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  • Films à Paris (juin 2017)

    Trois films, un magnifique, un deuxième passionnant, un autre exécrable : la dernière réalisation de Wajda Powidoki [traduit en français par « Les fleurs bleues »], un film allemand Lou Andreas-Salomé  et un film anglais The Young Lady d’après la nouvelle de Leskov Une lady Macbeth du district de Mtsensk.

     Le film posthume de Wajda qui porte un titre polonais qui peut être traduit par « images rémanentes », ce qui n’a pas paru très commercial aux promoteurs et ont préféré un titre fleur bleue (un bouquet de fleurs bleues joue en rôle dans le film). Définition de « image rémanente » dans wikipedia :

    « Une image rémanente ( afterimage en anglais) est une illusion optique qui continue à apparaître après que l’exposition de l’original a cessé. C’est la propriété d’une sensation visuelle qui persiste après la disparition du stimulus ; ce dernier étant un facteur qui agit sur une cellule, un organe ou un organisme en provoquant une réponse musculaire ou nerveuse. »

    Le sujet est l’histoire tragique de Władysław Strzemiński, un grand créateur suprématiste-uniste polonais qui tient tête au système policier de la Pologne devenue communiste stalinienne en 1946. On voit toute l’horreur de la situation des êtres humains, en particulier des  artistes qui ne se soumettent pas à la dictature d’un parti unique.

    Ce film devrait être montré dans la Russie d’aujourd’hui, car on voit toute une partie de l’opinion de ce pays « réhabiliter » Staline, en oubliant l’asservissement et les crimes de ce régime qui prétendait faire le bonheur du peuple… 

    Le film Lou Andreas-Salomé retrace, avec de belles images documentaires, la biographie de cette femme russe qui a été dans l’orbite de Nietzsche, qui l’a aimée follement et  ne s’est jamais remis du refus de Louiza Goustavovna von Salomé de lui appartenir, comme elle l’a refusé aux autres hommes (même à son mari légal), sauf à Rainer Maria Rilke avec lequel elle a vécu des amours torrides (le film ne montre pas qu’elle a entraîné le grand poète autrichien dans sa Russie natale). Elle fut aussi dans l’orbite de Freud. Le film débute avec l’héroïne à la fin de sa vie, quand elle vit recluse pendant le nazisme, menacée à chaque instant d’être arrêtée, et le fil de sa vie se déroule au fur et à mesure de ses souvenirs depuis sa jeunesse à Saint-Pétersbourg. La réalisatrice du film ne se contente pas de l’aspect hautement romanesque de la vie de Lou Andreas-Salomé, elle fait passer également certains aspects intellectuels et philosophiques de sa personnalité.

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    RILKE ET LOU ANDREAS-SALOMÉ

    Le film anglais The Young Lady est tout simplement une horreur, dans sa prétention de transposer la magnifique nouvelle  de Leskov Une lady Macbeth du district de Mtsensk dans l’Angleterre du XIXe siècle. L’histoire d’amour sauvage de la jeune Katérina L’vovna avec un domestique, Sergueï, qui l’amène à empoisonner son beau-père, à assassiner son mari, à étouffer le jeune héritier qui pourrait les déposséder, elle et son amant, puis à noyer avec elle la jeune prostituée Sonietka lors de leur voyage en bateau vers le bagne, puisque Sergueï l’a délaissée pour celle-ci. Dans le film anglais, on voit un Sergueï sanglotant pour avoir aidé Katérina à étouffer le jeune héritier, ce qui n’est pas du tout dans l’esprit de Leskov. Sergueï est un animal sexuel totalement amoral, comme l’est aussi Katérina, et les prétendus remords de Sergueï sonnent kitsch mélodramatique. Quant à la mort de Katérina noyant sa rivale, elle est totalement éliminée du film.

    Si l’on veut voir un beau film tiré de la nouvelle de Leskov, regarder à nouveau celui que lui a consacré Wajda, film tourné en Yougoslavie en serbo-croate en 1962, sous le titre Une Lady Macbeth sibérienne.

  • С Днём Святого Духа!

    С Днём Святого Духа!

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    Suprématisme de l'esprit 1920
    Mamévitch, « Suprématisme de l’esprit », vers 1920
  • С Вербным Воскресеньем!

