Catégorie : Politique

  • BONA HESTA DE NADAU! BONA ANNADA!

    Joyeux Noël! Fröhliche gesegnete Weihnachten! Merry Christmas!

    BONA HESTA DE NADAU! BONA ANNADA!  

    С Рождеством Христовым!
    З Різдвом Христовим!

    Καλά Χριστούγεννα!

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    Escoutat capbat la moutagna
    Cantat lous anjous de Nadau
    E de Béthlèem la campagna
    Pren lou de heste annau

    Gloria, gloria in excelsis Deo (bis)

    Lou hilh de Diu s’ey heit mayanaitje
    At mey des praubes qu’ey mascut
    Lous aulhès d’u pétit bilatje
    Coum u dès louès l’an arcuelhut

    Lou Diu d’et ceu è dé la terra
    Qu’a dat moustra de soum amou.
    Et qui ‘nsé débè hè la guerra
    Nous da lou hilh per Saubadou.

     

    ****

    Le ciel est noir, la terre est blanche ;
    – Cloches, carillonnez gaîment !
    – 
Jésus est né ; – la Vierge penche
    Sur lui son visage charmant.
    Pas de courtines festonnées
    Pour préserver l’enfant du froid ;
    Rien que les toiles d’araignées
    Qui pendent des poutres du toit.
    Il tremble sur la paille fraîche,
    Ce cher petit enfant Jésus,
    Et pour l’échauffer dans sa crèche
    L’âne et le boeuf soufflent dessus.
    La neige au chaume coud ses franges,
    Mais sur le toit s’ouvre le ciel
    Et, tout en blanc, le choeur des anges
    Chante aux bergers :  » Noël ! Noël ! « 

    Théophile Gautier.
    Émaux et Camées (1852)

    ****

    Тучи с ожерёба
    Ржут, как сто кобыл,
    Плещет надо мною
    Пламя красных крыл.
    Небо словно вымя,
    Звезды как сосцы.
    Пухнет Божье имя
    В животе овцы.
    Верю: завтра рано,
    Чуть забрезжит свет,
    Новый под туманом
    Вспыхнет Назарет.
    Новое восславят
    Рождество поля,
    И, как пес, пролает
    За горой заря.
    Только знаю: будет
    Страшный вопль и крик,
    Отрекутся люди
    Славить новый лик.
    Скрежетом булата
    Вздыбят пасть земли…
    И со щек заката
    Спрыгнут скулы-дни.
    Побегут, как лани,
    В степь иных сторон,
    Где вздымает длани
    Новый Симеон.
    1917

    Сергей Есенин
    Sergueï Essénine

    ******
    Advent
    Es treibt der Wind im Winterwalde
    die Flockenherde wie ein Hirt
    und manche Tanne ahnt wie balde
    sie fromm und lichterheilig wird.
    Und lauscht hinaus: den weißen Wegen
    streckt sie die Zweige hin – bereit
    und wehrt dem Wind und wächst entgegen
    der einen Nacht der Herrlichkeit.

    Rainer Maria Rilke

    *****
    Ангели з неба злетіли на крилах,
    Добру новину нам возвістили.
    Зірка велика над стайнею сяє,
    Дорогу до Бога, дорога до Бога
    Всім осіяє!

    Великеє диво сталося нині –
    В яслах на сіні маленька Дитина,
    А біля Нього щасливая мати
    Пісню співає, пісню співає
    Малому Дитяті!

    Так воплотилася воля Господня,
    Бо наш Спаситель родився сьогодні.
    Ми на колінах Його привітаймо,
    Богу живому, Богу живому
    Хвалу воздаймо!

    ****

    Καλήν εσπέραν άρχοντες
    Καλήν εσπέραν άρχοντες,
    αν είναι ορισμός σας,
    Χριστού τη Θεία γέννηση,
    να πω στ’ αρχοντικό σας.
    Χριστός γεννάται σήμερον,
    εν Βηθλεέμ τη πόλη,
    οι ουρανοί αγάλλονται,
    χαίρεται η φύσις όλη.

    Εν τω σπηλαίω τίκτεται,
    εν φάτνη των αλόγων,
    ο βασιλεύς των ουρανών,
    και ποιητής των όλων.
    Πλήθος αγγέλων ψάλλουσι,
    το Δόξα εν υψίστοις,
    και τούτο άξιον εστί,
    η των ποιμένων πίστις.

    Εκ της Περσίας έρχονται
    τρεις μάγοι με τα δώρα
    άστρο λαμπρό τους οδηγεί
    χωρίς να λείψει ώρα.

    Σ’ αυτό το σπίτι που ‘ρθαμε,
    πέτρα να μη ραγίσει
    κι ο νοικοκύρης του σπιτιού
    χρόνια πολλά να ζήσει.

  • Obama is a small president, he is a weak président…

    Obama sur les Russes:

    « They’re a small country, they’re a weak country, they don’t produce anything that anybody wants to buy. »

    Obama -Alas!Alas!Alas!- est devenu avec le temps un petit président qui, entre autre, n’a même pas su défendre les meurtres réguliers  de ses congénères noirs.

