Catégorie : Personnel

  • Ma filleule Théodora Marcadé

    LAJASEUSE

    alter-culturaliste

    LaJaseuse © 2016

    Design by Simon Gourfink

    Arrête, je vois la parole qui circule dans tes yeux

    Par Célia Clavel
    15 octobre 2016

     

    Paroles, paroles

    La compagnie Arkadina nous propose un voyage un peu fou dans le monde du langage et ses diverses formes d’expressions. Energique, intelligent et drôle, en un mot comme en mille : brillant !

    Des filles en collants blancs sur fond vert. Un espace neutre, pour que le regard n’accroche sur rien d’autre que ce qui sort de leur bouche : des mots, des déclarations, avec des airs, des tons différents, mais aussi des lieux-communs, des reproches, des incompréhensions, des indications, des explications, des tirades pompeuses et des phrases toutes faites. Tout ça à la fois et à la suite, les micro-saynètes s’enchaînant à une vitesse folle mais avec une fluidité incroyable.

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    Capucine Baroni et Théodora Marcadé nous proposent un exercice de style en nous entraînant dans les méandres du langage, des mots, et des gestes aussi. Loin d’être oublié, le corps est là, présent et il participe à l’expression dans sa globalité et son universalité. Les chorégraphies du verbe et du mouvement s’unissent parfaitement, pour un résultat érudit et musical.

    Ça bouillonne d’intelligence, ça fuse, ça use la langue, ça la tourne, la retourne littéralement pour en perdre le sens et ainsi, mieux le retrouver. C’est un hommage à nous, humains doués du langage, qui parlons pour tout et rien dire, pour hurler et pour aimer, pour communiquer et pour exister.

    ARRÊTE, JE VOIS LA PAROLE QUI CIRCULE DANS TES YEUX de la Compagnie ARKADINA
    Mise en scène Claire Lapeyre Mazérat

    Création lumières Manuel Desfeux
    Scénographie et costumes Arnaud Lazérat
    Du 13 au 16 octobre 2016 au Studio-Théâtre d’Asnières-sur-Seine
    3 Rue Edmond Fantin, 92600 Asnières-sur-Seine, M° Gabriel Péri
    www.studio-asnieres.com

     

  • С Покровом Пресвятой Богородицы

    С Покровом Пресвятой Богородицы!

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  • “so many pussies around your pres. campaign on both sides that I prefer not to comment.”

    “So many pussies around your presidential campaign on both sides that I prefer not to comment.”

  • С Успением Пресвятой Богородицы

    Jour de la Dormition de la Mère de Dieu dans l’Église orthodoxe russe

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    Le 28 août 1994 la Russo-Ukrainienne Valentine Marcadé, née Valentina Dmitrievna Vassioutinskaïa (Wasiutinska) a été rappelée à Dieu.Voici quelques images de Valentine et Jean-Claude Marcadé des années 1960 dans la campagne de l’Allier:

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    Valentine (Lialia) Marcadé, Bransat 1965

     

     

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    Une amie, Lialia et Vania dans la campagne de Bransat (près de l’Izbouchka aux nuées) , années 1960
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    Lialia et Vania près de l’ Izbouchka aux nuées, Bransat, années 1960

     

     

     

     

     

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    Lialia et Vania sur la rivière Allier, années 1960
  • Jacques Sapir sur « laïcité et confusion(s) »

    Jacques Sapir est directeur d’Études à l’ École des Hautes Études en Sciences Sociales, dirige le Centre d’Études des Modes d’Industrialisation (CEMI-EHESS), le groupe de recherche IRSES à la FMSH
    «Burkini», laïcité et confusion(s)
    17 août 2016

    Les discussions sur l’interdiction du port du burkini sur certaines plages en France nous amènent à un problème bien plus profond, celui du concept de la laïcité. L’économiste Jacques Sapir présente son analyse.

    Le débat actuel sur le «burkini» relance celui sur la laïcité. Le soutien apporté par le Premier ministre, Manuel Valls, aux maires ayant décidé d’interdire ce «vêtement» sur les plages n’y est évidemment pas pour rien. Ce n’est pourtant pas une mauvaise chose. Mais, la notion de laïcité est elle-même mal comprise. De là découlent une série de confusions qui ne font qu’obscurcir le débat. Et, les interventions intempestives d’une partie de la «gauche» qui nous tient un discours du genre «il est interdit d’interdire» ne font que rajouter à cette confusion. D’où, la nécessité de rappeler un certain nombre de faits et de principes pour permettre une discussion au fond.