    С Вербным Воскресеньем!

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  • Vladimir Dimitrijević et le Christ

    Je viens de lire, comme antidote aux bonimenteries de foire athéistes de Onfray, ce que dit le grand éditeur serbe Vladimir Dimitrijević, mort en 2011, sur le Christ et le christianisme, dans les entretiens avec Gérard Conio, Béni soit l’exil! (Genève, Syrtes/L’Âge d’homme, 2016) qui fourmillent de réflexions et de commentaires d’une haute tenue sur les questions qui agitent le monde d’aujourd’hui (littérature, politique, édition). Pour moi, ce qui est professé là est bouleversant et mérite d’être placé dans une philocalie des laïcs. Il mentionne Claudel et Le Soulier de satin. Un des meilleurs souvenirs de ma vie est d’avoir invité  Vladimir à aller voir avec moi cette trilogie qui était alors montée sur les tréteaux que Jean-Louis Barreault et Madeleine Renaud avaient installés à la Gare d’Orsay. C’était pour moi la seconde fois que j’allais voir cette représentation grandiose. Valentine n’aimait pas Claudel (comme elle n’aimait pas Bach!), c’est pourquoi j’ai proposé à Vladimir (que tout le monde appelait « Dimitri ») qui habitait chez nous (il a eu les clefs de notre appartement rue Saint-Sulpice pendant toutes les années 1970) de venir voir la monumentale pièce claudélienne. Nous sommes allés et revenus à pied de Saint-Sulpice à Orsay. Nous étions abasourdis, secoués, par  ce bateau ivre qui brassait dans des images d’une force terrienne et cosmique énormes toutes les tempêtes qui bousculent l’homme dans l’amour, l’aventure, la découverte, la destinée métaphysique.

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    Vladimir Dimitrijević

     

     

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    Vladimir Dimitrijević
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    Vladimir Dimitrijević

     

     

     

     

     

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  • Cathédrale orthodoxe russe de la Trinité à Paris

    J’avais suivi avec émotion par internet la consécration de la nouvelle cathédrale par le Patriarche de Moscou Kirill. J’ai pu le dimanche 5 février, dimanche du publicain et du pharisien (parabole  qui met l’accent sur le conflit humain du croyant entre paraître et être), assister à la liturgie célébrée par l’exarque du Patriarcat de Moscou en France, Mgr Nestor. La toute nouvelle église n’est pas encore achevée quant aux peintures murales qui devront recouvrir tous les murs de bas au sommet. Le style de l’iconographie actuelle est visiblement inspiré des peintures  murales de Maître Denis (Dionissi) et de ses fils, à l’aube du XVIème siècle, au Monastère de Théraponte dans la région de Vologda qui se distinguent par leur suavité, la délicatesse des couleurs et parfois un certain maniérisme.

    Le choeur de la nouvelle cathédrale est magistral et donne une magnifique idée de la richesse et de la force de la musique orthodoxe. L’évêque Nestor a fait à la fin de la liturgie un court sermon, en russe et un français impeccable,  sur les martyrs de la foi en Russie soviétique, martyrs dont le nombre dépasse tout ce qu’a connu l’histoire du christianisme, victimes de l’athéisme marxiste-léniniste et stalinien.  .

    L’architecture extérieure, oeuvre de Wilmotte, parfois décriée par les esprits chagrins, est, selon moi, une parfaite réussite, qui inscrit sans heurt la monumentalité architecturale vladimiro-moscovite et le paysage urbain parisien.

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  • De la désinformation des media

    Accueil du site > Actualités > Médias > Alep : Éric Denécé dénonce « une falsification complète de la réalité » (…)

    Alep : Éric Denécé dénonce « une falsification complète de la réalité » dans les médias

    La dernière en date de ces dénonciations est celle d’Eric Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R). Voici ce qu’il déclare le 21 décembre 2016 sur LCI face à Yves Calvi (entretien intégral ici) :

    Éric Denécé : Un autre point qui me paraît important d’aborder, c’est ce qui se passe en ce moment à Alep. On est à mon sens sur une falsification de l’information qui est énorme. Bien sûr qu’il y a une guerre civile en Syrie, bien sûr que la situation d’Alep est inadmissible. Ceci dit, ça ne concerne que 30% d’Alep, ça concerne soit des civils qui sont pris en otages par des jihadistes, soit des gens qui refusent de quitter les quartiers parce qu’ils soutiennent ces mêmes jihadistes. On ne vous parle pas de tout ce qui se passe ailleurs en Syrie.