    Il feint d’oublier que Bush-père était directeur de la CIA depuis 1976… Une CIA qui n’a pas cessé d’oeuvrer jusqu’à aujourd’hui à des déstabilisations partout dans le monde.

     

    Ob

  • Pierre Le Corf, humanitaire breton basé à Alep

    Qui est Pierre Le Corf, humanitaire breton basé à Alep?

    Pierre Le Corf a 27 ans, originaire du Morbihan, il a tout quitté il y a deux ans et demi pour mener un tour du monde solidaire. Depuis huit mois, il est installé à Alep et vit au quotidien avec ses habitants. Il essaie d’apporter son soutien, une mission non sans risque.

    • Par Emilie Colin
    • Publié le , mis à jour le
    Pierre Le Corf (à gauche) et une petite fille syrienne, à Alep en octobre 2016. Il explique cette photo en disant que la plupart des enfants sur place parlent de leur ancienne maison, leur chambre qu'ils rêvent de retrouver. © Pierre Le Corf

    © Pierre Le Corf Pierre Le Corf (à gauche) et une petite fille syrienne, à Alep en octobre 2016. Il explique cette photo en disant que la plupart des enfants sur place parlent de leur ancienne maison, leur chambre qu’ils rêvent de retrouver.

    Cela fait huit mois qu’il est installé à Alep (zone ouest) en Syrie et qu’il veut apporter son aide à la population. Pierre Le Corf a 27 ans, il serait le seul français établi sur place depuis aussi longtemps. Fils d’ostréiculteurs et originaire du Morbihan, il a tout quitté, tout vendu il y a 3 ans, pour fonder son association We are superheroes et se lancer dans un tour du monde solidaire. Joint par téléphone lundi, il explique son parcours, et son envie de rester en Syrie, tant qu’il pourra.

    Alep, « l’une des plus grandes communautés marginalisées du monde, des fantômes qui essaient de survivre et de croire en demain »

    « J’y suis arrivé il y a 8 mois à travers une autre ONG (SOS Chrétiens d’Orient) qui était touchée par les actions que je menais dans d’autres pays. Au départ, mon projet (We are superheroes) c’était de donner du sens à l’histoire des gens et de transmettre leur savoir, en tant qu’expérience de vie. Au fur et à mesure le programme s’est mis en place sur des zones de génocide, de gangs. Cela a touché beaucoup de gens. Cette ONG a voulu encourager le travail que je faisais et m’a proposé de venir en Syrie pour continuer.

    Je ne pensais pas rester trop longtemps. Je suis arrivé en passant par Damas. En arrivant à Alep, j’ai découvert des gens extraordinaires, une situation qui dépassait de très très loin ce que les médias racontaient à son propos et j’ai eu envie de rester. Du coup c’est ce que j’ai fait pour à la fois transmettre ce qui se passe ici, et aussi créer des programmes qui puissent véritablement aider les gens. »

    Agir au quotidien

    Pierre Le Corf s’est fixé plusieurs missions notamment celle de pouvoir fournir des trousses de premiers soins. Il finance lui même ces projets, « une grosse responsabilité » qui l’amène désormais à lancer des collectes de fond pour pouvoir continuer. Il raconte son quotidien.

    « Il n’y a pas de journée type ici parce que la guerre change tout tout le temps. Il y a des jours où des gens que vous aimez se font tuer par une roquette, donc vous allez voir où c’est tombé, vous allez rencontrer la famille à l’hôpital, vous allez essayer de trouver des solutions pour l’aider. »

    Rester ?

    « Beaucoup de gens sont inquiets autour de moi. Je ne prends jamais de risques immodérés, après évidemment les roquettes et les mortiers tombent là où ils tombent. Ne pas porter de gilet pare-balles ? C’est une vrai volonté, il n’y pas d’intérêt à porter un gilet pare-balles dans un endroit où les gens n’en ont pas. Pourquoi moi j’aurais le droit d’en porter un et pas eux ? »

    We are superheros : partir et donner à voir les autres

    « We are superheroes c’était il y a deux ans et demi. Je devais être au plus près de la réalité. Je viens d’une famille très modeste, sans vraiment beaucoup de moyens. Je suis parti très tôt de chez moi. J’ai grandi dans un environnement compliqué. Au fur et à mesure des années, j’ai fini par plus ou moins réussir, par vivre correctement même, en montant des projets d’entreprise. Mais au bout d’un moment, je ne me reconnaissais plus vraiment. Ayant grandi dans ces environnements-là, j’ai toujours été auprès de gens qui avaient besoin d’aide. J’ai moi-même grandi avec des gens qui ont été capables de me tendre la main. Du coup j’ai décidé de me reconcentrer sur ce qui importait le plus, à savoir ceux dont on parlait le moins. J’ai eu envie d’arriver à découvrir le monde non pas comme on me le racontait mais comme il l’était réellement et ne pas me limiter à la France sur ma perception de l’être humain. »

    A voir,  le reportage de France 2

     

  • Pierre Lévy sur Bernard-Henri Lévy

    Le journaliste Pierre Lévy imagine ici ironiquement les dernières heures de Bernard-Henri Lévy avant les résultats des primaires de la droite.

