l’histoire a été « peinte » par Karamzine, “élaborée” par Soloviov, et les lois codifiées par Spéranski. Et il y a l’autre — la “Sainte Russie”, la “Mère Russie” dont personne ne connaît les lois, aux formes vagues, aux courants indéterminés, dont nous ne prévoyons pas la fin, dont les commencements sont obscurs : la Russie des substantialités, du sang vivant, de la foi entière où chaque fait se tient non pas par un enchaînement artificiel avec un autre mais par la force de l’être propre qui y est placé » [V.V. Rozanov, « Psikhologhiya rousskovo raskola » (La psychologie du schisme russe), dans Relighiya i koul’toura (Religion et Culture), Saint-Pétersbourg, 1899, reprint Paris, Ymca-Press, 1979, p. 23]
[8] Lettre de Pouchkine à D.M. Schwarz du 9 décembre 1824 ; dans la lettre à P.A. Viazemski du 9 novembre 1926, il écrit : « Ma niania est à mourir de rire. Figure-toi qu’à 70 ans elle a appris par cœur une nouvelle prière sur l’attendrissement du cœur du souverain et le domptage de son esprit de férocité, prière qui fut composée vraisemblablement sous le tsar Ivan. »
[9] Lettre de Jeannine Guillou à Olga de Staël du 28 juin 1945, p. 100.
[10] Julien Benda, La Trahison des clercs, 1927, cité ici d’après Le Robert. Dictionnaire de la langue française, t. V, p. 279, citation 16.
[11] Voir Romain Serge, Joseph Fricero 1807-1870 : ses voyages, Nice, Saint-Pétersbourg, la cour de Nicolas Ier, 1993.
[12] Information relatée par Albert Kosténévitch dans son article « De la Russie à la France : la trajectoire d’un peintre », op. cit., p. 37.
[13] André Chastel, « L’impatience et la jubilation », dans Françoise de Staël, Nicolas de Staël. Catalogue raisonné de l’œuvre peint. Lettres de Nicolas de Staël, op. cit., p. 55.





AEL