    La laïcité ne se comprend que pour qui conçoit le «peuple» comme une assemblée politique et non ethnique ou religieuse.
    La laïcité n’est pas un principe de droit mais un principe politique.

    Il faut comprendre que ce qui fonde la laïcité c’est la nécessité de dégager l’espace public de thèmes sur lesquels aucune discussion raisonnable, c’est-à-dire fondée sur la raison, ne peut avoir lieu. C’est l’une des leçons chèrement apprise par la France (et une partie de l’Europe) lors des guerres de religion du XVIe siècle. La laïcité ne se comprend que pour qui conçoit le «peuple» comme une assemblée politique et non ethnique ou religieuse. C’est bien pour cela que la laïcité apparaît comme le pendant de la souveraineté. La souveraineté, en faisant entrer la question du pouvoir dans le monde profane, impose le principe de laïcité. La souveraineté impose que les divisions qui traversent le «peuple», qu’elles soient sociales, économiques ou autres, puissent à la fin contribuer, par l’établissement de compromis qui sont la base des institutions, à la constitution d’un bien commun et d’une chose publique (ou Res Publica) qui sont des produits, des résultats, et non des préalables mis en surplomb de la société. Tel est l’enseignement d’auteurs comme Bodin, Hobbes et Spinoza. C’est bien pour cela que le concept de laïcité est compris par un catholique fervent comme Bodin.
    Ce qui permet la laïcité, c’est la distinction entre sphère publique et sphère privée. Tant que cette distinction n’existe pas, on ne saurait parler de laïcité. De ce point de vue, la laïcité est héritière de la pensée du nominalisme et des débats entre clercs de la fin du XIe siècle au XIVe siècle, débats eux-mêmes nourris de la religion chrétienne et des apports de la philosophie antique. Mais la distinction entre ces sphères est mouvante, historiquement déterminée. Cela impose de reformuler constamment les matérialisations de ce principe.

    Certaines de ces matérialisations peuvent être contenues dans la loi. On parle beaucoup (et trop) de la loi de 1905 sur la séparation de l’église et de l’Etat, mais cette loi n’est pas à proprement parler une loi de laïcité. C’est une loi édictée dans un contexte particulier, qui vise à une forme de pacification de la question religieuse. De ce point de vue, les rappels, comme ceux de Jean-François Bayart, à la loi de 1905 sont inopérants car ils identifient et cantonnent la laïcité à des règles juridiques alors que la laïcité est un principe politique qui peut, selon les sociétés, prendre des formes juridiques différentes.

    La question de la tolérance ne fixe que les limites qu’un individu s’impose à lui-même
    La laïcité n’est pas la tolérance ni la liberté des cultes

    Une autre forme de confusion vient de l’assimilation de la laïcité, principe politique, avec une valeur individuelle, comme l’est la tolérance. Que cette dernière soit nécessaire à la vie en société, on n’en disconvient pas. Mais, la question de la tolérance ne fixe que les limites qu’un individu s’impose à lui-même. On est tolérant comme on est généreux, qualités importantes, mais non principes.

    Un principe politique organise un espace, et se matérialise en règles spécifiques, c’est-à-dire en contraintes. Certaines de ses règles peuvent être des règles de liberté (la liberté de culte par exemple) mais d’autres sont des interdictions. Un des problèmes majeurs que rencontre aujourd’hui le principe de laïcité vient justement de l’incapacité de nombreuses personnes à se représenter la société autrement qu’à travers le rapport qu’elles ont directement avec cette dite société. D’où, bien évidemment, l’idéologie «il est interdit d’interdire», qui ne fait que donner une forme de slogan à l’individualisme le plus crasse. Or, dans le même temps que les sociétés capitalistes modernes «produisent» l’individualisme (au sens vulgaire du terme) de la manière la plus brutale, elles imposent – à travers la réalité de la densité sociale – la nécessité de penser la société à travers une vision holiste. On peut alors comprendre les tendances actuelles à réduire la laïcité à la tolérance, mais il convient de ne pas tomber dans ce piège.