    Fin de dimanche paisible aux Deux Magots (l’emblématique café de Saint-Germain des Prés, récemment rebaptisé Les deux Mac Do en raison de la vague populiste qui menace de submerger la France, l’Europe et le monde). Humblement assis tout au fond de la salle, Bernard-Henri Lévy – qui n’aime rien tant que la discrétion – devise avec quelques proches, auxquels s’est jointe une poignée de journalistes amis.

    Une douce chaleur enveloppe le bistro mythique, au point que le phare de la pensée mondiale a défait jusqu’au cinquième bouton de sa chemise, toujours d’une immaculée blancheur, même quand il passe en revue les combattantes kurdes sur le front irakien. Cette décontraction vestimentaire, confient ses amis, exprime sa modeste manière de protester contre le réchauffement de la planète, qui est, avec le discrédit absurde des élites mondialisées, l’autre plaie des temps modernes.

    Tout naturellement, la conversation roule sur le premier tour des primaires à droite, dont les résultats seront connus dans quelques heures. Le plus grand philosophe que la France ait connu depuis Jean-Baptiste Botul, voire Vercingétorix, est également un fin connaisseur de la vie politique hexagonale. Il jubile, car désormais, il en est sûr : ce sera Nicolas.

    Il faut faire donner l’aviation puis l’infanterie françaises pour sauver la cité des griffes du boucher de Damas et de celles de son terrifiant mentor du Kremlin
    Il a d’ailleurs ce matin-là fait une brève excursion dans la périphérie parisienne, du côté du 16ème arrondissement, et a même poussé l’aventure jusqu’en banlieue – à Neuilly – sans garde du corps ni caméra, pour mieux se pénétrer du sentiment populaire. Et son verdict est sans appel : l’ancien chef de l’Etat l’emportera haut la main. Sa naturelle prudence l’empêche d’exprimer complètement sa conviction, mais il confiera en aparté que son ami pourrait même gagner dès le premier tour. Or tous le savent : ses intuitions ne le trompent jamais.

    Du coup, il se laisse aller à évoquer quelques projets qui lui tiennent à cœur, de nature à inverser la terrible marche du monde vers l’abîme, le redoutable triomphe de «l’amour du vide (et de) la haine de l’autre». Il faut tuer le pire, s’enflamme-t-il à la pensée des nouvelles équipées qu’il se réjouit de préparer avec le mari de Carla.

    Une première expédition s’impose comme un devoir moral inspiré des Lumières : venir au secours d’Alep martyrisée. Il faut faire donner l’aviation puis l’infanterie françaises pour sauver la cité des griffes du boucher de Damas et de celles de son terrifiant mentor du Kremlin. Car le soleil des intellectuels est également un fin stratège militaire, et se remémore non sans émotion la brillante croisade qui a permis de débarrasser la terre du dictateur Kadhafi, et d’apporter ainsi bonheur, sérénité et progrès au peuple libyen – et à toute la région.

    Accessoirement – il s’en ouvre ce soir avec gourmandise – il a déjà jeté les jalons d’un grand film qui retracera cette épopée historique destinée à sauver la Syrie, et pourrait même forcer sa nature en se mettant en scène, naturellement dans un humble second rôle. Après Le serment de Tobrouk, qui fit trembler le box office planétaire – 85 entrées en tout, places exo comprises – le génie de la pensée et de l’action rêve de réaliser Le Serment d’Alep, qui pourrait aussi s’appeler Terminator, le retour.

    Pour autant, sa générosité planétaire tourmentée ne le laisse pas en paix. Il se fait fort de convaincre le futur président Sarkozy de capitaliser sur son prochain triomphe syrien. De manière entendue, il regarde son bras et promène son regard alternativement sur deux points de part et d’autre de celui-ci. Les familiers de Bernard-Henri ont compris : il entend signifier ainsi qu’il faut franchir la Manche.

    Et venir ainsi au secours des malheureux Britanniques victimes du Brexit, en quelque sorte pris en otage par «des rebelles analphabètes et des néonationalistes à sueurs froides et front de bœuf», promoteurs de la haine de l’Autre – et plus particulièrement la haine de la Finance, signe indiscutable de l’antisémitisme rampant, rappelle-t-il opportunément. Au nom de la «boursouflure du moi» (un défaut que le simple citoyen Lévy abhorre par-dessus tous les autres), ceux-ci ont fait triompher le «souverainisme le plus rance et (le) nationalisme le plus bête», ouvrant ainsi la perspective d’une «Europe qui est en train de se dissoudre dans le néant (du) ressentiment».

    Eh bien, il faut redonner la parole à l’amour et à la raison, affirme en substance le fleuve de la pensée du 21e siècle. Une expédition militaire pourrait y pourvoir, d’autant que les accords de coopération signés par l’ancien et futur chef de l’Etat avec la perfide Albion nous donnent accès à tous ses secrets militaires. La démocratie y gagnerait, tant il va de soi que les Britanniques regrettent désormais leur vote, à l’instar des expatriés continentaux qui ont manifesté leur refus de voir Londres perdre son statut de ville ouverte, multiculturelle et donc européenne.

