Catégorie : Personnel

  • Alexeï Khomiakov sur l’état du christianisme occidental vers 1850

    Alexeï Khomiakov, « Quelques mots par un chrétien orthodoxe sur les communions occidentales à l’occasion d’un mandement de Mgr l’Archevêque de Paris » (1857)

    « Le triomphe définitif du scepticisme religieux n’est point encore arrivé; mais même au temps présent [au milieu du XIXe siècle!] l’Europe occidentale tout entière peut être considérée comme n’ayant aucune religion, quoiqu’elle n’ose point se l’avouer. Les individus sont tourmentés du désir d’en avoir une, et n’en trouvant pas, se contentent généralement de ce que les Allemands ont fort bien nommé religiosité – mot admirablement ironique qui correspond du reste à la religion subjective de Néander et fait le revers de la foi du charbonnier. Les États, c’est-à-dire les gouvernements comprenant fort bien les avantages sociaux d’une religion quelconque, surtout pour les classes inférieures du peuple, font semblant d’en avoir une pour ne pas se trouver face à face avec une incrédulité patente. (Cela n’empêche pas certainement les gouvernants d’avoir quelquefois, comme individus, une certaine dose plus ou moins forte de religiosité)

    Tous, gouvernants et gouvernés, sont dirigés par le précepte machiavélique : « Si Dieu n’existait pas, il faudrait l’inventer », mais tous, gouvernants et gouvernés se contentent soit d’un fantôme, soit d’un à peu près de religion. L’expression la plus claire de l’état présent serait peut-être de dire que l’idée latine de religion l’a emporté sur l’idée chrétienne de foi, et c’est ce que le monde n’a pas encore remarqué. Le monde sans foi tient à avoir une religion quelconque; de la religion en général. Ainsi l’incrédulité seule a de la franchise, et elle est le plus souvent attaquée non parce qu’elle est incrédule et en cela mauvaise, mais parce qu’elle est franche et en cela bonne et noble. L’indignation publique poursuit le pair de France qui proclame du haut de la tribune sa propre incrédulité et celle de ses auditeurs; l’indignation publique poursuit le poète dont les oeuvres sont l’hymne de l’athéisme (Pauvre et admirable Shelley! Les accents de son incrédulité sont souvent pleins d’un christianisme qu’il n’a jamais compris, et ne devraient inspirer qu’une profonde compassion pour cette noble intelligence si fatalement égarée.) elle poursuit le savant qui sape par de laborieuses recherches les bases d’une religion à laquelle il ne croit pas; mais l’indignation publique n’a rien à dire à l’hypocrisie religieuse, qui est pour ainsi dire l’unique religion de l’Occident. »

    A.S. Khomiakov, L’Église latine et le Protestantisme au point de vue de l’Église d’Orient,Vevey, Xenia, 2006, p. 148-149

  • Malévitch en ukrainien

    https://www.youtube.com/watch?v=Tjnp-PwKVA0

    J’ai reçu cette émission d’un Ukrainien du Canada, Marko Stech. C’est en fait  un compte-rendu élargi de ma monographie éditée magnifiquement en 1913 aux éditions ukrainiennes de Lydia Lykhatch, Rodovid. Cet essai est très équilibré, sans nationalisme étroit, et avec une vue juste de la place de l’école ukrainienne dans l’avant-garde de Russie et  d’Union soviétique dans les années 1910-1920, ce que je proclame incessamment dans tous mes écrit.

    Je ne connais pas personnellement Marko Stech, mais il m’avait demandé, il y a quelque temps, des photographies de Valentine et de moi. J’en ai trouvé quelques unes dans le chaos de mes archives, dont il a utilisé une.