    La question de la séparation entre sphère publique et sphère privée

    Cette question est centrale pour comprendre les formulations de ce principe politique qu’est la laïcité car les habitudes collectives, les techniques modernes (comme internet), refaçonnent en permanence cette séparation. Ce n’est bien souvent pas, ou mal, perçu par les personnes. Ainsi, Facebook est en réalité partie de la sphère publique comme tout une série de jugements le confirme. De même des habitudes de loisir, minoritaires au début du XXe siècle et aujourd’hui largement répandues, la tendance à la personnalisation effrénée des «politiques», ont tendu à faire bouger les lignes de séparation.

    Cette même séparation ne saurait être stricte. D’une part en raison de la contribution de nos valeurs individuelles à notre vie en société, et d’autre part en raison des habitudes, coutumes, et comportements, qui constituent de ce point de vue le soubassement historique de TOUTE société, mais aussi les bases de leurs différences. Et cela explique en partie la spécificité «française» du débat, mais aussi la sensibilité légitime de la société française à la question du «burkini».

    La séparation des sphères privées et publiques est toujours socialement contextualisée
    L’un des facteurs les plus importants dans cette reconfiguration de la séparation entre sphère privée et sphère publique a été la reconnaissance (oh combien tardive) de l’égalité entre hommes et femmes. Cette reconnaissance s’inscrit, dans les sociétés d’Europe occidentale à la fois dans l’histoire longue (de «l’amour courtois» à la volonté des maris de préserver la vie de leurs épouses par des formes de contrôle des naissances dès le XVIIIe siècle) et dans l’histoire «courte», marquée par la Première Guerre mondiale et les mouvements qui ont associé la lutte pour des droits politiques, sociaux et démocratiques dans la seconde moitié du XXe siècle. Cela implique qu’une attention particulière doit être consacrée à ce qui, dans des comportements, peut constituer une tentative de remise en cause de cette égalité, et en particulier par des tentatives de marquage «au corps» visant à stigmatiser une soi-disant «infériorité» des femmes.

    Il en résulte que la séparation des sphères privée et publique est toujours socialement contextualisée. Ici encore, méfions nous des anachronismes qui cherchent à présenter comme invariant des formes nécessairement mouvantes ; nous ne sommes plus en 1905.

    Les justifications de l’interdiction du «burkini»

    Il faut alors considérer les motifs qui peuvent conduire à une interdiction de ce «vêtement» et les bases juridiques de cette dernière.

    1. L’argument de la laïcité, qui est politiquement déterminant, n’est pas ici juridiquement le plus important. On comprend qu’une poignée, quelques milliers au plus, de personnes veuillent «tester» le principe de laïcité dans l’espoir, à terme, d’imposer comme «coutume» des pratiques publiques différentes entre appartenances religieuses. Mais ceci relève du projet politique et implique une réponse politique.

    2. L’argument de «l’ordre public» est clairement déterminant dans le court terme, et c’est ce qui a justifié l’arrêt du tribunal administratif. A plus long terme la reconnaissance de la liberté de nos concitoyens musulmans à pratiquer leur religion passe certainement par des mesures strictes contre ces pratiques provocatrices, ainsi que le dit justement l’éditeur égyptien Aalam Wassef dans Libération. La République n’a pas à dicter le «dogme» de quelque religion que ce soit, mais elle a le devoir de mettre un terme aux provocations religieuses de certains, que ces provocations prennent des formes vestimentaires ou qu’elles prennent la forme de revendications à des séparations sur des espaces devenus publics de fait. Ici, clairement, le principe politique peut trouver une application juridique. En organisant l’invisibilité d’une religion sur un point, on autorise la pratique libre de cette dernière. De ce point de vue, parler d’un «salafisme laïque» comme le fait Bayard, relève de la plus totale irresponsabilité et d’une ignorance profonde du rapport entre principe politique et lois. Rappelons ici que la laïcité, comme tout principe d’organisation de l’espace politique, implique des interdictions comme corollaire à l’organisation d’espaces de liberté.

    3. La question de l’égalité entre hommes et femmes devrait elle aussi trouver une application juridique. Rappelons que le principe en est inscrit dans le préambule de la Constitution. Dès lors tout «marquage au corps» peut être perçu comme une atteinte au principe d’égalité. C’est d’ailleurs bien comme cela que l’interprètent des personnes issues ou vivant dans des sociétés de tradition musulmane. Très clairement, sur ce point, la loi est défaillante.