    A propos de manifestations, justement, le philosophe humaniste refuse qu’on laisse orphelins ces protestataires américains qui refusent, ô combien légitimement, l’élection de l’«antisémite» Donald Trump. Celui-ci ne rêve-t-il pas de laisser Vladimir Poutine envahir les Pays baltes et la Pologne, et de «dealer» avec lui sur le Moyen-Orient ? Il faut venir au secours de cette Amérique ouverte ! Evidemment, une nouvelle opération La Fayette ne serait pas une mince affaire, qui verrait le pays des droits de l’Homme venir à nouveau au secours du peuple frère américain. Mais il se fait fort de convaincre Nico.

    Encore faut-il que celui-ci accède à l’Elysée, lui fait-on doucement remarquer. Or les derniers jours de campagne sembleraient indiquer une percée de François Fillon. La lumière de l’Occident balaie d’un revers de main cette hypothèse ridicule. Ne serait-ce que parce que les électeurs n’accepteront jamais de placer en tête un homme suspecté de nourrir quelques intentions amicales vis-à-vis de Moscou, tranche-t-il d’un ton assuré.

    Les convives ne peuvent qu’acquiescer devant une telle évidence, confirmée par tous les sondages.

    Du reste, chacun le sait : la perspicacité et la prescience du philosophe-stratège-politologue-combattant n’ont jamais été prises en défaut.

    Décidément, BHL n’a rien perdu de sa lucidité, de son humanisme et de son énergie. Nous voilà rassurés.

    Du même auteur : Le «système» mondialisé subit une défaite historique

  • EN MARCHE!

    Quelqu’un qui a été dans l’orbite de Paul Ricoeur ne peut être mauvais! Qui vivra verra – pour l’instant marchons avec Macron…

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  • Antisémitisme en Europe

    Le Congrès des rabbins à Moscou a montré qu’en Russie il y avait un dialogue efficace avec toutes les religions; aussi il n’y a pas d’antisémitisme violent sur les personnes et les lieux de culte comme en Europe, même si la « rhétorique antisémite » reste forte.

    Съезд раввинов Европы в Москве
    В Москве вчера завершил свою работу съезд раввинов Европы. Раввины выразили свою обеспокоенность ростом антисемитизма и вспышек терроризма в европейских странах, но призвали евреев не поддаваться угрозам террористов, а искать совместно с властями способы противостояния. Участники съезда охотно противопоставляли Россию странам Старого Света, где проблем с безопасностью, с их точки зрения, становится все больше. Эксперты подтвердили “Ъ”, что антисемитизм в России сохраняется в основном на уровне риторики.

    Около 500 раввинов (в основном приверженцы движения «Хабад») из 38 европейских стран приняли участие в съезде, инициаторами которого стали главный раввинат России и Федерация еврейских общин России. Делегаты посетили могилы праведников, связанных с историей хасидизма, приняли участие в коллективных молитвах и торжественных мероприятия в нескольких городах России и сопредельных стран: в Смоленске, Любавичах (Смоленская область), в Лиозно и Лядах (Белоруссия) и в Алматы (Казахстан). В Москве раввины посетили Еврейский музей и Центр толерантности и еврейский религиозно-культурный центр «Жуковка».

    Что обсуждалось на съезде европейских раввинов в Москве?
    По словам главного раввина России Берла Лазара, «одним из основных вопросов на съезде стала безопасность еврейских общин в условиях возросшего антисемитизма в европейских странах». «Основная проблема сегодня в Европе — это то, что евреи ощущают новую волну антисемитизма, чего не было уже десятилетия,— сказал раввин.— Приехав сюда, многие делегаты поразились тому, что можно было спокойно ходить по улице в еврейской одежде, не боясь». По его мнению, «главное для евреев не бояться антисемитизма, а бороться с этим явлением». «Задача антисемитов — чтобы евреи стали бояться жить в Европе и покинули ее. А мы верим, что нужно бороться: нужно молиться, обращаться к властям, чтобы они приняли меры, в конце концов нам нужно самим себя защищать,— убежден Берл Лазар.— Самый лучший ответ на действия антисемитов — развивать еврейскую жизнь. Если евреи видят, что строятся новые синагоги, школы, они понимают, что еврейская жизнь здесь имеет будущее».

    Как в Москве прошел VII съезд Конгресса еврейских религиозных организаций и объединений в России
    Тревогу участников съезда разделяет президент Европейского еврейского конгресса Вячеслав Кантор. «Европейские еврейские общины сейчас сталкиваются с новыми вызовами: ростом институционального антисемитизма и угрозой радикального исламизма,— рассказал он корреспонденту “Ъ”.— Террористы подвергают атакам все те принципы и общие ценности, которые мы вместе отстаиваем. Нападения на религиозные учреждения и священников демонстрируют, что ненависть перешла все границы». По его мнению, «жителям европейских стран вне зависимости от вероисповедания и национальной принадлежности нужно сплотиться, чтобы изгнать террор, насилие и нетерпимость».