    Yves Calvi : On se fait rouler dans la farine avec Alep ?

    Éric Denécé : On se fait rouler dans la farine avec Alep. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas des victimes innocentes qui périssent.

    Yves Calvi : Y a bien une ville qui est détruite ?

    Éric Denécé : Il y a un tiers, seulement un tiers des quartiers d’Alep qui sont victimes des bombardements, et j’insiste, c’est un tiers de la ville dans lequel des jihadistes dangereux sont présents, et ce sont ces jihadistes qui depuis des années tirent sur les quartiers chrétiens, tirent sur le reste de la ville, ce dont on ne parle jamais. On ne parle pas non plus du massacre humanitaire que conduisent les Saoudiens aujourd’hui au Yémen, où systématiquement des hôpitaux sont ciblés, où des sites archéologiques sont détruits. Un de nos contacts qui rentrait du terrain l’autre jour nous disait la chose suivante : il disait qu’en Syrie, il y a des tas d’endroits où les choses se passent bien, c’est vrai qu’on peut aller dîner dans la rue le soir dans les quartiers de Damas, les gens de Damas vont passer l’été dans des bungalows à Lattaquié au bord de la mer…

    Yves Calvi : Ça rappelle une situation qu’on a notamment connue au Liban…

    Éric Denécé : Voilà. Donc le pays n’est pas à feu et à sang. Au Yémen, c’est totalement différent, il n’y a quasiment pas 1 km² qui ne soit pas bombardé par les Saoudiens, dans lesquels les combats n’aient pas lieu, et on ne parle pas de cela. Il y a un autre point que je voudrais évoquer, c’est que nous avons eu dans les années 1990, dans une ancienne colonie française, le Congo, une guerre civile a fait 400 000 morts sur 4 millions d’habitants, c’est-à-dire 10% de la population. On n’en parle pas non plus. Donc aujourd’hui, le focus qui est mis sur la Syrie d’une part, et sur Alep avec les désinformations qui les accompagnent est une falsification complète de la réalité. Ce qui ne veut pas dire qu’on défende Bachar el-Assad, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y ait pas de victimes civiles qui disparaissent, mais il y a quelque chose d’extrêmement dangereux : pour un jeune islamiste aujourd’hui, la façon dont les médias occidentaux présentent la crise d’Alep est une motivation pour passer à l’action.

    Yves Calvi : Comment l’expliquez-vous justement cette situation et ce manque de lucidité ? En l’occurrence, ce que vous êtes en train de nous expliquer l’a été, à ma surprise aussi, en partie, par les invités de l’émission que nous avons consacrée la semaine dernière à Alep. Et, je vous le dis franchement, je m’inquiétais d’être tout simplement en train de faire une émission révisionniste sur ce qui est en train de se passer au même moment et qui tire des larmes au monde entier…

    Éric Denécé : Là, par exemple, c’est très frappant, on voit la communauté syrienne en France et dans d’autres pays européens qui est absolument scandalisée de voir la façon dont les médias présentent la situation. Je pense que nos médias, en France, je suis obligé de rester un peu général, sont un peu suivistes du mainstream médiatique qui est impulsé et imposé par les médias anglo-saxons et par les médias arabes qui, eux, ont intérêt à présenter la situation en Syrie comme quelque chose d’absolument scandaleux. Et comme toujours, 300 000 morts dans cette guerre, 5 ans de guerre civile, c’est quelque chose d’horrible, il y a à peu près 90 000 militaires qui ont été tués, il y a à peu près 60-70 000 personnes soutenant le régime, ou en tout cas neutres, qui ont été massacrées. On nous présente les faits comme si Bachar avait tué 90% de la population, ce qui est inexact, ce qui ne veut pas dire que ce soit un saint.

