Catégorie : Politique

  • Jacques Sapir sur la calamiteuse rencontre Troump-Macron

    Jacques Sapir

    Derrière les flonflons et les déclarations tonitruantes, l’ovation au Congrès des Etats-Unis, la visite d’Emmanuel Macron pourrait bien s’avérer désastreuse. Car Macron est parti en position de faiblesse, face à un Président américain, Donald Trump, qui était conforté par les premiers résultats de sa politique.
    Il s’avère qu’Emmanuel Macron a été dans l’incapacité d’obtenir gain de cause sur quelques grands dossiers que ce soit. De ce point de vue, cette visite est un échec. Mais il y a pire. En matière d’image, cette visite a été une catastrophe. Les photos montrant le Président français soit dans une position ridicule soit dans une position de soumission face à son homologue américains, même si elles ne traduisent pas nécessairement une réalité, circuleront massivement. Emmanuel Macron a commis, avec ce voyage, sa première faute majeure.

    L’accord avec l’Iran

    Sur l’accord avec l’Iran, où les enjeux étaient de taille, Emmanuel Macron a subi un échec évident. Cet accord avait, pourtant, stabilisé la situation (1). Qu’il y ait eu des points complexes, et des points de compromis, dans cet accord est une évidence. Mais, il en va de même dans tout accord (2).
    «Ça devient gênant votre romance»: quand le Web ironise sur les rapports Trump-Macron
    L’important était qu’avec cet accord on avait une garantie que l’Iran ne deviendrait pas une nouvelle puissance nucléaire, un acte potentiellement déstabilisant qui pourrait pousser l’Arabie Saoudite et l’Egypte à faire de même, mais qui pouvait aussi se comprendre quand on sait qu’Israël est un proliférateur clandestin massif, avec un arsenal estimé entre 150 et 250 têtes nucléaires. En acceptant de ne pas poursuivre l’enrichissement de l’uranium jusqu’à la qualité militaire, tout en se réservant le droit de poursuivre cet enrichissement pour une qualité civile l’Iran avait accepté le cadre global d’une surveillance internationale.
    Donald Trump avait annoncé, dès sa campagne, qu’il voulait sortir de cet accord et le remettre en cause. On en saura plus le 12 mai. Sur ce point précis, la France était sur la même position que la Russie, dont le Ministre des affaires étrangères, M. Lavrov, a déclaré il y a peu que si Donald Trump sortait de l’accord, il pourrait bien être le père du nucléaire iranien. La déclaration de Trump, sur laquelle Macron a donné son accord, de « renégocier » l’accord montre qui a gagné sur ce point. Une « renégociation » est toujours extrêmement difficile sur des sujets aussi délicats que la question du nucléaire. De plus, les derniers actes des Etats-Unis, et hélas de la France, comme les frappes en Syrie, ne peuvent que convaincre les dirigeants iraniens que seul un armement nucléaire les mettra à l’abri des foucades des pays occidentaux. De ce point de vue, on n’a hélas pas fini de mesurer ce que cette action, illégale au regard du droit international, aura comme conséquences en matière de prolifération. Dans ces conditions, on peut penser que les dirigeants iraniens seront beaucoup moins flexibles dans toute nouvelle négociation qu’ils ne l’avaient été de 2013 à 2015, lors de la négociation de l’accord. Surtout, l’idée même d’une « renégociation » implique que le traité existant est caduc.

    Trump, Macron et le multilatéralisme

    Sur cette question aussi, Emmanuel Macron a largement échoué à faire changer Donald Trump d’opinion. Ce dernier considère, et on ne peut lui donner tort, que ses déclarations fracassantes ont déjà produit des résultats. Et, de fait, on constate que la Chine commence à modifier ses tarifs commerciaux sur les automobiles. On a pu plaisanter sur la « politique Twitter » de Donald Trump; mais on découvre en réalité que cette politique donne des résultats. Et, l’image qui se dégage de Trump est bien différente de celle que nous servent à satiété, et jusqu’à l’écoeurement, les grands médias, qu’ils soient français ou américains. Que le Président des Etats-Unis soit un personnage brutal, réactionnaire, avec un goût prononcé pour la provocation est certain. Mais il n’est pas l’imbécile ou l’irresponsable que se plaisent à décrire les grands journaux, de Paris ou de la Cote Est!