    Как Владимир Путин позвал евреев Европы укрыться в России?
    Свое опасение по поводу ухудшения положения евреев в Европе из-за роста антисемитизма и угрозы терроризма неоднократно высказывали и члены «Конференции европейских раввинов» — организации, объединяющей более 700 раввинов главных синагог Европы. «Довольно долгое время мы были единственной мишенью для нападений в Европе,— заявил недавно президент “Конференции европейских раввинов” Пинхас Гольдшмидт.— После того как в ноябре 2015 года произошли теракты в Париже, а в начале года прогремел взрыв в аэропорту Брюсселя, Европа поняла, что экстремизм не только проблема евреев, а огромная проблема для самой Европы». По его мнению, «до тех пор пока мы будем бояться назвать врагов нашего общества поименно, мы не сможем защитить себя». «Сегодня главная угроза для Европы исходит от радикального ислама,— уточнил раввин.— Но в Европе нет определения радикальному исламу. Сейчас не существует границы между умеренным и радикальным исламом». По мнению господина Гольдшмидта, настало время сообща найти меры, которые помогут обезопасить Европу от экстремизма и терроризма.

    По мнению председателя Конгресса еврейских религиозных организаций и объединений в России, члена «Конференции европейских раввинов» Шимона Левина, с проявлениями антисемитизма евреи наиболее часто сталкиваются во Франции. «За два последних года 15 тыс. евреев уехали из этой страны,— сказал он.— Сейчас самая большая еврейская община во Франции, там живет около 500 тыс. евреев, но по нашим прогнозам, в ближайшие 20 лет ее покинет примерно 200 тыс. человек».

    Как европейские евреи вновь нашли себе руководителя в России?
    По мнению главного раввина России Берла Лазара, «у участников съезда вызвал шок уровень развития еврейской общины в России». Президент Федерации еврейских общин России Александр Борода считает, что «у европейских раввинов вызвал интерес опыт взаимодействия российской еврейской общины с властями и российский опыт межконфессионального диалога, который более развит, чем в Европе». «Съезд раввинов по существу поставил Россию в пример странам Европейского союза в том, что касается положения евреев и снижения уровня антисемитизма в обществе,— убежден руководитель Центра по изучению проблем религии и общества Института Европы РАН, президент Гильдии экспертов по религии и праву Роман Лункин.— Акцентируя внимание на борьбе с терроризмом, съезд раввинов поддержал усилия Кремля и явно улучшил образ России в мире».

    «В России физические нападения по антисемитским соображениям — редкое явление,— подтвердил “Ъ” директор информационно-аналитического центра “Сова” Александр Верховский.— Даже случаев вандализма у нас намного меньше, чем в Западной Европе. Сейчас антисемитизм у российских ультраправых отходит на второй план, их больше интересует Кавказ, Средняя Азия». По словам господина Верховского, исламские радикалы, на долю которых приходится значительная часть антисемитской активности в Западной Европе, в России не так активны. «Что касается антисемитской риторики, то ее у нас много»,— признал эксперт.

    Павел Коробов

  • Jacques Sapir sur « laïcité et confusion(s) »

    Jacques Sapir est directeur d’Études à l’ École des Hautes Études en Sciences Sociales, dirige le Centre d’Études des Modes d’Industrialisation (CEMI-EHESS), le groupe de recherche IRSES à la FMSH
    «Burkini», laïcité et confusion(s)
    17 août 2016

    Les discussions sur l’interdiction du port du burkini sur certaines plages en France nous amènent à un problème bien plus profond, celui du concept de la laïcité. L’économiste Jacques Sapir présente son analyse.

    Le débat actuel sur le «burkini» relance celui sur la laïcité. Le soutien apporté par le Premier ministre, Manuel Valls, aux maires ayant décidé d’interdire ce «vêtement» sur les plages n’y est évidemment pas pour rien. Ce n’est pourtant pas une mauvaise chose. Mais, la notion de laïcité est elle-même mal comprise. De là découlent une série de confusions qui ne font qu’obscurcir le débat. Et, les interventions intempestives d’une partie de la «gauche» qui nous tient un discours du genre «il est interdit d’interdire» ne font que rajouter à cette confusion. D’où, la nécessité de rappeler un certain nombre de faits et de principes pour permettre une discussion au fond.

    La laïcité ne se comprend que pour qui conçoit le «peuple» comme une assemblée politique et non ethnique ou religieuse.
    La laïcité n’est pas un principe de droit mais un principe politique.