    Le journaliste Nicolas Hénin relaie sur Twitter un graphique du Syrian Network for Human Rights, selon lequel 92,92% des victimes de la guerre en Syrie sont dues aux forces gouvernementales
    Yves Calvi : C’est extrêmement grave ce que vous nous dites, parce que ça veut dire que nous participons, d’une façon ou d’une autre, à la naissance des jihadistes et des assassins de demain.

    Éric Denécé : De deux façons : en étant toujours en relation avec des États qui encouragent directement ou indirectement le jihadisme, par le wahhabisme notamment, l’Arabie Saoudite et le Qatar. Et de l’autre côté, sur ce qui se passe aujourd’hui à Alep, le fait de mettre le focus en montrant à tort que les pauvres populations islamistes de ces quelques quartiers d’Alep sont des victimes de l’Occident, eh bien on redonne du carburant à ceux qui, dans nos banlieues ou à l’étranger, considèrent que le peuple arabe dans le monde est victime de l’ostracisme occidental, et ça les pousse à passer à l’action.

    ***
    Le 15 décembre sur LCI, Yves Calvi proposait un débat sur la libération d’Alep par Bachar el-Assad et son allié russe Vlamidir Poutine. Celui-là même dont il disait craindre, face à Éric Denécé, qu’il relève du « révisionnisme ». Intervenants : Frédéric Pons (journaliste, écrivain, spécialiste de géopolitique, professeur à Saint-Cyr et auteur de Poutine), Isabelle de Gaulmyn (rédactrice en chef adjointe au journal La Croix, un quotidien très présent pour couvrir Alep), Frédéric Pichon (professeur de géopolitique, spécialiste de la Syrie et chercheur associé à l’université François Rabelais de Tours, auteur de Syrie : pourquoi l’Occident s’est trompé aux éditions du Rocher) et le général Vincent Desportes (professeur de stratégie à Sciences Po et HEC, a dirigé l’école de guerre et auteur de La Dernière Bataille de France chez Galimard).

    En voici la première intervention…

    Frédéric Pons : On a assisté, en tout cas en Occident, en France, aux États-Unis, en Europe, à un déluge de mots extrêmement forts, on a parlé de génocide, de massacres à grande échelle. Il y a un peu de vrai et beaucoup d’intoxication, beaucoup de désinformation sur ce qui s’est passé. Le vrai, ce sont les bombardements au coeur d’une ville (…). On a oublié de dire, en tout cas les médias dominants, qu’il ne s’agit pas de l’ensemble de la ville d’Alep, il y a des précisions qui n’ont pas été données. Pour donner une échelle, les quartiers les plus détruits pourraient correspondre à un ou deux arrondissements de Paris. Le reste, ce qu’on appelle Alep-ouest, a été complètement épargné par les bombardements et les gens vivent là-bas. Quand on va là-bas, et je m’y suis rendu, les terrasses de cafés sont pleines de gens, alors qu’à Alep-est, ce sont des quartiers détruits où des gens se sont enterrés dans les caves pour échapper aux bombardements. (…)

    Yves Calvi : Y a des témoignages abominables, on va achever les gens dans des hôpitaux…

    Frédéric Pons : Parlons de ces témoignages. Quand je parle d’intoxication, de manipulation, on sait aujourd’hui qu’un certain nombre d’images présentées, venant d’Alep-est et de ces quartiers, ont été manipulées, un certain nombre de tweets de ces messages avec des personnes, des gens angoissés racontant leur calvaire, tout ça a été manipulé par la propagande islamiste. Nos médias ne l’ont pas dit, on le sait aujourd’hui. On sait aussi qu’une grande partie des bilans annoncés repose sur peu de choses, on sait que cet Observatoire syrien des droits de l’homme, qui est basé à Londres et qui est représenté par une seule personne, ne donne qu’une partie de la vérité, et les 400 000 morts annoncés aujourd’hui sur l’ensemble de cette guerre sont probablement à réduire de moitié.