    Il faut rappeler que la laïcité n’est pas et ne peut pas être une «religion républicaine»
    Construire la paix religieuse par la souveraineté

    Nous sommes aujourd’hui confrontés à la question de la paix religieuse, comme élément de la paix civile. Cette question implique que des règles soient clairement tracées pour empêcher des groupes de monter des provocations. Cette paix implique qu’en contrepartie le libre exercice des cultes soit garanti, bien entendu dans le cadre de la loi. Cette paix implique aussi une intolérance absolue par rapport au soi-disant «délit de blasphème». Tout le monde peut rire ou critiquer TOUTE religion (ou toute philosophie). Ici, il faut rappeler que tous les Français ont le même droit à la critique. Ce qui a pour conséquence, aussi, qu’en ce qui concerne une fondation séculière chargée de s’occuper de la question du financement de la Fondation pour l’Islam de France il n’est pas absurde, contrairement à ce que d’aucuns pensent, qu’elle ait pour dirigeant une grande personnalité de la République. Il serait en effet très dangereux, et cela ouvrirait la porte au communautarisme, que l’on dise qu’une fondation pour l’Islam ne peut être dirigée QUE par un musulman, une fondation pour la religion catholique QUE par un catholique, etc. Le seul critère qui soit est celui de la compétence et de l’expérience, deux points qui sont remplis par Jean-Pierre Chevènement.

    Il faut rappeler, enfin, que la laïcité n’est pas et ne peut pas être une «religion républicaine». C’est la vieille et funeste erreur de certains «laïcs» de la fin du XIXe siècle. La laïcité n’est pas cadre juridique et ne se réduit pas non plus à la loi de 1905. Les frontières entre sphère privée et sphère publique ont changé, à la fois du fait des évolutions de la société et du fait des mutations techniques que nous connaissons. Mais la notion de frontière, elle, demeure. La laïcité se matérialise différemment selon le contexte historique et culturel de chaque nation. La souveraineté nous impose de penser le «peuple» comme source de cette souveraineté et ce «peuple» est une construction politique, avec son histoire et ses traditions héritées de combats passés. Plus la souveraineté se délitera et plus les individus chercheront dans des appartenances de substitution, comme les appartenances religieuses, des remèdes à la perte du sentiment d’appartenance national. Plus elle se renforcera et plus la pacification de la société pourra progresser. Ce n’est que depuis que la souveraineté est ouvertement bafouée, contestée, que nous constatons cette remontée du problème religieux qui cache, en réalité, une forme de sentiment identitaire.

    Source : russeurope.hypotheses.org

    Du même auteur : Sisco, le «burkini» et une certaine «gauche»

  • Bonne fête de la Transfiguration!

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  • Jour de fête de Basile le Bienheureux, le Fol en Christ

    Basile le Bienheureux (Vassili Blajennyi) est un fol en Christ du XVIe s., vénéré par Ivan le Terrible. Il est un des saints principaux de l’église de la Protection de la Mère de Dieu sur la Place Rouge de Moscou, appelée populairement « Basile le Bienheureux ».

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  • Théodore Kourentsis (Θεόδωρος Κουρεντζής) sur la politique culturelle, le patriotisme en Russie

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    «Ангелы приходят туда, где их ждут»

    Теодор Курентзис — о культурной политике, патриотизме, боях в Facebook, одиночестве

    14.06.2016

    Единственный дирижер в России, к спектаклям и концертам которого подходит эпитет «обольстительные». Даже если вы не большой знаток классики, в его интерпретации она и убедит, и заманит. В преддверии большого события — Теодор Курентзис со своим оркестром MusicAeterna сыграет Шестую симфонию Малера в Большом зале Консерватории — мы поговорили с ним о том, что важно для нас и для него.

    — 2 июля вы со своим оркестром MusicAeterna представите Шестую симфонию Густава Малера в Большом зале Московской консерватории. Чего ждете от публики, что хотелось бы до нее донести?

    — У меня всегда было особенное отношение к московской публике, но последнее выступление здесь («Дон Жуан» на «Золотой маске». — “Ъ”) меня, честно сказать, шокировало. Это был самый холодный прием за всю мою карьеру. Это уже неважно. Но говорить сейчас об ожиданиях я не хочу. Моя работа — дарить людям красивую музыку. И если они приходят на концерт, я гарантированно отдам им максимум сил, сердца, энергии. Я даю им основание лишний раз почувствовать себя счастливыми.

    — Вас расстроила эта ситуация?

    — Нет, но у меня возникло чувство, что мою публику подменили. Что, пока меня здесь не было, что-то странное произошло в Москве, в московской культурной среде.