    Il faut comprendre que ce qui fonde la laïcité c’est la nécessité de dégager l’espace public de thèmes sur lesquels aucune discussion raisonnable, c’est-à-dire fondée sur la raison, ne peut avoir lieu. C’est l’une des leçons chèrement apprise par la France (et une partie de l’Europe) lors des guerres de religion du XVIe siècle. La laïcité ne se comprend que pour qui conçoit le «peuple» comme une assemblée politique et non ethnique ou religieuse. C’est bien pour cela que la laïcité apparaît comme le pendant de la souveraineté. La souveraineté, en faisant entrer la question du pouvoir dans le monde profane, impose le principe de laïcité. La souveraineté impose que les divisions qui traversent le «peuple», qu’elles soient sociales, économiques ou autres, puissent à la fin contribuer, par l’établissement de compromis qui sont la base des institutions, à la constitution d’un bien commun et d’une chose publique (ou Res Publica) qui sont des produits, des résultats, et non des préalables mis en surplomb de la société. Tel est l’enseignement d’auteurs comme Bodin, Hobbes et Spinoza. C’est bien pour cela que le concept de laïcité est compris par un catholique fervent comme Bodin.
    Ce qui permet la laïcité, c’est la distinction entre sphère publique et sphère privée. Tant que cette distinction n’existe pas, on ne saurait parler de laïcité. De ce point de vue, la laïcité est héritière de la pensée du nominalisme et des débats entre clercs de la fin du XIe siècle au XIVe siècle, débats eux-mêmes nourris de la religion chrétienne et des apports de la philosophie antique. Mais la distinction entre ces sphères est mouvante, historiquement déterminée. Cela impose de reformuler constamment les matérialisations de ce principe.

    Certaines de ces matérialisations peuvent être contenues dans la loi. On parle beaucoup (et trop) de la loi de 1905 sur la séparation de l’église et de l’Etat, mais cette loi n’est pas à proprement parler une loi de laïcité. C’est une loi édictée dans un contexte particulier, qui vise à une forme de pacification de la question religieuse. De ce point de vue, les rappels, comme ceux de Jean-François Bayart, à la loi de 1905 sont inopérants car ils identifient et cantonnent la laïcité à des règles juridiques alors que la laïcité est un principe politique qui peut, selon les sociétés, prendre des formes juridiques différentes.

    La question de la tolérance ne fixe que les limites qu’un individu s’impose à lui-même
    La laïcité n’est pas la tolérance ni la liberté des cultes

    Une autre forme de confusion vient de l’assimilation de la laïcité, principe politique, avec une valeur individuelle, comme l’est la tolérance. Que cette dernière soit nécessaire à la vie en société, on n’en disconvient pas. Mais, la question de la tolérance ne fixe que les limites qu’un individu s’impose à lui-même. On est tolérant comme on est généreux, qualités importantes, mais non principes.

    Un principe politique organise un espace, et se matérialise en règles spécifiques, c’est-à-dire en contraintes. Certaines de ses règles peuvent être des règles de liberté (la liberté de culte par exemple) mais d’autres sont des interdictions. Un des problèmes majeurs que rencontre aujourd’hui le principe de laïcité vient justement de l’incapacité de nombreuses personnes à se représenter la société autrement qu’à travers le rapport qu’elles ont directement avec cette dite société. D’où, bien évidemment, l’idéologie «il est interdit d’interdire», qui ne fait que donner une forme de slogan à l’individualisme le plus crasse. Or, dans le même temps que les sociétés capitalistes modernes «produisent» l’individualisme (au sens vulgaire du terme) de la manière la plus brutale, elles imposent – à travers la réalité de la densité sociale – la nécessité de penser la société à travers une vision holiste. On peut alors comprendre les tendances actuelles à réduire la laïcité à la tolérance, mais il convient de ne pas tomber dans ce piège.

    La question de la séparation entre sphère publique et sphère privée

    Cette question est centrale pour comprendre les formulations de ce principe politique qu’est la laïcité car les habitudes collectives, les techniques modernes (comme internet), refaçonnent en permanence cette séparation. Ce n’est bien souvent pas, ou mal, perçu par les personnes. Ainsi, Facebook est en réalité partie de la sphère publique comme tout une série de jugements le confirme. De même des habitudes de loisir, minoritaires au début du XXe siècle et aujourd’hui largement répandues, la tendance à la personnalisation effrénée des «politiques», ont tendu à faire bouger les lignes de séparation.

    Cette même séparation ne saurait être stricte. D’une part en raison de la contribution de nos valeurs individuelles à notre vie en société, et d’autre part en raison des habitudes, coutumes, et comportements, qui constituent de ce point de vue le soubassement historique de TOUTE société, mais aussi les bases de leurs différences. Et cela explique en partie la spécificité «française» du débat, mais aussi la sensibilité légitime de la société française à la question du «burkini».

    La séparation des sphères privées et publiques est toujours socialement contextualisée
    L’un des facteurs les plus importants dans cette reconfiguration de la séparation entre sphère privée et sphère publique a été la reconnaissance (oh combien tardive) de l’égalité entre hommes et femmes. Cette reconnaissance s’inscrit, dans les sociétés d’Europe occidentale à la fois dans l’histoire longue (de «l’amour courtois» à la volonté des maris de préserver la vie de leurs épouses par des formes de contrôle des naissances dès le XVIIIe siècle) et dans l’histoire «courte», marquée par la Première Guerre mondiale et les mouvements qui ont associé la lutte pour des droits politiques, sociaux et démocratiques dans la seconde moitié du XXe siècle. Cela implique qu’une attention particulière doit être consacrée à ce qui, dans des comportements, peut constituer une tentative de remise en cause de cette égalité, et en particulier par des tentatives de marquage «au corps» visant à stigmatiser une soi-disant «infériorité» des femmes.