    ***
    Le 15 décembre, sur France Info, André Bercoff s’insurgeait déjà contre la désinformation des médias sur Alep :

    Le 14 décembre, dans le 20h de France 2, Etienne Leenhardt (directeur-adjoint de l’information de France 2) admettait que les rebelles d’Alep étaient pour l’essentiel des soldats d’Al Qaida :

    Du côté de la presse écrite, on pourra noter l’entretien donné le 16 décembre au Figaro par Caroline Galactéros, docteur en science politique et colonel au sein de la réserve opérationnelle des Armées. Voici son jugement sur le traitement médiatique de la bataille d’Alep :

    « Si vous me pardonnez cette franchise, je le trouve globalement déplorable et surtout dangereux. Par ignorance, goût du sensationnalisme et de la polarisation manichéenne des situations, confiance excessive dans les réseaux sociaux, ou par inclination à relayer la doxa véhiculée par le pouvoir et ses alliés, la plupart des médias se sont engouffrés depuis des mois dans la brèche de la facilité et ont relayé bien des informations parcellaires voire fausses (cf. l’affaire des « Casques Blancs » ou « l’opération OSDH » – source unique elle aussi anglaise, clairement contestable et pourtant devenue la référence depuis cinq ans). Ils ont en conséquence nourri une interprétation déformée des enjeux et des faits. Bref, l’immense majorité des médias occidentaux s’est fait la caisse de résonnance naïve ou parfois sciemment complice d’une vaste entreprise de désinformation sur la nature des « rebelles », les objectifs réels de la guerre, l’idée même d’une guerre civile ou encore la dimension confessionnelle du conflit de fait secondaire mais montée en épingle, etc… »

    Elle ajoutera que, « depuis quatre ans, il n’y a plus un « rebelle modéré » en Syrie. C’est une pure utopie voire un mensonge éhonté et délibéré. »

    Le 20 décembre, un article du site de France-Info se demande : « Qui sont les rebelles encore présents à Alep ? » Au sein de la constellation de groupes armés, « le plus radical est le Front Fatah Al-Cham, le nouveau nom du Front Al-Nosra, l’ancienne filiale d’Al-Qaïda en Syrie« . Il adopte une « ligne jihadiste radicale : ses membres revendiquent la création d’un État islamique et l’application stricte de la charia« .

    On trouve aussi le mouvement Ahrar Al-Cham, qui « prône l’application stricte de la charia« . France Info précise :

    « Dans certaines zones qu’il contrôle à Alep, le groupe a imposé le port de la burqa, note l’Institute for the study of war, un think-tank américain. Ils organisent aussi des attentats à la voiture piégée, mais n’appellent pas à un jihad global hors des frontières syriennes, contrairement à d’autres groupes jihadistes. Malgré l’idéologie radicale du groupe, les Etats-Unis ont fourni des missiles anti-chars à Ahrar Al-Cham jusqu’en 2015, précise le document. »

    Une autre coalition se nomme Fatah Halab et constitue « environ la moitié du contingent rebelle au sein la ville » : « On y trouve à la fois des groupes islamistes, des organisations militaires plus neutres et certaines forces qui prônent la mise en place d’un régime démocratique.« 

    Difficile de trouver une cohérence idéologique au sein de cette alliance, concède France Info :

    « Des groupes proches des Frères musulmans y combattent aux côtés d’anciens militaires de l’armée syrienne ayant fait défection. On y retrouve aussi l’Armée syrienne libre (ASL) (…). L’ASL est loin de correspondre désormais à la perception que l’on en a en Occident, c’est-à-dire modérée et en faveur de la laïcité, du moins sur le terrain alépin. Les groupes ou les brigades qui lui sont affiliés ne sont pas jihadistes, certes, mais les Frères musulmans, qui y sont largement représentés, cherchent bel et bien à instaurer la charia« , explique au Monde diplomatique Fabrice Balanche, géographe spécialiste de la Syrie. »

    Déjà, dans un article du Monde du 15 mars 2016, on apprenait que l’Armée syrienne libre était désormais « sous la coupe d’Al-Nosra ».

    Bref, les rebelles apparaissent composés de jihadistes, d’islamistes purs et durs, et de groupes hétéroclites, dominés par des extrémistes. Et dire que certains continuent de les soutenir en espérant qu’en jaillissent la démocratie…


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  • BONA HESTA DE NADAU! BONA ANNADA!

    Joyeux Noël! Fröhliche gesegnete Weihnachten! Merry Christmas!

    BONA HESTA DE NADAU! BONA ANNADA!  