    Valentine Marcadé et Mikhaïl Andreenko,

    pour une Épiphanie catholique dans

    les années 1970 (36, rue Saint-Sulpice)

    Valentine Maracadé, Jean-Claude Marcadé., Sofia Grigorievna Laffite, début années 1970 jpg

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Valentine Marcadé, Jean-Claude Marcadé, Sophie Laffite (née Sofia Grigorievna Glikman) lors de l’exposition « Malévitch-dessins » à la Galerie Chauvelin en 1971

  • Journée Malévitch à Genève (8 avril 2016)

    déjeuner du 08-04-2016

    Photographie d’Anne Baldassari

    Presque tous les participants au Colloque « Malévitch et la philosophie » à Genève le 8 avril 2016: à partir de la gauche : Alexandra Chatskih, Irina Conio, Natalia Smolianskaïa, X, Jean-Philippe Jaccard, Ioulia Podoroga, Gérard Conio, Patrick Vérité, Jean-Claude Marcadé (portant la « cravate Malévitch » brodé au point de Kiev par Valentine Marcadé sur un poncif de Bernard Marcadé, à l’occasion de l’exposition « Malévitch-Dessin » à la Galerie Jean Chauvelin, à Paris, en 1971; cette cravate est reproduite dans le livre de François Chaille, Cravates, Paris, Flammarion, 2003)

    N’est pas entré dans le cliché-  Emanuel Landolt de l’Université de Saint-Gall.

  • С Вербным Воскресеньем! З Вербною неділею!

    С Вербным Воскресеньем!

    З Вербною Неділею!

    Верба б’є, не я б’ю,
    За тиждень – Великдень!
    Уже недалечко
    Червоне яєчко.
    Лоза б’є, не я б’ю,
    За тиждень – Великдень!
    Будь здоровий, як вода,
    І багатий, як земля.

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  • Du paganisme (Armand Abécassis)

    « [Le paganisme] ne connaît qu’un seul monde, qu’un seul ordre, l’ordre de ce qui est. La question de la destinée humaine se pose pour lui au sein de ce monde unique dont la loi est descriptive. C’est à ce monde qu’il s’adresse pour en tirer la loi impérative. Il tire de ce qui est ce qui doit être. C’est pourquoi il divinise les forces de ce qui est, forces biologiques particulièrement, ou forces astrales auxquelles il soumet la conduite humaine […] Cet esprit du paganisme n’a pas disparu jusqu’à aujourd’hui puisque, si on s’est débarrassé  des dieux, on a gardé l’idée de destin dans le déterminisme biologique ou sociologique, ou historique ou psychanalytique à son origine freudienne. Au contraire, le monothéisme biblique se construit sur l’affirmation de l’existence de deux mondes, de deux ordres : l’ordre de ce qui est et l’ordre de ce qui doit être, l’ordre de l’indicatif et l’ordre de l’impératif, l’ordre de la nature et l’ordre de l’éthique […] L’Hébreu les sépare complètement et pose que ce qui les distingue, c’est la liberté humaine. » Armand Abécassis, L’Univers Hébraïque, Paris, Albin Michel, 2003, p. 285-288 [Cité par Jean-Noël Lemarchand, Introduction à A.S. Khomiakov, L’Église latine et le Protestantisme au point de vue de l’Église d’Orient, Vevey, Xénia, 2006, p. 55-56]

  • De la foi selon Kierkegaard et le hassidisme

    « Ai-je la foi? De cela je ne peux avoir aucune certitude immédiate, car la foi est précisément cette oscillation dialectique qui, dans le tremblement et la crainte, ne désespère pourtant jamais. Elle est le souci infini au sujet de soi-même, ce souci de savoir si on a la foi, et c’est ce souci qui est la foi » (Kierkegaard, Buch des Richters, cité par Jean Wahl, Études kierkegaardiennes, Paris, Vrin, 1977, p. 301)

    Pour le « chercheur », pour l’homme hassidique, il n’est qu’une certitude, celle du risque de l’absolu. […]

    C’est lorsque l’individu n’est pas assuré de sa relation avec l’Autre qu’il y a relation avec l’Autre. Dans le domaine de la foi, « c’est lorsque l’homme n’est pas assuré de sa relation avec Dieu qu’il y a relation avec Dieu. Malheureux ceux qui croient être en relation avec lui car ils ne le sont certainement pas. » (Kierkegaard)

    [Extrait du livre de Marc-Alain Ouaknin, Tsimtsoum. Introduction à la méditation hébraïque, Paris, Albin Michel, 1992, p. 89]