    Il en résulte que la séparation des sphères privée et publique est toujours socialement contextualisée. Ici encore, méfions nous des anachronismes qui cherchent à présenter comme invariant des formes nécessairement mouvantes ; nous ne sommes plus en 1905.

    Les justifications de l’interdiction du «burkini»

    Il faut alors considérer les motifs qui peuvent conduire à une interdiction de ce «vêtement» et les bases juridiques de cette dernière.

    1. L’argument de la laïcité, qui est politiquement déterminant, n’est pas ici juridiquement le plus important. On comprend qu’une poignée, quelques milliers au plus, de personnes veuillent «tester» le principe de laïcité dans l’espoir, à terme, d’imposer comme «coutume» des pratiques publiques différentes entre appartenances religieuses. Mais ceci relève du projet politique et implique une réponse politique.

    2. L’argument de «l’ordre public» est clairement déterminant dans le court terme, et c’est ce qui a justifié l’arrêt du tribunal administratif. A plus long terme la reconnaissance de la liberté de nos concitoyens musulmans à pratiquer leur religion passe certainement par des mesures strictes contre ces pratiques provocatrices, ainsi que le dit justement l’éditeur égyptien Aalam Wassef dans Libération. La République n’a pas à dicter le «dogme» de quelque religion que ce soit, mais elle a le devoir de mettre un terme aux provocations religieuses de certains, que ces provocations prennent des formes vestimentaires ou qu’elles prennent la forme de revendications à des séparations sur des espaces devenus publics de fait. Ici, clairement, le principe politique peut trouver une application juridique. En organisant l’invisibilité d’une religion sur un point, on autorise la pratique libre de cette dernière. De ce point de vue, parler d’un «salafisme laïque» comme le fait Bayard, relève de la plus totale irresponsabilité et d’une ignorance profonde du rapport entre principe politique et lois. Rappelons ici que la laïcité, comme tout principe d’organisation de l’espace politique, implique des interdictions comme corollaire à l’organisation d’espaces de liberté.

    3. La question de l’égalité entre hommes et femmes devrait elle aussi trouver une application juridique. Rappelons que le principe en est inscrit dans le préambule de la Constitution. Dès lors tout «marquage au corps» peut être perçu comme une atteinte au principe d’égalité. C’est d’ailleurs bien comme cela que l’interprètent des personnes issues ou vivant dans des sociétés de tradition musulmane. Très clairement, sur ce point, la loi est défaillante.

    Il faut rappeler que la laïcité n’est pas et ne peut pas être une «religion républicaine»
    Construire la paix religieuse par la souveraineté

    Nous sommes aujourd’hui confrontés à la question de la paix religieuse, comme élément de la paix civile. Cette question implique que des règles soient clairement tracées pour empêcher des groupes de monter des provocations. Cette paix implique qu’en contrepartie le libre exercice des cultes soit garanti, bien entendu dans le cadre de la loi. Cette paix implique aussi une intolérance absolue par rapport au soi-disant «délit de blasphème». Tout le monde peut rire ou critiquer TOUTE religion (ou toute philosophie). Ici, il faut rappeler que tous les Français ont le même droit à la critique. Ce qui a pour conséquence, aussi, qu’en ce qui concerne une fondation séculière chargée de s’occuper de la question du financement de la Fondation pour l’Islam de France il n’est pas absurde, contrairement à ce que d’aucuns pensent, qu’elle ait pour dirigeant une grande personnalité de la République. Il serait en effet très dangereux, et cela ouvrirait la porte au communautarisme, que l’on dise qu’une fondation pour l’Islam ne peut être dirigée QUE par un musulman, une fondation pour la religion catholique QUE par un catholique, etc. Le seul critère qui soit est celui de la compétence et de l’expérience, deux points qui sont remplis par Jean-Pierre Chevènement.

    Il faut rappeler, enfin, que la laïcité n’est pas et ne peut pas être une «religion républicaine». C’est la vieille et funeste erreur de certains «laïcs» de la fin du XIXe siècle. La laïcité n’est pas cadre juridique et ne se réduit pas non plus à la loi de 1905. Les frontières entre sphère privée et sphère publique ont changé, à la fois du fait des évolutions de la société et du fait des mutations techniques que nous connaissons. Mais la notion de frontière, elle, demeure. La laïcité se matérialise différemment selon le contexte historique et culturel de chaque nation. La souveraineté nous impose de penser le «peuple» comme source de cette souveraineté et ce «peuple» est une construction politique, avec son histoire et ses traditions héritées de combats passés. Plus la souveraineté se délitera et plus les individus chercheront dans des appartenances de substitution, comme les appartenances religieuses, des remèdes à la perte du sentiment d’appartenance national. Plus elle se renforcera et plus la pacification de la société pourra progresser. Ce n’est que depuis que la souveraineté est ouvertement bafouée, contestée, que nous constatons cette remontée du problème religieux qui cache, en réalité, une forme de sentiment identitaire.