    С Рождеством Христовым!
    З Різдвом Христовим!

    Καλά Χριστούγεννα!

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    Escoutat capbat la moutagna
    Cantat lous anjous de Nadau
    E de Béthlèem la campagna
    Pren lou de heste annau

    Gloria, gloria in excelsis Deo (bis)

    Lou hilh de Diu s’ey heit mayanaitje
    At mey des praubes qu’ey mascut
    Lous aulhès d’u pétit bilatje
    Coum u dès louès l’an arcuelhut

    Lou Diu d’et ceu è dé la terra
    Qu’a dat moustra de soum amou.
    Et qui ‘nsé débè hè la guerra
    Nous da lou hilh per Saubadou.

     

    ****

    Le ciel est noir, la terre est blanche ;
    – Cloches, carillonnez gaîment !
    – 
Jésus est né ; – la Vierge penche
    Sur lui son visage charmant.
    Pas de courtines festonnées
    Pour préserver l’enfant du froid ;
    Rien que les toiles d’araignées
    Qui pendent des poutres du toit.
    Il tremble sur la paille fraîche,
    Ce cher petit enfant Jésus,
    Et pour l’échauffer dans sa crèche
    L’âne et le boeuf soufflent dessus.
    La neige au chaume coud ses franges,
    Mais sur le toit s’ouvre le ciel
    Et, tout en blanc, le choeur des anges
    Chante aux bergers :  » Noël ! Noël ! « 

    Théophile Gautier.
    Émaux et Camées (1852)

    ****

    Тучи с ожерёба
    Ржут, как сто кобыл,
    Плещет надо мною
    Пламя красных крыл.
    Небо словно вымя,
    Звезды как сосцы.
    Пухнет Божье имя
    В животе овцы.
    Верю: завтра рано,
    Чуть забрезжит свет,
    Новый под туманом
    Вспыхнет Назарет.
    Новое восславят
    Рождество поля,
    И, как пес, пролает
    За горой заря.
    Только знаю: будет
    Страшный вопль и крик,
    Отрекутся люди
    Славить новый лик.
    Скрежетом булата
    Вздыбят пасть земли…
    И со щек заката
    Спрыгнут скулы-дни.
    Побегут, как лани,
    В степь иных сторон,
    Где вздымает длани
    Новый Симеон.
    1917

    Сергей Есенин
    Sergueï Essénine

    ******
    Advent
    Es treibt der Wind im Winterwalde
    die Flockenherde wie ein Hirt
    und manche Tanne ahnt wie balde
    sie fromm und lichterheilig wird.
    Und lauscht hinaus: den weißen Wegen
    streckt sie die Zweige hin – bereit
    und wehrt dem Wind und wächst entgegen
    der einen Nacht der Herrlichkeit.

    Rainer Maria Rilke

    *****
    Ангели з неба злетіли на крилах,
    Добру новину нам возвістили.
    Зірка велика над стайнею сяє,
    Дорогу до Бога, дорога до Бога
    Всім осіяє!

    Великеє диво сталося нині –
    В яслах на сіні маленька Дитина,
    А біля Нього щасливая мати
    Пісню співає, пісню співає
    Малому Дитяті!

    Так воплотилася воля Господня,
    Бо наш Спаситель родився сьогодні.
    Ми на колінах Його привітаймо,
    Богу живому, Богу живому
    Хвалу воздаймо!

    ****

    Καλήν εσπέραν άρχοντες
    Καλήν εσπέραν άρχοντες,
    αν είναι ορισμός σας,
    Χριστού τη Θεία γέννηση,
    να πω στ’ αρχοντικό σας.
    Χριστός γεννάται σήμερον,
    εν Βηθλεέμ τη πόλη,
    οι ουρανοί αγάλλονται,
    χαίρεται η φύσις όλη.

    Εν τω σπηλαίω τίκτεται,
    εν φάτνη των αλόγων,
    ο βασιλεύς των ουρανών,
    και ποιητής των όλων.
    Πλήθος αγγέλων ψάλλουσι,
    το Δόξα εν υψίστοις,
    και τούτο άξιον εστί,
    η των ποιμένων πίστις.