    Trump-Macron, une relation ambiguë

    On savait le multilatéralisme commercial à l’agonie depuis l’échec du « cycle de Doha » impulsé par l’OMC dans les années 2000. C’était d’ailleurs l’une des raisons qui me faisaient pronostiquer un mouvement de démondialisation dès 2010 (3). Trump en a tiré froidement le bilan. Il ajuste la politique des Etats-Unis à la nouvelle situation. Nul ne peut dire à l’heure actuelle s’il obtiendra le grand mouvement de retour vers les Etats-Unis des industriels qui sont partis dans les années 1990 et 2000. Mais, il a clairement donné un coup d’arrêt au phénomène des délocalisations.

    Une erreur d’échéancier

    Si Emmanuel Macron a pensé qu’il pourrait se présenter en défenseur des « grands principes », il a manifestement erré. Car, la France est sur ce point isolée. Elle ne pourrait retrouver une certaine capacité de peser sur les décisions américaines que si elle s’associait aux puissances qui contestent aujourd’hui la politique des Etats-Unis, c’est à dire la Chine et la Russie. Et, de ce point de vue, on peut penser qu’Emmanuel Macron aurait bien mieux fait de commencer par une visite à Moscou avant d’aller voir Trump. Cette erreur dans l’échéancier des visites, car il est prévu qu’il rencontre Vladimir Poutine en juin, doit être expliqué. D’une part, Emmanuel Macron participe de cette campagne de certains des milieux occidentaux visant à « démoniser » la Russie. Il a cru renforcer sa position face à Vladimir Poutine, qu’il rencontrera probablement en juin. Mais, en fait, il se présentera, face à lui, affaiblie par ses échecs aux Etats-Unis.
    Visite de Macron aux USA: une victoire médiatique mais un échec diplomatique cuisant
    Mais il y a une autre raison qui peut expliquer cette erreur d’échéancier. Emmanuel Macron nourri l’ambition de changer les institutions européennes. Le problème est qu’il s’est heurté à un mur. Privilégiant une relation avec l’Allemagne, il s’est détourné de l’Italie — un pays qui aurait pourtant intérêt à ce changement — mais aussi des pays de l’Europe centrale. Or, l’Allemagne, et il faut savoir que cela concerne tant la CDU-CSU que la SPD, n’a aucune raison, et aucune intention, de changer quoi que ce soit dans l’Union européenne. L’Allemagne profite largement des institutions existantes; elle les défendra sans faiblir. Isolé, sans alliés, sur la question de la réforme de l’UE, et on l’a vu lors de son discours devant le Parlement européen, Emmanuel Macron a cru trouver un allié de circonstances en la personne de Donald Trump. D’où cette calamiteuse visite et les images à laquelle elle donne lieu. Emmanuel Macron est parti nu aux Etats-Unis. Il en reviendra « une main derrière, une main devant » comme on dit dans le midi de la France!

    Macron aux États-Unis: rupture ou soumission face à Trump?

    Reste les images que l’on peut avoir de cette visite. Elles sont déplorables, et surtout leurs conséquences seront lourdes. Les embrassades appuyées (surtout du côté de Macron), la scène assez ridicule où les deux hommes plantent le chêne offert en cadeau, voire cette photo, assez dramatique quant à l’image qu’elle transmet, ou Emmanuel Macron est pris par la main par Trump comme un petit enfant par son père, resteront dans les mémoires. Les Français se sentiront, et se sentent déjà, humiliés par le comportement de leur Président. Ce sentiment d’humiliation n’avait pas été pour rien dans le désamour profond qui s’était installé entre les français et François Hollande. Emmanuel Macron glisse rapidement sur la même pente.

    (1)http://www.parisschoolofeconomics.eu/docs/haidar-jamal-ibrahim/sanctions.pdf

    (2) Joyner D.H., Interpreting the Non-Proliferation Treaty, Londres, Oxford University Press, 2011

    (3) Sapir J., La Démondialisation, Paris, Le Seuil, 2010.