    Source : russeurope.hypotheses.org

    Du même auteur : Sisco, le «burkini» et une certaine «gauche»

  • La paranoïa américaine sur Poutine (New York Times)

    America’s Dangerous ‘Putin Panic’

    Ivan Krastev AUG. 8, 2016

    SOFIA, Bulgaria — WILL Vladimir V. Putin, the president of Russia, elect the next president of the United States? My guess is not. But reading the avalanche of commentary about Russia’s alleged interference in American politics, one might think otherwise.

    It reminds me a bit of the Russian satirist Victor Pelevin’s absurdist novella “Operation Burning Bush.” The story follows a humble Russian English-language teacher, endowed with a powerful voice, who is recruited for a special intelligence operation: to speak with President George W. Bush through an implant in the president’s tooth. Following the Kremlin’s instructions, the teacher, pretending to sound like God, gives the 43rd president the idea to invade Iraq. Later in the novel, we find out that in the 1980s, the Central Intelligence Agency conducted a similar operation — this time posing as Lenin’s spirit to convince Mikhail Gorbachev to initiate perestroika, setting off a chain of events that ended with the disintegration of the Soviet Union.

    The C.I.A. didn’t actually do that, though it certainly engaged in its share of harebrained Cold War schemes. But in putting the two plots in contrast, Mr. Pelevin highlights the degree of paranoia that haunts Moscow — everything bad that happens in Russia is a result of an American covert operation. And while Mr. Pelevin wrote his story before the current American presidential campaign, it seems his point goes both ways.

    It’s hard to underestimate the extent of Russia’s anti-American paranoia. Russia’s leaders take it as an article of faith that the mass protests in Moscow in 2011 and 2012 were orchestrated from abroad, and that Ukraine’s Euro-Maidan revolution in 2013 and 2014 was generated with Western resources and inspiration. Even the declining price of oil is, to them, a C.I.A. plot.

    There’s a kernel of common sense in their madness. In an interdependent world where the borders between foreign policy and domestic politics are increasingly blurred, it follows that interference in the domestic politics of your adversaries — even your neighbors — is an easy and acceptable part of the game.

    Still, it is striking just how far the same conspiratorial thinking has permeated the West. Commentators see Mr. Putin behind everything from Brexit and the wave of euroskepticism in Western Europe to the rise of Donald J. Trump in America. As sweeping as the Kremlin’s faith in Western malfeasance is, so, too, is the West’s “Putin panic.”
    Every weekday, get thought-provoking commentary from Op-Ed columnists, The Times editorial board and contributing writers from around the world.
    Of course, as the joke goes, just because you’re paranoid, it doesn’t mean they aren’t after you. It makes sense that Mr. Putin wants Mr. Trump to be the next American president (though he should be careful what he wishes for). And Democrats have every right to be concerned about possible meddling by Moscow in their party’s internal politics.

    But it requires an astounding level of exaggeration to believe that Russian interference will decide the election, or that Russia would even try to. The Kremlin’s actions are more akin to a black-arts version of the “democracy promotion” that the United States undertakes in countries like Russia, funding liberal NGOs as a way of challenging Mr. Putin’s monopoly on power. Annoying, and concerning, but hardly a threat.

    The real problem is where the paranoia takes you. Western politicians and commentators are disturbingly eager to blame the impact of Russian propaganda or the manipulations of the Federal Security Service for the problems of our democracies. Mr. Putin obviously will benefit from Brexit, and may even have put a finger on the scale, but is that really the problem? And do we really believe that Mr. Trump’s xenophobic appeal would collapse overnight if the Kremlin put its power behind Hillary Clinton?

    What is disturbing with the “blame Putin” stance endorsed by serious Western politicians, analysts and news media outlets is that it makes the Russian leader appear omnipotent while making the rest of us seem impotent. Casting blame in Moscow’s direction prevents us from productively discussing the grave problems we face as societies, and simplistically reduces the uncertainties and risks of an increasingly interdependent world to the great powers rivalry. It neither helps us better understand Russia and the nature of its government, nor makes it easier for us to have effective policy vis-à-vis Moscow.

    Putin panic also unintentionally validates the Kremlin’s claim that Russia is strong and run by a great leader, at a moment when the Russian government fails to provide economic prosperity and social justice at home. It unwittingly amplifies Mr. Putin’s propaganda machine by fortifying Russia’s image as the world’s geostrategic ninja, disrupting elections and information networks without leaving a trace.

    A “blame Putin” message is not only a propaganda trap; it is also questionable electoral strategy. Recent Pew Research Center surveys show that while most Americans and Europeans view the Russian president negatively, Americans do not feel particularly threatened by Moscow. What generally worries them are terrorism, radicalized Islam, cyberattacks, job loss, cheap Chinese exports and, above all else, migration. The obsession with Mr. Putin only strengthens the Republican message that the Democrats are out of touch with the concerns of ordinary Americans. Mr. Trump is the candidate from hell, but our Putin obsession makes Mrs. Clinton look as the candidate from yesterday.

    In today’s crazy world, keeping America sane should be the next president’s top priority. Getting over our Putin paranoia will be a welcome first step at eroding Russia’s destabilizing international influence.

    Ivan Krastev is the chairman of the Center for Liberal Strategies, a permanent fellow at the Institute for Human Sciences in Vienna and a contributing opinion writer.

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