    — Культурная политика действительно меняется.

    — Само понятие культурной политики сюрреалистично. Культура и политика — две противоположные вещи. Возможен план культурного развития или созидания, но культурная политика? Ее просто не может быть. Знаете, все в этой жизни зависит от нас самих. Если смотреть на людей как на массу, полагаться на массовую психологию, ошибочные выводы неизбежны. Я всегда за то, чтобы смотреть на человека персонально, стараться найти в каждом что-то хорошее.

    — Это не всегда возможно.

    — Людям культуры в России свойственно одно глобальное заблуждение. У них нет любви друг к другу, нет желания услышать друг драга и поменять мнение, если это необходимо. Самая красивая вещь на свете — личная революция. Когда человек перестает ориентироваться на стадо и начинает жить собственным озарением. Когда он задает себе вопрос «что я могу сделать дли ближнего?». А если смотреть на ближнего предвзято, ничего хорошего не произойдет. Ты не можешь погасить огонь бензином.

    Самая красивая вещь на свете — личная революция

    — Вы никого и никогда не считали врагом?

    — У меня нет врагов. Есть люди, которые меня не понимают или не согласны со мной. И это хорошо. Это повод увидеть, что не так во мне самом. Сегодняшние настроения… Все говорят — диктат со стороны власти. Это же смешно. Хочешь разрушить старое и установить новое? Допустим. Только ты должен предложить самое лучшее. Нельзя заменить плохой, на твой взгляд, результат новым, убогим. Нельзя назначить новым директором того, на кого заведено уголовное дело. Или снять с репертуара спектакль Кулябина, не имея возможности заменить его спектаклем Кастеллуччи.

    — А как быть с цензурой?

    — Цензура невозможна в демократическом государстве. Я хочу верить, что живу именно в таком.

    — То есть вы не оппозиционер.

    — Нет. Вместо того чтобы созидать, люди, простите, меряются эго в интернете. Подписывают какие-то письма, критикуют тех, с кем они никогда не встречались. Я слышу иногда такие злые вещи о культуре, об артистах. Зачем это все нужно? Конечно, я со многими вещами в стране не согласен. Считаю, что допущены колоссальные ошибки. Колоссальные. Но стоит ли посвящать свою жизнь подпольной войне, ненависти, борьбе. С кем? С кем-то в сети? Это так примитивно. Разве не ясно, как функционирует политическая система? Человечеству были даны тысячи лет, чтобы убедиться, что все системы порочны. И что все повторяется. Единственное, что может победить тлен и смерть — это искусство. Но люди продолжают о чем-то дискутировать и что-то искать в политике. Замкнутый круг. Все кричат про патриотизм. Но патриот не тот, кто машет флагом и пьет в честь праздника. Патриот — это какой-нибудь дедушка, который выводит гулять свою собачку и, несмотря на свой артрит, наклоняется и убирает за ней. Вот это патриотизм. Маленький шаг.

    — Может музыка помочь выжить в порочном мире, замкнутом на старых правилах?

    — Для меня любое общество — живет оно по старым правилам или по новым — находится в заблуждении. Я и сам живу в заблуждении. Поэтому считаю, что говорить нужно всегда о конкретном человеке. Я хочу именно вас посвятить в свою музыку, именно вам рассказать о своей мечте. Именно вам дать свои линзы, чтобы вы увидели мир моими глазами. Я хочу разбудить эмоциональное зрение. Убрать все преграды, стереотипы, навязанные социумом, мешающие воспринимать музыку. Хочу тратить все свое время и сущность на эту работу.

    — Это задача дирижера или композитора?

    — Это задача человека. Честно сказать, я воспринимаю себя больше композитором, чем дирижером. Я не получаю от дирижирования такого кайфа.

    — Вы шутите?

    — Дирижирование — счастье в том смысле, что это мои личные отношения с музыкой. Это способ приобщиться к ней. Статус меня не интересует. Как лучше сказать… Я не люблю продавать.

    — Но ведь этим занимаются все дирижеры и оркестры. Так или иначе они зарабатывают деньги.

    — И я в том числе. Но я не люблю это делать. Стараюсь придумывать новые форматы. Например, сейчас в Перми делаю концерты, программы которых объявляются после их завершения. Билеты мы продаем, что будем играть ’— не говорим. Это работает. Свободных мест нет.

    Фото: Григорий Собченко, Коммерсантъ
    — Вы как-то сказали, что Малер — это ваш ориентир.