    Εκ της Περσίας έρχονται
    τρεις μάγοι με τα δώρα
    άστρο λαμπρό τους οδηγεί
    χωρίς να λείψει ώρα.

    Σ’ αυτό το σπίτι που ‘ρθαμε,
    πέτρα να μη ραγίσει
    κι ο νοικοκύρης του σπιτιού
    χρόνια πολλά να ζήσει.

  • Французский « Малевич » Жан-Клода Маркадэ – русский перевод « Предисловия »

    9782754107969-001-TTRADUCTION EN RUSSE DE L’ AVANT-PROPOS DE LA NOUVELLE MONOGAPHIE PARUE CHEZ HAZAN

     

     

     

     

     

     

    ПРЕДИСЛОВИЕ французской монографии МАЛЕВИЧ Жан-Клода Мaркадэ (Париж, Азан/Hazan, 2016)

     

     

    Я решился вновь опубликовать свою моногpафию о Малевиче, которая являлась в 1990 году первой книгой, охватывающей всю эволюцию творчества польско-украинско-русского живописца, архитектора, теоретика, педагога и мыслителя[1]. Новизна этой монографии заключалась в том, что в ней впервые упорядочены стилистические периоды малевического творчества, что не учитывалось ни в искусствоведческих исследованиях ни в выставочных экспозициях. Монография была опубликована тогда в своём французском оригинале и переведена на японский язык. Я работал с французским дизайнером Жилем Нэрэ (Gilles Néret), который сумел создать наряду с словесным текстом визуальный иллюстpативный «текст», так что можно было зрительно «прочесть» художественное развитие  Малевича, следуя за движением изображений. Книга получила приз лучшего роскошного искусствоведческого издания (beau livre d’art) в мае 1990 года.

    Больше двадцати лет прошло и произошли важные события, особенно после распада СССР и последующего свободного доступа к до тех пор закрытым архивам. В малевичеведении появились новые монографии, биографии, эссе русских, украинских и зарубежных искусствоведов ( Шарлотта Даглас (Charlotte Douglas), Александра Шатских, Анжей Туровский (Andzej Turowski), Ирина Карасик, Татьяна Горячева, Елена Баснер, Евгения Петрова, Д.В. Сарабьянов, Дмитро Горбачов, Райнер Крон (Rainer Crone), Серж Фошеро (Serge Fauchereau), Андрей Наков, Ганс-Петер Риз (Hans-Peter Riese), Мэтью Дратт (Matthew Drutt) и др.).

    По моему мнению, три события первой важности принесли новый материал для дальнейшего изучения Малевича:

    1)                                «Собрание сочинение в пяти томах», Москва, «Гилея», 1995-2004 (под общей редакцией Алeксандры Шатских);

    2)                                Andrei Nakov, «Kazimir Malewicz. Catalogue raisonné», Paris, Adam Biro, 2002;

    3)                                Двухтомник «Малевич о себе. Современники о Малевиче. Письма. Документы. Воспоминания. Критика», Москва, РА, 2004 (авторы соcтавители И.А. Вакар, Т.Н. Михиенко)

    Каталог рэзонэ Накова не совсем соответсвует обычным научным правилам этого жанра : он смешивает хронологическую и интерпретационную канву произведений Малевича, что не способствует ясности эволюционного обзора его творчества; этому хаотичному изложению фактов прибавляется совсем произвольные-субъективные названия («отсебятины») многих отдельныx произведений или ансамблей (неадекватными для Малевича кажутся такие определения разделов , как то : «нарративный супрематизм», «эклектичный супрематизм», «сезаннистские интересы» постсупрематического Малевича,  и т.п.). Несмотря на это, каталог рэзонэ Накова представляет собой огромную работy собирания материала и поэтому является важной вехой в изучении творчества Малевича; он позволит в будущем создать научное  упорядочение всей продукции создателя супрематизма.[2]

     

     

     

    Есть элемент, который отличает мою работу от большинства других работ о Малевиче, это принятие во внимание украинских корней его живописной поэтики, что замалчивается или туманно освещается и не только в великорусских исследованиях… Во всех моих статьях и книгах о так называемом «русском авангарде», понятие которого прочно установилось лишь с 1960-х годов, я различаю в этом мощном новаторском художественном потокe три направления или «школы» : петербургская, московская и украинская ( в неё входят Александра Экстер, Давид и Владимир Бурлюк, Архипенко, Малевич, Баранов-Россинэ и, отчасти, Ларионов и Татлин)[3]. Так что, когда встречается в моём тексте прилагательное «русское», надо подразумевать, в большинстве случаев, «и украинское».