  • Macron le toutou de Troump…

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    Aussi répugnant que le baiser de Honecker et de Brejnev

    Quelle honte que le spectacle donné par le freluquet français qui se laisse traîner comme s’il était en laisse et qui se fait  donner une leçon de civilité hygiénique en trouvant très drôle que le Beauf américain essuie les pellicules de son veston…

    Trump jokingly brushes ‘dandruff’ off Macron

    Washington (CNN)Brushing dirt off one’s shoulders is very much a thing of the aughts. Brushing dandruff off someone else’s shoulders, however, is so very 2018.

    This is a fact we learned on Tuesday, during a meeting between President Donald Trump and French President Emmanuel Macron.

    « They’re all saying what a great relationship we have, and they’re actually correct, » Trump said to Macron and gathered press in the Oval Office. « We do have a very special relationship. In fact, I’ll get that little piece of dandruff off — we have to make him perfect. He is perfect. »

    Trump then turned to Macron and brushed his shoulder. Now, we don’t know that Macron suffers from a dry scalp, but it doesn’t matter.

    A short list of things you typically do for people with whom you have a very « special relationship »:

    1. Feed their pet
    2. Get them coffee
    3. Bring them medicine
    A shorter list of things you typically don’t do:
    1. Publicly announce that you are going to brush dandruff off their shoulder, and then proceed to do so on camera
    This has been your daily reminder on how diplomacy can be awkward.

  • Makron en grenouille qui veut se faire plus grosse que le Boeuf

    La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

    Après l’interview ébouriffante de Makron, qui a déversé des déferlantes d’arguments, de chiffres, de contre-attaques, permettant de noyer la poisson et de donner le change. C’est du Sarkozy au cube, mais en style étudiant brillantissime, compétent, mais avec une grande  dose de bonne mauvaise foi. Se disant content de lui, de sa performance, il a assuré être le leader du monde qui sait agir sur le Boeuf Trump (prononcer « Troumpe ») et sur la Loutre Poutine…

    Une Grenouille vit un Boeuf
    Qui lui sembla de belle taille.
    Elle, qui n’était pas grosse en tout comme un oeuf,
    Envieuse, s’étend, et s’enfle, et se travaille,
    Pour égaler l’animal en grosseur,
    Disant : « Regardez bien, ma soeur ;
    Est-ce assez ? dites-moi ; n’y suis-je point encore ?
    – Nenni. – M’y voici donc ? – Point du tout. – M’y voilà ?
    – Vous n’en approchez point. « La chétive pécore
    S’enfla si bien qu’elle creva.
    Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages :
    Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs,
    Tout petit prince a des ambassadeurs,
    Tout marquis veut avoir des pages.

  • Jean Lassalle sur les frappes microniennes contre la Syrie

    Jean Lassalle sur les frappes microniennes contre la Syrie

    Revenant sur les frappes de la nuit du 13 au 14 avril où les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont frappé différents sites impliqués dans la production d’armes chimiques en Syrie, Jean Lassalle a qualifié Macron sur RT d’«un homme irréfléchi».

    Le député des Pyrénées-atlantiques, Jean Lassalle, a accordé un entretien à RT France le 14 avril au cours duquel, il s’est dit «atterré» par l’attitude de la France. «Qu’est-ce qui a changé en six mois ? Qu’est-ce qui a changé en huit jours, pour aller frapper avec […] le président Trump ? Qu’est-ce qui s’est passé pour que les Anglais nous retrouvent, par hasard, en plein Brexit ? Qu’est-ce qui s’est passé pour qu’on parte avec l’Arabie saoudite, dont chacun sait le rôle qu’elle a eu dans l’émergence de Daesh et d’al-Nosra?», s’est-il interrogé.

    Et le député du groupe Les Résistants d’ajouter, ironique : «La France va le [Bachar el-Assad] frapper très courageusement au moment où il finit de libérer son pays.»

    Puis, Jean Lassalle déplore l’attitude de l’actuel locataire de l’Elysée : «Je ne me reconnais pas du tout dans les décisions de Monsieur Macron, que je désapprouve totalement. Je retrouve le pire visage de la France, aujourd’hui. J’ai honte, profondément.»

    «La France, hélas, paiera les conséquences des décisions d’un homme irréfléchi, qui a voulu se faire valoir. Malheureusement, je crains fort que nous n’en payions le prix du sang dans quelques mois, peut-être un petit peu plus tard», a encore prévenu le candidat malheureux à la dernière élection présidentielle.