    — Я его реинкарнация. (Смеется.) Разница в том, что он несравнимо лучше меня. И это большая разница. Я люблю Малера и хочу его играть хотя бы раз в сезон. Он позволяет мне объединить всех моих музыкантов: и тех, кто работает со мной постоянно, и тех, кого мы привлекаем в проекты. Это около 130 человек. Шестая симфония — произведение, которое разрешает нам всем побыть сентиментальными. Разрешает помечтать о влюбленности. Это новое прочтение. Такой духовный Малер, не американский.

    — Почему вам так важно аутентичное исполнение?

    — Потому что у меня такой вкус. Конечно, ангелы могут летать где угодно. И к аутентисту они могут не прилететь, а прилететь к тому, кто играет Моцарта в переходе метро. Но обычно Бог появляется там, где его ждут. Аутентизм — это как влюбленность, он предполагает бережное отношение к чувствам. И неоднозначность звука и мысли.

    — Расскажите о своих музыкантах. Вы для них учитель, диктатор, друг?

    — Я для них Теодор. У меня единственный в России интернациональный оркестр. Большинство музыкантов русские, но есть испанцы, португальцы, немцы, французы. 15 национальностей. Они все между собой разговаривают на русском. Это так прекрасно. Они и есть моя мечта о новой России — стране, где люди собираются вокруг богатого источника культурного наследия, чтобы созидать и обмениваться культурным опытом; стране, которую люди выбирают, чтобы жить. Каждая тоталитарная система порочна, поэтому я не поддерживаю авторитарный стиль руководства. Занятия музыкой не могут быть приравнены к работе на заводе. Музыка — это трепет. И если она и предполагает систему, то абсолютно невидимую. В Перми я создаю территорию свободы, на которой каждый артист может самовыражаться. А что касается того, кто я для своих музыкантов. Я разный. Но не диктатор — это 100%. Мне сложно говорить о себе со стороны. Лучше спросить у них самих.

    — Я спрашивала. Они говорят: «классный, радикальный, демонический».

    — Не согласен. Почему в России эмоциональный понимается как демонический? И это значит, что ангелы не эмоциональные, а демоны эмоциональные? Белый — это добрый, а черный — злой. А радикальный, наверное, вот в каком смысле. То, что я делаю, похоже на то, как если бы я взял купол собора, почерневший от времени и воздуха, отреставрировал его и обнаружил роспись из ангелов. Люди их увидели и решили, что я этих ангелов нарисовал. А я не рисовал, они всегда там были. Какой третий эпитет был?

    — Классный.

    — Вот это приятно. (Смеется.)

    Когда приходит озарение, ты видишь, что важнее любви ничего нет

    — Теодор, во что вы верите?

    — Я верю в то, что на словах звучит очень примитивно. Я верю в любовь. Это самое большое сокровище в нашей жизни — любовь к другому человеку. Это основа всего. И нет никаких других основ. Сначала подумайте о любви к ближнему, потом идите писать гневливые и злые слова и делать гадкие вещи. Любовь — основа любой религии. Понимаю, как это звучит, наверняка все подумают: «Ну, это слова, а у нас здесь реальные проблемы». Но я настаиваю: когда приходит озарение, ты видишь, что важнее любви ничего нет.

    — Вам бывает необходимо одиночество?

    — Жизненно необходимо. Я интроверт, который обязан быть экстравертом. Быть с сотнями людей, решать их проблемы. Иногда мне кажется, что нечем дышать. Наверное, я сам виноват, что это позволяю. Работаю еще и как психолог. Но ведь я несовершенен. Если мне кто-то симпатичен, я могу подарить ему кусочек своего сердца. Но я не гарантия решения проблемы.

    — Была бы возможность, вы бы что-то изменили в жизни?

    — То, что я делаю и как живу, — мечта очень многих. Путешествовать, иметь успех. Сначала ты живешь этим на энтузиазме, а дальше нужно уметь приспособиться. Удержать. Это очень сложно. Изменил бы я что-то? Скажем так, я изменил бы вещи, которые касаются отношений с людьми. Сожалею, если кого-то ранил. С другой стороны, если бы не было ошибок, не было бы и покаяния. И того, что называется метаниями. То, что я стараюсь делать, — менять курс своей жизни. Мы обычно стараемся поменять других. Может, измениться стоит самим?

    Фото: Григорий Собченко, Коммерсантъ
    Наталья Витвицкая