Jean-Claude, Franck et leur père René Marcadé devant Jean-Beylet (début 1939)
L’école de Mouscardès vers 1942 (Jean-claude est au troisième rang le 3ème à partir de la droite)
Jean-Claude, sa mère Andrea et son père René Marcadé à Bordeaux (fin des années 1940)
Noémie (La Dauna), Daniel et Hélène Marcadé, Bernard, Odette et Franck Marcadé, un cousin, devant Jean-Beylet ( début années 1950)Jean-Claude et Robert, le copain de l’oncle Daniel, évadé avec lui de Regensburg pendant la guerre ( devant Jean-Beylet vers 1950)
Nativité de Jean le BaptisteNativité de Jean le Baptiste
Da zu dir der Heiland kam, willig seine Taufe nahm, weihte sich dem Opfertod, gab er uns des Heils Gebot: das wir durch sein’ Tauf uns weihn, seines Opfers wert zu sein. Edler Täufer! Christs Vorläufer! Nimm uns gnädig an, dort am Fluß Jordan! (Richard Wagner)
Dmitri Tcherniakov a encore sévi! Bien que le présentateur de cette « Carmen » ait répété qu’elle était « bouleversante », pour moi, elle est un attentat à la musique, avec des accumulations inutiles d’objets et de personnages inventés par le metteur en scène, ce qui doit coûter une fortune, mais surtout elle empêche d’ entendre les sonorités tragiques de l’oeuvre. Cela est tout particulièrement évident dans le quatrième acte qui est un des moments les plus sublimes de l’histoire de l’opéra et qui, ici, est salopé par Tcherniakov, qui s’est livré à un mauvais pastiche de l’expressionnisme allemand des années 1920. On a les ingrédients de « nos valeurs » : sexe, impudicité, blasphème, policiers avec kalachnikovs et tutti quanti. Contre ce psychologisme et physiologisme délirants des mises en scène de Tcherniakov, on rêve de la venue d’un nouvel Adolph Appia, pour qu’enfin, dans une nudité pleine, on puisse ENTENDRE LA MUSIQUE! Les voix de Stéphanie d’Oustrac, d’Elsa Dreisig et de Michael Fabiano étaient magnifiques…
Resouvenons-nous de la géniale relecture de « Carmen » par Peter Brook (avec le compositeur Marius Constant et Jean-Claude Carrière) au Théâtre des Bouffes du Nord à l’automne 1981 (un film en a été tiré). Là, pas d’accumulations d’objets, mais un espace vidé des mascarades pseudo-intellectuelles à la Tcherniakov ou Warlikowski et tous ceux qui, comme eux, ne servent pas la musique mais s’en servent…
1) Andrea, Franck, Jean-Claude sur les genoux de René Marcadé (début 1939) devant Jean-Beylet avec leur traction avant; 2) Le Parisien Robert, évadé avec l’oncle Daniel de la captivité à Ratisbonne, et Jean-Claude, devant Gameignon (fin des années 1940); 3) L’écarteur Daniel Marcadé hersant (après 1945); 4) Au centre, assise, Noémie Marcadé (La Dauna) avec à gauche Franck assis par terre et à droite Jean-Claude, Hélène et Daniel Marcadé avec des cousins (vers 1950); 5) Jean-Claude, Franck, Andrea, René Marcadé devant la porte d’entrée de Jean-Beylet (début 1939); 6) Noémie de dos, Hélène devant Jean-Beylet (années 1940); 7) Jean-Claude, Franck, et leur père René Marcadé devant Jean-Beylet (début 1939)
Trois films, un magnifique, un deuxième passionnant, un autre exécrable : la dernière réalisation de Wajda Powidoki [traduit en français par « Les fleurs bleues »], un film allemand Lou Andreas-Salomé et un film anglais The Young Lady d’après la nouvelle de Leskov Une lady Macbeth du district de Mtsensk.
Le film posthume de Wajda qui porte un titre polonais qui peut être traduit par « images rémanentes », ce qui n’a pas paru très commercial aux promoteurs et ont préféré un titre fleur bleue (un bouquet de fleurs bleues joue en rôle dans le film). Définition de « image rémanente » dans wikipedia :
« Une image rémanente ( afterimage en anglais) est une illusion optique qui continue à apparaître après que l’exposition de l’original a cessé. C’est la propriété d’une sensation visuelle qui persiste après la disparition du stimulus ; ce dernier étant un facteur qui agit sur une cellule, un organe ou un organisme en provoquant une réponse musculaire ou nerveuse. »
Le sujet est l’histoire tragique de Władysław Strzemiński, un grand créateur suprématiste-uniste polonais qui tient tête au système policier de la Pologne devenue communiste stalinienne en 1946. On voit toute l’horreur de la situation des êtres humains, en particulier des artistes qui ne se soumettent pas à la dictature d’un parti unique.
Ce film devrait être montré dans la Russie d’aujourd’hui, car on voit toute une partie de l’opinion de ce pays « réhabiliter » Staline, en oubliant l’asservissement et les crimes de ce régime qui prétendait faire le bonheur du peuple…
Le film Lou Andreas-Salomé retrace, avec de belles images documentaires, la biographie de cette femme russe qui a été dans l’orbite de Nietzsche, qui l’a aimée follement et ne s’est jamais remis du refus de Louiza Goustavovna von Salomé de lui appartenir, comme elle l’a refusé aux autres hommes (même à son mari légal), sauf à Rainer Maria Rilke avec lequel elle a vécu des amours torrides (le film ne montre pas qu’elle a entraîné le grand poète autrichien dans sa Russie natale). Elle fut aussi dans l’orbite de Freud. Le film débute avec l’héroïne à la fin de sa vie, quand elle vit recluse pendant le nazisme, menacée à chaque instant d’être arrêtée, et le fil de sa vie se déroule au fur et à mesure de ses souvenirs depuis sa jeunesse à Saint-Pétersbourg. La réalisatrice du film ne se contente pas de l’aspect hautement romanesque de la vie de Lou Andreas-Salomé, elle fait passer également certains aspects intellectuels et philosophiques de sa personnalité.
RILKE ET LOU ANDREAS-SALOMÉ
Le film anglais The Young Lady est tout simplement une horreur, dans sa prétention de transposer la magnifique nouvelle de Leskov Une lady Macbeth du district de Mtsensk dans l’Angleterre du XIXe siècle. L’histoire d’amour sauvage de la jeune Katérina L’vovna avec un domestique, Sergueï, qui l’amène à empoisonner son beau-père, à assassiner son mari, à étouffer le jeune héritier qui pourrait les déposséder, elle et son amant, puis à noyer avec elle la jeune prostituée Sonietka lors de leur voyage en bateau vers le bagne, puisque Sergueï l’a délaissée pour celle-ci. Dans le film anglais, on voit un Sergueï sanglotant pour avoir aidé Katérina à étouffer le jeune héritier, ce qui n’est pas du tout dans l’esprit de Leskov. Sergueï est un animal sexuel totalement amoral, comme l’est aussi Katérina, et les prétendus remords de Sergueï sonnent kitsch mélodramatique. Quant à la mort de Katérina noyant sa rivale, elle est totalement éliminée du film.
Si l’on veut voir un beau film tiré de la nouvelle de Leskov, regarder à nouveau celui que lui a consacré Wajda, film tourné en Yougoslavie en serbo-croate en 1962, sous le titre Une Lady Macbeth sibérienne.