  • La France soutien des terroristes d’Al Qaïda en Syrie

    Dans un article intitulé « Les soldats turcs entrés en Syrie avec Al-Qaida », Le Canard enchaîné revient encore dans son édition du 17.01.18, sur le soutien du gouvernement français envers le groupe Al Nosra affilié à Al Qaïda en Syrie. Après avoir rappelé que la France soutenait clairement l’Arabie saoudite et le Qatar qui vendaient des armes au groupe Al Nosra, le Canard évoque la mansuétude française envers le groupe terroriste en Syrie.

    Extrait :
    « Sans imaginer un instant que miser ainsi sur un mouvement terroriste pour se débarrasser de Bachar et de son régime était à la fois indigne et stupide, l’équipe Hollande-Fabius-Le Drian nourrissait le même espoir, et, à l’instar de la coalition dirigée par les Etats-Unis, les Rafale et les Mirage français n’ont jamais bombardé les positions du Front Al-Nosra pendant plus de deux ans. »

    Le Canard évoque l’action déterminante des Russes, à partir de septembre 2015 pour faire la guerre contre Al-Quaïda en Syrie et ajoute :

    « Ainsi se terminera le rêve d’Al-Qaida. Et celui, que cela plaise ou non, de Hollande, de Fabius et de Le Drian.
    « On a épargné et parié sur le Front Al-Nosra, se désolait à l’époque un diplomate, alors que ce mouvement figurait en bonne place dans la liste des groupes terroristes établies par l’ONU ».

  • Macron et les droits de l’homme…

    Après neuf mois au pouvoir, quel est le bilan de Macron concernant les droits de l’homme? Lors d’une conférence de presse, jeudi 18 janvier à Paris, le directeur de Human Rights Watch, a estimé que celui-ci était «mitigé».
    Après une campagne électorale «exceptionnelle» et des promesses de changer les choses, vient le temps des bilans pour Emmanuel Macron. En effet, le Président français vient d’être épinglé, lors d’une conférence de presse à Paris, jeudi 18 janvier, par le directeur de Human Rights Watch (HRW). Celui-ci a qualifié de «mitigé» le bilan de Macron en matière de droits de l’homme, évoquant sa politique migratoire, des «pouvoirs antiterroristes abusifs» et «sa visite en Chine où il a été très discret sur les droits humains».
    Depuis son arrivée au pouvoir en mai 2017, M.Macron gouverne d’une façon qui «ne correspond pas tout à fait aux principes» édictés pendant sa campagne, qui avait été «un vrai tournant» contre la montée du populisme dans le monde, a déclaré Kenneth Roth.

    Le juriste a évoqué la gestion de l’état d’urgence, remplacé en novembre 2017 par une nouvelle loi antiterroriste.

    «Plutôt que d’y mettre simplement fin, M.Macron a incorporé de nombreuses restrictions dans le droit commun sans aucune preuve que ces pouvoirs supplémentaires pour la police étaient nécessaires», a-t-il dénoncé, affirmant craindre «des abus discriminatoires, en particulier envers la population musulmane».
    Bien que le Président Macron ait averti, mardi à Calais, les forces de l’ordre sur la question des dépassements à l’égard des migrants, M.Roth juge le bilan du Président «mitigé» en déclarant: «À son crédit, M.Macron a délivré un message très clair aux policiers à Calais, s’adressant directement à eux pour dire qu’aucun abus envers les migrants serait toléré.»
    Le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb «continue à être dans le déni» sur ce sujet, estime Kenneth Roth, alors que Macron a «été bien meilleur sur ce point», a-t-il ajouté.

    M.Roth, entre autre a regretté le fait que le Président français cherche à durcir la loi envers les migrants, dans le projet de loi asile-immigration, qui doit être présenté en février.

  • Mélenchon et le Venezuela…

    L’accrochage, à propos du Venezuela, de Jean-Luc Mélenchon et de la fille de Régis Debray, Laure, que l’Afterphilosoph Lévy a comparé, sans craindre le ridicule, mais le ridicule de Lévy ne tue plus en France … … à l’altercation Marine Le Pen/Macron, a atteint sans aucun doute son point Godwin.

    Et que dire de ces visages cacochymes et de ces verbiages convenus  de Pascal Bruckner et de Kouchner …