    Украинская стихия проникла навсегда в человеческое и художественное естество Малевича – это и природа и быт и цветовая гамма. Я помню, что в самом начале 1970-х годов мы с женой бывали у конструктивиста Владимира Стенберга и один раз он нам говорил о Малевиче как об «украинском патриоте» (меня это удивило, так как тогда я совершенно не осознавал, о чём могла быть и речь!). Владимир Стенберг прибавил, что Малевич любил ходить в украинcкой одежде и петь украинские песни. И это было до появления в конце 1970-х годов «Автобиографии» Малевича 1933 года в редакции Н.И. Харджиева, где художник определяет себя без обиняков как укрaинец.

     

     

    Одна, казалось бы, побочная черта роднит Малевича с Украиной, а именно с Гоголем. Я не говорю здесь о гипeрболизме художественнoй поэтики ни о юморе, которые можно проследить и в изобразительном искусстве  и в писаниях Малевича. Но я очень поражаюсь тoмy, чтo для многих исследователей, русских и зарубежных, язык Малевича, кажется диким, экстравагантным, сумбурным. Так не полагали между прочим такие люди как, например, М.О. Гершензон или М.М. Бахтин. Конечно, малевический слог  действительно  осложнённый, действительно цветистый, действительно ненормaтивный, но он одновременно чрезвычайно экспрессивный и эфективный. И тут мне припонимается, как некоторыe великоросы реагировали на русский язык украинца Гоголя, которому, например, публицист Н.А. Полевой, советовал «поyчиться русскому языку»; этот критик писал даже о чуднóй галиматье по поводу гоголевского стиля[4]… Вспомним это место из восьмой главы «Мёртвых душ» :

    « <Читатели высшего сословия, а за ними и все причитающие себя к высшему сословию> xотят непременно, чтобы всё было написано языком самым строгим, очищенным и благородным, словом, хотят, чтобы русский язык сам собою опустился вдруг с облаков, обработанный, как следует, и сел бы им прямо на язык, а им бы больше ничего, как только разинуть рты да выставить его. »

     

     

    В настоящем французском издании моей монографии,  я ничего не изменил в основном французком тексте 1990 года, так как он мне показался не устаревшим. Я только исправил некоторые фактические ошибки и прибавил новые главы. Я также внедрил в мою монографию биографический очерк, как это попросил покойный издатель Жан-Франсуа Барриэль, который инициировал теперешнюю публикацию.  Кроме того, я актуализировал моё исследование многочисленными примечаниями ( их не было в первоиздании), которые учитывают состояние малевичеведения в первом десятилетии 21-го века.

     

    Декабрь 2015

     

     

     

     


    [1] Jean-Claude Marcadé, «Malévitch», Paris, Casterman/Nouvelles Editions Françaises, 1990

    [2] B этом будущем каталоге-рэзонэ, придётся ревизовать атрибуцию многиx произведений Малевича; этому поможет исследование выдающегося датского малевичеведа Троэльса Андерсена : K.S. Malevich, The Leporskaya Archive (состав. Troels Andersen), Aarhus University Press, 2011 (cм. в особенности главу «Attributions», c. 210-214)

     

    [3] См. мою книгу : Jean-Claude Marcadé, «L’avant-garde russe. 1907-1927», Paris, Flammarion, 1995, 2-e изд. 2007, ocoб. С. 20-22 («École de Saint-Pétersbourg, École de Moscou, École ukrainienne») и passim

    [4] Н. А. Полевой, Похождения Чичикова, или мертвые души. Поэма Н. Гоголя, « Русский вестник » (1842. No 5/6. Отд. III) ; см. также Edyta M. Bojanowska, «Nikolai Gogol. Between Ukrainian and Russian Nationalism», Cambridge, Massachusetts, London, England, Harvard University Press, 2007, p. 70 sqq.